Adhyaya 44
Rudra SamhitaYuddha KhandaAdhyaya 4471 Verses

हिरण्यनेत्रस्य तपः — Hiraṇyanetra’s Austerity and the Boon

Sanatkumāra raconte comment Hiraṇyanetra, fils d’Hiraṇyākṣa, est raillé et écarté du pouvoir par ses frères, ivres et plaisantins, qui prétendent qu’il n’est pas digne de la royauté et que le royaume doit être partagé ou tenu sous leur contrôle. Blessé au fond de lui, il les apaise par des paroles mesurées, puis, de nuit, quitte la cour pour une forêt solitaire. Là, il accomplit un tapas d’une rigueur effrayante durant un temps immense : se tenant sur un seul pied, jeûnant, observant des vœux stricts et s’offrant sévèrement au feu, jusqu’à réduire son corps à des nerfs et des os. Les dieux (tridaśa), saisis d’étonnement et de crainte, se hâtent de louer et de fléchir le Créateur, Dhātā/Pitāmaha, c’est-à-dire Brahmā. Brahmā vient, retient l’austérité et accorde une grâce, invitant le daitya à choisir un don rare. Hiraṇyanetra, humble et prosterné, demande la restauration de son rang politique et la soumission de ceux qui ont saisi sa royauté (Prahrāda et d’autres étant nommés), ouvrant l’arc d’un rééquilibrage du pouvoir par le don et la tension entre mérite ascétique et ambition royale.

Shlokas

Verse 1

सनत्कुमार उवाच । ततो हिरण्याक्षसुतः कदाचित्संश्रावितो नर्मयुतैर्मदांधैः । तैर्भ्रातृभिस्संप्रयुतो विहारे किमंध राज्येन तवाद्य कार्यम्

Sanatkumāra dit : Puis, un jour, le fils de Hiraṇyākṣa, tandis qu’il se divertissait avec ses frères—ivres, portés à la raillerie—fut amené à entendre leurs paroles : «Ô aveugle, à quoi te sert aujourd’hui un royaume ?»

Verse 2

हिरण्यनेत्रस्तु बभूव मूढः कलिप्रियं नेत्रविहीनमेव । यो लब्धवांस्त्वां विकृतं विरूपं घोरैस्तपोभिर्गिरिशं प्रसाद्य

Hiraṇyanetra sombra dans l’égarement et n’obtint qu’un être sans regard, épris de querelle. Ayant satisfait Girīśa (le Seigneur Śiva) par d’effroyables austérités, il te reçut sous une forme altérée et difforme.

Verse 3

स त्वं न भागी खलु राज्यकस्य किमन्यजातोऽपि लभेत राज्यम् । विचार्यतां तद्भवतैव नूनं वयं तु तद्भागिन एव सत्यम्

Assurément, tu n’as point de part légitime en ce royaume : comment celui qui naît d’une autre lignée pourrait-il obtenir la souveraineté ? Réfléchis-y toi-même. Quant à nous, en vérité, nous sommes bien les héritiers légitimes de cette part.

Verse 4

सनत्कुमार उवाच । तेषां तु वाक्यानि निशम्य तानि विचार्य बुद्ध्या स्वयमेव दीनः । ताञ्छांतयित्वा विविधैर्वचोभिर्गतस्त्वरण्यं निशि निर्जनं तु

Sanatkumāra dit : Ayant entendu leurs paroles et les ayant pesées par son propre discernement, il s’attrista au fond de lui. Après les avoir apaisés par diverses paroles de réconfort, il se rendit, de nuit, dans une forêt déserte.

Verse 5

वर्षायुतं तत्र तपश्चचार जजाप जाप्यं विधृतैकपादः । आहारहीनो नियमोर्द्ध्वबाहुः कर्त्तुं न शक्यं हि सुरा सुरैर्यत्

Là, il accomplit des austérités durant dix mille ans et répéta le mantra digne d’être répété. Debout sur un seul pied, sans nourriture, observant des vœux rigoureux les bras levés, il entreprit une discipline qu’en vérité ni les devas ni les asuras ne sauraient accomplir.

Verse 6

प्रजाल्य वह्निं स्म जुहोति गात्रमांसं सरक्तं खलु वर्षमात्रम् । तीक्ष्णेन शस्त्रेण निकृत्य देहात्समंत्रकं प्रत्यहमेव हुत्वा

Ayant allumé le feu, il y offrit, pendant une année entière, la chair de ses propres membres ainsi que son sang. La coupant de son corps avec une arme tranchante, il faisait l'oblation chaque jour, accompagnée de mantras.

Verse 7

स्नाय्वस्थिशेषं कुणपं तदासौ क्षयं गतं शोणितमेव सर्वम् । यदास्य मांसानि न संति देहं प्रक्षेप्तुकामस्तु हुताशनाय

Alors ce cadavre ne devint plus que tendons et os ; tout son sang avait été épuisé. Lorsqu'il ne resta plus de chair sur son corps, il désira jeter le corps dans le feu sacrificiel.

