
L’Adhyāya 32 s’ouvre sur la parole d’Upamanyu à Kṛṣṇa : d’un exposé général sur la pratique qui procure le succès « ici et dans l’au-delà », il passe à une présentation ciblée des fruits śaiva accessibles dès cette vie par une discipline composée de pūjā, homa, japa, dhyāna, tapas et dāna. Le chapitre fixe une hiérarchie de procédure : d’abord, celui qui comprend réellement le mantra et son sens doit accomplir la préparation/consommation du mantra (mantra-saṃsādhana), car l’acte rituel ne devient fécond qu’à partir de ce fondement. Il introduit ensuite la question du pratibandha : de puissants empêchements invisibles (adṛṣṭa) capables d’entraver les résultats même lorsque le mantra est « siddha ». Lorsque paraissent des signes d’obstruction, le sage ne se hâte pas ; il examine présages et indices (śakuna-ādi) puis accomplit des expiations réparatrices. Vient un avertissement : accomplir les rites de travers ou dans l’illusion mène à l’absence de fruits et au ridicule social ; de même, entreprendre des rites à fruit visible (dṛṣṭa-phala) sans assurance révèle l’absence de śraddhā, et l’incrédule n’obtient pas de résultat. L’échec n’est pas la « faute » de la divinité, car ceux qui agissent selon la règle constatent bien les fruits. Enfin, le texte indique les conditions favorables : le sādhaka accompli, dont les obstacles sont levés, agit avec confiance et foi ; et, au besoin, il peut observer le brahmacarya et une alimentation réglée (haviṣya nocturne, pāyasa, fruits) pour assurer l’accomplissement.
Verse 1
उपमन्युरुवाच । एतत्ते कथितं कृष्ण कर्मेहामुत्र सिद्धिदम् । क्रियातपोजपध्यानसमुच्चयमयं परम्
Upamanyu dit : « Ô Kṛṣṇa, je t’ai ainsi exposé la discipline suprême — faite de la pratique unifiée des rites sacrés, de l’austérité, de la récitation des mantras et de la méditation — qui accorde l’accomplissement en ce monde et dans l’autre. »
Verse 2
अथ वक्ष्यामि शैवानामिहैव फलदं नृणाम् । पूजाहोमजपध्यानतपोदानमयं महत्
À présent, je vais déclarer aux dévots śaivas ce qui donne réellement du fruit ici même aux hommes : cette grande discipline faite d’adoration, d’offrande au feu (homa), de répétition des mantras, de méditation, d’austérité et de don sacré.
Verse 3
तत्र संसाधयेत्पूर्वं मन्त्रं मन्त्रार्थवित्तमः । दृष्टसिद्धिकरं कर्म नान्यथा फलदं यतः
Là, celui qui connaît le sens véritable du mantra doit d’abord accomplir parfaitement le mantra, selon la règle. Car c’est seulement par cela que l’acte rituel devient dispensateur de réussite visible ; autrement, il ne porte pas son fruit.
Verse 4
सिद्धमन्त्रो ऽप्यदृष्टेन प्रबलेन तु केनचित् । प्रतिबन्धफलं कर्म न कुर्यात्सहसा बुधः
Même si le mantra est accompli et efficace, le sage ne doit pas se précipiter dans des actes dont le fruit est l’entrave, car une force invisible mais puissante peut être à l’œuvre.
Verse 5
तस्य तु प्रतिबन्धस्य कर्तुं शक्येह निष्कृतिः । परीक्ष्य शकुनाद्यैस्तदादौ निष्कृतिमाचरेत्
Pour cette entrave, il est possible d’accomplir ici même un remède expiatoire (niṣkṛti). Après avoir d’abord examiné les présages et les signes connexes, qu’on entreprenne dès l’abord le rite d’expiation prescrit.
Verse 6
यो ऽन्यथा कुरुते मोहात्कर्मैहिकफलं नरः । न तेन फलभाक्स स्यात्प्राप्नुयाच्चोपहास्यताम्
Si, par égarement, un homme accomplit les actes à l’envers en quête de fruits mondains, il n’en devient pas le véritable bénéficiaire; au contraire, il ne récolte que la dérision.
Verse 7
अबिस्रब्धो न कुर्वीत कर्म दृष्टफलं क्वचित् । स खल्वश्रद्धधानः स्यान्नाश्रद्धः फलमृच्छति
Qu’on n’accomplisse aucune action dans une hâte inquiète, en quête d’une récompense aussitôt visible. Car un tel homme est sans śraddhā (foi révérencieuse), et celui qui manque de śraddhā n’obtient pas le fruit véritable.
Verse 8
नापराधोस्ति देवस्य कर्मण्यपि तु निष्फले । यथोक्तकारिणां पुंसामिहैव फलदर्शनात्
Il n’y a aucune faute en le Seigneur (Deva), même lorsqu’une action semble demeurer sans fruit. Car pour ceux qui agissent exactement selon l’injonction, le fruit se manifeste ici même, en cette vie.
