
Chapter Arc: सहस्रांशु के तप्तकाञ्चन-प्रभ उदय के साथ ही, रात भर के द्वन्द्व-युद्धों की जकड़न टूटती नहीं—जो जहाँ भिड़ा था, वहीँ सूर्य के प्रकाश में भी भिड़ा रहता है। → युद्ध निकृष्ट और सन्निकट हो उठता है—अर्धासि, खड्ग, तोमर, परश्वध; रथों के चक्र कीचड़ में धँसते हैं, घोड़े थककर काँपते हैं, बाणों से विद्ध होकर भी किसी तरह रथ खींचते हैं। हाथों का स्पर्श-भर दूरी पर शत्रु और स्वजन गड्डमड्ड हो जाते हैं; ध्वज, व्यजन, कवच, कटे अंग और कुण्डल-मण्डित मस्तक रणभूमि को भयावह अलंकरण दे देते हैं। → अन्धकार/धूल-धुएँ के आवरण में पहचान मिट जाती है—न कौरव पहचाने जाते हैं, न पांचाल-पाण्डव; दिशा-आकाश-भूमि का सम-विषम भी भ्रमित हो उठता है। इसी कोलाहल के बीच बड़े द्वन्द्व एक साथ फूट पड़ते हैं: दुर्योधन (दुःशासन सहित) नकुल-सहदेव पर टूटता है; कर्ण भीमसेन से भिड़ता है; अर्जुन आचार्य द्रोण से। → रण का प्रवाह छोटे-छोटे द्वन्द्वों से निकलकर प्रमुख नायकों के संग्राम में केन्द्रित हो जाता है। नकुल, युद्ध-प्रणालियों के ज्ञाता, दुर्योधन की चाल/आक्रमण को देखकर उसे रोकने का यत्न करते हैं और अपने पक्ष की पंक्ति को सँभालते हैं। → जब एक ही समय दुर्योधन–नकुल/सहदेव, कर्ण–भीम और द्रोण–अर्जुन के द्वन्द्व जम जाते हैं, तब प्रश्न लटकता है—किसका पराक्रम किसके भाग्य को तोड़ेगा, और किसकी पहचान-भ्रम में हुई चोट अगले विनाश का कारण बनेगी?
Verse 1
- ट्रुपदकुलमें उत्पन्न होनेके कारण धुृष्टद्युम्नका क्षत्रिय होना तो प्रसिद्ध ही है। परंतु याज और उपयाज नामक दो तपस्वी ब्राह्मणोंकी तपस्यासे उनकी उत्पत्ति हुई थी तथा परमेश्वरके मुखसे प्रकट हुए ब्राह्मणस्वरूप अग्निसे उनका प्रादुर्भाव हुआ था। इससे उनमें ब्राह्मणत्व भी था। सप्ताशीर्त्याधिकशततमोब< ध्याय: युद्धस्थलकी भीषण अवस्थाका वर्णन और नकुलके द्वारा दुर्योधनकी पराजय संजय उवाच ते तथैव महाराज दंशिता रणमूर्थनि । संध्यागतं सहस्रांशुमादित्यमुपतस्थिरे
Sañjaya dit : Ô roi, ces guerriers, comme auparavant, toujours revêtus de leurs cuirasses à l’extrême avant du champ de bataille, rendirent un hommage respectueux à Āditya — le Soleil aux mille rayons — à l’heure de l’aube. Même au bord du carnage, ils observèrent le rite de la sandhyā, révélant que le devoir et la discipline demeuraient au cœur de la guerre.
Verse 2
उदिते तु सहस्रांशी तप्तकाञ्चनसप्रभे | प्रकाशितेषु लोकेषु पुनर्युद्धमवर्तत,तपाये हुए सुवर्णके समान कान्तिमान् सूर्यदेवका उदय होनेपर जब सम्पूर्ण लोकोंमें प्रकाश छा गया, तब पुनः युद्ध होने लगा
Sañjaya dit : Lorsque se leva le soleil aux mille rayons, éclatant comme l’or chauffé à blanc, et que la lumière se répandit dans tous les mondes, la bataille recommença. Le vers souligne la sinistre régularité de la guerre : l’aube impartiale qui ranime la vie devient aussi le signal d’une violence renouvelée, car la volonté des hommes retourne au conflit plutôt qu’à la retenue.
Verse 3
दन्द्धानि तत्र यान्यासन् संसक्तानि पुरोदयात् | तान्येवाभ्युदिते सूर्ये समसज्जन्त भारत,भरतनन्दन! सूर्योदयसे पहले जिन लोगोंमें द्वन्द-युद्ध चल रहा था, सूर्योदयके बाद भी पुनः वे ही लोग परस्पर जूझने लगे
Sañjaya dit : « Ô Bhārata, joie des Bharata ! Ces mêmes duels, engagés avant le lever du soleil, se resserrèrent de nouveau à l’aurore, et les combattants reprirent leur lutte. »
Verse 4
रथै्हया हयैरनागा: पादातैश्वापि कुज्जरा: । हयै्हया: समाजग्मु: पादाताश्न पदातिभि:,रथोंसे घोड़े, घोड़ोंसे हाथी, पैदलोंसे हाथीसवार, घोड़ोंसे घोड़े तथा पैदलोंसे पैदल भिड़ गये
Sañjaya dit : Dans ce tumulte de la bataille, les chars se heurtèrent aux chevaux ; les chevaux se ruèrent contre les éléphants ; les éléphants rencontrèrent les fantassins ; les chevaux s’entrechoquèrent ; et les hommes à pied s’empoignèrent entre eux. Ainsi les armées se refermèrent, chaque corps frappant son pareil, tandis que la violence de la guerre effaçait toute distance et toute retenue.
