Adhyaya 61
Vastu-Pratishtha & Isana-kalpaAdhyaya 6150 Verses

Adhyaya 61

Chapter 61 — द्वारप्रतिष्ठाध्वजारोहाणादिविधिः (Gateway Installation, Flag Hoisting, and Allied Rites)

Ce chapitre fixe une suite de procédures d’Agneya Vidyā reliant la construction du temple à une puissance rituelle vivante. Il s’ouvre par la purification finale (avabhṛtha-snānā) et l’installation, selon une grille, de kumbhas en quatre-vingt-une positions, achevant la mandalisation de l’espace avant l’établissement de Hari. Vient ensuite la consécration de la porte (dvāra) par offrandes, bali, hommage au guru, dépôt d’or sous le seuil et régime de homa prescrit ; les divinités gardiennes Caṇḍa–Pracaṇḍa et Śrī/Lakṣmī sont placées aux points structuraux, tandis que le culte du Śrī Sūkta et la dakṣiṇā accomplissent l’économie sociale-rituelle. Le texte se tourne vers la hṛt-pratiṣṭhā (installation du cœur) : un kumbha consacré contenant huit gemmes, herbes, métaux, semences, fer et eau, animé par le sampāta du mantra de Narasiṃha et le nyāsa du tattva de Nārāyaṇa comme prāṇa. Il expose une doctrine majeure du Vāstu-śāstra : le prāsāda est contemplé comme Puruṣa, et les membres architecturaux correspondent aux organes (porte=bouche, śukanāśā=nez, praṇāla=orifices inférieurs, sudhā=peau, kalaśa=chevelure/chignon sommital). Le chapitre culmine avec le dhvajarohana : proportions, emplacement (Īśāna/Vāyavya), matières et ornements de la bannière, construction du cakra (8/12 rayons) et nyāsa en strates (Sūtrātman dans le mât ; niṣkala dans le drapeau), puis pradakṣiṇā, mantras, dons et mérite royal du banner-dāna.

Shlokas

Verse 1

इत्य् आदिमहापुराणे आग्नेये वासुदेवप्रतिष्ठादिकथनं नाम षष्टितमो ऽध्यायः अथ एकषष्टितमो ऽध्यायः द्वारप्रतिष्ठाध्वजारोहाणादिविधिः भगवानुवाच वक्षे चावभृतस्नानं विष्णोर् नत्वेति होमयेत् एकाशीतिपदे कुम्भान् स्थाप्य संस्थापयेद्धरिं

Ainsi, dans l’Agni Purāṇa, s’achève le soixantième chapitre intitulé « Exposé de l’installation de Vāsudeva et des sujets connexes ». Commence maintenant le soixante et unième chapitre : « Règles pour l’installation du portail, l’élévation de l’étendard et d’autres rites ». Le Seigneur Bienheureux dit : « Je décrirai le bain purificateur conclusif (avabhṛtha-snānā). Qu’on accomplisse le homa avec la formule “s’étant incliné devant Viṣṇu”. Après avoir disposé les vases d’eau rituels (kumbha) aux quatre-vingt-une positions, qu’on installe Hari (Viṣṇu). »

Verse 2

पूजयेद् गन्धपुष्पाद्यैर् बलिं दत्वा गुरुं यजेत् द्वारप्रतिष्ठां वक्ष्यामि द्वाराधो हेम वै ददेत्

Qu’on rende un culte avec parfums, fleurs et autres offrandes; après avoir offert le bali, qu’on honore le guru. Je vais maintenant exposer l’installation de la porte : sous la porte, il faut assurément déposer de l’or.

Verse 3

अष्टभिः कलशैः स्थाप्य शाखोदुम्बरकौ गुरुः गन्धादिभिः समभ्यर्च्य मन्त्रैर् वेदादिभिर्गुरुः

Après avoir établi le rite au moyen de huit vases de consécration, le guru doit être installé avec une branche et un instrument en bois d’udumbara (figuier). Ensuite, en l’adorant avec des parfums et autres offrandes, le guru doit être honoré par des mantras — formules védiques et prescriptions apparentées faisant autorité.