Verse 9
साधकः सिद्धमंत्रश्च निरस्तप्रतिबंधकः । विश्वस्तः श्रद्धधानश्च कुर्वन्नाप्नोति तत्फलम्
Le sādhaka sincère—dont le mantra est devenu efficace, dont les obstacles ont été écartés, ferme et confiant, et doté de foi—en accomplissant la pratique, obtient assurément son fruit même.
Verse 10
अथवा तत्फलावाप्त्यै ब्रह्मचर्यरतो भवेत् । रात्रौ हविष्यमश्नीयात्पायसं वा फलानि वा
Ou bien, pour obtenir ce fruit même, qu’il demeure voué au brahmacarya (continence). La nuit, qu’il ne mange que du havis (nourriture sacrificielle pure), ou du riz au lait, ou des fruits.
Verse 11
हिंसादि यन्निषिद्धं स्यान्न कुर्यान्मनसापि तत् । सदा भस्मानुलिप्तां गस्सुवेषश्च शुचिर्भवेत्
Ce qui est interdit—telle la violence—qu’on ne le fasse pas, même en pensée. Qu’il demeure toujours enduit de bhasma (cendre sacrée), correctement vêtu des marques de la discipline de Śiva, et qu’il reste pur.
Verse 12
इत्थमाचारवान्भूत्वा स्वानुकूले शुभे ऽहनि । पूर्वोक्तलक्षणे देशे पुष्पदामाद्यलंकृते
Ainsi, devenu observant de la juste conduite, en un jour faste et favorable à soi, dans un lieu possédant les caractéristiques énoncées plus haut et orné de guirlandes de fleurs et d’autres décorations, qu’il accomplisse le culte selon la règle.
Verse 13
आलिप्य शकृता १ भूमिं हस्तमानावरां यथा । विलिखेत्कमले भद्रे दीप्यमानं स्वतेजसा
Après avoir enduit le sol de bouse de vache, ô Kamalā de bon augure, qu’on y trace un lotus de la mesure d’une main, rayonnant de son propre éclat.
Verse 14
तप्तजांबूनदमयमष्टपत्रं सकेसरम् । मध्ये कर्णिकया युक्तं सर्वरत्नैरलंकृतम्
Il était façonné d’or Jāmbūnada chauffé à blanc : un lotus à huit pétales avec ses étamines ; au centre, il était muni de son réceptacle (karṇikā) et orné de toutes sortes de gemmes.
Verse 15
स्वाकारसदृशेनैव नालेन च समन्वितम् । तादृशे स्वर्णनिर्माणे कंदे सम्यग्विधानतः
Il doit être pourvu d’une tige (nāla) conforme à sa propre forme ; et de même, un bulbe (kanda) façonné en or doit être réalisé correctement selon la règle prescrite.
Verse 16
तत्राणिमादिकं सर्वं संकल्प्य मनसा पुनः । रत्नजं वाथ सौवर्णं स्फटिकं वा सलक्षणम्
Là encore, qu’il se représente mentalement toutes les réalisations yogiques à commencer par aṇimā ; puis (qu’il façonne ou conçoive) un emblème aux marques accomplies—fait de gemmes, ou bien d’or, ou de cristal pur (sphaṭika).
Verse 17
तत्र माहेश्वरी कल्प्या मूर्तिर्मूर्तिमतः प्रभोः । चतुर्भुजा चतुर्वक्त्रा सर्वाभरणभूषिता
Là, l’on doit contempler la forme de Maheśvarī — l’icône manifestée du Seigneur Maheśvara manifesté. Qu’on la visualise avec quatre bras et quatre visages, parée de tous les ornements.
Verse 18
शार्दूलचर्मवसना किंचिद्विहसितानना । वरदाभयहस्ता च मृगटंकधरा तथा
Elle portait un vêtement de peau de tigre, et son visage était éclairé d’un doux sourire à peine esquissé. D’une main elle accordait les dons, de l’autre elle conférait l’absence de crainte, et elle tenait aussi l’emblème du cerf.
Verse 19
अथ वाष्टभुजा चिंत्या चिंतकस्य यथारुचि । तदा त्रिशूलपरशुखड्गवज्राणि दक्षिणे
Puis, selon l’intention et la joie du méditant, on doit la contempler comme ayant huit bras ; et du côté droit elle porte le trident, la hache, l’épée et le foudre (vajra).
Verse 20
वामे पाशांकुशौ तद्वत्खेटं नागं च बिभ्रती । बालार्कसदृशप्रख्या प्रतिवक्त्रं त्रिलोचना
Dans ses mains gauches, elle porte de même le lacet et l’aiguillon, ainsi qu’un bouclier et un serpent. Rayonnante comme le soleil levant, elle est trilocane, et son visage se tourne vers chaque direction : une forme saguna, saisissante, digne d’un culte recueilli.
