
Ce chapitre déploie une chaîne de dialogues emboîtés qui établit l’autorité de la transmission. Mārkaṇḍeya raconte comment il s’approcha du sommet de Trikūṭa et vénéra Mahādeva (Śiva). Yudhiṣṭhira interroge alors au sujet d’une femme aux yeux de lotus, aperçue errant dans l’océan cosmique obscur, affirmant être née de Rudra. Mārkaṇḍeya rapporte qu’il posa jadis la même question à Manu ; Manu explique que Śiva, avec Umā, accomplit une austère tapas sur Ṛkṣaśaila, et que de la sueur de Śiva naquit un fleuve d’un mérite suprême, identifié à cette figure aux yeux de lotus : Revā, la Narmadā. Au Kṛtayuga, le fleuve sous forme féminine adore Rudra et sollicite des grâces : demeurer impérissable lors de la dissolution, pouvoir effacer les fautes les plus graves par le bain pris avec bhakti, être honorée comme la « Gaṅgā du Sud », obtenir que le fruit du bain égale celui des grands rites, et recevoir la présence constante de Śiva sur ses rives. Śiva accorde ces dons, précise des effets distincts pour les habitants des rives nord et sud, et étend largement le bénéfice salvateur. Le chapitre s’achève par un catalogue de noms de rivières et de courants d’origine rudraïque, et par une phalaśruti promettant mérite et destinée élevée après la mort à ceux qui récitent, écoutent et se souviennent de ces noms.
Verse 1
श्रीमार्कण्डेय उवाच । ततोऽर्णवात्समुत्तीर्य त्रिकूटशिखरे स्थितम् । महाकनकवर्णाभे नानावर्णशिलाचिते
Śrī Mārkaṇḍeya dit : Puis, ayant franchi l’océan, je le vis demeurer au sommet de Trikūṭa, éclatant tel l’or lumineux, orné de pierres aux mille couleurs.
Verse 2
महाशृङ्गे समासीनं रुद्रकोटिसमन्वितम् । महादेवं महात्मानमीशानमजमव्ययम्
(Je vis) Mahādeva assis sur le grand sommet, entouré de crores de Rudra : Mahādeva, le Seigneur à la grande âme, Īśāna, l’Inengendré, l’Immuable.
Verse 3
सर्वभूतमयं तात मनुना सह सुव्रत । भूयो ववन्दे चरणौ सर्वदेवनमस्कृतौ
Ô cher ami aux vœux purs, avec Manu je me prosternai de nouveau aux pieds du Seigneur qui pénètre tous les êtres—pieds révérés par tous les dieux.
Verse 4
। अध्याय
Indication de chapitre : début de l’Adhyāya.
Verse 5
युधिष्ठिर उवाच । एतच्छ्रुत्वा तु मे तात परं कौतूहलं हृदि । जातं तत्कथयस्वेति शृण्वतः सह बान्धवैः
Yudhiṣṭhira dit : En entendant cela, ô vénérable seigneur, une grande curiosité s’est levée dans mon cœur. Raconte donc cette histoire, tandis que nous écoutons avec mes proches.
Verse 6
का सा पद्मपलाशाक्षी तमोभूते महार्णवे । योगिवद्भ्रमते नित्यं रुद्रजां स्वां च याब्रवीत्
Qui est cette jeune fille aux yeux pareils aux pétales du lotus, qui, sur le grand océan devenu ténèbres, erre sans cesse tel un yogin, et qui déclara sa propre origine comme née de Rudra ?
Verse 7
श्रीमार्कण्डेय उवाच । एतमेव मया प्रश्नं पुरा पृष्टो मनुः स्वयम् । तदेव तेऽद्य वक्ष्यामि अबलायाः समुद्भवम्
Śrī Mārkaṇḍeya dit : Cette même question, jadis, je l’ai posée à Manu lui‑même. C’est cela même que je te dirai aujourd’hui : l’origine de cette jeune fille.
