
The Birth and Preservation of Nahuṣa (Guru-tīrtha Greatness within the Vena Episode)
Une prophétie annonce la venue d’un héros destiné à mettre fin à Huṇḍa, ce qui attriste et inquiète ceux qui se sentent concernés. La grossesse de la reine Indumatī est gardée par l’éclat de Viṣṇu, rendant vaines les terribles pratiques de Huṇḍa. Après cent ans, elle enfante un fils resplendissant. Huṇḍa, entré au palais grâce à une servante perverse, enlève le nouveau-né et ordonne à son épouse Vipulā de le faire cuire. Mais la compassion s’éveille chez le cuisinier et la servante Sairandhrī : ils substituent secrètement de la viande et sauvent l’enfant, qu’ils conduisent à l’āśrama de Vasiṣṭha. Les ṛṣi reconnaissent les marques royales, l’accueillent, et Vasiṣṭha le nomme Nahuṣa, accomplit les saṃskāra de naissance puis l’instruit dans le Veda, le dharma, l’art de gouverner et l’archerie, révélant la protection du guru comme axe spirituel du chapitre.
Verse 1
कुंजल उवाच । गता सा नंदनवनं सखीभिः सह क्रीडितुम् । तत्राकर्ण्य महद्वाक्यमप्रियं तु तदा पितुः
Kuṃjala dit : Elle alla au bosquet de Nandana pour s’y divertir avec ses compagnes. Mais là, elle entendit alors les paroles graves de son père, qui lui furent déplaisantes en ce moment-là.
Verse 2
चारणानां सुसिद्धानां भाषतां हर्षणेन तु । आयोर्गेहे महावीर्यो विष्णुतुल्यपराक्रमः
Tandis que les Cāraṇa et les Siddha accomplis parlaient avec allégresse, naquit dans la maison d’Ayor un grand héros, dont la vaillance égalait celle de Viṣṇu.
Verse 3
भविष्यति सुतश्रेष्ठो हुंडस्यांतं करिष्यति । एवंविधं महद्वाक्यमप्रियं दुःखदायकम्
«Un fils d’exception paraîtra et mettra fin à Huṇḍa.» Mais une telle parole, si lourde, fut mal accueillie et source de chagrin.
Verse 4
समाकर्ण्य समायाता पितुरग्रे निवेदितम् । समासेन तया तस्य पुरतो दुःखदायकम्
L’ayant entendu, elle vint et le rapporta devant son père ; et, brièvement, elle lui raconta en sa présence ce qui était douloureux et cause de peine.
Verse 5
पितुरग्रे जगादाथ पिता श्रुत्वा स विस्मितः । शापमशोकसुंदर्याः सस्मार च पुराकृतम्
Alors il parla en présence de son père. En l’entendant, le père fut saisi d’étonnement et se souvint de l’antique malédiction d’Aśokasundarī, jadis prononcée.
Verse 6
एतस्यार्थे तपस्तेपे सेयं चाशोकसुंदरी । गर्भस्य नाशनायैव इंदुमत्याः स दानवः
C’est pour ce dessein même qu’Aśokasundarī accomplit des austérités ; et ce démon n’agissait que pour anéantir la grossesse d’Indumatī.
Verse 7
विचक्रे उद्यमं दुष्टः कालाकृष्टो दुरात्मवान् । छिद्रान्वेषी ततो भूत्वा इंदुमत्यास्तु नित्यशः
Poussé par le Temps, ce méchant à l’âme perverse se mit à l’œuvre ; puis, devenu chercheur de failles, il guettait sans cesse quelque faiblesse chez Indumatī.
Verse 8
यदा पश्यति तां राज्ञीं रूपौदार्यगुणान्विताम् । दिव्यतेजः समायुक्तां रक्षितां विष्णुतेजसा
Lorsqu’il voit cette reine—douée de beauté, de noblesse et de vertus—rayonnante d’une splendeur divine et gardée par l’énergie de Viṣṇu.
