
Sāttvata–Vṛṣṇi–Andhaka Vamśa (Genealogical Enumeration of the Yādava Clans)
Ce chapitre adopte le mode de catalogage propre aux vamśa purāṇiques : Sūta y raconte l’apparition de fils puissants dans la lignée Sāttvata, en nommant des figures liées au complexe Vṛṣṇi–Andhaka et à des branches apparentées. Le texte annonce un déploiement structuré en « quatre sarga » (sections d’énumération), puis déroule les liens familiaux : épouses, relations fraternelles et listes de descendants. Un épisode marquant est centré sur le roi Devāvṛdha : son ascèse (tapas) pour obtenir un fils idéal, la résolution de la jeune fille du fleuve, leur union et la naissance de Babhru, loué par une gāthā conservée dans la mémoire des gardiens de la tradition. Dans l’ensemble, l’Adhyāya 71 sert de registre généalogique dense, préservant la mémoire des clans par les noms, les sous-branches et des naissances exemplaires, et situant les lignées associées aux Yādava dans la trame historiographique purāṇique.
Verse 1
[वेर्सेस् २,७०।३ - ४९ नोत् अवैलब्ले अत् प्रेसेन्त्] सूत उवाच सात्त्वताज्जज्ञिरे पुत्राः कौशल्यायां महाबलाः / भजमानो भजिर्द्दिव्यो वृष्णिर्देवावृधो ऽन्धकः
[Les versets 2.70.3–49 ne sont pas disponibles] Sūta dit : De Sāttvata, en Kauśalyā, naquirent des fils d’une grande puissance : Bhajamāna, Bhaji, Divya, Vṛṣṇi, Devāvṛdha et Andhaka.
Verse 2
महाभोजश्च विख्यातो ब्रह्मण्यस्सत्यसंगरः / तेषां हि सर्गाश्चत्वारः शृणुध्वं विस्तरेण वै
Mahābhoja était renommé, dévot des brāhmaṇa et inébranlable dans le combat pour la vérité. Leur récit compte quatre sarga : écoutez-en le détail.
Verse 3
भजमानस्य सृंजय्यो बाह्यका चोपवाह्यका / सृंज यस्य सुते द्वे तु बाह्यके ते उदावहत्
Les épouses de Bhajamāna furent Sṛṃjayyā, Bāhyakā et Upavāhyakā. Les deux filles de Sṛṃjaya furent données en mariage par Bāhyakā.
Verse 4
तस्य भार्ये भगिन्यौ ते प्रसूते तु सुतान्बहून् / निम्लोचिः किङ्कणश्चैव धृष्टिः पर पुरञ्जयः
Ses deux épouses, qui étaient sœurs, enfantèrent de nombreux fils : Nimloci, Kiṅkaṇa, Dhṛṣṭi et Para-purañjaya.
Verse 5
ते बाह्यकाया सृंजय्या भजमानाद्विजज्ञिरे / अयुताजित्सहस्राजिच्छताजिदिति नामतः
Ils naquirent de Bāhyakā et de Sṛṃjayyā par Bhajamāna ; leurs noms furent Ayutājit, Sahasrājit et Śatājit.
Verse 6
बाह्यकायां भगिन्यां ते भजमानाद्विजज्ञिरे / तेषां देवावृधो राजा चचार परमं तपः / पुत्रः सर्वगुणोपेतो मम भूयादिति स्म ह
De la sœur nommée Bāhyakā aussi ils naquirent par Bhajamāna. Parmi eux, le roi Devāvṛdha accomplit l’austérité suprême, disant : «Puissé-je avoir un fils pourvu de toutes les vertus».
Verse 7
संयोज्या त्मानमेवं स पर्णाशजलमस्पृशत्
Ainsi, se maîtrisant lui-même, il toucha les eaux sacrées de la rivière Parṇāśā.
Verse 8
सा चोपस्पर्शनात्तस्य चकार प्रियमापगा / कल्याणत्वान्नरपतेस्तस्य सा निम्नगोत्तमा
Par son contact, le fleuve Apagā se réjouit et accomplit pour le roi un bien cher; ce cours d’eau suprême devint de bon augure pour le souverain.
Verse 9
चिन्तयाभिपरीताङ्गी जगामाथ विनिश्चयम् / नाभिगच्छामि तां नारीं यस्यामेवंविधः सुतः
Troublée par la pensée, elle en vint à cette résolution : «Je n’irai pas vers cette femme dont le fils est ainsi».
Verse 10
भवेत्सर्वगुणोपेतो राज्ञो देवावृधस्य हि / तस्मादस्य स्वयं चाहं भवाम्यद्य सहव्रता
Que le roi Devāvṛdha soit doté de toutes les vertus; ainsi, aujourd’hui, je serai moi-même sa sahavratā, son épouse fidèle dans le dharma.
Verse 11
जज्ञे तस्याः स्वयं हृत्स्थो भावस्तस्य यथेरितः / अथ भूत्वा कुमारी तु सा चिन्तापरमेव च
Dans son cœur naquit de lui-même le sentiment tel qu’il avait été énoncé; puis, bien qu’elle fût encore jeune fille, elle demeura plongée dans une profonde inquiétude.
Verse 12
वरयामास राजानं तामियेष स पार्थिवः / तस्यामाधत्त गर्भे स तेजस्विनमुदा रधीः
Le roi la choisit pour épouse, et elle s’unit à ce souverain de la terre. Dans la joie, elle conçut en son sein un fils plein d’éclat et de puissance.
Verse 13
अथ सा नवमे मासि सुषुवे सरिता वरा / पुत्रं सर्वगुणोपेतं बभ्रुं देवावृधत्तदा
Puis, au neuvième mois, l’excellente Saritā enfanta un fils, Babhrū, doté de toutes les vertus; alors les dieux exaltèrent Devāvṛdha.
Verse 14
तत्र वंशे पुराणज्ञा गाथां गायन्ति वै द्विजाः / गुणान्देवावृधस्यापि कीर्तयन्तो महात्मनः
Dans cette lignée, les dvijas connaisseurs des Purāṇa chantent des strophes; et, ce faisant, ils célèbrent aussi les vertus du magnanime Devāvṛdha.
Verse 15
यथैव शृणुमो दूरात्सपंश्यामस्तथान्तिकात् / बभ्रुः श्रेष्ठो मनुष्याणां देवैर्देवावृथः समः
Comme nous l’entendons de loin, ainsi le voyons-nous de près : Babhrū fut le plus éminent parmi les hommes, et parmi les dieux, l’égal de Devāvṛdha.
Verse 16
पुरुषाः पञ्चषष्टिश्च सहस्राणि च सप्ततिः / येमृतत्वमनुप्राप्ता बब्रोर्देवावृधादपि
Soixante-cinq mille soixante-dix hommes : ils atteignirent l’immortalité grâce à Babhrū, et aussi à Devāvṛdha.
Verse 17
यज्वा दानपतिर्धीरो ब्रह्मण्यः सत्यवाग्बुधः / कीर्त्तिमांश्च महाभोजः सात्त्वतानां महारथः
Il accomplissait les sacrifices, maître de la largesse, ferme, dévoué aux brahmanes, véridique et sage. Illustre Mahābhoja, il fut le grand guerrier-char des Sāttvata.
Verse 18
तस्यान्ववायः सुमहान्भोजा ये भुवि विश्रुताः / गान्धारी चैव माद्री च धृष्टैर्भार्ये बभूवतुः
Sa lignée fut très grande : des Bhoja célèbres furent connus sur la terre. Pour Dhṛṣṭa, Gāndhārī et Mādrī devinrent ses deux épouses.
Verse 19
गान्धारी जनयामास सुमित्रं मित्रनन्दनम् / साद्री युधाजितं पुत्रं ततो मीढ्वांसमेव च
Gāndhārī enfanta Sumitra, joie des amis. Mādrī mit au monde un fils nommé Yudhājit, puis aussi Mīḍhvāṃsa.
Verse 20
अनमित्रं शिनं चैव ताबुभौ पुरुषोत्तमौ / अनमित्रसुतो निघ्नो निघ्नस्य द्वौ बभूवतुः
Anamitra et Śina : tous deux furent des hommes d’exception. Le fils d’Anamitra fut Nighna, et Nighna eut deux fils.
Verse 21
प्रसेनश्च महाभागः सत्राजिच्च सुताबुभौ / तस्य सत्राजितः सूर्यः सखा प्राणसमो ऽभवत्
Prasena, comblé de fortune, et Satrājit furent ses deux fils. Pour Satrājit, le dieu Soleil, Sūrya, fut un ami aussi cher que le souffle vital.
Verse 22
स कदाचिन्निशापाये रथेन रथिनां वरः / तोयं कूलात्समुद्धर्तुमुपस्थातुं ययौरविम्
Un jour, à la fin de la nuit, le meilleur des guerriers au char monta sur son char, prit de l’eau au rivage et s’en alla rendre hommage au dieu Soleil, Ravi.
