Adhyaya 1
Avanti KhandaReva KhandaAdhyaya 1

Adhyaya 1

Le chapitre s’ouvre par une marque d’invocation et une longue stuti louant Revā/Narmadā comme purificatrice du dūrīta (fautes et souillures), vénérée par les dieux, les sages et les humains, et comme rivière sanctifiée dont les rives sont désirées même par les ascètes. Le récit se déplace ensuite vers le cadre purāṇique de Naimiṣa : Śaunaka, assis dans l’assemblée sacrificielle, interroge Sūta au sujet du « troisième » grand fleuve après Brahmī et Viṣṇu-nadī, identifié comme la rivière Raudrī—Revā—demandant son emplacement, son origine liée à Rudra et les tīrtha associés à son cours. Sūta loue la question et développe une défense de l’autorité du savoir : śruti, smṛti et purāṇa se complètent ; le purāṇa est établi comme une grande référence (souvent nommé « cinquième Veda ») et défini par le pañcalakṣaṇa. Vient ensuite un vaste catalogue : les dix-huit mahāpurāṇa avec leurs noms et le nombre de vers, puis une liste d’upapurāṇa, avant une conclusion axée sur le phala : réciter ou écouter procure un immense mérite et une destinée heureuse après la mort. Le chapitre sert ainsi de prologue, mêlant louange dévotionnelle du fleuve, mise en scène narrative et index légitimant la cartographie des tīrtha de Revā à venir.

Shlokas

Verse 1

। अध्याय

« Chapitre » : marque d’ouverture du manuscrit indiquant le début d’un nouvel adhyāya.

Verse 2

ॐ नमः श्रीपुरुषोत्तमाय । ॐ नमः श्रीनर्मदायै । ॐ नमो हरिहरहिरण्यगर्भेभ्यो नमो व्यासवाल्मीकिशुकपराशरेभ्यो नमो गुरुगोब्राह्मणेभ्यः । ॐ मज्जन्मातङ्गगण्डच्युतमदमदिरामोदमत्तालिमालं स्नानैः सिद्धाङ्गनानां कुचयुगविगलत्कुङ्कुमासङ्गपिङ्गम् । सायं प्रातर्मुनीनां कुसुमचयसमाच्छन्नतीरस्थवृक्षं पायाद्वो नर्मदाम्भः करिमकरकराक्रान्तरहंस्तरंगम्

Om — salutations au bienheureux Puruṣottama ; Om — salutations à la vénérable Narmadā (Revā). Salutations à Hari, à Hara et à Hiraṇyagarbha ; salutations à Vyāsa, Vālmīki, Śuka et Parāśara ; salutations au Guru, à la Vache et aux Brāhmaṇa. Que les eaux de la Narmadā vous protègent : eaux embaumées par l’ivresse du musc qui s’écoule des joues des éléphants au bain, et teintées du safran que laissent les seins des jeunes Siddha lorsqu’elles se baignent ; eaux dont les arbres des rives, matin et soir, sont couverts d’amas de fleurs cueillies par les sages ; eaux dont les vagues sont remuées par les mains des éléphants et des crocodiles, et sur lesquelles glissent les cygnes.

Verse 3

उभयतटपुण्यतीर्था प्रक्षालितसकलललोकदुरितौघा । देवमुनिमनुजवन्द्या हरतु सदा नर्मदा दुरितम्

Que la Narmadā — dont les deux rives sont des tīrtha sacrés, qui lave le flot des fautes de tous les mondes, et que vénèrent dieux, sages et humains — emporte à jamais nos péchés.

Verse 4

नाशयतु दुरितमखिलं भूतं भव्यं भवच्च भुवि भविनाम् । सकलपवित्रि तव सुधा पुण्यजला नर्मदा भवति

Qu’elle détruise toute faute des êtres vivant sur la terre, qu’elle vienne du passé, de l’avenir ou du présent. Ô Toute-Purificatrice, ton essence pareille au nectar devient la Narmadā, dont les eaux sont saintes.

