Adhyaya 10
Brahma KhandaSetubandha MahatmyaAdhyaya 10

Adhyaya 10

Le chapitre s’ouvre sur une instruction de Sūta, à la manière d’un itinéraire de pèlerinage : après s’être baigné au tīrtha de Vetālavaradā, le pèlerin avance peu à peu vers Gandhamādana, décrit comme se dressant au milieu de l’océan sous une « forme de setu » (pont sacré), voie façonnée par le divin et associée à Brahmaloka. Le lieu est présenté comme saturé de sacralité : lacs, rivières, mers, forêts, āśramas et sanctuaires védiques, habités par des sages tels que Vasiṣṭha, ainsi que par des siddha, cāraṇa et kinnara ; les grandes divinités y demeurent jour et nuit. Les vents de Gandhamādana sont dits effacer d’immenses amas de péchés, et sa simple vue procure le bien-être de l’esprit. Une étiquette rituelle est prescrite : le pèlerin doit demander pardon à la montagne—vénérable porteuse du setu—de la fouler, solliciter le darśana de Śaṅkara résidant au sommet, puis poursuivre d’un pas doux. Le texte ordonne ensuite le bain dans l’océan à Gandhamādana et le piṇḍadāna aux ancêtres, fût-il minime, « gros comme une graine de moutarde », en affirmant une satisfaction durable des aïeux. Un second exposé commence lorsque les ṛṣi interrogent Sūta au sujet du tīrtha nommé Pāpavināśana. Il raconte un āśrama près de l’Himavat, peuplé de pratiquants védiques disciplinés. Un śūdra, Dṛḍhamati, demande l’initiation et l’enseignement ; le kulapati refuse, invoquant des restrictions sociales et rituelles quant à la transmission. Dṛḍhamati bâtit pourtant une retraite séparée et pratique une hospitalité dévotionnelle. Le brāhmaṇa Sumati s’attache à lui et finit par lui enseigner des rites védiques confidentiels (havyakavya, śrāddha, mahālaya, etc.), ce qui entraîne pour Sumati une lourde chute karmique—enfers et renaissances multiples—puis, dans une vie ultérieure, une affliction de type brahmarakṣasa. Le fils tourmenté est conduit auprès d’Agastya, qui explique la cause karmique et prescrit l’unique remède : se baigner trois jours au tīrtha Pāpavināśana, situé au-dessus de Gandhamādana dans la région du Setu. Le rite réussit : l’affliction cesse, santé et prospérité reviennent, et la délivrance est promise à la mort. Le chapitre se clôt en réaffirmant Pāpavināśana comme un tīrtha expiatoire d’efficacité étendue—accordant ciel et mokṣa, vénéré par Brahmā, Viṣṇu et Maheśa—et en proposant le récit comme avertissement éthique sur la transmission autorisée du savoir rituel et comme carte de purification par le pèlerinage conforme.

Shlokas

Verse 1

श्रीसूत उवाच । वेतालवरदे तीर्थे नरः स्नात्वा द्विजोत्तमाः । ततः शनैःशनैर्गच्छेद्गन्धमादनपर्वतम्

Śrī Sūta dit : Ô meilleurs des deux-fois-nés, après s’être baigné au Tīrtha de Vētālavarada, l’homme doit ensuite se rendre, pas à pas, au mont Gandhamādana.

Verse 2

योंऽबुधौ सेतुरूपेण वर्तते गन्धमादनः । स मार्गो ब्रह्मलोकस्य विश्वकर्त्रा विनिर्मितः

Ce Gandhamādana qui se dresse dans l’océan sous la forme d’un pont : tel est le chemin vers Brahmaloka, façonné par le Créateur de l’univers.

Verse 3

लक्षकोटिसहस्राणि सरांसि सरितस्तथा । समुद्राश्च महापुण्या वनान्यप्याश्रमाणि च

Il est des centaines de milliers, voire des crores, de lacs, et de même des rivières; des océans aussi, souverainement saints; ainsi que des forêts, avec des ermitages.

Verse 4

पुण्यानि क्षेत्रजातानि वेदारण्या दिकानि च । मुनयश्च वसिष्ठाद्या सिद्धचारणकिन्नराः

Il y a des kṣetra, champs sacrés, et des « forêts du Veda » en toutes directions; et des sages, à commencer par Vasiṣṭha, avec les Siddha, les Cāraṇa et les Kinnara.

