Adhyaya 1
Vayaviya SamhitaUttara BhagaAdhyaya 127 Verses

विभूतिविस्तरप्रश्नः / Inquiry into the Expansion of Śiva’s Vibhūti

L’Adhyāya 1 s’ouvre par une invocation d’hommage à Śiva, marquée par une image emblématique (la poitrine de Śiva porte la trace safranée laissée par les seins de Gaurī), établissant la dévotion et l’orientation théologique. Sūta raconte qu’après qu’Upamanyu a obtenu la grâce de Śiva, Vāyu se relève de son observance de midi et s’approche des sages dans la forêt de Naimiṣa. Les ṛṣi du lieu, leurs devoirs quotidiens accomplis, voient Vāyu arriver et l’installent sur le siège préparé au milieu de l’assemblée. Vénéré par le monde, Vāyu s’assied à l’aise, se remémore la majesté glorieuse du Seigneur et commence en prenant refuge en Mahādeva—omniscient et invaincu—dont la vibhūti est l’univers entier, mobile et immobile. Entendant ces paroles de bon augure, les sages purifiés demandent un exposé plus ample du “vibhūtivistara” et rattachent leur question aux récits antérieurs : l’accomplissement d’Upamanyu par le tapas et le vœu Pāśupata, ainsi que des exemples liés à Vāsudeva Kṛṣṇa. Le chapitre sert ainsi de charnière, passant de la mise en place narrative à une requête doctrinale pour une description systématique des manifestations de Śiva et des moyens de les réaliser.

Shlokas

Verse 1

ॐ । नमस्समस्तसंसारचक्रभ्रमणहेतवे । गौरीकुचतटद्वन्द्वकुंकुमांकितवक्षसे

Om. Hommage au Seigneur Śiva—cause même de la rotation de la roue du saṃsāra—dont la vaste poitrine est marquée de vermillon par les deux pentes des seins de la Déesse Gaurī lorsqu’elle L’étreint.

Verse 2

सूत उवाच । उक्त्वा भगवतो लब्धप्रसादादुपमन्युना । नियमादुत्थितो वायुर्मध्ये प्राप्ते दिवाकरे

Sūta dit : Après qu’Upamanyu, ayant obtenu la grâce du Seigneur, eut ainsi parlé, le dieu du Vent, Vāyu, se leva selon l’observance prescrite et apparut lorsque le soleil fut au zénith.

Verse 3

ऋषयश्चापि ते सर्वे नैमिषारण्यवासिनः । अथायमर्थः प्रष्टव्य इति कृत्वा विनिश्चयम्

Tous les sages demeurant à Naimiṣāraṇya, parvenus à une décision ferme — « Il faut maintenant poser cette question » — résolurent d’interroger davantage, afin que la vérité de Śiva, le Seigneur, soit connue avec clarté.

Verse 4

कृत्वा यथा स्वकं कृत्यं प्रत्यहं ते यथा पुरा । भगवंतमुपायांतं समीक्ष्य समुपाविशन्

Ayant accompli leurs devoirs quotidiens comme auparavant, voyant le Seigneur Bienheureux s’avancer, ils le contemplèrent avec révérence puis s’assirent, présents dans une attente dévote.

Verse 5

अथासौ नियमस्यांते भगवानम्बरोद्भवः । मध्ये मुनिसभायास्तु भेजे कॢप्तं वरासनम्

Alors, à l’achèvement de l’observance prescrite, le Bienheureux — né du ciel — prit place sur le trône admirablement préparé au milieu de l’assemblée des sages.

Verse 6

सुखासनोपविष्टश्च वायुर्लोकनमस्कृतः । श्रीमद्विभूतिमीशस्य हृदि कृत्वेदमब्रवीत्

Assis à l’aise sur son siège, Vāyu — vénéré par les mondes — ayant établi dans son cœur la majesté glorieuse et de bon augure d’Īśa, prononça ces paroles.

Verse 7

तं प्रपद्ये महादेवं सर्वज्ञमपराजितम् । विभूतिस्सकलं यस्य चराचरमिदं जगत्

Je prends refuge en ce Mahādeva, omniscient et invaincu, dont la vibhūti divine est cet univers tout entier, le mobile comme l’immobile.

