Adhyaya 72
Vastu-Pratishtha & Isana-kalpaAdhyaya 7250 Verses

Adhyaya 72

Chapter 72 — स्नानविशेषादिकथनम् (Special Rules of Bathing, Mantra-Purification, and Sandhyā)

Ce chapitre (dans le courant Vāstu-Pratiṣṭhā & Īśāna-kalpa) établit la purification comme fondement technique du culte et de la consécration. Le Seigneur instruit Skanda sur le bain (snāna) quotidien et occasionnel, en commençant par la manipulation rituelle de la terre/argile (mṛd) et sa purification par l’astra-mantra. La procédure enchaîne le lavage du corps avec des divisions d’herbe, la rétention du souffle et l’immersion, le souvenir du hṛdyāstra, puis la purification après le bain, suivie de l’Astra-sandhyā et du vidhisnāna. Elle s’étend ensuite à des actes gouvernés par les mudrā (aṅkuśa, saṃhāra), à la projection directionnelle du mantra, et à des récitations rafraîchissantes et auspiciennes centrées sur Śiva, appliquées de la tête aux pieds, incluant la fermeture des ouvertures sensorielles (sammukhīkaraṇa). Le chapitre répertorie des bains spécialisés (Agneya, Māhendra, mantra-snāna, mānasa-snānā) et des purifications selon les circonstances (après le sommeil, la nourriture, le contact). Il expose ensuite le Sandhyā-vidhi : ācamana, prāṇāyāma, récitation mentale, méditations divines pour le matin/midi/soir, une quatrième sandhyā « témoin » pour les connaisseurs, et une sandhyā intérieure ésotérique. Enfin, il détaille les hand-tīrtha, mārjana et aghamarṣaṇa, l’arghya et le Gāyatrī-japa, ainsi qu’une séquence structurée de tarpaṇa aux dieux, ṛṣi, pitṛ, directions et êtres protecteurs, faisant de la pureté rituelle la porte d’une pratiṣṭhā réussie et du culte orienté vers Īśāna.

Shlokas

Verse 1

इत्य् आदिमहापुराणे आग्नेये विनायकपूजाकथनं नाम एकसप्ततितमो ऽध्यायः अथ द्विसप्ततितमो ऽध्यायः स्नानविशेषादिकथनं ईश्वर उवाच वक्ष्यामि स्कन्द नित्याद्यं स्नानं पूजां प्रतिष्ठया खात्वासिना समुद्धृत्य मृदमष्टाङ्गुलां ततः

Ainsi, dans l’Agni Purāṇa—au sein du Mahāpurāṇa primordial—le soixante-et-onzième chapitre est intitulé « Exposé du culte de Vināyaka ». Commence maintenant le soixante-douzième chapitre, « Exposé des règles particulières du bain rituel et des observances connexes ». Le Seigneur dit : « Ô Skanda, j’expliquerai le bain quotidien (et les autres), avec l’adoration et la procédure de consécration. Ensuite, après avoir creusé et extrait une terre pure à l’aide d’une bêche, qu’on prenne une mesure d’argile de huit largeurs de doigt. »

Verse 2

सर्वात्मना समुद्धृत्य पुनस्तेनैव पूरयेत् शिरसा पयसस्तीरे निधायास्त्रेण शोधयेत्

L’ayant entièrement retirée, qu’on la comble de nouveau avec cette même (matière). La déposant sur la rive de l’eau, la tête inclinée, qu’on la purifie au moyen du mantra de l’arme (astra).

Verse 3

तृणानि शिखयोद्धृत्य वर्मणा विभजेत्त्रिधा एकया नाभिपादान्तं प्रक्षाल्य पुनरन्यया

Ayant arraché des brins d’herbe par leurs pointes, qu’on les divise en trois parts au moyen de la protection (varmaṇa). Avec une part, qu’on lave depuis le nombril jusqu’à l’extrémité des pieds; puis, de nouveau, avec une autre part.

Verse 4

अस्त्राभिलब्धयालभ्य दीप्तया सर्वविग्रहं निरुद्धाक्षाणि पाणिभ्यां प्राणान् संयम्य वारिणि

L’ayant obtenu par l’accomplissement du mantra de l’arme (astra), avec la puissance flamboyante qui pénètre tout le corps, qu’on ferme les yeux des deux mains, qu’on maîtrise les souffles vitaux (prāṇa), puis qu’on s’immerge dans l’eau.

