Adhyaya 116
Purva BhagaFourth QuarterAdhyaya 11673 Verses

The Exposition of the Saptamī Vow Observed Across Twelve Months (Saptamī-vrata-prakāśana)

Sanātana instruit Nārada au sujet de la Saptamī, tithi solaire propice à la Sūrya-upāsanā et aux vratas mensuels. Le chapitre s’ouvre sur le rite de Caitra-Śukla-Saptamī : bain en plein air sur un autel de terre purifiée, tracé d’un lotus à huit pétales, installation de Vibhāva au centre, puis disposition directionnelle de paires d’êtres (Gandharvas, Rākṣasas, serpents/Kādraveyas, Yātudhānas, Ṛṣis), avec un graha au nord-est. Le culte se fait selon les upacāras usuels, suivi d’un homa avec 800 offrandes de ghee et d’oblations ordonnées (64 au Soleil et de même aux autres), se concluant par la dakṣiṇā ; il est promis bonheur et, après la mort, l’ascension « par l’orbe solaire » vers la Demeure Suprême. Viennent ensuite les Saptamīs des différents mois, chacune avec une observance nommée : Gaṅgā-vrata avec mille pots d’eau (Vaiśākha), Kamala-vrata avec un petit lotus d’or et le don d’une vache kapilā (avec jeûne), vrata des feuilles de nimba avec mantra et silence, Śarkarā-saptamī centrée sur la sainteté solaire du sucre, naissance d’Indra en tant que Soleil (Jyeṣṭha), manifestation de Vivasvān (Āṣāḍha), Avyaṅga-vrata et amplification par l’astre Hasta-nakṣatra (Śrāvaṇa), Amuktābharaṇa et culte de Maheśa sous l’aspect Soma, avec Phala-saptamī d’offrandes de fruits et cordon protecteur (Bhādra), Śubha-saptamī et observance du pañcagavya (Āśvina), Śāka-vrata avec don de légumes (Kārttika), Mitra-vrata identifiant l’œil droit de Viṣṇu à Mitra (Mārgaśīrṣa), Abhaya-vrata avec culte aux trois sandhyās et dāna de modaka (Pauṣa), Sarvāpti en Māgha-Kṛṣṇa avec disque solaire d’or et veille, Acala/Trilocana-jayantī et Rathā-saptamī avec don de char, Bhāskarī Saptamī avec bain à l’aube et feuilles d’arka/badarī, Putra-saptamī pour la progéniture, et en Phālguna Arkapuṭa/Trivargadā (culte des feuilles d’arka et régime). La conclusion affirme que la vénération mensuelle de Bhāskara à chaque Saptamī est, en elle-même, efficace pour accomplir les buts désirés.

Shlokas

Verse 1

सनातन उवाच । श्रृणु नारद वक्ष्यामि सप्तम्यास्ते व्रतान्यहम् । यानि कृत्वा नरो भक्त्या सूर्यसायुज्यमाप्नुयात् ॥ १ ॥

Sanātana dit : Écoute, ô Nārada. Je vais te dire les vœux à observer au jour de Saptamī (le septième jour lunaire) ; en les accomplissant avec bhakti, l’homme obtient le sāyujya, l’union avec Sūrya, le dieu Soleil.

Verse 2

चैत्रे तु शुक्लसप्तम्यां बहिः स्नानं समाचरेत् । स्थंडिले गोमयालिप्ते गौरमृत्तिकयास्तृते ॥ २ ॥

Au mois de Caitra, lors de la Saptamī de la quinzaine claire, on doit se baigner dehors selon le rite, sur un sthaṇḍila préparé, enduit de bouse de vache et recouvert d’une argile pâle et jaunâtre.

Verse 3

लिखित्वाष्टदलं पद्मं कर्णिकायां विभावम् । विन्यसेत्पूर्वपत्रे तु देवौ द्वौ कृतधातुकौ ॥ ३ ॥

Après avoir tracé un lotus à huit pétales, qu’on place Vibhāva dans le cœur central (karṇikā) ; et sur le pétale de l’Est, qu’on installe deux divinités façonnées en métal.

Verse 4

आग्नेयं च न्यसेन्पत्रे गंधर्वौ कृतकारकौ । दक्षिणे च न्यसेत्पत्रे तथैव राक्षसद्वयम् ॥ ४ ॥

Sur le pétale du sud-est (direction Āgneya), qu’on dépose les deux Gandharvas, Kṛta et Kāraka, figurés en images ; et de même, sur le pétale du sud, qu’on place la paire de Rākṣasas.

