
Adhyaya 63: Daksha’s Progeny, Kashyapa’s Offspring, and the Rishi-Vamshas that Sustain the Worlds
Répondant à la demande des sages, Sūta expose les modes successifs de la création et souligne qu’après Dakṣa l’expansion des êtres devient surtout maithunī (par union sexuelle). Sur le conseil de Nārada, les deux premiers groupes de fils de Dakṣa (Haryaśva et Śabala) se dispersent et ne reviennent pas; Dakṣa engendre alors soixante filles et les donne à Dharma, Kaśyapa, Soma, Ariṣṭanemi, au fils de Bhṛgu, à Kṛśāśva et à Aṅgiras. De ces unions naissent les Viśvedevā, les Sādhyā, les Marut, les huit Vasu (nommés) et les onze Rudra (nommés). Viennent ensuite les épouses de Kaśyapa et leur descendance: Āditya, Daitya (Hiraṇyakaśipu/Hiraṇyākṣa), Dānava, oiseaux, animaux, Garuḍa/Aruṇa, nāga (avec des chefs illustres), rākṣasa, yakṣa, gandharva, apsaras et la végétation. Le récit se tourne alors vers de grandes lignées de rishis—de Pulastya à Viśravas et aux dynasties rākṣasa; la lignée d’Atri avec Soma, Dattātreya et Durvāsā; celle de Vasiṣṭha menant à Parāśara, Vyāsa et Śuka—et conclut que ces familles immenses emplissent les trois mondes comme les rayons du soleil, préparant la continuité des enseignements du dharma et la délivrance tournée vers Śiva.
Verse 1
इति श्रीलिङ्गमहापुराणे पूर्वभागे भुवनकोशे ध्रुवसंस्थानवर्णनं नाम द्विषष्टितमो ऽध्यायः ऋषय ऊचुः देवानां दानवानां च गन्धर्वोरगरक्षसाम् उत्पत्तिं ब्रूहि सूताद्य यथाक्रममनुत्तमम्
Ainsi, dans le Śrī Liṅga Mahāpurāṇa, dans la partie antérieure (Pūrva-bhāga), au sein du Bhuvanakośa, commence le soixante-troisième chapitre intitulé « Description de la Demeure de Dhruva ». Les sages dirent : « Ô Sūta, dis-nous maintenant—de manière suprême et selon l’ordre juste—l’origine des Deva, des Dānava, des Gandharva, des Nāga et des Rākṣasa ».
Verse 2
सूत उवाच संकल्पाद्दर्शनात्स्पर्शात् पूर्वेषां सृष्टिरुच्यते दक्षात्प्राचेतसादूर्ध्वं सृष्टिर्मैथुनसंभवा
Sūta dit : On dit que la création des êtres les plus anciens naquit du seul saṅkalpa (l’intention), de la vision et du toucher. Mais à partir de Dakṣa, fils de Prācetasa, la création se poursuit par l’union sexuelle (maithuna).
Verse 3
यदा तु सृजतस्तस्य देवर्षिगणपन्नगान् न वृद्धिमगमल्लोकस् तदा मैथुनयोगतः
Mais lorsque, alors même qu’il créait les Deva, les sages célestes, les multitudes d’êtres et les serpents, les mondes n’atteignirent pas l’accroissement, il eut alors recours à la discipline de l’union (maithuna-yoga) afin d’étendre la lignée.
Verse 4
दक्षः पुत्रसहस्राणि पञ्च सूत्यामजीजनत् तांस्तु दृष्ट्वा महाभागान् सिसृक्षुर्विविधाः प्रजाः
Dakṣa engendra, par Sūti, cinq mille fils. Voyant ces fils grandement fortunés, il désira produire les multiples espèces de créatures, mettant en marche le courant de la création sous la puissance du Seigneur (Pati) qui confère force à toute manifestation.
Verse 5
नारदः प्राह हर्यश्वान् दक्षपुत्रान् समागतान् भुवः प्रमाणं सर्वं तु ज्ञात्वोर्ध्वमध एव च
Nārada s’adressa aux Haryaśva, fils de Dakṣa rassemblés : «Connaissez pleinement la mesure des mondes — ce qui est en haut et ce qui est en bas.»
Verse 6
ततः सृष्टिं विशेषेण कुरुध्वं मुनिसत्तमाः ते तु तद्वचनं श्रुत्वा प्रयाताः सर्वतोदिशम्
Alors (le Seigneur) dit : «Ô meilleurs des sages, avancez et manifestez la création dans ses formes distinctes.» Ayant entendu cet ordre, ils partirent vers toutes les directions pour accomplir l’œuvre de l’émanation.
Verse 7
अद्यापि न निवर्तन्ते समुद्रादिव सिन्धवः हर्यश्वेषु च नष्टेषु पुनर्दक्षः प्रजापतिः
Aujourd’hui encore, ils ne reviennent pas — tels des fleuves qui se jettent dans l’océan. Et lorsque les Haryaśva eurent disparu, Dakṣa, le Prajāpati, se remit une fois de plus à l’œuvre d’engendrer les êtres.
Verse 8
सूत्यामेव च पुत्राणां सहस्रमसृजत्प्रभुः शबला नाम ते विप्राः समेताः सृष्टिहेतवः
Dans cet acte même d’engendrer une descendance, le Seigneur créa mille fils. Ces voyants brāhmanes, appelés Śabala, unis ensemble, devinrent des instruments du déploiement de la création.