Verse 5
रथा रथैरिभैर्नागास्तथैव भरतर्षभ । संसक्ताश्च वियुक्ताश्न योधा: संन्यपतन् रणे,भरतश्रेष्ठ! रथोंसे रथ और हाथियोंसे हाथी गुँथ जाते थे। इस प्रकार कभी सटकर और कभी विलग होकर वे योद्धा रणभूमिमें गिरने लगे
Sañjaya dit : « Ô taureau parmi les Bharata, les chars se heurtaient aux chars, et les éléphants aux éléphants. Ainsi les guerriers — tantôt enlacés dans le combat rapproché, tantôt se disjoignant — ne cessaient de tomber sur le champ de bataille. »
Verse 6
ते रात्रौ कृतकर्माण: श्रान्ता: सूर्यस्य तेजसा । क्षुत्पिपासापरीताज विसंज्ञा बहवो5भवन्
Sañjaya dit : Après avoir combattu toute la nuit et accompli leur lugubre besogne, les guerriers étaient épuisés. Puis, brûlés par l’ardeur farouche du soleil, la faim et la soif saisirent leurs corps, et nombre de soldats perdirent connaissance.
Verse 7
शड्खभेरीमृदड्नां कुञ्जराणां च गर्जताम् । विस्फारितविकृष्टानां कार्मुकाणां च कूजताम्
Sañjaya dit : « S’éleva le fracas des conques, le grondement des timbales et des mṛdaṅgas, et le rugissement des éléphants ; et l’on entendit aussi le cri vibrant des arcs, largement bandés et tirés en arrière. »
Verse 8
द्रवतां च पदातीनां शस्त्राणां पततामपि,दौड़ते हुए पैदलों, गिरते हुए शस्त्रों, हिनहिनाते हुए घोड़ों, लौटते हुए रथों तथा चीखते- चिल्लाते और गरजते हुए शूरवीरोंका मिला हुआ महाभयंकर शब्द वहाँ गूँज रहा था
Sañjaya dit : « Là retentit un seul rugissement, le plus effroyable—fait du martèlement des fantassins en fuite, des armes qui tombaient, des hennissements des chevaux, des chars qui faisaient demi-tour, et des cris, clameurs et rugissements de combat des guerriers. »
Verse 9
हयानां ह्वेषतां चापि रथानां च निवर्तताम् | क्रोशतां गर्जतां चैव तदा55सीत् तुमुलं महत्
Sañjaya dit : Alors s’éleva un vacarme immense et tumultueux—de chevaux hennissant, de chars faisant demi-tour, et de guerriers criant et rugissant—si bien que le champ de bataille résonna comme un seul rugissement terrifiant de confusion et de retraite.
Verse 10
विवृद्धस्तुमुल: शब्दो द्यामगच्छन्महांस्तदा । नानायुधनिकृत्तानां चेष्टतामातुर: स्वन:
Sañjaya dit : En ce temps-là, un vacarme immense, enflant et tumultueux, monta jusqu’aux cieux. Sur la terre, on entendait le cri d’agonie des guerriers—taillés en pièces par des armes de toutes sortes—se tordant dans leurs derniers sursauts. La scène révélait la ruine pitoyable des fantassins, des chevaux, des chars et des éléphants, tombant et étant abattus.
Verse 11
भूमावश्रूयत महांस्तदा55सीत् कृपणं महत् | पततां पात्यमानानां पत्त्यश्वरथदन्तिनाम्
Sañjaya dit : Alors, sur la terre, on entendit un vaste rugissement, poignant et plaintif. C’était le grand cri d’impuissance des fantassins, des chevaux, des conducteurs de chars et des éléphants—les uns tombant, les autres abattus—révélant la misère que la guerre inflige lorsque les corps sont brisés et que les vies sont poussées vers la ruine.
Verse 12
तेषु सर्वेष्वनीकेषु व्यतिषक्तेष्वनेकश: । स्वे स्वाञ्जघ्नुः परे स्वांश्व स्वान् परेषां परे परान्
Sañjaya dit : Lorsque toutes ces formations de bataille s’emmêlèrent à maintes reprises dans le combat rapproché, la confusion gagna les rangs. Des hommes abattaient les leurs, et les guerriers d’en face abattaient aussi les leurs. Dans ce chaos, des combattants tuèrent même leurs propres parents parmi l’ennemi, et des ennemis aussi—montrant comment la guerre, lorsqu’elle tourne à la mêlée, peut obscurcir tout à la fois le discernement et le dharma.
Verse 13
वीरबाहुविमृष्टाश्च योधेषु च गजेषु च । राशय: प्रत्यदृश्यन्त वाससां नेजनेष्विव
Sañjaya dit : Sur les corps des guerriers et des éléphants apparaissaient des monceaux d’armes et de traits, jetés par les bras puissants des héros—comme des piles de vêtements qu’on voit aux ghāts de lavage. L’image souligne l’intensité implacable du combat, où la force humaine et l’art martial ne produisent pas seulement la gloire, mais une accumulation écrasante d’instruments de mal.
