
Sanātana instruit Nārada sur les vœux de Ṣaṣṭhī (sixième jour lunaire) comme un calendrier rituel mois par mois. À partir de Caitra Śukla Ṣaṣṭhī (Kumāra-vrata) et tout au long de l’année, le chapitre assigne divinités et fruits : adorer Ṣaṇmukha/Skanda pour l’accomplissement des désirs et une descendance vertueuse ; en Jyeṣṭha, culte du Soleil pour la joie maternelle ; en Āṣāḍha, Skanda-vrata pour la continuité de la lignée ; en Śrāvaṇa, vénération de Śarajanmā avec seize offrandes. Une grande section décrit en détail le Bhādrapada Kṛṣṇa Ṣaṣṭhī Lalitā-vrata pour les femmes : bain du matin, vêtement blanc, aller au banc de sable à la confluence des rivières, récipient de bambou et forme en « motte », liste de fleurs, nombres 108 et 28, prières dans des tīrthas précis, naivedya abondant, lampes et encens, et veille nocturne totale avec interdiction stricte de dormir ; puis dons, repas offerts aux brāhmaṇas et aux jeunes filles, et hommage aux femmes mariées. Ensuite, en Āśvina Śukla Ṣaṣṭhī, le culte de Kātyāyanī accorde mari et progéniture ; les mois suivants évoquent des Ṣaṣṭhīs nommées (telles Candanā, Varuṇā) et l’adoration du Soleil/Viṣṇu/Varuṇa/Paśupati, pour culminer dans la promesse d’atteindre le monde de Śiva.
Verse 1
सनातन उवाच । श्रृणु विप्र प्रवक्ष्यामि षष्ठ्याश्चैव व्रतानि ते । यानि सम्यग्विधायात्र लभेत्सर्वान्मनोरथान् ॥ १ ॥
Sanātana dit : «Écoute, ô brāhmane ; je vais t’énoncer les vœux du sixième jour lunaire (Ṣaṣṭhī). Celui qui les accomplit ici selon la règle obtient tous les buts désirés».
Verse 2
चैत्रमासे शुक्लषष्ठ्यां कुमारव्रतमुत्तमम् । तत्रेष्ट्वा षण्मुखं देवं नानापूजा विधानतः ॥ २ ॥
Au mois de Caitra, le sixième jour lunaire de la quinzaine claire, on doit observer l’excellent vœu nommé Kumāra-vrata. Ce jour-là, après avoir adoré le Seigneur aux six visages (Ṣaṇmukha) par diverses offrandes selon le rite prescrit, le vœu s’accomplit.
Verse 3
पुत्रं सर्वगुणोपेतं प्राप्नुयाच्चिरजीविनम् । वैशाखशुक्लषष्ठ्यां च पूजयित्वा च कार्तिकम् ॥ ३ ॥
En adorant (le Seigneur) le sixième jour lunaire de la quinzaine claire de Vaiśākha, et en honorant comme il se doit le mois de Kārttika, on obtient un fils pourvu de toutes les vertus et de longue vie.
Verse 4
लभते मातृजं सौख्यं नात्र कार्या विचारणा । ज्येष्ठमासे शुक्लषष्ठ्यां विधिनेष्ट्वा दिवाकरम् ॥ ४ ॥
On obtient la joie qui vient de la mère ; il n’y a ici nul besoin de douter. Au mois de Jyeṣṭha, en adorant selon la règle le Soleil (Divākara) le sixième jour lunaire de la quinzaine claire, ce fruit est atteint.
Verse 5
लभते वांछितान्कामांस्तत्प्रसादान्न संशयः । आषाढशुक्लषष्ठ्यां वै स्कंदव्रतमनुत्तमम् ॥ ५ ॥
Par sa grâce, on obtient assurément les buts désirés — sans aucun doute. En vérité, le sixième jour lunaire de la quinzaine claire d’Āṣāḍha, on observe l’incomparable Skanda-vrata.
