Adhyaya 290
Prabhasa KhandaPrabhasa Kshetra MahatmyaAdhyaya 290

Adhyaya 290

Le chapitre prend la forme d’un dialogue entre Śiva et Devī. Śiva attire l’attention sur un « excellent » lieu de Kubera à Prabhāsa, où Kubera obtint jadis la dignité de Dhanada, seigneur des richesses. Devī demande comment un brāhmaṇa a pu devenir semblable à un voleur et pourtant parvenir ensuite à l’état de Kubera. Śiva raconte l’existence antérieure du brāhmaṇa Devaśarman, établi à Prabhāsa près de la rive de la Nyanku-matī : d’abord absorbé par les affaires du foyer, il abandonne ensuite la vie domestique, poussé par l’avidité de l’or. L’épouse est décrite comme moralement instable ; un fils, Duḥsaha, naît dans des circonstances défavorables, puis s’enfonce dans le vice et l’abandon social. Le fils tente un vol dans un temple de Śiva, mais, ce faisant, accomplit involontairement un service de la lampe, lié à une lampe presque éteinte et à sa mèche ; surpris par un serviteur du sanctuaire, il s’enfuit de peur et meurt ensuite violemment sous les coups des gardes. Il renaît comme le roi notoire Sudurmukha au Gandhāra : bien que moralement compromis, il poursuit un culte routinier, non mantrique, d’un liṅga héréditaire, avec de fréquentes offrandes de lampes. À la chasse, mû par des impressions antérieures (pūrva-saṃskāra), il parvient à Prabhāsa et tombe au combat sur la berge de la Nyanku-matī ; par l’adoration de Śiva, ses fautes sont dites détruites. Il renaît alors en Vaiśravaṇa (Kubera) éclatant, installe un liṅga près de la Nyanku-matī et adresse un long stotra à Mahādeva ; Śiva apparaît, accorde l’amitié, la charge de Dikpāla et la souveraineté sur la richesse, et déclare que le lieu sera renommé Kuberanagara. Le liṅga établi à l’ouest est mémorisé comme Somanātha (ici associé à Umānātha). La phalaśruti conclut qu’un culte accompli à Śrīpañcamī selon la règle procure une Lakṣmī durable jusqu’à sept générations.

Shlokas

Verse 1

ईश्वर उवाच । ततो गच्छेन्महादेवि कुबेरस्थानमुत्तमम् । यत्र सिद्धः पुरा देवि कुबेरो धनदोऽभवत्

Īśvara dit : Ensuite, ô Grande Déesse, il faut se rendre au lieu excellent nommé la demeure de Kubera, où jadis Kubera parvint à la perfection et devint Dhanada, le dispensateur de richesses.

Verse 2

ब्राह्मणश्चौररूपेण तत्र स्थानेऽवसत्पुरा । स च मे भक्तियोगेन पुरा वै धनदः कृतः

Autrefois, un brāhmaṇa demeura en ce lieu sous l’apparence d’un voleur ; et par son bhakti-yoga envers moi, il fut véritablement fait Dhanada, le dispensateur de richesses.

Verse 3

देव्युवाच । कथं स ब्राह्मणो भूत्वा चौररूपो नराधमः । तन्मे कथय देवेश धनदः स यथाऽभवत्

La Déesse dit : Comment ce brāhmane, devenu voleur, le plus vil des hommes, en vint-il à être Dhanada ? Dis-le-moi, ô Seigneur des dieux : comment cela advint-il ?

Verse 4

ईश्वर उवाच । तस्मिन्नर्थे महादेवि यद्वृत्तं चौत्तमेंऽतरे । कथयिष्यामि तत्सर्वं शिवमाहात्म्यसूचकम्

Īśvara dit : À ce sujet, ô Grande Déesse, et quant à ce qui advint en cet intervalle d’excellence, je te dirai tout—un récit qui révèle la grandeur de Śiva.

Verse 5

कश्चिदासीद्द्विजो देवि देवशर्मेति विश्रुतः । प्रभासक्षेत्रनिलयो न्यंकुमत्यास्तटेऽवसत्

Ô Déesse, il fut jadis un brahmane renommé du nom de Devaśarmā. Demeurant dans le kṣetra sacré de Prabhāsa, il habitait sur la rive de la rivière Nyaṅkumatī.