Verse 8

ततः स दृष्टस्त्रिदशालयैर्जनैः सुविस्मितैर्भीतियुतैस्समस्तैः । अथामरैश्शीघ्रतरं प्रसादितो बभूव धाता नुतिभिर्नुतो हि

Par la suite, lorsque le Créateur (Dhātā, Brahmā) fut vu par les habitants du ciel — les dieux et les êtres célestes — tous furent frappés d'un grand étonnement et de crainte ; les immortels cherchèrent rapidement à l'apaiser ; et Brahmā devint en effet gracieux, étant loué par des hymnes de salutations respectueuses.

Verse 9

निवारयित्वाथ पितामहस्तं ह्युवाच तं चाद्यवरं वृणीष्व । यस्याप्तिकामस्तव सर्वलोके सुदुर्लभं दानव तं गृहाण

Ayant ainsi retenu Pitāmaha (Brahmā), celui-ci lui dit alors : « Choisis maintenant une faveur suprême — prends ce que tu désires obtenir dans tous les mondes, ô Dānava, même si c'est extrêmement difficile à obtenir. »

Verse 10

स पद्मयोनेस्तु वचो निशम्य प्रोवाच दीनः प्रणतस्तु दैत्यः । यैर्निष्ठुरैर्मे प्रहृतं तु राज्यं प्रह्रादमुख्या मम संतु भृत्याः

Entendant les paroles de Padmayoni (Brahmā), le Daitya — misérable et s'inclinant en signe de soumission — parla : « Que ces êtres si cruels par qui mon royaume a été pris — Prahlāda et les autres — deviennent mes serviteurs. »

Verse 11

अंधस्य दिव्यं हि तथास्तु चक्षुरिन्द्रादयो मे करदा भवंतु । मृत्युस्तु माभून्मम देवदैत्यगंधर्वयक्षोरगमानुषेभ्यः

Pour l’aveugle, que naisse en vérité la vision divine. Qu’Indra et les autres dieux deviennent mes tributaires. Et que la mort ne vienne pas à moi de la part des dieux, des démons, des Gandharvas, des Yakṣas, des êtres serpents, ni des hommes.

Verse 12

नारायणाद्वा दितिजेन्द्रशत्रोस्सर्वाज्जनात्सर्वमयाच्च शर्वात् । श्रुत्वा वचस्तस्य सुदारुणं तत्सुशंकितः पद्मभवस्तमाह

Ayant entendu ces paroles d’une extrême dureté—concernant Nārāyaṇa, le meurtrier du roi des Daityas, et concernant Sarva, l’omniprésent Śarva (Śiva)—Padmabhava (Brahmā) fut saisi d’une grande appréhension et lui adressa la parole.

Verse 13

ब्रह्मोवाच । दैत्येन्द्र सर्वं भविता तदेतद्विनाशहेतुं च गृहाण किंचित् । यस्मान्न जातो न जनिष्यते वा यो न प्रविष्टो मुखमंतकस्य

Brahmā dit : «Ô seigneur des Dānavas, tout cela adviendra en vérité comme il a été annoncé. Mais comprends aussi une cause de perdition : Celui qui n’est pas né et ne naîtra pas, et qui n’est jamais entré dans la bouche d’Antaka (la Mort)—ce Seigneur transcendant échappe à la mort ; c’est en s’opposant à Lui que naît la ruine.»

Verse 14

अत्यन्तदीर्घं खलु जीवितं तु भवादृशास्सत्पुरुषास्त्यजंतु । एतद्वचस्सानुनयं निशम्य पितामहात्प्राह पुनस्तस्य दैत्यः

«La vie est certes d’une longueur extrême—que les hommes de bien tels que toi y renoncent.» Entendant ces paroles, prononcées avec une feinte persuasion, ce Daitya répondit de nouveau à Pitāmaha (Brahmā).

Verse 15

अंधक उवाच । कालत्रये याश्च भवंति नार्यः श्रेष्ठाश्च मध्याश्च तथा कनिष्ठाः । तासां च मध्ये खलु रत्नभूता ममापि नित्यं जननीव काचित्

Andhaka dit : «Parmi les femmes qui existent dans les trois temps—passé, présent et futur—qu’elles soient les plus éminentes, les moyennes ou les plus jeunes, il en est une, joyau parmi elles, qui pour moi est à jamais comme une mère.»

Verse 16

कायेन वाचा मनसाप्यगम्या नारी नृलोकस्य च दुर्लभाय । तां कामयानस्य ममास्तु नाशो दैत्येन्द्रभावाद्भगवान्स्वयंभूः

Cette femme—difficile à atteindre par le corps, par la parole, ou même par l’esprit, et d’une rareté extrême dans le monde des hommes—si, poussé par le désir d’elle, je dois périr, que le Seigneur Né-de-Lui-même (Svayambhū) accomplisse ma ruine, fût-ce en me faisant devenir le maître des Daityas.

