Adhyaya 12
Brahma KhandaBrahmottara KhandaAdhyaya 12

Adhyaya 12

Ce chapitre présente un « kavaca » śaiva d’ordre technique, attribué à Ṛṣabha comme locuteur. Il s’ouvre sur un protocole rituel et intérieur : salut à Mahādeva, assise en un lieu purifié, préparation de la posture, maîtrise des sens et contemplation continue de Śiva l’impérissable. Vient ensuite la visualisation de Mahādeva dans le lotus du cœur, puis la protection par le ṣaḍakṣara-nyāsa et la mise en place du kavaca. La litanie protectrice est structurée en associant les formes de Śiva à (a) l’environnement et aux éléments — terre, eau, feu, etc. ; (b) aux directions, par les cinq faces de Śiva : Tatpuruṣa, Aghora, Sadyojāta, Vāmadeva, Īśāna ; (c) au corps du pratiquant de la tête aux pieds ; et (d) aux segments du temps, veilles du jour et de la nuit. Une longue invocation de type mantra culmine en demandes de sauvegarde totale, d’éloignement des afflictions et des périls, et se conclut par la phalaśruti : le porter ou le réciter régulièrement dissipe les obstacles, apaise la souffrance et soutient longévité et auspices. Le cadre narratif passe enfin à Sūta, rapportant que Ṛṣabha investit un prince de cendre consacrée, d’une conque et d’une épée, en décrivant leurs effets sur la force, le courage et la dissuasion des ennemis, et en scellant une assurance royale de victoire et de bon gouvernement.

Shlokas

Verse 1

ऋषभ उवाच । नमस्कृत्य महादेवं विश्वव्यापिनमीश्वरम् । वक्ष्ये शिवमयं वर्म सर्वरक्षाकरं नृणाम्

Ṛṣabha dit : Après m’être incliné devant Mahādeva, le Seigneur qui pénètre l’univers, je vais proclamer l’armure faite de Śiva (varma), qui accorde aux hommes une protection totale.

Verse 2

शुचौ देशे समासीनो यथावत्कल्पितासनः । जितेंद्रियो जितप्राणश्चिंतयेच्छिवमव्ययम्

Assis en un lieu pur, sur un siège préparé selon la règle, les sens maîtrisés et le souffle discipliné, qu’on contemple Śiva, l’Immuable, l’Impérissable.

Verse 3

हृत्पुंडरीकांतरसन्निविष्टं स्वतेजसा व्याप्तनभोवकाशम् । अतींद्रियं सूक्ष्ममनंतमाद्यं ध्यायेत्परानंदमयं महेशम्

Qu’on médite sur Maheśa, établi au sein du lotus du cœur; par sa propre splendeur il pénètre l’étendue du ciel et de l’espace—au-delà des sens, subtil, infini, Seigneur primordial—dont la nature est la béatitude suprême.

Verse 4

ध्यानावधूताखिलकर्मबंधश्चिरं चिदानंदनिमग्नचेताः । षडक्षरन्याससमाहितात्मा शैवेन कुर्या त्कवचेन रक्षाम्

Les liens du karma dissipés par la méditation, l’esprit longtemps plongé dans conscience et béatitude, et l’âme recueillie par le nyāsa du mantra à six syllabes, qu’on se protège au moyen du kavaca śaiva, l’armure de Śiva.

Verse 5

मां पातु देवोऽखिलदेवतात्मा संसारकूपे पतितं गभीरे । तन्नाम दिव्यं वरमंत्रमूलं धुनोतु मे सर्वमघं हृदिस्थम्

Que ce Deva—l’essence de toutes les divinités—me protège, moi qui suis tombé dans le puits profond du saṃsāra. Que son Nom divin, racine excellente des mantras, ébranle et chasse tout péché demeurant en mon cœur.