Verse 5

आकृतौ द्वौ न्यसेत्पत्रे नैर्ऋते मुनिसत्तम । काद्रवेयौ महानागौ पश्चिमे कृतचारकौ ॥ ५ ॥

Ô le meilleur des sages, sur le pétale du sud-ouest (Nairṛta) qu’on place deux figures ; et sur le pétale de l’Ouest qu’on dépose les deux grands Nāgas, les Kādraveyas, connus sous le nom de Kṛtacāraka.

Verse 6

वायव्य यातुधानौ द्वौ उत्तरे च ऋषिद्वयम् । ऐशान्ये विन्यसेत्पत्पे ग्रहमेको द्विजोत्तम ॥ ६ ॥

Au nord-ouest (vāyavya), qu’il place deux Yātudhānas; et au nord, une paire de Ṛṣi. Au nord-est (aiśānya), sur le diagramme en lotus, qu’il établisse un seul Graha, ô le meilleur des deux-fois-nés.

Verse 7

तेषां संपूजनं कार्यं गंधमाल्यानुलेपनैः । दीपैर्धूपैः सनैवेद्यैस्तांबूलक्रमुकादिभिः ॥ ७ ॥

On doit les adorer avec une vénération entière — par des parfums, des guirlandes et des onguents; par des lampes et de l’encens; avec le naivedya (offrande de nourriture), ainsi que des feuilles de bétel, des noix d’arec et autres offrandes semblables.

Verse 8

एवं संपूज्य होमं तु घृतेनाष्टशतं चरेत् । सूर्यस्याष्टाष्ट चान्येषां प्रदद्यादाहुतीः क्रमात् ॥ ८ ॥

Ainsi, après les avoir honorés comme il se doit, qu’on accomplisse le homa, en offrant du ghee huit cents fois. Puis, selon l’ordre prescrit, qu’on présente les oblations : soixante-quatre pour le Soleil, et de même pour les autres.

Verse 9

नाममंत्रेण वेद्यां वा ततः पूर्णाहुतिं ददेत् । दक्षिणा च ततो देया द्विजेभ्यः शक्तितो द्विज ॥ ९ ॥

Ensuite, avec le mantra du Nom (ou sur l’autel), qu’on offre la pūrṇāhuti, l’oblation finale et complète. Après cela, ô deux-fois-né, qu’on donne la dakṣiṇā aux brāhmaṇa selon ses moyens.

Verse 10

एतत्कृत्वा विधानं तु सर्वसौख्यमवाप्नुयात् । देहांते मण्डलं भानोर्भत्त्वा गच्छेत्परं पदम् ॥ १० ॥

Ayant accompli ce rite prescrit, on obtient toute sorte de bonheur; et, au terme de la vie, en perçant l’orbe du Soleil, on parvient à la Demeure Suprême.

Verse 11

वैशाखशुक्लसप्तम्यां जह्नुना जाह्नवी स्वयम् । क्रोधात्पीता पुनस्त्यक्ता कर्णरंध्रात्तु दक्षिणात् ॥ ११ ॥

Au septième jour lunaire (Saptamī) de la quinzaine claire de Vaiśākha, Jāhnavī (la Gaṅgā) elle-même, sous l’effet de la colère, fut bue par le sage Jahnu ; puis elle fut relâchée à nouveau, jaillissant par l’ouverture de son oreille droite.

Verse 12

तां तत्र पूजयेत्स्नात्वा प्रत्यूषे विमले जले । गंधपुष्पाक्षताद्यैश्च सर्वैरेवोपचारकैः ॥ १२ ॥

Après s’être baigné à l’aube dans une eau pure et sans tache, qu’on L’adore sur place, en offrant parfums, fleurs, grains de riz intacts (akṣata) et tous les autres services rituels usuels.

Verse 13

ततो घटसहस्रं तु देयं गंगाव्रते त्विदम् । भक्त्या कृतं सप्तकुलं नयेत्स्वर्गमसंशयः ॥ १३ ॥

Ainsi, dans ce vœu de la Gaṅgā (Gaṅgā-vrata), on doit offrir en don mille jarres d’eau. Accompli avec bhakti, il mène sans aucun doute sept générations de la lignée au ciel.

Verse 14

कमलव्रतमप्यत्र प्रोक्तं तद्विधिरुच्यते । तिलमात्रं तु सौवर्णं विधाय कमलं शुभम् ॥ १४ ॥

Ici encore a été enseigné le Kamala-vrata (Vœu du Lotus) ; à présent, on en dit la règle. Qu’on façonne un lotus de bon augure en or, de la taille d’un grain de sésame.