Verse 9
नारदो ऽनुगतान्प्राह पुनस्तान्सूर्यवर्चसः भुवः प्रमाणं सर्वं तु ज्ञात्वा भ्रातॄन् पुनः पुनः
Nārada parla de nouveau à ceux qui le suivaient, resplendissants comme le soleil : «Ayant compris pleinement la mesure et l’ordonnance de tous les mondes, allez sans cesse vers vos frères et faites-le leur connaître.»
Verse 10
आगत्य वाथ सृष्टिं वै करिष्यथ विशेषतः ते ऽपि तेनैव मार्गेण जग्मुर्भ्रातृगतिं तथा
«Revenez, puis accomplissez l’œuvre de la création d’une manière particulière et selon l’ordre établi.» Ainsi instruits, eux aussi s’en allèrent par cette même voie, atteignant la même destinée que leur frère.
Verse 11
ततस्तेष्वपि नष्टेषु षष्टिकन्याः प्रजापतिः वैरिण्यां जनयामास दक्षः प्राचेतसस्तदा
Alors, même après la disparition de ces (filles), le Prajāpati Dakṣa — fils de Pracetas — engendra de nouveau soixante filles par Vairiṇī, afin que le flot de la création se poursuive.
Verse 12
प्रादात्स दशकं धर्मे कश्यपाय त्रयोदश विंशत्सप्त च सोमाय चतस्रो ऽरिष्टनेमये
Puis il accorda dix (offrandes) pour Dharma ; treize à Kaśyapa ; vingt-sept à Soma ; et quatre à Ariṣṭanemi — partage accompli en bhakti, qui desserre le lien du pāśa du pashu et tourne l’esprit vers le Pati, Śiva.
Verse 13
द्वे चैव भृगुपुत्राय द्वे कृशाश्वाय धीमते द्वे चैवाङ्गिरसे तद्वत् तासां नामानि विस्तरात्
Deux (filles) furent données au fils de Bhṛgu ; deux au sage Kṛśāśva ; et de même deux à Aṅgiras. À présent, leurs noms seront énoncés en détail.
Verse 14
शृणुध्वं देवमातॄणां प्रजाविस्तारमादितः मरुत्वती वसूर् यामिर् लम्बा भानुररुन्धती
«Écoutez, depuis l’origine, le déploiement de la descendance des Devamātṛs (Mères divines) : Marutvatī, Vasū, Yāmī, Lambā, Bhānū et Arundhatī.»
Verse 15
संकल्पा च मुहूर्ता च साध्या विश्वा च भामिनी धर्मपत्न्यः समाख्यातास् तासां पुत्रान्वदामि वः
Saṅkalpā, Muhūrtā, Sādhyā, Viśvā et Bhāminī sont proclamées les épouses légitimes de Dharma. À présent, je vous dirai quels furent leurs fils.
Verse 16
विश्वेदेवास्तु विश्वायाः साध्या साध्यानजीजनत् मरुत्वत्यां मरुत्वन्तो वसोस्तु वसवस् तथा
De Viśvā naquirent les Viśvedevās ; de Sādhyā furent engendrés les Sādhyas. De Marutvatī vinrent les Maruts ; et de Vasu, de même, les Vasus—ainsi les cohortes divines se manifestèrent au fil de la création, toutes agissant sous le Seigneur (Pati) qui établit l’ordre cosmique.
Verse 17
भानोस्तु भानवः प्रोक्ता मुहूर्ताया मुहूर्तकाः लम्बाया घोषनामानो नागवीथिस्तु यामिजः
Pour Bhānu, les assistants sont dits les Bhānavas ; pour Muhūrtā, les Muhūrtakas. Pour Lambā, ceux nommés Ghoṣa ; et pour Nāgavīthī, les Yāmijas—des divinités nées des divisions du temps et qui les président.
Verse 18
संकल्पायास्तु संकल्पो वसुसर्गं वदामि वः ज्योतिष्मन्तस्तु ये देवा व्यापकाः सर्वतोदिशम्
De Saṅkalpā naquit Saṅkalpa. À présent, je vous exposerai la création des Vasus—des Devas resplendissants qui pénètrent toutes les directions, de toutes parts.
Verse 19
वसवस्ते समाख्याताः सर्वभूतहितैषिणः आपो ध्रुवश् च सोमश् च धरश्चैवानिलो ऽनलः
Ainsi les Vasus ont-ils été proclamés—ceux qui recherchent sans cesse le bien de tous les êtres : Āpa (les Eaux), Dhruva (l’Inébranlable/Polaire), Soma (la Lune), Dhara (le Soutien/la Terre), Anila (le Vent) et Anala (le Feu).
Verse 20
प्रत्यूषश् च प्रभासश् च वसवो ऽष्टौ प्रकीर्तिताः अजैकपाद् अहिर्बुध्न्यो विरूपाक्षः सभैरवः
Pratyūṣa et Prabhāsa sont proclamés parmi les huit Vasus. De même, Ajaikapād, Ahirbudhnya, Virūpākṣa et le redoutable Bhairava sont comptés dans la cohorte des Rudra—puissances divines œuvrant sous le Pati (Śiva) dans l’ordre cosmique.