Verse 8

इत्याकर्ण्य शुभां वाणीमृषयः क्षीणकल्मषाः । विभूतिविस्तरं श्रोतुमूचुस्ते परमं वचः

Ayant entendu ces paroles de bon augure, les sages—dont les souillures s’étaient épuisées—formulèrent leur requête suprême, désirant entendre en détail l’ampleur de la vibhūti, la grandeur sacrée aux gloires multiples.

Verse 9

ऋषय ऊचुः । उक्तं भगवता वृत्तमुपमन्योर्महात्मनः । क्षीरार्थेनापि तपसा यत्प्राप्तं परमेश्वरात्

Les sages dirent : «Ô vénérable, tu as exposé le récit sacré du magnanime Upamanyu : comment, même par une austérité entreprise pour obtenir du lait, il reçut du Parameśvara (le Seigneur Śiva) la grâce suprême.»

Verse 10

दृष्टो ऽसौ वासुदेवेन कृष्णेनाक्लिष्टकर्मणा । धौम्याग्रजस्ततस्तेन कृत्वा पाशुपतं व्रतम्

Il fut aperçu par Vāsudeva—Śrī Kṛṣṇa, dont l’action est sans trouble et sans tache. Alors, l’aîné de Dhaumya, ayant observé le vœu pāśupata, agit en conséquence.

Verse 11

प्राप्तं च परमं ज्ञानमिति प्रागेव शुश्रुम । कथं स लब्धवान् कृष्णो ज्ञानं पाशुपतं परम्

Nous avons déjà entendu auparavant qu’il avait atteint la connaissance suprême. Comment donc Kṛṣṇa obtint-il cette connaissance Pāśupata, la plus haute?

Verse 12

वायुरुवाच । स्वेच्छया ह्यवतीर्णोपि वासुदेवस्सनातनः । निंदयन्निव मानुष्यं देहशुद्धिं चकार सः

Vāyu dit : «Bien que l’éternel Vāsudeva fût descendu de son plein gré, il agit comme s’il blâmait la condition humaine et accomplit ainsi la purification du corps.»

Verse 13

पुत्रार्थं हि तपस्तप्तुं गतस्तस्य महामुनेः । आश्रमं मुनिभिर्दृष्टं दृष्टवांस्तत्र वै मुनिम्

Désireux d’un fils, il se rendit à l’āśrama de ce grand muni afin d’y pratiquer l’austérité. Les sages virent l’ermitage, et là, en vérité, ils aperçurent le rishi lui-même.

Verse 14

भस्मावदातसर्वांगं त्रिपुंड्रांकितमस्तकम् । रुद्राक्षमालाभरणं जटामंडलमंडितम्

Tout son corps rayonnait, blanchi par la cendre sacrée (bhasma) ; sa tête portait le Tripuṇḍra, les trois lignes de cendre. Il avait pour parure un chapelet de Rudrākṣa, et il était orné d’une couronne circulaire de mèches emmêlées (jaṭā).

Verse 15

तच्छिष्यभूतैर्मुनिभिश्शास्त्रैर्वेदमिवावृतम् । शिवध्यानरतं शांतमुपमन्युं महाद्युतिम्

Entouré des munis qui étaient ses disciples—comme le Veda enveloppé par les śāstras sacrés—siégeait Upamanyu, d’un éclat majestueux : paisible, tranquille, entièrement absorbé dans la méditation de Śiva.

Verse 16

नमश्चकार तं दृष्ट्वा हृष्टसर्वतनूरुहः । बहुमानेन कृष्णो ऽसौ त्रिः कृत्वा तु प्रदक्षिणाम्

En Le voyant, Kṛṣṇa—le corps tout frémissant de joie—se prosterna en hommage. Avec une grande vénération, il accomplit ensuite trois pradakṣiṇā, tournant autour du Seigneur.

Verse 17

नष्टमासीन्मलं सर्वं मायाजं कार्ममेव च । तपःक्षीणमलं कृष्णमुपमन्युर्यथाविधिः

Ainsi, toute souillure fut détruite—celle née de la māyā comme celle issue du karma. Par l’austérité, la tache sombre qui enchaîne s’est usée, et Upamanyu fut purifié selon la règle prescrite.

Verse 18

भस्मनोद्धूल्य तं मन्त्रैरग्निरित्यादिभिः क्रमात् । अथ पाशुपतं साक्षाद्व्रतं द्वादशमासिकम्

Puis, l’ayant enduit de bhasma, la cendre sacrée, en récitant dans l’ordre les mantras commençant par « Agni… » et les autres, on doit ensuite entreprendre l’observance même de Pāśupata : le vœu direct du Seigneur, à pratiquer durant douze mois.