Verse 15

वस्त्रयुग्मावृतं कृत्वा गंधधूपादिनार्चयेत् । नमस्ते पद्महस्ताय नमस्ते विश्वधारिणे ॥ १५ ॥

Après avoir recouvert (l’icône sacrée) d’une paire de vêtements, qu’on L’adore avec parfums, encens et autres offrandes, en disant : «Hommage à Toi dont la main porte le lotus ; hommage à Toi, Soutien de l’univers.»

Verse 16

दिवाकर नमस्तुभ्यं प्रभाकर नमोऽस्तु ते । इति संप्रार्थ्य देवेशं सूर्ये चास्तमुपागते ॥ १६ ॥

Ô Faiseur du jour (Sūrya), salutations à Toi ; ô Dispensateur de lumière, que mon hommage Te soit offert. Ainsi, après avoir prié avec ferveur le Seigneur des dieux, lorsque le soleil s’approcha de son couchant, le rite (la récitation) s’acheva.

Verse 17

सोदकुंभं तु तत्पद्मं कपिलां च द्विजेऽर्पयेत् । तद्दिने तूपवस्तव्यं भोक्तव्यं च परेऽहनि ॥ १७ ॥

Ensuite, qu’on offre à un brāhmane une jarre pleine d’eau, ce lotus et une vache kapilā (au pelage fauve). Ce jour-là, qu’on observe le jeûne (upavāsa) et qu’on ne prenne nourriture que le lendemain.

Verse 18

संभोज्य ब्राह्मणान्भक्त्या व्रतसाकल्यमाप्नुयात् । निबव्रतं च तत्रेव तद्विधानं श्रृणुष्व मे ॥ १८ ॥

Après avoir nourri les brāhmanes avec dévotion (bhakti), on obtient l’accomplissement total du vœu (vrata). Et là même, qu’on accomplisse le rite de clôture du vœu selon le niyama ; écoute de moi la procédure correcte.

Verse 19

निंबपत्रैः स्मृता पूजा भास्करस्य द्विजोत्तम । खखोल्कायेति मंत्रेण प्रणवाद्येन नारद ॥ १९ ॥

Ô le meilleur des deux-fois-nés, il est enseigné que le culte de Bhāskara (le Soleil) se fait avec des feuilles de neem. Ô Nārada, qu’on emploie le mantra « khakholkāya », précédé du praṇava, Oṃ.

Verse 20

निंबपत्रं ततोऽश्नीयाच्छयेद्भूमौ च वाग्यतः । द्विजान्परेऽह्नि संभोज्य स्वयं भुंजीत बंधुभिः ॥ २० ॥

Ensuite, qu’il mange des feuilles de neem et s’étende sur le sol, en gardant le silence. Le lendemain, après avoir nourri les deux-fois-nés (brāhmanes), qu’il prenne lui-même son repas avec ses proches.

Verse 21

निंबपत्रव्रतं चैतत्कर्तॄणां सर्वसौख्यदम् । सप्तमी शर्कराख्यैषा प्रोक्ता तच्चापि मे श्रृणु ॥ २१ ॥

Ce vœu nommé « Vrata des feuilles de nimba » accorde toute félicité à ceux qui l’accomplissent. Ce septième jour lunaire (Saptamī) est déclaré porter le nom de « Śarkarā » ; écoute aussi cela de ma bouche.

Verse 22

अमृतं पिबतो हस्तात्सूर्यस्यामृतबिंदवः । निष्पेतुर्भुवि चोत्पन्नाः शालिमुद्गयवेक्षवः ॥ २२ ॥

Tandis que le Soleil buvait l’amṛta, des gouttes de ce nectar glissèrent de sa main. Tombées sur la terre, elles devinrent riz, haricot mungo, orge et canne à sucre.

Verse 23

शर्करा च ततस्तस्मादिक्षुसारामृतोपमा । इष्टा रवेरतः पुण्या शर्करा हव्यकव्ययोः ॥ २३ ॥

De cette essence de la canne naît le sucre (Śarkarā), semblable à l’amṛta. Ainsi le sucre est cher à Sūrya et tenu pour méritoire, tant pour les offrandes aux dieux (havis) que pour les rites aux ancêtres (kavya).

Verse 24

शर्करासप्तमी चैव वाजिमेधफलप्रदा । सर्वदुःखोपशमनी पुत्रसंततिवर्धिनी ॥ २४ ॥

L’observance de la « Śarkarā-saptamī » accorde vraiment le fruit du sacrifice de l’Aśvamedha. Elle apaise toutes les peines et accroît la descendance ainsi que la continuité de la lignée.

Verse 25

अस्यांतु शर्करादानं शर्कराभोजनं तथा । कर्तव्यं हि प्रयत्नेन व्रतमेतद्रविप्रियम् ॥ २५ ॥

En ce jour, il faut avec effort offrir du sucre en don et aussi en consommer ; car ce vœu est particulièrement cher à Ravi, le Soleil.

