Adhyaya 26
Prabhasa KhandaDvaraka MahatmyaAdhyaya 26

Adhyaya 26

Le chapitre s’ouvre sur Mārkaṇḍeya décrivant Prahlāda comme une autorité vaiṣṇava érudite et disciplinée, vers qui se tournent des sages en quête d’un enseignement bref permettant d’atteindre l’état suprême sans préalables pénibles. Prahlāda dévoile alors un « secret des secrets », présenté comme l’essence condensée de l’enseignement purānique, procurant à la fois prospérité mondaine et délivrance. Le propos se déplace ensuite vers un dialogue où Skanda (Ṣaṇmukha) implore Īśvara d’indiquer un remède à la souffrance et un moyen pratique d’accéder à la libération. Īśvara prescrit la théologie et la pratique du Hari-jāgaraṇa, la veille nocturne consacrée à Viṣṇu, particulièrement liée à Dvādāśī dans l’observance vaiṣṇava : lire la littérature vaiṣṇava la nuit, chanter des louanges, contempler la divinité (darśana), réciter des textes tels que la Gītā et le nāma-sahasra, et accomplir le culte avec lampes, encens, offrandes et tulasī. Le chapitre affirme à plusieurs reprises les fruits : destruction rapide des péchés accumulés, mérite égal ou supérieur aux grands sacrifices et aux dons immenses, bienfaits pour la lignée et les ancêtres, et arrêt de la renaissance pour les pratiquants constants. Il fixe aussi des limites éthiques, glorifiant ceux qui gardent la veille et blâmant la négligence ou l’hostilité envers Janārdana, offrant ainsi un guide rituel fondé sur le calendrier et sa justification salvifique.

Shlokas

Verse 1

श्रीमार्कण्डेय उवाच । प्रह्लादं सर्वधर्मज्ञं वेदशास्त्रार्थपारगम् । वैष्णवागमतत्त्वज्ञं भगवद्भक्तितत्परम्

Śrī Mārkaṇḍeya dit : (Je parlerai de) Prahlāda—connaisseur de tout dharma, ayant franchi la rive lointaine du sens des Veda et des Śāstra, connaisseur des vérités de la tradition vaiṣṇava, et tout entier voué à la bhakti envers le Seigneur.

Verse 2

सुखासीनं महाप्राज्ञमृषयो द्रष्टुमागताः । सर्वशास्त्रार्थतत्त्वज्ञाः स्वधर्मप्रतिपालकाः

Les ṛṣis vinrent voir ce grand sage, assis dans la quiétude—connaisseurs du sens véritable de tous les śāstra et gardiens inébranlables de leur propre svadharma.

Verse 3

ऋषय ऊचुः । विना ज्ञानाद्विना ध्यानाद्विना चेन्द्रियनिग्रहात् । अनायासेन येनैतत्प्राप्यते परमं पदम्

Les sages dirent : Sans connaissance (formelle), sans méditation, et même sans une stricte maîtrise des sens, par quel moyen peut-on atteindre sans peine l’état suprême ?

Verse 4

संक्षेपात्कथय स्नेहाद्दृष्टादृष्टफलोदयम् । धर्मान्मनुजशार्दूल ब्रूहि सर्वानशेषतः

Par bienveillance, dis-nous brièvement l’éclosion des fruits—visibles et invisibles—qui naissent du dharma. Ô tigre parmi les hommes, expose tous les dharmas sans rien omettre.

Verse 5

इत्युक्तोऽसौ महाभागो नारायणपरायणः । कथयामास संक्षेपात्सर्वलोकहितोद्यतः

Ainsi interpellé, ce bienheureux dévot—entièrement voué à Nārāyaṇa—se mit à expliquer en bref, animé du souci du bien de tous les mondes.

Verse 6

श्रीप्रह्लाद उवाच । श्रूयतामभिधास्यामि गुह्याद्गुह्यतरं महत् । यस्य संश्रवणादेव सर्वपापक्षयो भवेत्

Śrī Prahlāda dit : Écoutez ; je vais révéler un grand secret, plus secret que les secrets ; à sa seule audition, tous les péchés sont détruits.

Verse 7

अष्टादशपुराणानां सारात्सारतरं च यत् । तदहं कथयिष्यामि भुक्तिमुक्तिफलप्रदम्

Ce qui est l’essence même—plus essentielle que l’essence—des dix-huit Purāṇa, je le raconterai : cela accorde les fruits de la prospérité terrestre et de la délivrance.