Verse 6
उपोष्य पूजयित्वैनं शिवोमाप्रियमात्मजम् । लभतेऽभीप्सितान्कामान्पुत्रपौत्रादिसंततीः ॥ ६ ॥
Après avoir jeûné puis vénéré ce fils bien-aimé de Śiva et d’Umā, on obtient les buts désirés—y compris une descendance : fils, petits-fils et lignée à venir.
Verse 7
श्रावणे शुक्लषष्ठ्यां तु शरजन्मानमर्चयेत् । उपचारैः षोडशभिर्भक्त्या परमयान्वितः ॥ ७ ॥
Au mois de Śrāvaṇa, le sixième jour lunaire (Ṣaṣṭhī) de la quinzaine claire, qu’on vénère Śarajanmā—le Né des roseaux—en accomplissant les seize offrandes, animé d’une dévotion suprême.
Verse 8
लभतेऽभीप्सितानर्थान्षण्मुखस्य प्रसादतः । भाद्रमासे कृष्णषष्ट्यां ललिताव्रतमुच्यते ॥ ८ ॥
Par la grâce de Ṣaṇmukha, on obtient les biens désirés. Cette observance est appelée Lalitā-vrata et se pratique au mois de Bhādrapada, le sixième jour de la quinzaine sombre (Kṛṣṇa-ṣaṣṭhī).
Verse 9
प्रातः स्नात्वा विधानेन नारी शुक्लाम्बरावृता । शुक्लमाल्ययधरा वापि नद्याः संगमवालुकाम् ॥ ९ ॥
Au matin, après s’être baignée selon le rite prescrit, une femme—vêtue de blanc et portant une guirlande blanche—doit se rendre sur la berge sablonneuse au confluent de la rivière.
Verse 10
गृहीत्वा वंशपात्रे तु धृत्वा पिंडाकृतिं च ताम् । पञ्चधा ललितां तत्र ध्यायेद्वनविलासिनीम् ॥ १० ॥
Prenant un récipient de bambou et y déposant cette offrande en forme de boule, qu’on médite là sur la Divine Dame Lalitā, celle qui se plaît dans la forêt, gracieuse en sa forme quintuple.
Verse 11
पङ्कजं करवीरं च नेपालीं मालतीं तथा । नीलोत्पलं केतकीं च संगृह्य तगरं तथा ॥ ११ ॥
Ayant rassemblé le lotus, le karavīra (laurier-rose), la nepālī parfumée et la mālatī, ainsi que le lotus bleu et la ketakī, qu’on recueille aussi le tagara, jasmin au parfum suave.
Verse 12
एकैकाष्टशतं ग्राह्यमष्टाविंशतिरेव च । अक्षताः कलिका गृह्य ताभिर्देवीं प्रपूजयेत् ॥ १२ ॥
Qu’on prenne, pour chacun, cent huit, et encore vingt-huit; prenant l’akṣata (grains de riz intacts) et des boutons de fleurs, qu’on rende à la Déesse un culte conforme au rite.
Verse 13
प्रार्थयेदग्रतः स्थित्वा देवीं तां गिरिशप्रियाम् । गंगाद्वारे कुशावर्त्ते विल्वके नीलपर्वते ॥ १३ ॥
Se tenant devant Elle, qu’on adresse des prières à cette Déesse, chère à Girīśa (Śiva) — à Gaṅgādvāra, à Kuśāvarta, à Bilvaka et sur le mont Nīlaparvata.
Verse 14
स्नात्वा कनखले देवि हरिं लब्धवती पतिम् । ललिते सुभगं देवि सुखसौभाग्यदायिनि ॥ १४ ॥
Ô Déesse, après s’être baignée à Kanakhala, elle obtint Hari pour époux. Ô Lalitā, ô Dame de bon augure, ô Déesse qui accordes bonheur et heureuse fortune !