Verse 26

यः कुर्यात्परया भक्त्या स वै सद्गतिमाप्नुयात् । ज्येष्ठे तु शुक्लसप्तम्यां जात इंद्रो रविः स्वयम् ॥ २६ ॥

Celui qui l’accomplit avec une dévotion suprême obtient assurément l’état béni le plus élevé. Et, au septième jour de la quinzaine claire du mois de Jyeṣṭha, Indra lui-même naquit en tant que le Soleil, Ravi.

Verse 27

तं संपूज्य विधानेन सोपवासो जितेंद्रियः । स्वर्गतिं लभते विप्र देवेंद्रस्य प्रसादतः ॥ २७ ॥

Ô brāhmane, celui qui Le vénère selon le rite prescrit—en jeûnant et en maîtrisant ses sens—obtient la voie du ciel par la grâce d’Indra, souverain des dieux.

Verse 28

आषाढशुक्लसप्तम्यां विवस्वान्नाम भास्करः । जातस्तं तत्र संप्रार्च्य गन्धपुष्पादिभिः पृथक् ॥ २८ ॥

Au septième jour de la quinzaine claire du mois d’Āṣāḍha, le Soleil—Bhāskara—se manifesta sous le nom de Vivasvān. C’est pourquoi il convient de L’y adorer avec le respect requis, en offrant séparément parfums, fleurs et autres présents.

Verse 29

लभते सूर्यसायुज्यं विप्रेंद्रात्र न संशयः । श्रावणे शुक्लसप्तम्यामव्यंगाख्यं व्रतं शुभम् ॥ २९ ॥

Ô le meilleur des brāhmanes, il n’y a aucun doute que, par ce vœu propice nommé Avyaṅga-vrata, observé au septième jour de la quinzaine claire du mois de Śrāvaṇa, on obtient l’union (sāyujya) avec Sūrya, le Soleil.

Verse 30

कार्पासं तु चतुर्हस्तं सार्द्ध वस्त्रं हि गोपतेः । पूजांते प्रीतये देयं व्रतमेतच्छुभावहम् ॥ ३० ॥

À la fin du culte, on doit offrir à Gopati—le Seigneur, protecteur des êtres—une étoffe de coton de quatre coudées, avec un vêtement convenable, pour Sa satisfaction. Ce vœu est dispensateur d’heureux présages.

Verse 31

यदि चेद्धस्तयुक्तेयं तदा स्यात्पापनाशिनी । अस्यां दानं जपो होमः सर्वं चाक्षय्यतां व्रजेत् ॥ ३१ ॥

Et si ce temps/observance sacrée se trouve conjoint à la nakṣatra Hasta, il devient destructeur des péchés. En ce moment, l’aumône, la récitation des mantras (japa) et l’offrande au feu (homa)—bref toute œuvre pie—obtiennent un mérite impérissable, sans diminution.

Verse 32

भाद्रे तु शुक्लसप्तम्याममुक्ताभरणव्रतम् । सोमस्य तु महेशस्य पूजनं चात्र कीर्तितम् ॥ ३२ ॥

Au mois de Bhādra, le septième jour lunaire de la quinzaine claire, on doit observer le vœu nommé Amuktābharaṇa ; et dans cette observance est également prescrite l’adoration de Maheśa (Śiva) sous son aspect Soma.

Verse 33

गंगादिभिः षोडशभिरुपचारैः समर्चनम् । प्रार्थ्य प्रणम्य विसृजेत्सर्वकामसमृद्धये ॥ ३३ ॥

Qu’on adore (la divinité) par les seize offrandes rituelles, en commençant par l’eau du Gaṅgā et autres semblables. Après avoir prié et s’être incliné, qu’on conclue le culte (en prenant congé), pour l’accomplissement et la prospérité de tous les desseins désirés.

Verse 34

फलसप्तमिका चेयं तद्विधानमुदीर्यते । नालिकेरं च वृंताकं नारंगं बीजपूरकम् ॥ ३४ ॥

Ceci est la Phala-saptamī (la saptamī des fruits) ; voici maintenant la règle prescrite : on doit offrir/utiliser la noix de coco, l’aubergine (vṛntāka), l’orange et le cédrat/citron (bījapūraka).

Verse 35

कूष्मांडं बृहतीपूगमिति सप्त फलानि वै । महादेवस्य पुरतो विन्यस्यापरदोरकम् ॥ ३५ ॥

Ayant disposé devant Mahādeva sept fruits—le kūṣmāṇḍa (courge cendrée), le fruit de bṛhatī et la grappe de noix d’arec (pūga), entre autres—, on doit ensuite nouer le cordon protecteur (doraka) sur l’autre bras.