Verse 14
उद्यतप्रतिपिष्टानां खड्गानां वीरबाहुभि: । स एव शब्दस्तद्रूपो वाससां निज्यतामिव
Sañjaya dit : Le son même des épées, levées bien haut et heurtées l’une contre l’autre par les bras puissants des guerriers héroïques, semblait de même nature—comme le sourd martèlement des étoffes que les blanchisseurs battent en les lavant. Ainsi, le fracas du champ de bataille est rendu par un bruit familier du foyer, soulignant comment la guerre transforme la force et l’adresse humaines en chocs incessants et impersonnels.
Verse 15
अर्धासिभिस्तथा खड्गैस्तोमरै: सपरश्वधैः । निकृष्टयुद्धं संसक्तं महदासीत् सुदारुणम्
Sañjaya dit : Avec demi-épées et épées entières, avec lances tomara et haches, le combat se resserra jusqu’au corps à corps; il devint un grand carnage, d’une horreur extrême. Le vers souligne que, lorsque la guerre s’effondre en violence intime, main contre main, l’ampleur du mal et la cruauté des actes humains s’accroissent, étouffant retenue et compassion.
Verse 16
गजाश्वकायप्रभवां नरदेहप्रवाहिनीम् । शस्त्रमत्स्यसुसम्पूर्णा मांसशोणितकर्दमाम्
Sañjaya dit : «Un fleuve de sang s’écoula, né des carcasses d’éléphants et de chevaux, emportant les corps des hommes. Il était rempli de poissons-armes, et sa vase n’était que chair et sang.»
Verse 17
आर्तनादस्वनवतीं पताकाशस्त्रफेनिलाम् | नदीं प्रावर्तयन् वीरा: परलोकौघगामिनीम्
Sañjaya dit : «Les guerriers mirent en branle un fleuve dont le bruit était la plainte des suppliciés, dont l’écume semblait faite de bannières et d’armes, et dont le courant se ruait vers le monde d’au-delà.»
Verse 18
शरशतक्त्यर्दिता: क्लान्ता रात्रिमूढाल्पचेतस: । विष्टभ्य सर्वगात्राणि व्यतिष्ठन् गजवाजिन:
Sañjaya dit : «Frappés par des centaines de flèches et de javelots, épuisés et hébétés par la nuit, les sens émoussés, les éléphants et les chevaux restaient là, raidissant et soutenant tous leurs membres.»
Verse 19
बाहुभि: कवचैश्रित्रै: शिरोभिश्चवारुकुण्डलै: । युद्धोपकरणैश्षान्यैस्तत्र तत्र चकाशिरे
Sañjaya dit : «Le champ de bataille brillait en maints endroits, comme éclairé par des bras tranchés, par des cuirasses bigarrées, par des têtes ornées de beaux anneaux d’oreilles, et par d’autres instruments de guerre épars çà et là.»
Verse 20
क्रव्यादसड्घैराकीर्ण मृतैरर्धमृतैरपि । नासीद् रथपथत्तत्र सर्वमायोधन प्रति
Sañjaya dit : «Le champ de bataille était encombré de bandes de bêtes carnassières, jonché de morts et même de mourants. À cause de cela, sur toute l’étendue du combat, nulle part un char ne pouvait trouver un passage libre.»
Verse 21
मज्जत्सु चक्रेषु रथान् सत्त्वमास्थाय वाजिन: । कथंचिदवहडउश्रान्ता वेपमाना: शरार्दिता:
Sañjaya dit : Tandis que les roues des chars s’enfonçaient dans la boue, les chevaux—rassemblant leurs forces—parvenaient, tant bien que mal, à tirer les chars en avant, bien qu’épuisés, tremblants et meurtris par les flèches. La scène souligne l’élan funeste de la guerre : même lorsque les corps cèdent et que la peur fait frémir, la machine du combat continue d’avancer par la seule endurance.
Verse 22
विह्नलं तूर्णमुद्भ्रान्तं सभयं भारतातुरम्
Sañjaya dit : Ô Bhārata, hormis Droṇācārya et Arjuna, le reste de l’armée devint aussitôt hébété, saisi de panique, craintif et accablé. Ces deux-là seuls étaient refuge et abri pour les guerriers de leurs camps respectifs ; mais les combattants adverses, dès qu’ils s’approchaient de l’un ou de l’autre, étaient précipités dans la demeure de Yama—la Mort—tant leur prouesse était écrasante.
Verse 23
बलमासीत् _तदा सर्वमृते द्रोणार्जुनावु भौ । तावेवास्तां निलयनं तावार्तायनमेव च
Sañjaya dit : En ce temps-là, toute la force de l’armée semblait n’habiter que ces deux-là—Droṇa et Arjuna. Ils étaient, pour ainsi dire, le refuge et l’abri de l’ost, et aussi son unique recours dans la détresse.
Verse 24
आविग्नमभवत् सर्व कौरवाणां महद् बलम्
Sañjaya dit : La grande armée des Kaurava fut troublée et sans repos. Kaurava et Pāñcāla—ces vastes troupes—s’étaient heurtés et mêlés dans une telle confusion qu’on ne distinguait plus nettement ni formations ni camps. Le champ de bataille semblait un terrain de jeu de Yama, Seigneur de la Mort, et ne faisait qu’accroître la peur des cœurs timorés.