Verse 6

सर्वत्र मां रक्षतु विश्वमूर्त्तिर्ज्योतिर्मयानंदघनश्चिदात्मा । अणोरणीयानुरुशक्तिरेकः स ईश्वरः पातु भयादशेषात्

Que le Seigneur—dont la forme est l’univers, dont l’essence est lumière, masse dense de béatitude, Soi même de la conscience—me protège partout. Que cet unique Īśvara, plus subtil que le plus subtil et d’une puissance sans bornes, me délivre de toute crainte, sans exception.

Verse 7

यो भूस्वरूपेण बिभर्ति विश्वं पायात्स भूमेर्गिरिशोऽष्टमूर्तिः । योऽपां स्वरूपेण नृणां करोति संजीनं सोऽवतु मां जलेभ्यः

Que Girīśa, le Seigneur aux huit formes, me protège par sa forme de Terre—lui qui, en tant que sol même, soutient l’univers. Et que lui, qui devient la forme des Eaux et donne la vie aux êtres, me préserve des périls nés de l’eau.

Verse 8

कल्पावसाने भुवनानि दग्ध्वा सर्वाणि यो नृत्यति भूरिलीलः । स कालरुद्रोऽवतु मां दवाग्नेर्वात्यादिभीतेरखिलाच्च तापात्

À la fin du kalpa, après avoir consumé tous les mondes, Il danse dans son jeu immense. Que Kālarudra me protège du feu de forêt, des terreurs telles que les vents violents, et de toute brûlure de souffrance.

Verse 9

प्रदीप्तविद्युत्कनकावभासो विद्यावराभीतिकुठारपाणिः । चतुर्मुखस्तत्पुरुषस्त्रिनेत्रः प्राच्यां स्थितं रक्षतु मामजस्रम्

Que Tatpuruṣa—aux quatre visages et aux trois yeux, rayonnant comme l’éclair flamboyant et l’or, tenant les emblèmes de la connaissance, du don, de l’intrépidité et la hache—me protège sans cesse, établi à l’orient.

Verse 10

कुठारवेदांकुशपाशशूलकपालढक्काक्षगुणान्दधानः । चतुर्मुखो नीलरुचिस्त्रिनेत्रः पायादघोरो दिशि दक्षिणस्याम्

Que Aghora—aux quatre visages et aux trois yeux, d’une teinte bleu sombre—me protège dans la direction du sud, portant la hache, le Veda, l’aiguillon, le lacet, le trident, le crâne, le tambour ḍhakkā, le rosaire et la corde de l’arc.

Verse 11

कुंदेन्दुशंखस्फटिकावभासो वेदाक्षमालावरदाभयांकः । त्र्यक्षश्चतुर्वक्त्र उरुप्रभावः सद्योधिजातोवतु मां प्रतीच्याम्

Que Sadyojāta—aux quatre visages et aux trois yeux, d’un éclat immense, brillant comme le jasmin, la lune, la conque et le cristal, portant le Veda et le rosaire, marqué du don et de l’intrépidité—me protège à l’occident.

Verse 12

वराक्षमालाभयटंकहस्तः सरोजकिंजल्कसमानवर्णः । त्रिलोचनश्चारुचतुर्मुखो मां पायादुदीच्यां दिशि वामदेवः

Que Vāmadeva—beau, aux quatre visages et aux trois yeux, dont les mains portent le don, le rosaire, l’intrépidité et une petite clochette, et dont la teinte est comme le pollen du lotus—me protège au nord.

Verse 13

वेदाभयेष्टांकुशटंकपाशकपालढक्काक्षकशूलपाणिः । सितद्युतिः पंचमुखोऽवतान्मामीशान ऊर्द्ध्वं परमप्रकाशः

Qu’Īśāna me protège—suprême clarté au-dessus, blanc d’éclat, aux cinq visages, portant les Veda, le geste d’absence de crainte, la grâce, l’aiguillon, la hache, le lacet, le crâne, le tambour ḍhakkā, le rosaire et le trident.