Verse 36

सप्ततन्तुकृतं सप्तग्रंथियुक्तं द्विजोत्तम । संपूज्य परया भक्त्या धारयेद्वामके करे ॥ ३६ ॥

Ô meilleur des deux-fois-nés, après avoir vénéré avec la bhakti la plus haute un cordon sacré fait de sept brins et muni de sept nœuds, qu’on le porte à la main gauche.

Verse 37

स्त्री नरो दक्षिणे चैव यावद्वर्षं समाप्यते । संभोज्य विप्रान्सप्तैव पायसेन विसृज्यस तान् ॥ ३७ ॥

Une femme et un homme doivent être offerts comme dakṣiṇā jusqu’à l’achèvement d’une année entière. Ensuite, après avoir nourri sept brāhmaṇas de pāyasa (riz au lait sucré), qu’on les congédie avec respect.

Verse 38

स्वयं भुंजीत मतिमान् व्रतसंपूर्तिहेतवे । फलानि तानि देयानि सप्तस्वपि द्विजेषु च ॥ ३८ ॥

Le sage doit lui-même prendre part à la nourriture afin d’achever le vœu; et ces fruits doivent aussi être donnés en don aux brāhmaṇas, aux sept sans exception.

Verse 39

एवं तु सप्त वर्षाणि कृत्वोपास्य यथाविधि । सायुज्यं लभते विप्र महादेवस्य तद्व्रती ॥ ३९ ॥

Ainsi, ô brāhmaṇa, après avoir accompli selon la règle le culte prescrit durant sept années, l’observant de ce vœu obtient le sāyujya, l’union avec Mahādeva.

Verse 40

आश्विने शुक्लपक्षे तु विज्ञेया शुभसप्तमी । तस्यां कृतस्नानपूजो वाचयित्वा द्विजोत्तमान् ॥ ४० ॥

Dans la quinzaine claire d’Āśvina, qu’on reconnaisse la septième tithi de bon augure, Śubha-saptamī. Ce jour-là, après le bain rituel et la pūjā, qu’on fasse réciter les textes sacrés par les meilleurs des deux-fois-nés.

Verse 41

आरभ्य कपिलांगां च संपूज्य प्रार्थयेत्ततः । त्वामहं दद्मि कल्याणि प्रीयतामर्यमा स्वयम् ॥ ४१ ॥

Après avoir commencé le rite et vénéré comme il se doit Kapilāṅgā (la sainte aux membres fauves), qu’il prie ensuite : «Ô dame de bon augure, je te donne (en mariage). Que l’Aryamā lui‑même soit satisfait».

Verse 42

पालय त्वं जगत्कृत्स्नं यतोऽसि धर्मसम्भवा । इत्युक्त्वा वेदविदुषे दत्त्वा कृत्वा च दक्षिणाम् ॥ ४२ ॥

«Protège l’univers tout entier, car tu es née du Dharma.» Ayant ainsi parlé, il remit au savant connaisseur du Veda la dakṣiṇā, l’honoraire sacerdotal dûment offert.

Verse 43

नमस्कृत्य स्वयं विप्र विसृजेत्प्राशयेत्वरवयम् । पंचगव्यं व्रतं चेत्थं विधाय श्वो द्विजोत्तमान् ॥ ४३ ॥

Après avoir d’abord rendu ses salutations respectueuses, le brāhmane doit lui‑même les congédier, puis faire prendre part (au repas) au groupe d’excellence. Ainsi, après avoir accompli le vœu du pañcagavya selon la règle, le lendemain il doit honorer et nourrir les meilleurs des deux‑fois‑nés.

Verse 44

भोजयित्वा स्वयं चाद्यात्तदन्नं द्विजशेषितम् । कृतं ह्येतद्व्रतं विप्र सुभाष्यं श्रद्धयान्वितः ॥ ४४ ॥

Après avoir d’abord nourri les brāhmanes, qu’il mange ensuite lui‑même la nourriture restée après eux. Ô brāhmane, ce vœu est véritablement accompli comme il faut lorsqu’il est observé avec foi respectueuse et avec des paroles de bon augure (récitation correcte).

Verse 45

देवदेवप्रसादेन भुक्तिमुक्तिमवाप्नुयात् । अथ कार्तिकशुक्लायां शाकाख्यं सप्तमीव्रतम् ॥ ४५ ॥

Par la grâce du Dieu des dieux, on obtient à la fois la jouissance en ce monde et la délivrance. Maintenant (est décrit) le vœu nommé Śāka, à observer le septième jour lunaire de la quinzaine claire de Kārttika.