Verse 6

पुत्रक्षेत्रकलत्रादिव्यापारैकरतः सदा । विहायाथ स गार्हस्थ्यं धनार्थं लोभ मोहितः । प्रचचार महीमेतां सग्रामनगरांतराम्

Toujours absorbé par les affaires de fils, de terres, d’épouse et autres, il abandonna ensuite les devoirs de la vie de maître de maison. Aveuglé par l’avidité des richesses, il erra sur cette terre, passant de villages en cités.

Verse 7

भार्या तस्य विलोलाक्षी तस्य गेहाद्विनिर्गता । स्वच्छंदचारिणी नित्यं नित्यं चानंगमोहिता

Son épouse, au regard volage, quitta sa demeure. Vivant à sa guise, elle demeurait sans cesse—encore et encore—prise dans l’illusion de la passion.

Verse 8

तस्यां कदाचित्पुत्रस्तु शूद्राज्जातो विधेर्वशात् । दुष्टात्माऽतीव निर्मुक्तो नाम्ना दुःसह इत्यतः

D’elle, un jour, naquit un fils d’un Śūdra, par la force du destin. D’âme mauvaise et tout à fait sans frein, on le nomma donc Duḥsaha (« Difficile à supporter »).

Verse 9

सोऽथ कालेन महता नामकर्मप्रवर्तितः । व्यसनोपहतः पापस्त्यक्तो बन्धुजनैस्तथा

Puis, au long des années, il devint à la mesure de son nom et de ses actes. Frappé par les vices, pécheur, il fut pareillement abandonné par les siens.

Verse 10

पूजोपकरणं द्रव्यं स कस्मिंश्चिच्छिवालये । बहुदोषामुखे दृष्ट्वा हर्तुकामोऽविशत्ततः

Dans un temple de Śiva, il vit des biens et des instruments de culte laissés à découvert, exposés à bien des méfaits. Désireux de les dérober, il y entra.

Verse 11

यावद्दीपो गतप्रायो वर्त्तिच्छेदोऽभवत्किल । तावत्तेन दशा दत्ता द्रव्यान्वेषणकारणात्

Au moment où la lampe allait s’éteindre et où la mèche fut tranchée, à cet instant même il fut terrassé—car il cherchait des biens précieux.

Verse 12

प्रबुद्धश्चोत्थितस्तत्र देवपूजाकरो नरः । कोऽयं कोयमिति प्रोच्चैर्व्याहरत्परिघायुधः

Là, l’homme qui accomplissait le culte à la divinité s’éveilla et se dressa d’un bond. Armé d’une massue, il cria d’une voix forte : « Qui est-ce ? Qui est-ce ? »

Verse 13

स च प्राणभयान्नष्टः शूद्रजश्चापि मूढधीः । विनिन्दन्नात्मनो जन्म कर्म चापि सुदुःखित

Et, saisi de la peur pour sa vie, il s’enfuit ; né d’un Śūdra et l’esprit obtus, il se lamentait—blâmant sa propre naissance et ses actes—accablé de chagrin.

Verse 14

पुरपालैर्हतोऽवन्यां मृतः कालादभूच्च सः । गंधारविषये राजा ख्यातो नाम्ना सुदुर्मुखः

Frappé par les gardes de la cité dans la solitude sauvage, il mourut en son temps. Puis il devint roi au pays de Gandhāra, renommé sous le nom de Sudurmukha.

Verse 15

गीतवाद्यरतस्तत्र वेश्यासु निरतो भृशम् । प्रजोपद्रवकृन्मूर्खः सर्वधर्मबहिष्कृतः

Là, il s’adonna au chant et à la musique, et se livra avec excès aux courtisanes. Sot qui opprimait le peuple, il fut rejeté de tout dharma.

Verse 16

किन्त्वर्चयन्सदैवासौ लिंगं राज्यक्रमागतम् । पुष्पस्रग्धूपनैवेद्यगंधादिभिरमन्त्रवत्

Pourtant, il vénérait sans cesse le Liṅga transmis par la lignée royale, offrant fleurs, guirlandes, encens, naivedya (offrandes de nourriture), parfums et autres—bien que sans mantras.

