
Pulastya enseigne au roi Yayāti de se rendre à un tīrtha destructeur de péchés nommé Māmūhrada, situé au milieu des montagnes, et en décrit la puissance rituelle : le bain accompli avec foi efface même les fautes graves, et la darśana du liṅga établi par le sage Mudgala—Mudgaleśvara—confère une excellence spirituelle rare, surtout au mois de Phālguna, aux moments lunaires prescrits. Le chapitre intègre aussi le culte des ancêtres : le śrāddha célébré en ce lieu (en respectant l’orientation) satisfait les pitṛs jusqu’à la dissolution cosmique ; des offrandes simples, telles que les grains de nivāra et des rites à base de légumes et de racines, sont louées. Yayāti demande l’origine du nom du site et le récit de l’āśrama de Mudgala. Pulastya rapporte un épisode exemplaire : un messager divin invite Mudgala au svarga ; le sage en examine les qualités et les défauts et apprend que le ciel est un domaine de jouissance où l’on ne peut produire de mérite nouveau, et où demeure la crainte de « tomber » lorsque le mérite s’épuise. Refusant le svarga, Mudgala choisit d’intensifier son tapas et sa dévotion à Śiva. Indra tente de le contraindre par le messager puis vient lui-même, mais la puissance spirituelle de Mudgala les immobilise, obligeant Indra à négocier et à offrir une faveur. Mudgala demande le mokṣa et la renommée terrestre du tīrtha sous le nom de Māmūhrada. Indra accorde que le bain de pleine lune en Phālguna mène à l’accomplissement suprême, que le piṇḍadāna y donne des fruits comparables à Gayā, et que les résultats de la charité sont incommensurables. Le récit s’achève sur la libération impérissable de Mudgala par la contemplation pure, et une gāthā traditionnelle (attribuée à Nārada) résume que se baigner à Māmūhrada et voir Mudgaleśvara procure à la fois l’épanouissement mondain et la délivrance finale.
Verse 1
पुलस्त्य उवाच । ततो गच्छेन्नृपश्रेष्ठ तीर्थं पापप्रणाशनम् । मामुह्रदमिति ख्यातं तस्मिन्पर्वतरोधसि
Pulastya dit : Ensuite, ô meilleur des rois, il faut se rendre au tīrtha qui anéantit le péché, connu sous le nom de Māmuhṛda, situé là, au sein des retranchements de la montagne.
Verse 2
तत्र स्नातो नरः सम्यक्छ्रद्धावान्सुसमाहितः । मुच्यते पातकैर्घोरैः पूर्वजन्मकृतैरपि
Celui qui s’y baigne comme il convient—plein de foi et l’esprit bien recueilli—est délivré des fautes terribles, même de celles commises dans une naissance antérieure.
Verse 3
तस्य पश्चिमदिग्भागे लिंगमस्ति महीपते । सर्वकामप्रदं नृणां स्थापितं मुद्गलेन तु
Ô roi, sur son flanc occidental se trouve un Śiva-liṅga, dispensateur de tous les vœux des hommes ; il fut établi par Mudgala.
Verse 4
स्नात्वा मामुह्रदे पुण्ये यस्तल्लिंगं च पश्यति । शुक्लपक्षे चतुर्द्दश्यां फाल्गुने मासि मानवः । स प्राप्नोति परं श्रेयः सर्वतीर्थेषु दुर्लभम्
Après s’être baigné dans le saint Māmuhṛda, celui qui contemple aussi ce liṅga—le quatorzième jour (Caturdaśī) de la quinzaine claire, au mois de Phālguna—obtient le bien suprême, rare même parmi tous les tīrthas.
Verse 5
यस्तत्र कुरुते श्राद्धं दक्षिणां मूर्तिमाश्रितः । पितरस्तस्य तृप्यंति यावदाभूतसंप्लवम्
Quiconque accomplit là le śrāddha, tourné vers le Sud, rend ses Pitṛs (ancêtres) satisfaits jusqu’au terme de la dissolution cosmique.
Verse 6
तत्र दानं प्रशंसंति नीवाराणां महर्षयः । शाकमूलादिभिः श्राद्धं पितॄणां तुष्टिदं नृप
Là, les grands sages louent le don de nīvāra, le riz sauvage. Et le śrāddha accompli avec des légumes, des racines et autres nourritures semblables réjouit les Pitṛs, ô roi.