Verse 17

वाक्यं तदाकर्ण्य स पद्मयोनिः सुविस्मितश्शंकरपादपद्ममम् । सस्मार संप्राप्य निर्देशमाशु शंभोस्तु तं प्राह ततोंधकं वै

Entendant ces paroles, Padmayoni (Brahmā) fut saisi d’un grand étonnement et, avec révérence, se souvint des pieds de lotus de Śaṅkara. Ayant promptement reçu l’injonction de Śambhu, il s’adressa alors à Andhaka.

Verse 18

ब्रह्मोवाच । यत्कांक्षसे दैत्यवरास्तु ते वै सर्वं भवत्येव वचस्सकामम् । उत्तिष्ठ दैत्येन्द्र लभस्व कामं सदैव वीरैस्तु कुरुष्व युद्धम्

Brahmā dit : «Ô le meilleur des Daityas, tout ce que tu désires adviendra assurément — ma parole ne sera pas vaine. Lève-toi, ô seigneur des Daityas ; atteins le but que tu convoites et, avec tes héros, livre sans cesse bataille.»

Verse 19

श्रुत्वा तदेतद्वचनं मुनीश विधातुराशु प्रणिपत्य भक्त्या । लोकेश्वरं हाटकनेत्रपुत्रः स्नाय्वस्थिशेषस्तु तमाह देवम्

Ô le meilleur des sages : ayant entendu ces paroles de Brahmā, Seigneur de la création, le fils de Hāṭakanetra—réduit à des nerfs et des os—se prosterna aussitôt avec dévotion, puis s’adressa à ce Deva, le Seigneur des mondes.

Verse 20

अंधक उवाच । कथं विभो वैरिबलं प्रविश्य ह्यनेन देहेन करोमि युद्धम् । स्नाय्वस्थिशेषं कुरु मांसपुष्टं करेण पुण्ये न च मां स्पृशाद्य

Andhaka dit : «Ô Seigneur tout-puissant, comment pourrais-je pénétrer dans l’armée ennemie et combattre avec ce corps ? Rends-le solide et bien pourvu de chair, au lieu de n’être que nerfs et os. De ta main de bon augure, rétablis-moi, et ne me touche plus ainsi.»

Verse 21

सनत्कुमार उवाच । श्रुत्वा वचस्तस्य स पद्मयोनिः करेण संस्पृश्य च तच्छरीरम् । गतस्सुरेन्द्रैस्सहितः स्वधाम संपूज्यमानो मुनिसिद्धसंघैः

Sanatkumāra dit : Ayant entendu ses paroles, Padmayoni (Brahmā) toucha ce corps de sa main. Puis, accompagné d’Indra et des autres dieux, il regagna sa propre demeure, dûment honoré et vénéré par des assemblées de sages et d’êtres accomplis.

Verse 22

संस्पृष्टमात्रस्स च दैत्यराजस्संपूर्णदेहो बलवान्बभूव । संजातनेत्रस्सुभगो बभूव हृष्टस्स्वमेव नगरं विवेश

À peine l’eut-on touché que le roi des Daityas recouvra un corps entier et une grande force. Ses yeux furent restaurés; il devint beau et de bon augure. Transporté de joie, il entra lui-même dans sa propre cité.

Verse 23

उत्सृज्य राज्यं सकलं च तस्मै प्रह्लादमुख्यास्त्वथ दानवेन्द्राः । तमागतं लब्धवरं च मत्वा भृत्या बभूवुर्वश गास्तु तस्य

Alors les seigneurs parmi les Dānavas—Prahlāda et les autres—lui cédèrent tout le royaume. Le jugeant revenu muni d’une grâce, ils devinrent ses serviteurs, entièrement soumis à son pouvoir.

Verse 24

ततोन्धकः स्वर्गमगाद्विजेतुं सेनाभियुक्तस्सहभृत्यवर्गः । विजित्य लेखान्प्रधने समस्तान्करप्रदं वज्रधरं चकार

Puis Andhaka se mit en route pour conquérir Svarga, marchant avec son armée et sa suite. Ayant vaincu tous les Devas au combat, il contraignit Vajradhara (Indra), le porteur du vajra, à devenir tributaire et à lui verser l’impôt.

Verse 25

नागान्सुपर्णान्वरराक्षसांश्च गंधर्वयक्षानपि मानुषांस्तु । गिरीन्द्रवृक्षान्समरेषु सर्वांश्चतुष्पदः सिंहमुखान्विजिग्ये

Dans les combats, ce quadrupède au visage de lion les vainquit tous : Nāgas, Suparṇas, puissants Rākṣasas, Gandharvas et Yakṣas, ainsi que les guerriers humains ; même les seigneurs des montagnes et les arbres furent domptés.