Verse 14

मूर्धानमव्यान्मम चंद्रमौ लिर्भालं ममाव्यादथ भालनेत्रः । नेत्रे ममाव्याद्भगनेत्रहारी नासां सदा रक्षतु विश्वनाथः

Que le Seigneur au croissant de lune protège ma tête ; que Celui qui porte l’œil au front protège mon front ; que l’ôteur de l’œil de Bhaga protège mes yeux ; et que Viśvanātha garde à jamais mon nez.

Verse 15

पायाच्छ्रुती मे श्रुतिगीतकीर्तिः कपोलमव्या त्सततं कपाली । वक्त्रं सदा रक्षतु पंचवक्त्रो जिह्वां सदा रक्षतु वेदजिह्वः

Que Celui dont la gloire est chantée par les Veda protège mes oreilles ; que Kapālī protège sans cesse mes joues ; que le Seigneur aux cinq visages garde ma bouche ; et que Celui dont la langue est le Veda protège toujours ma langue.

Verse 16

कंठं गिरीशोऽवतु नीलकंठः पाणिद्वयं पातु पिनाकपाणिः । दोर्मूलमव्यान्मम धर्मबाहुर्वक्षःस्थलं दक्षमखांतकोऽव्यात्

Que Girīśa, à la gorge bleue, protège ma gorge ; que Pinākapāṇi protège mes deux mains ; que Dharmabāhu protège l’attache de mes bras ; et que le destructeur du sacrifice de Dakṣa protège ma poitrine.

Verse 17

ममोदरं पातु गिरींद्रधन्वा मध्यं ममाव्यान्मदनान्तकारी । हेरंबतातो मम पातु नाभिं पायात्कटी धूर्जटिरीश्वरो मे

Que le Seigneur qui brandit l’arc des montagnes protège mon ventre ; que le destructeur de Kāma protège ma taille ; que le père d’Heramba protège mon nombril ; et que Dhūrjaṭi, mon Seigneur, protège mes hanches.

Verse 18

ऊरुद्वयं पातु कुबेरमित्रो जानुद्वयं मे जगदीश्वरोऽव्यात् । जंघायुगं पुंगवकेतुरव्यात्पादौ ममाव्या त्सुरवंद्यपादः

Que l’Ami de Kubera protège mes deux cuisses ; que le Seigneur du monde garde mes genoux. Que Puṅgavaketu préserve mes deux jambes ; et que Celui dont les pieds sont adorés par les dieux protège mes pieds.

Verse 19

महेश्वरः पातु दिनादियामे मां मध्ययामेऽवतु वामदेवः । त्रियंबकः पातु तृतीययामे वृषध्वजः पातु दिनांत्ययामे

Que Maheśvara me protège à la première veille du jour ; que Vāmadeva me garde à midi. Que Tryambaka me protège à la troisième veille ; et que Vṛṣadhvaja me préserve à la veille finale du jour.

Verse 20

पायान्निशादौ शशिशेखरो मां गंगाधरो रक्षतु मां निशीथे । गौरीपतिः पातु निशावसाने मृत्युंजयो रक्षतु सर्वकालम्

Que Śaśiśekhara me protège au début de la nuit ; que Gaṅgādhara me garde à minuit. Que Gaurīpati me préserve à la fin de la nuit ; et que Mṛtyuṃjaya me protège en tout temps.

Verse 21

अंतःस्थितं रक्षतु शंकरो मां स्थाणुः सदा पातु बहिःस्थितं माम् । तदंतरे पातु पतिः पशूनां सदा शिवो रक्षतु मां समंतात्

Que Śaṅkara me protège au-dedans ; que Sthāṇu me garde toujours au-dehors. Entre les deux, que Paśupati me préserve ; et que Śiva me protège sans cesse de toutes parts.

Verse 22

तिष्ठंतमव्या द्भुवनैकनाथः पायाद्व्रजंतं प्रमथाधिनाथः । वेदांतवेद्योऽवतु मान्निषण्णं मामव्ययः पातु शिवः शयानम्

Que l’unique Seigneur des mondes me protège lorsque je me tiens debout ; que le Seigneur des Pramathas me garde lorsque je marche. Que Celui que révèle le Vedānta me préserve lorsque je suis assis ; et que l’impérissable Śiva me protège lorsque je suis couché.