Verse 4

कुण्डेषु होमयेद्वह्निं समिल्लाजतिलादिभिः दत्वा शय्यादिकञ्चाधो दद्यादाधारशक्तिकां

Dans les fosses à feu (kuṇḍa), on doit accomplir le homa en versant dans le feu des baguettes de bois sacré (samidh), du riz grillé, du sésame et autres offrandes. Puis, après avoir donné en dessous un lit et des dons similaires à titre d’offrande accessoire, on doit conférer le rite ou l’investiture nommé Ādhāra-śaktikā.

Verse 5

शाखयोर्विन्यसेन्मूले देवौ चण्डप्रचण्दकौ ऊर्ध्वोदुम्बरके देवीं लक्ष्मीं सुरगणार्चितां

À la base des deux branches, on doit installer les deux divinités Caṇḍa et Pracaṇḍa; et sur la partie supérieure de l’udumbara (agencement en bois de figuier), on doit installer la Déesse Lakṣmī, adorée par les cohortes des dieux.

Verse 6

न्यस्याभ्यर्च्य यथान्यायं श्रीसूक्तेन चतुर्मुखं दत्वा तु श्रीफलादीनि आचार्यादेस्तु दक्षिणां

Après avoir accompli le nyāsa puis l’adoration selon la règle prescrite, on doit vénérer le Quatre-Visages (Brahmā) au moyen du Śrī Sūkta. Ensuite, on offrira des fruits auspices (śrī-phala) et autres présents, et l’on donnera la dakṣiṇā (honoraire rituel) à l’ācārya officiant et aux autres.

Verse 7

प्रतिष्ठासिद्धद्वारस्य त्वाचार्यः स्थापयेद्धरिं विष्णुर्नुकेति घ, ङ, चिह्नितपुर्स्तकद्वयपाठः समिदाज्यतिलादिभिरिति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः अथाभ्यर्च्येति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः प्रासादादस्य प्रतिष्ठन्तु हृत्प्रतिष्ठेति तां शृणु

Lorsque le seuil a été dûment préparé pour le rite d’installation (pratiṣṭhā), l’ācārya officiant doit établir Hari (Viṣṇu). (Certaines recensions lisent ici : « viṣṇur nuke/nu ke iti ».) [Il doit poursuivre] par des offrandes telles que bois sacré, ghee, sésame et autres (selon un manuscrit marqué) ; puis, après l’adoration (selon la même source), qu’ils installent (la divinité) depuis le prāsāda (temple). Écoute cette procédure appelée « l’installation dans le cœur » (hṛt-pratiṣṭhā).

Verse 8

समाप्तौ शुकनाशाया वेद्याः प्राग्दर्भमस्तके सौवर्णं राजतं कुम्भमथवा शुक्लनिर्मितं

À l’achèvement de la śukanāśā (l’extrémité saillante de la vedi, semblable à un bec), sur la pointe de darbha à l’est de l’autel, on doit placer un kumbha d’eau en or ou en argent, ou bien façonné d’une matière blanche et pure.

Verse 9

अष्टरत्नौषधीधातुवीजलौहान्वितं शुभं सवस्त्रं पूरितं चाद्भिर्मण्डले चाधिवासयेत्

Dans le maṇḍala, on doit installer pour l’adhivāsana (consécration rituelle) un dépôt ou récipient de bon augure, muni des huit gemmes, d’herbes médicinales, de métaux, de semences et de fer; recouvert d’un tissu et rempli d’eau.

Verse 10

सपल्लवं नृसिंहेन हुत्वा सम्पातसञ्चितं नारायणाख्यतत्त्वेन प्राणभूतं न्यसेत्ततः

Après l’avoir offert au feu avec le Narasiṃha-mantra, accompagné de pallava (jeunes pousses ou feuilles fraîches), et l’avoir accumulé par des oblations répétées (sampāta), on doit ensuite accomplir le nyāsa, l’installant comme le souffle même de la vie, au moyen du principe nommé «Nārāyaṇa-tattva».

Verse 11

वैराजभूतान्तं ध्यायेत् प्रासादस्य सुरेश्वर ततः पुरुषवत्सर्वं प्रासादं चिन्तयेद् बुधः

Ô Seigneur des dieux, on doit méditer le prāsāda (temple) comme s’étendant jusqu’au niveau de Vairāja-bhūta; ensuite, le sage doit contempler le temple tout entier comme ayant la forme d’une Personne (Puruṣa).