Verse 26

त्रैलोक्यमेतद्धि चराचरं वै वशं चकारात्मनि संनियोज्य । स कूलानि सुदर्शनानि नारीसहस्राणि बहूनि गत्वा

En vérité, ayant attiré sous sa propre maîtrise tout ce triple monde, mobile et immobile, il le soumit en le fixant en lui-même. Puis, s’étant rendu sur maintes rives splendides, il se mouvait au milieu de milliers et de milliers de femmes.

Verse 27

रसातले चैव तथा धरायां त्रिविष्टपे याः प्रमदाः सुरूपाः । ताभिर्युतोऽन्येषु सपर्वतेषु रराम रम्येषु नदीतटेषु

Accompagné de ces jeunes filles d’une beauté exquise—qu’on trouve en Rasātala, sur la terre et dans Triviṣṭapa (le ciel)—il se livra au jeu dans d’autres contrées délicieuses aux montagnes, goûtant la joie le long de rives charmantes.

Verse 28

क्रीडायमानस्स तु मध्यवर्ती तासां प्रहर्षादथ दानवेन्द्रः । तत्पीतशिष्टानि पिबन्प्रवृत्त्यै दिव्यानि पेयानि सुमानुषाणि

S’ébattant au milieu d’elles, le seigneur des Dānavas—transporté par leur allégresse—buvait sans cesse les breuvages divins restés après qu’elles eurent bu, des boissons dignes même des plus nobles des hommes.

Verse 29

अन्यानि दिव्यानि तु यद्रसानि फलानि मूलानि सुगंधवंति । संप्राप्य यानानि सुवाहनानि मयेन सृष्टानि गृहोत्तमानि

« Il y avait aussi d’autres fruits et racines célestes, riches de saveurs exquises et de parfums. Et, après avoir obtenu de beaux véhicules aux montures d’élite, il y avait des demeures d’un éclat suprême—créées par Māyā. »

Verse 30

पुष्पार्घधूपान्नविलेपनैश्च सुशोभितान्यद्भुतदर्शनैश्च । संक्रीडमानस्य गतानि तस्य वर्षायुतानीह तथांधकस्य

Orné d’offrandes de fleurs, d’eau d’arghya, d’encens, de nourriture et d’onguents parfumés, et resplendissant de visions merveilleuses—ainsi, tandis qu’il se livrait au jeu, pour Andhaka passèrent ici d’innombrables dizaines de milliers d’années.

Verse 31

जानाति किंचिन्न शुभं परत्र यदात्मनस्सौख्यकरं भवेद्धि । सदान्धको दैत्यवरस्स मूढो मदांधबुद्धिः कृतदुष्टसंगः

Il ne comprend pas ce qui est vraiment propice pour l’au-delà—ce qui apporterait en vérité la joie à son propre être. Andhaka, le plus éminent des asuras, demeurait sans cesse dans l’égarement : l’intelligence aveuglée par l’orgueil, et sa fréquentation solidement attachée aux méchants.

Verse 32

ततः प्रमत्तस्तु सुतान्प्रधानान्कुतर्कवादैरभिभूय सर्वान् । चचार दैत्यैस्सहितो महात्मा विनाशयन्वैदिकसर्वधर्मान्

Ensuite, égaré, il domina tous les fils les plus éminents par des raisonnements sophistiques. Accompagné des Daityas, ce puissant être erra çà et là, cherchant à anéantir tous les devoirs et disciplines sacrés fondés sur le Véda.

Verse 33

वेदान्द्विजान्वित्त मदाभिभूतो न मन्यते स्माप्यमरान्गुरूंश्च । रेमे तथा दैवगतो हतायुः स्वस्यैरहोभिर्गमयन्वयश्च

Subjugué par l’ivresse des richesses, il ne respectait plus les Védas, ni les deux-fois-nés, ni les dieux, pas même ses aînés et ses maîtres. Ainsi, poussé par le destin et sa durée de vie s’amenuisant, il ne fit que se livrer aux plaisirs, laissant passer ses jours et gaspillant sa jeunesse.

Verse 34

ततः कदाचिद्गतवान्ससैन्यो बहुप्रयाता पृथिवीतलेऽस्मिन् । अनेकसंख्या अपि वर्षकोट्यः प्रहर्षितो मंदरपर्वतं तु

Puis, un jour, il se mit en route avec son armée et parcourut au loin la surface de cette terre. Bien que d’innombrables crores d’années se fussent écoulés, il demeurait dans l’allégresse et s’avança vers le mont Mandara.

Verse 35

स्वर्णोपमां तत्र निरीक्ष्य शोभां बभ्राम सैन्यैस्सह मानमत्तः । क्रीडार्थमासाद्य च तं गिरीन्द्रं मतिं स वासाय चकार मोहात्

Là, voyant une splendeur pareille à l’or et ivre d’orgueil, il erra avec son armée. Parvenu à ce roi des montagnes pour simple divertissement, l’esprit obscurci, il résolut d’en faire sa demeure.