Verse 9
दिव्येन तेजसा युक्तां सूर्यबिंबोपमां तु ताम् । तस्याः पार्श्वे महाभाग रक्षणार्थं स्थितः सदा
Revêtue d’une radiance divine, elle brillait telle le disque du soleil. Et à ses côtés, ô très fortuné, il se tenait toujours, posté pour la protéger.
Verse 10
दूरात्स दानवो दुष्टस्तस्याश्च बहुदर्शयन् । नानाविद्यां महोग्रां च भीषिकां सुविभीषिकाम्
De loin, ce Dānava pervers, lui montrant bien des choses, déploya diverses sciences redoutables—terrifiantes et d’une effroyable horreur—afin de susciter la peur.
Verse 11
गर्भस्य तेजसा युक्ता रक्षिता विष्णुतेजसा । भयं न जायते तस्या मनस्येव कदापुनः
Unie à la splendeur de son sein maternel et protégée par la splendeur de Viṣṇu, la peur ne naît jamais en elle, pas même dans son esprit; combien moins en quelque autre circonstance !
Verse 12
विफलो दानवो जात उद्यमश्च निरर्थकः । मनीप्सितं नैव जातं हुंडस्यापि दुरात्मनः
Les entreprises de ce démon furent vaines et son effort se révéla sans objet ; même le mauvais Huṁḍa n’obtint pas ce qu’il désirait.
Verse 13
एवं वर्षशतं पूर्णं पश्यमानस्य तस्य च । प्रसूता सा हि पुत्रं च स्वर्भानोस्तनया तदा
Ainsi, lorsque cent années furent pleinement accomplies—tandis qu’il regardait—alors la fille de Svarbhānu enfanta un fils.
Verse 14
रात्रावेव सुतश्रेष्ठ तस्याः पुत्रो व्यजायत । तेजसातीव भात्येष यथा सूर्यो नभस्तले
Cette même nuit, ô le meilleur des fils, son enfant naquit ; et il brille d’un éclat prodigieux, tel le soleil au ciel.
Verse 15
सूत उवाच । अथ दासी महादुष्टा काचित्सूतिगृहागता । अशौचाचारसंयुक्ता महामंगलवादिनी
Sūta dit : Alors une servante—fort méchante—entra dans la chambre d’accouchement ; se conduisant avec impureté, tout en proférant des paroles de grand auspice.
Verse 16
तस्याः सर्वं समाज्ञाय स हुंडो दानवाधमः । दास्या अंगं प्रविश्यैव प्रविष्टश्चायुमन्दिरे
Ayant tout appris à son sujet, Huṇḍa—le plus vil des Dānavas—entra dans le corps de la servante et, par elle, pénétra dans les appartements intérieurs d’Āyu.
Verse 17
महाजने प्रसुप्ते च निद्रयातीवमोहिते । तं पुत्रं देवगर्भाभमपहृत्य बहिर्गतः
Quand toute la maisonnée s’endormit, lourdement fascinée par le sommeil, il enleva cet enfant—rayonnant tel un embryon divin—et sortit au dehors.
Verse 18
कांचनाख्यपुरे प्राप्तः स्वकीये दानवाधमः । समाहूय प्रियां भार्यां विपुलां वाक्यमब्रवीत्
Parvenu dans sa propre cité nommée Kāñcanākhya, ce démon infâme fit appeler son épouse bien-aimée, Vipulā, et lui adressa ces paroles.
Verse 19
वधस्वैनं महापापं बालरूपं रिपुं मम । पश्चात्सूदस्य वै हस्ते भोजनार्थं प्रदीयताम्
Tue ce grand pécheur, mon ennemi qui a pris l’apparence d’un enfant. Ensuite, remets-le aux mains du cuisinier pour qu’il serve de nourriture.
Verse 20
नानाभेदैर्विभेदैश्च पाचयस्व हि निर्घृणम् । सूदहस्तान्महाभागे पश्चाद्भोक्ष्ये न संशयः
Fais-le cuire de mille façons et selon mille apprêts, ô sans pitié. Ô noble dame, ensuite je le mangerai des mains du cuisinier : il n’y a là aucun doute.