Verse 15
अनंतं देहि सौभाग्ये मह्यं तुभ्यं नमोऽनमनः । मंत्रेणानेन कुसुमैश्वंपकस्य सुशोभनैः ॥ १५ ॥
Ô Ananta, Seigneur Infini, accorde-moi une fortune de bon augure sans fin. À Toi je me prosterne encore et encore. Par ce mantra, qu’on Te vénère avec des fleurs de campaka, belles et rayonnantes.
Verse 16
अभ्यर्च्य विधिवत्तस्या नैवेद्यं पुरतो न्यसेत् । त्रपुषैरपि कूष्माण्डैर्नालिकेरैः सुदाडिमैः ॥ १६ ॥
Après l’avoir honorée selon le rite prescrit, qu’on dépose devant la Divinité le naivedya, l’offrande de nourriture, fût-ce avec des concombres, des courges, des noix de coco et de belles grenades.
Verse 17
बीजपूरैः सुतुंडीरैः कारवेल्लैः सचिर्भटैः । फलैस्तत्कालसंभूतैः कृत्वा शोभां तदग्रतः ॥ १७ ॥
Avec des cédrats (bījapūra), de belles grenades, des courges amères et des concombres, ainsi que des fruits mûris en cette même saison, il les arrangea devant, créant un éclatant décor.
Verse 18
विरूढधान्यांकुरकैः सुदीपावलिभिस्तथा । सार्द्धै सर्गणकैधूपः सौहालककरंजकैः ॥ १८ ॥
Avec des pousses de grains germés, avec des rangées de lampes brûlant d’un vif éclat; et avec de l’encens préparé avec des substances odorantes telles que la résine (sauhālaka) et le karañja—ainsi convient-il d’accomplir le rite.
Verse 19
गुडपुष्पैः कर्णवेष्टैर्मोदकैरुपमोदकैः । बहुप्रकारैर्नैवेद्यैर्यथा विभवसारतः ॥ १९ ॥
Avec des offrandes de fleurs adoucies au jaggery (guḍa), avec des pâtisseries en forme d’oreille (karṇaveṣṭa), des modakas et des upamodakas, et avec des naivedyas de maintes sortes, qu’on adore selon ses moyens et ses ressources.
Verse 20
एवमभ्यर्च्य विधिवद्रात्रौ जागरणोत्सवम् । गीतवाद्यनटैर्नृत्यैः प्रोक्षणीयैरनेकधा ॥ २० ॥
Ainsi, après avoir adoré selon le rite, qu’on célèbre la nuit la fête de la veille (jāgaraṇa), avec chants, musique instrumentale, artistes, danses, et diverses aspersions rituelles de sanctification.
Verse 21
सखीभिः सहिता साध्वी तां रात्रिं प्रसभं नयेत् । न च संमीलयेन्नेत्रे नारीयामचतुष्टयम् ॥ २१ ॥
Accompagnée de ses compagnes, la femme vertueuse doit traverser cette nuit dans une veille ardente; et durant les quatre veilles nocturnes, qu’elle ne ferme point les yeux (qu’elle demeure éveillée).
Verse 22
दुर्भगा दुष्कृता वंध्या नेत्रसंमीलनाद्भवेत् । एवं जागरणं कृत्वा सप्तम्यां सरितं नयेत् ॥ २२ ॥
Si, durant la veille, l’on ferme les yeux (si l’on s’endort), on dit qu’elle devient infortunée, chargée de faute et stérile. Ainsi, après avoir veillé toute la nuit de cette manière, au septième jour lunaire (saptamī) qu’elle se rende à la rivière.
Verse 23
गन्धपुष्पैस्तथाभ्यर्च्य गीतवाद्यपुरःसरैः । तच्च दद्याद्द्विजेन्द्राय नैवेद्यादि द्विजोत्तम ॥ २३ ॥
Après avoir rendu un culte selon le rite avec parfums et fleurs, précédé de chants et de musique instrumentale, qu’on présente ensuite cette offrande—avec le naivedya (mets consacrés) et le reste—au chef des deux-fois-nés, ô brāhmane éminent.