Verse 5

तटपुलिनं शिवदेवा यस्या यतयोऽपि कामयन्ते वा । मुनिनिवहविहितसेवा शिवाय मम जायतां रेवा

Que Revā soit mon bienfait : elle dont les rives et les grèves de sable sont désirées même par les ascètes ; elle que servent des multitudes de sages ; l’auspicieuse, vouée à Śiva.

Verse 6

नारायणं नमस्कृत्वा नरं चैव नरोत्तमम् । देवीं सरस्वतीं व्यासं ततो जयमुदीरयेत्

Après s’être prosterné devant Nārāyaṇa, et aussi devant Nara, le meilleur des hommes, devant la Déesse Sarasvatī et Vyāsa, qu’on proclame alors la victoire (pour le récit sacré).

Verse 7

नैमिषे पुण्यनिलये नानाऋषिनिषेविते । शौनकः सत्रमासीनः सूत पप्रच्छ विस्तरात्

À Naimiṣa, demeure de sainteté fréquentée par de nombreux ṛṣis, Śaunaka, assis dans l’assemblée sacrificielle, interrogea le Sūta en détail.

Verse 8

मन्येऽहं धर्मनैपुण्यं त्वयि सूत सदार्चितम् । पुण्यामृतकथावक्ता व्याससशिष्यस्त्वमेव हि

Je tiens pour certain que la maîtrise du Dharma demeure toujours en toi, ô Sūta. Car tu es le narrateur des récits sacrés, semblables au nectar, et tu es en vérité disciple de Vyāsa.

Verse 9

अतस्त्वां परिपृच्छामि धर्मतीर्थाश्रयं कवे । बहूनि सन्ति तीर्थानि बहुशो मे श्रुतानि च

C’est pourquoi je t’interroge, ô poète, refuge du Dharma et des tīrthas. Nombreux sont les lieux saints, et j’en ai entendu parler maintes et maintes fois.

Verse 10

श्रुता दिव्यनदी ब्राह्मी तथा विष्णुनदी मया । तृतीया न मया क्वापि श्रुता रौद्री सरिद्वरा

J’ai entendu parler du fleuve divin de Brahmā, et de même du fleuve de Viṣṇu ; mais nulle part je n’ai entendu parler d’un troisième : le fleuve suprême de Rudra.

Verse 11

तां वेदगर्भां विख्यातां विबुधौघाभिवन्दिताम् । वद मे त्वं महाप्राज्ञ तीर्थपूगपरिष्कृताम्

Dis-moi, ô très sage, au sujet de ce fleuve renommé : portant en son sein les Veda, vénéré par les cohortes des dieux, et orné d’innombrables tīrtha.

Verse 12

कं देशमाश्रिता रेवा कथं श्रीरुद्रसंभवा । तत्संश्रितानि तीर्थानि यानि तानि वदस्व मे

En quel pays demeure Revā (Narmadā), et comment est-elle la glorieuse née de Rudra ? Dis-moi aussi quels sont les tīrtha établis sur ses rives, quels qu’ils soient.

Verse 13

सूत उवाच । साधु पृष्टं कुलपते चरित्रं नर्मदाश्रितम् । चित्रं पवित्रं दोषघ्नं श्रुतमुक्तं च सत्तम

Sūta dit : «Tu as bien interrogé, ô seigneur de noble lignée, au sujet du récit sacré lié à Narmadā. Il est merveilleux, purifiant et destructeur des fautes ; digne d’être entendu et proclamé, ô meilleur des vertueux».

Verse 14

वेदोपवेदवेदाङ्गादीन्यभिव्यस्य पूरितः । अष्टादशपुराणानां वक्ता सत्यवतीसुतः

«Après avoir pleinement exposé les Veda, les Upaveda, les Vedāṅga et le reste, le fils de Satyavatī (Vyāsa) devint l’exégète des dix-huit Purāṇa».

