Adhyaya 232
Avanti KhandaReva KhandaAdhyaya 232

Adhyaya 232

Cet adhyāya constitue la clôture solennelle du Revā-māhātmya, consacré à la géographie sacrée centrée sur la Revā/Narmadā dans l’Avanti Khaṇḍa. Sūta s’adresse à l’assemblée des brāhmaṇas et affirme avoir transmis ce récit tel que Mārkaṇḍeya l’avait jadis enseigné au fils de Pāṇḍu, en décrivant les groupes de tīrthas selon un ordre établi. Le texte proclame la pureté incomparable et la puissance d’effacer les fautes, tant du récit que des eaux de la Revā, présentant le fleuve comme une émanation de Śiva instituée pour le bien du monde. Il insiste sur l’efficacité particulière, en l’âge de Kali, du souvenir, de l’écoute, de la récitation et du service rendu à la Revā. Vient ensuite une phalaśruti majeure : entendre ou réciter ce māhātmya procure des fruits supérieurs à l’étude des Veda et aux longs sacrifices, et équivalents aux mérites des tīrthas renommés tels que Kurukṣetra, Prayāga, Vārāṇasī, etc. L’adhyāya prescrit aussi une vénération du texte : garder l’écrit au foyer, honorer le récitant et le livre par des offrandes, promettant prospérité, bien-être social et proximité de Śiva-loka après la mort. Même des transgressions graves seraient atténuées par une écoute assidue. La conclusion réaffirme enfin la lignée de transmission : de Śiva à Vāyu, puis aux sages, et désormais par la narration de Sūta.

Shlokas

Verse 1

सूत उवाच । इति वः कथितं विप्रा रेवामाहात्म्यमुत्तमम् । यथोपदिष्टं पार्थाय मार्कण्डेयेन वै पुरा

Suta dit : Ainsi, ô brahmanes, la gloire suprême de la Reva vous a été contée, tout comme elle fut jadis enseignée à Partha par Markandeya.

Verse 2

तथा तीर्थकदम्बाश्च तेषु तीर्थविशेषतः । प्राधान्येन मया ख्याता यथासङ्ख्यं यथाक्रमम्

De même, parmi ces groupes de gués sacrés, les tirthas distinctifs ont été proclamés par moi selon leur primauté, chacun selon son nombre et son ordre.

Verse 3

एतत्पवित्रमतुलं ह्येतत्पापहरं परम् । नर्मदाचरितं पुण्यं माहात्म्यं मुनिभाषितम्

Ce récit est suprêmement purificateur et incomparable ; il est le plus grand destructeur de péchés. Cette sainte histoire de la Narmada a été prononcée par les sages.

Verse 4

सप्तकल्पानुगो विप्रो नर्मदायां मुनीश्वराः । मृकण्डतनयो धीमान्परमार्थविदुत्तमः

Ô seigneurs parmi les sages, il y avait un brahmane qui avait enduré sept kalpas sur la Narmada : le fils de Mrikanda, le sage, le premier parmi ceux qui connaissent la vérité suprême.

Verse 5

संसेव्य सर्वतीर्थानि नदीः सर्वाश्च वै पुरा । बहुकल्पस्मरां रेवामालक्ष्य शिवदेहजाम्

Après avoir jadis fréquenté tous les tīrtha et toutes les rivières, et reconnaissant Revā—mémoire de maints kalpa—comme née du propre corps de Śiva, il tourna vers elle son regard.

Verse 6

मे कलेति च शर्वोक्तां शरणं शर्वजां ययौ । अजराममरां देवीं दैत्यध्वंसकरीं पराम्

«Dans l’âge de Kali, elle est à moi», déclara Śarva (Śiva) ; ainsi il chercha refuge auprès de la Déesse née de Śiva, la Devī suprême, sans vieillesse ni mort, destructrice des daitya.

Verse 7

महाविभवसंयुक्तां भवघ्नीं भवजाह्नवीम् । तस्यामाबध्य सत्प्रेम जातः सोऽप्यजरामरः

Douée d’une grande majesté, meurtrière du devenir mondain, la «Jāhnavī de Bhava (Śiva)» ; en attachant à elle un amour authentique, lui aussi devint sans vieillesse ni mort (dans l’accomplissement spirituel).

Verse 8

षष्टितीर्थसहस्राणि षष्टिकोट्यश्च सत्तमाः । व्यवस्थितानि रेवायास्तीरयुग्मे पदे पदे

Soixante mille tīrtha et soixante crores encore, ô le meilleur des vertueux, sont établis le long de Revā : sur les deux rives, à chaque pas.