Verse 7
ययातिरुवाच । मामुह्रदमिति विभो कथं नामाऽभवत्पुरा । मुद्गलस्याश्रमं ब्रूहि मम सर्वं विधानतः
Yayāti dit : «Ô Seigneur, comment ce lieu fut-il jadis connu sous le nom de “Māmuhrada” ? Décris-moi, dans l’ordre convenable et en pleine précision, l’āśrama du grand sage Mudgala.»
Verse 8
पुलस्त्य उवाच । तत्रस्थस्य पुरा राजन्मुद्गलस्य महात्मनः । विमानं वरमादाय देवदूतः समागतः
Pulastya dit : «Autrefois, ô roi, tandis que le magnanime Mudgala demeurait en ce lieu, un messager divin arriva, apportant un excellent vimāna, char céleste.»
Verse 9
सोऽब्रवीद्देवराज्ञाहं प्रेषितो मुनिसत्तम । तवार्थायाऽरुहैनं त्वं विमानं गम्यतां दिवि
Il dit : «Ô le meilleur des sages, j’ai été envoyé par le roi des dieux. Pour ton bien, monte dans ce vimāna et gagne le ciel.»
Verse 10
मुद्गल उवाच । स्वर्गस्य ये गुणा दूत ये च दोषा प्रकीर्तिताः । तान्मे वद करिष्येऽहं श्रुत्वा वै यत्क्षमं भवेत्
Mudgala dit : «Ô messager, dis-moi les mérites du ciel et aussi les défauts dont on fait mention. Après les avoir entendus, j’accomplirai ce qui est vraiment convenable.»
Verse 11
ब्रूहि तान्सकलान्दूत त्वागमिष्याम्यहं ततः
«Dis-les-moi tous, ô messager ; alors j’irai avec toi.»
Verse 12
देवदूत उवाच । अलमेतेन दर्पेण क्रियतां शक्रजल्पितम् । पुण्यैः स्वकैर्द्विजश्रेष्ठ समागच्छेरिदं ततः
Le messager divin dit : «Assez de cet orgueil. Accomplis ce qu’Indra a déclaré. Par tes propres mérites, ô meilleur des deux-fois-nés, viens ici sur-le-champ, puis poursuis ensuite.»
Verse 13
मुद्गल उवाच । अश्रुतैस्तैर्न गच्छेऽहमेतन्मे हृदि निश्चितम् । करिष्येऽहं तपो भूरि पूजयिष्ये महेश्वरम्
Mudgala dit : «Sans avoir entendu ces points, je n’irai pas ; telle est la résolution fermement scellée dans mon cœur. J’entreprendrai de grandes austérités et j’adorerai Maheśvara (Śiva).»
Verse 14
दूत उवाच । न शक्तः स्वर्गुणान्वक्तुमपि वर्षशतैरपि । संक्षेपात्कथयिष्यामि यदि ते निश्चयः परः
Le messager dit : «Même en cent ans, je ne pourrais exposer pleinement les qualités du ciel. Pourtant, je les dirai en bref, si ta résolution est vraiment ferme.»
Verse 16
बुभुक्षा नैव तृष्णा च निद्रालस्ये न च प्रभो । रंभाद्यप्सरसो मुख्या गंधर्वास्तुंबरादयः । रमयंति नरं तत्र गीतैर्नृत्यैरनेकशः
Ô Seigneur, là-bas il n’y a ni faim ni soif, ni somnolence ni lassitude. Les Apsaras les plus éminentes, Rambhā et les autres, ainsi que les Gandharvas tels Tumbara, y réjouissent l’homme de mille façons, par des chants et des danses.
Verse 17
एवं च वसते तत्र जनः स्वर्गे तपोधन । यावत्पुण्यक्षयस्तावत्पश्चात्पातमवाप्नुयात्
Ainsi, ô trésor d’austérité, les êtres demeurent au ciel seulement tant que leur mérite subsiste ; lorsque ce mérite s’épuise, ensuite ils chutent (de cet état).
Verse 18
एक एव मुने दोषः स्वर्लोके प्रतिभाति मे । स एव पतनाख्यस्तु स्वर्गिणां च भयावहः
Ô sage, un seul défaut m’apparaît au ciel : ce qu’on nomme « la chute », et elle est terrifiante pour ceux qui demeurent en Svarga.
Verse 19
न पुण्यं लभते तत्र कर्तुं विप्र कथंचन । कर्मभूमिरियं ब्रह्मन्भोगभूमिस्तु सा स्मृता
Ô brāhmane, là-bas (au ciel) on ne peut, d’aucune manière, obtenir l’occasion d’acquérir un mérite nouveau. Ce monde (humain) est mémorisé comme le champ de l’action, tandis que Svarga est tenu pour le champ de la jouissance.