Verse 12

अधो दत्वा सुवर्णं तु तद्ववद् भूतं घटं न्यसेत् गुर्वादौ दक्षिणां दद्याद् ब्राह्मणादेश् च भोजनं

Après avoir placé de l’or en dessous, on doit déposer un pot (ghaṭa/kumbha) préparé selon la règle. Ensuite, on donnera la dakṣiṇā d’abord au guru et aux autres, et l’on offrira aussi un repas aux brahmanes et au reste des invités.

Verse 13

ततः पश्चाद्वेदिबन्धं तदूर्ध्वं कण्ठबन्धनं कण्ठोपरिष्टात् कर्तव्यं विमलामलसारकं

Ensuite, on doit exécuter la ligature de l’autel (vedi-bandha). Au-dessus, on préparera la « ligature de la gorge » (kaṇṭha-bandhana), à réaliser au-dessus du cou ; qu’elle soit pure, sans souillure et ferme, d’essence (sāraka).

Verse 14

तदूर्ध्वं वृकलं कुर्याच्चक्रञ्चाद्यं सुदर्शनं मूत्तिं श्रीवासुदेवस्य ग्रहगुप्तां निवेदयेत्

Au-dessus, on façonnera le vṛkala comme protection, ainsi que le disque premier, le Sudarśana. Puis on présentera/instaurera l’image consacrée de Śrī Vāsudeva comme « protection contre les grahas » (graha-guptā) afin d’écarter les afflictions planétaires.

Verse 15

कलशं वाथ कुर्वीत तदूर्ध्वं चक्रमुत्तमं वेद्याश् च परितः स्थाप्या अष्टौ विघ्नेश्वरास्त्वज

Ensuite, on préparera le vase d’eau rituel (kalaśa) ; au-dessus, on placera un cakra excellent. Et tout autour de l’autel (vedī), on installera huit Vighneśvara, seigneurs qui écartent les obstacles.

Verse 16

ः तत्त्वभूतमिति घ, ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः तदूर्ध्वं चूर्णकं कुर्यादिति ग, ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः तदूर्ध्वं चुल्वकं कुर्यादिति ख, घ, चिह्नितपुस्तकद्वयपाठः अष्टौ वेद्येश्वरास्त्वज इति ग, घ, ङ, चिह्नितपुस्तकत्रयपाठः चत्वारो वा चतुर्दिक्षु स्थापनीया गरुत्मतः ध्वजारोहं च वक्ष्यामि येन भूतादि नश्यति

La leçon « tattvabhūtam » se trouve dans les manuscrits marqués (gha, ṅa). Au-dessus, « on doit faire un cūrṇaka » : ainsi lisent les manuscrits marqués (ga, ṅa). Plus haut, « on doit faire un culvaka » : ainsi lisent deux manuscrits (kha, gha). La leçon « aṣṭau vedyeśvarāḥ » se trouve dans trois manuscrits marqués (ga, gha, ṅa). On installera, aux quatre directions, soit huit soit quatre emblèmes de Garuḍa. À présent, je décrirai l’élévation de l’étendard (dhvaja), par laquelle les esprits et autres êtres semblables sont détruits.

Verse 17

प्रासादविम्बद्रव्याणां यावन्तः परमाणवः तावद्वर्षसहस्राणि तत्कर्ता विष्णुलोकभाक्

Autant il y a d’atomes (paramāṇu) dans les matériaux employés pour le temple (prāsāda) et son icône (vimba), autant de milliers d’années l’artisan en reçoit une part dans le monde de Viṣṇu (Viṣṇuloka/Vaikuṇṭha).

Verse 18

कुम्भाण्डवेदिविम्बानां भ्रमणाद्वायुनानघ कण्ठस्यावेष्टनाज् ज्ञेयं फलं कोटिगुणं ध्वजात्

Ô toi sans faute, par la rotation mue par le vent des ornements kumbhāṇḍa, de la vedī (autel) et du vimba (emblème/disque), et par le flottement qui s’enroule autour du « cou » du mât, il faut comprendre que le mérite religieux obtenu est multiplié par koṭi (dix millions) grâce à la dhvaja (bannière sacrée).