Verse 21
तस्याः पूर्वमुखं सौम्यं स्वाकारसदृशप्रभम् । दक्षिणं नीलजीमूतसदृशं घोरदर्शनम्
Son visage tourné vers l’est était doux et de bon augure, rayonnant d’un éclat conforme à sa propre nature divine ; mais son visage du sud ressemblait à un nuage de pluie bleu sombre, terrible à regarder.
Verse 22
उत्तरं विद्रुमप्रख्यं नीलालकविभूषितम् । पश्चिमं पूर्णचंद्राभं सौम्यमिंदुकलाधरम्
Son aspect du nord brillait comme le corail, orné de boucles d’un bleu sombre. Son aspect de l’ouest était doux et lumineux comme la pleine lune, portant le croissant lunaire.
Verse 23
तदंकमंडलारूढा शक्तिर्माहेश्वरी परा । महालक्ष्मीरिति ख्याता श्यामा सर्वमनोहरा
Assise sur le cercle de Son giron se tenait la Śakti Māheśvarī suprême. Elle était renommée sous le nom de Mahālakṣmī—au teint sombre (śyāmā) et ravissant tous les esprits.
Verse 24
मूर्तिं कृत्वैवमाकारां सकलीकृत्य च क्रमात् । मूर्तिमंतमथावाह्य यजेत्परमकारणम्
Après avoir façonné une image selon cette forme même et l’avoir, pas à pas, consacrée jusqu’à en faire une incarnation sacrée complète, qu’on invoque le Seigneur pourvu de forme et qu’on L’adore—Cause suprême de tout.
Verse 25
स्नानार्थे कल्पयेत्तत्र पञ्चगव्यं तु कापिलम् । पञ्चामृतं च पूर्णानि बीजानि च विशेषतः
Pour le bain rituel (abhiṣeka), qu’on prépare là le pañcagavya issu des produits d’une vache Kapilā, fauve; et aussi le pañcāmṛta, avec des grains pleins et intacts, ainsi que des semences en particulier.
Verse 26
पुरस्तान्मण्डलं कृत्वा रत्नचूर्णाद्यलंकृतम् । कर्णिकायां प्रविन्यस्येदीशानकलशं पुनः
Devant le siège du culte, qu’on trace un maṇḍala sacré, orné de poudre de gemmes et autres parures. Puis, sur le centre (karṇikā), qu’on dépose de nouveau l’Īśāna kalaśa, le vase de consécration de l’aspect Īśāna de Śiva.
Verse 27
सद्यादिकलशान्पश्चात्परितस्तस्य कल्पयेत् । ततो विद्येशकलशानष्टौ पूर्वादिवत्क्रमात्
Ensuite, qu’on dispose tout autour les vases en commençant par celui de Sadyā. Puis, selon l’ordre prescrit—à partir de l’est et comme précédemment—qu’on établisse les huit vases de Vidyeśvara.
Verse 28
तीर्थाम्बुपूरितान्कृत्वा सूत्रेणावेष्ट्य पूर्ववत् । पुण्यद्रव्याणि निक्षिप्य समन्त्रं सविधानकम्
Les ayant remplis de l’eau sacrée du tīrtha et les ayant liés d’un fil selon la prescription antérieure, qu’on y dépose les substances de bon augure, avec la récitation des mantras et conformément au rite approprié.
Verse 29
दुकूलाद्येन वस्त्रेण समाच्छाद्य समंततः । सर्वत्र मंत्रं विन्यस्य तत्तन्मंत्रपुरस्सरम्
Puis, en le recouvrant entièrement de tous côtés d’un tissu tel qu’une soie fine, qu’on y dispose les mantras en tout lieu, chaque imposition étant précédée de son mantra propre.
Verse 30
स्नानकाले तु संप्राप्ते सर्वमङ्गलनिस्वनैः । पञ्चगव्यादिभिश्चैव स्नापयेत्परमेश्वरम्
Lorsque vient l’heure du bain sacré, au milieu des sons de bénédictions de bon augure, qu’on baigne Parameśvara (le Seigneur Śiva) avec le pañcagavya et d’autres substances sanctifiantes.
Verse 31
ततः कुशोदकाद्यानि स्वर्णरत्नोदकान्यपि । गंधपुष्पादिसिद्धानि मन्त्रसिद्धानि च क्रमात्
Ensuite, dans l’ordre requis, qu’on emploie des eaux à commencer par l’eau infusée de kuśa, ainsi que l’eau sanctifiée par l’or et les gemmes—avec celles rendues efficaces par les parfums, les fleurs et autres, et celles accomplies par le mantra.