Verse 17

मुख्येषु च सदा काले देवतायतनेषु च । दद्यात्स बहुलान्दीपान्वर्तिभिश्च समुज्ज्वलान्

Et aux temps les plus propices, dans les sanctuaires des divinités, il offrait de nombreuses lampes, éclatantes de mèches flamboyantes.

Verse 18

कदाचिन्मृगयासक्तो बभ्राम स च वीर्यवान् । प्रभास क्षेत्रमागात्य पूर्वसंस्कारभावितः

Un jour, tout entier pris par la chasse, ce vaillant homme erra çà et là et parvint au champ sacré de Prabhāsa, attiré par la force des impressions antérieures (saṃskāras).

Verse 19

परैरभिहतो युद्धे न्यंकुमत्यास्तटे शुभे । शिवपूजाविधानेन विध्वस्ताशेषपातकः

Frappé à mort par d’autres au combat, sur la rive propice de la Nyaṃkumatī, il vit tous ses péchés anéantis grâce à l’accomplissement correct du culte de Śiva.

Verse 20

ततो विश्रवसश्चासौ पुत्रोऽभूद्भुवि विश्रुतः । यः स एव महातेजाः सर्वयज्ञाधिपो बली

Ensuite, sur la terre, il devint le fils illustre de Viśravas—lui-même, puissant, d’un grand éclat, seigneur de tous les sacrifices (yajñas).

Verse 21

कुबेर इति धर्मात्मा श्रुतशीलसमन्वितः । लिंगं प्रतिष्ठयामास न्यंकुमत्याश्च पूर्वतः

Cet homme de dharma, pourvu de science et de noble conduite, célèbre sous le nom de «Kubera», établit un Liṅga à l’est de la Nyaṃkumatī.

Verse 22

कौबेरात्पश्चिमे भागे सोमनाथेति विश्रुतम् । संपूज्य च यथेशानं न्यंकुमत्यास्तटे शुभे । स्तोत्रेणानेन चास्तौषीद्भक्त्या तं सर्वकामदम्

À l’ouest de Kaubera se trouve ce qui est renommé «Somanātha». Là, sur la rive propice de la Nyaṃkumatī, après avoir honoré Īśāna comme il convient, il le loua avec ce cantique, dans la bhakti—le Seigneur qui accorde tous les désirs.

Verse 23

मूर्तिः क्वापि महेश्वरस्य महती यज्ञस्य मूलोदया तुम्बी तुंगफलावती च शतशो ब्रह्माण्डकोटिस्तथा । यन्मानं न पितामहो न च हरिर्ब्रह्माण्डमध्यस्थितो जानात्यन्यसुरेषु का च गणना सा संततं वोऽवतात्

Quelque part se dresse une vaste manifestation de Maheśvara—source primordiale d’où naît le yajña—pareille à une liane de gourde s’élevant, lourde de fruits sublimes, et pareille à des centaines de crores d’univers. Sa mesure n’est connue ni de Pitāmaha (Brahmā), ni de Hari (Viṣṇu) demeurant au cœur du cosmos; que pourraient donc compter les autres dieux? Que cette Forme suprême vous protège à jamais.

Verse 24

नमाम्यहं देवमजं पुराणमु पेन्द्रमिन्द्रावरराजजुष्टम् । शशांकसूर्याग्निसमाननेत्रं वृषेन्द्रचिह्नं प्रलयादिहेतुम्

Je me prosterne devant le Dieu, Aja, l’Inengendré, l’Ancien primordial, honoré même par Upendra (Viṣṇu) et par Indra, seigneur des dieux; dont les yeux sont pareils à la lune, au soleil et au feu; qui porte l’emblème du taureau; cause du pralaya, la dissolution, et aussi de tout commencement.

Verse 25

सर्वेश्वरैकत्रिबलैकबन्धुं योगाधिगम्यं जगतोऽधिवासम् । तं विस्मयाधारमनंतशक्तिं ज्ञानोद्भवं धैर्यगुणाधिकं च

Je me prosterne devant Lui, l’unique Seigneur de tout, seul refuge et parent des trois mondes; accessible par le yoga; demeure intime de l’univers. Il est le support de l’émerveillement, d’une puissance sans fin, né de la connaissance pure, et surabondant de la vertu de constance.