Verse 25
पज्चालानां च संसक्त न प्राज्ञायत किंचन । अन्तकाक्रीडसदृशं भीरूणां भयवर्धनम्
Sañjaya dit : Lorsque les Pāñcālas et les autres furent engagés au plus près, rien ne pouvait plus être distingué : ni formations, ni camps. Le champ de bataille semblait un terrain de jeu de la Mort elle-même, et ne faisait qu’accroître la terreur des cœurs faibles.
Verse 26
पृथिव्यां राजवंश्यानामुत्थिते महति क्षये । नततत्र कर्ण द्रोणं वा नार्जुनं न युधिषछ्तिरम्
Sañjaya dit : «Lorsque, sur la terre, s’éleva ce grand anéantissement des lignées royales, on n’y voyait plus personne — ni Karṇa ni Droṇa, ni Arjuna ni Yudhiṣṭhira.»
Verse 27
न भीमसेनं न यमौ न पाज्चाल्यं न सात्यकिम् | न च दुःशासन द्रौणिं न दुर्योधनसौबलौ
Sañjaya dit : «On ne voyait ni Bhīmasena, ni les deux jumeaux de Mādrī, ni le prince des Pāñcālas, ni Sātyaki ; ni Duḥśāsana, ni le fils de Droṇa ; ni Duryodhana et Śakuni — dans ce tumulte guerrier, nul d’entre eux n’apparaissait comme tenant bon.»
Verse 28
न कृपं मद्रराजं च कृतवर्माणमेव च । नचान्यान् नैव चात्मान॑ न क्षितिं न दिशस्तथा
Sañjaya dit : «Il ne distinguait ni Kṛpa, ni le roi de Madra, ni Kṛtavarmā ; ni les autres — pas même lui-même. Ni la terre ni les directions n’apparaissaient plus comme auparavant.»
Verse 29
पश्याम राजन् संसक्तान् सैन्येन रजसा5<वृतान् | राजन! भूमण्डलके राजवंशमें उत्पन्न हुए क्षत्रियोंका वह महान् संहार उपस्थित होनेपर वहाँ युद्धमें तत्पर हुए सब लोग सेनाद्वारा उड़ायी हुई धूलसे ढक गये थे। इसीलिये हमलोग वहाँ न तो कर्णको देख पाते थे
Sañjaya dit : «Ô Roi, nous voyions les guerriers aux prises dans un corps à corps, mais ils étaient voilés par la poussière soulevée par les armées. Quand s’éleva cette confusion terrible et tumultueuse, et qu’un nuage de poussière enfla, la vue nous trahit : amis et ennemis devinrent indiscernables, et le champ de bataille sembla englouti par l’ombre et le grit.»
Verse 30
न ज्ञायन्ते कौरवेया न पञ्चाला न पाण्डवा:
Sañjaya dit : «Dans ce tumulte, on ne reconnaissait plus clairement ni les Kauravas, ni les Pañcālas, ni les Pāṇḍavas : amis et ennemis étaient indiscernables.»
Verse 31
हस्तसंस्पर्शमापन्नान् परानप्यथवा स्वकान्
Sañjaya dit : « Qu’ils fussent ennemis ou des nôtres, dès qu’ils entraient à portée de bras—dans le contact direct, au corps à corps—ils étaient abattus sans distinction. »
Verse 32
उद्धूतत्वात् तु रजस: प्रसेकाच्छोणितस्य च
Sañjaya dit : Comme la poussière avait été soulevée avec violence et que le sang se répandait à flots, la scène s’obscurcit—signe de la brutalité du combat et du lourd prix moral qu’entraîne un tel carnage.
Verse 33
तत्र नागा हया योधा रथिनो5थ पदातय:
Sañjaya dit : Là se trouvaient mêlés éléphants, chevaux et guerriers—combattants de char comme fantassins—signe de la pression aveugle du combat, où chaque corps de l’armée est entraîné dans le même péril et le même devoir.
Verse 34
ततो दुर्योधन: कर्णो द्रोणो द:शासनस्तथा
Sañjaya dit : Puis Duryodhana, Karṇa, Droṇa et, de même, Duḥśāsana (s’avancèrent/agissent tour à tour). Ce vers signale le passage à l’étape suivante du récit de guerre, mettant au premier plan les chefs majeurs des Kaurava, dont les choix et les avis attisent les tensions morales entre devoir, loyauté et violence sur le champ de bataille.
Verse 35
पाण्डवै: समसज्जन्त चतुर्भिश्चतुरो रथा: | उस समय दुर्योधन, कर्ण, द्रोणाचार्य और दुःशासन--ये चार महारथी चार पाण्डवोंके साथ युद्ध करने लगे ।। दुर्योधन: सह भ्रात्रा यमाभ्यां समसज्जत
Sañjaya dit : Alors quatre guerriers de char du camp kaurava engagèrent un combat rapproché contre quatre des Pāṇḍava. Duryodhana, avec son frère, affronta les jumeaux fils de Mādrī (Nakula et Sahadeva), tandis que les lignes se resserraient et que le dharma—l’ordre juste—était mis à l’épreuve au cœur de la fureur guerrière.