Verse 8
व्यतीतायां निशायां तु ब्रह्मणः परमेष्ठिनः । ततः प्रभाते विमले सृज्यमानेषु जन्तुषु
Lorsque la nuit de Brahmā, le Paramēṣṭhin, Souverain suprême des êtres, fut passée, alors, à l’aurore pure et sans tache, tandis que les créatures étaient engendrées dans la création,
Verse 9
मनुं प्रणम्य शिरसा पृच्छाम्येतद्युधिष्ठिर । केयं पद्मपलाशाक्षी श्यामा चंद्रनिभानना
Après m’être prosterné devant Manu, la tête inclinée, je demande ceci, ô Yudhiṣṭhira : Qui est cette dame au teint sombre, aux yeux comme des pétales de lotus, au visage pareil à la lune ?
Verse 10
एकार्णवे भ्रमत्येका रुद्रजास्मीति वादिनी । सावित्री वेदमाता च ह्यथवा सा सरस्वती
Seule, elle erre dans l’unique océan cosmique, proclamant : « Je suis née de Rudra ». Serait‑ce Sāvitrī, la Mère des Veda, ou bien Sarasvatī elle‑même ?
Verse 11
मन्दाकिनी सरिच्छ्रेष्ठा लक्ष्मीर्वा किमथो उमा । कालरात्रिर्भवेत्साक्षात्प्रकृतिर्वा सुखोचिता
Est-elle Mandākinī, la plus noble des rivières ? Ou bien Lakṣmī, ou encore Umā ? Serait-elle Kālārātrī en personne, ou Prakṛti, la Source même, apte à faire naître le bien-être ?
Verse 12
एतदाचक्ष्व भगवन्का सा ह्यमृतसंभवा । चरत्येकार्णवे घोरे प्रनष्टोरगराक्षसे
Dis-moi cela, ô Bienheureux : qui est-elle, née de l’amṛta, qui chemine dans l’unique océan redoutable, là où serpents et rākṣasas ont péri ?
Verse 13
मनुरुवाच । शृणु वत्स यथान्यायमस्या वक्ष्यामि संभवम् । यया रुद्रसमुद्भूता या चेयं वरवर्णिनी
Manu dit : Écoute, cher enfant, selon l’ordre convenable ; je vais t’exposer son origine, elle qui naquit de Rudra, cette dame à la beauté la plus parfaite.
Verse 14
पुरा शिवः शान्ततनुश्चचार विपुलं तपः । हितार्थं सर्वलोकानामुमया सह शंकरः
Autrefois, Śiva au corps paisible entreprit de vastes austérités ; Śaṅkara, avec Umā, accomplit ce tapas pour le bien de tous les mondes.
Verse 15
ऋक्षशैलं समारुह्य तपस्तेपे सुदारुणम् । अदृश्यः सर्वभूतानां सर्वभूतात्मको वशी
Étant monté sur Ṛkṣaśaila, il accomplit un tapas d’une rigueur extrême ; invisible à tous les êtres, et pourtant l’Âtman de tous les êtres, le Maître souverain.
Verse 16
तपतस्तस्य देवस्य स्वेदः समभवत्किल । तं गिरिं प्लावयामास स स्वेदो रुद्रसंभवः
Tandis que ce Dieu accomplissait l’austérité, une sueur naquit de lui en vérité ; et cette sueur, issue de Rudra, submergea la montagne.
Verse 17
तस्मादासीत्समुद्भूता महापुण्या सरिद्वरा । या सा त्वयार्णवे दृष्टा पद्मपत्रायतेक्षणा
De là naquit une rivière très sainte, d’un mérite suprême, la meilleure des eaux : celle-là même que tu vis dans l’océan, aux yeux longs comme des pétales de lotus.
Verse 18
स्त्रीरूपं समवस्थाय रुद्रमाराधयत्पुरा । आद्ये कृतयुगे तस्मिन्समानामयुतं नृप
Ô Roi, en ce Kṛta Yuga primordial, elle prit jadis la forme d’une femme et rendit un culte à Rudra, poursuivant cette observance durant dix mille ans.
Verse 19
ततस्तुष्टो महादेव उमया सह शंकरः । ब्रूहि त्वं तु महाभागे यत्ते मनसि वर्तते
Alors Śaṅkara, le grand Seigneur, satisfait, dit avec Umā : «Ô bienheureuse, parle : qu’est-ce qui demeure en ton esprit ?»