Verse 24
स्नात्वा गृहं समागत्य हुत्वा वैश्वानरं ततः । देवान्पितॄन्मनुष्यांश्च पूजयित्वा सुवासिनीः ॥ २४ ॥
Après s’être baignée et être rentrée au foyer, qu’on offre d’abord l’oblation à Vaiśvānara (le feu sacré domestique). Ensuite, après avoir honoré les dieux, les pitṛ (ancêtres) et les hommes, qu’on rende hommage aux su-vāsinī, les épouses de bon augure.
Verse 25
कन्यकाश्चैव संभोज्य ब्राह्मणान्दश पंच च । भक्ष्यभोज्यैर्बहुविधैर्दत्वा दानानि भूरिशः ॥ २५ ॥
Qu’on nourrisse aussi les jeunes filles, et qu’on fasse repas à quinze brāhmaṇa; et, avec maintes sortes de mets—friandises et plats cuits—qu’on accorde de nombreux dons en aumône.
Verse 26
ललिता मेऽस्तु सुप्रीता इत्युक्त्वा तान्विसर्जयेत् । यः कश्चिदाचरेदेतद्व्रतं सौभाग्यदं परम् ॥ २६ ॥
En disant : « Que la Déesse Lalitā soit grandement satisfaite de moi », on doit ensuite les congédier. Quiconque accomplit ce vœu—qui que ce soit—reçoit le don suprême de la bonne fortune.
Verse 27
नरो वा यदि वा नारी तस्य पुण्यफलं श्रृणु । यद्व्रतैश्च तपोभिश्च दानैर्वा नियमैरपि ॥ २७ ॥
Qu’il soit homme ou femme, écoute le fruit méritoire qui lui revient : le même mérite que l’on acquiert par les vœux, les austérités, la charité et les observances de discipline.
Verse 28
तदेतेनेह लभ्येत किं बहूक्तेन नारद । मृतेरनंतरं प्राप्य शिवलोकं सनातनम् ॥ २८ ॥
Par cela seul, on l’obtient ici même—à quoi bon en dire davantage, ô Nārada ? Aussitôt après la mort, on parvient au monde éternel de Śiva.
Verse 29
मोदते ललितादेव्या शैवे वै सखिवच्चिरम् । नभस्ये मासि या शुक्ला षष्ठी सा चंदनाह्वया ॥ २९ ॥
La lumineuse sixième lune (Śukla-Ṣaṣṭhī) du mois de Nabhasya est appelée « Candanā ». En l’observant, on se réjouit longtemps dans le royaume de Śiva, jouissant de la compagnie de la Déesse Lalitā comme d’une amie proche.
Verse 30
तस्यां देवीं समभ्यर्च्य लभते तत्सलोकताम् । रोहिणी पातभौमैस्तु संयुता कपिला भवेत् ॥ ३० ॥
En ce jour, en adorant dûment la Déesse, on obtient demeure dans son propre monde. Et lorsque Rohiṇī est conjointe à certaines conditions terrestres (liées à Mars), alors (la vache ou l’offrande du rite) devient « Kapilā », la fauve de bon augure.
Verse 31
तस्यां रविं समभ्यर्च्य व्रती नियमतत्परः । लभते वांछितान्कामान्भास्करस्य प्रसादतः ॥ ३१ ॥
En cette occasion propice, celui qui observe son vœu et s’applique avec ferveur à la discipline, en adorant Ravi (le Soleil), obtient les biens désirés, par la grâce de Bhāskara, le dieu solaire.
Verse 32
अन्नदानं जपो होमं पितृदेवर्षितर्पणम् । सर्वमेवाक्षयं ज्ञेयं कृतं देवर्षिसत्तम ॥ ३२ ॥
Le don de nourriture, la récitation des mantras (japa), l’offrande au feu (homa) et les libations (tarpana) aux ancêtres, aux dieux et aux sages—tout cela doit être tenu pour un mérite impérissable, ô le meilleur des devarishis, lorsqu’il est accompli selon le rite.