Verse 21
वाक्यमाकर्ण्य तद्भर्तुर्विपुला विस्मिताभवत् । कस्मान्निर्घृणतां याति भर्त्ता मम सुनिष्ठुरः
Entendant les paroles de son époux, Vipulā fut saisie d’étonnement : «Pourquoi mon mari, si dur, est-il devenu si impitoyable ?»
Verse 22
सर्वलक्षणसंपन्नं देवगर्भोपमं सुतम् । कस्य कस्मात्प्रभक्ष्येत क्षमाहीनः सुनिर्घृणः
Qui donc, dépourvu de patience et entièrement impitoyable, dévorerait un tel fils, pourvu de tous les signes de bon augure et semblable à un enfant divin dans le sein ? Et de qui serait cet enfant, et pour quelle raison le dévorerait-il ?
Verse 23
इत्येवं चिंतयामास कारुण्येन समन्विता । पुनः पप्रच्छ भर्तारं कस्माद्भक्ष्यसि बालकम्
Ainsi, songeant et toute pénétrée de compassion, elle interrogea de nouveau son époux : «Pour quelle raison dévoreras-tu l’enfant ?»
Verse 24
कस्माद्भवसि संक्रुद्धो अतीव निरपत्रपः । सर्वं मे कारणं ब्रूहि तत्त्वेन दनुजेश्वर
«Pourquoi es-tu si courroucé, et si totalement sans pudeur ? Dis-moi toute la cause, en vérité, ô seigneur des Dānava-s.»
Verse 25
आत्मदोषं च वृत्तांतं समासेन निवेदितम् । शापमशोकसुंदर्या हुंडेनापि दुरात्मना
Il exposa aussi brièvement sa propre faute et tout le récit : comment le funeste Huṇḍa avait fait tomber une malédiction sur Aśokasundarī.
Verse 26
तया ज्ञातं तु तत्सर्वं कारणं दानवस्य वै । वध्योऽयं बालकः सत्यं नो वा भर्त्ता मरिष्यति
Alors elle comprit toute la cause des actes de ce Dānava : «Cet enfant, certes, est voué à être tué ; sinon, mon époux mourra.»
Verse 27
इत्येवं प्रविचार्यैव विपुला क्रोधमूर्च्छिता । मेकलां तु समाहूय सैरंध्रीं वाक्यमब्रवीत्
Ayant ainsi réfléchi, Vipulā—terrassée par une syncope de colère—fit appeler Mekalā, la servante, et dit ces paroles.
Verse 28
जह्येनं बालकं दुष्टं मेकलेऽद्य महानसे । सूदहस्ते प्रदेहि त्वं हुण्डभोजनहेतवे
«Chasse aujourd’hui ce garçon pervers à Mekalā, dans la grande cuisine ; remets-le aux mains du cuisinier, afin qu’il devienne la nourriture des Huṇḍas.»
Verse 29
मेकला बालकं गृह्य सूदमाहूय चाब्रवीत् । राजादेशं कुरुष्वाद्य पचस्वैनं हि बालकम्
Mekalā, saisissant l’enfant, fit venir le cuisinier et dit : «Exécute aujourd’hui l’ordre du roi : cuis donc cet enfant.»
Verse 30
एवमाकर्णितं तेन सूदेनापि महात्मना । आदाय बालकं हस्ताच्छस्त्रमुद्यम्य चोद्यतः
L’ayant ainsi entendu, le cuisinier, homme au noble cœur, saisit l’enfant par la main, leva son arme et se prépara à frapper.
Verse 31
एष वै देवदेवस्य दत्तात्रेयस्य तेजसा । रक्षितस्त्वायुपुत्रश्च स जहास पुनः पुनः
«Oui, par l’éclat de Dattātreya —Dieu des dieux— ce fils de Vāyu fut protégé ; et il riait encore et encore.»
Verse 32
हसंतं तं समालोक्य स सूदः कृपयान्वितः । सैरंध्री च कृपायुक्ता सूदं तं प्रत्यभाषत
Le voyant sourire, le cuisinier, saisi de compassion, parla. Et la servante Sairandhrī, elle aussi pleine de pitié, s’adressa à ce cuisinier.