Verse 36

शुभं दृढं तत्र पुरं स कृत्वा मुदास्थितो दैत्यपतिः प्रभावात् । निवेशयामास पुनः क्रमेण अत्यद्भुतं मन्दरशैलसानौ

Ayant bâti là une citadelle sûre et de bon augure, le seigneur des Dānavas demeura dans la joie, fort de sa propre puissance ; puis, pas à pas, il établit une cité merveilleuse entre toutes sur le flanc du mont Mandara.

Verse 37

दुर्योधनो वैधसहस्तिसंज्ञौ तन्मंत्रिणौ दानवसत्तमस्य । ते वै कदाचिद्गिरिसुस्थले हि नारीं सुरूपां ददृशुस्त्रयोऽपि

Duryodhana, avec Vaidhasa et Hasti—ministres de ce plus éminent des Dānavas—un jour, tandis qu’ils séjournaient en un lieu de montagne, tous trois virent une femme d’une beauté exquise.

Verse 38

ते शीघ्रगा दैत्यवरास्तु हर्षाद्द्रुतं महादैत्यपतिं समेत्य । ऊचुर्यथादृष्टमतीव प्रीत्या तथान्धकं वीरवरं हि सर्वे

Alors ces Daityas, les plus éminents et prompts à la course, transportés de joie, s’empressèrent d’approcher le grand seigneur des démons. Tous, avec une vive allégresse, rapportèrent au vaillant Andhaka exactement ce qu’ils avaient vu.

Verse 39

मंत्रिणः ऊचुः । गुहांतरे ध्याननिमीलिताक्षो दैत्येन्द्र कश्चिन्मुनिरत्र दृष्टः । रूदान्वितश्चन्द्रकलार्द्धचूडः कटिस्थले बद्धगजेन्द्रकृत्तिः

Les ministres dirent : « Ô seigneur des Daityas, au fond d’une caverne nous avons vu un certain muni, les yeux clos en dhyāna. À ses côtés se tenait Rudra—portant la demi-lune sur sa cime et, à la taille, la peau de l’éléphant royal ».

Verse 40

नागेन्द्रभोगावृतसर्वगात्रः कपालमालाभरणो जटालः । स शूलहस्तश्शरतूणधारी महाधनुष्मान्विवृताक्षसूत्रः

Tout son corps était enveloppé des replis du roi des serpents ; il portait une guirlande de crânes en ornement et des jatas emmêlées. Tenant le triśūla en main, portant un carquois de flèches et un arc puissant, il se tenait là, le rosaire de rudrākṣa nettement apparent.

Verse 41

खड्गी त्रिशूली लकुटी कपर्दी चतुर्भुजो गौरतराकृतिर्हि । भस्मानुलिप्तो विलसत्सुतेजास्तपस्विवर्योऽद्भुतसर्ववेशः

Il apparut portant une épée, un trident et une massue, les cheveux emmêlés et tressés, doté de quatre bras et d'une forme radieuse au teint clair. Enduit de cendres sacrées, flamboyant d'un splendide éclat spirituel, il était le premier des ascètes — merveilleux, revêtant à volonté toutes sortes d'apparences.

Verse 42

तस्याविदूरे पुरुषश्च दृष्टस्स वानरो घोरमुखःकरालः । सर्वायुधो रूक्षकरश्च रक्षन्स्थितो जरद्गोवृषभश्च शुक्लः

Non loin de lui, on vit un homme au visage de singe, terrible et terrifiant. Portant toutes sortes d'armes, aux mains rudes et montant la garde, il était comme un vieux taureau parmi le bétail, et son teint était blanc.

Verse 43

तस्योपविष्टस्य तपस्विनोपि सुचारुरूपा तरुणी मनोज्ञा । नारी शुभा पार्श्वगता हि तस्य दृष्टा च काचिद्भुवि रत्नभूता

Alors que cet ascète était assis en méditation, il vit à ses côtés une femme de bon augure, jeune, plaisante et d'une beauté exquise — apparaissant sur terre comme un joyau manifesté.

Verse 44

इति श्रीशिवमहापुराणे द्वितीयायां रुद्रसंहितायां पञ्चमे युद्धखंडे अंधकगाणपत्यलाभोपाख्याने दूतसंवादो नाम चतुश्चत्वारिंशोऽध्यायः

Ainsi se termine le quarante-quatrième chapitre, intitulé « Le Dialogue avec le Messager », dans le sacré Shiva Mahapurana — au sein de la Seconde (Rudra) Samhita, dans la Cinquième section, le Yuddha-khanda — dans le récit de l'accession d'Andhaka au rang de Ganapatya.