Verse 21
हरश् च बहुरूपश् च त्र्यंबकश् च सुरेश्वरः सावित्रश् च जयन्तश् च पिनाकी चापराजितः
Il est Hara, Celui qui ôte les liens; Bahurūpa, Celui aux formes innombrables; Tryambaka, le Seigneur aux trois yeux; et Sureśvara, le Souverain des dieux. Il est Sāvitra, la puissance intérieure de Sāvitrī (Gāyatrī) et du rite védique; Jayanta, l’Éternel Victorieux; Pinākī, le Porteur de l’arc Pināka; et Aparājita, le Pati invaincu, que nul pasha ne peut dominer.
Verse 22
एते रुद्राः समाख्याता एकादश गणेश्वराः कश्यपस्य प्रवक्ष्यामि पत्नीभ्यः पुत्रपौत्रकम्
Ainsi les Rudra ont-ils été proclamés—onze seigneurs des gaṇa. À présent, j’exposerai la lignée de Kaśyapa : les fils et les petits-fils nés de lui par ses épouses.
Verse 23
अदितिश् च दितिश्चैव अरिष्टा सुरसा मुनिः सुरभिर् विनता ताम्रा तद्वत् क्रोधवशा इला
Aditi et Diti, certes; de même Ariṣṭā, Surasā, Muni, Surabhi, Vinatā et Tāmrā; et pareillement Krodhavaśā et Ilā—toutes sont proclamées mères génitrices dans le déploiement de la création.
Verse 24
कद्रूस्त्विषा दनुस्तद्वत् तासां पुत्रान्वदामि वः तुषिता नाम ये देवाश् चाक्षुषस्यान्तरे मनोः
Kadrū, Tviṣā et de même Danu—à présent je vous dirai leur descendance. Les Deva appelés Tuṣita se manifestèrent durant le Manvantara de Cākṣuṣa Manu.
Verse 25
वैवस्वतान्तरे ते वै आदित्या द्वादश स्मृताः इन्द्रो धाता भगस्त्वष्ट मित्रो ऽथ वरुणो ऽर्यमा
Dans le Manvantara de Vaivasvata, on se souvient de ceux-ci comme des douze Āditya : Indra, Dhātṛ, Bhaga, Tvaṣṭṛ, Mitra, Varuṇa et Aryaman.
Verse 26
विवस्वान्सविता पूषा अंशुमान् विष्णुरेव च एते सहस्रकिरणा आदित्या द्वादश स्मृताः
Vivasvān, Savitṛ, Pūṣan, Aṃśumān, et Viṣṇu aussi : ces êtres aux mille rayons sont rappelés comme les Douze Āditya. Dans la vision śaiva, leur splendeur agit au sein de l’ordre cosmique du Seigneur (Pati), tandis que les âmes liées (paśu) éprouvent cette lumière à travers les limites du lien (pāśa).
Verse 27
दितिः पुत्रद्वयं लेभे कश्यपादिति नः श्रुतम् हिरण्यकशिपुं चैव हिरण्याक्षं तथैव च
Nous avons entendu que Diti enfanta deux fils de Kaśyapa : Hiraṇyakaśipu et, de même, Hiraṇyākṣa.
Verse 28
दनुः पुत्रशतं लेभे कश्यपाद् बलदर्पितम् विप्रचित्तिः प्रधानो ऽभूत् तेषां मध्ये द्विजोत्तमाः
Ô le meilleur des deux-fois-nés, Danu enfanta cent fils de Kaśyapa, enivrés de l’orgueil de leur force. Parmi eux, Vipracitti devint le plus éminent.
Verse 29
ताम्रा च जनयामास षट् कन्या द्विजपुङ्गवाः शुकीं श्येनीं च भासीं च सुग्रीवीं गृध्रिकां शुचिम्
Ô le meilleur des deux-fois-nés, Tāmrā enfanta six filles : Śukī, Śyenī, Bhāsī, Sugrīvī, Gṛdhrikā et Śuci.
Verse 30
शुकी शुकानुलूकांश् च जनयामास धर्मतः श्येनी श्येनांस् तथा भासी कुरङ्गांश् च व्यजीजनत्
Selon le dharma (l’ordre cosmique prescrit), Śukī enfanta des perroquets et des hiboux ; de même, Śyenī mit au monde des faucons, et Bhāsī fit naître les cerfs kuraṅga ; ainsi la création des espèces se déploya selon la loi de Pati, le Seigneur.
Verse 31
गृध्री गृध्रान् कपोतांश् च पारावती विहंगमान् हंससारसकारण्डप्लवाञ्छुचिरजीजनत्
La pure Gṛdhrī enfanta des vautours ; et Pārāvatī mit au monde des pigeons et d’autres oiseaux — cygnes, grues, kāraṇḍas (oiseaux d’eau) et plavas — manifestant ainsi les êtres ailés dans la création.
Verse 32
अजाश्वमेषोष्ट्रखरान् सुग्रीवी चाप्यजीजनत् विनता जनयामास गरुडं चारुणं शुभा
Sugrīvī enfanta des chèvres, des chevaux, des moutons, des chameaux et des ânes. Quant à l’auspicieuse Vinatā, elle mit au monde Garuḍa et Aruṇa.
Verse 33
सौदामिनीं तथा कन्यां सर्वलोकभयङ्करीम् सुरसायाः सहस्रं तु सर्पाणामभवत्पुरा
Et (elle) enfanta la jeune fille Saudāminī, redoutable pour tous les mondes ; et de Surasā, jadis, naquirent mille serpents.