Verse 23

मार्गेषु मां रक्षतु नीलकंठः शैलादिदुर्गेषु पुरत्रयारिः । अरण्यवासादिमहाप्रवासे पायान्मृगव्याध उदारशक्तिः

Que Nīlakaṇṭha me protège sur les routes ; que l’Ennemi de Tripura me garde dans les lieux périlleux, montagnes et forteresses. Et lors des grands voyages—séjour en forêt et longues pérégrinations—que le noble et puissant Mṛgavyādha, Śiva, me préserve.

Verse 24

कल्पांतकाटोपपटुप्रकोपः स्फुटाट्टहासोच्चलितांडकोशः । घोरारिसेनार्णवदुर्निवारमहाभयाद्रक्षतु वीरभद्रः

Que Vīrabhadra nous protège de la grande terreur irrésistible : lui dont la colère farouche est tranchante et déferlante comme le cataclysme à la fin d’un âge ; dont le rire éclatant et retentissant fait frémir les coques du cosmos ; et qui demeure invincible même face à l’océan redoutable des armées ennemies.

Verse 25

पत्त्यश्वमातंगघटावरूथसहस्रलक्षायुतकोटिभीषणम् । अक्षौहिणीनां शतमाततायिनां छिंद्या न्मूढो घोरकुठारधारया

Quand bien même cent akṣauhiṇī d’agresseurs meurtriers s’avanceraient—terrifiants par d’innombrables milliers, lakhs, ayutas et crores de fantassins, chevaux, éléphants, chars et troupes cuirassées—qu’un homme égaré les tranche du fil acéré d’une hache redoutable.

Verse 26

निहंतु दस्यून्प्रलयानलार्चिर्ज्वलत्त्रिशूलं त्रिपुरांतकस्य । शार्दूलसिंहर्क्षवृकादिहिंस्रान्संत्रासयत्वीशधनुःपिनाकम्

Que le trident flamboyant de Tripurāntaka—tel la flamme du feu de la dissolution—extermine les bandits ; et que Pināka, l’arc du Seigneur, épouvante les bêtes féroces, tigres, lions, ours, loups et autres.

Verse 27

दुःस्वप्नदुःशकुनदुर्गतिदौर्मनस्यदुर्भिक्षदुर्व्यसनदुःसहदुर्यशांसि । उत्पाततापविषभीतिमसद्ग्रहार्तिव्याधींश्च नाशयतु मे जगतामधीशः

Que le Seigneur des mondes anéantisse pour moi : les mauvais rêves, les signes néfastes, la malchance, l’abattement du cœur, la famine, les calamités, les épreuves insupportables et la mauvaise renommée ; ainsi que les prodiges funestes, les brûlures de l’affliction, la peur du poison, la souffrance due aux graha malfaisants et les maladies.