Verse 32
उद्धृत्योद्धृत्य मन्त्रेण तैस्तैस्स्नाप्य महेश्वरम् । गंधं पुष्पादिदीपांश्च पूजाकर्म समाचरेत्
En le soulevant à maintes reprises avec le mantra prescrit, qu’on baigne Maheśvara (Mahādeva) avec les offrandes appropriées; puis, offrant parfum, fleurs et lampes, qu’on accomplisse dûment le rite de pūjā.
Verse 33
पलावरः स्यादालेप एकादशपलोत्तरः । सुवर्णरत्नपुष्पाणि शुभानि सुरभीणि च
Que l’onguent pour oindre l’emblème sacré (Liṅga) soit de la mesure dite palāvara, augmentée de onze palas; et qu’on offre aussi or, gemmes et fleurs, de bon augure et parfumées.
Verse 34
नीलोत्पलाद्युत्पलानि बिल्वपत्राण्यनेकशः । कमलानि च रक्तानि श्वेतान्यपि च शंभवे
Qu’on offre des lotus bleus et d’autres lotus, de nombreuses feuilles de bilva; et que des lotus rouges comme des blancs soient aussi présentés à Śambhu (le Seigneur Śiva).
Verse 35
कृष्णागुरूद्भवो धूपः सकर्पूराज्यगुग्गुलः । कपिलाघृतसंसिद्धा दीपाः कर्पूरवर्तिजाः
Qu’on offre l’encens préparé de bois d’agaru sombre, mêlé de camphre, de ghee et de résine de guggulu; et qu’on allume des lampes apprêtées avec le ghee d’une vache fauve, aux mèches de camphre, dans l’adoration de Śiva.
Verse 36
पञ्चब्रह्मषडंगानि पूज्यान्यावरणानि च । नैवेद्यः पयसा सिद्धः स गुडाज्यो महाचरुः
Qu’on adore les six auxiliaires du Pañcabrahman, ainsi que les enceintes sacrées qui l’entourent (āvaraṇas). Comme offrande alimentaire (naivedya), qu’on présente le grand mahācaru cuit dans le lait, enrichi de jaggery et de ghee.
Verse 37
पाटलोत्पलपद्माद्यैः पानीयं च सुगन्धितम् । पञ्चसौगंधिकोपेतं तांबूलं च सुसंस्कृतम्
Ils offrirent une eau à boire parfumée, embaumée de fleurs de pāṭala, de lotus bleus et de lotus; et ils présentèrent aussi un tāmbūla (bétel) soigneusement préparé, pourvu des cinq aromates.
Verse 38
सुवर्णरत्नसिद्धानि भूषणानि विशेषतः । वासांसि च विचित्राणि सूक्ष्माणि च नवानि च
Ils offrirent, tout particulièrement, des parures façonnées d’or et de gemmes précieuses, ainsi que des vêtements—aux motifs variés, d’une étoffe fine et tout neufs.
Verse 39
दर्शनीयानि देयानि गानवाद्यादिभिस्सह । जपश्च मूलमंत्रस्य लक्षः परमसंख्यया
Des offrandes de bon augure, dignes d’être contemplées, doivent être présentées avec le chant, les instruments de musique et autres semblables. Et la répétition (japa) du mantra racine (mūla-mantra) doit être accomplie jusqu’au nombre suprême : un lakh, soit cent mille récitations.
Verse 40
एकावरा त्र्युत्तरा च पूजा फलवशादिह । दशसंख्यावरो होमः प्रतिद्रव्यं शतोत्तरः
Ici, selon le fruit recherché, le culte peut être accompli une fois, ou bien trois fois avec une répétition supplémentaire. Le homa est prescrit par multiples de dix ; et pour chaque substance d’offrande, il doit être accompli cent une (101) fois.
Verse 41
घोररूपश्शिवश्चिंत्यो मारणोच्चाटनादिषु । शिवलिंगे शिवाग्नौ च ह्यन्यासु प्रतिमासु च
Dans des rites tels que la mise à mort, l’éloignement et autres semblables, on doit contempler Śiva dans sa forme terrible (ghora), que ce soit dans le Śiva-liṅga, dans le feu sacré de Śiva, ou encore dans d’autres images consacrées.
Verse 42
चिंत्यस्सौम्यतनुश्शंभुः कार्ये शांतिकपौष्टिके । आयसौ स्रुक्स्रुवौ कार्यौ मारणादिषु कर्मसु
Pour les rites visant l’apaisement (śānti) et l’accroissement de prospérité (pauṣṭika), on doit contempler Śambhu sous une forme douce et de bon augure. Mais dans les actes tels que la mise à mort et autres rites farouches, la louche et la cuillère d’offrande (sruk, sruva) doivent être en fer.
Verse 43
तदन्यत्र तु सौवर्णौ शांतिकाद्येषु कृत्स्नशः । दूर्वया घृतगोक्षीरमिश्रया मधुना तथा
Mais dans d’autres rites—tels que les rites de śānti pour l’apaisement et autres semblables—qu’on emploie l’ensemble complet des offrandes ou instruments d’or. Qu’ils soient utilisés avec l’herbe dūrvā, avec le ghee et le lait de vache mêlés, et aussi avec le miel.