Verse 45

मान्या महेशस्य च दिव्यनारी भार्य्या मुनेः पुण्यवतः प्रिया सा । योग्या हि द्रष्टुं भवतश्च सम्यगानाय्य दैत्येन्द्र सुरत्नभोक्तः

Elle est digne d’honneur, femme divine, épouse bien-aimée de ce sage au grand mérite, et vénérée par Maheśa (Śiva) lui-même. Elle est véritablement apte à te voir comme il convient. Aussi, ô seigneur des Daityas, jouisseur de plaisirs et de joyaux, amène-la ici.

Verse 46

सनत्कुमार उवाच । श्रुत्वेति तेषां वचनानि तानि कामातुरो घूर्णितसर्वगात्रः । विसर्जयामास मुनैस्सकाशं दुर्योधनादीन्सहसा स दैत्यः

Sanatkumāra dit : Ayant entendu leurs paroles, ce Daitya—tourmenté par le désir, le corps tout entier frémissant—renvoya soudain Duryodhana et les autres loin de la présence des sages.

Verse 47

आसाद्य ते तं मुनिमप्रमेयं बृहद्व्रतं मंत्रिवरा हि तस्य । सुराजनीतिप्रवणा मुनीश प्रणम्य तं दैत्यनिदेशमाहुः

Parvenus auprès de ce sage incommensurable, au grand vœu, les plus éminents ministres—versés dans l’art d’un juste gouvernement—se prosternèrent devant lui, ô seigneur des muni, et lui rapportèrent l’ordre du roi Daitya.

Verse 48

मंत्रिण ऊचुः । हिरण्यनेत्रस्य सुतो महात्मा दैत्याधिराजोऽन्धकनामधेयः । त्रैलोक्यनाथो भवकृन्निदेशादिहोपविष्टोऽद्य विहारशाली

Les ministres dirent : «Le fils magnanime de Hiraṇyanetra, nommé Andhaka, souverain des Daitya, par l’ordre de Bhava (le Seigneur Śiva) est devenu le maître des trois mondes, et aujourd’hui il siège ici, dans ce palais de plaisance, en aisance royale.»

Verse 49

तन्मंत्रिणो वै वयमंगवीरास्तवोपकंठं च समागताः स्मः । तत्प्रेषितास्त्वां यदुवाच तद्वै शृणुष्व संदत्तमनास्तपस्विन्

Nous sommes en vérité ses ministres et les guerriers d’Aṅga, et nous nous sommes approchés de toi. Envoyés par lui, nous te rapportons ce qu’il t’a dit : écoute d’un esprit stable et bien recueilli, ô ascète.

Verse 50

त्वं कस्य पुत्रोऽसि किमर्थमत्र सुखोपविष्टो मुनिवर्य धीमन् । कस्येयमीदृक्तरुणी सुरूपा देया शुभा दैत्यपतेर्मुनीन्द्र

Ô le meilleur des sages, ô homme de haute intelligence, de qui es-tu le fils, et pour quelle raison demeures-tu ici assis en paix ? Et cette jeune femme, si belle et bien faite, à qui appartient-elle ? Ô seigneur parmi les munis, qu’elle soit offerte comme don de bon augure au maître des Daityas.

Verse 51

क्वेदं शरीरं तव भस्मदिग्धं कपालमालाभरणं विरूपम् । तूणीरसत्कार्मुकबाणखड्गभुशुंडिशूलाशनितोमराणि

« Quel est donc ce corps qui est le tien—enduit de cendre sacrée, d’aspect difforme, et paré d’un chapelet de crânes ? Et que sont ces carquois, ces beaux arcs, ces flèches, ces épées, ces massues, ces tridents, ces foudres (vajra) et ces javelots (tomara) ? »

Verse 52

क्व जाह्नवी पुण्यतमा जटाग्रे क्वायं शशी वा कुणपास्थिखण्डम् । विषानलो दीर्घमुखः क्व सर्पः क्व संगमः पीनपयोधरायाः

« Où est la très sainte Jāhnavī (Gaṅgā) au sommet de tes mèches emmêlées ? Et où est cette lune—ou n’est-ce qu’un éclat d’os de cadavre ? Où est le feu du poison, où est le serpent au long visage ? Et comment pourrait-il y avoir union avec une femme aux seins pleins et gonflés ? »

Verse 53

जरद्गवारोहणमप्रशस्तं क्षमावतस्तस्य न दर्शनं च । संध्याप्रणामः क्वचिदेष धर्मः क्व भोजनं लोकविरुद्धमेतत्

« Monter un taureau âgé n’est point louable ; et il ne convient même pas de regarder celui qui se dit patient et vertueux de la sorte. Où est la discipline des prosternations de la sandhyā au temps du crépuscule ? Et que signifie cette manière de manger, contraire aux usages du monde ? Tout cela va contre la conduite admise. »

Verse 54

प्रयच्छ नारीं सम सान्त्वपूर्वं स्त्रिया तपः किं कुरुषे विमूढ । अयुक्तमेतत्त्वयि नानुरूपं यस्मादहं रत्नपतिस्त्रिलोके