Verse 15

तं नमस्कृत्य वक्ष्यामि पुराणानि यथाक्रमम् । येषामभिव्याहरणादभिवृद्धिर्वृषायुषोः

Après m’être prosterné devant Lui, je raconterai les Purāṇa selon l’ordre prescrit ; par leur pieuse récitation croissent le dharma et la longévité.

Verse 16

श्रुतिः स्मृतिश्च विप्राणां चक्षुषी परिकीर्तिते । काणस्तत्रैकया हीनो द्वाभ्यामन्धः प्रकीर्तितः

Śruti et Smṛti sont proclamées les deux yeux des sages vipra. Qui en manque d’un est dit borgne ; qui manque des deux est dit aveugle.

Verse 17

श्रुतिस्मृतिपुराणानि विदुषां लोचनत्रयम् । यस्त्रिभिर्नयनैः पश्येत्सोऽंशो माहेश्वरो मतः

Śruti, Smṛti et les Purāṇa sont les trois yeux des sages. Celui qui voit par ces trois yeux est tenu pour une parcelle de Maheśvara (Śiva).

Verse 18

आत्मनो वेदविद्या च ईश्वरेण विनिर्मिता । शौनकीया च पौराणी धर्मशास्त्रात्मिका च या

La connaissance védique, façonnée par le Seigneur, concerne le plus haut bien du Soi ; et il est aussi la tradition purānique de Śaunaka, dont la nature même est dharma-śāstra.

Verse 19

तिस्रो विद्या इमा मुख्याः सर्वशास्त्रविनिर्णये । पुराणं पञ्चमो वेद इति ब्रह्मानुशासनम्

Ces trois connaissances sont premières pour trancher en toute matière de śāstra. «Le Purāṇa est le cinquième Veda» : telle est l’ordonnance de Brahmā.

Verse 20

यो न वेद पुराणं हि न स वेदात्र किंचन । कतमः स हि धर्मोऽस्ति किं वा ज्ञानं तथाविधम्

En vérité, celui qui ne connaît pas le Purāṇa ne connaît rien ici. Quel dharma pourrait-il vraiment avoir, et quel savoir de cette sorte ?

Verse 21

अन्यद्वा तत्किमत्राह पुराणे यन्न दृश्यते । वेदाः प्रतिष्ठिताः पूर्वं पुराणे नात्र संशयः

Que dire de plus ici ? Ce qui ne se voit pas dans le Purāṇa ne s’y trouve pas en vérité. Les Veda eux-mêmes furent d’abord établis dans le Purāṇa : là-dessus, nul doute.

Verse 22

बिभेत्यल्पश्रुताद्वेदो मामयं प्रतरिष्यति । इतिहासपुराणैश्च कृतोऽयं निश्चयः पुरा

Le Veda se méfie de celui qui n’a entendu que peu, pensant : « Celui-ci me déformera et me franchira à tort. » Ainsi, depuis les temps anciens, par l’Itihāsa et le Purāṇa, fut établi ce jugement certain : le Veda doit être abordé avec l’appui des récits et traditions sacrés.

Verse 23

आत्मा पुराणं वेदानां पृथगंगानि तानि षट् । यच्च दृष्टं हि वेदेषु तद्दृष्टं स्मृतिभिः किल

Le Purāṇa est le souffle même des Veda, tandis que leurs six membres se tiennent comme auxiliaires distincts. En vérité, tout ce qui se voit dans les Veda se trouve aussi —dit-on— dans les Smṛti.

Verse 24

उभाभ्यां यत्तु दृष्टं हि तत्पुराणेषु गीयते । पुराणं सर्वशास्त्राणां प्रथमं ब्रह्मणः स्मृतम्

Ce qui est discerné dans l’un et l’autre (Veda et Smṛti), cet enseignement même est chanté dans les Purāṇa. Le Purāṇa est mémorisé comme le premier de tous les śāstra, issu de Brahmā lui-même.