Verse 8

सुखासीनं महादेवं जगतः कारणं परम् । पप्रच्छ षण्मुखो भक्त्या सर्वलोकहितोद्यतः

Śaṇmukha (Skanda), soucieux du bien de tous les mondes, interrogea avec dévotion Mahādeva, assis dans la paix, cause suprême de l’univers.

Verse 9

स्कन्द उवाच । भगवन्सर्वलोकानां दुःखसंसारभेषजम् । कथयस्व प्रसादेन सुखोपायं विमुक्तये

Skanda dit : Ô Seigneur, par ta grâce, enseigne le remède à la douleur du saṃsāra pour tous les êtres : le moyen aisé qui mène à la délivrance.

Verse 10

ईश्वर उवाच । चतुर्विधं तु यत्पापं कोटिजन्मार्जितं कलौ । जागरे वैष्णवं शास्त्रं वाचयित्वा व्यपोहति

Īśvara dit : En l’âge de Kali, le péché en quatre formes, amassé au fil de millions de naissances, est dissipé lorsque, durant la veillée (jāgara), on fait réciter l’Écriture vaiṣṇava.

Verse 11

वैष्णवस्य तु शास्त्रस्य यो वक्ता जागरे हरेः । मद्भक्तं तं विजानीयाद्विपन्नस्त्वन्यथा भवेत्

Mais celui qui expose l’Écriture vaiṣṇava durant la veillée de Hari, sache-le : c’est Mon dévot ; autrement, il tombe dans l’infortune.

Verse 12

हरिजागरणं कार्यं मद्भक्तेन विजानता । अन्यथा पापिनो ज्ञेया ये द्विषन्ति जनार्द्दनम्

Mon dévot, doué de discernement, doit assurément observer la veillée nocturne pour Hari. Sinon, sachez qu’ils sont pécheurs : ceux qui haïssent Janārdana.

Verse 13

जागरं ये च कुर्वंति गायंति हरिवासरे । अग्निष्टोमफलं तेषां निमिषार्द्धेन षण्मुख

Ô Ṣaṇmukha, ceux qui veillent et chantent au jour sacré de Hari obtiennent le fruit du sacrifice Agniṣṭoma en un simple demi-instant.

Verse 14

जागरे पश्यतां विष्णोर्मुखं रात्रौ मुहुर्मुहुः । येषां हृष्यंति रोमाणि रात्रौ जागरणे हरेः । कुलानि दिवि तावंति वसंति हरिसन्निधौ

Durant la veillée, ceux qui contemplent sans cesse le visage de Viṣṇu tout au long de la nuit, et dont les poils se hérissent de joie dans la veillée de Hari : autant de leurs lignées s’élèvent au ciel et demeurent en la présence de Hari.

Verse 15

यमस्य पथि निर्मुक्ता जनाः पापशतैर्वृताः । गीतशास्त्रविनोदेन द्वादशीजागरान्विताः

Même ceux qu’enserrent des centaines de péchés sont délivrés du chemin de Yama lorsqu’ils observent la veille de Dvādaśī, se réjouissant de chants sacrés et de la récitation des Écritures.

Verse 16

सुप्रभाता निशा तेषां धन्याः सुकृतिनो नराः । प्राणात्ययेन मुह्यंति यैः कृतं जागरं हरेः

Pour eux, cette nuit est comme une aurore radieuse; bénis et riches de mérite sont ceux qui ont gardé la veille de Hari : à l’ultime instant de la vie, ils ne sombrent pas dans l’égarement.

Verse 17

पुत्रिणस्ते नरा लोके धनिनः ख्यातपौरुषाः । येषां वंशोद्भवाः पुत्राः कुर्वंति हरिजागरम्

Dans ce monde, vraiment prospères, renommés et bénis de fils sont ces hommes dont les fils, nés de leur lignée, accomplissent la veille pour Hari.

Verse 18

इष्टं मखैः कृतं दानं दत्तं पिंडं गयाशिरे । स्नातं नित्यं प्रयागे तु यैः कृतं जागरं हरेः

Pour ceux qui ont accompli la veille de Hari, c’est comme s’ils avaient offert des sacrifices, fait des dons, présenté des offrandes de piṇḍa à Gayāśiras et s’étaient baignés chaque jour à Prayāga.