Verse 36
तद् घोरं महदाश्चर्य सर्वे प्रैक्षन्त सर्वतः
Sañjaya dit : « Ce spectacle effroyable et prodigieux —immense dans son étonnement— fut observé par tous, de tous côtés. »
Verse 37
रथमार्ग॑विचित्रैस्तैविंचित्ररथसंकुलम्
Sañjaya dit : La scène était devenue un dédale déroutant de traces de chars, partout encombré de chars de toutes sortes — image de la confusion guerrière, où l’habileté des hommes et l’orgueil des armes font du champ de bataille une arène embrouillée et périlleuse.
Verse 38
यतमाना: पराक्रान्ता: परस्परजिगीषव:
Sañjaya dit : S’employant de toutes leurs forces et pleins de vaillance, ils cherchaient à se surpasser les uns les autres — chacun tendu vers la victoire sur l’adversaire. Ce vers souligne la tension morale de la guerre : discipline et courage sont bien là, mais asservis à la rivalité et à la conquête plutôt qu’à la retenue ou à la réconciliation.
Verse 39
ते रथान् सूर्यसंकाशानास्थिता: पुरुषर्षभा:
Sañjaya dit : Ces héros, taureaux parmi les hommes, montèrent sur leurs chars, éclatants comme le soleil — image qui exalte la grandeur guerrière et marque leur entrée résolue dans les devoirs et les périls du combat.
Verse 40
योधास्ते तु महाराज क्रोधामर्षसमन्विता:
Sañjaya dit : Ô roi, ces guerriers —emplis de colère et d’orgueil meurtri— se défiaient les uns les autres, s’acharnant à conquérir la victoire. Portant de grands arcs, les archers s’affrontaient avec fureur, tels des éléphants seigneuriaux ivres, enlacés dans le combat. La scène révèle comment la colère et la rivalité, une fois déchaînées, poussent les hommes à une violence sans relâche sur le champ de bataille.
Verse 41
स्पर्थिनश्व महेष्वासा: कृतयत्ना धनुर्धरा: । अभ्यगच्छंस्तथान्योन्यं मत्ता गजवृषा इव
Ô Maharaja ! Ces guerriers archers aux grands arcs, animés d’une rivalité farouche et tendus vers la victoire, le cœur rempli de colère et d’amertume, s’élançaient les uns contre les autres tels des éléphants royaux ivres de fureur.
Verse 42
न नूनं देहभेदो5स्ति काले राजन्ननागते । यत्र सर्वे न युगपद् व्यशीर्यन्त महारथा:
Sañjaya dit : Ô Roi, assurément la destruction du corps ne survient pas avant l’heure qui lui est assignée. Autrement, dans cette bataille, tous ces grands guerriers de char—bien que blessés et mutilés—auraient péri d’un seul coup. Même au cœur du carnage, la vie et la mort suivent l’instant du destin, non la seule violence du moment.
Verse 43
बाहुभिश्चरणैश्छिन्नै: शिरोभिश्व सकुण्डलै: । कार्मुकैर्विशिखै: प्रासै: खड्गै: परशुपट्टिशै:
Sañjaya dit : Le champ de bataille était jonché de bras et de jambes tranchés, et de têtes encore ornées de boucles d’oreilles. Partout gisaient des arcs, des flèches, des lances, des épées, des haches et d’autres armes—témoins muets de la fureur du combat. La scène révèle le prix moral de la guerre : la vaillance et l’art martial s’achèvent en ruine lorsque le dharma est éclipsé par le carnage, et le champ devient un sombre registre de l’orgueil humain et guerrier abattu.
Verse 44
नालीकै: क्षुद्रनाराचैर्नखरै: शक्तितोमरै: । अन्यैश्न विविधाकारैरथोतै: प्रहरणोत्तमै:
Sañjaya dit : Le champ de bataille était jonché de flèches nālikā, de petits traits nārāca, de projectiles en forme de griffes, de lances et de javelots tomara, ainsi que de bien d’autres armes d’élite aux formes variées, toutes affûtées et prêtes à frapper. La scène dit le prix moral de la guerre : prouesse et savoir-faire, faits pour servir une cause, n’y sont plus que des instruments de destruction épars, signe de l’ordre qui s’effondre en carnage.
Verse 45
विचित्रैविविधाकारै: शरीरावरणैरपि । विचिन्रैश्न रथैर्भग्नैहतैश्न गजवाजिभि:
Sañjaya dit : Le champ de bataille était jonché de protections du corps aux formes multiples—armures bigarrées—ainsi que de chars aux silhouettes étranges brisés en morceaux, et d’éléphants et de chevaux gisant, tués. La scène, d’une splendeur sinistre, rappelle que la gloire guerrière, lorsqu’elle est séparée de la retenue et de la juste conduite, s’achève en ruine et en deuil.
Verse 46
शून्यैश्न नगराकारैरहतयोधध्वजै रथै: । अमनुष्य्यैस्त्रस्तै: कृष्पमाणैस्ततस्तत:
Sañjaya dit : «On voyait des chars, immenses comme des cités en marche, désormais vides—privés de cochers—car leurs guerriers et leurs étendards avaient été abattus. Tirés çà et là par des chevaux affolés, presque inhumains, ces chars délaissés se ruaient en désordre à travers le champ de bataille.»
Verse 47
वातायमानैरसकृद्धतवीरैरलड्कृतै: । व्यजनै: कड्कटैश्वैव ध्वजैश्न विनिपातितै:
Sañjaya dit : «Le champ de bataille était jonché de morts—des héros parés, abattus encore et encore—tandis que les éventails, les cuirasses et les bannières gisaient renversés. Encombrée de débris d’armes et d’ornements, la scène déployait la sombre splendeur de la guerre : rappel que la gloire martiale, séparée du dharma, s’achève en insignes épars et en corps sans vie, non en honneur durable.»