Verse 23
तस्योपतिष्ठतः सूर्यं विवस्वानग्रतः स्थितः / सुस्पष्टमूर्त्तिर्भगवांस्तेजोमण्डलवान्विभुः
Tandis qu’il l’adorait, Sūrya, Vivasvān, se tint devant lui : le Bhagavān à la forme parfaitement distincte, ceint d’un cercle de splendeur, le Seigneur tout-puissant.
Verse 24
अथ राजा विवस्वन्तमुवाच स्थितमग्रतः / यथैव व्योम्नि पश्यामि त्वामहं ज्योतिषां पते
Alors le roi dit à Vivasvān, debout devant lui : « Ô maître des luminaires, comme je te vois dans le ciel, ainsi je te vois ici même. »
Verse 25
तेजोमण्डलिनं चैव तथैवाप्यग्रतः स्थितम् / को विशेषो विवस्वंस्ते सख्येनोपगतस्य वै
Et je te vois de même devant moi, entouré de ton cercle de splendeur ; ô Vivasvān, quelle différence y a-t-il en toi lorsque tu viens en ami ?
Verse 26
एतच्छ्रुत्वा स भगवान्मणिरत्नं स्यमन्तकम् / स्वकण्ठादवमुच्याथ बबन्ध नृपतेस्तदा
À ces mots, le Bhagavān, le dieu Soleil, détacha de son cou le joyau Syamantaka et, sur-le-champ, l’attacha au roi.
Verse 27
ततो विग्रहवन्तं तं ददर्श नृपतिस्तदा / प्रीतिमानथ तं दृष्ट्वा मुहूर्त्तं कृतवान्कथाम्
Alors le roi aperçut cet être à la forme visible. En le voyant, il fut rempli de joie et s’entretint avec lui un instant.
Verse 28
तमभिप्रस्थितं भूयो विवस्वन्तं स सत्रजित् / प्रोवाचाग्निसवर्णं त्वां येन लोकः प्रपश्यति
Alors que Vivasvān s’apprêtait à repartir, Satrajit dit : « Ô toi, éclatant comme le feu, c’est par toi que le monde voit. »
Verse 29
तदेतन्मणिरत्नं मे भगवन्दातुमर्हसि / स्यमं तकं नाममणिं दत्तवांस्तस्य भास्करः
Ô Bhagavān, daigne me donner ce joyau. Cette gemme nommée Syamantaka lui fut accordée par Bhāskara.
Verse 30
स तमामुच्य नगरीं प्रविवेश महीपतिः / विस्मापयित्वाथ ततः पुरीमन्तःपुरं ययौ
L’ayant congédié, le roi entra dans la cité. Émerveillant tous les gens, il se rendit ensuite aux appartements intérieurs du palais.
Verse 31
स प्रसेनाय तद्दिव्यं मणिरत्नं स्यमन्तकम् / ददौ भ्रात्रे नरपतिः प्रेम्णा सत्राजिदुत्तमम्
Le roi Satrajit, avec amour, donna à son frère Prasena le joyau divin nommé Syamantaka.
Verse 32
स्यमन्तको नाम मणिर्यस्मिन्राष्ट्रे स्थितो भवेत् / कामवर्षी च पर्जन्यो न च व्याधिभयं तथा
Dans le royaume où demeure le joyau nommé Syamantaka, Parjanya fait tomber la pluie selon le désir, et l’on n’y craint point les maladies.
Verse 33
लिप्सां चक्रे प्रसेनात्तु मणिरत्नं स्यमन्तकम् / गोविन्दो न च तं लेभे शक्तो ऽपि न जहार च
Prasena conçut le désir d’obtenir le joyau Syamantaka ; mais Govinda ne l’acquit point, et, bien qu’il en eût le pouvoir, ne le ravit pas.
Verse 34
कधाचिन्मृगयां यातः प्रसेनस्तेन भूषितः / स्यमन्तककृते सिंहाद्वधं प्राप सुदारुणम्
Un jour, Prasena, paré de ce joyau, partit à la chasse ; à cause de Syamantaka, il trouva une mort très terrible sous les griffes d’un lion.
Verse 35
जांबवानृक्षराजस्तु तं सिंहं निजघान वै / आदाय च मणिं दिव्यं स्वबिलं प्रविवेश ह
Alors Jambavân, roi des ours, tua véritablement ce lion ; puis, prenant le joyau divin, il entra dans sa propre caverne.
Verse 36
तत्कर्म कृष्णस्य ततो वृष्ण्यन्धकमहत्तराः / मणिं गृध्नोस्तु मन्वानास्तमेव विशशङ्किरे
Après cet événement, les anciens des lignées Vrishni et Andhaka, pensant que Krishna convoitait le joyau, le soupçonnèrent lui-même de cet acte.
Verse 37
मिथ्यापवादं तेभ्यस्तं बलवानरिसूदनः / अमृष्यमाणो भगवान्वनं स विचचार ह
Ne pouvant supporter la fausse accusation portée contre lui, le puissant Bhagavān, destructeur des ennemis, erra dans la forêt.
Verse 38
स तु प्रोसेनो मृगयामचरद्यत्र चाप्यथ / प्रसेनस्य पदं ग्राह्यं पुरं पौराप्तकारिभिः
Alors Prosena allait çà et là chasser; et les traces de Prosena pouvaient être suivies par les gens de la cité.
Verse 39
ऋक्षवन्तं गिरिवरं विन्ध्यं च नगमुत्तमम् / अन्वेषयत्परिश्रान्तः स ददर्श महामनाः
Bien qu’épuisé à force de chercher le noble mont Ṛkṣavān et le Vindhya suprême, cet homme au grand cœur les aperçut.
Verse 40
साश्वं हतं प्रसेनं तं नाविन्दत्तत्र वै मणिम् / अथ सिंहः प्रसेनस्य शरीरस्याविदूरतः
Il trouva Prosena tué avec son cheval, mais ne trouva pas la gemme; et un lion se tenait près du corps de Prosena.
Verse 41
ऋक्षेण निहतो दृष्टः पदैरृक्षस्य सूचितः / पदैरन्वेषयामास गुहामृक्षस्य यादवः
On vit qu’il avait été tué par un ours, comme l’indiquaient les empreintes de l’ours; alors le Yadava suivit ces traces pour chercher la caverne de l’ours.
Verse 42
महत्यन्तर्बिले वाणीं शश्राव प्रमदेरिताम् / धात्र्या कुमारमादाय सुतं जांबवतो द्विजाः / क्रीडयन्त्याथ मणिना मारोदीरित्युदीरितम्
Au fond de la vaste caverne, il entendit une voix suscitée par une femme. La nourrice, prenant l’enfant, fils de Jāmbavān, jouait avec le joyau et s’écriait : «Frappe, donne !», ô deux-fois-nés.
Verse 43
धात्र्युवाच प्रसेनमवधीत्सिंहः सिंहो जांबवता हतः
La nourrice dit : «Un lion a tué Prasena ; et ce lion a été abattu par Jāmbavān».
Verse 44
सुकुमारक मारो दीस्तव ह्यें स्यमन्तकः / व्यक्तीकृतश्च शब्दः स तूर्णं चापि ययौ बिलम्
«Ô tendre enfant, frappe—donne ; ce Syamantaka est à toi.» À ces mots clairement entendus, il se hâta vers la caverne.
Verse 45
अपश्यच्च बिलाभ्याशे प्रसेन मवदारितम् / प्रविश्य चापि भगवान्स ऋक्षबिलमञ्जसा
Près de l’entrée de la caverne, il vit Prasena mis en pièces. Alors le Bienheureux entra aisément dans la caverne de l’ours.
Verse 46
ददर्श ऋक्षराजानं जांबवन्तमुदारधीः / युयुधे वासुदेवस्तु बिले जांबवता सह
D’un esprit noble, il vit Jāmbavān, roi des ours. Alors Vāsudeva combattit Jāmbavān à l’intérieur de la caverne.
Verse 47
बाहुभ्यामेव गोविन्दो दिवसानेकविंशतिम् / प्रविष्टे च बिलं कृष्णे वसुदेवापुरस्सराः
Govinda combattit par la seule force de ses bras durant vingt et un jours ; lorsque Kṛṣṇa entra dans la caverne, Vasudeva et les autres, marchant en tête, le suivirent.
Verse 48
पुनर्द्वारवतीं चैत्य हतं कृष्णं न्यवेदयन् / वासुदेवस्तु निर्जित्य जांबवन्तं महाबलम्
Ils retournèrent à Dvāravatī et, au sanctuaire, annoncèrent : «Kṛṣṇa a été tué» ; mais Vāsudeva triompha de Jāmbavān, d’une force immense.
Verse 49
लेभे जांबवन्तीं कन्यामृक्षराजस्य सम्मनाम् / भगवत्तेजसा ग्रस्तो जांबवांन्प्रसभं मणिम्
Il obtint Jāmbavatī, la fille chérie du roi des ours ; et Jāmbavān, saisi par l’éclat du Seigneur, remit aussi le joyau qu’il avait pris de force.