Verse 34
कद्रूः सहस्रशिरसां सहस्रं प्राप सुव्रता प्रधानास्तेषु विख्याताः षड्विंशतिरनुत्तमाः
La vertueuse Kadrū enfanta mille serpents — des serpents aux mille têtes. Parmi eux, vingt-six furent renommés comme les premiers, sans égaux.
Verse 35
शेषवासुकिकर्कोटशङ्खैरावतकम्बलाः धनञ्जयमहानीलपद्माश्वतरतक्षकाः
(Voici) les seigneurs-serpents : Śeṣa, Vāsuki, Karkoṭa, Śaṅkha, Airāvata et Kambala ; ainsi que Dhanañjaya, Mahānīla, Padma, Aśvatara et Takṣaka.
Verse 36
एलापत्रमहापद्मधृतराष्ट्रबलाहकाः शङ्खपालमहाशङ्खपुष्पदंष्ट्रशुभाननाः
Elāpatra, Mahāpadma, Dhṛtarāṣṭra et Balāhaka ; Śaṅkhapāla, Mahāśaṅkha, Puṣpadaṃṣṭra et Śubhānana : tels sont les Nāgas illustres, maintenus dans l’ordonnance cosmique du Seigneur, au service de la création ordonnée qui se tient sous Pati (Śiva).
Verse 37
शङ्खलोमा च नहुषो वामनः फणितस् तथा कपिलो दुर्मुखश्चापि पतञ्जलिरिति स्मृतः
La tradition le rappelle aussi sous ces noms : Śaṅkhalomā, Nahuṣa, Vāmana, Phaṇita, Kapila, Durmukha, et aussi Patañjali.
Verse 38
रक्षोगणं क्रोधवशा महामायं व्यजीजनत् रुद्राणां च गणं तद्वद् गोमहिष्यौ वराङ्गना
Subjuguée par la colère, la Mahāmāyā aux membres gracieux engendra les cohortes des Rākṣasas ; et de même elle produisit aussi les cohortes des Rudras—se manifestant comme la vache et la bufflesse, cette Déesse excellente.
Verse 39
सुरभिर् जनयामास कश्यपादिति नः श्रुतम् मुनिर्मुनीनां च गणं गणमप्सरसां तथा
Nous avons entendu que Surabhī enfanta de Kaśyapa : un muni, une cohorte de munis, et de même une multitude d’Apsaras.
Verse 40
तथा किंनरगन्धर्वान् अरिष्टाजनयद्बहून् तृणवृक्षलतागुल्मम् इला सर्वमजीजनत्
De même, Ariṣṭā engendra de nombreux Kiṃnaras et Gandharvas; et Ilā fit naître toute la végétation—herbes, arbres, lianes et arbrisseaux—emplissant le monde de formes incarnées selon l’ordre cosmique du Seigneur.
Verse 41
त्विषा तु यक्षरक्षांसि जनयामास कोटिशः एते तु काश्यपेयाश् च संक्षेपात्परिकीर्तिताः
De Tviṣā naquirent des Yakṣas et des Rākṣasas par millions innombrables. Ceux-ci, en bref, sont déclarés être la descendance de Kaśyapa.
Verse 42
एतेषां पुत्रपौत्रादिवंशाश् च बहवः स्मृताः एवं प्रजासु सृष्टासु कश्यपेन महात्मना
On se souvient de nombreuses lignées de ces êtres—par fils, petits-fils et autres descendants. Ainsi, lorsque le grand d’âme Kaśyapa eut fait naître la progéniture multiple, le courant de la création se poursuivit selon une succession ordonnée.
Verse 43
प्रतिष्ठितासु सर्वासु चरासु स्थावरासु च अभिषिच्याधिपत्येषु तेषां मुख्यान्प्रजापतिः
Lorsque tous les êtres—mobiles et immobiles—furent dûment établis dans leurs conditions propres, Prajāpati consacra les plus éminents d’entre eux à la souveraineté, les instituant gouverneurs de leurs domaines.
Verse 44
ततो मनुष्याधिपतिं चक्रे वैवस्वतं मनुम् स्वायंभुवे ऽन्तरे पूर्वं ब्रह्मणा ये ऽभिषेचिताः
Puis Brahmā établit Vaivasvata Manu comme souverain de l’humanité, de même que, dans l’ancien Manvantara de Svāyambhuva, ces gouvernants furent jadis consacrés par Brahmā. Ainsi, la conduite du monde progresse selon une succession ordonnée, tandis que le Pati (le Seigneur) demeure la source ultime de toute autorité.
Verse 45
तैरियं पृथिवी सर्वा सप्तद्वीपा सपर्वता यथोपदेशमद्यापि धर्मेण प्रतिपाल्यते
Par eux, la Terre tout entière—avec ses sept continents et ses montagnes—est, encore aujourd’hui, protégée et gouvernée selon le dharma, exactement comme il fut enseigné ; ainsi l’ordre demeure selon l’instruction sacrée, accordée au Seigneur (Pati).
Verse 46
स्वायंभुवे ऽन्तरे पूर्वे ब्रह्मणा ये ऽभिषेचिताः ते ह्येते चाभिषिच्यन्ते मनवश् च भवन्ति ते
Ceux qui furent oints (abhiseka) par Brahmā dans l’ancien Manvantara de Svāyambhuva—ce sont eux-mêmes qui sont de nouveau oints ici ; et par cette consécration ils deviennent des Manus, régents d’un Manvantara.