Verse 5

निमज्यासीत हृद्यस्त्रं स्मरन् कालानलप्रभं विघ्नराजक इति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः निजास्त्रेण विशोधयेदिति ख, ग, चिह्नितपुस्तकपाठः मलस्नानं विशोधयेत्थं समुत्थाय जलान्तरात्

Après s’être immergé, qu’il demeure dans l’eau en se remémorant le Hṛdyāstra, « l’Arme du Cœur », éclatant comme le kālānala, le feu du Temps. (Certaines leçons manuscrites signalées ajoutent : prononcer « vighnarājaka ».) Puis, en se relevant de l’intérieur de l’eau, qu’il purifie le bain accompli pour ôter l’impureté du corps—(selon certaines leçons) au moyen de son propre astra-mantra.

Verse 6

अस्त्रसन्ध्यामुपास्याथ विधिस्नानं समाचरेत् सारस्वतादितीर्थानां एकमङ्कुशमुद्रया

Après avoir accompli le culte de l’Astra-sandhyā, qu’il entreprenne ensuite le bain rituel prescrit selon la règle. Et par une seule Aṅkuśa-mudrā, on peut obtenir le rite ou le fruit des tīrtha sacrés, à commencer par le Sārasvata tīrtha.

Verse 7

हृदाकृष्य तथा स्नाप्य पुनः संहारमुद्रया शेषं मृद्भागमादाय प्रविश्य नाभिवारिणि

L’ayant attiré dans le cœur et l’ayant baigné ainsi, puis de nouveau au moyen de la Saṃhāra-mudrā, prenant la portion restante d’argile, qu’il l’introduise dans l’eau au niveau du nombril (nābhi).

Verse 8

वामपाणितले कुर्याद्भागत्रयमुदङ्मुखः अङ्गैर् दक्षिणमेकाद्यं पूर्वमस्त्रेण सप्तधा

Tourné vers le nord, qu’il marque trois divisions sur la paume de la main gauche. Puis, du côté droit, en commençant par le premier aṅga, qu’il accomplisse les placements dans l’ordre; et du côté oriental (de face), qu’il applique l’astra-mantra selon une séquence de sept fois.

Verse 9

शिवेन दशधा सौम्यं जपेद्भागत्रयं क्रमात् सर्वदिक्षु क्षिपेत् पूर्वं हूं फडन्तशरात्मना

L’ayant précédée ou investie par le Śiva-mantra, qu’on récite dix fois la formule douce (Saumya), puis qu’on applique ses trois parties dans l’ordre requis. D’abord, qu’on la projette dans toutes les directions comme un mantra en forme de flèche se terminant par « hūṃ » et « phaṭ ».

Verse 10

कुर्याच्छिवेन सौम्येन शिवतीर्थं भुजक्रमात् सर्वाङ्गमङ्गजप्तेन मूर्धादिचरणावधि

Avec le mantra doux (rafraîchissant) de Śiva, on doit accomplir le rite du Śiva-tīrtha en progressant successivement le long des bras ; et, par la récitation mantrique pour l’auspice de tout le corps, on l’applique de la tête jusqu’aux pieds.

Verse 11

दक्षिणेन समालभ्य पठन्नङ्गचतुष्टयम् पिधाय खानि सर्वाणि सम्मुखीकरणेन च

Après avoir touché le corps/les membres de la main droite, on doit réciter la formule des quatre membres (aṅga-catuṣṭaya) ; et, par l’acte de « sammukhīkaraṇa » (mettre au-devant), on doit aussi fermer toutes les ouvertures (des sens).

Verse 12

शिवं स्मरन्निमज्जेत हरिं गङ्गेति वा स्मरन् वौषडन्तषडङ्गेन के कुर्यादभिषेचनं

On doit s’immerger dans l’eau en se souvenant de Śiva ; ou en se souvenant de Hari, ou en prononçant « Gaṅgā ». Avec le mantra à six membres (ṣaḍ-aṅga) se terminant par « vauṣaṭ », on doit accomplir l’abhiṣecana, l’aspersion consécratoire.