Verse 46

तस्यां तु सप्तशाकानि सस्वर्णकमलानि च । प्रदद्यात्सप्तविप्रेभ्यः शाकाहारस्ततः स्वयम् ॥ ४६ ॥

En cette occasion, on doit offrir à sept brāhmaṇas sept sortes de légumes, avec des lotus d’or; puis, l’on doit soi-même subsister d’un régime de légumes.

Verse 47

द्वितीयेऽह्नि द्विजान्भोज्य दत्वा तेभ्योऽन्नदक्षिणाम् । विसृज्य बंधुभिः सार्द्धं स्वयं भुञ्जीत वाग्यतः ॥ ४७ ॥

Le second jour, après avoir nourri les dvija (brāhmaṇas) et leur avoir donné nourriture et dakṣiṇā selon l’usage, on doit les congédier; puis, avec ses proches, on mangera soi-même en retenant sa parole.

Verse 48

मार्गस्य सितसप्तम्यां मित्रव्रतमुदाहृतम् । यद्विष्णोर्दक्षिणं नेत्रं तदेव कृतवानिह ॥ ४८ ॥

Au septième jour de la quinzaine claire du mois de Mārgaśīrṣa est prescrit le vœu nommé Mitra-vrata. Ce qui est l’œil droit de Viṣṇu, cela même est ici établi comme son centre sacré.

Verse 49

अदित्यां कश्यपाज्जज्ञे मित्रो नामा दिवाकरः । अतोऽस्यां पूजनं तस्य यथोक्तविधिना द्विज ॥ ४९ ॥

D’Aditi, par Kaśyapa, naquit le Soleil, nommé Mitra. C’est pourquoi, en ce jour, ô dvija, son culte doit être accompli selon le rite prescrit.

Verse 50

कृत्वा द्विजान्भोजयित्वा सप्तैव मधुरादिना । सुवर्णदक्षिणां दत्वा विसृज्याश्नीत च स्वयम् ॥ ५० ॥

Après avoir préparé le rite, ayant nourri les dvija (brāhmaṇas) avec sept offrandes sucrées et autres, et leur ayant donné une dakṣiṇā d’or, on doit les congédier avec respect; puis manger soi-même.

Verse 51

कृत्वैतद्विधिना लोकं सृर्य्यस्य व्रजति ध्रुवम् । द्विजो ब्राह्मं तथा शूद्रः सत्कुले जन्म चाप्नुयात् ॥ ५१ ॥

Celui qui l’accomplit selon le rite prescrit atteint assurément le monde de Sūrya. Le deux-fois-né obtient l’état brahmanique, et même le Śūdra reçoit naissance dans une lignée noble.

Verse 52

पौषस्य शुक्लसप्तम्यां व्रतं चाभयसंज्ञितम् । उपोष्य भानुं त्रिःसन्ध्यं समभ्यर्च्य धरास्थितः ॥ ५२ ॥

Au jour de Śukla-saptamī (septième jour de la quinzaine claire) du mois de Pauṣa, qu’on observe le vœu nommé « Abhaya ». Après le jeûne, qu’on adore Bhānu (le Soleil) trois fois aux trois sandhyā—matin, midi et soir—en demeurant à même le sol, dans l’humilité.

Verse 53

क्षीरसिक्तान्नसंबद्धं मोदकं प्रस्थसंमितम् । द्विजाय दत्वा भोज्यान्यान्सप्ताष्टभ्यश्च दक्षिणाम् ॥ ५३ ॥

Qu’on prépare un modaka, lié de riz trempé dans le lait, d’une mesure d’un prastha, et qu’on l’offre à un deux-fois-né (brāhmaṇa). Qu’on donne aussi d’autres mets et une dakṣiṇā à sept ou huit brāhmaṇas.

Verse 54

पृथवी वा सुवर्णं वा विसृज्याश्नीत च स्वयम् । अभयाख्यं व्रतं त्वेतत्सर्वस्याभयदं स्मृतम् ॥ ५४ ॥

Après avoir donné en don de la terre ou de l’or, qu’on prenne ensuite soi-même la nourriture. Ce vœu est appelé Abhaya-vrata et il est mémorisé comme accordant l’intrépidité, l’absence de peur, à tous.

Verse 55

मार्तंडाख्यं व्रतं नाम कथयंति द्विजाः परे । एकमेवेति च प्रोक्तमेकदैवतया बुधैः ॥ ५५ ॥

Certains sages deux-fois-nés évoquent un vœu nommé Mārtaṇḍa-vrata. Et les avisés le déclarent aussi « unique », car il est observé avec une seule divinité pour objet.