Verse 50
सुतां जांबवतीमाशु विष्वक्सेनाय दत्तवान् / मणिं स्यमन्तकं चैव जग्रहात्मविशुद्धये
Il donna sans tarder la fille Jāmbavatī à Viṣvaksena ; et, pour la purification de son être, il reçut le joyau Syamantaka.
Verse 51
अनुनीयर्क्षराजं तं निर्ययौ च तदा बिलात् / एवं स मणिमाहृत्य विशोध्यात्मानमात्मना
Après avoir apaisé le roi des ours, il sortit alors de la caverne ; ainsi, en rapportant le joyau, il se purifia lui-même par lui-même.
Verse 52
ददौ सत्राजिते रत्नं मणिं सात्त्वतसन्निधौ / कन्यां पुनर्जांबवतीमुवाह मधुसूदनः
En présence des Sāttvata, Satrājit remit la gemme, ce joyau précieux; puis Madhusūdana, Śrī Kṛṣṇa, épousa la jeune Jāmbavatī.
Verse 53
तस्मान्मिथ्याभिशापात्तु व्यशुध्यन्मधुसूदनः / इमां मिथ्याभिशप्तिं यः कृष्णस्येह व्यपोहिताम्
À cause de cette malédiction mensongère, Madhusūdana, Śrī Kṛṣṇa, fut reconnu pur et sans faute; celui qui sait qu’ici cette fausse malédiction jetée sur Kṛṣṇa a été écartée.
Verse 54
वेद मिथ्याभिशप्तिं स नाभिस्पृशति कर्हिचित् / दश त्वासन्सत्रजितो भार्यास्तस्यायुतं सुताः
Celui qui connaît cette fausse malédiction n’en est jamais atteint; Satrājit eut dix épouses et dix mille fils.
Verse 55
ख्यातिमन्तस्त्रयस्तेषां भङ्गकारस्तु पूर्वजः / वीरो वातपतिश्चैव तपस्वी च बहुप्रियः
Parmi eux, trois étaient fort illustres; l’aîné était Bhaṅgakāra : vaillant, nommé Vātapati, ascète et aimé de beaucoup.
Verse 56
अथ वीरमती नाम भङ्गकारस्य तु प्रसूः / सुषुवे सा कुमारीस्तु तिस्रो रूपगुणान्विताः
Puis l’épouse de Bhaṅgakāra se nommait Vīramatī; elle enfanta trois jeunes filles, parées de beauté et de qualités.
Verse 57
सत्यभामोत्तमा स्त्रीणां व्रतिनी च दृढव्रता / तथा तपस्विनी चैव पिता कृष्णय तां ददौ
Satyabhama, la plus éminente des femmes, fidèle à ses vœux, ferme dans l’ascèse; son père la donna à Śrī Krishna.
Verse 58
न च सत्राजितः कृष्णो मणिरत्नं स्यमन्तकम् / आदत्त तदुपश्रुत्य भोजेन शतधन्वना
Satrajit ne remit pas à Śrī Krishna le joyau Syamantaka; l’ayant appris, Satadhanva du clan Bhoja s’enflamma de colère.
Verse 59
तदा हि प्रार्थयामास सत्यभामामनिन्दिताम् / अक्रूरो धनमन्विच्छन्मणिं चैव स्यमन्तकम्
Alors Akrura, désirant richesse et le joyau Syamantaka, demanda la main de l’irréprochable Satyabhama.
Verse 60
सत्राजितं ततो इत्वा शतधन्वा महाबलः / रात्रौ तं मणिमादाय ततो ऽक्रूराय दत्तवान्
Puis Satadhanva, d’une grande puissance, alla vers Satrajit; de nuit il prit le joyau et le remit ensuite à Akrura.
Verse 61
अक्रूरस्तु तदा रत्नमादाय स नरर्षभः / समयं कारयाञ्चक्रे बोध्यो नान्यस्य चेत्युत
Alors Akrura, le meilleur des hommes, prit le joyau et fit conclure un accord : « que nul autre n’en soit informé ».
Verse 62
वयमभ्युपयोत्स्यामः कृष्णेन त्वां प्रधर्षितम् / मम वै द्वारका सर्वा वेशे तिष्ठत्य संशयम्
Nous te protégerons, toi que Krishna a outragé ; toute ma Dvārakā, sans doute, demeure revêtue des habits du deuil.
Verse 63
हते पितरि दुःखार्त्ता सत्यभामा यशस्विनी / प्रययौ रथमारुह्य नगरं वारणावतम्
Son père ayant été tué, la glorieuse Satyabhāmā, accablée de peine, monta sur le char et partit pour la cité de Vāraṇāvata.
Verse 64
सत्यभामा तु तद्वृत्तं भोजस्य शतधन्वनः / भर्तुर्निवेद्य दुःखार्त्ता पार्श्वस्थाश्रूण्यवर्त्तयत्
Satyabhāmā rapporta à son époux ce qui s’était passé au sujet du Bhoja Śatadhanvā ; accablée de peine, elle fit couler les larmes de ceux qui se tenaient près d’elle.
Verse 65
पाण्डवानां तु दग्धानां हरिः कृत्वोदकक्रियाम् / कल्यार्थे चैव भ्रातॄणां न्ययोजयत सात्यकिम्
Pour les Pāṇḍava réduits en cendres, Hari accomplit le rite de l’eau ; puis, pour le bien de ses frères, il chargea Sātyaki d’une mission.
Verse 66
ततस्त्वरितमागत्य द्वारकां मधुसूदनः / पूर्वजं हलिनं श्रीमानिदं वचनमब्रवीत्
Alors Madhusūdana revint en hâte à Dvārakā ; le resplendissant adressa ces paroles à son aîné, le porteur de la charrue (Balarāma).
Verse 67
हतः प्रसेनः सिंहेन सत्राजिच्छतधन्वना / स्यमन्तको मार्गणीयस्तस्य प्रभुरहं प्रभो
Prasena fut tué par un lion, et Śatadhanvā mit aussi Satrājit à mort. Le joyau Syamantaka doit être recherché ; ô Seigneur, j’en suis le maître légitime.
Verse 68
तहारोह रथं शीघ्रं भोजं हत्वा महाबलम् / स्यमन्तकं महाबाहो सामान्यं वो भविष्यति
Alors monte vite sur le char et tue ce Bhoja à la grande puissance. Ô aux bras puissants, le joyau Syamantaka te deviendra chose aisée.
Verse 69
ततः प्रवृत्ते युद्धे तु तुमुले भोजकृष्णयोः / शतधन्वा तमक्रूरमवैक्षत्सर्वतो दिशम्
Alors s’engagea la bataille, terrible et tumultueuse, entre Bhoja et Kṛṣṇa. Śatadhanvā regarda de tous côtés et aperçut Akrūra.
Verse 70
अनालब्धावहारौ तु कृत्वा भोजजनार्द्दनौ / शक्तो ऽपि शाठ्याद्धार्दिक्यो नाक्रूरो ऽभ्युपपद्यत
Ayant arrangé la situation pour que ni Bhoja ni Janārdana n’obtiennent (le joyau), Akrūra, de la lignée Hārdikya, bien qu’en ayant le pouvoir, ne se manifesta pas par ruse.
Verse 71
अपयोते ततो बुद्धिं भूयश्चक्रे भयान्वितः / योजनानां शतं साग्रं हृदया प्रत्यपद्यत
Puis, saisi de peur, il prit de nouveau la décision de fuir ; et dans son cœur il résolut de s’éloigner à plus de cent yojanas.
Verse 72
विख्याता हृदया नाम शतयोजनगामिनी / भोजस्य वडवा दिव्या यया कृष्णमयोधयत्
Il y avait une jument divine de Bhoja, célèbre sous le nom de Hṛdayā, capable de parcourir cent yojanas; c’est avec elle que Kṛṣṇa combattit.
Verse 73
क्षीणां जवेन त्दृदयामध्वनः शतयोजने / दृष्ट्वा रथस्य तां वृद्धिं शतधन्वा समुद्रवत्
Sur la route de cent yojanas, Hṛdayā s’épuisa sous l’élan; voyant une telle avance du char, Śatadhanvā s’agita tel l’océan.
Verse 74
ततस्तस्या हयायास्तु श्रमात्खेदाच्च वै द्विजाः / खमुत्पेतुरथ प्राणाः कृष्णो राममथाब्रवीत्
Alors, ô dvijas, sous la fatigue et la peine de cette jument, son souffle vital s’envola vers le ciel; puis Kṛṣṇa parla à Rāma.
Verse 75
तिष्ठस्वेह महाबाहो दृष्टदोषा मया हयी / पद्भ्यां गत्वा हरिष्यामि मणिरत्नं स्यमन्तकम्
Ô Mahābāhu, demeure ici; j’ai vu le défaut de la jument. J’irai à pied et rapporterai le joyau Syamantaka.