Verse 13

कुम्भमात्रेण रक्षार्थं पूर्वादौ निक्षिपेज्जलं स्नात्वा रजोपचारेण सुगन्धामलकादिभिः

Pour la protection, avec un seul pot d’eau, on doit déposer ou asperger l’eau vers l’est d’abord, puis vers les autres directions. Après le bain, on doit accomplir le culte avec le rajo-upacāra (offrandes en poudre), au moyen de substances parfumées telles que l’āmalaka et autres.

Verse 14

स्नात्वा चोत्तीर्य तत्तीर्थं संहारिण्योपसंहरेत् अथातो विधिशुद्धेन संहितामन्त्रितेन च

Après s’être baigné puis être sorti de ce tīrtha (gué sacré), on doit accomplir l’upasaṃhāra, le retrait conclusif, au moyen de la Saṃhāriṇī (formule de conclusion/recueillement). Ensuite, on doit poursuivre avec ce qui est purifié par la procédure correcte (vidhi-śuddha) et accompagné de la récitation des mantras de la Saṃhitā.

Verse 15

निवृत्यादिविशुद्धेन भस्मना स्नानमाचरेत् शिरस्तः पादपर्यन्तं ह्रूं फडन्तशरात्मना

On doit se baigner avec la cendre sacrée (bhasma) purifiée par les principes-mantra commençant par Nivṛtti, en l’appliquant de la tête jusqu’aux pieds, tout en s’identifiant au mantra protecteur, tel un trait, se terminant par « phaṭ » avec « hrūṃ ».

Verse 16

तेन कृत्वा मलस्नानं विधिस्नानं समाचरेत् क्रूं फडन्तशरात्मना इति ख, ङ, चिह्नितपुस्तकद्वयपाठः क्रूं फडन्तशरात्मना इति ख, ङ, चिह्नितपुस्तकद्वयपाठः ईशतत्पुरुषाघोरगुह्यकाजातसञ्चरैः

Après avoir ainsi accompli le malasnāna (bain de nettoyage des souillures), on doit ensuite exécuter le vidhisnāna (bain rituel prescrit), en employant le mantra sous forme d’arme-projectile : « krūṃ, phaḍ » (ainsi lisent les manuscrits marqués ‘kha’ et ‘ṅa’). [Cela se fait] avec les courants mantriques liés à Īśa, Tatpuruṣa, Aghora, Guhyaka et Ājāta.

Verse 17

क्रमेणोद्धूनयेन्मूर्ध्नि वक्त्रहृद्गुह्यविग्रहात् सन्ध्यात्रये निशीथे च वर्षापूर्वावसानयोः

Dans l’ordre prescrit, on doit secouer (les impuretés) vers le sommet de la tête, en partant de la bouche, du cœur, de la partie secrète et du corps. Cela se fait aux trois sandhyā (jonctions crépusculaires du jour), à minuit, et au commencement comme à la fin de la saison des pluies.

Verse 18

सुप्त्वा भुक्त्वा पयः पीत्वा कृत्वा चावश्यकादिकम् स्त्रीपुन्नपुंसकं शूद्रं विडालशशमूषिकम्

Après avoir dormi, après avoir mangé, après avoir bu du lait, et après avoir accompli des actes nécessaires tels que l’évacuation et autres, on doit pratiquer la purification (ācamanā) ; de même après contact avec une femme, un homme, un napuṃsaka, un Śūdra, un chat, un lièvre ou une souris.

Verse 19

स्नानमाग्नेयकं स्पृष्ट्वा शुचा वुद्धूलकं चरेत् सूर्यांशुवर्षसम्पर्कैः प्राङ्मुखेनोर्ध्वबाहुना

Après avoir touché (accompli) le bain Agneya, on doit, avec pureté, pratiquer le vuddhūlaka (bain de poussière, en se roulant dans une poussière propre). Par contact avec les rayons du soleil et la pluie qui tombe, qu’on le fasse face à l’est, les bras levés.