Verse 25

अनन्तरं च वक्त्रेभ्यो वेदास्तस्य विनिर्गताः । पुराणमेकमेवासीदस्मिन् कल्पान्तरे मुने

Ensuite, des bouches de Lui jaillirent les Veda. Mais dans un kalpa antérieur, ô sage, il n’existait qu’un seul Purāṇa.

Verse 26

त्रिवर्गसाधनं पुण्यं शतकोटिप्रविस्तरम् । स्मृत्वा जगाद च मुनीन्प्रति देवश्चतुर्मुखः

Se remémorant ce Purāṇa d’un mérite suprême—immense, s’étendant à cent crores, et moyen d’accomplir les trois buts de la vie—Brahmā aux quatre visages le déclara aux sages.

Verse 27

प्रवृत्तिः सर्वशास्त्राणां पुराणस्याभवत्ततः । कालेनाग्रहणं दृष्ट्वा पुराणस्य ततो मुनिः

De ce Purāṇa procédèrent l’élan et le déploiement de tous les autres śāstra. Puis, voyant qu’avec le temps le Purāṇa n’était plus correctement retenu ni saisi, le sage prit des mesures pour le préserver.

Verse 28

व्यासरूपं विभुः कृत्वा संहरेत्स युगे युगे । अष्टलक्षप्रमाणे तु द्वापरे द्वापरे सदा

À chaque âge, le Seigneur, prenant la forme de Vyāsa, le rassemble et l’ordonne. À chaque Dvāpara-yuga, il est établi à la mesure de huit lakhs.

Verse 29

तदष्टादशधा कृत्वा भूलोकेऽस्मिन् प्रभाष्यते । अद्यापि देवलोके तच्छतकोटिप्रविस्तरम्

L’ayant divisé en dix-huit parties, on le proclame ici, dans le monde des hommes. Aujourd’hui encore, dans le monde des deva, il demeure immense, s’étendant à cent crores dans sa totalité.

Verse 30

तथात्र चतुर्लक्षं संक्षेपेण निवेशितम् । पुराणानि दशाष्टौ च साम्प्रतं तदिहोच्यते । नामतस्तानि वक्ष्यामि शृणु त्वमृषिसत्तम

Ici, sous une forme condensée, sont déposés quatre lakhs. À présent, les dix-huit Purāṇa sont enseignés en ce lieu. Je vais les énoncer par leurs noms—écoute, ô le plus excellent des ṛṣi.

Verse 31

सर्गश्च प्रतिसर्गश्च वंशो मन्वन्तराणि च । वंशानुचरितं चैव पुराणं पञ्चलक्षणम्

La création et la recréation, les généalogies, les ères des Manu, et les récits des lignées de rois et de ṛṣi : ces cinq caractères définissent ce qu’on nomme un Purāṇa.

Verse 32

ब्राह्मं पुराणं तत्राद्यं संहितायां विभूषितम् । श्लोकानां दशसाहस्रं नानापुण्यकथायुतम्

Là, le Brāhma Purāṇa est proclamé le premier, orné comme une saṃhitā accomplie. Il compte dix mille śloka et abonde en récits variés qui confèrent le puṇya, le mérite.

Verse 33

पाद्मं च पञ्चपञ्चाशत्सहस्राणि निगद्यते । तृतीयं वैष्णवंनाम त्रयोविंशतिसंख्यया

On dit aussi que le Pādma Purāṇa compte cinquante-cinq mille (vers). Le troisième est nommé le Vaiṣṇava (Purāṇa), au nombre de vingt-trois mille.