Verse 19

दयिता विष्णुभक्ताश्च नित्यं मम षडानन । कुर्वंति वासरं विष्णोर्यस्माज्जागरणं हितम्

Ô Ṣaḍānana, ceux qui me sont chers—les dévots de Viṣṇu—observant régulièrement le jour sacré de Viṣṇu, car la veille nocturne est salutaire.

Verse 20

श्रुत्वा हर्षं न चाप्नोति जागरं न करोति यः । प्रकटीकरोति तन्नूनं जनन्या दुर्विचेष्टितम्

Celui qui, après avoir entendu cela, n'éprouve aucune joie et ne veille pas, révèle assurément l'inconduite de sa mère.

Verse 21

संप्राप्य वासरं विष्णोर्न येषां जागरो हरेः । व्यर्थं गतं च तत्पुण्यं तेषां वर्षशतोद्भवम्

Ceux qui, ayant obtenu le jour de Vishnu, ne veillent pas pour Hari, voient se perdre le mérite accumulé pendant cent ans.

Verse 22

पुत्रो वा पुत्रपुत्रो वा दौहित्रो दुहिताऽपि वा । करिष्यति कुलेऽस्माकं कलौ जागरणं हरेः

Que ce soit un fils, un petit-fils, le fils d'une fille ou même une fille, si quelqu'un de notre lignée accomplit la veille de Hari à l'âge de Kali, nous sommes sauvés.

Verse 23

पात्यमानाः प्रजल्पंति पितरो यमकिंकरैः । मुक्तिर्भविष्यत्यस्माकं नरकाज्जागरे कृते

Traînés par les serviteurs de Yama, les ancêtres s'écrient : "Nous serons libérés de l'enfer lorsque la veille sera accomplie."

Verse 24

नान्यथा जायतेऽस्माकं मुक्तिर्यज्ञशतैरपि । विना जागरणेनैव नरलोकात्कथंचन । तस्माज्जागरणं कार्यं पितॄणां हितमिच्छता

La libération ne vient pas de cent sacrifices, mais de la seule veille. Ainsi, pour le bien des ancêtres, il faut l'accomplir.

Verse 25

भक्तिर्भागवतानां च गोविंदस्यापि कीर्तनम् । न देहग्रहणं तस्मात्पुनर्लोके भविष्यति

Pour les dévots du Bhagavān, il y a la bhakti et le chant des louanges de Govinda ; ainsi, il n’y aura plus reprise d’un autre corps dans le monde (pas de renaissance).

Verse 26

जागरं कुरुते यश्च संगमे विजयादिने । पुनर्द्देहप्रजननं दग्धं तेनाऽत्मना स्वयम्

Quiconque accomplit la veille (jāgaraṇa) au saint confluent, le jour de la victoire, par cet acte même brûle en lui la naissance ultérieure dans des corps.

Verse 27

त्रिस्पृशा वासरं येन कृतं जागरणान्वितम् । केशवस्य शरीरे तु स लीनो नात्र संशयः

Celui qui observe le jour de Trispr̥śā avec la veille est absorbé dans l’être même de Keśava ; il n’y a là aucun doute.

Verse 28

उन्मीलिनी कृता येन रात्रौ जागरणान्विता । प्रभवंति न पापानि स्थूलसूक्ष्माणि तस्य तु

Pour celui qui veille la nuit dans la vigile dite unmīlinī, les péchés, grossiers ou subtils, ne surgissent pas en lui.

Verse 29

सतालवाद्यसंयुक्तं संगीतं जागरं हरेः । यः कारयति देवस्य द्वादश्यां दानसंयुतम्

Celui qui organise la vigile de Hari avec un chant dévotionnel accompagné de tāla et d’instruments, et qui l’accomplit en Dvādaśī avec l’aumône (dāna), est loué comme un dévot éminent.

Verse 30

तस्य पुण्यं प्रवक्ष्यामि महाभागवतस्य हि । तिलप्रस्थहस्रं तु सहिरण्यं द्विजातये । दत्त्वा यत्फलमाप्नोति ह्ययने रविसंक्रमे

Je vais maintenant exposer le mérite de ce grand dévot : le même fruit que l’on obtient en offrant à un dvija (brāhmane) mille prastha de sésame avec de l’or, au solstice et lors du passage du Soleil—ce fruit lui revient à lui aussi.