Verse 20

माहेन्द्रं स्नानमैशेन कार्यं सप्तपदावधि गोसङ्घमध्यगः कुर्यात् खुरोत्खातकरेणुभिः

Le bain māhendra doit être accompli selon la méthode d’Īśa : on se tient au milieu d’un troupeau de vaches et on l’exécute sur une distance de sept pas, en utilisant la poussière soulevée par leurs sabots.

Verse 21

पावनं नवमन्त्रेण स्नानन्तद्वर्मणाथवा सद्योजातादिभिर्मन्त्रैर् अम्भोभिरभिषेचनम्

La purification s’accomplit en se baignant avec l’ensemble des neuf mantras (nava-mantra), ou bien avec la « cuirasse » protectrice (varma-mantra) ; ou encore en aspergeant la personne d’eau consacrée par des mantras tels que « Sadyojāta » et les autres.

Verse 22

मन्त्रस्नानं भवेदेवं वारुणाग्नेययोरपि मनसा मूलमन्त्रेण प्राणायामपुरःसरम्

Ainsi, le bain par mantra (mantra-snānā) doit être accompli de la même manière dans les rites liés à Varuṇa et à Agni : réalisé mentalement avec le mantra racine (mūla-mantra), et précédé de la pratique du prāṇāyāma.

Verse 23

कुर्वीत मानसं स्नानं सर्वत्र विहितं च यत् वैष्णवादौ च तन्मन्त्रैर् एवं स्नानादि कारयेत्

On doit accomplir le bain mental (mānasa-snānā), prescrit en toute circonstance ; et, dans les rites vaiṣṇava et autres, on accomplira de même le bain et les purifications connexes au moyen de leurs mantras propres.

Verse 24

सन्ध्याविधिं प्रवक्ष्यामि मन्त्रैर् भिन्नैः समं गुह संवीक्ष्य त्रिः पिवेदम्बु ब्रह्मतीर्थेन शङ्करैः

J’exposerai le rite de la Sandhyā, avec ses mantras distincts. Après avoir regardé dans le creux des paumes jointes, on doit siroter l’eau trois fois en utilisant le brahma-tīrtha (la base du pouce).

Verse 25

स्वधान्तैर् आत्मतत्त्वाद्यैस्ततः खानि स्पृशेद्धृदा शकलीकरणं कृत्वा प्राणायामेन संस्थितः

Ensuite, au moyen des mantras se terminant par « svadhā », en commençant par l’Ātma-tattva (principe du Soi), il doit toucher avec résolution ferme les ouvertures du corps ; ayant accompli le rite de śakalīkaraṇa (division/placement en parties), il doit demeurer établi dans le prāṇāyāma (maîtrise réglée du souffle).

Verse 26

त्रिः समावर्तयेन् मन्त्री मनसा शिवसंहितां आचम्य न्यस्य सन्ध्याञ्च ब्राह्मीं प्रातः स्मरेन्नरः

Le pratiquant de mantra doit réciter mentalement trois fois la collection des mantras de Śiva ; puis, après avoir accompli l’ācamana (purification par l’eau) et le nyāsa (imposition du mantra sur le corps), il doit, au matin, se souvenir de la Sandhyā Brāhmī.

Verse 27

हंसपद्मासनां रक्तां चतुर्वक्त्रां चतुर्भुजां गुह्यकाजातसंरवैर् इति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः तत्खरोत्खातरेणुभिरिति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः स्मरेत्तत इति ग, चिह्नितपुस्तकपाठः प्रस्कन्दमालिनीं दक्षे वामे दण्डकमण्डलुं

Qu’on médite sur (la Déesse) assise sur un cygne et sur un siège de lotus, rouge de complexion, à quatre visages et quatre bras… portant une guirlande retombant sur la poitrine ; dans la main droite, elle tient le japamālā (chapelet), et dans la gauche, le daṇḍa et le kamaṇḍalu (bâton et vase à eau).

Verse 28

तार्क्ष्यपद्मासनां ध्यायेन्मध्याह्ने वैष्णवीं सितां शङ्खचक्रधरां वामे दक्षिणे सगदाभयं

À midi, qu’on médite sur la Vaiṣṇavī, blanche et rayonnante, assise sur Garuḍa (tārkṣya) et sur un siège de lotus ; de la main gauche elle porte la conque (śaṅkha) et le disque (cakra), et de la main droite la massue (gadā) tout en montrant le geste d’abhayā (absence de crainte).