Verse 48
छत्रैराभरणैर्वस्त्रैर्माल्यैश्व ससुगन्धिभि: । हारै: किरीटैमुकुटैरुष्णीषै: किड॒किणीगणै:
Sañjaya dit : «Le champ de bataille était jonché des emblèmes de la dignité royale et de l’éclat du monde—ombrelles, bijoux, vêtements, guirlandes de fleurs parfumées, colliers, diadèmes, couronnes et turbans, avec des grappes de grelots tintants. Dans le même espace gisait l’horrible contrepoint de la guerre : membres tranchés, têtes encore ornées de boucles d’oreilles, chars brisés, et corps d’éléphants et de chevaux. Des coursiers sans cavalier, saisis de panique, traînaient des chars vides, pareils à des cités, dont les guerriers et les bannières avaient été détruits. Ainsi le champ, rempli tout ensemble de luxe et de ruine, paraissait étrangement resplendissant—comme un ciel serré d’étoiles—mais sa beauté naissait de la violence, dévoilant la tragédie morale : la gloire du monde et l’orgueil martial finissent dans l’impermanence et la mort.»
Verse 49
उरस्थैर्मणिभिनििष्कैश्वूडामणिभिरेव च | आसीदायोधन तत्र नभस्तारागणैरिव
Sañjaya dit : «Là, le champ de bataille était jonché de pectoraux sertis de gemmes, de pendants d’or et de pierres de cimier ; il brillait comme un ciel rempli de grappes d’étoiles. L’image souligne l’ironie funeste de la guerre : ce qui signifiait jadis l’honneur et l’éclat royal gît désormais épars parmi les signes du carnage, et la beauté devient témoignage de l’impermanence et du coût de la violence.»
Verse 50
ततो दुर्योधनस्यासीन्नकुलेन समागम: । अमर्षितिन क्ुद्धस्य क्रुद्धेनामर्षितस्प च,इसी समय क़ुद्ध और असहिष्णु दुर्योधनका रोष और अमर्षसे भरे हुए नकुलके साथ युद्ध आरम्भ हुआ
Sañjaya dit : «Alors Duryodhana se trouva face à Nakula. Tous deux, enflammés d’intolérance et de colère, entrèrent en combat : chacun affronta l’autre avec fureur et orgueil blessé, tandis que les passions de la guerre étouffaient toute retenue.»
Verse 51
अपसव्यं चकाराथ माद्रीपुत्रस्तवात्मजम् । किरन् शरशतै्ष्टस्तत्र नादो महानभूत्
Sañjaya dit : Alors le fils de Mādrī (Nakula) tourna par la gauche autour de ton fils et, le criblant de centaines de flèches, souleva là un grand tumulte.
Verse 52
माद्रीपुत्र नकुलने आपके पुत्र दुर्योधनको दाहिने कर दिया और हर्षमें भरकर उसपर सैकड़ों बाणोंकी झड़ी लगा दी; फिर तो वहाँ महान् कोलाहल हुआ ।।
Sañjaya dit : Au plus fort du combat, son ennemi, farouche et sans merci, le força à tourner vers la gauche, mouvement tenu pour de mauvais augure. Ne pouvant endurer cet affront sur le champ de bataille, il riposta en contraignant l’autre à tourner lui aussi à gauche, répondant à l’humiliation par un contre-coup au sein de la violence réglée par la loi de la guerre.
Verse 53
ततः प्रतिचिकीर्षन्तमपसव्यं तु ते सुतम्
Sañjaya dit : Alors, tandis que ton fils s’apprêtait à agir—tournant vers la gauche d’une manière de mauvais augure, à contre-courant de la voie juste—les événements s’acheminèrent vers un tournant funeste, comme un choix délibéré défiant l’ordre convenable au cœur de la guerre.
Verse 54
स सर्वतो निवार्यनं शरजालेन पीडयन्
Sañjaya dit : L’encerclant de toutes parts, il le pressa et le tourmenta d’un filet de flèches—image d’une maîtrise guerrière qui, sous l’urgence de vaincre, devient pure contrainte.
Verse 55
विमुखं नकुलश्चक्रे तत् सैन्या: समपूजयन् । नकुलने दुर्योधनको अपने बाणसमूहोंद्वारा पीड़ित करते हुए उसे सब ओरसे रोककर युद्धसे विमुख कर दिया। उनके इस पराक्रमकी समस्त सैनिक सराहना करने लगे ।।
Sañjaya dit : Nakula força ton fils à se détourner du combat, et toutes les troupes louèrent l’exploit de Nakula. Puis Nakula, se rappelant toutes les souffrances endurées et la voie mal conseillée de ton fils, le défia à haute voix : «Tiens-toi debout ! Tiens-toi debout et combats !»
Verse 76
शब्द: समभवद् राजन् दिविस्पृग् भरतर्षभ । राजन! भरतश्रेष्ठ] उस समय शंख
Sañjaya dit : Ô Roi, ô taureau parmi les Bhārata, en cet instant s’éleva un seul rugissement, écrasant, comme s’il touchait le ciel même : le fracas mêlé des conques, des timbales de guerre et des mṛdaṅga, le barrissement des grands éléphants en fureur, et le claquement aigu des arcs qu’on bandait et qu’on tirait. Le tout retentit dans l’espace.