Verse 9

सारितः परितः सन्ति सतीर्थास्तु सहस्रशः । न तुलां यान्ति रेवायास्ताश्च मन्ये मुनीश्वराः

Des rivières existent de toutes parts, avec leurs tīrtha par milliers ; pourtant elles n’atteignent pas l’égalité avec Revā — ainsi le tiens-je, ô seigneurs parmi les sages.

Verse 10

एतद्वः कथितं सर्वं यत्पृष्टमखिलं द्विजाः । यन्महेशमुखाच्छ्रुत्वा वायुराह ऋषीन्प्रति

Ainsi, ô deux-fois-nés, tout ce que vous avez demandé—entièrement—vous a été exposé : ce que Vāyu rapporta aux ṛṣis après l’avoir entendu de la bouche de Maheśa (Śiva).

Verse 11

तद्वन्मृकण्डतनयोऽप्यनुभूयाखिलां नदीम् । सतीर्थां पदशः प्राह पाण्डुपुत्राय पावनीम्

De même, le fils de Mṛkaṇḍa, ayant lui aussi éprouvé de ses propres yeux tout le fleuve avec ses tīrthas pas à pas, décrivit cette Purificatrice (Revā) à un fils de Pāṇḍu.

Verse 12

एतच्च कथितं सर्वं संक्षेपेण द्विजोत्तमाः । नर्मदाचरितं पुण्यं त्रिषु लोकेषु दुर्लभम्

Ainsi, ô meilleurs des deux-fois-nés, tout cela a été dit en abrégé : le saint récit de Narmadā, mérite et gloire rares à obtenir dans les trois mondes.

Verse 13

किमन्यैः सरितां तोयैः सेवितैस्तु सहस्रशः । यदि संसेव्यते तोयं रेवायाः पापनाशनम्

À quoi bon recourir aux eaux d’autres rivières, fût-ce des milliers de fois, si l’on boit et sert avec dévotion l’eau de Revā, destructrice des péchés ?

Verse 14

मेकलाजलसंसेवी मुक्तिमाप्नोति शाश्वतीम्

Celui qui, avec révérence, se met au service des eaux de Mekalā obtient la délivrance éternelle (mokṣa).

Verse 15

यथा यथा भजेन्मर्त्यो यद्यदिच्छति तीर्थगः । तत्तदाप्नोति नियतं श्रद्धयाश्रद्धयापि च

De quelque manière qu’un mortel adore en un tīrtha, et quoi qu’il y désire—il obtient assurément ce fruit même, avec foi ou même sans foi.

Verse 16

इदं ब्रह्मा हरिरिदमिदं साक्षात्परो हरः । इदं ब्रह्म निराकारं कैवल्यं नर्मदाजलम्

Ceci est Brahmā ; ceci est Hari ; ceci est, en vérité, le Suprême Hara. Ceci est le Brahman sans forme : l’eau de la Narmadā est la délivrance même (kaivalya).

Verse 17

तावद्गर्जन्ति तीर्थानि नद्यो हृदयफलप्रदाः । यावन्न स्मर्यते रेवा सेवाहेवा कलौ नरैः

Tant que Revā n’est pas rappelée par les hommes en l’âge de Kali, par le service et l’invocation, d’autres tīrthas et rivières grondent, se disant dispensateurs des vœux du cœur.

Verse 18

ध्रुवं लोके हितार्थाय शिवेन स्वशरीरतः । शक्तिः कापि सरिद्रूपा रेवेयमवतारिता

Assurément, pour le bien du monde, Śiva fit descendre de son propre corps une Puissance divine, sous la forme d’une rivière : cette Revā.

Verse 19

तावद्गर्जन्ति यज्ञाश्च वनक्षेत्रादयो भृशम् । यावन्न नर्मदानामकीर्तनं क्रियते कलौ

Tant qu’en l’âge de Kali n’est pas accompli le chant du Nom de Narmadā, les sacrifices et les lieux saints renommés—forêts, champs sacrés et autres—proclament bruyamment leur grandeur.

Verse 20

गरिमा गाण्यते तावत्तपोदानव्रतादिषु । नरैर्वा प्राप्यते यावद्भुवि भर्गभवा धुनी

On célèbre la grandeur de l’ascèse, de l’aumône, des vœux et du reste, seulement jusqu’au jour où, sur la terre, les hommes obtiennent le courant sacré né de Bharga (Śiva).