Verse 33
कपिलां धेनुमभ्यर्च्य वस्त्रमाल्यानुलेपनैः । प्रदद्याद्वेदविदुषे द्वादशात्मप्रतुष्टये ॥ ३३ ॥
Après avoir vénéré la vache laitière kapilā, fauve, avec des vêtements, des guirlandes et des onguents, qu’on la donne en offrande à un connaisseur du Veda, pour la satisfaction du Soi aux douze aspects, la Divinité intérieure en douze formes.
Verse 34
अथेषुशुक्लषष्ठ्यां तु पूज्या कात्यायनी द्विज । गंधाद्यैर्मंङ्गलद्रव्यैर्नैवेद्यैर्विविधैस्तथा ॥ ३४ ॥
Ensuite, au jour de Ṣaṣṭhī, le sixième jour lunaire de la quinzaine claire d’Āśvina, ô deux-fois-né, la Déesse Kātyāyanī doit être honorée avec des parfums et d’autres substances de bon augure, ainsi qu’avec divers naivedya, offrandes de nourriture.
Verse 35
ततः क्षमाप्य देवेशीं प्रणिपत्य विसर्जयेत् । पूज्यात्र सैकती मूर्तिर्यद्वा द्विजसती मुदा ॥ ३५ ॥
Ensuite, après avoir imploré le pardon de la Déesse—la Souveraine suprême—, qu’on se prosterne et qu’on la congédie avec respect, concluant ainsi le culte. Dans ce rite, on vénère une image faite de sable; ou bien, avec joie, on peut honorer à sa place une femme brāhmane vertueuse.
Verse 36
वस्त्रालंकरणैर्भव्यैः कात्यायिन्याः प्रतुष्टये । कन्या वरं प्राप्नुयाच्च वांचितं पुत्रमंगना ॥ ३६ ॥
En offrant de beaux vêtements et de splendides parures pour réjouir la Déesse Kātyāyinī, la jeune fille obtient un époux, et la femme mariée obtient le fils désiré.
Verse 37
कात्यायिनीप्रसादाद्वै नात्र कार्या विचारणा । कार्तिके शुक्लषष्ठ्यां तु षण्मुखेन महात्मना ॥ ३७ ॥
Vraiment, par la grâce de Kātyāyinī, il n’est ici nul besoin de doute ni de nouvelle délibération. Car au sixième jour clair (Śukla Ṣaṣṭhī) de Kārttika, le magnanime Ṣaṇmukha l’accomplit.
Verse 38
देवसेना महाभागा लब्धा सर्वुसुरार्पिता । अतस्तस्यां सुरश्रेष्ठां देवसेनां च षण्मुखम् ॥ ३८ ॥
Ainsi fut obtenue Devasenā, la très fortunée, offerte par tous les dieux ; et de ce fait, d’elle naquit le plus excellent parmi les devas : Ṣaṇmukha (Skanda).
Verse 39
संपूज्य निखिलैरेव उपचारैर्मनोहरैः । प्राप्नुयादतुलां सिद्धिं मनोभीष्टां द्विजोत्तम ॥ ३९ ॥
Après avoir dûment adoré (la divinité) par toutes les offrandes rituelles, belles et réjouissantes, ô meilleur des deux-fois-nés, on obtient une siddhi incomparable : l’accomplissement du désir du cœur.
Verse 40
अत्रैव वह्निपूजोक्तां तां च सम्पक्समाचरेत् । विविधद्रव्यहोमैश्च वह्निपूजापुरः सरम् ॥ ४० ॥
Ici même, qu’on accomplisse selon la règle le procédé prescrit comme culte d’Agni ; et, par des homa d’oblations de diverses substances, qu’on mène à terme toute la suite du culte du feu, du commencement à la fin.