Verse 76
पद्भ्यामेव ततो गत्वा शतधन्वानमच्युतः / मिथिलोपवने तं वै जघान परमास्त्रवित्
Puis Acyuta s’y rendit à pied et, maître des armes suprêmes, mit à mort Śatadhanvā dans le bosquet de Mithilā.
Verse 77
स्यमन्तकं न चापश्यद्धत्वा भोजं महाबलम् / निवृत्तं चाब्र वीत्कृष्णं रत्नं देहीति लाङ्गली
On ne voyait pas le joyau Syamantaka. Voyant Kṛṣṇa revenir après avoir tué le puissant Bhoja, Lāṅgalī (Balarāma) dit : «Remets le joyau».
Verse 78
नास्तीति कृष्णश्चोवाच ततो रामो रुषान्वितः / धिक्छब्दपूर्वमसकृत्प्रत्युवाच जनार्द्दनम्
Kṛṣṇa dit : «Il n’y en a pas.» Alors Rāma, empli de colère, précédant ses paroles de «dhik !», répliqua maintes fois à Janārdana.
Verse 79
भातृत्वान्मर्षयाम्वेष स्वस्ति ते ऽस्तु व्रजाम्यहम् / कृत्यं न मे द्वारकया न त्वया न च वृष्णिभिः
Par fraternité je supporte; que le bien soit sur toi, je m’en vais. Je n’ai plus rien à faire avec Dvārakā, ni avec toi, ni avec les Vṛṣṇi.
Verse 80
प्रविवेश ततो रामो मिथिलामरिमर्द्दनः / सर्वकामैरुपहृतैर्मैथिलेनैव पूजितः
Puis Rāma, dompteur des ennemis, entra dans Mithilā. Le roi de Maithilā lui rendit lui-même un culte avec des présents de toute sorte.
Verse 81
एतस्मिन्नेव काले तु बभ्रुर्मतिमतां वरः / नानारूपान्क्रतून्सर्वा नाजहार निरर्गलान्
En ce même temps, Babhrū, le meilleur des sages, accomplit sans entrave toutes sortes de kratu (sacrifices) aux formes variées.
Verse 82
दीक्षामयं सकवचं रक्षार्थं प्रविवेश ह / स्यमन्तककृते प्राज्ञो कान्दिनीजो महामनाः
Pour protéger le Syamantaka, le sage Kandinija, au grand cœur, entra dans la cuirasse sacrée faite de dīkṣā, en guise de sauvegarde.
Verse 83
अकूर यज्ञा इति ते ख्यातास्तस्य महात्मनः / बह्वन्नदक्षिणाः सर्वे सर्वकामप्रदायिनः
Les sacrifices de ce grand être étaient connus comme les « yajñas d’Akūra » ; tous étaient riches en nourriture et en dāna, et accordaient tous les vœux.
Verse 84
अथ दुर्योधनो राजा गत्वाथ मिथिलां प्रभुः / गदाशिक्षां ततो दिव्यां बलभद्रादवाप्तवान्
Alors le roi Duryodhana, seigneur puissant, se rendit à Mithilā et reçut de Balabhadra l’enseignement divin de la massue.
Verse 85
प्रसाद्य तु ततो रामो वृष्ण्यन्धकमहारथैः / आनीतो द्वारकामेव कृष्णेन च महात्मना
Ensuite les grands guerriers Vṛṣṇi et Andhaka apaisèrent Rāma ; et le magnanime Kṛṣṇa le ramena à Dvārakā.
Verse 86
अक्रूरश्चान्धकैः सार्द्धमथायात्पुरुषर्षभः / युद्धे हत्वा तु शत्रुघ्नं सह बन्धुमता बली
Alors Akūra, le meilleur des hommes, arriva avec les Andhakas ; et le vaillant, avec Bandhumatā, tua Śatrughna au combat.
Verse 87
सुयज्ञतनयायां तु नरायां नरसत्तमौ / भङ्गकारस्य तनयौ विश्रुतौ सुमहाबलौ
Du sein de Nara, fille de Suyajña, naquirent deux hommes d’élite ; fils de Bhaṅgakāra, ils étaient renommés et d’une grande puissance.
Verse 88
जज्ञातेंऽधकमुख्यस्य शक्रघ्नो बन्धुमांश्च तौ / वधे च भङ्गकारस्य कृष्णो न प्रीतिमानभूत्
Tous deux naquirent dans la lignée du chef des Andhaka, sous les noms de Śakraghna et Bandhumān ; mais lors de la mise à mort de Bhaṅgakāra, Kṛṣṇa ne s’en réjouit point.
Verse 89
ज्ञातिभेदभयाद्भीतस्तमुबेक्षितवानथ / अपयाते ततो ऽक्रूरे नावर्षत्पाकशासनः
Craignant une rupture entre parents, il le négligea ; et lorsque Akrūra s’en fut allé, Pākaśāsana (Indra) ne fit point tomber la pluie.
Verse 90
अनावृष्ट्या हतं राष्ट्रमभवद्बहुधा यतः / ततः प्रसादयामासुरक्रूरं कुकुरान्धकाः
Faute de pluie, le royaume fut accablé de bien des maux ; alors les Kukura et les Andhaka s’efforcèrent d’apaiser Akrūra.
Verse 91
पुनर्द्वारवतीं प्राप्ते तदा दानपतौ तथा / प्रववर्ष सहस्राक्षः कुक्षौ जलनिधेस्ततः
Quand Akrūra, seigneur de la générosité, revint à Dvāravatī, Sahasrākṣa (Indra) fit tomber une pluie abondante sur le giron de l’océan.
Verse 92
कन्यां वै वासुदेवाय स्वसारं शीलसंमताम् / अक्रूरः प्रददौ श्रीमान्प्रीत्यर्थं मुनिपुङ्गवाः
Le glorieux Akrūra, le meilleur des sages, pour réjouir Vāsudeva, lui offrit sa propre sœur, jeune fille reconnue pour sa vertu.
Verse 93
अथ विज्ञाय योगेन कृष्णो बभ्रुगतं मणिम् / सभामध्ये तदा प्राह तमक्रूरं जनार्द्दनः
Alors Kṛṣṇa, par la puissance du yoga, sut que le joyau était parvenu à Babhru ; au milieu de l’assemblée, Janārdana s’adressa à Akrūra.
Verse 94
यत्तद्रत्नं मणिवरं तव हस्तगतं प्रभो / तत्प्रयच्छ स्वमानार्ह मयि मानार्यकं कृथाः
Ô Seigneur, ce joyau, la plus noble des gemmes, qui est parvenu à ta main, remets-le ; tu es digne d’honneur—ne m’inflige pas l’affront.
Verse 95
षष्टिवर्षगते काले यद्रोषो ऽभूत्तदा मम / सुसंरूढो ऽसकृत्प्राप्तस्तदा कालात्ययो महान्
Quand soixante années se furent écoulées, la colère qui s’était levée en moi alors revint maintes fois et s’enracina fortement ; en ce temps-là survint un grand dérèglement du cours du temps.
Verse 96
ततः कृष्णस्य वचनात्सर्वसात्त्वतसंसदि / प्रददौ तं मणिं बभ्रुरक्लेशेन महामतिः
Puis, sur la parole de Kṛṣṇa, dans l’assemblée de tous les Sāttvata, Babhru, d’une grande sagesse, remit ce joyau sans peine.
Verse 97
ततस्तमार्जवप्राप्तं बभ्रोर्हस्तादरिन्दमः / ददौ हृष्टमनास्तुष्टस्तं मणिं बभ्रवे पुनः
Alors le dompteur des ennemis, recevant de la main de Babhru ce joyau acquis par droiture, le cœur joyeux et comblé, rendit de nouveau la gemme à Babhru.
Verse 98
स कृष्णहस्तात्संप्राप्य मणिरत्नं स्यमन्तकम् / आबध्य गान्दिनीपुत्रो विरराजांशुमानिव
Ayant reçu de la main de Krishna le joyau Syamantaka, le fils de Gāndinī le ceignit et resplendit tel un soleil éclatant.
Verse 99
इमां मिथ्याभिशाप्तिं यो विशुद्धिमपि चोत्तमाम् / वेद मिथ्याभिशप्तिं स न लभेत कथञ्चन
Celui qui connaît cette malédiction mensongère et, en même temps, la pureté suprême, même s’il est maudit à tort, ne subira aucun tort en aucune manière.
Verse 100
अनमित्राच्छिनिर्जज्ञे कनिष्ठाद्वृष्णिनन्दनात् / सत्यवान्सत्यसंपन्नः सत्यकस्तस्य चात्मजः
D’Anamitra, le plus jeune fils de Vṛṣṇinandana, naquit Śini; et de Śini naquit son fils Satyaka, véridique et comblé de vérité.