Verse 29

रौद्रीं ध्यायेद् वृषाब्जस्थां त्रिनेत्रां शशिभूषितां त्रिशूलाक्षधरां दक्षे वामे साभयशक्तिकां

Qu’on médite sur Raudrī, assise sur le taureau (vṛṣa) et sur un siège de lotus, à trois yeux, ornée de la lune ; de la main droite elle tient le trident (triśūla) et la hache, et de la main gauche la lance (śakti) tout en accordant l’abhayā (absence de crainte).

Verse 30

साक्षिणीं कर्मणां सन्ध्यां आत्मानंतत्प्रभानुगं चतुर्थी ज्ञानिनः सन्ध्या निशीथादौ विभाव्यते

La méditation du crépuscule, Témoin des actes—à savoir le Soi (Ātman) qui suit, c’est-à-dire est illuminé par cette radiance—est la quatrième Sandhyā pour les connaisseurs; elle doit être contemplée au commencement de minuit.

Verse 31

हृद्बिन्दुब्रह्मरन्ध्रेषु अरूपा तु परे स्थिता शिवबोधपरा या तु सा सन्ध्या मरमोच्यते

Cette pratique intérieure, sans forme, demeure dans la Réalité suprême au sein du cœur, au point subtil (bindu) et dans l’ouverture de Brahman (brahma-randhra) au sommet du crâne; vouée à la réalisation de Śiva, elle est appelée la Sandhyā de l’enseignement secret/intérieur.

Verse 32

पैत्र्यं मूले प्रदेशिन्याः कनिष्ठायाः प्रजापतेः ब्राह्म्यमङ्गुष्ठमूलस्थं तीर्थं दैवं कराग्रतः

À la base de l’index se trouve le tīrtha des Pitṛ (ancêtres) ; à la base de l’auriculaire se trouve le tīrtha de Prajāpati. À la base du pouce se trouve le tīrtha Brāhma, et aux extrémités de la main (le bout des doigts) se trouve le tīrtha Daiva (divin).

Verse 33

सव्यपाणितले वह्नेस्तीर्थं सोमस्य वामतः ऋषीणां तु समग्रेषु अङ्गुलीपर्वसन्धिषु

Sur la paume de la main gauche se trouve le tīrtha d’Agni ; à sa gauche se trouve le tīrtha de Soma. Les tīrthas des Ṛṣi, dans leur ensemble, sont situés aux jonctions des articulations des doigts.

Verse 34

ततः शिवात्मकैर् मन्त्रैः कृत्वा तीर्थं शिवात्मकं मार्जनं संहितामन्त्रैस्तत्तोयेन समाचरेत्

Ensuite, après avoir consacré l’eau rituelle (tīrtha) par des mantras qui incarnent Śiva, en en faisant un tīrtha de nature śivaïte, on doit accomplir le mārjana (aspersion/essuyage purificatoire) avec les mantras de la Saṃhitā, en utilisant cette même eau.

Verse 35

वामपाणिपतत्तोययोजनं सव्यपाणिना उत्तमाङ्गे क्रमान्मन्त्रैर् मार्जनं समुदाहृतं

Le Mārjana (purification rituelle par aspersion) est déclaré être l’acte de prendre l’eau tombée dans la paume gauche et, de la main droite, de l’appliquer successivement sur le sommet de la tête tout en récitant les mantras.

Verse 36

नीत्वा तदुपनासाग्रं दक्षपाणिपुटस्थितं बोधरूपं सितं तोयं वाममाकृष्य स्तम्भयेत्

Ayant porté cette eau blanche—recueillie en coupe dans la paume droite et pourvue d’une vertu restauratrice—jusqu’à l’extrémité de la narine (du patient), on doit l’aspirer par la (narine) gauche et ainsi arrêter (le trouble/l’écoulement).

Verse 37

तत्पापं कज्जलाभासम्पिङ्गयारिच्य मुष्टिना क्षिपेद्वज्रशिलायान्तु तद्भवेदघमर्षणं

Ce péché—semblable à de la suie—ayant été raclé avec un instrument fauve (piṅgā), doit être jeté du poing sur une pierre dure (vajra-śilā) ; cet acte devient le rite nommé Aghamarṣaṇa, « l’effacement du péché ».