Verse 20
सरिदुवाच । प्रलये समनुप्राप्ते नष्टे स्थावरजंगमे । प्रसादात्तव देवेश अक्षयाहं भवे प्रभो
La Rivière dit : «Quand viendra le pralaya et que périront l’immobile et le mobile, par ta grâce, ô Seigneur des dieux, que je demeure impérissable, ô Maître.»
Verse 21
सरित्सु सागरेष्वेव पर्वतेषु क्षयिष्वपि । तव प्रसादाद्देवेश पुण्या क्षय्या भवे प्रभो
Quand bien même les rivières, les océans et jusqu’aux montagnes viendraient à se dissoudre, par ta grâce, ô Seigneur des dieux, puissé-je demeurer sainte et dissiper les péchés des êtres, ô Maître.
Verse 22
पापोपपातकैर्युक्ता महापातकिनोऽपि ये । मुच्यन्ते सर्वपापेभ्यो भक्त्या स्नात्वा तु शंकर
Même ceux qui portent des péchés et des fautes secondaires—même les grands pécheurs—sont délivrés de tous les péchés, ô Śaṅkara, lorsqu’ils se baignent avec dévotion.
Verse 23
उत्तरे जाह्नवीदेशे महापातकनाशिनी । भवामि दक्षिणे मार्गे यद्येवं सुरपूजिता
Dans la contrée du nord de Jāhnavī (la Gaṅgā), elle est renommée comme celle qui détruit les grands péchés ; de même, puissé-je le devenir sur la voie du sud, si ainsi je suis honorée par les dieux.
Verse 24
स्वर्गादागम्य गंगेति यथा ख्याता क्षितौ विभो । तथा दक्षिणगङ्गेति भवेयं त्रिदशेश्वर
De même qu’elle, descendue du ciel, est connue sur la terre sous le nom de « Gaṅgā », ô Seigneur ; ainsi, puissé-je être connue comme « la Gaṅgā du Sud », ô roi des dieux.
Verse 25
पृथिव्यां सर्वतीर्थेषु स्नात्वा यल्लभते फलम् । तत्फलं लभते मर्त्यो भक्त्या स्नात्वा महेश्वर
Quel que soit le fruit qu’un homme obtient en se baignant dans tous les tīrthas de la terre, ce même fruit, le mortel l’obtient en se baignant ici avec dévotion, ô Maheśvara.
Verse 26
ब्रह्महत्यादिकं पापं यदास्ते संचितं क्वचित् । मासमात्रेण तद्देव क्षयं यात्ववगाहनात्
Quel que soit le péché—à commencer par le brahma-hatyā—accumulé en quelque lieu, ô Seigneur : par l’immersion (ici) il s’épuise et s’anéantit en l’espace d’un seul mois.
Verse 27
यत्फलं सर्ववेदेषु सर्वयज्ञेषु शंकर । अवगाहेन तत्सर्वं भवत्विति मतिर्मम
Quel que soit le fruit contenu dans tous les Veda et dans tous les yajña, ô Śaṅkara : que tout cela soit obtenu par l’immersion (ici) ; telle est ma résolution.
Verse 28
सर्वदानोपवासेषु सर्वतीर्थावगाहने । तत्फलं मम तोयेन जायतामिति शंकर
Dans toutes les aumônes et tous les jeûnes, et dans l’immersion en tous les tīrtha : ô Śaṅkara, que le fruit même de tout cela naisse par mes eaux.
Verse 29
मम तीरे नरा ये तु अर्चयन्ति महेश्वरम् । ते गतास्तव लोकं स्युरेतदेव भवेच्छिव
Ô Śiva, ceux qui vénèrent Maheśvara sur ma rive : qu’après leur départ ils atteignent Ton monde ; qu’il en soit ainsi, vraiment.
Verse 30
मम कूले महेशान उमया सह दैवतैः । वस नित्यं जगन्नाथ एष एव वरो मम
Ô Maheśāna, demeure à jamais sur ma rive, avec Umā et les dieux. Ô Seigneur du monde, tel est l’unique don que je demande.