Verse 47
मन्वन्तरेष्वतीतेषु गता ह्येतेषु पार्थिवाः एवमन्ये ऽभिषिच्यन्ते प्राप्ते मन्वन्तरे ततः
Quand les Manvantaras s’écoulent, ces rois terrestres s’en vont eux aussi ; et de même, lorsqu’un nouveau Manvantara advient, d’autres souverains sont alors consacrés à leur place.
Verse 48
अतीतानागताः सर्वे नृपा मन्वन्तरे स्मृताः एतानुत्पाद्य पुत्रांस्तु प्रजासंतानकारणात्
Tous les rois—ceux du passé et ceux qui viendront—sont rappelés dans chaque Manvantara. Ayant engendré des fils, ils deviennent la cause de la continuité des lignées, soutenant le flot des êtres dans l’ordre du monde.
Verse 49
कश्यपो गोत्रकामस्तु चचार स पुनस्तपः पुत्रो गोत्रकरो मह्यं भवताद् इति चिन्तयन्
Désireux d’établir un gotra (lignée), Kaśyapa entreprit de nouveau des austérités, méditant : « Qu’un fils me soit accordé—celui qui fondera et soutiendra mon gotra. »
Verse 50
तस्यैवं ध्यायमानस्य कश्यपस्य महात्मनः ब्रह्मयोगात्सुतौ पश्चात् प्रादुर्भूतौ महौजसौ
Tandis que le magnanime Kaśyapa demeurait ainsi absorbé dans la contemplation, par la puissance du Brahma‑yoga se manifestèrent ensuite à lui deux fils, rayonnants d’une immense splendeur spirituelle.
Verse 51
वत्सरश्चासितश्चैव तावुभौ ब्रह्मवादिनौ वत्सरान्नैध्रुवो जज्ञे रैभ्यश् च सुमहायशाः
Vatsara et Asita—tous deux brahmavādins, exposants de Brahman—furent des sages renommés. De Vatsara naquit Naidhruva, et aussi Raibhya, grand d’une gloire illustre.
Verse 52
रैभ्यस्य रैभ्या विज्ञेया नैध्रुवस्य वदामि वः च्यवनस्य तु कन्यायां सुमेधाः समपद्यत
Sachez que Raibhyā fut la fille de Raibhya. Je vous dirai aussi au sujet de Naidhruva : dans la fille de Cyavana naquit le sage Sumedhā, se manifestant en ce monde.
Verse 53
नैध्रुवस्य तु सा पत्नी माता वै कुण्डपायिनाम् असितस्यैकपर्णायां ब्रह्मिष्ठः समपद्यत
Elle fut en vérité l’épouse de Naidhruva et devint la mère des Kuṇḍapāyins. Et d’Asita, par (son épouse) Ekaparṇā, naquit Brahmiṣṭha, solidement établi en Brahman.
Verse 54
शाण्डिल्यानां वरः श्रीमान् देवलः सुमहातपाः शाण्डिल्या नैध्रुवा रैभ्यास् त्रयः पक्षास्तु काश्यपाः
Parmi les Śāṇḍilyas, l’illustre Devala, d’une grande austérité, fut le plus éminent. Les Śāṇḍilyas, les Naidhruvas et les Raibhyas sont dits trois branches (pakṣas), toutes issues de la lignée de Kāśyapa.
Verse 55
नव प्रकृतयो देवाः पुलस्त्यस्य वदामि वः चतुर्युगे ह्यतिक्रान्ते मनोरेकादशे प्रभोः
Je vous exposerai les neuf classes primordiales de divinités selon Pulastya. Lorsque les quatre yuga furent écoulés, au onzième Manvantara du Seigneur Manu, ce récit doit être compris.
Verse 56
अर्धावशिष्टे तस्मिंस्तु द्वापरे सम्प्रवर्तिते मानवस्य नरिष्यन्तः पुत्र आसीद् दमः किल
Lorsque l’âge de Dvāpara s’engagea et n’en était encore qu’à moitié, on dit que Nariṣyanta, fils de Manu, eut un fils nommé Dama. Ainsi la lignée royale se poursuivit selon le dharma, sous la souveraineté invisible de Pati (Śiva), qui ordonne les cycles du temps.
Verse 57
दमस्य तस्य दायादस् तृणबिन्दुरिति स्मृतः त्रेतायुगमुखे राजा तृतीये संबभूव ह
De ce Dama naquit un héritier que l’on se souvient sous le nom de Tṛṇabindu. À l’aube même du Tretā-yuga, il devint roi, le troisième dans cette succession royale.
Verse 58
तस्य कन्या त्विलविला रूपेणाप्रतिमाभवत् पुलस्त्याय स राजर्षिस् तां कन्यां प्रत्यपादयत्
Sa fille, nommée Ilavilā, était d’une beauté sans pareille. Ce sage royal donna dûment la jeune fille à Pulastya.
Verse 59
ऋषिर् ऐरविलो यस्यां विश्रवाः समपद्यत तस्य पत्न्यश्चतस्रस्तु पौलस्त्यकुलवर्धनाः
De la ṛṣi Airavilā naquit Viśravā ; et il eut quatre épouses, des femmes qui accrurent la lignée de Pulastya.