Verse 20
यदत्र क्रियते कर्म शुभं तत्रोप भुज्यते । तथा दृष्ट्वा विमानस्थान्भूरिधर्मादिसंयुतान्
Toute action propice accomplie ici (sur la terre), son fruit est goûté là-bas (au ciel). Ainsi, en voyant ceux qui siègent dans des vimānas, pourvus d’un dharma abondant et d’autres vertus, on comprend le lien entre l’acte et sa rétribution.
Verse 21
बहुतेजोन्वितान्स्वर्गे ह्यल्पपुण्यो द्विजोत्तम । पश्चात्तापजदुःखेन स्वर्गस्थो दुःखितः सदा
Ô le meilleur des deux-fois-nés, même au ciel, l’homme au mérite faible—voyant d’autres revêtus d’un grand éclat—demeure sans cesse affligé par la peine née du regret.
Verse 22
न मया सुकृतं भूरि कृतं मर्त्त्ये कथंचन
«Dans le monde des mortels, je n’ai, d’aucune manière, accompli de nombreuses bonnes actions.»
Verse 23
तथा च पतमानांश्च दृष्ट्वा चान्यान्सहस्रशः । आत्मनश्च महद्दुःखं जायते च तदद्भुतम्
Et de plus, voyant des milliers d’autres qui chutent (du ciel), une douleur immense et étonnante naît en soi.
Verse 24
एतत्ते सर्वमाख्यातं गुणदोषसमुद्भवम् । स्वर्गसंचेष्टितं ब्रह्मन्कुरुष्व यदभीप्सितम्
Tout cela t’a été exposé, ô brāhmaṇa—né des mérites et des défauts (de Svarga) et décrivant les usages du ciel. À présent, fais selon ton désir.
Verse 25
मुद्गल उवाच । पतनस्य भयं यत्र पुण्यहानिर्न वर्द्धनम् । तेन स्वर्गेण मे दूत नैव कार्यं कथंचन
Mudgala dit : «Ô messager, je n’ai nul besoin de ce ciel où l’on craint la chute, où le mérite ne fait que décroître sans jamais croître.»
Verse 26
वाच्यस्त्वया ममादेशाद्देवराजः स्फुटं वचः । क्षम्यतामपराधो मे न स्वर्गाय स्पृहा मम
Par mon ordre, tu diras en paroles nettes au roi des dieux : «Que ma faute soit pardonnée ; je n’ai nulle convoitise pour le ciel».
Verse 27
तत्कर्माऽहं करिष्यामि येन नो पतनाद्भयम् । साधयिष्यामि तांल्लोकान्ये सदा पातवर्जिताः
J’entreprendrai l’œuvre par laquelle il n’est point à craindre la chute ; j’atteindrai ces mondes à jamais exempts de déchéance.
Verse 28
पुलस्त्य उवाच । एवमुक्त्वा नृपश्रेष्ठ मुद्गलः स्वर्गनिःस्पृहः । स्थितस्तत्रैव निरतः शिवध्यानपरायणः
Pulastya dit : Ayant ainsi parlé, ô meilleur des rois, Mudgala — sans désir du ciel — demeura là même, ferme et recueilli, tout entier voué à la méditation sur Śiva.
Verse 29
श्रुत्वा दूतोऽपि शक्रस्य तस्य वाक्यं सविस्तरम् । कथयामास शक्रस्य तं भूयः सोऽभ्यभाषत
Après avoir entendu en détail les paroles de Mudgala, le messager d’Indra les rapporta à Śakra ; et Śakra parla de nouveau.
Verse 30
देवदूताप्रमाणं च विमानं हि त्वया कृतम् । न कृतं केन चित्पूर्वं न करिष्यति कश्चन
«Tu as vraiment façonné des vimānas, chars aériens à la mesure des messagers divins : chose que nul n’a jamais faite auparavant, et que nul ne fera à l’avenir».
Verse 31
तस्मात्तत्र द्रुतं गत्वा बलादानय तं मुनिम् । आनयस्वान्यथा शापं तव दास्याम्यसंशयम्
C’est pourquoi, va promptement en ce lieu et amène ce muni par la force. Amène-le ; sinon, sans aucun doute, je ferai tomber sur toi une malédiction.