Verse 21

ये वसन्त्युत्तरे कूले रुद्रस्यानुचरा हि ते । वसन्ति याम्यतीरे ये लोकं ते यान्ति वैष्णवम्

Ceux qui demeurent sur la rive du nord sont vraiment les serviteurs de Rudra; et ceux qui demeurent sur la rive du sud vont au séjour de Viṣṇu.

Verse 22

धन्यास्ते देशवर्यास्ते येषु देशेषु नर्मदा । नरकान्तकरी शश्वत्संश्रिता शर्वनिर्मिता

Bénies sont ces terres—les meilleures des contrées—où coule la Narmadā : fleuve toujours demeurant, façonné par Śarva (Śiva), qui met fin aux sorts infernaux.

Verse 23

कृतपुण्याश्च ते लोकाः शोकाय न भवन्ति ते । ये पिबन्ति जलं पुण्यं पार्वतीपतिसिन्धुजम्

Ces êtres portent déjà le mérite; ils ne deviennent pas voués au chagrin : ceux qui boivent l’eau sainte née du fleuve du Seigneur de Pārvatī (Śiva).

Verse 24

इदं पवित्रमतुलं रेवायाश्चरितं द्विजाः । शृणोति यः कीर्तयते मुच्यते सर्वपातकः

Ô deux-fois-nés, voici le récit incomparable et purificateur de Revā ; quiconque l’écoute ou le proclame est délivré de tout péché.

Verse 25

यत्फलं सर्ववेदैश्च सषडङ्गपदक्रमैः । श्रुतैश्च पठितैस्तस्मात्फलमष्टगुणं भवेत्

Quel que soit le fruit obtenu en écoutant et en étudiant tous les Veda, avec les six auxiliaires et leur récitation selon l’ordre, ce fruit devient huit fois plus grand.

Verse 26

सत्रयाजी फलं यच्च लभते द्वादशाब्दिकम् । श्रुत्वा सकृच्च रेवायाश्चरितं तत्फलं लभेत्

Le fruit que reçoit celui qui accomplit un sattrayāga durant douze années, en écoutant une seule fois le récit de Revā, il obtient ce même fruit.

Verse 27

सर्वतीर्थावगाहाच्च यत्फलं सागरादिषु । सकृच्छ्रुत्वा च माहात्म्यं रेवायास्तत्फलं लभेत्

Le fruit qui vient de se baigner en tous les tīrtha—dans l’océan et les autres eaux sacrées—en écoutant une seule fois la grandeur de Revā, on obtient ce même fruit.

Verse 28

एतद्धर्म्यमुपाख्यानं सर्वशास्त्रेष्वनुत्तमम् । देशे वा मण्डले वापि नगरे ग्राममध्यतः

Ce récit sacré, conforme au dharma, sans égal parmi tous les śāstra—qu’il soit dans une contrée, une province, une cité ou au cœur d’un village—(là où il demeure, il sanctifie).

Verse 29

गृहे वा तिष्ठते यस्य लिखितं सार्ववार्णिकम् । स ब्रह्मा स शिवः साक्षात्स च देवो जनार्दनः

Dans la maison où demeure ce texte, écrit pour toutes les conditions d’êtres, celui-là doit être vénéré : il est Brahmā ; il est Śiva en personne ; et il est aussi le Seigneur Janārdana.

Verse 30

धर्मार्थकाममोक्षाणां मार्गेऽयं देवसेवितः । गुरूणां च गुरुः शास्त्रं परमं सिद्धिकारणम्

Cet enseignement est la voie du dharma, de l’artha, du kāma et du mokṣa, honorée par les devas. Ce śāstra est le guru des gurus, la cause suprême de l’accomplissement spirituel (siddhi).

Verse 31

यश्चेदं शृणुयान्नित्यं पुराणं देवभाषितम् । ब्राह्मणो वेदवान्भूयात्क्षत्रियो विजयी भवेत्

Et quiconque, chaque jour, écoute ce Purāṇa proclamé par les devas : le brāhmaṇa devient riche de science védique, et le kṣatriya devient victorieux.

Verse 32

धनाढ्यो जायते वैश्यः शूद्रो वै धर्मभाग्भवेत्

Le vaiśya naît dans l’abondance, et même le śūdra devient participant du dharma, digne du mérite et du devoir sacré.