Verse 5

लक्ष्म्या सह धरण्या च भगवान्मधुसूदनः । सावित्र्या च सरस्वत्या सहैव चतु राननः

Là se tient Bhagavān Madhusūdana (Viṣṇu) avec Lakṣmī et Dharaṇī (la Terre); et Caturānana (Brahmā) aussi, avec Sāvitrī et Sarasvatī.

Verse 6

हेरंबः षण्मुखश्चैव देवाश्चेंद्रपुरोगमाः । आदित्यादिग्रहाश्चैव तथाष्टौ वसवो द्विजाः

S’y trouvent Heraṃba (Gaṇeśa) et Ṣaṇmukha (Skanda), ainsi que les dieux conduits par Indra; les luminaires célestes à commencer par les Āditya, et de même les huit Vasu, ô deux-fois-né.

Verse 7

पितरोलोकपालाश्च तथान्ये देवता गणाः । महापातकसंघानां नाशने लोकपावने

S’y trouvent les Pitṛs (ancêtres), les Lokapāla (gardiens des mondes) et d’autres cohortes divines, en ce purificateur des mondes qui anéantit des multitudes de grands péchés.

Verse 9

दिवानिशं वसंत्यत्र पर्वते गंधमादने । अत्र गौरी सदा तुष्टा हरेण सह वर्तते । अत्र किन्नरकांतानां क्रीडा जागर्ति नित्यशः । तस्य दर्शनमात्रेण बुद्धिसौख्यं नृणां भवेत्

Jour et nuit, ils demeurent là, sur le mont Gandhamādana. Là, Gaurī demeure toujours comblée, résidant avec Hara (Śiva). Là, le jeu des bien-aimées des Kinnaras reste sans cesse éveillé. Par la seule vision de cette montagne, les hommes obtiennent paix et joie de l’esprit et de l’intelligence.

Verse 10

तन्मूर्धनि कृतावासाः सिद्धचारणयोषितः । पूजयंति सदा कालं शंकरं गिरिजापतिम्

Sur son sommet demeurent les femmes des Siddhas et des Cāraṇas ; et en tout temps elles vénèrent Śaṅkara, le Seigneur de Girijā (Pārvatī).

Verse 11

कोटयो ब्रह्महत्यानामगम्यागमकोटयः । अंगलग्नैर्विनश्यंति गन्धमादनमारुतैः

Des crores de fautes telles que la brahmahatyā, et d’innombrables crores d’autres transgressions interdites—même collées au corps—sont anéanties par les vents de Gandhamādana.

Verse 12

असावुल्लोलकल्लोले तिष्ठन्मध्ये महांबुधौ । आसीन्मुनिगणैः सेव्यः पुरा वै गन्धमादनः

Ce Gandhamādana, dressé au milieu du grand océan aux vagues bondissantes et roulantes, fut jadis un lieu révéré et fréquenté par des multitudes de sages.

Verse 13

ततो नलेन सेतौ तु बद्धे तन्मध्यगोचरः । रामाज्ञयाखिलैः सेव्यो बभूव मनुजैरपि

Puis, lorsque Nala bâtit le Setu, cette (montagne) entra dans le passage au milieu de cette voie ; et, sur l’ordre de Rāma, elle devint un lieu que tous devaient visiter et honorer, même les humains.

Verse 14

सेतुरूपं गिरिं तं तु प्रार्थयेद्गंधमादनम् । क्षमाधर महापुण्य सर्वदेवनमस्कृत

Qu’on adresse alors une prière au mont Gandhamādana, qui a la forme du Setu : « Ô porteur de la terre, ô très méritoire, ô toi que tous les dieux vénèrent ! »

Verse 15

विष्ण्वा दयोऽपि ये देवास्सेवंते श्रद्धया सह । तं भवंतमहं पद्भ्यामाक्रमामि नगोत्तम

«Même les dieux —Viṣṇu et les autres— te servent avec foi. Et pourtant moi, ô meilleur des monts, je te foule de mes pieds.»

Verse 16

क्षमस्व पादघातं मे दयया पापचेतसः । त्वन्मूर्द्धनि कृतावासं शंकरं दर्शयस्व मे

«Pardonne, par compassion, l’empreinte de mon pas, née d’un esprit pécheur. Montre-moi Śaṅkara, qui a établi sa demeure sur ton sommet.»