Verse 32
पुलस्त्य उवाच । शक्रस्य वचनं श्रुत्वा देवदूते भयान्वितः । प्रस्थितः सत्वरं तत्र मुद्गलो यत्र तिष्ठति
Pulastya dit : Ayant entendu l’ordre de Śakra, le messager des dieux, saisi de crainte, partit en hâte vers l’endroit où demeurait Mudgala.
Verse 33
मुद्गलोऽपि विमानस्थं पुनर्दृष्ट्वा समागतम् । मामुह्रदे प्रविश्याथ वारयामास तं तदा
Mudgala aussi, voyant de nouveau celui qui était arrivé assis dans un vimāna, entra dans l’étang de Māmu et, en cet instant, le retint.
Verse 34
स तस्य वचनेनैव स्तंभितो लिखितो यथा । चलितुं नैव शक्नोति प्रभावात्तस्य सन्मुनेः
Par les seules paroles de ce muni saint, il fut figé comme peint sur place ; il ne pouvait nullement bouger, tant était grande la puissance spirituelle de ce vénérable sage.
Verse 35
चिरकालगतं ज्ञात्वा दूतं तु त्रिदशाधिपः । स्वयं तत्राययौ कोपादारुह्यैरावणं गजम्
Sachant que le messager s’était absenté longtemps, le seigneur des trente dieux (Indra), saisi de colère, vint lui-même en ce lieu, monté sur l’éléphant Airāvata.
Verse 36
अथ दृष्ट्वा तदा दूतं स्तंभितं मुद्गलेन तु । वधार्थं तूद्यतस्तस्य स वज्रं भ्रामयंस्तदा
Alors, voyant le messager immobilisé par Mudgala, Indra se leva avec l’intention de le tuer ; et, à cet instant, il brandit et fit tournoyer son vajra, la foudre sacrée.
Verse 37
एतस्मिन्नेव काले तु उत्पातास्तत्र दारुणाः । अपसव्यं मृगाश्चक्रुः पशवः पक्षिणश्च ये । तान्दृष्ट्वा चिन्तयामास मुद्गलो विस्मयान्वितः
À cet instant même, de terribles présages s’élevèrent en ce lieu : bêtes, troupeaux et oiseaux se mirent à se mouvoir de façon néfaste, vers la gauche (apasavya). Voyant ces signes, Mudgala réfléchit, saisi d’émerveillement.
Verse 38
अथ दृष्ट्वांबरगतं वज्रोद्यतकरं हरिम् । स्तंभयामास तं सद्यो दृष्टिपातेन मुद्गलः
Puis Mudgala, voyant Hari (Indra) dans le ciel, la main levée, prêt avec le vajra, l’immobilisa aussitôt d’un simple regard.
Verse 39
तत्र शक्रः स्तुतिं चक्रे भग्नोत्साहो नृपोत्तम । मुञ्च मां ब्राह्मणश्रेष्ठ यास्यामि त्रिदशालयम्
Alors Śakra (Indra), l’orgueil et l’élan brisés, fit une louange et dit : « Délivre-moi, ô meilleur des brāhmaṇas ; je partirai vers la demeure des dieux ».
Verse 40
स्वर्गे वा यदि वा मर्त्त्ये तिष्ठ त्वं स्वेच्छया द्विज । मया कृतः समुद्योगो हितार्थं ते मुने ह्ययम्
« Que ce soit au ciel ou sur la terre, demeure où tu le souhaites, ô deux-fois-né. Cet effort de ma part, ô sage, n’a été entrepris que pour ton bien ».
Verse 41
वरं वरय भद्रं ते नित्यं यो मनसि स्थितः । तं ते सर्वं प्रदास्यामि यद्यपि स्यात्सुदुर्लभम्
Choisis une grâce—que l’auspice soit tien—ce qui demeure sans cesse en ton esprit. Je te l’accorderai tout entier, fût-ce d’une rareté extrême.
Verse 42
मुद्गल उवाच । एष एव वरः श्लाघ्यो यत्त्वं दृष्टः सुरेश्वर । दर्शनं ते सहस्राक्ष स्वप्नेष्वपि सुदुर्लभम्
Mudgala dit : «Voici le seul don digne d’éloge : t’avoir contemplé, ô Seigneur des dieux. Ô Mille-Yeux, ta vision est difficile à obtenir même en songe.»
Verse 43
अवश्यं यदि मे देयो वरो वृत्रनिषूदन । त्वत्प्रसादेन मे मोक्षो जायतां शीघ्रमेव हि
«Mais s’il faut vraiment m’accorder une grâce, ô vainqueur de Vṛtra, alors, par ta faveur, que la délivrance naisse pour moi—promptement, certes.»