Verse 33

सौभाग्यसन्ततिं नारी श्रुत्वैतत्समवाप्नुयात् । श्रियं सौख्यं स्वर्गवासं जन्म चैवोत्तमे कुले

Une femme, en l’écoutant, obtient la bonne fortune et une descendance digne ; elle reçoit prospérité et bonheur, séjour au ciel, et renaît dans une lignée excellente.

Verse 34

रसभेदी कृतघ्नश्च स्वामिध्रुङ्मित्रवञ्चकः । गोघ्नश्च गरदश्चैव कन्याविक्रयकारकः

Même celui qui trahit la confiance, se montre ingrat, trompe son maître et son ami, tue des vaches, administre du poison, ou fait commerce de la vente d’une jeune fille—

Verse 35

ब्रह्मघ्नश्च सुरापी च स्तेयी च गुरुतल्पगः । नर्मदाचरितं शृण्वंस्तामब्दं योऽभिषेवते

—même le meurtrier d’un brāhmaṇa, le buveur d’alcool, le voleur, ou celui qui a profané la couche du guru : quiconque, en écoutant le récit de la Narmadā, l’observe durant une année entière—

Verse 36

सर्वपापविनिर्मुक्तो जायते नात्र संशयः । पाकभेदी वृथापाकी देवब्राह्मणनिन्दकः

—il renaît délivré de tous les péchés ; il n’y a là aucun doute. Même celui qui gâche la nourriture d’autrui, qui cuisine en pure perte (gaspillant la nourriture), ou qui outrage les devas et les brāhmaṇas—

Verse 37

परीवादी गुरोः पित्रोः साधूनां नृपतेस्तथा । तेऽपि श्रुत्वा च पापेभ्यो मुच्यन्ते नात्र संशयः

Même celui qui calomnie le guru, le père, les saints, et de même le roi : en entendant cela, eux aussi sont délivrés des péchés ; il n’y a là aucun doute.

Verse 38

ये पुनर्भावितात्मानः शस्त्रं शृण्वन्ति नित्यशः । पूजयन्ति च तच्छास्त्रं नार्मदं वस्त्रभूषणैः

Mais ceux dont l’esprit est purifié—qui écoutent chaque jour cet enseignement sacré et vénèrent ce Narmadā-śāstra avec vêtements et parures—

Verse 39

पुष्पैः फलैश्चन्दनाद्यैर्भोजनैर्विविधैरपि । शास्त्रेऽस्मिन्पूजिते देवाः पूजिता गुरवस्तथा

Avec des fleurs, des fruits, du santal et autres offrandes, et même des mets variés : lorsque cette Écriture est vénérée, les devas sont vénérés, et les gurus le sont également.

Verse 40

इह लोके परे चैव नात्र कार्या विचारणा । तस्मात्सर्वप्रयत्नेन गन्धवस्त्रादिभूषणैः

En ce monde et dans l’au-delà également, il n’est nul besoin de doute ni de délibération à ce sujet. C’est pourquoi, de tout son effort, avec parfums, vêtements et ornements—

Verse 41

पूजयेत्परया भक्त्या वाचकं शास्त्रमेव च । वेदपाठैश्च यत्पुण्यमग्निहोत्रैश्च पालितैः

—il faut, avec une dévotion suprême, honorer le récitant et l’Écriture elle-même. Le mérite qui naît de la récitation des Veda et des rites d’agnihotra dûment entretenus—

Verse 42

तत्फलं समवाप्नोति नर्मदाचरिते शुभे । कुरुक्षेत्रे च यत्पुण्यं प्रभासे पुष्करे तथा

—ce même fruit est obtenu par ce récit auspicious de la Narmadā, égal au saint mérite acquis à Kurukṣetra, à Prabhāsa et de même à Puṣkara.

Verse 43

रुद्रावर्ते गयायां च वाराणस्यां विशेषतः । गङ्गाद्वारे प्रयागे च गङ्गासागरसङ्गमे

—à Rudrāvarta, à Gayā et, tout particulièrement, à Vārāṇasī ; à Gaṅgādvāra (Haridvāra), à Prayāga et au lieu où le Gaṅgā rejoint l’océan (Gaṅgā-sāgara).

Verse 44

एवमादिषु तीर्थेषु यत्पुण्यं जायते नृणाम् । नर्मदाचरितं श्रुत्वा तत्पुण्यं सकलं लभेत्

Quel que soit le mérite qui naît pour les hommes en ces tīrtha et autres lieux saints—en écoutant le récit sacré de la Narmadā, on obtient la totalité de ce mérite, pleinement.

