Adhyaya 5
Avanti KhandaReva KhandaAdhyaya 5

Adhyaya 5

Ce chapitre se présente comme une enquête théologique conduite par questions et réponses. Yudhiṣṭhira, entouré d’une assemblée de sages, s’émerveille de la sainteté de la Narmadā et demande pourquoi la déesse-fleuve ne périt pas même lorsque sept kalpas arrivent à leur épuisement. Il sollicite aussi un éclaircissement doctrinal sur les processus cosmiques : comment le monde est résorbé, demeure à l’état océanique, est recréé puis soutenu ; et il interroge le sens ainsi que les raisons cultuelles de ses nombreux noms—Narmadā, Revā et autres épithètes—ainsi que sa place dans la tradition, y compris l’usage du terme « Vaiṣṇavī » chez les spécialistes des Purāṇa. Mārkaṇḍeya répond en situant l’enseignement dans une lignée de transmission allant de Maheśvara à Vāyu, puis il expose une classification des kalpas. Il esquisse ensuite une cosmogonie : des ténèbres primordiales surgit le principe cosmique, naît l’œuf d’or, et Brahmā se manifeste. Le récit se tourne alors vers l’origine mythique du fleuve : une fille rayonnante liée à Umā et Rudra, dont la beauté trouble dieux et démons ; Śiva institue une épreuve, la jeune fille disparaît et réapparaît au loin, et finalement Śiva la nomme « Narmadā », en rattachant ce nom à « narma » (le rire) et au jeu divin. Le chapitre s’achève en décrivant sa remise au grand Océan, son entrée en lui depuis un cadre montagneux, et en signalant sa manifestation dans un cadre de kalpa déterminé (références à Brāhma et à Matsya).

Shlokas

Verse 1

युधिष्ठिर उवाच । आश्चर्यमेतदखिलं कथितं भो द्विजोत्तम । विस्मयं परमापन्ना ऋषिसंघा मया सह

Yudhiṣṭhira dit : «Tout ce que tu as raconté est prodigieux, ô le meilleur des deux-fois-nés. Les assemblées de ṛṣis, avec moi, ont été saisies du plus grand émerveillement».

Verse 2

अहो भगवती पुण्या नर्मदेयमयोनिजा । रुद्रदेहाद्विनिष्क्रान्ता महापापक्षयंकरी

Ah ! Bienheureuse et sainte est cette Narmadā, non née d’aucun sein ; sortie du propre corps de Rudra, elle anéantit même les grands péchés.

Verse 3

सप्तकल्पक्षये प्राप्ते त्वयेयं सह सुव्रत । न मृता च महाभागा किमतः पुण्यमुत्तमम्

Même lorsque survint la destruction de sept kalpas, elle demeura avec toi, ô toi aux vœux excellents ; cette très bienheureuse ne périt pas — quelle sainteté plus haute que celle-ci ?

Verse 4

के ते कल्पाः समुद्दिष्टाः सप्त कल्पक्षयंकराः । न मृता चेदियं देवी त्वं चैव ऋषिपुंगव

Quels sont donc ces kalpas que tu as énumérés, ces sept qui amènent la dissolution du kalpa ? Si cette Déesse n’a pas péri, alors toi aussi, ô taureau parmi les rishis, explique comment cela se peut.

Verse 5

अध्याय

« Chapitre » — une marque de scribe ou de section, et non un vers métrique.

Verse 6

कथं संहरते विश्वं कथं चास्ते महार्णवे । कथं च सृजते विश्वं कथं धारयते प्रजाः

Comment le Divin résorbe-t-il l’univers, et comment demeure-t-il dans le grand océan ? Comment crée-t-il l’univers, et comment soutient-il les êtres ?

Verse 7

कीदृग्रूपा भवेद्देवी सरिदेकार्णवीकृते । किमर्थं नर्मदा प्रोक्ता रेवती च कथं स्मृता

Quelle forme la Déesse revêt-elle lorsque les rivières deviennent un seul océan ? Pourquoi est-elle appelée Narmadā, et comment est-elle commémorée comme Revatī ?