Verse 186
इस प्रकार श्रीमहाभारत द्रोणपर्वके अन्तर्गत द्रोणवधपर्वमें संकुलयुद्धविषयक एक सौ छियासीवाँ अध्याय पूरा हुआ
Ainsi, dans le Śrī Mahābhārata, au sein du Droṇa Parva—plus précisément dans la section consacrée à la mise à mort de Droṇa—s’achève le cent quatre-vingt-sixième chapitre, portant sur le combat confus et étroitement enchevêtré.
Verse 187
इति श्रीमहाभारते द्रोणपर्वणि द्रोणवधपर्वणि नकुलयुद्धे सप्ताशीत्यधिकशततमो<ध्याय:
Sañjaya conclut : Ainsi, dans le Śrī Mahābhārata, au sein du Droṇa Parva—dans la section sur la mise à mort de Droṇa—s’achève le cent quatre-vingt-septième chapitre, consacré au combat de Nakula.
Verse 213
कुलसत्त्ववलोपेता वाजिनो वारणोपमा: । रथोंके पहिये रक्तकी कीचमें डूब जाते थे
Sañjaya dit : Les chevaux—de noble lignée, pleins de courage et de force, vastes comme des éléphants—continuaient de tirer les chars même lorsque les roues s’enfonçaient dans la boue de sang. Tourmentés par les flèches, tremblants et brisés de fatigue, ils tenaient pourtant bon et portaient le fardeau en avant.
Verse 236
तावेवान्ये समासाद्य जम्मुर्वैवस्वतक्षयम् । भारत! उस समय द्रोणाचार्य और अर्जुन--इन दो वीरोंको छोड़कर शेष सारी सेना तुरंत विह्लल
Sañjaya dit : «Ô Bhārata, en cet instant—hormis ces deux héros, Droṇācārya et Arjuna—le reste de l’armée fut aussitôt ébranlé, déconcerté, saisi de peur et pris de détresse. Eux seuls servaient de retraite aux guerriers de leurs camps respectifs et d’asile aux meurtris. Mais les combattants du camp adverse, dès qu’ils s’approchaient de l’un ou de l’autre, étaient conduits tout droit au royaume de Yama (la Mort).»
Verse 296
द्वितीयामिव सम्प्राप्ताममन्यन्त निशां तदा । वहाँ धूलरूपी मेघकी भयंकर एवं घोर घटा घुमड़-घुमड़कर घिर आयी थी, जिससे सब लोगोंको उस समय ऐसा मालूम होता था, मानो दूसरी रात्रि आ पहुँची हो
Sañjaya dit : En cet instant, les hommes crurent qu’une seconde nuit était tombée, car une masse effroyable et compacte—pareille à un nuage de poussière—roula sur le champ et enveloppa toute chose.
Verse 313
न्यपातयंस्तदा युद्धे नरा: सम विजयैषिण: । जो हाथकी पकड़में आ गये या छू गये, वे अपने हों या पराये, विजयकी इच्छा रखनेवाले मनुष्य उन्हें तत्काल युद्धमें मार गिराते थे
Sañjaya dit : Dans cette bataille, les hommes, dévorés par le désir de victoire, abattaient sans délai. Quiconque tombait à leur portée—ne fût-ce qu’au toucher—ami ou ennemi, était aussitôt terrassé au cœur de la mêlée.
Verse 326
प्राशाम्यत रजो भौम॑ शीघ्रत्वादनिलस्यथ च । उस समय तेज हवा चलनेसे कुछ धूल तो ऊपर उड़ गयी और कुछ योद्धाओंके रक्तसे सिंचकर नीचे बैठ गयी। इससे भूतलकी वह सारी धूलराशि शान्त हो गयी
Sañjaya dit : La poussière soulevée de la terre retomba et s’apaisa, rabattue par l’élan rapide du vent. Une part fut projetée en l’air un bref instant, et une autre, trempée du sang des guerriers, se redéposa sur le sol. Ainsi le lourd nuage de poussière au-dessus du champ de bataille se fit silencieux.
Verse 336
पारिजातवनानीव व्यरोचन् रुधिरो क्षिता: । तदनन्तर वहाँ खूनसे लथपथ हुए हाथी, घोड़े, रथी और पैदल सैनिक पारिजातके जंगलोंके समान सुशोभित होने लगे
Sañjaya dit : Les guerriers ruisselants de sang sur le champ de bataille luisaient—tels des bosquets de pārijāta. Après le carnage, éléphants, chevaux, combattants sur chars et fantassins, trempés de sang, semblaient des forêts de pārijāta d’un éclat funeste.
Verse 363
रथर्षभाणामुग्राणां संनिपातममानुषम् । उन उग्र महारथियोंका वह घोर, अत्यन्त आश्चर्यजनक और अमानुषिक संग्राम वहाँ सब लोग सब ओरसे देखने लगे
Sañjaya dit : Là se produisit un heurt inhumain, saisissant, entre de farouches et premiers guerriers de char—si terrible et si stupéfiant que, de toutes parts, on le regardait de chaque côté.