Verse 33
नैष वध्यस्त्वया सूद शिशुरेव महामते । दिव्यलक्षणसंपन्नः कस्य जातः सुसत्कुले
Ô bourreau, tu ne dois pas le tuer ; ce n'est qu'un enfant, ô esprit magnanime. Doté de marques divines, dans quelle famille noble et vertueuse est-il né ?
Verse 34
सूद उवाच । सत्यमुक्तं त्वया भद्रे वाक्यं वै कृपयान्वितम् । राजलक्षणसंपन्नो रूपवान्कस्य बालकः
Sūta dit : « Ô noble dame, ce que tu as dit est vrai ; en effet, ce sont des paroles empreintes de compassion. Ce beau garçon, doté des marques de la royauté, de qui est-il l'enfant ? »
Verse 35
कस्माद्भोक्ष्यति दुष्टात्मा हुंडोऽयं दानवाधमः । येन वै रक्षितो वंशः पूर्वमेव सुकर्मणा
Pourquoi ce Huṇḍa à l'âme perverse — le plus méprisable des Dānavas — devrait-il jouir de ces fruits, alors que la lignée était autrefois protégée par des actes vertueux ?
Verse 36
आपत्स्वपि स जीवेत दुर्गेषु नान्यथा भवेत् । सिंधुवेगेन नीतस्तु वह्निमध्ये गतोऽथवा
Même en temps de calamité, il doit s'efforcer de vivre ; dans les situations périlleuses, il ne doit pas agir autrement, qu'il soit emporté par le torrent de la rivière ou tombé au milieu du feu.
Verse 37
जीवतेनात्र संदेहो यश्च कर्मसहायवान् । तस्माद्धि क्रियते कर्म धर्मपुण्यसमन्वितम्
Pour celui qui est en vie, il n'y a aucun doute, surtout pour celui qui est soutenu par l'action juste. Par conséquent, on doit accomplir des actes empreints de dharma et de mérite.
Verse 38
आयुष्मंतो नरास्तेन प्रवदंति सुखं ततः । तारकं पालकं कर्म रक्षते जाग्रते हि तत्
Par cette pratique droite, les hommes deviennent longévifs, puis parlent avec aisance et joie. Ce karma vigilant—qui sauve et soutient—les protège en vérité.
Verse 39
मुक्तिदं जायते नित्यं मैत्रस्थानप्रदायकम् । दानपुण्यान्वितं कर्म प्रियवाक्यसमन्वितम्
Cet acte naît sans cesse comme donateur de délivrance, accordant l’état d’amitié ; il est empreint du mérite du don et accompagné de paroles aimables.
Verse 40
उपकारयुतं यश्च करोति शुभकृत्तदा । तमेव रक्षते कर्म सर्वदैव न संशयः
Quiconque accomplit une action juste, jointe au bienfait envers autrui, est protégé en tout temps par ce même karma ; là-dessus, point de doute.
Verse 41
अन्ययोनिं प्रयाति स्म प्रेरितः स्वेन कर्मणा । किं करोति पिता माता अन्ये स्वजनबान्धवाः
Poussé par son propre karma, l’homme va certes vers un autre sein, une autre naissance. Que peuvent faire le père, la mère, ou d’autres parents et proches ?
Verse 42
कर्मणा निहतो यस्तु न स्युस्तस्य च रक्षणे । सूत उवाच । येनैव कर्मणा चैव रक्षितश्चायुनंदनः
Celui que son propre karma frappe et abat, nul ne peut le protéger. Sūta dit : Et pourtant, par ce même karma, le descendant d’Ayu fut aussi protégé.
Verse 43
तस्मात्कृपान्वितो जातः सूदः कर्मवशानुगः । सैरंध्री च तथा जाता प्रेरिता तस्य कर्मणा
Ainsi, sous l’empire du karma naquit un cuisinier plein de compassion, soumis à son élan; et de même naquit une servante (sairaṃdhrī), poussée par la force de ce karma.