Verse 44
चरुणा सघृतेनैव केवलं पयसापि वा । जुहुयान्मृत्युविजये तिलै रोगोपशांतये
Pour triompher de la mort, qu’on verse l’oblation dans le feu sacré avec le riz sacrificiel cuit mêlé de ghee, ou même avec le lait seul. Pour apaiser les maladies, qu’on accomplisse l’offrande au feu avec des graines de sésame.
Verse 45
घृतेन पयसा चैव कमलैर्वाथ केवलैः । समृद्धिकामो जुहुयान्महादारिद्र्यशांतये
Pour apaiser la grande pauvreté, celui qui désire la prospérité doit verser l’oblation dans le feu sacré avec du ghee et du lait; et il peut aussi offrir seulement des fleurs de lotus.
Verse 46
जातीपुष्पेण वश्यार्थी जुहुयात्सघृतेन तु । घृतेन करवीरैश्च कुर्यादाकर्षणं द्विजः
Celui qui veut mettre autrui sous son influence doit verser l’oblation avec des fleurs de jasmin mêlées de ghee. Et avec des fleurs de laurier-rose offertes dans le ghee, un « deux-fois-né » peut accomplir le rite d’attraction.
Verse 47
तैलेनोच्चाटनं कुर्यात्स्तंभनं मधुना पुनः । स्तंभनं सर्षपेणापि लशुनेन तु पातनम्
Avec l’huile, on peut accomplir le rite d’expulsion (uccāṭana) ; avec le miel, de nouveau, le rite d’immobilisation (stambhana). L’immobilisation peut aussi se faire avec la moutarde ; et avec l’ail s’accomplit le rite d’abattement (pātana) de l’influence obstructrice.
Verse 48
ताडनं रुधिरेण स्यात्खरस्योष्ट्रस्य चोभयोः । मारणोच्चाटने कुर्याद्रोहिबीजैस्तिलान्वितैः
Pour le rite de tāḍana (frapper), qu’on emploie le sang de l’âne ou du chameau, ou celui des deux ensemble. Pour les actes de māraṇa (destruction) et d’uccāṭana (expulsion), qu’on opère avec des graines de rohī mêlées de sésame.
Verse 49
विद्वेषणं च तैलेन कुर्याल्लांगलकस्य तु । बंधनं रोहिबीजेन सेनास्तंभनमेव च
Avec l’huile (préparée pour ces rites), on peut accomplir vidveṣaṇa (susciter l’inimitié) ; par le rite du laboureur, on obtient la contrainte ; par la graine dite rohī, on réalise bandhana (l’entrave), et de même senā-stambhana (l’immobilisation d’une armée).
Verse 50
रक्तसर्षपसंमिश्रैर्होमद्रव्यैरशेषतः । हस्तयंत्रोद्भवैस्तैलैर्जुहुयादाभिचारिके
Dans les rites ābhicārika (de soumission ou de sorcellerie nuisible), qu’on accomplisse l’oblation entièrement avec des matières de homa mêlées de graines de moutarde rouge, et qu’on verse dans le feu des huiles tirées d’une presse à main.
Verse 51
कटुकीतुषसंयुक्तैः कार्पासास्थिभिरेव च । सर्षपैस्तैलसंमिश्रैर्जुहुयादाभिचारिके
Dans les rites d’ābhicāra (sorcellerie hostile), qu’on jette en offrande au feu des enveloppes âcres et piquantes avec des graines de coton, ainsi que des graines de moutarde mêlées d’huile.
Verse 52
ज्वरोपशांतिदं क्षीरं सौभाग्यफलदं तथा । सर्वसिद्धिकरो होमः क्षौद्राज्यदधिभिर्युतैः
On dit que le lait procure l’apaisement de la fièvre et qu’il donne aussi le fruit de la bonne fortune. Le homa accompli avec miel, ghee et caillé—unis en oblation—devient un rite qui confère toute siddhi (accomplissement).
Verse 53
क्षीरेण तंदुलैश्चैव चरुणा केवलेन वा । शांतिकं पौष्टिकं वापि सप्तभिः समिदादिभिः
Avec du lait et du riz — ou même avec un simple caru (oblations cuites) — qu’on accomplisse le rite de śānti (apaisement) ou celui de pauṣṭika (nourrissement et accroissement), en usant des sept requis rituels, à commencer par les samidh, les baguettes de bois sacré.