Verse 34

चतुर्थं वायुना प्रोक्तं वायवीयमिति स्मृतम् । शिवभक्तिसमायोगाच्छैवं तच्चापराख्यया

Le quatrième, énoncé par Vāyu, est mémorisé sous le nom de Vāyavīya. Et parce qu’il est uni à la dévotion envers Śiva, il est aussi connu, sous un autre nom, comme le Śaiva (Purāṇa).

Verse 35

चतुर्विंशतिसंख्यातं सहस्राणि तु शौनक । चतुर्भिः पर्वभिः प्रोक्तं भविष्यं पञ्चमं तथा

Ô Śaunaka, son étendue est dite de vingt-quatre mille vers. De même, le Bhaviṣya Purāṇa, le cinquième, est enseigné comme comportant quatre sections (parvan).

Verse 36

चतुर्दशसहस्राणि तथा पञ्च शतानि तत् । मार्कण्डं नवसाहस्रं षष्ठं तत्परिकीर्तितम्

On dit que ce (Purāṇa) compte quatorze mille cinq cents vers. Le Mārkaṇḍa Purāṇa en a neuf mille ; il est proclamé comme le sixième.

Verse 37

आग्नेयं सप्तमं प्रोक्तं सहस्राणि तु षोडश । अष्टमं नारदीयं तु प्रोक्तं वै पञ्चविंशतिः

L’Āgneya Purāṇa est déclaré le septième, avec seize mille vers. Le Nāradīya est déclaré le huitième, avec vingt-cinq mille.

Verse 38

नवमं भगवन्नाम भागद्वयविभूषितम् । तदष्टादशसाहस्रं प्रोच्यते ग्रन्थसंख्यया

Le neuvième est appelé Bhāgavata, orné de deux parties. Son étendue textuelle est dite de dix-huit mille vers.

Verse 39

दशमं ब्रह्मवैवर्तं तावत्संख्यमिहोच्यते । लैङ्गमेकादशं ज्ञेयं तथैकादशसंख्यया

Le dixième est le Brahmavaivarta, et l’on dit ici qu’il a la même étendue (que celle indiquée). Le Liṅga Purāṇa doit être connu comme le onzième, avec un total de onze mille vers.

Verse 40

भागद्वयं विरचितं तल्लिङ्गमृषिपुंगव । चतुर्विंशतिसाहस्रं वाराहं द्वादशं विदुः

Ô le plus éminent des sages, le Liṅga Purāṇa est composé de deux parties. Le Vārāha Purāṇa, que les savants tiennent pour le douzième, renferme vingt-quatre mille vers.

Verse 41

विभक्तं सप्तभिः खण्डैः स्कान्दं भाग्यवतां वर । तदेकाशीतिसाहस्रं संख्यया वै निरूपितम्

Ô le meilleur des bienheureux, le Skānda Purāṇa est divisé en sept khaṇḍa. Son étendue a été fixée, en vérité, à quatre-vingt-un mille vers.

Verse 42

ततस्तु वामनं नाम चतुर्दशतमं स्मृतम् । संख्यया दशसाहस्रं प्रोक्तं कुलपते पुरा

Ensuite, le Purāṇa nommé Vāmana est tenu pour le quatorzième ; jadis, ô seigneur de la lignée, il fut déclaré compter dix mille vers.

Verse 43

कौर्मं पञ्चदशं प्राहुर्भागद्वयविभूषितम् । दशसप्तसहस्राणि पुरा सांख्यपते कलौ

On déclare que le Kaurma Purāṇa est le quinzième, orné de deux parties ; jadis —ô seigneur du Sāṅkhya— (on disait que) son étendue était de dix-sept mille vers, en l’âge de Kali.

Verse 44

मात्स्यं मत्स्येन यत्प्रोक्तं मनवे षोडशं क्रमात् । तच्चतुर्दशसाहस्रं संख्यया वदतां वर

Le Mātsya Purāṇa, enseigné par l’Incarnation du Poisson à Manu, est le seizième dans l’ordre ; son nombre est de quatorze mille vers, ô le meilleur des orateurs.