Verse 28

ओंनमो भगवते सदाशिवाय सकलतत्त्वात्मकाय सकलतत्त्वविहाराय सकललोकैककर्त्रे सकललौकैकभर्त्रे सकललोकैकहर्त्रे सकललोकैकगुरवे सकललोकैकसाक्षिणे सकलनिगमगुह्याय सकलवरप्रदाय सकलदुरितार्तिभंजनाय सकलजगदभयंकराय सकललोकैकशंकराय शशांकशेखराय शाश्व तनिजाभासाय निर्गुणाय निरुपमाय नीरूपाय निराभासाय निरामयाय निष्प्रपंचाय निष्कलंकाय निर्द्वंद्वाय निःसंगाय निर्मलाय निर्गमाय नित्यरूपविभवाय निरुपमविभवाय निराधाराय नित्यशुद्धबुद्धपरिपूर्णसच्चिदानंदाद्वयाय परमशांतप्रकाशतेजोरूपाय जयजय महारुद्र महारौद्र भद्रावतार दुःखदावदारण महाभैरव कालभैरव कल्पान्तभैरव कपालमालाधर खट्वांगखड्गचर्मपाशांकुशडमरुशूलचापबाणगदाशक्तिभिं डिपालतोमरमुसलमुद्गरपट्टिशपरशुपरिघभुशुंडीशतघ्नीचक्राद्यायुधभीषणकरसहस्र मुखदंष्ट्राकराल विकटाट्टहासविस्फारितब्रह्मामण्डल नागेंद्र कुण्डल नागेंद्रहार नागेंद्रवलय नागेंद्रचर्मधर मृत्युंजय त्र्यंबक त्रिपुरांतक विरूपाक्ष विश्वेश्वर विश्वरूप वृषभवाहन विषभूषण विश्वतोमुख सर्वतो रक्षरक्ष मां ज्वलज्वल महामृत्युभयमपमृत्युभयं नाशयनाशय रोगभयमुत्सादयोत्सादय विषसर्पभयं शमयशमय चोरभयं मारयमारय मम शत्रूनुच्चा टयोच्चाटय शूलेन विदारयविदारय कुठारेण भिंधिभिंधि खड्गेन छिंधिछिंधि खट्वांगेन विपोथयविपोथय मुसलेन निष्पेषयनिष्पेषय बाणैः संताडय संताडय रक्षांसि भीषयभीषय भूतानि विद्रावयविद्रावय कूष्मांडवेतालमारीगणब्रह्मराक्षसान्संत्रासयसंत्रासय ममाभयं कुरुकुरु वित्रस्तं मामाश्वास याश्वासय नरकभयान्मामुद्धारयोद्धारय संजीवयसंजीवय क्षुत्तृड्भ्यां मामाप्याययाप्यायय दुःखातुरं मामानन्दयानंदय शिवकवचेन मामाच्छादया च्छादय त्र्यंबक सदाशिव नमस्तेनमस्तेनमस्ते । ऋषभ उवाच । इत्येतत्कवचं शैवं वरदं व्याहृतं मया । सर्वबाधाप्रशमनं रहस्यं सर्व देहिनाम्

Om—salutations au Bienheureux Sadāśiva : l'incarnation de tous les principes, l'unique créateur, soutien et destructeur de tous les mondes ; l'unique Guru et Témoin. Victoire, victoire—Ô Mahārudra, Mahābhairava ; porteur de la guirlande de crânes ; terrible avec d'innombrables armes. Ô Seigneur monté sur le taureau, protège-moi, protège-moi de tous côtés. Brûle, brûle ; détruis la peur de la mort et de la maladie ; anéantis mes ennemis et chasse les mauvais esprits. Couvre-moi de l'Armure de Shiva (Śiva-kavaca). Ṛṣabha dit : « Ainsi a été prononcé par moi cet hymne protecteur shivaïte, un secret pour tous les êtres incarnés, apaisant toute affliction. »

Verse 29

यः सदा धारयेन्मर्त्यः शैवं कवचमुत्तमम् । न तस्य जायते क्वापि भयं शम्भोरनुग्रहात्

Tout mortel qui porte continuellement cet hymne protecteur suprême de Shiva (kavaca) ne rencontre jamais la peur nulle part—par la grâce de Shambhu.

Verse 30

क्षीणायुर्मृत्युमापन्नो महारोगहतोऽपि वा । सद्यः सुखमवाप्नोति दीर्घमायुश्च विंदति

Même celui dont la vie décline—qui est tombé entre les griffes de la mort ou est frappé par une grave maladie—atteint immédiatement le bien-être et trouve une longue vie.

Verse 31

सर्वदारिद्र्यशमनं सौमंगल्यविवर्धनम् । यो धत्ते कवचं शैवं स देवैरपि पूज्यते

Celui qui porte l'amulette protectrice de Shiva (kavaca)—qui apaise toute forme de pauvreté et accroît la fortune propice—devient digne d'honneur même par les dieux eux-mêmes.

Verse 32

महापातकसंघातैर्मुच्यते चोपपातकैः । देहांते शिवमाप्नोति शिववर्मानुभावतः

Par le pouvoir de la Śiva-varma, on est libéré des grands péchés ainsi que des transgressions mineures ; et à la fin de la vie du corps, on atteint Śiva.