Verse 45

आदिमध्यावसानेषु नर्मदाचरितं शुभम् । यः शृणोति नरो भक्त्या शृणुध्वं तत्फलं महत्

Ce récit auspicious de la Narmadā—au commencement, au milieu et à la fin—quiconque l’écoute avec dévotion, écoutez maintenant le grand fruit qui en découle.

Verse 46

समाप्य शिवसंस्थानं देवकन्यासमावृतः । रुद्रस्यानुचरो भूत्वा शिवेन सह मोदते

Ayant atteint la demeure et la condition de Śiva, entouré de jeunes filles célestes, il devient un serviteur de Rudra et se réjouit avec Śiva.

Verse 47

धर्माख्यानमिदं पुण्यं सर्वाख्यानेष्वनुत्तमम् । गृहेऽपि पठ्यते यस्य चतुर्वर्णस्य सत्तमाः

Ce saint récit du dharma est le plus excellent de tous les récits. Dans la maison où il est récité, les meilleurs des quatre varṇas sont présents et bénis.

Verse 48

धन्यं तस्य गृहं मन्ये गृहस्थं चापि तत्कुलम् । पुस्तकं पूजयेद्यस्तु नर्मदाचरितस्य तु

Je tiens pour bénie cette maison—bénie aussi la vie domestique et toute la lignée—de celui qui rend un culte au livre du récit sacré de la Narmadā.

Verse 49

नर्मदा पूजिता तेन भगवांश्च महेश्वरः । वाचके पूजिते तद्वद्देवाश्च ऋषयोऽर्चिताः

Par lui, la Narmadā est adorée, et le Bienheureux Grand Seigneur, Maheśvara, l’est aussi. Quand le récitant est honoré, de même les devas et les ṛṣis sont vénérés.

Verse 50

लेखयित्वा च सकलं रेवाचरितमुत्तमम् । भूषणं सर्वशास्त्राणां यो ददाति द्विजन्मने

Et celui qui fait écrire en entier l’excellent Revā-carita et l’offre à un deux-fois-né—ornement parmi tous les śāstra—

Verse 51

नर्मदासर्वतीर्थेषु स्नानदानेन यत्फलम् । तत्फलं समवाप्नोति स नरो नात्र संशयः

Quel que soit le fruit obtenu par le bain sacré et le don dans tous les tīrtha de la Narmadā, ce même fruit, cet homme l’atteint; il n’y a là aucun doute.

Verse 52

एतत्पुराणं रुद्रोक्तं महापुण्यफलप्रदम् । स्वर्गदं पुत्रदं धन्यं यशस्यं कीर्त्तिवर्धनम्

Ce Purāṇa, énoncé par Rudra, accorde le fruit d’un grand mérite. Il donne le ciel, donne la descendance, apporte l’auspice, confère la gloire et accroît la renommée.

Verse 53

धर्म्यमायुष्यमतुलं दुःखदुःस्वप्ननाशनम् । पठतां शृण्वतां चापि सर्वकामार्थसिद्धिदम्

Il est conforme au dharma, accroît la longévité et n’a pas d’égal; il détruit la peine et les mauvais rêves. À ceux qui le lisent comme à ceux qui l’entendent, il accorde l’accomplissement de tous les buts désirés.

Verse 54

यत्प्रदत्तमिदं पुण्यं पुराणं वाच्यते द्विजैः । शिवलोके स्थितिस्तस्य पुराणाक्षरवत्सरी

Lorsque ce saint Purāṇa est offert en don et récité par les deux-fois-nés, le donateur obtient demeure dans le monde de Śiva, durant autant d’années qu’il y a de syllabes dans le Purāṇa.

Verse 55

इति निगदितमेतन्नर्मदायाश्चरित्रं पवनगदितमग्र्यं शर्ववक्त्रादवाप्य । त्रिभुवनजनवन्द्यं त्वेतदादौ मुनीनां कुलपतिपुरतस्तत्सूतमुख्येन साधु

Ainsi fut proclamé ce noble récit de la Narmadā : d’abord énoncé par Pavana, puis reçu de la bouche de Śarva (Śiva). Vénéré par les êtres des trois mondes, il fut, dès l’origine, justement exposé devant les sages, en présence de leur chef, par le plus éminent des sūtas.