Verse 8

अञ्जनेति किमर्थं वा किमर्थं सुरसेति च । मन्दाकिनी किमर्थं च शोणश्चेति कथं भवेत्

Pourquoi l’appelle-t-on Añjanā, et pourquoi Surasā ? Pourquoi (l’appelle-t-on) Mandākinī, et comment devient-elle (connue comme) Śoṇa ?

Verse 9

त्रिकूटेति किमर्थं वा किमर्थं वालुवाहिनी । कोटिकोट्यो हि तीर्थानां प्रविष्टा या महार्णवम्

Pourquoi l’appelle-t-on Trikūṭā, et pourquoi Vāluvāhinī (porteuse de sable) ? Celle en qui entrent des crores et des crores de tīrthas, et qui s’est unie au grand océan : explique cela.

Verse 10

कियत्यः सरितां कोट्यो नर्मदां समुपासते । यज्ञोपवीतैरृषिभिर्देवताभिस्तथैव च

Combien de crores de rivières vénèrent Narmadā ? Et comment est-elle adorée par les ṛṣis portant le cordon sacré, ainsi que par les divinités ?

Verse 11

विभक्तेयं किमर्थं च श्रूयते मुनिसत्तम । वैष्णवीति पुराणज्ञैः किमर्थमिह चोच्यते

Pourquoi entend-on, ô le meilleur des munis, qu’elle est « divisée » (en sections) ? Et pourquoi les connaisseurs des Purāṇas l’appellent-ils ici « Vaiṣṇavī » ?

Verse 12

केषु स्थानेषु तीर्थेषु पूजनीया सरिद्वरा । तीर्थानि च पृथग्ब्रूहि यत्र संनिहितो हरः

En quels lieux et quels tīrtha faut-il vénérer cette souveraine des rivières ? Dis-moi distinctement les tīrtha où Hara (Śiva) demeure tout particulièrement.

Verse 13

यत्प्रमाणा च सा देवी या रुद्रेण विनिर्मिता । कीदृशानि च कर्माणि रुद्रेण कथितानि ते

Quelle est la mesure, l’étendue, de cette Déesse façonnée par Rudra ? Et quels genres de rites et d’actes Rudra t’a-t-il enseignés ?

Verse 14

कथं म्लेच्छसमाकीर्णो देशोऽयं द्विजसत्तम । एतदाचक्ष्व मां ब्रह्मन्मार्कण्डेय महामते

Comment ce pays s’est-il trouvé envahi de mleccha, ô le meilleur des deux-fois-nés ? Explique-le-moi, vénérable brāhmane, ô Mārkaṇḍeya à la grande âme.

Verse 15

श्रीमार्कण्डेय उवाच । शृण्वन्तु ऋषयः सर्वे त्वं च तात युधिष्ठिर । पुराणं नर्मदायां तु कथितं च त्रिशूलिना

Śrī Mārkaṇḍeya dit : Que tous les ṛṣi écoutent, et toi aussi, cher Yudhiṣṭhira. Ce Purāṇa fut proclamé sur les rives de la Narmadā par le Porteur du Trident (Śiva).

Verse 16

वायोः सकाशाच्च मया तेनापि च महेश्वरात् । अशक्यत्वान्मनुष्याणां संक्षिप्तमृषिभिः पुरा

Je l’ai reçu de Vāyu, et lui, à son tour, de Maheśvara (Śiva). Comme il était trop vaste pour la portée des hommes, les ṛṣi d’autrefois l’ont condensé.

Verse 17

मायूरं प्रथमं तात कौर्म्यं च तदनन्तरम् । पुरं तथा कौशिकं च मात्स्यं द्विरदमेव च

D’abord, ô cher enfant, (vint) le Māyūra ; ensuite le Kaurmya. Puis suivirent le Pura, le Kauśika, le Mātsya, et aussi le Dvirada, en tant que recensions.

Verse 18

वाराहं यन्मया दृष्टं वैष्णवं चाष्टमं परम् । न्यग्रोधाख्यमतः चासीदाकाङ्क्षं पुनरुत्तमम्

Je vis aussi le Vārāha, et le suprême Vaiṣṇava comme huitième. Il y avait encore celui nommé Nyagrodha ; et de nouveau l’excellent Ākāṅkṣa.