Verse 26

पिनाकपाशांकुशशूलहस्तं कपर्दिनं मेघसमानघोषम् । सकालकण्ठं स्फटिकावभासं नमामि शंभुं भुवनैकनाथम्

Je me prosterne devant Śambhu, l’unique Seigneur des mondes : dans ses mains, l’arc Pināka, le lacet, l’aiguillon et le trident; le Chevelu aux mèches nouées dont le grondement est tel le tonnerre des nuées; dont la gorge porte la marque de Kāla, et dont l’éclat est limpide comme le cristal.

Verse 27

कपालिनं मालिनमादिदेवं जटाधरं भीमभुजंगहारम् । प्रभासितारं च सहस्रमूर्तिं सहस्रशीर्षं पुरुषं विशिष्टम्

Je me prosterne devant Kapālin, le Porteur de crâne; Mālin, l’Orné de guirlande; l’Ādideva, le Dieu primordial; le porteur de jata, paré d’un serpent redoutable en collier; l’Illuminateur—aux mille formes, aux mille têtes—le Puruṣa suprême, éminent entre tous.

Verse 28

यदक्षरं निर्गुणमप्रमेयं सज्योतिरेकं प्रवदंति संतः । दूरंगमं वेद्यमनिंद्यवन्द्यं सर्वेषु हृत्स्थं परमं पवित्रम्

Cette Réalité impérissable—sans qualités et sans mesure—les saints la proclament comme l’unique Lumière. Elle va au loin et pourtant se laisse connaître; sans tache et digne de vénération; elle demeure au cœur de tous et purifie au plus haut degré.

Verse 29

तेजोनिभं बालमृगांकमौलिं नमामि रुद्रं स्फुरदुग्रवक्त्रम् । कालेन्धनं कामदमस्तसंगं धर्मासनस्थं प्रकृतिद्वयस्थम्

Je me prosterne devant Rudra, éclatant comme une flamme de lumière, couronné du jeune croissant; dont le visage farouche étincelle de puissance—Lui qui prend le Temps pour combustible, accorde les désirs justes, demeure sans attachement, siège sur le trône du Dharma et dépasse le double jeu de la nature.

Verse 30

अतीन्द्रियं विश्वभुजं जितारिं गुणत्रयातीतमजं निरीहम् । तमोमयं वेदमयं चिदंशं प्रजापतीशं पुरुहूतमिन्द्रम् । अनागतैकध्वनिरूपमाद्यं ध्यायंति यं योगविदो यतीन्द्राः

Au-delà des sens, embrassant l’univers, vainqueur des ennemis; au-delà des trois guṇas, non né et sans acte—obscur comme le mystère et pourtant fait de Veda, parcelle de pure Conscience; Seigneur des Prajāpatis, l’« Indra » maintes fois invoqué; le Primordial dont la forme est l’unique son non né de l’Inmanifesté—c’est Lui que méditent les maîtres du yoga, les plus hauts ascètes.

Verse 31

संसारपाशच्छिदुरं विमुक्तः पुनः पुनस्त्वां प्रणमामि देवम्

Par Toi—qui tranches les liens du saṃsāra—j’ai été délivré; aussi, ô Dieu, je me prosterne devant Toi encore et encore.

Verse 32

निरूपमास्यं च बलप्रभावं न च स्वभावं परमस्य पुंसः । विज्ञायते विष्णुपितामहाद्यैस्तं वामदेवं प्रणमाम्यचिंत्यम्

Ni la forme, ni la puissance et la majesté, ni même la nature essentielle de ce Suprême Personne ne sont pleinement connues—pas même de Viṣṇu, de Pitāmaha (Brahmā) et des autres. À ce Vāmadeva, l’Inconcevable, je me prosterne.

Verse 33

शिवं समाराध्य तमुग्रमू्र्त्तिं पपौ समुद्रं भगवानगस्त्यः । लेभे दिलीपोऽप्यखिलांश्च कामांस्तं विश्वयोनिं शरणं प्रपद्ये

Après avoir dûment adoré Śiva en sa forme redoutable, le bienheureux Agastya but l’océan; et même le roi Dilīpa obtint tous ses désirs. En Celui qui est la matrice et la source de l’univers, je prends refuge.