Verse 44
मा मु ह्रदं समागत्य दूतः प्रोक्तो मया यतः । ततो मामुह्रदमिति ख्यातिं यातु धरातले
«Puisque, venu à ce lac, j’ai adressé au messager les mots “mā mu”, que ce lieu soit donc renommé sur la terre sous le nom de “Māmuhrada”.»
Verse 45
नंदनादीनि रम्याणि तत्र देववनानि च । अनन्यसदृशा भोगाः सदा तृप्तिर्द्विजोत्तम
«Là se trouvent de ravissants bosquets divins—Nandana et les autres—des jouissances sans pareilles et une satiété ininterrompue, ô meilleur des brāhmaṇas.»
Verse 46
पिण्डदानात्परां प्रीतिं लभंतां पितरोऽत्र हि
En vérité, par l’offrande de piṇḍa en ce lieu, les ancêtres (pitṛ) obtiennent la satisfaction suprême.
Verse 47
इन्द्र उवाच । मामुह्रदमिति ख्यातं तीर्थमेतद्भविष्यति । वरिष्ठं नात्र सन्देहो मत्प्रसादाद्विजोत्तम
Indra dit : «Ce tīrtha sacré sera connu sous le nom de Māmuhrada. Il sera le plus éminent—sans aucun doute—par ma grâce, ô meilleur des brāhmaṇas.»
Verse 48
अत्र ये फाल्गुने मासि पौर्णमास्यां समाहिताः । करिष्यंति पुनः स्नानं ते यास्यंति परां गतिम्
Ceux qui, ici, au mois de Phālguna, le jour de la pleine lune, l’esprit recueilli, accomplissent de nouveau le bain sacré, ces dévots atteindront l’état suprême.
Verse 49
पिण्डदानाद्गयातुल्यं लप्स्यंते फलमुत्तमम् । पुण्यदानफलं चात्र संख्याहीनं द्विजोत्तम
Par l’offrande de piṇḍa en ce lieu, on obtient le fruit le plus élevé, égal à celui de Gayā. Et le mérite des dons pieux ici est innombrable, ô meilleur des deux-fois-nés.
Verse 50
पुलस्त्य उवाच । एवमुक्त्वा ययौ स्वर्गं दूतमादाय वज्रभृत् । मुद्गलोऽपि परं ब्रह्म चिंतयन्ह्यनिशं ततः
Pulastya dit : «Après avoir ainsi parlé, le porteur du vajra partit pour le ciel, emmenant le messager avec lui. Puis Mudgala demeura lui aussi recueilli, contemplant sans cesse le Brahman suprême.»
Verse 51
शुक्लध्यानपरो भूत्वा मोक्षं प्राप्तस्ततोऽक्षयम्
Devenu tout entier voué à la méditation pure et lumineuse, il obtint la délivrance (moksha), impérissable dès lors.
Verse 52
अत्र गाथा पुरा गीता नारदेन महात्मना । बहुविप्रसमवाये पर्वतेस्मिन्महीपते
Ici, ô roi, jadis le magnanime Nārada chanta un vers sacré, sur cette montagne, au milieu d’une assemblée de nombreux brāhmaṇas.
Verse 53
मामु ह्रदे नरः स्नात्वा दृष्ट्वा तं मुद्गलेश्वरम् । इह भुक्त्वाऽखिलान्कामानन्ते मुक्तिमवाप्स्यति । एतस्मात्कारणाद्राजन्मामुह्रदमिति स्मृतम्
Quiconque se baigne dans le lac Māmu et contemple ce Seigneur Mudgaleśvara jouira, en cette vie même, de tous les désirs légitimes, puis, à la fin, atteindra la délivrance. C’est pourquoi, ô roi, on s’en souvient sous le nom de « Māmuhrada » (le lac Māmu).
Verse 54
तत्तीर्थं सर्वतीर्थानां प्रवरं लोकविश्रुतम् । तस्मात्सर्वप्रयत्नेन स्नानं तत्र समाचरेत्
Ce gué sacré est le plus éminent de tous les tīrthas, renommé dans le monde entier. Aussi faut-il, de tout son effort, s’y baigner.
Verse 55
मोक्षकामो विशेषेण य इच्छेत्परमं पदम् । चण्डिकाश्रममासाद्य किं पुनः परितप्यते
Celui qui aspire tout particulièrement à la délivrance et recherche l’état suprême—parvenu à l’āśrama de Caṇḍikā, pourquoi endurerait-il encore des peines?