« Rends la femme, avec douceur et paroles d’apaisement. Ô égaré, quelle austérité (tapas) veux-tu accomplir avec l’épouse d’un autre ? Cela est impropre et ne te sied point, car je suis Ratnapati, renommé dans les trois mondes. »

Verse 55

विमुंच शस्त्राणि मयाद्य चोक्तः कुरुष्व पश्चात्तव एव शुद्धम् । उल्लंघ्य मच्छासनमप्रधृष्यं विमोक्ष्यसे सर्वमिदं शरीरम्

Dépose tes armes, comme je te l'ordonne aujourd'hui. Fais ensuite ce qui est vraiment purificateur pour toi. Si tu oses transgresser mon décret inattaquable, tu seras dépouillé de ce corps tout entier.

Verse 56

मत्वांधकं दुष्टमतिं प्रधानो महेश्वरो लौकिकभावशीलः । प्रोवाच दैत्यं स्मितपूर्वमेवमाकर्ण्य सर्वं त्वथ दूतवाक्यम्

Comprenant qu'Andhaka avait des intentions malveillantes, le Seigneur suprême Maheśvara — qui, pour le bien des affaires mondaines, adopte une manière humaine — après avoir entendu intégralement les paroles du messager, s'adressa au démon, d'abord avec un doux sourire.

Verse 57

शिव उवाच । यद्यस्मि रुद्रस्तव किं मया स्यात्किमर्थमेवं वदसीति मिथ्या । शृणु प्रभावं मम दैत्यनाथ न्याय्यं न वक्तुं वचनं त्वयैवम्

Shiva dit : « Si je suis vraiment ton Rudra, alors qu'ai-je besoin de faire quoi que ce soit ? Pourquoi parles-tu ainsi — faussement ? Ô seigneur des Daityas, écoute ma majesté. Il ne convient pas que tu prononces de telles paroles. »

Verse 58

नाहं क्वचित्स्वं पितरं स्मरामि गुहांतरे घोरमनन्यचीर्णम् । एतद्व्रतं पशुपातं चरामि न मातरं त्वज्ञतमो विरूपः

« Je ne me souviens à aucun moment de mon propre père — qui vivait seul dans une grotte effroyable. J'observe ce vœu même de Pāśupata ; je ne me souviens pas non plus de ma mère. Je suis tout à fait ignorant et difforme. »

Verse 59

अमूलमेतन्मयि तु प्रसिद्धं सुदुस्त्यजं सर्वमिदं ममास्ति । भार्या ममेयं तरुणी सुरूपा सर्वंसहा सर्वगतस्य सिद्धिः

« Cet attachement est en effet sans fondement, pourtant en moi il est devenu bien établi ; et tout cela est extrêmement difficile à abandonner, car je le considère comme 'mien'. Cette femme jeune et belle est mon épouse — elle endure tout ; et elle est l'accomplissement même de celui qui se déplace partout. »

Verse 60

एतर्हि यद्यद्रुचितं तवास्ति गृहाण तद्वै खलु राक्षस त्वम् । एतावदुक्त्वा विरराम शंभुस्तपस्विवेषः पुरतस्तु तेषाम्

« Maintenant, quoi que tu désires — prends-le donc, ô Rakshasa. » Ayant dit seulement cela, Shambhu — sous l'apparence d'un ascète — garda le silence devant eux.

Verse 61

सनत्कुमार उवाच । गंभीरमेतद्वचनं निशम्य ते दानवास्तं प्रणिपत्य मूर्ध्ना । जग्मुस्ततो दैत्यवरस्य सूनुं त्रैलोक्यनाशाय कृतप्रतिज्ञम्

Sanatkumāra dit : Ayant entendu ces paroles profondes, les Dānavas se prosternèrent, la tête inclinée. Puis ils allèrent vers le fils du plus éminent des Daityas, qui avait fait le vœu d’anéantir les trois mondes.

Verse 62

बभाषिरे दैत्यपतिं प्रमत्तं प्रणम्य राजानमदीनसत्त्वाः । ते तत्र सर्वे जयशब्दपूर्वं रुद्रेण यत्तत्स्मितपूर्वमुक्तम्

Alors ces hommes au cœur ferme, s’étant inclinés devant le roi—le seigneur des Daityas enivré d’orgueil—lui adressèrent la parole. Là, tous crièrent d’abord « Victoire ! », puis répétèrent exactement ce que Rudra avait dit auparavant, précédé de Son doux sourire.