Verse 56

माघे तु कृष्णसप्तम्यां व्रतं सर्वाप्तिसंज्ञकम् । समुपोष्य दिने तस्मिन्सम्पूज्यादित्यबिम्बकम् ॥ ५६ ॥

Au mois de Māgha, le septième jour lunaire de la quinzaine sombre (kṛṣṇa-saptamī), on doit entreprendre le vœu nommé « Sarvāpti » (obtention de tous les buts). Après avoir observé un jeûne complet ce jour-là, on doit vénérer comme il se doit le disque solaire, image d’Āditya (le Soleil).

Verse 57

सौवर्णं गंधपुष्पाद्यैः कृत्वा रात्रौ च जागरम् । परेऽह्नि विप्रान्सम्भोज्य पायसेन तु सप्त वै ॥ ५७ ॥

Après avoir préparé une offrande d’or, avec des substances parfumées, des fleurs et autres, et après avoir veillé toute la nuit, le lendemain on doit nourrir sept brāhmaṇas de pāyasa, riz au lait sucré.

Verse 58

दक्षिणां नालिकेराणि तेभ्यो दत्वा गुरुं ततः । सौवर्णं तु रवेर्बिम्बं युक्तं दक्षिणयान्यया ॥ ५८ ॥

D’abord, leur donner la dakṣiṇā sous forme de noix de coco. Ensuite, offrir au Guru un disque d’or représentant Ravi (le Soleil), accompagné d’une autre dakṣiṇā en supplément.

Verse 59

समर्प्य च भृशं प्रार्थ्य विसृज्याद्यात्स्वयं ततः । एतत्सर्वाप्तिदं नाम संप्रोक्तं सार्वकामिकम् ॥ ५९ ॥

Après l’avoir offert et avoir prié avec ferveur, on doit relâcher (l’offrande) et s’en aller de soi-même. Ce Nom a été proclamé dispensateur de toutes les obtentions, accomplissant tout désir légitime.

Verse 60

व्रतस्यास्य प्रभावेण द्वैतं सिध्येद्धि सर्वथा । माघस्य शुक्लसप्तम्यामचलाख्यं व्रतं स्मृतम् ॥ ६० ॥

Par la puissance de ce vœu, le dvaita (la dualité) s’accomplit assurément de toutes les manières. Ce vœu, mémorisé sous le nom d’« Acala » (l’Inébranlable), doit être observé au septième jour lunaire de la quinzaine claire de Māgha.

Verse 61

त्रिलोचनजयंतीयं सर्वपापहरा स्मृता । रथाख्या सप्तमी चेयं चक्रवर्तित्वदायिनी ॥ ६१ ॥

Cette observance, appelée Trilocana-jayantī, est tenue pour celle qui efface tous les péchés. Et ce septième jour lunaire, nommé Rathā-saptamī, confère la dignité de cakravartin, souverain universel.

Verse 62

अस्यां समर्च्य सवितुः प्रतिमां तु हैमीं हैमाश्वयुक्तरथगां तु ददेत्सहेभाम् । यो भावभक्तिसहितः स गतो हि लोकं शम्भोः स मोदत इहापि च भुक्तभोगः ॥ ६२ ॥

En cette occasion, après avoir vénéré selon le rite une effigie d’or de Savitṛ (le Soleil), on doit offrir en don un char attelé de chevaux d’or, avec des éléphants. Celui qui accomplit cela avec bhāva-bhakti, une dévotion du cœur, atteint le monde de Śambhu (Śiva) ; et même ici-bas il se réjouit, ayant goûté des prospérités dignes.

Verse 63

भास्करी सप्तमी चेयं कोटिभास्वद्ग्रहोपमा । अरुणोदयवेलायामस्यां स्नानं विधीयते ॥ ६३ ॥

Voici la Bhāskarī Saptamī, dont l’éclat est comparable à celui de dix millions de soleils. En ce jour sacré, le bain est prescrit à l’heure de l’aruṇodaya, lorsque l’aube se lève.

Verse 64

अर्कस्य च बदर्याश्च सप्त सप्त दलानि वै । निधाय शिरसि स्नायात्सप्तजन्माघशांतये ॥ ६४ ॥

En déposant sur la tête sept feuilles d’arka et sept feuilles de badarī, qu’on prenne le bain ; on dit que cela apaise les péchés accumulés au cours de sept naissances.

Verse 65

पुत्रप्रदं व्रतं चात्र प्राहादित्यः स्वयं प्रभुः । यो माघसितप्तम्यां पूजयेन्मां विधानतः ॥ ६५ ॥

Ici, le Seigneur Āditya lui-même a proclamé un vœu qui accorde des fils : quiconque m’adore au jour de Saptamī du mois de Māgha, selon le rite prescrit, obtient une descendance.