Verse 60
बृहस्पतेः शुभा कन्या नाम्ना वै देववर्णिनी पुष्पोत्कटा बलाका च सुते माल्यवतः स्मृतेः
Bṛhaspati eut une fille de bon augure nommée Devavarṇinī ; et de Mālyavat et Smṛti naquirent deux filles, Puṣpotkaṭā et Balākā.
Verse 61
कैकसी मालिनः कन्या तासां वै शृणुत प्रजाः ज्येष्ठं वैश्रवणं तस्मात् सुषुवे देववर्णिनी
Kaikasī, fille de Mālin — ô descendants, écoutez son récit — : Devavarṇinī, au teint divin, enfanta d’abord Vaiśravaṇa (Kubera), l’aîné de ses fils.
Verse 62
कैकसी चाप्यजनयद् रावणं राक्षसाधिपम् कुम्भकर्णं शूर्पणखां धीमन्तं च विभीषणम्
Kaikasī enfanta aussi Rāvaṇa, souverain des Rākṣasas ; Kumbhakarṇa ; Śūrpaṇakhā ; et Vibhīṣaṇa, le sage. Ainsi s’établit la lignée rākṣasa renommée, qui plus tard devint l’instrument par lequel le dharma fut rétabli sous la seigneurie de Pati (Śiva), gouvernant le destin des paśu par les liens karmiques (pāśa).
Verse 63
पुष्पोत्कटा ह्यजनयत् पुत्रांस्तस्माद्द्विजोत्तमाः महोदरं प्रहस्तं च महापार्श्वं खरं तथा
Ô le meilleur des deux-fois-nés, Puṣpotkaṭā lui enfanta des fils : Mahodara, Prahasta, Mahāpārśva et Khara. Ainsi, dans le déploiement de la création, les paśu — êtres incarnés — entrent dans la trame des lignées et de la continuité karmique sous la gouverne de Pati, Śiva.
Verse 64
कुम्भीनसीं तथा कन्यां बलायाः शृणुत प्रजाः त्रिशिरा दूषणश्चैव विद्युज्जिह्वश् च राक्षसः
Écoutez, ô êtres, au sujet de la fille de Balā nommée Kumbhīnasī ; et aussi des rākṣasas Triśiras, Dūṣaṇa et Vidyujjihva.
Verse 65
कन्या वै मालिका चापि बलायाः प्रसवः स्मृतः इत्येते क्रूरकर्माणः पौलस्त्या राक्षसा नव
Kanyā et Mālikā sont aussi rappelées comme la descendance de Balā. Ainsi sont proclamés ces neuf Rākṣasas paulastya, aux actes cruels.
Verse 66
विभीषणो ऽतिशुद्धात्मा धर्मज्ञः परिकीर्तितः पुलस्त्यस्य मृगाः पुत्राः सर्वे व्याघ्राश् च दंष्ट्रिणः
Vibhīṣaṇa est proclamé d’une âme très pure et connaisseur du dharma. Les fils de Pulastya sont dits farouches comme des bêtes sauvages : tous, tels des tigres, munis de crocs.
Verse 67
भूताः पिशाचाः सर्पाश् च सूकरा हस्तिनस् तथा वानराः किंनराश्चैव ये च किंपुरुषास् तथा
Il y avait des bhūtas et des piśācas, des serpents, des sangliers et des éléphants ; des singes aussi, avec des kiṃnaras et des kiṃpuruṣas : diverses classes d’êtres rassemblées dans la troupe universelle de Śiva.
Verse 68
अनपत्यः क्रतुस्तस्मिन् स्मृतो वैवस्वते ऽन्तरे अत्रेः पत्न्यो दशैवासन् सुंदर्यश् च पतिव्रताः
Dans ce Manvantara de Vaivasvata, Kratu est rappelé comme sans descendance. Le sage Atri eut dix épouses, toutes renommées pour leur beauté et leur pativratā, fermes dans le dharma d’épouse.
Verse 69
भद्राश्वस्य घृताच्यां वै दशाप्सरसि सूनवः भद्राभद्रा च जलदा मन्दा नन्दा तथैव च
En vérité, de Bhadrāśva et de l’Apsaras Ghṛtācī naquirent dix enfants : Bhadrābhadrā, Jaladā, Mandā, Nandā et d’autres ; ainsi est énumérée la lignée céleste dans l’ordre du déploiement de la création.
Verse 70
बलाबला च विप्रेन्द्रा या च गोपाबला स्मृता तथा तामरसा चैव वरक्रीडा च वै दश
(Voici les noms :) Balābalā et Viprendrā; et celle dont on se souvient comme Gopābalā; de même Tāmarasā et Varakrīḍā—ainsi, en vérité, (dans cet ensemble) cela fait dix appellations.
Verse 71
आत्रेयवंशप्रभवास् तासां भर्ता प्रभाकरः स्वर्भानुपिहिते सूर्ये पतिते ऽस्मिन्दिवो महीम्
Nées dans la lignée d’Ātreya, leur époux fut Prabhākara. Lorsque le Soleil fut voilé par Svarbhānu, la terre de ce monde sembla choir des cieux — présage funeste au sein de l’ordre de la création gouverné par le Seigneur, le Pati (Śiva).
Verse 72
तमो ऽभिभूते लोके ऽस्मिन् प्रभा येन प्रवर्तिता स्वस्त्यस्तु हि तवेत्युक्ते पतन्निह दिवाकरः
Lorsque ce monde fut submergé par les ténèbres, c’est par lui que la clarté fut mise en mouvement. Et lorsqu’on dit : « Que l’auspice soit pour toi », alors le Soleil (Divākara) descendit ici — comme s’il s’inclinait devant le Suprême qui dissipe le tamas.