Verse 31
सुकर्मा वा विकर्मा वा शान्तो दान्तो जितेन्द्रियः । मृतो जन्तुर्मम जले गच्छतादमरावतीम्
Qu’il ait agi selon le dharma ou contre lui—qu’il soit paisible, maître de soi et vainqueur des sens—tout être qui meurt dans mes eaux, qu’il aille à Amarāvatī.
Verse 32
त्रिषु लोकेषु विख्याता महापातकनाशिनी । भवामि देवदेवेश प्रसन्नो यदि मन्यसे
Ô Seigneur, Seigneur des seigneurs des dieux, si tu le juges bon et t’en réjouis, que je sois renommée dans les trois mondes comme celle qui détruit les grands péchés.
Verse 33
एतांश्चान्यान्वरान्दिव्यान्प्रार्थितो नृपसत्तम । नर्मदया ततः प्राह प्रसन्नो वृषवाहनः
Ô le meilleur des rois, ainsi Narmadā ayant demandé ces grâces et d’autres dons divins, Vṛṣavāhana (Śiva), satisfait, prit alors la parole.
Verse 34
श्रीमहेश उवाच । एवं भवतु कल्याणि यत्त्वयोक्तमनिन्दिते । नान्या वरार्हा लोकेषु मुक्त्वा त्वां कमलेक्षणे
Śrī Maheśa dit : «Qu’il en soit ainsi, ô bienheureuse, exactement comme tu l’as dit, ô irréprochable. Dans les mondes, nul autre que toi n’est digne de grâces, ô aux yeux de lotus».
Verse 35
यदैव मम देहात्त्वं समुद्भूता वरानने । तदैव सर्वपापानां मोचिनी त्वं न संशयः
Dès l’instant même où tu es née de mon corps, ô au beau visage, dès lors tu es la libératrice de tous les péchés ; il n’y a là aucun doute.
Verse 36
कल्पक्षयकरे काले काले घोरे विशेषतः । उत्तरं कूलमाश्रित्य निवसन्ति च ये नराः
Au temps qui amène la fin d’un yuga—surtout aux heures redoutables—ceux qui prennent refuge sur la rive du nord et y demeurent…
Verse 37
अपि कीटपतङ्गाश्च वृक्षगुल्मलतादयः । आ देहपतनाद्देवि तेऽपि यास्यन्ति सद्गतिम्
Même les vers et les insectes, et les oiseaux; même les arbres, les buissons, les lianes et autres—ô Déesse—jusqu’à la chute du corps, eux aussi atteindront une bonne destinée.
Verse 38
दक्षिणं कूलमाश्रित्य ये द्विजा धर्मवत्सलाः । आ मृत्योर्निवसिष्यन्ति ते गताः पितृमन्दिरे
Les deux-fois-nés, dévoués au dharma, qui prennent refuge sur la rive du sud, y demeureront jusqu’à la mort; ensuite ils iront au séjour des Pitṛs (les Ancêtres).
Verse 39
अहं हि तव वाक्येन कस्मिंश्चित्कारणान्तरे । त्वत्तीरे निवसिष्यामि सदैव ह्युमया समम्
Oui, selon ta parole—et pour une intention divine particulière—je demeurerai sur ta rive, à jamais avec Umā.
Verse 40
एवं देवि महादेवि एवमेव न संशयः । ब्रह्मेन्द्रचन्द्रवरुणैः साध्यैश्च सह विष्णुना
Ainsi en est-il, ô Déesse, ô Grande Déesse—ainsi même, sans aucun doute—avec Brahmā, Indra, Candra, Varuṇa, les Sādhyas, et aussi Viṣṇu.
Verse 41
उत्तरे देवि ते कूले वसिष्यन्ति ममाज्ञया । दक्षिणे पितृभिः सार्द्धं तथान्ये सुरसुन्दरि
Sur ta rive du nord, ô Déesse, ils demeureront par Mon ordre ; sur la rive du sud, avec les Pitṛs, et de même d’autres encore, ô beauté céleste.
Verse 42
वसिष्यन्ति मया सार्द्धमेष ते वर उत्तमः । गच्छ गच्छ महाभागे मर्त्यान्पापाद्विमोचय
Ils demeureront avec Moi : tel est ton don le plus excellent. Va, va, ô très fortunée, et délivre les mortels du péché.