Verse 54
द्रव्यैर्विशेषतो होमे वश्यमाकर्षणं तथा । वश्यमाकर्षणं चैव श्रीपदं च विशेषतः
Dans les offrandes au feu (homa), lorsqu’elles sont accomplies avec des substances spécialement prescrites, on dit que naissent les rites de vaśya (influence, assujettissement) et d’ākarṣaṇa (attraction, appel). Oui, ces actes d’influence et d’attraction sont tout particulièrement liés à l’obtention du śrīpada, prospérité et éminence de bon augure.
Verse 55
बिल्वपत्रैस्तु हवनं शत्रोर्विजयदं तथा । समिधः शांतिकार्येषु पालाशखदिरादिकाः
Le homa accompli avec des feuilles de bilva confère la victoire sur l’ennemi. Et pour les rites de śānti (apaisement), les samidh convenables sont celles de palāśa, de khadira, et d’autres semblables.
Verse 56
करवीरार्कजाः क्रौर्ये कण्टकिन्यश्च विग्रहे । प्रशांतः शांतिकं कुर्यात्पौष्टिकं च विशेषतः
Quand surgissent la cruauté et la rudesse, qu’on emploie les remèdes liés au Karavīra et à l’Arka. Et lorsque naissent conflit et querelle, sont prescrites des mesures « épineuses » de protection. Mais le dévot paisible doit surtout accomplir les rites de śānti (apaisement), et aussi ceux de pauṣṭika (nourrissement et bien-être).
Verse 57
निर्घृणः क्रुद्धचित्तस्तु प्रकुर्यादाभिचारिकम् । अतीवदुरवस्थायां प्रतीकारांतरं न चेत्
L’homme sans pitié, dont l’esprit s’embrase de colère, peut recourir à l’abhicāra, la sorcellerie hostile, s’il est tombé dans une situation extrêmement douloureuse et ne voit aucun autre remède.
Verse 58
आततायिनमुद्दिश्य प्रकुर्यादाभिचारिकम् । स्वराष्ट्रपतिमुद्दिश्य न कुर्यादाभिचारिकम्
Un rite de sorcellerie hostile (abhicāra) peut être accompli en visant un agresseur violent (ātatāyin) ; mais il ne doit pas être accompli contre le souverain de son propre royaume.
Verse 59
यद्यास्तिकस्सुधर्मिष्ठो मान्यो वा यो ऽपि कोपि वा । तमुद्दिश्यापि नो कुर्यादाततायिनमप्युत
Même si quelqu’un est croyant (āstika), très ferme dans le dharma et digne d’honneur—qui qu’il soit—on ne doit pas, même en le visant, accomplir l’acte d’un ātatāyin (agresseur violent), ni pousser à une telle faute.
Verse 60
मनसा कर्मणा वाचा यो ऽपि कोपि शिवाश्रितः । स्वराष्ट्रपतिमुद्दिश्य शिवा श्रितमथापि वा
Quiconque—absolument quiconque—prend refuge en Śiva par la pensée, l’acte et la parole, et dirige son intention vers le seigneur de son propre royaume, ou même vers un autre dévot de Śiva, est tenu pour abrité par Śiva.
Verse 61
कृत्वाभिचारिकं कर्म सद्यो विनिपतेन्नरः । स्वराष्ट्रपालकं तस्माच्छिवभक्तं च कञ्चन
Celui qui accomplit un acte d’abhicāra pour nuire tombe aussitôt. C’est pourquoi il ne faut jamais attaquer—par de tels rites—le protecteur de son propre royaume, ni aucun dévot de Śiva.
Verse 62
न हिंस्यादभिचाराद्यैर्यदीच्छेत्सुखमात्मनः । अन्यं कमपि चोद्दिश्य कृत्वा वै मारणादिकम्
Si l’on souhaite son propre bien, on ne doit nuire à personne par l’abhicāra et les rites apparentés. En vérité, on ne doit jamais accomplir des actes tels que tuer et autres semblables, en visant qui que ce soit.
Verse 63
पश्चात्तापेन संयुक्तः प्रायश्चित्तं समाचरेत् । बाणलिंगे ऽपि वा कुर्यान्निर्धनो धनवानपि
Uni à un repentir sincère, on doit accomplir comme il se doit le prāyaścitta (rite d’expiation). Qu’on soit pauvre ou riche, on peut l’exécuter même devant un Bāṇa-liṅga (emblème portatif de Śiva), car la grâce de Śiva est accessible par un culte humble et conforme.
Verse 64
स्वयंभूते ऽथ वा लिंगे आर्षके वैदिके ऽपि वा । अभावे हेमरत्नानामशक्तौ च तदर्जने
Que le Liṅga soit svayambhū (auto-manifesté), ou établi selon la tradition des ṛṣi, ou encore selon les prescriptions védiques : si l’or et les gemmes font défaut, ou si l’on n’a pas la capacité de les acquérir, le culte doit néanmoins être accompli avec ce qui est possible.