Verse 41
मार्गशीर्षे शक्लषष्ठ्यां निहतस्तारकासुरः । स्कंदेन सत्कृतिः प्राप्ता ब्रहमाद्यैः परिकल्पिता ॥ ४१ ॥
Au sixième jour clair (Śukla-Ṣaṣṭhī) de Mārgaśīrṣa, Skanda abattit l’asura Tārakāsura ; et Skanda reçut les honneurs qui lui étaient dus, tels que les ordonnèrent Brahmā et les autres dieux.
Verse 42
ततोऽस्यां पूजयेत्स्कंदं गंधपुष्पाक्षतैः फलैः । वस्त्रैराभूषणश्चापि नैवेद्यैर्विविधैस्तथा ॥ ४२ ॥
Ensuite, dans cette observance, qu’on adore Skanda avec parfums, fleurs, akṣata (grains intacts) et fruits ; et de même avec vêtements, parures et diverses offrandes de nourriture (naivedya).
Verse 43
रविवारेण संयुक्ता तथा शतभिषान्विता । यदि चेत्सा समुद्दिष्टा चंपाह्वा मुनिसत्तम ॥ ४३ ॥
Ô meilleur des sages, si l’on dit qu’elle est conjointe au dimanche et associée à Śatabhiṣā, alors elle est désignée sous le nom de « Campā ».
Verse 44
तस्यां विश्वेश्वरो देवो द्रष्टव्यः पापनाशनः । पूजनीयो वेदनीयः स्मर्तव्यः सौख्यमिच्छता ॥ ४४ ॥
Là, l’on doit contempler le Seigneur Viśveśvara, le Destructeur des péchés. Celui qui désire bien-être et bonheur doit l’adorer, le connaître en vérité et se souvenir de lui.
Verse 45
स्नानदानादिकं चात्र सर्वमक्षय्यमुच्यते । पौषमासे शुक्लषष्ठ्यां देवो दिनपतिर्द्विज ॥ ४५ ॥
Ici, toutes les actions telles que le bain rituel, le don (dāna) et autres sont déclarées d’un mérite inépuisable. Ô deux-fois-né, au sixième jour clair (Śukla-Ṣaṣṭhī) du mois de Pauṣa, la divinité de ce jour est le Seigneur du Jour : le Soleil (Sūrya).
Verse 46
विष्णुरूपी जगत्त्राता प्रदुर्भूताः सनातनः ॥ ४६ ॥
L’Éternel s’est manifesté : Lui qui, prenant la forme de Viṣṇu, est le protecteur du monde.
Verse 47
स तस्मात्पूजनीयोऽस्यां द्रव्यैर्गंधपुरस्कृतैः । नैवेद्यैर्वस्त्त्रभूषाद्यैः सर्वसौख्यमभीप्सुभिः ॥ ४७ ॥
Ainsi, dans cette observance, Il doit être vénéré avec des offrandes où les substances parfumées sont au premier rang, avec le naivedya (offrande de nourriture), des vêtements, des ornements et autres, par ceux qui désirent une félicité et un bien-être parfaits.
Verse 48
माघमासे सिता षष्ठी वरुणाह्वा स्मृता तु सा । तस्यां वरुणमभ्यर्च्येद्विष्णुरूपं सनातनम् ॥ ४८ ॥
Au mois de Māgha, le sixième jour lunaire de la quinzaine claire est appelé ‘Varuṇā’. Ce jour-là, il faut adorer Varuṇa, forme éternelle de Viṣṇu.
Verse 49
रक्तैर्गंधांशुकैः पुष्पैर्नैवेद्यैर्धूपदीपकैः । एवमभ्यर्च्य विधिवद्यद्यच्चाभिलषेन्नरः ॥ ४९ ॥
Avec des offrandes rouges, des vêtements parfumés, des fleurs, le naivedya, l’encens et des lampes—ayant ainsi adoré selon le rite—tout ce qu’un homme désire, il l’obtient.