Verse 66

तस्याहं पुत्रतां यास्ये स्वांशेन भृशतोषितः । तस्माज्जितेंद्रियो भूत्वा समुपोष्य दिवानिशम् ॥ ६६ ॥

Fort satisfait de lui par une part de Ma propre essence, Je naîtrai comme son fils. C’est pourquoi, ayant dompté les sens, on doit observer le jeûne selon la règle, jour et nuit.

Verse 67

पूजयेदपरे चाह्नि होमं कृत्वा द्विजां स्ततः । दध्योदनेन पयसा पायसेन च भोजयेत् ॥ ६७ ॥

Ensuite, dans la dernière partie du jour, après avoir accompli le homa (offrande au feu) et rendu le culte selon la règle, qu’il nourrisse les dvija (brāhmaṇa) de riz mêlé de caillé, de lait et de pāyasa (riz au lait sucré).

Verse 68

अनेन विधिना यस् कुरुते पुत्रसप्तमीः । लभते स तु सत्पुत्रं चिरायुषमनामयम् ॥ ६८ ॥

Quiconque observe le vœu de Putra-saptamī selon cette procédure prescrite obtient un fils vertueux, de longue vie et exempt de maladie.

Verse 69

तपस्यशुक्लसप्तम्यां व्रतमर्कपुटं चरेत् । अर्कपत्रैर्यजेदर्कमर्कपत्राणि चाश्नुयात् ॥ ६९ ॥

Au septième jour de la quinzaine claire du mois de Tapasya (Phālguna), on doit observer le vœu nommé Arkapuṭa. Qu’on vénère la plante Arka avec des feuilles d’Arka, et qu’on prenne aussi des feuilles d’Arka comme nourriture rituelle.

Verse 70

अर्कनाम जपेच्छश्वदित्थं चार्कपुटव्रतम् । धनदं पुत्रदं चैतत्सर्वपापप्रणाशनम् ॥ ७० ॥

Ainsi, qu’on répète sans cesse le Nom d’Arka (le Soleil) : tel est l’Arkapuṭa-vrata. Il accorde richesse et descendance, et détruit tous les péchés.

Verse 71

त्रिवर्गदामिति प्राहुः केचिदेतद्वतं द्विज । यज्ञव्रतं तथाप्यन्ये विधिवद्धोमकर्मणा ॥ ७१ ॥

Ô brāhmane, certains nomment cette observance «Trivargadā» ; d’autres, au contraire, l’appellent «Yajña-vrata», car elle s’accomplit selon la règle par le rite du homa, l’oblation au feu sacré.

Verse 72

सर्वासु सर्वमासेषु सप्तमीषु द्विजोत्तमः । भास्कराराधनं प्रोक्तं सर्वकामिकमित्यलम् ॥ ७२ ॥

Ô le meilleur des deux-fois-nés, à chaque Saptamī (septième jour lunaire) de tous les mois, l’adoration de Bhāskara, le Soleil, est enseignée et proclamée—suffisante en elle-même—comme accomplissant tous les vœux désirés.

Verse 73

इति श्रीबृहन्नारदीयपुराणे पूर्वभागे बृहदुपाख्याने चतुर्थपादे द्वादशमासस्थितसप्तमीव्रतनिरूपणं नाम षोडशाधिकशततमोऽध्यायः ॥ ११६ ॥

Ainsi s’achève, dans le vénérable Bṛhannāradīya Purāṇa—au sein du Pūrva-bhāga, dans le Grand Récit (Bṛhad-upākhyāna), au Quatrième Pāda—le cent-seizième chapitre intitulé «Exposé du vœu de Saptamī observé durant douze mois».

Frequently Asked Questions

It functions as a ritual cosmogram: the lotus-maṇḍala centers Vibhāva/Āditya while the dik-sthāpanā distributes attendant classes (Gandharvas, Rākṣasas, Nāgas/Kādraveyas, Yātudhānas, Ṛṣis, and a graha) to stabilize the rite spatially. This reflects Purāṇic vrata-kalpa’s concern for correct orientation, completeness of worship, and the integration of cosmic order (dik, graha, gaṇa) into household liturgy.

The chapter grounds it in a mythic etiology: nectar drops associated with the Sun become grains and sugarcane; therefore sugar is declared प्रिय (dear) to Sūrya and suitable for both havis (deva offerings) and kavya (ancestral rites). The vow’s phala is amplified to Aśvamedha-equivalent merit, linking a simple food-gift to high sacrificial prestige.

Āditya himself states that worship on Māgha Saptamī grants sons, promising to incarnate through a portion of his own essence as the devotee’s child. The rite combines fasting, homa, and brāhmaṇa-feeding with dairy-rice offerings, aligning personal lineage goals with solar divinity and disciplined observance.