Verse 43
सहिता ऋषिसंघैश्च तथा सिद्धसुरासुरैः । एवमुक्ता महादेव उमया सहितो विभुः
Accompagné des multitudes de Ṛṣis, ainsi que des Siddhas, des Devas et des Asuras — ainsi interpellé — Mahādeva, le Seigneur tout-puissant, se tenait avec Umā.
Verse 44
वन्द्यमानोऽथ मनुना मया चादर्शनं गतः । तेन चैषा महापुण्या महापातकनाशिनी
Alors, honoré et loué avec vénération par Manu et par moi aussi, il disparut à la vue. Par cela, cette (rivière) devint souverainement sainte, destructrice des plus grands péchés.
Verse 45
कथिता पृच्छ्यते या ते मा ते भवतु विस्मयः । एषा गंगा महापुण्या त्रिषु लोकेषु विश्रुता
Bien qu’elle ait été décrite, tu redemandes encore : ne t’en étonne point. C’est la Gaṅgā, souverainement sainte et renommée dans les trois mondes.
Verse 46
दशाभिः पञ्चभिः स्रोतैः प्लावयन्ती दिशो दश । शोणो महानदश्चैव नर्मदा सुरसा कृता
Par quinze courants, elle inonde les dix directions. Le Śoṇa, la Mahānadā et aussi la Narmadā furent rendus « Surasā », sanctifiés par le divin.
Verse 47
मन्दाकिनी दशार्णा च चित्रकूटा तथैव च । तमसा विदिशा चैव करभा यमुना तथा
Mandākinī, Daśārṇā, et de même Citrakūṭā ; ainsi encore Tamasā, Vidiśā, Karabhā, et de même Yamunā.
Verse 48
चित्रोत्पला विपाशा च रञ्जना वालुवाहिनी । ऋक्षपादप्रसूतास्ताः सर्वा वै रुद्रसंभवाः
Citrotpalā, Vipāśā, Raṅjanā et Vāluvāvāhinī : ces rivières, nées de Ṛkṣapāda, sont toutes, en vérité, des manifestations issues de Rudra.
Verse 49
सर्वपापहराः पुण्याः सर्वमंगलदाः शिवाः । इत्येतैर्नामभिर्दिव्यैः स्तूयते वेदपारगैः
Elles sont saintes, destructrices de tout péché, dispensatrices de toute auspiciosité, et véritablement de nature śivaïte ; par de tels noms divins elle est louée par ceux qui ont maîtrisé les Veda.
Verse 50
पुराणज्ञैर्महाभागैराज्यपैः सोमपैस्तथा । इत्येतत्सर्वमाख्यातं महाभाग्यं नरोत्तम
Ainsi fut rapportée toute cette suprême bonne fortune : par de nobles connaisseurs des Purāṇa, par ceux qui offrent le ghee, et aussi par les buveurs de Soma, ô meilleur des hommes.
Verse 51
मनुनोक्तं पुरा मह्यममृतायाः समुद्भवम् । पुण्यं पवित्रमतुलं रुद्रोद्गीतमिदं शुभम्
Autrefois, Manu me révéla comment elle naquit d’Amṛtā : un récit saint, purificateur, sans égal et de bon augure, chanté par Rudra.
Verse 52
ये नराः कीर्तयिष्यन्ति भक्त्या शृण्वन्ति येऽपि च । प्रातरुत्थाय नामानि दश पञ्च च भारत
Ceux qui les réciteront avec dévotion—et même ceux qui les écouteront—s’étant levés à l’aube, (en prononçant) les quinze noms, ô Bhārata,
Verse 53
ते नराः सकलं पुण्यं लभिष्यन्त्यवगाहजम् । विमानेनार्कवर्णेन घण्टाशतनिनादिना
Ces hommes recevront la totalité du mérite né du bain sacré, et (s’en iront) sur un char céleste, éclatant comme le soleil, retentissant comme cent cloches.
Verse 54
त्यक्त्वा मानुष्यकं भावं यास्यन्ति परमां गतिम्
Ayant rejeté la condition humaine, ils atteindront la suprême demeure.