Verse 31

हेमभारशतं नित्यं सवत्सं कपिलायुतम् । प्रेक्षणीयप्रदानेन तत्फलं प्राप्नुयात्कलौ

Dans le Kali-yuga, en accomplissant le don dit « prekṣaṇīya », on obtient ce même fruit, comme si l’on offrait cent charges d’or et mille vaches fauves (kapila), chacune avec son veau.

Verse 32

यः पुनर्वासरे पुत्र दिव्यैरृषिकृतैः स्तवैः । तोषयेत्पद्मनाभं वै वैदिकैर्विष्णुसामभिः

Mais, mon fils, quiconque en ce jour réjouit Padmanābha (Viṣṇu) par des hymnes divins composés par les ṛṣi—c’est-à-dire par les récitations védiques et les chants Sāman dédiés à Viṣṇu—plaît véritablement au Seigneur.

Verse 33

ऋग्यजुःसामसम्भूतैवैष्णवैश्चैव पुत्रक । संस्कृतैः प्राकृतैः स्तोत्रैरन्यैश्च विविधैस्तथा

Ô cher fils, (on peut Le louer) par des hymnes vaiṣṇava issus des traditions du Ṛg, du Yajus et du Sāman, et aussi par des stotra composés en sanskrit raffiné ou en langue commune, ainsi que par bien d’autres louanges variées.

Verse 34

प्रीतिं करोति देवेशो द्वादश्यां जागरे स्थितः । शृणु पुण्यं समासेन यद्गीतं ब्रह्मणा मम

Le Seigneur des dieux se réjouit lorsque l’on demeure en veille nocturne au Dvādaśī. Écoute, en bref, le mérite sacré que Brahmā m’a chanté.

Verse 35

त्रिःसप्तकृत्वो धरणीं त्रिगुणीकृत्य षण्मुख । दत्त्वा यत्फलमाप्नोति तत्फलं प्राप्नुयान्नरः

Ô Ṣaṇmukha, le fruit même qu’un homme obtient en donnant la terre entière—rendue triple et offerte vingt et une fois—ce fruit-là, l’observant l’atteint également.

Verse 36

गवां शतसहस्रेण सवत्सेनापि यत्फलम् । तत्फलं प्राप्नुयान्मर्त्त्यः स्तोत्रैर्यस्तोषयेद्धरिम्

Le mérite acquis en offrant cent mille vaches, chacune avec son veau, ce même mérite est obtenu par le mortel qui réjouit Hari par des hymnes.

Verse 37

वैदिकी दशगुणा प्रीतिर्यामेनैकेन जागरे । एवं फलानुसारेण कार्य्यं जागरणं हरेः

Dans la veille nocturne, la joie née de la louange védique est décuplée, fût-ce pour une seule yāma. Ainsi, selon le fruit recherché, qu’on accomplisse la veille pour Hari.

Verse 38

यः पुनः पठते रात्रौ गीतां नामसहस्रकम् । द्वादश्यां पुरतो विष्णोर्वेष्णवानां समीपतः

De plus, quiconque, la nuit, récite la Gītā et le Sahasranāma (les Mille Noms) au jour de Dvādaśī—devant Viṣṇu et en présence des Vaiṣṇava—(obtient un mérite éminent).

Verse 39

पुण्यं भागवतं स्कांदपुराणं दयितं हरेः । माधुरं बालचरितं गोपीनां चरितं तथा

Le saint Bhāgavata, le Skanda Purāṇa—cher à Hari—ainsi que les doux récits de son enfance, et aussi les histoires des gopīs (conviennent à la lecture durant cette veille).

Verse 40

एतान्पठति रात्रौ यः पूजयित्वा तु केशवम् । न वेद्म्यहं फलं वत्स यदि ज्ञास्यति केशवः

Celui qui, après avoir adoré Keśava, récite ces versets la nuit—ô enfant, je n’en connais pas la pleine mesure du fruit; Keśava seul peut le savoir.

Verse 41

दीपं प्रज्वालयेद्रात्रौ यः स्तवैर्हरिजागरे । न चास्तं गच्छते तस्य पुण्यं कल्पशतैरपि

Quiconque, la nuit, allume une lampe tout en veillant pour Hari avec des hymnes—son mérite ne décroît pas, même au cours de centaines de kalpas.