Verse 34

देवेन्द्रवन्द्योद्धर मामनाथं शम्भो कृपाकारुणिकः किल त्वम् । दुःखाऽर्णवे मग्नमुमेश दीनं समुद्धर त्वं भव शंकरोऽसि

Ô Śambhu, vénéré même par Indra, relève-moi, moi qui suis sans refuge. En vérité, Tu es la compassion et la miséricorde mêmes. Ô Seigneur d’Umā, je suis englouti dans l’océan de la peine, misérable : retire-moi, car Tu es Śaṅkara, dispensateur d’auspice.

Verse 35

संपूजयन्तो दिवि देवसंघा ब्रह्मेन्द्ररुद्रा विहरंति कामम् । तं स्तौमि नौमीह जपामि शर्वं वन्देऽभिवंद्यं शरणं प्रपन्नः

Au ciel, les assemblées des dieux—Brahmā, Indra et Rudra—L’adorent et se réjouissent selon leur désir. Lui, Śarva (Śiva), je Le loue; ici je me prosterne, je répète Son Nom en japa, et je vénère Celui qui est digne de toute vénération, ayant pris refuge en Lui.

Verse 36

स्तुत्वैवमीशं विरराम यावत्तावत्स रुद्रोऽर्कसहस्रतेजाः । ददौ च तस्मै वरदोंऽधकारिर्वरत्रयं वैश्रवणाय देवः । सख्यं च दिक्पालपदं चतुर्थं धनाधिपत्यं च दिवौकसां च

Lorsqu’il eut ainsi loué le Seigneur et se tut, ce Rudra—rayonnant comme mille soleils—Śiva, vainqueur d’Andhaka et dispensateur de grâces, accorda à Vaiśravaṇa (Kubera) trois dons : l’amitié avec Lui; comme quatrième, le rang de Gardien d’une Direction (Dikpāla); et la seigneurie sur les richesses des êtres célestes.

Verse 37

यस्मादत्र त्वया सम्यङ्न्यंकुमत्यास्तटे शुभे । आराधितोऽहं विधिवत्कृत्वा मूर्त्तिं महीमयीम्

Car ici, sur la rive auspiciée de la Nyaṅkumatī, tu M’as adoré selon le rite, comme il se doit, après avoir façonné une image faite de terre,

Verse 38

तस्मात्तवैव नाम्ना तत्स्थानं ख्यातं भविष्यति । कुबेरनगरेत्येवं मम प्रीतिप्रदायकम्

Ainsi, ce lieu deviendra célèbre par ton propre nom, étant appelé « Kuberanagara », et il sera pour Moi une source de joie.

Verse 39

त्वया प्रतिष्ठितं लिंगमस्मात्स्थानाच्च पश्चिमे । उमानाथस्य विधिवत्सोमनाथेति तत्स्मृतम्

Le liṅga que tu as établi, à l’ouest de ce lieu, fut consacré selon le rite pour Umānātha (Śiva, Seigneur d’Umā) ; c’est pourquoi on s’en souvient sous le nom de « Somanātha ».

Verse 40

श्रीपंचम्यां विधानेन यस्तच्च पूजयिष्यति । सप्तपुरुषावधिर्यावत्तस्य लक्ष्मीर्भविष्यति

Quiconque vénère ce liṅga (Somanātha) au jour de Śrīpañcamī selon le rite prescrit, la prospérité (Lakṣmī) demeurera avec lui, s’étendant jusqu’à sept générations.

Verse 290

इति श्रीस्कान्दे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां सप्तमे प्रभासखंडे प्रथमे प्रभासक्षेत्रमाहात्म्ये न्यंकुमतीमाहात्म्ये कुबेरनगरोत्पत्तिकुबेरस्थापितसोमनाथमाहात्म्यवर्णनंनाम नवत्युत्तरद्विशततमोऽध्यायः

Ainsi s’achève, dans le Śrī Skanda Mahāpurāṇa—au sein de la compilation de quatre-vingt-un mille (vers)—dans le septième, le Prabhāsa Khaṇḍa ; dans la première section, le Māhātmya de Prabhāsakṣetra ; dans le Māhātmya de Nyaṅkumatī—le chapitre intitulé « Récit de l’origine de Kuberanagara et description de la grandeur de Somanātha établi par Kubera », à savoir le chapitre 290.