Verse 19

पद्मं च तामसं चैव संवर्तोद्वर्तमेव च । महाप्रलयमित्याहुः पुराणे वेदचिन्तकाः

Ils parlent aussi du Padma et du Tāmasa, ainsi que du Saṃvarta et de l’Udvarta ; et d’une recension nommée Mahāpralaya — ainsi l’affirment les sages méditant le Veda dans la tradition purānique.

Verse 20

एतत्संक्षेपतः सर्वं संक्षिप्तं तैर्महात्मभिः । विभक्तं च चतुर्भागैर्ब्रह्माद्यैश्च महर्षिभिः

Tout cela, en bref, fut condensé par ces grandes âmes ; et fut aussi réparti en quatre parts par les grands ṛṣis, à commencer par Brahmā.

Verse 21

तदहं सम्प्रवक्ष्यामि पुराणार्थविशारद । सप्त कल्पा महाघोरा यैरियं न मृता सरित्

C’est pourquoi je vais maintenant l’exposer, ô connaisseur du sens des Purāṇa. À travers sept kalpas extrêmement terribles, ce fleuve (Revā) ne périt point.

Verse 22

आ जङ्गमं तमोभूतमप्रज्ञातमलक्षणम् । नष्टचन्द्रार्ककिरणमासीद्भूतविवर्जितम्

Tout, jusqu’aux êtres mouvants, devint ténèbres—indistinct et sans signes; les rayons de la lune et du soleil s’évanouirent, et l’existence demeura privée d’êtres.

Verse 23

तमसोऽतो महानाम्ना पुरुषः स जगद्गुरुः । चचार तस्मिन्नेकाकी व्यक्ताव्यक्तः सनातनः

Alors, de ces ténèbres, le Puruṣa au grand Nom—le Guru du monde—se mit à parcourir ce lieu, seul : éternel, à la fois manifesté et non manifesté.

Verse 24

स चौंकारमयोऽतीतो गायत्रीमसृजद्द्विजः । स तया सार्द्धमीशानश्चिक्रीड पुरुषो विराट्

Ce Seigneur transcendant, dont l’essence est la syllabe sacrée Oṃ, fit naître Gāyatrī. Puis Īśāna—la Personne cosmique nommée Virāṭ—joua avec elle dans la joie divine.

Verse 25

स्वदेहादसृजद्विश्वं पञ्चभूतात्मसंज्ञितम् । क्रीडन्समसृजद्विश्वं पञ्चभूतात्मसंज्ञितम्

De son propre être, il manifesta l’univers, dit l’incarnation des cinq grands éléments. Dans son līlā, il fit encore surgir le cosmos, reconnu comme identique à ces cinq éléments.

Verse 26

क्रीडन् सृजद्विराट्संज्ञः सबीजं च हिरण्मयम् । तच्चाण्डमभवद्दिव्यं द्वादशादित्यसन्निभम्

Dans son jeu, Celui qu’on nomme Virāṭ fit surgir le principe doré, porteur de semence. De lui naquit l’Œuf cosmique divin, rayonnant comme douze soleils.

Verse 27

तद्भित्त्वा पुरुषो जज्ञे चतुर्वक्त्रः पितामहः । सोऽसृजद्विश्वमेवं तु सदेवासुरमानुषम्

En fendant cet Œuf, le Puruṣa naquit comme le Grand-Père aux Quatre Visages (Brahmā). Puis il façonna l’univers selon l’ordre, avec les devas, les asuras et les humains.

Verse 28

सतिर्यक्पशुपक्षीकं स्वेदाण्डजजरायुजम् । एतदण्डं पुराणेषु प्रथमं परिकीर्तितम्

De là naquirent les bêtes et les oiseaux, et toutes les créatures aux naissances variées : nées de la sueur, de l’œuf et du sein maternel. Cet Œuf cosmique est célébré dans les Purāṇa comme le premier.

Verse 29

पूर्वकल्पे नृपश्रेष्ठ क्रीडन्त्या परमेष्ठिना । उमया सह रुद्रस्य क्रीडतश्चार्णवीकृतः

Ô le meilleur des rois, dans un kalpa ancien, lorsque le Seigneur Suprême se divertissait avec Umā, par le jeu de Rudra l’univers devint comme une immense étendue d’océan.