Verse 50
तत्तच्च फलतो लब्ध्वा मोदते तत्प्रसादतः । फाल्गुने शुक्लषष्ठ्यां तु देवं पशुपतिं द्विज ॥ ५० ॥
Ayant obtenu chaque fruit selon cette observance, on se réjouit par sa grâce. Au sixième jour lunaire de la quinzaine claire de Phālguna, ô deux-fois-né, (il faut adorer) le dieu Paśupati.
Verse 51
मृन्मयं विधिना कृत्त्वा पूजयेदुपचारकैः । संस्नाप्य शतरुद्रेण पृथक्पंचामृतैर्जलैः ॥ ५१ ॥
Après avoir façonné selon le rite prescrit une image (ou un emblème) d’argile, qu’on la vénère avec les offrandes usuelles. Puis, en récitant le Śatarudrīya, qu’on la baigne séparément avec les cinq nectars (pañcāmṛta) et avec de l’eau pure.
Verse 52
गन्धैरालिप्य सुश्वेतैरक्षतैः श्वेतपुष्पकैः । बिल्वपत्रैश्च धत्तूरकुसुमैश्च फलैस्तथा ॥ ५२ ॥
Après l’avoir oint de substances parfumées, qu’on offre de l’akṣata très blanc (riz intact) et des fleurs blanches ; ainsi que des feuilles de bilva, des fleurs de datura et des fruits.
Verse 53
सम्पूज्य नानानैवेद्यैर्नीराज्य विधिवत्ततः । क्षमाप्य प्रणिपत्यैनं कैलासाय विसर्जयेत् ॥ ५३ ॥
Après l’avoir honoré comme il se doit par divers naivedya (offrandes de nourriture) et accompli le nīrājya/ārati selon la règle, qu’on demande pardon, qu’on se prosterne, puis qu’on le congédie rituellement pour qu’il retourne à Kailāsa.
Verse 54
एवं कृत शिवार्चस्तु नरो नार्यथवा मुने । इह भुक्त्वा वरान्भोगानन्ते शिवगतिं लभेत् ॥ ५४ ॥
Ô sage, homme ou femme, quiconque accomplit ainsi le culte de Śiva jouit en ce monde de plaisirs excellents et, à la fin, obtient la śiva-gati, l’état suprême lié à Śiva.
Verse 55
इति श्रीबृहन्नारदीयपुराणे पूर्वभागे बृहदुपाख्याने चतुर्थपादे द्वादशमासस्थितषष्ठीव्रतनिरूपणं नाम पञ्चदशाधिकशततमोऽध्यायः ॥ ११५ ॥
Ainsi s’achève le cent quinzième chapitre, intitulé « Exposé du Ṣaṣṭhī-vrata observé durant les douze mois », dans la section antérieure du Śrī Bṛhannāradīya Purāṇa, au sein du Grand Récit, dans le Quatrième Pada.
It is the chapter’s most detailed vrata-kalpa template: it specifies eligibility/role (a woman), ritual setting (river confluence sandbank), material culture (bamboo vessel, sand/clay form, flower taxonomy, lamps, incense, seasonal fruits), numerical prescriptions (108 and 28 items), and a strict jāgaraṇa rule (no sleeping). It also ties household piety to social dharma via feeding and gifting, and culminates in phala-śruti extending to Śiva-loka.
It treats monthly Ṣaṣṭhī observances as a calendrical framework where different devatā-forms are worshipped according to time and rite: Skanda/Ṣaṇmukha dominates, while Lalitā and Kātyāyanī appear for specific aims, and Sun/Varuṇa/Viṣṇu/Paśupati are invoked in designated months. The unity is provided by dharma (proper procedure) and the shared soteriological horizon (merit and Śiva’s realm).
Upavāsa (fasting), pūjā with standard upacāras (fragrance, flowers, akṣata, lamps, incense, naivedya), optional homa/Agni sequence in some contexts, dāna (including cow-gift in an auspicious configuration), and formal conclusion steps (kṣamā-yācñā/forgiveness, namaskāra, visarjana/dismissal).