Verse 101
सात्यकिर्युयुधानश्च तस्य भूतिः सुतो ऽभवत् / भूतेर्युगन्धरः पुत्र इति भौत्यः प्रकीर्त्तितः
Satyaka était aussi nommé Yuyudhāna; son fils fut Bhūti. Le fils de Bhūti fut Yugandhara; c’est pourquoi on le célèbre sous le nom de « Bhautya ».
Verse 102
माड्याः सुतस्य जज्ञे तु सुतो वृष्णिर्युधाजितः / जज्ञाते तनयौ वृष्णेः श्वफल्कश्चित्रकश्च यः
Du fils de Mādya naquit un descendant des Vṛṣṇi nommé Yudhājit. Et de Vṛṣṇi naquirent deux fils : Śvaphalka et Citraka.
Verse 103
श्वफल्कस्तु महाराजो धर्मात्मा यत्र वर्तते / नास्ति व्याधिभयं तत्र न चावृष्टिभयं तथा
Śvaphalka était un grand roi au cœur de dharma ; là où il demeurait, il n’y avait ni crainte des maladies ni crainte de la sécheresse sans pluie.
Verse 104
कादाचित्काशिराजस्य विभोस्तु द्विजसत्तमाः / त्रीणि वर्षाणि विषये नावर्षत्पाकशासनः
Ô meilleurs des deux-fois-nés ! Un jour, dans le pays du roi de Kāśī, durant trois années Indra, le Pākaśāsana, ne fit pas tomber la pluie.
Verse 105
स तत्रवासयामास श्वफल्कं परमार्चितम् / श्वफल्कपरिवासेन प्रावर्षत्पाकशासनः
Alors il fit demeurer là Śvaphalka, le très vénéré ; et par la présence de Śvaphalka, Indra, le Pākaśāsana, fit tomber la pluie.
Verse 106
श्वफल्कः काशिराजस्य सुतां भार्यामविन्दत / गान्दिनींनाम गां सा हि ददौ विप्राय नित्यशः
Śvaphalka prit pour épouse la fille du roi de Kāśī ; elle se nommait Gāndinī et, chaque jour, elle offrait en dāna une vache à un brāhmane.
Verse 107
सा मातुरुदरस्था वै बहून्वर्षशातान्किल / निवसंती न वै जज्ञे गर्भस्थां तां पिताब्रवीत्
Elle demeura vraiment dans le sein de sa mère durant de nombreux siècles, sans naître; alors le père s’adressa à la jeune fille encore dans le ventre.
Verse 108
जायस्व शीघ्रं भद्रं ते किमर्थं वापि तिष्ठसि / प्रोवाच चैनं गर्भस्था सा कन्या गां दिने दिने
« Naîs vite, que le bien t’accompagne; pourquoi demeures-tu ainsi ? » À ces mots, la jeune fille dans le sein lui répondait jour après jour.
Verse 109
यदि दद्यास्ततो गर्भाद्बहिः स्यां हायनैस्त्रिभिः / तथेत्युवाच तां तस्याः पिता काममपूरयत्
La jeune fille dit : « Si tu l’accordes, dans trois ans je sortirai du sein. » Le père répondit : « Qu’il en soit ainsi », et accomplit son vœu.
Verse 110
दाता यज्वा च शुरश्च श्रुतवानतिथिप्रियः / तस्याः पुत्रः स्मृतो ऽक्रूरः श्वाफल्को भूरिदक्षिणः
Il était généreux, accomplisseur de yajñas, vaillant, instruit dans la śruti et ami des hôtes; son fils fut connu sous le nom d’Akrūra, issu de Śvāphalka, dispensateur d’abondantes dakṣiṇā.
Verse 111
उपमङ्गुस्तथा मङ्गुर्मृदुरश्चारिमेजयः / गिरिरक्षस्ततो यक्षः शत्रुघ्नो ऽथारिमर्दनः
Upamaṅgu, Maṅgu, Mṛdura et Cārimejaya; puis Girirakṣa, Yakṣa, Śatrughna et Arimardana — tels sont nommés les (autres) fils.
Verse 112
धर्मवृद्धः सुकर्मा च गन्धमादस्तथापरः / आवाहप्रतिवाहौ च वसुदेवा वराङ्गना
Dharmavṛddha, Sukarmā et Gandhamāda, ainsi qu’un autre; de même Āvāha et Prativāha; et Vasudevā, dame d’exquise beauté.
Verse 113
अक्रूरादौग्रसेन्यां तु सुतौ द्वौ कुलनन्दिनौ / देववानुपदेवश्च जज्ञाते देवसंनिभौ
D’Akrūra et de son épouse, l’Augrasenī, naquirent deux fils, joie du lignage : Devavān et Upadeva, semblables aux dieux.
Verse 114
चित्रकस्याभवन्पुत्राः पृथुर्विपृथुरेव च / अश्वग्रीवो ऽश्ववाहश्च सुपार्श्वकगवेषणौ
Les fils de Citraka furent Pṛthu et Vipṛthu; Aśvagrīva et Aśvavāha; ainsi que Supārśvaka et Gaveṣaṇa.
Verse 115
अरिष्टनेमिरश्वास्यः सुवार्मा वर्मभृत्तथा / अभूमिर्बहुभूमिश्च श्रविष्ठाश्रवणे स्त्रियौ
Il y eut Ariṣṭanemi, Aśvāsya, Suvārmā et Varmabhṛt; Abhūmi et Bahubhūmi; et deux femmes : Śraviṣṭhā et Śravaṇā.
Verse 116
सत्यकात्काशिदुहिता लेभे या चतुरः सुतान् / कुकुरं भजमानं च शुचिं कंबल बर्हिषम्
De Satyaka, la fille de Kāśī obtint quatre fils : Kukura, Bhajamāna, Śuci, Kambala et Barhiṣa.
Verse 117
कुकुरस्य सुतो वृष्णिर्वृष्णेस्तु तनयो ऽभवत् / कपोतरोमा तस्याथ विलोमाभवदात्मजः
Le fils de Kukura fut Vṛṣṇi; et de Vṛṣṇi naquit aussi un fils. Son fils se nomma Kapotaromā, puis naquit son enfant appelé Vilomā.
Verse 118
तस्यासीत्तुंबुरुसखा विद्वान्पुत्रोंऽधकः किल / ख्यायते यस्य नामान्यच्चन्दनोदकदुन्दुभिः
Il eut un fils savant nommé Tumburusakhā; et, en vérité, son fils fut connu sous le nom d’Andhaka. Ses noms sont proclamés avec l’eau de santal et le son du tambour sacré (dundubhi).
Verse 119
तस्याभिजित्ततः पुत्र उत्पन्नस्तु पुनर्वसुः / अश्वमेधं तु पुत्रार्थमाजहार नरोत्तमः
Il eut un fils nommé Abhijit; et de lui naquit Punarvasu. Cet homme d’exception accomplit le sacrifice Aśvamedha afin d’obtenir un fils.
Verse 120
तस्य मध्ये ऽतिरात्रस्य सदोमध्यात्ससुच्छ्रितः / ततस्तु विद्वान्धर्मज्ञो दाता यज्वा पुनर्वसुः
Au cœur du rite Atirātra, il se manifesta avec éclat depuis le centre du sado (enceinte sacrificielle). Alors Punarvasu devint savant, connaisseur du dharma, généreux et célébrant des sacrifices.
Verse 121
तस्याथ पुत्रमिथुनं बभूवाभिजितः किल / आहुकश्चाहुकी चैव ख्यातौ मतिमतां वरौ
Puis Abhijit eut une paire d’enfants jumeaux. Āhuka et Āhukī—tous deux furent célèbres comme les meilleurs parmi les sages.
Verse 122
इमांश्चोदा हरन्त्यत्र श्लोकान्प्रति तमाहुकम् / सोपासांगानुकर्षाणां सध्वजानां वरूथिनाम्
Ici, Chodā récita ces śloka à l’adresse de Tamāhuka : au sujet des troupes en ordre, munies d’auxiliaires, d’escortes et d’étendards.
Verse 123
रथानां मेघघोषाणां महस्राणि दशैव तु / नासत्यवादी चासीत्तु नायज्ञो नासहस्रदः
Les chars, grondant comme le tonnerre des nuées, étaient au nombre de dix mille ; il n’était ni menteur, ni dédaigneux du yajña, ni avare de dons par milliers.
Verse 124
नाशुचिर्नाप्यधर्मात्मा नाविद्वान्न कृशो ऽभवत् / आर्द्रकस्य धृतिः पुत्र इत्येवमनुशुश्रुम्
Il n’était ni impur, ni animé d’adharma ; il n’était ni ignorant, ni devenu chétif. Ainsi avons-nous entendu : Dhṛti était le fils d’Ārdraka.