Verse 30

हर्षाज्जज्ञे शुभा कन्या उमायाः स्वेदसंभवा । शर्वस्योरःस्थलाज्जज्ञे उमा कुचविमर्दनात्

De la joie naquit une jeune fille de bon augure, issue de la sueur d’Umā. Et Umā (à nouveau) naquit de la poitrine de Śarva, sous la pression de ses seins.

Verse 31

स्वेदाद्विजज्ञे महती कन्या राजीवलोचना । द्वितीयः संभवो यस्या रुद्रदेहाद्युधिष्ठिर

De la sueur naquit une grande jeune fille aux yeux de lotus. Sa seconde naissance, ô Yudhiṣṭhira, fut issue du corps même de Rudra.

Verse 32

सा परिभ्रमते लोकान् सदेवासुरमानवान् । त्रैलोक्योन्मादजननी रूपेणऽप्रतिमा तदा

Elle erra à travers les mondes—parmi les dieux, les asura et les hommes—puis, d’une beauté sans pareille, elle devint la cause même de l’envoûtement des trois mondes.

Verse 33

तां दृष्ट्वा देवदैत्येन्द्रा मोहिता लभते कथम् । मृगयन्ति स्म तां कन्यामितश्चेतश्च भारत

En la voyant, les seigneurs des dieux et des daitya furent saisis de trouble, pensant : «Comment l’obtenir ?» Ô Bhārata, ils cherchèrent la jeune fille, la traquant de-ci de-là.

Verse 34

हावभावविलासैश्च मोहयत्यखिलं जगत् । भ्रमते दिव्यरूपा सा विद्युत्सौदामिनी यथा

Par ses jeux de gestes, ses expressions et sa grâce enchanteresse, elle trouble le monde entier. D’une forme divine, elle se meut telle l’éclair qui flamboie dans les nuées.

Verse 35

मेघमध्ये स्थिता भाभिः सर्वयोषिदनुत्तमा । ततो रुद्रं सुराः सर्वे दैत्याश्च सह दानवैः

Debout au milieu des nuées, rayonnante de splendeur, elle était l’incomparable entre toutes les femmes. Alors tous les dieux—et les daitya avec les dānavas—se tournèrent vers Rudra.

Verse 36

वरयन्ति स्म तां कन्यां कामेनाकुलिता भृशम् । ततोऽब्रवीन्महादेवो देवदानवयोर्द्वयोः

Fortement agités par le désir, ils demandèrent la main de la jeune fille. Alors Mahādeva s’adressa aux deux camps : aux devas et aux dānavas.

Verse 37

बलेन तेजसा चैव ह्यधिको यो भविष्यति । स इमां प्राप्स्यते कन्यां नान्यथा वै सुरोत्तमाः

Celui qui se montrera supérieur par la force et par l’éclat du tejas obtiendra cette jeune fille — nullement autrement, ô meilleur des dieux.

Verse 38

ततो देवासुराः सर्वे कन्यां वै समुपागमन् । अहमेनां ग्रहीष्यामि अहमेनामिति ब्रुवन्

Alors tous les Deva et les Asura s’avancèrent vers la jeune fille, chacun proclamant : «Je la prendrai, oui, je la prendrai !»

Verse 39

पश्यतामेव सर्वेषां सा कन्यान्तरधीयत । पुनस्तां ददृशुः सर्वे योजनान्तरधिष्ठिताम्

Sous les yeux de tous, la jeune fille disparut. Puis ils la virent de nouveau, se tenant à la distance d’un autre yojana.

Verse 40

जग्मुस्ते त्वरिताः सर्वे यत्र सा समदृश्यत । त्रिभिश्चतुर्भिश्च तथा योजनैर्दशभिः पुनः

Tous se hâtèrent vers l’endroit où elle apparaissait ; et de nouveau (elle se montra) à trois, à quatre, puis à dix yojanas de distance.

Verse 41

धिष्ठितां समपश्यंस्ते सर्वे मातंगगामिनीम् । योजनानां शतैर्भूयः सहस्रैश्चाप्यधिष्ठिताम्

Tous la virent là, se mouvant avec l’allure d’un noble éléphant. Et de nouveau elle fut aperçue, établie à des centaines — voire à des milliers — de yojanas.