Verse 33

त्वमपि श्रद्धया वत्स शैवं कवच मुत्तमम् । धारयस्व मया दत्तं सद्यः श्रेयो ह्यवाप्स्यसि

Toi aussi, cher enfant, avec foi, revêts cette suprême cuirasse protectrice śaiva que je t’ai donnée ; aussitôt tu obtiendras un bienheureux salut et le bien spirituel.

Verse 34

सूत उवाच । इत्युक्त्वा ऋषभो योगी तस्मै पार्थिवसूनवे । ददौ शंखं महारावं खड्गं चारिनिषूदनम्

Sūta dit : Ayant ainsi parlé, le yogī Ṛṣabha donna au fils du roi une conque au puissant rugissement et une épée qui terrasse les ennemis au combat.

Verse 35

पुनश्च भस्म संमंत्र्य तदंगं सर्वतोऽस्पृशत् । गजानां षट्सहस्रस्य द्विगुणं च बलं ददौ

Puis encore, après avoir consacré par mantra la cendre sacrée, il toucha tout son corps ; et lui conféra une force double de celle de six mille éléphants.

Verse 36

भस्मप्रभावात्संप्राप्य बलैश्वर्यधृतिस्मृतीः । स राजपुत्रः शुशुभे शरदर्क इव श्रिया

Par la puissance de cette cendre sacrée, ayant obtenu force, souveraineté, constance et mémoire, le prince resplendit de gloire tel le soleil d’automne.

Verse 37

तमाह प्रांजलिं भूयः स योगी राजनंदनम् । एष खड्गो मया दत्तस्तपोमंत्रानुभावतः

De nouveau, le yogī parla au fils du roi, qui se tenait les paumes jointes : «Cette épée, je te l’ai donnée par la puissance de l’ascèse et du mantra».

Verse 38

शितधारमिमं खड्गं यस्मै दर्शयसि स्फुटम् । स सद्यो म्रियते शत्रुः साक्षान्मृत्युरपि स्वयम्

Quiconque tu montres clairement cette épée au tranchant acéré, cet ennemi meurt sur-le-champ—même la Mort elle-même, manifestée en personne.

Verse 39

अस्य शंखस्य निह्रादं ये शृण्वंति तवाहिताः । ते मूर्च्छिताः पतिष्यंति न्यस्तशस्त्रा विचेतना

Ceux qui te sont hostiles, entendant la résonance de cette conque, s’évanouiront et tomberont—laissant choir leurs armes, privés de conscience.

Verse 40

खड्गशंखाविमौ दिव्यौ परसैन्यविनाशिनौ । आत्मसैन्यस्वपक्षाणां शौर्यतेजोविवर्धनौ

Cette épée et cette conque, divines, anéantissent l’armée ennemie; et elles accroissent la vaillance et l’éclat de ses propres troupes et alliés.

Verse 41

एतयोश्च प्रभावेन शैवेन कवचेन च । द्विषट्सहस्रनागानां बलेन महतापि च

Par la puissance de ces deux, et aussi par la cuirasse protectrice śaiva, et encore par la grande force de deux fois six mille éléphants,

Verse 42

भस्मधारणसामर्थ्याच्छत्रुसैन्यं विजेष्यसि । प्राप्य सिंहासनं पैत्र्यं गोप्तासि पृथिवीमिमाम्

Par la puissance acquise en portant la cendre sacrée, tu vaincras l’armée ennemie; et, obtenant le trône ancestral, tu protégeras cette terre.

Verse 43

इति भद्रायुषं सम्यगनुशास्य समातृकम् । ताभ्यां संपूजितः सोऽथ योगी स्वैरगतिर्ययौ

Ainsi, après avoir instruit comme il se doit Bhadrāyuṣa avec sa mère, le yogin—honoré et vénéré par eux deux—s’en alla librement, se mouvant où bon lui semblait.