Verse 44
द्वाभ्यामेव सुतश्चायो रक्षितश्चारुलक्षणः । रात्रावेव प्रणीतोऽसौ तस्माद्गेहान्महाश्रमे
Ce fils, beau et marqué de signes heureux, ne fut protégé que par eux deux; et, dans la nuit même, on le mena de la maison vers le grand āśrama.
Verse 45
वशिष्ठस्याश्रमे पुण्ये सैरंध्र्या पुण्यकर्मणा । शुभे पर्णकुटीद्वारे तस्मिन्नेव महाश्रमे
Dans le saint āśrama de Vasiṣṭha, par Sairaṃdhrī aux actes méritoires, au seuil propice de la hutte de feuilles, en ce même grand ermitage…
Verse 46
गता सा स्वगृहं पश्चान्निक्षिप्य बालकोत्तमम् । एणं निपात्य सूदेन पाचितं मांसमेव हि
Puis elle retourna à sa demeure; après avoir déposé l’enfant d’exception, elle fit abattre un cerf, et le cuisinier le fit cuire, oui, comme viande.
Verse 47
भोजयित्वा सुदैत्येंद्रो हुंडो हृष्टोभवत्तदा । शापमशोकसुंदर्या मोघं मेने तदासुरः
Après les avoir rassasiés, Huṇḍa—éminent seigneur parmi les Daityas—se réjouit alors. Et, en cet instant, cet Asura tint pour vaine la malédiction d’Aśokasundarī.
Verse 48
हर्षेण महताविष्टः स हुंडो दानवेश्वरः । कुंजल उवाच । प्रभाते विमले जाते वशिष्ठो मुनिसत्तमः
Saisi d’une grande allégresse, Huṇḍa—seigneur des Dānavas—se réjouit. Kuñjala dit : «Quand se leva l’aube pure et limpide, Vasiṣṭha, le meilleur des sages, apparut…».
Verse 49
बहिर्गतो हि धर्मात्मा कुटीद्वारात्प्रपश्यति । संपूर्णं बालकं दृष्ट्वा दिव्यलक्षणसंयुतम्
L’homme vertueux sortit et regarda depuis le seuil de la hutte. Voyant un enfant parfaitement formé, pourvu de signes divins, il demeura saisi d’émerveillement.
Verse 50
संपूर्णेंदुप्रतीकाशं सुंदरं चारुलोचनम् । वशिष्ठ उवाच । पश्यंतु मुनयः सर्वे यूयमागत्य बालकम्
Resplendissant tel la pleine lune, beau, aux yeux gracieux—Vasiṣṭha dit : «Que tous les sages viennent et contemplent cet enfant».
Verse 51
कस्य केन समानीतं रात्रौ द्वारांगणे मम । देवगंधर्वगर्भाभं राजलक्षणसंयुतम्
À qui appartenait-il, et par qui fut-il apporté—de nuit—dans la cour devant ma porte ? Cet être rayonnant, semblable à l’essence des dieux et des gandharvas, portant les marques de la royauté.
Verse 52
कंदर्पकोटिसंकाशं पश्यंतु मुनयोऽमलम् । महाकौतुकसंयुक्ता हृष्टा द्विजवरास्ततः
Alors les sages immaculés le contemplèrent, rayonnant comme dix millions de Kāma. Saisis d’un grand émerveillement, les meilleurs des deux-fois-nés furent dans la joie.
Verse 53
समपश्यन्सुतं ते तु आयोश्चैव महात्मनः । वशिष्ठः स तु धर्मात्मा ज्ञानेनालोक्य बालकम्
Alors Vasiṣṭha, le sage juste au cœur établi dans le dharma, contempla le fils du grand Âyu ; et, posant sur l’enfant le regard de sa connaissance spirituelle, il en discerna l’état véritable.
Verse 54
आयुपुत्रं समाज्ञातं चरित्रेण समन्वितम् । वृत्तांतं तस्य दुष्टस्य हुण्डस्यापि दुरात्मनः
Ayant reconnu le fils d’Âyu, avec sa conduite et son caractère, ils apprirent aussi le récit entier de ce Huṇḍa, méchant et à l’âme mauvaise.