Verse 45

गारुडं सप्तदशमं स्मृतं चैकोनविंशतिः । अष्टादशं तु ब्रह्माण्डं भागद्वयविभूषितम्

Le Purāṇa Gāruḍa est tenu pour le dix-septième ; et le Purāṇa Brahmāṇḍa pour le dix-huitième, orné de deux parties.

Verse 46

तच्च द्वादशसाहस्रं शतमष्टसमन्वितम् । तथैवोपपुराणानि यानि चोक्तानि वेधसा

Et ce (Brahmāṇḍa Purāṇa) comprend douze mille (vers), avec cent huit en sus ; de même (il y a) les Upapurāṇa également énoncés par le Créateur, Brahmā.

Verse 47

इदं ब्रह्मपुराणस्य सुलभं सौरमुत्तमम् । संहिताद्वयसंयुक्तं पुण्यं शिवकथाश्रयम्

Ce Saurā (Upapurāṇa), excellent, se trouve aisément au sein du Brahma Purāṇa ; il est uni à deux saṃhitā, méritoire, et fondé sur les récits de Śiva.

Verse 48

आद्या सनत्कुमारोक्ता द्वितीया सूर्यभाषिता । सनत्कुमारनाम्ना हि तद्विख्यातं महामुने

La première saṃhitā fut dite par Sanatkumāra ; la seconde fut énoncée par Sūrya. En vérité, elle est renommée sous le nom de « Sanatkumāra », ô grand sage.

Verse 49

द्वितीयं नारसिंहं च पुराणे पाद्मसंज्ञिते । शौकेयं हि तृतीयं तु पुराणे वैष्णवे मतम्

Dans le Padma Purāṇa, le second (Upapurāṇa) est le Nārasiṃha ; et le troisième est le Śaukeya — ainsi l’enseigne la tradition vaiṣṇava des Purāṇa.

Verse 50

बार्हस्पत्यं चतुर्थं च वायव्यं संमतं सदा । दौर्वाससं पञ्चमं च स्मृतं भागवते सदा

Le quatrième est le Bārhaspatya, et le Vāyavya est toujours reconnu comme faisant autorité ; le cinquième est le Daurvāsasa, pareillement rappelé dans la tradition Bhāgavata.

Verse 51

भविष्ये नारदोक्तं च सूरिभिः कथितं पुरा । कापिलं मानवं चैव तथैवोशनसेरितम्

Dans le Bhaviṣya (Purāṇa), il est dit qu’il fut énoncé par Nārada et jadis rapporté par les sages ; de même sont mentionnés le Kāpila et le Mānava, ainsi que ce qu’enseigna Uśanas.

Verse 52

ब्रह्माण्डं वारुणं चाथ कालिकाद्वयमेव च । माहेश्वरं तथा साम्बं सौरं सर्वार्थसंचयम्

«(Ce sont) le Brahmāṇḍa, le Vāruṇa, et aussi les deux Kālikā ; de même le Māheśvara, le Sāmba, le Saura et le Sarvārtha-saṃcaya — (tels en sont les noms).»

Verse 53

पाराशरं भागवतं कौर्मं चाष्टादशं क्रमात् । एतान्युपपुराणानि मयोक्तानि यथाक्रमम्

«(Viennent ensuite) le Pārāśara, le Bhāgavata et le Kaurma : ainsi, dans l’ordre, les dix-huit. Ces Upapurāṇa ont été énoncés par moi, successivement, tels qu’ils se présentent.»

Verse 54

पुराणसंहितामेतां यः पठेद्वा शृणोति च । सोऽनन्तपुण्यभागी स्यान्मृतो ब्रह्मपुरं व्रजेत्

«Quiconque récite ce compendium purānique, ou ne serait-ce que l’entend, devient participant d’un mérite sans fin ; et, après la mort, il se rend à Brahmapura, la demeure de Brahmā.»