Verse 19

पताकानां प्रकृतिं विद्धि दण्डं पुरुषरूपिणं प्रासादं वासुदेवस्य मूर्तिभेदं निबोध मे

Comprends la nature propre des patākā (bannières du temple) ; sache que le mât (daṇḍa) a la forme d’un homme ; et apprends de moi les classifications du prāsāda (édifice du sanctuaire) ainsi que les distinctions des formes d’icône (mūrti-bheda) de Vāsudeva.

Verse 20

धारणाद्धरणीं विद्धि आकाशं शुषिरात्मकं तेजस्तत् पावकं विद्धि वायुं स्पर्शगतं तथा

Sache que la terre (dharaṇī) se connaît par sa fonction de support ; sache que l’éther (ākāśa) a pour nature le vide/l’espace. Sache que le tejas (éclat) est véritablement le feu (pāvaka) ; et de même, sache que le vāyu (air) est ce qui se caractérise par le toucher (sparśa).

Verse 21

पाषाणादिष्वेव जलं पार्थिवं पृथिवीगुणं प्रतिशब्दोद्भवं शब्दं स्पर्शं स्यात् कर्कशादिकं

Dans la pierre et les choses semblables, l’eau est présente ; elle est « pārthiva » (de nature terrestre) et porte les qualités de la terre. Là, le son naît comme un écho (son de réponse), et la qualité tactile est du type dit « rugueux » (karkaśa) et autres semblables.

Verse 22

शुक्लादिकं भवेद्रूपं रसमन्नादिदर्शनं धूपादिगन्धं गन्धन्तु वाग् भेर्यादिषु संस्थिता

La forme (rūpa) se caractérise par le blanc et autres ; la saveur (rasa) se reconnaît par les aliments et semblables ; l’odeur (gandha) par l’encens et autres. Le son (śabda), quant à lui, est établi dans la parole (vāk) et dans des instruments tels que la bherī (tambour) et autres.

Verse 23

शुकनाशाश्रिता नासा बाहू तद्रथकौ स्मृतौ शिरस्त्वण्डं निगदितं कलशं मूर्धजं स्मृतं

On dit que le nez correspond au «śukanāsa» (saillie frontale, comme un “bec”, du sanctuaire) ; les bras sont compris comme ses «rathaka» (projections latérales). La tête est décrite comme l’«aṇḍa» (masse en forme de dôme), et le «mūrdhaja» est compris comme le «kalaśa» (vase-faîtage, pot sommital).

Verse 24

कण्ठं कण्ठमिति ज्ञेयं स्कन्धं वेदी निगद्येते पायूपस्थे प्रणाले तु त्वक् सुधा परिकीर्तिता

La gorge doit être comprise comme «kaṇṭha» ; l’épaule (skandha) est dite être la «vedī» (autel/plate-forme). Dans la région de l’anus et des organes génitaux se trouve le «praṇāla» (canal, conduit) ; et la peau (tvak) est déclarée être la «sudhā» (enduit, badigeon blanchâtre).

Verse 25

मुखं द्वारं भवेदस्य प्रतिमा जीव उच्यते तच्छक्तिं पिण्डिकां विद्धि प्रकृतिं च तदाकृतिं

On dit que sa bouche est sa «porte» ; l’image (pratimā) est appelée «jīva» (être vivant). Sache que sa puissance (śakti) est la «piṇḍikā» (socle, base), et que sa nature (prakṛti) est sa forme même (ākṛti).

Verse 26

अपाठः धारणीं धरणीं विद्धि इति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः पार्थिवं पृथिवीतलमिति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः पार्थिवं पृथिवीजलमिति ग, चिह्नितपुस्तकपाठः रसमास्थाय दर्शनं रसमाह्वादि दर्शनमिति ख, चिह्नितप्सुअतकपाठः निश् चलत्वञ्च गर्भोस्या अधिष्ठाता तु केशवः एवमेव हरिः साक्षात्प्रासादत्वेन संस्थितः

« (Certains manuscrits lisent :) “Sache que dhāraṇī est dharaṇī.” » (Les leçons marquées disent :) « L’élément terrestre (pārthiva) est la surface de la terre », ou « l’élément terrestre est l’eau de la terre ». (Une autre leçon marquée :) « La perception (darśana) naît en s’appuyant sur rasa (essence/saveur) », ou « la perception est ce qui commence par l’invocation/la mise au jour de rasa ». De plus, la chambre du sanctuaire (garbha) possède stabilité et immobilité ; sa divinité présidente est Keśava. Ainsi, Hari lui-même est directement établi sous la forme du temple (prāsāda).