Verse 73
ब्रह्मर्षेर्वचनात्तस्य पपात न विभुर्दिवः ततः प्रभाकरेत्युक्तः प्रभुरत्रिर्महर्षिभिः
Par la parole du Brahmarṣi, le puissant ne tomba pas du ciel. C’est pourquoi le vénérable Atri, seigneur parmi les sages, fut ensuite appelé par les grands ṛṣis « Prabhākara », le porteur de clarté — dont le tapas protège l’ordre cosmique soutenu par le Pati (Śiva).
Verse 74
भद्रायां जनयामास सोमं पुत्रं यशस्विनम् स तासु जनयामास पुनः पुत्रांस्तपोधनः
En Bhadrā, il engendra Soma, un fils glorieux. Puis, ce trésor d’austérité engendra de nouveau des fils par celles-là (ses épouses), étendant encore les lignées de la création.
Verse 75
स्वस्त्यात्रेया इति ख्याता ऋषयो वेदपारगाः तेषां द्वौ ख्यातयशसौ ब्रह्मिष्ठौ च महौजसौ
Ils étaient renommés comme les sages Svastyātreya, maîtres accomplis des Veda. Parmi eux, deux se distinguèrent tout particulièrement : illustres par la renommée, solidement établis dans le Brahman et pourvus d’une grande puissance spirituelle.
Verse 76
दत्तो ह्यत्रिवरो ज्येष्ठो दुर्वासास्तस्य चानुजः यवीयसी स्वसा तेषाम् अमला ब्रह्मवादिनी
Parmi l’excellente descendance d’Atri, Dattātreya fut l’aîné ; Durvāsā, son frère cadet. Leur plus jeune sœur était Amalā, femme pure, vouée à la brahma‑vidyā, qui dit et maintient la vérité de l’Absolu.
Verse 77
तस्य गोत्रद्वये जाताश् चत्वारः प्रथिता भुवि श्यावश् च प्रत्वसश्चैव ववल्गुश्चाथ गह्वरः
De ses deux gotra naquirent quatre fils renommés sur la terre : Śyāva, Pratvasa, Vavalgu et Gahvara.
Verse 78
आत्रेयाणां च चत्वारः स्मृताः पक्षा महात्मनाम् काश्यपो नारदश्चैव पर्वतानुद्धतस् तथा
Parmi les descendants d’Ātreya, on se souvient de quatre branches de ces grandes âmes : Kaśyapa, Nārada, Parvata, et aussi Anuddhata.
Verse 79
जज्ञिरे मानसा ह्येते अरुन्धत्या निबोधत नारदस्तु वसिष्ठाया-रुन्धतीं प्रत्यपादयत्
Sache-le d’Arundhatī : ceux-ci naquirent de l’esprit. Et Nārada, pour sa part, remit Arundhatī à Vasiṣṭha, établissant leur union sacrée, soutien du dharma au sein de la création.
Verse 80
ऊर्ध्वरेता महातेजा दक्षशापात्तु नारदः पुरा देवासुरे युद्धे घोरे वै तारकामये
Nārada—dont l’énergie vitale était tenue vers le haut dans la continence et qui flamboyait d’un grand tejas—était jadis devenu tel par la malédiction de Dakṣa, au temps de l’effroyable guerre Deva–Asura dite Tārakāmaya.
Verse 81
अनावृष्ट्या हते लोके ह्य् उग्रे लोकेश्वरैः सह वसिष्ठस्तपसा धीमान् धारयामास वै प्रजाः
Lorsque le monde fut frappé par la terrible calamité de la sécheresse, le sage Vasiṣṭha—avec les gardiens des mondes—soutint et maintint les êtres par la puissance de son tapas, préservant l’ordre qui, en dernier ressort, repose dans le Seigneur (Pati).
Verse 82
अन्नोदकं मूलफलम् ओषधीश् च प्रवर्तयन् तानेताञ्जीवयामास कारुण्यादौषधेन च
En mettant en œuvre la provision de nourriture et d’eau, de racines et de fruits, ainsi que d’herbes médicinales, il les ramena à la vie—par compassion—au moyen de remèdes guérisseurs.
Verse 83
अरुन्धत्यां वसिष्ठस्तु सुतान् उत्पादयच्छतम् ज्यायसो ऽजनयच्छक्तेर् अदृश्यन्ती पराशरम्
D’Arundhatī, Vasiṣṭha engendra en vérité cent fils. De l’aîné naquit Śakti, et de Śakti, Adṛśyantī enfanta Parāśara ; ainsi la lignée sacrée des ṛṣi, soutenue par le Seigneur (Pati), se poursuit pour le bien des paśu (âmes liées) par le dharma et la juste connaissance.
Verse 84
रक्षसा भक्षिते शक्तौ रुधिरेण तु वै तदा काली पराशराज्जज्ञे कृष्णद्वैपायनं प्रभुम्
Lorsque Śakti fut dévoré par un rākṣasa, alors, en vérité, de son sang naquit Kālī ; et de Parāśara elle enfanta le vénérable Kṛṣṇa-Dvaipāyana (Vyāsa), puissant seigneur parmi les sages.