Verse 373
अपश्यन् रथिनो युद्ध विचित्र चित्रयोधिनाम् । रथके विचित्र पैंतरोंसे विचरनेवाले तथा विचित्र युद्ध करनेवाले उन महारथियोंका विचित्र रथोंसे व्याप्त वह विचित्र युद्ध वहाँ सब रथी दर्शककी भाँति देखने लगे
Sañjaya dit : Les guerriers sur leurs chars virent cette bataille stupéfiante—pleine de combattants de toutes sortes. Les chars s’y mouvaient en feintes et manœuvres d’une subtilité extrême, et ces grands champions s’y affrontaient selon des modes de combat variés et savamment composés ; le champ en fut encombré de chars merveilleux. Là, les combattants en char regardaient cette guerre étrange comme un spectacle—un instant saisis par sa complexité et son éclat.
Verse 386
जीमूता इव घ॒र्मान्ति शरवर्षैरवाकिरन् । एक-दूसरेको जीतनेकी इच्छावाले वे वीर योद्धा प्रयत्नपूर्वक पराक्रममें तत्पर हो वर्षाकालके मेघोंकी भाँति बाणरूपी जलकी वर्षा कर रहे थे
Sañjaya dit : Tels des nuages qui s’amassent à la fin de la saison brûlante, les guerriers héroïques—chacun voulant triompher de l’autre—s’employaient avec un effort délibéré et déversaient une pluie de flèches, comme les nuées de la mousson versent l’eau. L’image montre comment, dans la fièvre du combat, la volonté et la rivalité humaines peuvent changer une vaillance disciplinée en une force de destruction incessante, pareille à celle de la nature.
Verse 396
अशोभन्त यथा मेघा: शारदाश्चलविद्युत: । सूर्यके समान तेजस्वी रथोंपर बैठे हुए वे पुरुषप्रवर योद्धा चंचल चपलाओंकी चमकसे युक्त शरत्कालके मेघोंकी भाँति शोभा पा रहे थे
Sañjaya dit : Ces guerriers d’élite, assis sur leurs chars et rayonnants comme le soleil, paraissaient magnifiques—tels des nuages d’automne striés d’éclairs vacillants. Au cœur du tumulte de la guerre, ils resplendissaient d’une lueur vive, instable et fulgurante.
Verse 523
पुत्रस्तव महाराज राजा दुर्योधनो द्रुतम् । अमर्षशील शत्रुके द्वारा युद्धस्थलमें अपने-आपको दाहिने किया हुआ देख दुर्योधन इसे सहन न कर सका। महाराज! फिर आपके पुत्र राजा दुर्योधनने भी तुरंत ही रणभूमिमें नकुलको भी अपने दाहिने ला देनेका प्रयत्न किया
Sañjaya dit : Ô grand roi, ton fils—le roi Duryodhana—réagit aussitôt. Voyant sur le champ de bataille que Śatrukera, par sa propre manœuvre, s’était placé sur le flanc droit, Duryodhana, au tempérament ombrageux, ne put le supporter. Alors, ô roi, ton fils Duryodhana s’employa sur-le-champ, sur le terrain du combat, à amener Nakula lui aussi sur son propre côté droit—cherchant à maîtriser l’alignement et l’avantage de la position.
Verse 533
न्यवारयत तेजस्वी नकुलश्षित्रमार्गवित् । तेजस्वी नकुल युद्धकी विचित्र प्रणालियोंके ज्ञाता थे। उन्होंने यह देखकर कि धृतराष्ट्रपुत्र दुर्योधन मुझे दाहिने लानेकी चेष्टा कर रहा है, उसे सहसा रोक दिया
Sañjaya dit : Le rayonnant Nakula, habile à discerner les voies et les stratagèmes aux détours multiples de la guerre, l’arrêta brusquement. Voyant que Duryodhana, fils de Dhṛtarāṣṭra, cherchait à l’attirer vers le flanc droit, Nakula le retint aussitôt—acte de vigilance et de discipline au cœur du tumulte.
Verse 3036
न दिशो टद्यौर्न चोर्वी च न सम॑ विषमं तथा । उस अन्धकारमें न तो कौरव पहचाने जाते थे और न पांचाल तथा पाण्डव ही। दिशा, आकाश, भूमण्डल और सम-विषम स्थान आदिका भी पता नहीं चलता था
Sañjaya dit : Dans cette obscurité qui engloutissait tout, on ne discernait ni les directions, ni le ciel, ni même la vaste terre ; nul ne pouvait dire non plus ce qui était plat ou accidenté. Dans cet aveuglement du champ de bataille, on ne reconnaissait ni les Kaurava, ni les Pāñcāla, ni les Pāṇḍava—preuve que le tumulte de la guerre efface les repères ordinaires de l’identité et de l’orientation.
Verse 3536
वृकोदरेण राधेयो भारद्वाजेन चार्जुन: । दुर्योधन अपने भाई दुःशासनको साथ लेकर नकुल और सहदेवसे भिड़ गया। राधापुत्र कर्ण भीमसेनके साथ और अर्जुन आचार्य द्रोणके साथ युद्ध करने लगे
Sañjaya dit : Karna, fils de Rādhā, engagea le combat contre Bhīma (Vṛkodara), et Arjuna affronta Droṇa, fils de Bharadvāja. Duryodhana, accompagné de son frère Duḥśāsana, se jeta sur Nakula et Sahadeva. Ainsi les plus grands guerriers des deux camps cherchèrent les rivaux que le destin leur avait assignés, et la tension morale de la guerre se fit plus aiguë lorsque parents et maîtres furent entraînés dans l’affrontement direct.
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