Verse 125
स तेन परिवारेण किशोरप्रतिमान्हयान् / अशीतिमश्वनियुतान्याहुको ऽप्रतिमो व्रजन्
Avec cette suite, emmenant des chevaux pareils à de jeunes coursiers—quatre-vingts niyuta de montures—Aḥuka, sans égal, se mit en route.
Verse 126
पूर्वस्यां दिशि नागानां भोजस्य त्वतिभावयन् / रूप्यकाञ्चनकक्षाणां स्रहस्राण्येकविंशतिः
Vers l’orient, afin d’accroître la splendeur de Bhoja parmi les Nāga, il y avait vingt et un mille ceintures d’argent et d’or.
Verse 127
तावन्त्येव सहस्राणि उत्तरस्यां तथादिशि / भूमिपालस्य भोजस्य उत्तिष्टेत्किङ्कणी किल
Dans la direction du nord, il y avait pareillement tant de milliers; on dit que la kiṅkiṇī (grelot de cheville) du roi Bhoja, souverain de la terre, se dressa et résonna.
Verse 128
आहुकश्चाप्यवन्तीषु स्वसारं त्वाहुकीं ददौ / आहुकात्काश्यदुहितुर्द्वै पुत्रौ संबभूवतुः
En Avanti, Āhuka donna sa sœur Āhukī en mariage; d’Āhuka et de la fille de Kāśya naquirent deux fils.
Verse 129
देवकश्चोग्रसेनश्च देवगर्भसमावुभौ / देवकस्य सुता वीरा जज्ञिरे त्रिदशोपमाः
Devaka et Ugrasena furent tous deux fils de Devagarbhā; les vaillantes filles de Devaka naquirent pareilles aux dieux.
Verse 130
देववानुपदेवश्च सुदेवो देवरक्षितः / तेषां स्वसारः सप्तासन्वसुदेवाय ता ददौ
Il y eut Devavān, Upadeva, Sudeva et Devarakṣita; et leurs sept sœurs furent données par lui à Vasudeva.
Verse 131
धृतदेवोपदेवा च तथान्या देवरक्षिता / श्रीदेवा शान्तिदेवा च सहदेवा तथापरा
C’étaient Dhṛtadevā, Upadevā et une autre nommée Devarakṣitā; ainsi que Śrīdevā, Śāntidevā et une autre Sahadevā.
Verse 132
सप्तमी देवकी तासां सानुजा चारुदर्शना / नवोग्रसेनस्य सुताः कंसस्तेषां तु पूर्वजः
Parmi elles, la septième fut Devakī, d’une beauté charmante avec sa cadette. Tous étaient les enfants de Navograsena, et Kaṃsa en était l’aîné.
Verse 133
न्यग्रो दश्च सुनामा च कङ्कशङ्कुसुभूमयः / सुतनू राष्ट्रपालश्च युद्धतुष्टश्च तुष्टिमान्
Nyagro, Daśa, Sunāmā, Kaṅka, Śaṅku et Subhūmi; ainsi que Sutanu, Rāṣṭrapāla, Yuddhatuṣṭa et Tuṣṭimān.
Verse 134
तेषां स्वसारः पञ्चैव कंसा कंसवती तथा / सुतनू राष्ट्रपाली च कङ्का चैव वराङ्गना
Ils avaient cinq sœurs : Kaṃsā, Kaṃsavatī, Sutanu, Rāṣṭrapālī et Kaṅkā, toutes de gracieuse beauté, nobles de corps.
Verse 135
उग्रसेनो महापत्यो व्याख्यातः कुकुरोद्भवः / कुकुराणामिमं वंशं धारयन्नमितौजसाम्
On a décrit Ugrasena, de grande puissance, né de la lignée des Kukura, lui qui porta et maintint cette dynastie des Kukura au rayonnement sans mesure.
Verse 136
आत्मनोविपुलं वंशं प्रजावांश्च भवेन्नरः / भजमानस्य पुत्रस्तु रथिमुख्यो विदूरथः
L’homme obtient pour lui-même une vaste lignée et l’abondance de descendants. Le fils de Bhajamāna fut Vidūratha, le premier parmi les guerriers de char.
Verse 137
राजाधिदेवः शूरश्च विदूरथसुतो ऽभवत् / तस्य शूरस्य तु सुता जज्ञिरे बलवत्तराः
Le fils de Vidūratha fut Rājādhideva, et aussi Śūra. De ce Śūra naquirent des descendants d’une vigueur supérieure.
Verse 138
वातश्चैव निवातश्च शोणितः श्वेतवाहनः / शमी च गदवर्मा च निदान्तः खलु शत्रुजित्
Vāta et Nivāta, Śoṇita et Śvetavāhana; puis Śamī et Gadavarmā, et Nidānta, assurément Śatrujit.
Verse 139
शमीपुत्रः प्रतिक्षत्रः प्रतिक्षत्रस्य चात्मजः / स्वयंभोजः स्वयंभोजाद्धृदिकः संबभूव ह
Le fils de Śamī fut Pratikṣatra, et le fils de Pratikṣatra, Svayaṃbhoja. De Svayaṃbhoja naquit Hṛdika.
Verse 140
हृदिकस्य सुतास्त्वासन्दश भीमपराक्रमाः / कृतवर्माग्रजस्तेषां शतधन्वा तु मध्यमः
Hṛdika eut dix fils, d’une vaillance redoutable comme celle de Bhīma. Parmi eux, Kṛtavarmā fut l’aîné, et Śatadhanvā celui du milieu.
Verse 141
देवबाहुस्सुबाहुश्च भिषक्श्वेतरथश्च यः / सुदान्तश्चाधिदान्तश्च कनकः कनकोद्भवः
Devabāhu et Subāhu, Bhiṣak et Śvetaratha; Sudānta et Adhidānta, Kanaka et Kanakodbhava.
Verse 142
देवबाहोस्सुतो विद्वाञ्जज्ञे कंबलबर्हिषः / असमौजाः सुतस्तस्य सुसमौजाश्च विश्रुतः
Naquit Kambalabarhiṣ, fils savant de Devabāhu. Ses fils furent Asamaujā et le renommé Susamaujā.
Verse 143
अजातपुत्राय ततः प्रददावसमौजसे / सुचन्द्रं वसुरूपं च कृष्ण इत्यन्धकाः स्मृताः
Ensuite, à Asamaujā qui n’avait pas de fils, furent donnés Sucandra et Vasurūpa; et les Andhaka sont rappelés sous le nom de « Kṛṣṇa ».
Verse 144
अन्धकानामिमं वंशं कीर्त्तयेद्यस्तु नित्यशः / आत्मनो विपुलं वंशं लभते नात्र संशयः
Celui qui récite chaque jour cette lignée des Andhaka obtient pour lui-même une vaste prospérité de descendance; il n’y a là aucun doute.
Verse 145
अश्मक्यां जनयामास शूरं वै देव मीढुषम् / मारिष्यां जज्ञिरे शूराद्भोजायां पुरुषा दश
Deva Mīḍhuṣ engendra Śūra d’Aśmakī. Puis, de Śūra et de la femme Bhojā nommée Māriṣyā, naquirent dix fils.
Verse 146
वसुदेवो महाबाहुः पूर्वमानकदुन्दुभिः / जज्ञे तस्य प्रसूतस्य दुन्दुभिः प्राणदद्दिवि
Vasudeva, aux bras puissants, fut d’abord nommé Ānakadundubhi. À sa naissance, les tambours dundubhi retentirent dans le ciel.
Verse 147
आनकानां च संह्नादः सुमहानभवद्दिवि / पपात पुष्पवर्षं च शरस्य भवने महत्
Dans le ciel retentit le fracas immense des tambours ānaka, et sur la demeure de Śara tomba une grande pluie de fleurs.
Verse 148
मनुष्यलोके कृत्स्ने ऽपि रूपे नास्ति समो भुवि / यस्यासीत्पुरुषाग्र्यस्य कान्तिश्चन्द्रमसो यथा
Dans tout le monde des hommes, nul sur la terre ne lui était égal en beauté; l’éclat de ce héros suprême était tel celui de la lune.
Verse 149
देवभागस्ततो जज्ञे ततो देवश्रवाः पुनः / अनाधृष्टिवृकश्चैव नन्दनश्चैव सृंजयः
Puis naquit Devabhāga, puis Devashravā; et naquirent aussi Anādhṛṣṭivṛka, Nandana et Sṛñjaya.
Verse 150
श्यामः शमीको गण्डूषः स्वसारस्तु वरागनाः / पृथा च श्रुतदेवा च श्रुतकीर्तिः श्रुत श्रवाः
Śyāma, Śamīka et Gaṇḍūṣa; et leurs sœurs—Varāṅganā, Pṛthā, Śrutadevā, Śrutakīrti et Śrutaśravā.
Verse 151
राजाधिदेवी च तथा पञ्चैता वीरमातरः / पृथां दुहितरं शूरः कुन्तिभोजाय वै ददौ
Et aussi Rājādhidevī : ces cinq femmes furent mères de héros. Śūra donna sa fille Pṛthā à Kuntibhoja.