Verse 55
कृपया ब्रह्मपुत्रस्तु समुत्थाय सुबालकम् । कराभ्यामथ गृह्णाति यावद्द्विजो वरोत्तमः
Alors, saisi de compassion, le fils de Brahmā se leva et, de ses deux mains, prit le bon enfant, tandis que l’excellent brāhmane demeurait là.
Verse 56
तावत्पुष्पसुवृष्टिं च चक्रुर्देवाः सुतोपरि । ललितं सुस्वरं गीतं जगुर्गंधर्वकिन्नराः
Alors les devas firent pleuvoir sur le fils une pluie de fleurs merveilleuse, tandis que les Gandharvas et les Kinnaras chantaient un hymne gracieux aux voix suaves.
Verse 57
ऋषयो वेदमंत्रैस्तु स्तुवंति नृपनंदनम् । वशिष्ठस्तं समालोक्य वरं वै दत्तवांस्तदा
Les ṛṣis louèrent le prince par des mantras védiques. Alors Vasiṣṭha, l’ayant contemplé, lui accorda véritablement une grâce en cet instant.
Verse 58
नहुषेत्येव ते नाम ख्यातं लोके भविष्यति । हुषितो नैव तेनापि बालभावैर्नराधिप
« Nahuṣa » : ainsi, en vérité, ton nom deviendra célèbre dans le monde. Pourtant, ô seigneur des hommes, même cela ne te comblera pas vraiment, car des penchants enfantins demeureront.
Verse 59
तस्मान्नहुष ते नाम देवपूज्यो भविष्यसि । जातकर्मादिकं कर्म तस्य चक्रे द्विजोत्तमः
C’est pourquoi ton nom sera Nahuṣa, et tu seras honoré même par les dieux. Alors le plus excellent des brāhmaṇa accomplit pour lui les rites, à commencer par le jātakarma et les suivants.
Verse 60
व्रतदानं विसर्गं च गुरुशिष्यादिलक्षणम् । वेदं चाधीत्य संपूर्णं षडंगं सपदक्रमम्
Il apprit les vœux et les dons de charité, ainsi que les règles de congé et les marques du maître et du disciple; puis il étudia pleinement le Veda avec ses six membres auxiliaires et la récitation mot à mot (padapāṭha).
Verse 61
सर्वाण्येव च शास्त्राणि अधीत्य द्विजसत्तमात् । वशिष्ठाच्च धनुर्वेदं सरहस्यं महामतिः
Après avoir étudié tous les śāstra auprès de ce meilleur des deux-fois-nés, le grand d’esprit apprit aussi de Vasiṣṭha le Dhanurveda, la science de l’arc, avec ses enseignements secrets.
Verse 62
शस्त्राण्यस्त्राणि दिव्यानि ग्राहमोक्षयुतानि च । ज्ञानशास्त्रादिकं न्याय राजनीतिगुणादिकान्
Des armes et astra divins, avec les rites de délivrance de la saisie; ainsi que des traités de connaissance, la science de la justice, et les vertus et principes de la conduite royale (rājadharma).
Verse 63
वशिष्ठादायुपुत्रश्च शिष्यरूपेण भक्तिमान् । एवं स सर्वनिष्पन्नो नाहुषश्चातिसुंदरः
Et Āyu, fils de Vasiṣṭha, dévot et prenant l’apparence d’un disciple ; ainsi Nāhuṣa fut accompli en tout et d’une beauté éminente.
Verse 64
वशिष्ठस्य प्रसादाच्च चापबाणधरोभवत्
Et par la grâce bienveillante de Vasiṣṭha, il devint porteur de l’arc et des flèches.
Verse 105
इति श्रीपद्मपुराणे भूमिखंडे वेनोपाख्याने गुरुतीर्थमाहात्म्ये च्यवनचरित्रे पंचोत्तरशततमोऽध्यायः
Ainsi s’achève le cent-cinquième chapitre du Śrī Padma Purāṇa, dans le Bhūmi-khaṇḍa—au sein de l’épisode de Vena—décrivant la grandeur du Guru-tīrtha, dans le récit de Cyavana.