Verse 85
द्वैपायनो ह्यरण्यां वै शुकम् उत्पादयत्सुतम् उपमन्युं च पीवर्यां विद्धीमे शुकसूनवः
En vérité, Dvaipāyana (Vyāsa) engendra dans la forêt son fils Śuka ; et, à Pīvarī, il engendra Upamanyu. Sachez que ceux‑ci sont les fils nés dans la lignée de Śuka : récit qui préserve la succession sacrée par laquelle se transmet la connaissance śaiva.
Verse 86
भूरिश्रवाः प्रभुः शंभुः कृष्णो गौरस्तु पञ्चमः कन्या कीर्तिमती चैव योगमाता धृतव्रता
On le nomme Bhūriśravā, le Très‑Renommé ; Prabhu, le Seigneur ; Śambhu, l’Auspicious. Il est aussi appelé Kṛṣṇa, et, comme cinquième nom, Gaura, le Rayonnant. Il est loué comme Kanyā (la Jeune Fille), comme Kīrtimatī (la Glorieuse), comme Yogamātā (Mère du Yoga) et comme Dhṛtavratā (la Ferme dans les Vœux).
Verse 87
जननी ब्रह्मदत्तस्य पत्नी सा त्वनुहस्य च श्वेतः कृष्णश् च गौरश् च श्यामो धूम्रस्तथारुणः
Elle devint la mère de Brahmadatta et fut aussi l’épouse d’Anuha. De cette lignée sont décrits des descendants distingués par leurs teintes : le Blanc, le Noir, le Clair, le Sombre, le Fumé et aussi le Rougeâtre—signifiant les multiples différenciations qui surgissent dans la création.
Verse 88
नीलो बादरिकश्चैव सर्वे चैते पराशराः पराशराणामष्टौ ते पक्षाः प्रोक्ता महात्मनाम्
Nīla et Bādarika : en vérité, tous ceux‑ci sont appelés Parāśara. Ainsi ont été proclamées les huit « branches » (pakṣa) des Parāśaras magnanimes.
Verse 89
अत ऊर्ध्वं निबोधध्वम् इन्द्रप्रमितिसंभवम् वसिष्ठस्य कपिञ्जल्यो घृताच्यामुदपद्यत
Écoutez maintenant la suite : de la lignée d’Indrapramati, dans la succession sacrée de Vasiṣṭha, advint une naissance par Kapīñjalī ; Ghrtācī devint mère, et de son sein se manifesta cette descendance.
Verse 90
त्रिमूर्तिर्यः समाख्यात इन्द्रप्रमितिरुच्यते पृथोः सुतायां सम्भूतो भद्रस्तस्या भवद्वसुः
Celui qui est proclamé comme la « Trimūrti » (la Triple Forme) est aussi nommé Indrāpramiti. De la fille de Pṛthu naquit Bhadra, et d’elle naquit Bhavadvasu.
Verse 91
उपमन्युः सुतस्तस्य बहवो ह्यौपमन्यवः मित्रावरुणयोश्चैव कौण्डिन्या ये परिश्रुताः
De lui naquit Upamanyu ; et d’Upamanyu surgirent de nombreux descendants appelés Aupamanyava. De même, sont rappelés ici les illustres Kauṇḍinya, réputés appartenir à la lignée de Mitra et de Varuṇa.
Verse 92
एकार्षेयास् तथा चान्ये वासिष्ठा नाम विश्रुताः एते पक्षा वसिष्ठानां स्मृता दश महात्मनाम्
De même, il en est d’autres appelés Ekārṣeya, célèbres sous le nom de « Vāsiṣṭha ». Ceux-ci sont mémorisés comme les dix branches des Vāsiṣṭha au grand esprit.
Verse 93
इत्येते ब्रह्मणः पुत्रा मानसा विश्रुता भुवि भर्तारश् च महाभागा एषां वंशाः प्रकीर्तिताः
Ainsi, ceux-ci sont les fils nés de l’esprit de Brahmā, renommés sur la terre — grands et fortunés soutiens des mondes ; et leurs lignées ont été proclamées comme il se doit.
Verse 94
त्रिलोकधारणे शक्ता देवर्षिकुलसंभवाः तेषां पुत्राश् च पौत्राश् च शतशो ऽथ सहस्रशः
Nés dans les lignées des ṛṣi divins (devarṣi), ils reçurent la puissance de soutenir les trois mondes. Leurs fils et leurs petits-fils se multiplièrent — par centaines, puis par milliers.
Verse 95
यैस्तु व्याप्तास्त्रयो लोकाः सूर्यस्येव गभस्तिभिः
Par Lui, en vérité, les trois mondes furent pénétrés—comme le Soleil les imprègne de ses rayons.
The chapter names eight Vasus—Āpaḥ, Dhruva, Soma, Dhara, Anila, Anala, Pratyūṣa, and Prabhāsa—portraying them as beneficent cosmic sustainers; their enumeration functions as a cosmological index within the Bhuvanakośa framework.
The text enumerates eleven Rudras (including Ajāikapād, Ahirbudhnya, Virūpākṣa, and others), presenting them as gaṇeśvaras; in a Śaiva context, this underscores Śiva’s manifold governance through Rudra-forms while remaining the transcendent source of order.
By establishing dharmic administration of worlds—devas, rishis, kings, and lineages—the chapter explains the social-cosmic conditions that enable yajna, tapas, and sustained liṅga-upāsanā; ordered creation becomes the platform on which Śiva-bhakti and moksha-oriented disciplines can operate.