Verse 38

स्वाहान्तशिवमन्त्रेण कुशपुष्पाक्षतान्वितं शिवायार्घ्याञ्जलिन्दत्वा गायत्रीं शक्तितो जपेत्

Avec un mantra de Śiva se terminant par « svāhā », accompagné d’herbe kuśa, de fleurs et de grains de riz intacts, après avoir offert à Śiva l’arghya dans les mains jointes en coupe, on doit réciter la Gāyatrī selon sa capacité.

Verse 39

दाक्षिण्यः कर्मणां सन्ध्या इति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः कुम्भयेदिति ख, ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः तर्पणं सम्प्रवक्ष्यामि देवतीर्थेन मन्त्रकात् तर्पयेद्धौं शिवायेति स्वाहान्यान् स्वाहया युतान्

« À présent, j’exposerai le rite de tarpaṇa, au moyen du geste de main devatīrtha et des mantras appropriés. On doit offrir des libations avec le mantra “dhauṃ śivāya”, ainsi que d’autres offrandes accompagnées de l’énoncé “svāhā”. »

Verse 40

ह्रां हृद्याय ह्रीं शिरसे ह्रूं शिखायै ह्रैं कवचाय अस्त्रायाष्टौ देवगणान् हृदादित्येभ्य एव च

« Hrāṃ » se place sur le cœur ; « Hrīṃ » sur la tête ; « Hrūṃ » sur la śikhā (mèche du sommet) ; « Hraiṃ » comme kavaca (armure protectrice) ; puis l’on applique le mantra-armes (astra). Ainsi doit-on établir/invoquer les huit groupes de divinités, depuis celles du Cœur jusqu’aux Āditya également.

Verse 41

हां वसुभ्यो ऽथ रुद्रेभ्यो विश्वेभ्यश् चैव मरुद्भ्यः भृगुभ्यो हामङ्गिरोभ्य ऋषीन् कण्ठोपवीत्यथ

Ensuite, on doit offrir la formule d’oblation « hāṃ » aux Vasus ; puis aux Rudras ; et de même aux Viśvedevas et aux Maruts. Puis l’on offre aux Bhṛgus et aux Aṅgirases ; après quoi l’on honore les Ṛṣi, le cordon sacré porté autour du cou (kaṇṭhopavīta).

Verse 42

अत्रेये ऽथ वसिष्ठाय नमश्चाथ पुलस्तये कृतवे भारद्वजाय विश्वामित्राय वै नमः

Hommage (namas) à Ātreya, de la lignée d’Atri ; hommage à Vasiṣṭha ; hommage aussi à Pulastya ; à Kratu ; à Bhāradvāja ; et, en vérité, hommage à Viśvāmitra.

Verse 43

प्रचेतसे मनुष्यांश् च सनकाय वषट् तथा हां सनन्दाय वषट् सनातनाय वै वषट्

« À Pracetas et à l’humanité — vaṣaṭ. De même, à Sanaka — vaṣaṭ ; “hāṃ” à Sanandana — vaṣaṭ ; et, en vérité, à Sanātana — vaṣaṭ. »

Verse 44

सनत्कुमाराय वषट् कपिलाय तथा वषट् पञ्चशिखाय द्युभवे संलग्नकरमूलतः

« (L’exclamation vaṣaṭ) à Sanatkumāra ; de même vaṣaṭ à Kapila ; vaṣaṭ à Pañcaśikha ; et à Dyubhava. » (À accomplir en joignant les bases des doigts, selon le geste rituel).

Verse 45

सर्वेभ्यो भूतेभ्यो वौषट् भूतान् देवपितॄनथ दक्षस्कन्धोपवीती च कुशमूलाग्रतस्तिलैः

En prononçant : «Vauṣaṭ — (hommage/oblations) à tous les êtres», on doit ensuite faire les offrandes aux êtres, aux dieux et aux Ancêtres (Pitṛ), le cordon sacré porté sur l’épaule droite, en utilisant l’herbe kuśa (tenue par la racine et l’extrémité) avec des graines de sésame.