Verse 42

मंजरीसहितैः पत्रैस्तुलसीसम्भवैर्हरिम् । जागरे पूजयेद्भक्त्या नास्ति तस्य पुनर्भवः

Quiconque, durant la veille sacrée de la nuit, adore Hari avec dévotion en offrant des feuilles de tulasī avec leurs fleurs—pour lui, il n’y a plus de renaissance.

Verse 43

स्नानं विलेपनं पूजा धूपं दीपं च संस्तवम् । नैवेद्यं च सतांबूलं जागरे दत्तमक्षयम्

Bain rituel, onction, culte, encens, offrande de lampe et hymnes de louange; offrande de nourriture (naivedya) et même l’excellent tāmbūla (bétel) donné durant la veille nocturne—tout cela est déclaré d’un mérite impérissable.

Verse 44

ध्यातुमिच्छति षड्वक्त्रं यो मां भक्तिपरायणः । स करोतु महाभक्त्या द्वादश्यां जागरं हरेः

Quiconque, voué à la bhakti, désire méditer sur moi, le Six-Visages—que ce dévot, avec une grande dévotion, observe la veille pour Hari au jour de Dvādaśī.

Verse 45

वासरे वासुदेवस्य सर्वे देवाः सवासवाः । देहमाश्रित्य तिष्ठंति ये प्रकुर्वंति जागरम्

Au jour sacré de Vāsudeva, tous les dieux—avec Indra—prennent refuge dans le corps même de ceux qui observent la veille nocturne.

Verse 46

जागरेवासुदेवस्य महाभारतकीर्तनम् । ये कुर्वंति गतिं यांति योगिनां ते न संशयः

Ceux qui, durant la veille de Vāsudeva, récitent et proclament le Mahābhārata atteignent le but même des yogin ; il n’y a là aucun doute.

Verse 47

चरितं रामदेवस्य ये वधं रावणस्य च । पठंति जागरे विष्णोस्ते यांति परमां गतिम

Ceux qui, durant la veille de Viṣṇu, lisent les hauts faits du Seigneur Rāma et la mise à mort de Rāvaṇa, parviennent à la Demeure suprême.

Verse 49

अधीत्य चतुरो वेदान्कृत्वा चैवार्चनं हरेः । स्नात्वा च सर्वतीर्थेषु जागरे तत्फलं हरेः

Le fruit issu de l’étude des quatre Veda, du culte rendu à Hari et du bain dans tous les tīrtha—ce même fruit est obtenu par la veille nocturne pour Hari.

Verse 50

धान्यशैलसहस्रैस्तु तुलापुरुषको टिभिः । यत्फलं मुनिभिः प्रोक्तं तत्फलं जागरे हरेः

Quel que soit le mérite que les sages ont proclamé venir de milliers de « montagnes de grain » et de crores de dons de tulā-puruṣa, ce même mérite est acquis par la veille nocturne pour Hari.

Verse 51

कन्याकोटिप्रदानं च स्वर्णभारशतं तथा । दत्तं रत्नायुतशतं यैः कृतो जागरो हरेः

Pour ceux qui ont accompli la veille nocturne de Hari, c’est comme s’ils avaient offert des dots de mariage à des crores de jeunes filles, donné cent charges d’or et des centaines de dizaines de milliers de joyaux.

Verse 52

अष्टादशपुराणैस्तु पठितैर्यत्फलं भवेत् । तत्फलं शतसाहस्रं कृते जागरणे हरेः

Quel que soit le mérite issu de la lecture des dix-huit Purāṇa, ce mérite est obtenu au cent-milleuple par l’accomplissement de la veille nocturne pour Hari.

Verse 53

मन्वादि पठतां शास्त्रं यत्फलं हि द्विजन्मनः । अधिकं फलमाप्नोति कुर्वाणो जागरं हरेः

Quel que soit le fruit spirituel que les « deux-fois-nés » obtiennent en récitant les śāstra commençant par les enseignements Manv-ādi, celui qui veille pour Hari reçoit un fruit plus grand encore.

Verse 54

दुर्भिक्षे चान्नदातॄणां पुंसां भवति यत्फलम् । संन्यासिनां सहस्रैस्तु यत्फलं भोजितैः कलौ । फलं तत्समवाप्नोति कुर्वतां जागरं हरेः

Le mérite que l’on acquiert en donnant de la nourriture lors d’une famine, et celui que l’on obtient en l’âge de Kali en nourrissant même mille renonçants—ces mêmes fruits sont atteints par ceux qui veillent pour Hari toute la nuit.