Verse 42

तथा शतसहस्रेण लघुत्वात्समदृश्यत । अग्रतः पृष्ठतश्चैव दिशासु विदिशासु च

De même, par la légèreté de sa course, on la vit même à cent mille yojanas au loin : elle apparaissait devant et derrière, dans les directions et dans les directions intermédiaires.

Verse 43

तां पश्यन्ति वरारोहामेकधा बहुधा पुनः । दिव्यवर्षसहस्रं तु भ्रामितास्ते तया पुरा

Ils ne cessaient de voir cette jeune fille aux beaux membres : tantôt une, tantôt de nouveau multiple. En vérité, jadis elle les avait déjà égarés durant mille années divines.

Verse 44

न चावाप्ता तु सा कन्या महादेवाङ्गसंभवा । सहोमया ततो देवो जहासोच्चैः पुनःपुनः

Mais cette jeune fille—née du propre corps de Mahādeva—n’avait pas encore été obtenue par celui à qui elle était destinée. Alors le Seigneur, avec Umā, éclata de rire à maintes reprises.

Verse 45

गणास्तालकसंपातैर्नृत्यन्ति च मुदान्विताः । अकस्माद्दृश्यते कन्या शंकरस्य समीपगा

Les gaṇas de Śiva, remplis d’allégresse, dansaient au fracas des instruments qui marquent la mesure. Soudain, on vit la jeune fille se tenir tout près de Śaṅkara.

Verse 46

तां दृष्ट्वा विस्मयापन्ना देवा यान्ति पराङ्मुखाः । तस्याश्चक्रे ततो नाम स्वयमेव पिनाकधृक्

En la voyant, les dieux furent saisis d’émerveillement et se détournèrent, par respect et pudeur. Alors le Porteur de l’arc Pināka lui donna lui-même un nom.

Verse 47

नर्म चैभ्यो ददे यस्मात्तत्कृतैश्चेष्टितैः पृथक् । भविष्यसि वरारोहे सरिच्छ्रेष्ठा तु नर्मदा

Parce qu’elle leur accorda la joie par ses actes distincts et enjoués, ô toi aux hanches gracieuses, tu deviendras la plus excellente des rivières ; c’est pourquoi l’on te nomme Narmadā.

Verse 48

स्वरूपमास्थितो देवः प्राप हास्यं यतो भुवि । नर्मदा तेन चोक्तेयं सुशीतलजला शिवा

Puisque le Seigneur, demeurant en sa propre forme véritable, fit naître le rire sur la terre, elle est donc appelée Narmadā : l’Auspicious (Śivā), aux eaux extrêmement fraîches.

Verse 49

सप्तकल्पक्षये जाते यदुक्तं शंभुना पुरा । न मृता तेन राजेन्द्र नर्मदा ख्यातिमागता

Lorsque survint la destruction de sept kalpas, ce que Śambhu avait jadis prononcé se révéla vrai ; ainsi, ô meilleur des rois, Narmadā ne périt pas et acquit une renommée éclatante.

Verse 50

ततस्तामददात्कन्यां शीलवतीं सुशोभनाम् । महार्णवाय देवेशः सर्वभूतपतिः प्रभुः

Alors le Seigneur des dieux, maître souverain de tous les êtres, donna cette jeune fille vertueuse et resplendissante au Grand Océan.

Verse 51

ततः सा ऋक्षशैलेन्द्रात्फेनपुञ्जाट्टहासिनी । विवेश नर्मदा देवी समुद्रं सरितां पतिम्

Alors la déesse Narmadā, éclatant d’un rire sonore tel un amas d’écume, descendit du noble mont Ṛkṣa et entra dans l’Océan, seigneur des rivières.

Verse 52

एवं ब्राह्मे पुरा कल्पे समुद्भूतेयमीश्वरात् । मात्स्ये कल्पे मया दृष्टा समाख्याता मया शृणु

Ainsi, dans l’antique kalpa de Brāhma, elle surgit du Seigneur. Dans le kalpa Mātsya je l’ai vue ; je l’ai maintenant raconté : écoute et comprends.