Verse 46

कव्यबालानलायाथ सोमाय च यमाय च अर्यम्णे चाग्निसोमाय वर्हिषद्भ्यः स्वधायुतान्

Puis l’on offrira les oblations invoquées par «svadhā» à Kavyavāhana (le feu qui porte les offrandes aux Pitṛ), à Anala, à Soma, à Yama, à Aryaman, à Agni-Soma, et aux Pitṛ Barhiṣad.

Verse 47

आज्यपाय च सोमाय विशेषसुरवत् पितॄन् ॐ हां ईशानाय पित्रे स्वधा दद्यात् पितामहे

Pour les Pitṛ, on offrira aussi (des oblations) à Ājyapā et à Soma, avec une vénération particulière, comme envers les dieux. Avec le mantra «Oṃ hāṃ—à Īśāna, au Pitṛ—svadhā», on présentera l’offrande de svadhā au grand-père (pitāmaha).

Verse 48

शान्तप्रपितामहाय तथाप्रेतपितॄंस् तथा पितृभ्यः पितामहेभ्यः स्वधाथ प्रपितामहे

«Avec la formule svadhā», qu’on offre aux arrière‑grands‑pères apaisés (prapitāmaha) ; de même aux Pitṛ défunts (preta). Qu’on offre aux pères et aux grands‑pères — «svadhā !» — et aussi aux arrière‑grands‑pères.

Verse 49

वृद्धप्रपितामहेभ्यो मातृभ्यश् च स्वधा तथा हां मातामहेभ्यः स्वधा हां प्रमातामहेभ्यश् च

«Aux prapitāmaha âgés (vṛddha) et aux mères — svadhā ; de même, hāṃ. Aux grands‑pères maternels (mātāmaha) — svadhā, hāṃ ; et aussi aux arrière‑grands‑pères maternels (promātāmaha).»

Verse 50

वृद्धप्रमातामहेभ्यः सर्वेभ्यः पितृभ्यस् तथा मरीचये पुलस्त्यायेति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः हां ईशानाय पित्रे च सदाज्याय पितामहायेति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः सर्भेभ्यः स्वधा ज्ञातिभ्यः सर्वाचार्येभ्य एव च दिशां दिक्पतिसिद्धानां मातॄणां ग्रहरक्षसां

«(Oblations) aux anciens et aux grands-pères maternels; à tous les Pitṛ (Pères ancestraux) également; et (aussi) à Marīci et à Pulastya»—telle est la leçon d’un manuscrit signalé. Une autre leçon marquée dit: «hāṃ—à Īśāna en tant que Père, et à Sadājya en tant que Grand-père». (Ensuite, des oblations doivent être offertes) à tous les parents avec la formule svadhā, et de même à tous les maîtres; (et encore) aux directions—c’est-à-dire aux Seigneurs des Directions (Dikpati), aux Siddha, aux Mātṛ (Mères divines), ainsi qu’aux Graha et aux Rākṣasa (êtres protecteurs/terrifiants).

Frequently Asked Questions

A tightly ordered purification protocol: ritual clay extraction and re-filling, astra-mantra śodhana, mudrā-regulated applications, directional mantra-projection, and graded baths (malasnāna → vidhisnāna), culminating in Sandhyā, mārjana/aghamarṣaṇa, and tarpaṇa sequences.

It frames bodily and environmental purity as a sādhana: mantra, prāṇāyāma, and sandhyā-meditations convert routine cleansing into inner alignment with Śiva-consciousness, making external ritual readiness (for worship/pratiṣṭhā) inseparable from inner discipline aimed at purification of karma and realization.

Brāhmī in the morning (red, four-faced, four-armed), Vaiṣṇavī at midday (white, Garuḍa-seat, conch/discus), and Raudrī in the evening (three-eyed, moon-adorned, trident/axe), plus a fourth ‘witness’ Sandhyā for knowers and an inner formless Sandhyā focused on Śiva-realization.

Pitṛ-tīrtha at the base of the forefinger, Prajāpati-tīrtha at the base of the little finger, Brāhma-tīrtha at the base of the thumb, Daiva-tīrtha at the fingertips; additionally Agni-tīrtha on the left palm, Soma-tīrtha to its left side, and Ṛṣi-tīrthas at finger-joint junctions.