Verse 19

कारयित्वा मुनिस्तस्मै प्रददौ ज्ञानमुत्तमम् । तदाप्रभृति तं कृष्णं मुनयश्शंसितव्रताः

Après l’avoir fait entrer dans la discipline prescrite, le sage lui conféra la connaissance spirituelle suprême. Dès lors, les munis, fermes dans des vœux loués, reconnurent et célébrèrent ce Kṛṣṇa.

Verse 20

दिव्याः पाशुपताः सर्वे परिवृत्योपतस्थिरे । ततो गुरुनियोगाद्वै कृष्णः परमशक्तिमान्

Tous les dévots divins de Pāśupata, rassemblés autour, se tinrent en service révérencieux. Alors, selon l’injonction du Guru, Kṛṣṇa—doué d’une puissance suprême—se mit à agir.

Verse 21

तपश्चकार पुत्रार्थं सांबमुद्दिश्य शंकरम् । तपसो तेन वर्षांते दृष्टो ऽसौ परमेश्वरः

Désirant un fils, il entreprit des austérités, vouant son culte à Śaṅkara avec Ambā. Au terme d’une année de cette pénitence, il eut la vision du Seigneur Suprême, Parameśvara.

Verse 22

श्रिया परमया युक्तस्सांबश्च सगणश्शिवः । वरार्थमाविर्भूतस्य हरस्य सुभगाकृतेः

Śiva—accompagné d’Ambā et entouré de ses gaṇas—était paré d’une splendeur suprême. Il s’était manifesté dans cette forme heureuse et belle de Hara afin d’accorder une grâce.

Verse 23

स्तुतिं चकार नत्वासौ कृष्णः सम्यक्कृतांजलिः । सांबं समगणव्यग्रो लब्धवान्पुत्रमात्मनः

Après s’être prosterné, Kṛṣṇa, les mains jointes en añjali selon le rite, offrit un hymne de louange. Et Sāmba—le plus éminent parmi l’assemblée—lui fut obtenu comme son propre fils.

Verse 24

तपसा तुष्टचित्तेन दत्तं विष्णोश्शिवेन वै । यस्मात्सांबो महादेवः प्रददौ पुत्रमात्मनः

Le cœur apaisé et comblé par les austérités de Viṣṇu, Śiva accorda véritablement la grâce à Viṣṇu ; car alors Sāmbha Mahādeva lui donna un fils issu de sa propre essence.

Verse 25

तस्माज्जांबवतीसूनुं सांबं चक्रे स नामतः । तदेतत्कथितं सर्वं कृष्णस्यामितकर्मणः

Ainsi, il donna au fils de Jāmbavatī le nom de « Sāmba ». De la sorte, tout cela a été rapporté : le récit de Kṛṣṇa, dont les actes sont sans mesure.

Verse 26

महर्षेर्ज्ञानलाभश्च पुत्रलाभश्च शंकरात् । य इदं कीर्तयेन्नित्यं शृणुयाच्छ्रावयेत्तथा

De Śaṅkara, le grand ṛṣi obtint le gain de la connaissance véritable et aussi la bénédiction d’un fils. Quiconque le récite chaque jour, et quiconque l’écoute—ou le fait entendre à d’autres—participe pareillement à ce fruit sacré.

Verse 27

स विष्णोर्ज्ञानमासाद्य तेनैव सह मोदते

Ayant atteint la connaissance véritable de Viṣṇu, il se réjouit avec Lui, avec Lui seul.

Frequently Asked Questions

Vāyu, having completed his observance, arrives at the Naimiṣāraṇya sages’ assembly; the sages then formally request a detailed exposition of Śiva’s vibhūti, linked to Upamanyu’s Śiva-grace narrative.

It frames reality (carācaram) as Śiva’s manifestation, shifting devotion from a localized deity-image to a metaphysical vision in which knowledge and worship converge in recognizing Śiva as the ground and expression of all phenomena.

Śiva’s omniscience and invincibility, the cosmos as His vibhūti, and the efficacy of niyama/vrata (notably Pāśupata observance) as the disciplined pathway to receiving Śiva’s prasāda.