Verse 27

जङ्घा त्वस्य शिवो ज्ञेयः स्कन्धे धाता व्यवस्थितः ऊर्ध्वभागे स्थितो विष्णुरेवं तस्य स्थितस्य हि

Sache que Śiva doit être compris comme demeurant dans ses jambes inférieures (jaṅghā) ; dans la région des épaules, Dhātā est établi ; et dans la partie supérieure se tient Viṣṇu — telle est, en vérité, sa disposition divine.

Verse 28

प्रासादस्य प्रतिष्ठान्तु ध्वजरूपेण मे शृणु ध्वजं कृत्वा सुरैर् दैत्या जिताः शस्त्रादिचिह्नितं

Écoute maintenant de ma bouche la consécration du temple accomplie sous la forme d’un étendard rituel : après avoir façonné le drapeau et l’avoir marqué d’emblèmes tels que des armes, on doit y représenter les Daitya comme vaincus par les Deva.

Verse 29

अण्डोर्ध्वं कलशं न्यस्य तदूर्ध्वं विन्यसेद्ध्वजं विम्बार्धमानं दण्डस्य त्रिभागेनाथ कारयेत्

En plaçant le vase sommital (kalaśa) au-dessus de l’élément ovoïde (aṇḍa), puis en installant au-dessus de celui-ci le drapeau (dhvaja), on façonnera ensuite le disque circulaire (vimba) d’une mesure égale à la moitié (de la norme) et on le disposera selon un tiers du mât (daṇḍa).

Verse 30

अष्टारं द्वादशारं वा मध्ये मूर्तिमतान्वितं नारसिंहेन तार्क्ष्येण ध्वजदण्डस्तु निर्ब्रणः

On façonnera (l’emblème sacré) comme une roue à huit ou à douze rayons, avec une image figurée placée au centre ; il peut être accompagné de Narasiṃha et de Tārkṣya (Garuḍa). Le mât du drapeau (dhvaja-daṇḍa) doit être exempt de blessures ou de défauts.

Verse 31

प्रासादस्य तु विस्तारो मानं दण्डस्य कीर्तितं शिखरार्धेन वा कुर्यात् तृतीयार्धेन वा पुनः

La largeur du prāsāda est dite être la mesure du daṇḍa. On fixera la proportion en prenant soit la moitié du śikhara, soit de nouveau son tiers.

Verse 32

द्वारस्य दैर्घ्याद् द्विगुणं दण्डं वा परिकल्पयेत् ध्वजयष्टिर्देवगृहे ऐशान्यां वायवेथवा

On prescrira un mât (daṇḍa) d’une longueur double de celle de la porte ; dans le devagṛha (temple), le poteau du drapeau (dhvaja-yaṣṭi) doit être dressé au quartier nord-est (Īśāna) ou, à défaut, au nord-ouest (Vāyavya).

Verse 33

क्षौमाद्यैश् च ध्वजं कुर्याद्विचित्रं वैकवर्णकं घण्टाचामरकिङ्किण्या भूषितं पापनाशनं

On doit fabriquer une bannière avec du lin et des étoffes semblables, bigarrée et de couleurs variées, puis l’orner d’une cloche, d’un éventail en queue de yak (cāmara) et de petites clochettes tintantes ; une telle bannière est destructrice de péché.

Verse 34

दण्डाग्राद्धरणीं यावद्धस्तैकं विस्तरेण तु महाध्वजः सर्वदः स्यात्तुर्यांशाद्धीनतोर्चितः

Du sommet du mât jusqu’au sol, si la largeur est d’un hasta, on l’appelle « grande bannière » (mahā-dhvaja) et l’on dit qu’elle confère tous les bienfaits. Si elle est réduite d’un quart, on la tient pour inférieure, tout en demeurant digne de culte.

Verse 35

ध्वजे चार्धेन विज्ञेया पताका मानवर्जिता विस्तरेण ध्वजः कार्यो विंशदङ्गुलसन्निभः

Pour l’étendard (dhvaja), la banderole (patākā) doit être comprise comme la moitié (de sa mesure), en excluant la figure humaine (emblème). L’étendard doit être réalisé avec une largeur d’environ vingt aṅgulas.