Verse 63

मंत्रिण उचुः । निशाचरश्चंचलशौर्यधैर्यः क्व दानवः कृपणस्सत्त्वहीनः । क्रूरः कृतघ्नश्च सदैव पापी क्व दानवः सूर्यसुताद्बिभेति

Les ministres dirent : « Où est donc ce démon rôdeur de nuit, changeant en courage et en constance—où ce misérable Dānava, dépourvu de vertu ? Cruel, ingrat et toujours pécheur—comment un tel démon pourrait-il craindre le fils du Soleil ? »

Verse 64

राजत्वमुक्तोऽखिलदैत्यनाथस्तपस्विना तन्मुनिना विहस्य । मत्वा स्वबुद्ध्या तृणवत्त्रिलोकं महौजसा वीरवरेण नूनम्

Rendu à la royauté, le maître de tous les Daityas—bien que ce muni austère se fût moqué de lui—en vérité, par l’orgueil de sa propre pensée, en vint à tenir les trois mondes pour de la paille, tant il était un héros d’un éclat et d’une puissance hors du commun.

Verse 65

क्वाहं च शस्त्राणि च दारुणानि मृत्योश्च संत्रासकरं क्व युद्ध । क्व वीरको वानरवक्त्रतुल्यो निशाचरो जरसा जर्जरांगः

Qui suis-je, et que sont ces armes redoutables ? Quel est ce combat qui jette l’effroi jusque dans le cœur de la Mort elle-même ? Et qu’est donc Vīraka—être rôdant la nuit, au visage de singe, les membres brisés et usés par la vieillesse ?

Verse 66

क्वायं स्वरूपः क्व च मंदभाग्यो बलं त्वदीयं क्व च वीरुधो वा । शक्तोऽपि चेत्त्वं प्रयतस्व युद्धं कर्तुं तदा ह्येहि कुरुष्व किंचित्

Qu’est donc cette noble nature qui est la tienne, et qu’est donc ton sort infortuné ? Où est ta force, toi qui n’es plus qu’une liane rampante ? Si tu as vraiment la puissance, efforce-toi de combattre ; viens donc—fais quelque chose, ne fût-ce qu’un peu.

Verse 67

वज्राशनेस्तुल्यमिहास्ति शस्त्रं भवादृशां नाशकरं च घोरम् । क्व ते शरीरं मृदुपद्मतुल्यं विचार्य चैवं कुरु रोचते यत्

Voici une arme pareille au vajra, l’éclair d’Indra—terrible, capable d’anéantir des guerriers tels que toi. Mais où est ton corps, tendre comme un lotus délicat ? Réfléchis ainsi, puis n’accomplis que ce qui te paraît vraiment juste.

Verse 68

मंत्रिण ऊचुः । इत्येवमादीनि वचांसि भद्रं तपस्विनोक्तानि च दानवेश । युक्तं न ते तेन सहात्र युद्धं त्वामाह राजन्स्मयमान एव

Les ministres dirent : «Ô bienheureux, ô seigneur des Dānavas, telles furent les paroles de bon augure prononcées par l’ascète. Ô Roi, souriant en parlant, il t’a dit qu’il ne convient pas que tu engages ici le combat avec lui.»

Verse 69

विवस्तुशून्यैर्बहुभिः प्रलापैरस्माभिरुक्तैर्यदि बुध्यसे त्वम् । तपोभियुक्तेन तपस्विना वै स्मर्तासि पश्चान्मुनिवाक्यमेतत्

Si tu peux être amené à comprendre par nos nombreux bavardages vides et sans portée, alors plus tard—lorsque l’austérité t’aura discipliné comme un véritable ascète—tu te souviendras assurément de cette parole même du muni.

Verse 70

सनत्कुमार उवाच । ततस्स तेषां वचनं निशम्य जज्वाल रोषेण स मंदबुद्धिः । आज्यावसिक्तस्त्विव कृष्णवर्त्मा सत्यं हितं तत्कुटिलं सुतीक्ष्णम्

Sanatkumāra dit : À l’écoute de leurs paroles, cet esprit obtus s’embrasa de colère, tel un feu sombre traînant une fumée noire, attisé par le ghee. Et la vérité qu’ils disaient, bien qu’énoncée pour son bien, lui parut tortueuse et d’une âpreté tranchante.

Verse 71

गृहीतखड्गो वरदानमत्तः प्रचंडवातानुकृतिं च कुर्वन् । गंतुं च तत्र स्मरबाणविद्धस्समुद्यतोऽभूद्विप रीतदेवः

Saisissant son épée, enivré du don qu’il avait reçu et imitant l’élan d’un vent impétueux, Viparītadeva—percé des flèches de Kāma—se dressa, prêt à se rendre là-bas, sur le champ de bataille.

Frequently Asked Questions

Hiraṇyanetra, son of Hiraṇyākṣa, is derided and deprived of royal standing, then performs extreme forest austerities that alarm the gods and compel Brahmā (Dhātā/Pitāmaha) to grant him a boon.

The chapter models tapas as a force that can disrupt cosmic balance, prompting divine intervention; it also critiques kingship-desire by showing how ascetic merit can be redirected toward political ends.

Brahmā appears as Dhātā/Pitāmaha/Padmayoni as the boon-giver responding to cosmic distress, while Śiva is invoked as Girīśa as the ultimate source whose favor underwrites such attainments.