Verse 152
तस्मात्सा तु स्मृता कुन्ती कुन्तिभोजात्मजा पृथा / कुरुवीरः पाण्डुमुख्यस्तस्माद्भार्यामविन्दत
Ainsi fut-elle connue sous le nom de Kuntī, Pṛthā, fille de Kuntibhoja ; le héros des Kuru, Pāṇḍu, la prit pour épouse selon le dharma.
Verse 153
पुथा जज्ञे ततः पुत्रांस्त्रीनग्निसमतेजसः / लोके प्रतिरथान्वीराञ्छक्रतुल्यपराक्रमान्
Puis Pṛthā enfanta trois fils, ardents comme le feu ; des héros capables d’arrêter tout adversaire, d’une vaillance égale à celle d’Indra.
Verse 154
धर्माद्युधिष्टिरं पुत्रं मारुताच्च वृकोदरम् / इन्द्राद्धनञ्जयं चैव पृथा पुत्रानजीचनत्
De Dharma naquit le fils Yudhiṣṭhira, de Māruta Vṛkodara (Bhīma), et d’Indra Dhanañjaya (Arjuna) ; ainsi Pṛthā enfanta ces fils.
Verse 155
माद्रवत्या तु जनितावश्विनाविति विश्रुतम् / नकुलः सहदेवश्च रुपसत्त्वगुणान्वितौ
De Mādrī — ainsi le dit la renommée — naquirent des Aśvin Nakula et Sahadeva, pourvus de beauté, de sattva et de vertus.
Verse 156
जज्ञे तु श्रुतदेवायां तनयो वृद्धशर्मणः / करूषाधिपतेर्ंवीरो दन्तवक्रो महाबलः
De Śrutadevā naquit le fils de Vṛddhaśarmā : Dantavakra, héros et seigneur de Karūṣa, d’une grande puissance.
Verse 157
कैकयाच्छ्रुतिकीर्त्यं तु जज्ञे संतर्दनो बली / चेकितानबृहत्क्षत्रौ तथैवान्यौ महाबलौ
De Śrutikīrti, du pays de Kaikaya, naquit le vaillant Santardana; de même Cekitāna et Bṛhatkṣatra, ainsi que deux autres aux forces immenses.
Verse 158
विन्दानुविन्दावावन्त्यौ भ्रातरौ सुमहाबलौ / श्रुतश्रवायां चैद्यस्तु शिशुपालो बभूव ह
Vindā et Anuvindā, deux frères d’Avanti, étaient d’une force immense; et de Śrutaśravā naquit Śiśupāla, prince du pays de Cedi.
Verse 159
दमघोषस्य राजर्षेः पुत्रो विख्यातपौरुषः / यः पुरा सदशग्रीवः संबभूवारिमर्दनः
Le fils du rajarṣi Damaghoṣa était renommé pour sa vaillance; jadis il était né comme Daśagrīva (Rāvaṇa), le dompteur des ennemis.
Verse 160
वैश्रवाणानुजस्तस्य कुंभकर्णो ऽनुजस्तथा पत्न्यस्तु वसुदेवस्य त्रयोदश वराङ्गनाः
Son cadet fut Vaiśravaṇa (Kubera) ; et Kumbhakarṇa aussi fut son cadet. Quant à Vasudeva, ses épouses étaient treize, nobles dames d’exception.
Verse 161
पौरवी रोहिणी चैव मदिरा चापरा तथा / तथैव भद्रवैशाखी सुनाम्नी पञ्चमी तथा
Pauravī, Rohiṇī, Madirā et Aparā ; de même Bhadravaiśākhī, et Sunāmnī comme la cinquième.
Verse 162
सहदेवा शान्तिदेवा श्रीदेवा देवरक्षिता / धृतदेवोपदेवा च देवकी सप्तमी तथा
Sahadevâ, Śāntidevâ, Śrīdevâ et Devarakṣitā; puis Dhṛtadevâ, Upadevâ et Devakī : celle-ci fut aussi la septième.
Verse 163
सुगन्धा वनराजी च द्वेचान्ये परिचारिके / रोहिणी पौरवी चैव बाह्लीकस्यानुजाभवत्
Sugandhā et Vanarājī furent deux autres servantes; et Rohiṇī ainsi que Pauravī devinrent les cadettes de Bāhlīka.
Verse 164
ज्येष्ठा पत्नी महाभागदयिताऽनकदुन्दुभेः / ज्येष्ठे लेभे सुतं रामं सारणं हि शठं तथा
Jyeṣṭhā fut l’épouse chérie et très fortunée d’Anakadundubhi; de Jyeṣṭhā naquirent les fils : Rāma, Sāraṇa et Śaṭha.
Verse 165
दुर्दमं दमनं शुभ्रं पिण्डारककुशीतकौ / चित्रां नाम कुमारीं च रोहिण्यष्टौ व्यजायत
Rohiṇī enfanta huit enfants : Durdama, Damana, Śubhra, Piṇḍāraka, Kuśītaka, et une fille vierge nommée Citrā—huit au total.
Verse 166
पुत्रौ रामस्य जज्ञाते विज्ञातौ निशठोल्मुकौ / पार्श्वी च पार्श्वमर्दी च शिशुः सत्यधृतिस्तथा
De Rāma naquirent deux fils, renommés : Niśaṭha et Ulmuka; et naquirent aussi Pārśvī, Pārśvamardī, Śiśu et Satyadhṛti.
Verse 167
मन्दबाह्यो ऽथ रामणाङ्गिरिको गिरिरेव च / शुल्कगुल्मो ऽतिगुल्मश्च दरिद्रान्तक एव च
Mandabāhu, Rāmaṇāṅgirika et Girireva; ainsi que Śulkagulma, Atigulma et Daridrāntaka : tels sont les noms sacrés mentionnés.
Verse 168
कुमार्यश्चापि पञ्जान्या नामतस्ता निबोधत / अर्चिष्मती सुनन्दा च सुरसा सुवचास्तथा
Écoutez les noms des jeunes filles de Pañjānyā : Arciṣmatī, Sunandā, Surasā et Suvacā.
Verse 169
तथा शतबला चैव सारणस्य सुतास्त्विमाः / भद्राश्वो भद्रगुप्तिश्च भद्रविष्टस्तथैव च
De même Śatabalā ; voici les fils de Sāraṇa : Bhadrāśva, Bhadragupti et Bhadraviṣṭa.
Verse 170
भद्रबाहुर्भद्ररथो भद्रकल्पस्तथैव च / सुपार्श्वकः कीर्त्तिमांश्च रोहिताश्वः शठात्मजाः
Bhadrabāhu, Bhadraratha et Bhadrakalpa ; ainsi que Supārśvaka, Kīrttimān et Rohitāśva : tels sont les fils de Śaṭha.
Verse 171
दुर्मदस्याभिभूतश्च रोहिण्याः कुलजाः स्मृताः / नन्दोपनन्दौ मित्रश्च कुक्षिमित्रस्तथा बलः
Abhibhūta, qui triompha de Durmada, est aussi tenu pour issu du lignage de Rohiṇī ; Nanda, Upananda, Mitra, Kukṣimitra et Bala.
Verse 172
चित्रोपचित्रौ कृतकस्तुष्टिः पुष्टिरथापरः / मदिरायाः सुता एते वसुदेवाद्धिजज्ञिरे
Citropacitra, Krtaka, Tusti, Pusti et Apara : tels furent les fils de Madirā, nés en vérité de Vasudeva.
Verse 173
उपबिंबो ऽथ बिंबश्च सत्त्वदन्तमहौजसौ / चत्वार एते विख्याता भद्रापुत्रा महाबलाः
Upabimba et Bimba, ainsi que Sattvadanta et Mahaujasa : ces quatre, illustres, furent les fils de Bhadrā, d’une grande force.
Verse 174
वैशाल्यामदधाच्छौरिः पुत्रं कौशिकमुत्तमम् / देवक्यां जज्ञिरे सौरेः सुषेणः कीर्त्तिमानपि
Śauri engendra en Vaiśālyā le noble fils Kauśika ; et de Devakī naît aussi Suṣeṇa, le fils glorieux de Śauri.
Verse 175
उदर्षिर्भद्रसेनश्च ऋजुदायश्च पञ्चमः / षष्ठो हि भद्रदेवश्च कंसः सर्वाञ्जघान तान्
Udarṣi, Bhadraseṇa, Rjudāya le cinquième, et Bhadradeva le sixième : tous furent mis à mort par Kaṃsa.
Verse 176
अथ तस्या मवस्थाया आयुष्मान्संबभूव ह / लोकनाथः पुनर्विष्णुः पूर्वं कृष्णः प्रजापतिः
Alors, en cet état, naquit Ayusmān ; c’était de nouveau Viṣṇu, Seigneur du monde, jadis Prajāpati Kṛṣṇa, se manifestant encore.