Verse 36

अधिवासविधानेन चक्रं दण्डं ध्वजं तथा जिताः शक्त्यादिचिह्नितमिति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः जिताः शक्रादिचिह्नितमिति ग, चिह्नितपुस्तकपाठः विम्बार्धमानं चक्रन्तु इति ख, ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः विचित्रञ्चैव वर्णकमिति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः देववत् सकलं कृत्वा मण्डपस्नपनादिकं

Selon la procédure d’adhivāsa (installation pré-consacratoire), on doit également mettre en place le disque (cakra), le bâton (daṇḍa) et l’étendard, marqués de l’emblème de la massue (gadā) et d’autres insignes (certains manuscrits : d’Indra et d’autres emblèmes). Le disque doit être fait à la moitié de la mesure de l’icône et peint de manière bigarrée. Après avoir tout disposé comme pour une divinité, on accomplira les rites du pavillon, tels que le bain cérémoniel (snāpana) et les observances connexes.

Verse 37

नेत्रोन्मीलनकं त्यक्ता पूर्वोक्तं सर्वमाचरेत् अधिवासयेच्च विधिना शय्यायां स्थाप्य देशिकः

En laissant de côté le rite de « l’ouverture des yeux » (netronmīlana), le maître officiant doit accomplir toutes les procédures énoncées précédemment ; puis, selon la règle, effectuer l’adhivāsana (repos consacratoire) après avoir placé (la divinité/l’image) sur le lit rituel.

Verse 38

ततः सहस्रशीर्षेति सूक्तं चक्रे न्यसेद् बुधः तथा सुदर्शनं मन्त्रं मनस्तत्त्वं निवेशयेत्

Ensuite, le pratiquant avisé doit accomplir le nyāsa de l’hymne commençant par « sahasraśīrṣā » sur le disque divin ; de même, il doit y installer le Sudarśana-mantra et y déposer le principe du mental (manas-tattva).

Verse 39

मनोरूपेण तस्यैव सजीवकरणं स्मृतं अरेषु मूर्तयो न्यस्याः केशवाद्याः सुरोत्तम

Son animation (sajīvakaraṇa), enseigne-t-on, s’accomplit uniquement par la visualisation mentale. Ô le plus excellent des dieux, dans les rayons de la roue/du diagramme rituel doivent être installées par nyāsa les formes commençant par Keśava.

Verse 40

नाभ्यब्जप्रतिनेमीषु न्यसेत्तत्त्वानि देशिकः नृसिंहं विश्वरूपं वा अब्जमध्ये निवेशयेत्

L’officiant, le maître (deśika), doit installer par nyāsa les principes (tattva) sur le nombril du lotus, sur ses pétales et sur son anneau périphérique ; et au centre du lotus il doit établir soit Narasiṁha, soit la forme universelle (Viśvarūpa).

Verse 41

सकलं विन्यसेद्दण्डे सूत्रात्मानं सजीवकं निष्कलं परमात्मानं ध्वजे ध्यायन् न्यसेद्धरिं

Qu’on installe la forme « manifeste » (sakala) dans la hampe de l’étendard, en contemplant le Sūtrātman pourvu de souffle vital ; et, méditant le Soi suprême « sans forme » (niṣkala), qu’on installe Hari dans l’étendard.

Verse 42

तच्छक्तिं व्यापिनीं ध्यायेद् ध्वजरूपां बलाबलां मण्डपे स्थाप्य चाभ्यर्च्य होमं कुण्डेषु कारयेत्

Qu’on médite sur cette Puissance (Śakti) qui pénètre tout, envisagée sous la forme d’un étendard (dhvaja), source de vigueur et dissipatrice de faiblesse ; puis, l’ayant installée dans le maṇḍapa et honorée comme il se doit, qu’on accomplisse les oblations au feu (homa) dans les foyers (kuṇḍa).

Verse 43

कलशे स्वर्णकलशं न्यस्य रत्नानि पञ्च च स्थापयेच्चक्रमन्त्रेण स्वर्णचक्रमधस्ततः

En posant un vase d’or sur le kalaśa rituel, on y dépose aussi les cinq gemmes; puis, au moyen du Cakra-mantra, on installe au-dessous un disque d’or (cakra).