Verse 65
मनसैवाचरेदेतद्द्रव्यैर्वा प्रतिरूपकैः । क्वचिदंशे तु यः शक्तस्त्वशक्तः क्वचिदंशके
On peut accomplir ce culte par la seule pensée, ou avec des offrandes réelles, ou avec des substituts convenables. Car l’on peut être capable en une partie du rite et impuissant en une autre ; qu’on l’exécute donc selon sa capacité en chaque point.
Verse 66
सो ऽपि शक्त्यनुसारेण कुर्वंश्चेत्फलमृच्छति । कर्मण्यनुष्ठिते ऽप्यस्मिन्फलं यत्र न दृश्यते
Même lui—agissant selon sa capacité—obtient assurément le fruit. Pourtant, bien que ce rite soit accompli comme il se doit, il arrive que son résultat ne se manifeste pas aussitôt.
Verse 67
द्विस्त्रिर्वावर्तयेत्तत्र सर्वथा दृश्यते फलम् । पूजोपयुक्तं यद्द्रव्यं हेमरत्नाद्यनुत्तमम्
Si, dans ce rite, on le répète deux ou trois fois, le fruit se manifeste infailliblement. Toute substance employée pour le culte—tel l’or excellent, les joyaux et autres—devient souverainement efficace lorsqu’elle est offerte dans la Śiva-pūjā.
Verse 68
तत्सर्वं गुरवे दद्याद्दक्षिणां च ततः पृथक् । स चेन्नेच्छति तत्सर्वं शिवाय विनिवेदयेत्
Qu’on offre tout cela au Guru, puis qu’on présente séparément la dakṣiṇā. S’il ne souhaite pas l’accepter, qu’on consacre alors le tout au Seigneur Śiva.
Verse 69
अथवा शिवभक्तेभ्यो नान्येभ्यस्तु प्रदीयते । यः स्वयं साधयेच्छक्त्या गुर्वादिनिरपेक्षया
Ou bien, qu’on ne le donne qu’aux dévots de Śiva, et non aux autres. Quant à celui qui, s’appuyant sur sa seule force, entreprend la sādhana de façon indépendante, sans égard pour le guru et les autres guides, il agit à contre-voie.
Verse 70
सो ऽप्येवमाचरेदत्र न गृह्णीयात्स्वयं पुनः । स्वयं गृह्णाति यो लोभात्पूजांगद्रव्यमुत्तमम्
Lui aussi doit agir ici de la même manière et ne rien reprendre pour lui-même. Celui qui, par avidité, s’empare des meilleurs objets destinés aux justes requis du culte, agit à l’encontre du dharma.
Verse 71
कांक्षितं न लभेन्मूढो नात्र कार्या विचारणा । अर्चितं यत्तु तल्लिंगं गृह्णीयाद्वा नवा स्वयम्
L’insensé, égaré, n’obtient pas ce qu’il désire ; il n’est nul besoin d’en délibérer davantage. Qu’on prenne donc ce même Liṅga dûment adoré, ou bien qu’on en adore un nouveau soi-même.
Verse 72
गृह्णीयाद्यदि तन्नित्यं स्वयं वान्यो ऽपि वार्चयेत् । यथोक्तमेव कर्मैतदाचरेद्यो ऽनपायतः
Si l’on adopte cette observance et qu’on la maintienne chaque jour—qu’on accomplisse soi-même le culte ou qu’on le fasse accomplir par un autre—qu’on exécute ce rite exactement comme il est prescrit, sans écart.
Verse 73
फलं व्यभिचरेन्नैवमित्यतः किं प्ररोचकम् । तथाप्युद्देशतो वक्ष्ये कर्मणः सिद्धिमुत्तमम्
Si le fruit de l’action ne dévie pas ainsi, quel besoin y a-t-il d’une persuasion supplémentaire ? Pourtant, j’énoncerai brièvement l’accomplissement suprême du rite, afin qu’il soit compris correctement et mené à parfaite réalisation.
Verse 74
अपि शत्रुभिराक्रांतो व्याधिभिर्वाप्यनेकशः । मृत्योरास्यगतश्चापि मुच्यते निरपायतः
Même s’il est assailli par des ennemis, accablé de nombreuses maladies, ou même entré dans la gueule de la Mort, il est pourtant délivré—à coup sûr et sans péril—par la grâce salvatrice du Seigneur lorsqu’il se réfugie en Śiva.
Verse 75
पूजायते ऽतिकृपणो रिक्तो वैश्रवणायते । कामायते विरूपो ऽपि वृद्धो ऽपि तरुणायते
Par la grâce du Seigneur, obtenue par le culte de Śiva, même l’avare le plus extrême devient digne d’honneur ; même le démuni devient tel Vaiśravaṇa (Kubera). Même l’être disgracieux devient désirable ; même le vieillard devient comme un jeune homme.