Verse 177
अनुजाताभवकृष्णात्सुभद्रा भद्रभाषिणी / कृष्णा सुभद्रेति पुनर्व्याख्याता वृष्णिनन्दिनी
Comme sœur cadette de Kṛṣṇa naquit Subhadrā, dont la parole est bénie. On la décrit encore sous les noms de « Kṛṣṇā » et « Subhadrā », joyau de la lignée des Vṛṣṇi.
Verse 178
सुभद्रायां रथी पार्थादभिमन्युरजायत / वसुदेवस्य भार्यासु महाभागासु सप्तसु
De Subhadrā, par Pārtha Arjuna, naquit Abhimanyu, guerrier du char. Cela est dit dans le récit des sept épouses très fortunées de Vasudeva.
Verse 179
ये पुत्रा जज्ञिरे शुरा नामतस्तान्निबोधत / पूर्वाद्याः सहदेवायां शूराद्वै जज्ञिरे सुताः
Apprends par leurs noms les fils nés de Śūrā. Les premiers fils naquirent de Sahadevā, engendrés en vérité par Śūra.
Verse 180
शान्तिदेवा जनस्तम्बं शौरेर्जज्ञे कुलोद्वहम् / आगावहो महात्मा च वृकदेव्या मजायत
De Śāntidevā naquit « Janastamba », pilier des hommes et relèvement de la lignée de Śauri. Et de Vṛkadevī naquirent « Āgāvaha » et un fils à la grande âme.
Verse 181
श्रीदेवायां स्वयं जज्ञे मन्दको नाम नामतः / उपासंगं वसुं चापि तनयौ देवरक्षिता
En Śrīdevā naquit de lui-même un fils nommé Mandaka. Et de Devarakṣitā naquirent aussi deux fils : Upāsaṅga et Vasu.
Verse 182
एवं दश सुतास्तस्य कंसस्तानप्यघातयत् / विजयं रोचनं चैव वर्द्धमानं च देवलम्
Ainsi, Kamsa fit périr ses dix fils; et il fit aussi tuer Vijaya, Rocana, Vardhamana et Devala.
Verse 183
एतान्महात्मनः पुत्रान्सुषाव शिशिरावती / सप्तमी देवकी पुत्रं सुनामानमसूयत
Ces fils du grand être furent mis au monde par Śiśirāvatī; et, au septième enfantement, Devakī enfanta un fils nommé Sunāma.
Verse 184
गवेषणं महाभागं संग्रामे चित्रयोधिनम् / श्राद्धदेव्यां पुरोद्याने वने तु विचरन्द्विजाः
Gaveṣaṇa, le fortuné, était un guerrier remarquable au combat; ô deux-fois-nés, il errait dans la forêt du jardin antérieur de Śrāddhadevī.
Verse 185
वैश्यायामदधाच्छौरिः पुत्रं कौशिकमव्ययम् / सुगन्धी वनराजी च शौरेरास्तां परिग्रहौ
Śauri engendra, d’une femme vaiśya, un fils impérissable nommé Kauśika; et Sugandhī ainsi que Vanarājī furent les parigrahas (épouses) de Śauri.
Verse 186
पुण्डश्च कपिलश्चैव सुगन्ध्याश्चात्मजौ तु तौ / तयो राजाभवत्पुण्ड्रः कपिलस्तु वनं ययौ
Les deux fils de Sugandhī furent Puṇḍa et Kapila; parmi eux, Puṇḍra devint roi, tandis que Kapila s’en alla dans la forêt.
Verse 187
अन्यस्यामभवद्वीरो वसुदेवात्मजो बली / जरा नाम निषादो ऽसौ प्रथमः स धनुर्द्धरः
D’une autre épouse naquit le fils vaillant et puissant de Vasudeva. Ce Niṣāda se nommait Jarā, et l’on le tenait pour le premier archer.
Verse 188
विख्यातो देवभाग्यस्य महाभागः सुतो ऽभवत् / पण्डितानां मतं प्राहुर्देवश्रवसमुद्भवम्
Devabhāgya eut un fils très fortuné et renommé. Selon l’avis des pandits, il provenait de Devaśravas.
Verse 189
अश्मक्यां लभते पुत्रमनाधृष्टिर्यशास्विनम् / निवृत्तशत्रुं शत्रुघ्नं श्राद्धदेवं महाबलम्
D’Aśmakī, Anādhṛṣṭi obtint un fils illustre : celui qui repousse les ennemis, le tueur d’ennemis, Śrāddhadeva, d’une grande puissance.
Verse 190
व्यजायत श्राद्धदेवो नैषादिर्यः पारिश्रुतः / एकलव्यो महाभागो निषादैः परिवर्द्धितः
Naquit le Niṣāda nommé Śrāddhadeva, connu sous le nom de Pāriśruta. Le très fortuné Ekalavya fut élevé par les Niṣādas.
Verse 191
गण्डूषायानपत्याय कृष्णस्तुष्टो ऽददात्सुतौ / चारुदेष्णं च सांबं च कृतास्त्रौ शस्तलक्षणौ
Gaṇḍūṣā étant sans enfant, Kṛṣṇa, satisfait, lui donna deux fils : Cārudeṣṇa et Sāmba, tous deux accomplis dans les armes et marqués des signes du guerrier.
Verse 192
रन्तिश्च रन्तिपालश्च द्वौ पुत्रौ नन्दनस्य च / वृकाय वै त्वपुत्राय वसुदेवः प्रतापवान्
Nandana eut deux fils, Ranti et Rantipāla. Et comme Vṛka était sans descendance, le vaillant Vasudeva lui fut donné comme fils.
Verse 193
सौमिं ददौ सुत वीरं शौरिः कौशिकमेव च / सृंजयस्य धनुश्चैव विरजाश्च सुताविमौ
Śauri donna le fils vaillant nommé Saumi, ainsi que Kauśika. Ces deux-là étaient les enfants de Sṛñjaya : Dhanu et Virajā.
Verse 194
अनपत्यो ऽभवच्छ्यामः शमीकस्तु वनं ययौ / जुगुप्समानो भोजत्वं राजर्षित्वमवाप्तवान्
Śyāma demeura sans descendance ; mais Śamīka gagna la forêt. Méprisant la condition de Bhoja, il obtint la dignité de rājaṛṣi.
Verse 195
य इदं जन्म कृष्णस्य पठते नियतव्रतः / श्रावयेद्ब्राह्मणंवापि स महात्सुखमवाप्नुयात्
Celui qui, observant un vœu réglé, récite ce récit de la naissance de Kṛṣṇa, ou le fait entendre à un brāhmaṇa, obtient une grande félicité.
Verse 196
देवदेवो महातेजाः पूर्वं कृष्णः प्रजापतिः / विहारार्थं मनुष्येषु जज्ञे नारायणः प्रभुः
Le Dieu des dieux, d’une grande splendeur—qui jadis fut le Prajāpati nommé Kṛṣṇa—naquit parmi les hommes comme le Seigneur Nārāyaṇa, pour le jeu sacré de sa līlā.
Verse 197
देवक्यां वसुदेवेन तपसा पुष्करेक्षणः / चतुर्बाहुस्तु संजज्ञे दिव्यरूपश्रियान्वितः
Dans le sein de Devakī, par l’ascèse de Vasudeva, le Seigneur aux yeux de lotus naquit à quatre bras, paré de la splendeur d’une forme divine.
Verse 198
प्रकाश्यो भगवान्योगी कृष्णो मानुषतां गतः / अव्यक्तो व्यक्तलिङ्गश्च स एव भगवान्प्रभुः
Le Bhagavān, yogin digne de se manifester—Kṛṣṇa—entra dans la condition humaine; bien qu’invisible, il porte des signes visibles : c’est lui, le Seigneur suprême.
Verse 199
नारायणो यतश्चक्रे व्ययं चैवाव्ययं हि यत् / देवो नारायणो भूत्वा हरिरासीत्सनातनः
De Nārāyaṇa procèdent le périssable et l’impérissable; lui-même, devenu Deva Nārāyaṇa, demeura Hari, l’Éternel.
Verse 200
यो ऽबुञ्जाच्चादिपुरुषं पुरा चक्रे प्रजापतिम् / अदितेरपि पुत्रत्वमेत्य यादवनन्दनः
Celui qui jadis fit même de l’Ādipuruṣa un Prajāpati, ce même Yādava-nandana assuma aussi la filiation d’Aditi et descendit en ce monde.
The chapter catalogs Sāttvata-linked Yādava branches, foregrounding the Vṛṣṇi and Andhaka-associated lines and connected sub-branches through named descendants and family linkages.
It exemplifies a Purāṇic pattern where austerity authorizes an ideal heir; Babhru’s birth is then validated by communal memory via a gāthā, reinforcing dynastic prestige and continuity.
Based on the provided excerpt, the emphasis is genealogical rather than bhuvana-kośa measurement; the chapter’s core function is lineage enumeration and exemplary dynastic episodes.