Verse 44

पारदेन तु सम्प्लाव्य नेत्रपट्टेन च्छादयेत् ततो निवेशयेच्चक्रं तन्मध्ये नृहरिं स्मरेत्

Après avoir entièrement lavé (l’objet ou l’espace préparé) avec du mercure, on le couvre d’un bandeau/linge pour les yeux; puis on place le cakra protecteur et, en son centre, on médite sur Nṛhari (Narasimha).

Verse 45

ॐ क्षों नृसिंहाय नमः पूजयेत् स्थापयेद्धरिं ततो ध्वजं गृहीत्वा तु यजमानः सबान्धवः

En récitant : «Oṃ kṣoṃ—hommage à Nṛsiṃha», on doit adorer et installer Hari. Puis, prenant l’étendard rituel (dhvaja), le yajamāna, avec ses proches, poursuit l’observance.

Verse 46

इति ग, चिह्नितपुस्तकपाठः मण्डले इति ग, ङ, चिह्नितपुस्तकद्वयपाठः स्वर्णचक्रन्तु मध्यत इति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः नेत्रं यत्नेन च्छादयेदिति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः ॐ क्षौं नृसिंहाय नम इति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः दधिभक्तयुते पात्रे ध्वजस्याग्रं निवेशयेत् ध्रुवाद्येन फडन्तेन ध्वजं मन्त्रेण पूजयेत्

En plaçant la pointe (le fleuron) de la bannière/hampe dans un vase contenant du caillé mêlé de riz cuit, on doit l’installer. Puis, au moyen d’un mantra commençant par « dhruvā- » et se terminant par l’exclamation protectrice « phaḍ », on doit adorer la bannière avec ce mantra. (Les segments précédents sont des notes de variantes manuscrites, avec des leçons telles que « dans le maṇḍala », « un disque d’or au milieu », « couvrir l’œil avec soin » et le mantra « oṃ kṣauṃ nṛsiṃhāya namaḥ ».)

Verse 47

शिरस्याधाय तत् पात्रं नारायनमनुस्मरन् प्रदक्षिणं तु कुर्वीत तुर्यमङ्गलनिःस्वनैः

Plaçant ce vase sur la tête et se souvenant de Nārāyaṇa, on doit accomplir la pradakṣiṇā (circumambulation), accompagnée des sons auspices des instruments de musique.

Verse 48

ततो निवेशयेत् दण्डं मन्त्रेणाष्टाक्षरेण तु मुञ्चामि त्वेति सूक्तेन ध्वजं मुञ्चेद्विचक्षणः

Ensuite, on doit mettre en place le mât du drapeau au moyen du mantra octosyllabique; et, avec la formule commençant par «muñcāmi tvā» («je te libère»), l’officiant avisé doit relâcher (délier/abaisser) le drapeau.

Verse 49

पात्रं ध्वजं कुञ्जरादि दद्यादाचार्यके द्विजः एष साधारणः प्रोक्तो ध्वजस्यारोहणे विधिः

Un dvija (deux-fois-né) doit offrir à l’ācārya officiant un vase, le drapeau, ainsi que des dons tels qu’un éléphant et autres. Telle est déclarée la règle générale pour le hissage de la bannière rituelle.

Verse 50

यस्य देवस्य यच्चिह्नं तन्मन्त्रेण स्थिरं चरेत् स्वर्गत्वा ध्वजदानात्तु राजा बली भवेत्

Après avoir préparé solidement et dressé la bannière portant l’emblème de la divinité à laquelle elle appartient, on doit poursuivre avec le mantra de cette divinité. Par le don d’une bannière, le roi—après avoir atteint le ciel—devient puissant.

Frequently Asked Questions

It specifies ritual-architectural metrics and placements: 81-pada kumbha layout; gold deposition under the doorway; eight (or variant four) directional emblems; dhvaja proportions relative to door length and śikhara fractions; cakra design (8/12 spokes) and staff blemish-free criteria; and Īśāna/Vāyavya siting for the flagstaff.

By treating architecture and installation as embodied sādhana: the temple is visualized as Puruṣa, and nyāsa installs prāṇa and tattvas into vessels, cakra, staff, and flag—linking external consecration (pratiṣṭhā) to inner consecration (hṛt-pratiṣṭhā) and thereby aligning ritual efficacy with Dharma and purification.