Verse 76
शत्रुर्मित्रायते सद्यो विरोधी किंकरायते । विषायते यदमृतं विषमप्यमृतायते
Par la puissance transformatrice de la connaissance et de la dévotion à Śiva, l’ennemi devient aussitôt ami, et même l’adversaire se change en serviteur. Ce qui est nectar peut devenir poison, et même le poison peut devenir nectar—selon l’état de la conscience et l’enchaînement ou la délivrance karmique.
Verse 77
स्थलायते समुद्रो ऽपि स्थलमप्यर्णवायते । महीधरायते श्वभ्रं स च श्वभ्रायते गिरिः
Même l’océan paraît terre ferme, et même la terre ferme semble océan. Un gouffre paraît montagne, et cette montagne même paraît gouffre : telle est l’inversion trompeuse que māyā produit sur l’âme liée (paśu).
Verse 78
पद्माकरायते वह्निः सरो वैश्वानरायते । वनायते यदुद्यानं तदुद्यानायते वनम्
Dans cet état d’inversion spirituelle, le feu paraît tel un lac de lotus, et le lac tel un brasier. Ce qui est jardin semble forêt, et ce qui est forêt semble jardin.
Verse 79
सिंहायते मृगः क्षुद्रः सिंहः क्रीडामृगायते । स्त्रियो ऽभिसारिकायन्ते लक्ष्मीः सुचरितायते
Dans le bouleversement de l’âge, même un petit cerf joue au lion, et le lion se trouve ravalé au rang d’animal de divertissement. Les femmes deviennent comme des errantes clandestines du désir, et Lakṣmī—la prospérité—ne demeure qu’auprès de la bonne conduite et du noble caractère.
Verse 80
स्वैरप्रेष्यायते वाणी कीर्तिस्तु गणिकायते । स्वैराचारायते मेधा वज्रसूचीयते मनः
Quand on tombe dans une conduite sans frein, la parole devient comme un serviteur loué; la renommée, comme une courtisane. L’intelligence se tourne vers des voies dissolues, et l’esprit devient tel une aiguille de diamant — dur, aigu, perçant.
Verse 81
महावातायते शक्तिर्बलं मत्तगजायते । स्तम्भायते समुद्योगैः शत्रुपक्षे स्थिता क्रिया
Quand l’énergie devient un grand ouragan et la force un éléphant ivre, l’action—dès qu’elle se tient du côté de l’ennemi—se trouve arrêtée et figée par le surmenage et l’ardeur fébrile.
Verse 82
शत्रुपक्षायते ऽरीणां सर्व एव सुहृज्जनः । शत्रवः कुणपायन्ते जीवन्तोपि सबांधवाः
Pour celui que saisit l’inimitié, tout ami bienveillant paraît appartenir au camp de l’ennemi; et les ennemis—bien que vivants, même avec leurs proches—semblent aussi vils qu’un cadavre. Ainsi, le lien de la haine fausse le discernement et enchaîne l’âme loin de la grâce de Śiva.
Verse 83
आपन्नो ऽपि गतारिष्टः स्वयं खल्वमृतायते । रसाय नायते नित्यमपथ्यमपि सेवितम्
Même tombé dans la détresse, on se délivre du péril ; de lui‑même cela devient nectar, tel l’amṛta. Mais ce qui est malsain, fût‑il consommé sans cesse, ne devient jamais rasāyana, l’élixir qui vivifie.
Verse 84
अनिशं क्रियमाणापि रतिस्त्वभिनवायते । अनागतादिकं सर्वं करस्थामलकायते
Même pratiquée sans relâche, cette dévotion aimante demeure toujours neuve. Et tout—l’avenir et le reste—se révèle clairement, tel un fruit d’āmalaka tenu dans la paume.
Verse 85
यादृच्छिकफलायन्ते सिद्धयो ऽप्यणिमादयः । बहुनात्र किमुक्तेन सर्वकामार्थसिद्धिषु
Même les perfections yogiques, à commencer par aṇimā, ne surgissent que comme des fruits accessoires, presque fortuits. À quoi bon en dire davantage ? Pour l’accomplissement de tout but et de tout désir, seule la grâce et l’adoration de Śiva sont la réalisation certaine.
Verse 86
अस्मिन्कर्मणि निर्वृत्ते त्वनवाप्यं न विद्यते
Lorsque cette observance sacrée est accomplie comme il se doit, rien ne demeure hors de ta portée.
In the sampled opening, the chapter is primarily instructional rather than event-driven: it frames a didactic dialogue where Upamanyu teaches Kṛṣṇa about Śaiva practice, mantra preparation, and obstacle-removal.
Pratibandha denotes subtle, unseen impediments (adṛṣṭa) that can block ritual/mantric fruition even when external procedure seems correct; the chapter treats diagnosis (omens) and expiation (niṣkṛti) as essential safeguards.
Mantra-competence (including meaning), removal of impediments, acting according to prescription, and inner confidence/śraddhā; supportive vows like brahmacarya and regulated diet are recommended for attainment.