Verse 17

प्रार्थयित्वा नरस्त्वेवं सेतुरूपं नगोत्तमम् । ततो मृदुपदं गच्छेत्पावनं गन्धमादनम्

Après avoir ainsi prié le meilleur des monts, qui a la forme du Setu, l’homme doit ensuite s’avancer d’un pas doux vers le purificateur Gandhamādana.

Verse 18

अब्धौ तत्र नरः स्नात्वा पर्वते गन्धमादने । पिंडदानं ततः कुर्यादपि सर्षपमात्रकम्

Là, après s’être baigné dans l’océan et (puis) être allé au mont Gandhamādana, l’homme doit accomplir l’offrande de piṇḍa, fût-elle aussi petite qu’un grain de moutarde.

Verse 19

तृप्तिं प्रयांति पितरस्तस्य यावद्युगक्षयः । शमीदलसमानान्वा दद्यात्पिंडान्पितॄन्प्रति

Ses ancêtres obtiennent la pleine satisfaction jusqu’à la fin de l’âge. Ou bien, qu’on offre des piṇḍas aux Pitṛs, chacun mesuré à la taille d’une feuille de śamī.

Verse 21

सर्वतीर्थोत्तमं पुण्यं नाम्ना पापविनाशनम् । अस्ति पुण्यतमं विप्राः पवित्रे गन्धमादने

Ô brāhmaṇas, sur le saint Gandhamādana se trouve un tīrtha d’un mérite suprême, le meilleur de tous les gués sacrés, renommé sous le nom de «Pāpavināśana», le Destructeur des péchés.

Verse 22

यस्य संस्मरणादेव गर्भवासो न विद्यते । तत्प्राप्य तु नरः स्नायात्स्वदे हमलनाशनम् । तत्र स्नानान्नरो याति वैकुण्ठं नात्र संशयः

Par le seul souvenir de ce lieu, il n’y a plus de séjour dans le sein maternel. L’ayant atteint, l’homme doit s’y baigner pour dissiper l’impureté de son propre corps; par le bain en ce lieu, l’homme va à Vaikuṇṭha — il n’y a là aucun doute.

Verse 23

ऋषय ऊचुः । सूत पापविनाशाख्य तीर्थस्य ब्रूहि वैभवम् । व्यासेन बोधितस्त्वं हि वेत्सि सर्वं महामुने

Les ṛṣis dirent : Ô Sūta, dis-nous la grandeur du tīrtha nommé Pāpavināśana. Car tu as été instruit par Vyāsa, et ainsi, ô grand sage, tu connais tout.

Verse 24

श्रीसूत उवाच । ब्रह्माश्रमपदे वृत्तां पार्श्वे हिमवतः शुभे । वक्ष्यामि ब्राह्मणश्रेष्ठा युष्माकं तु कथां शुभाम्

Śrī Sūta dit : Ô meilleurs des brāhmaṇas, je vous raconterai un récit auspicious survenu au saint Brahmāśrama, sur le flanc béni de l’Himavat.

Verse 25

अस्याश्रमपदं पुण्यं ब्रह्माश्रमपदे शुभे । नानावृक्षगणाकीर्णं पार्श्वे हिमवतः शुभे

Ce lieu d’ermitage—saint et de bon augure, nommé Brahmāśrama—se tenait sur le flanc béni de l’Himavat, rempli de multitudes d’arbres de toutes espèces.

Verse 26

वहुगुल्मलताकीर्णं मृगद्विपनिषेवितम् । सिद्धचारणसंघुष्टं रम्यं पुष्पितकाननम्

Il était dense de nombreux buissons et lianes, fréquenté par les cerfs et les éléphants ; retentissant de la présence des Siddhas et des Cāraṇas, un bosquet ravissant tout en fleurs.

Verse 27

वृतिभिर्बहुभिः कीर्णं तापसैरुशोभितम् । ब्राह्मणैश्च महाभागैः सूर्यज्वलनसंनिभैः

Il était entouré de nombreuses clôtures et embelli par des ascètes ; et aussi par de fortunés Brāhmaṇas, resplendissants comme le soleil flamboyant.

Verse 28

नियमव्रतसं पन्नैः समाकीर्णं तपस्विभिः । दीक्षितैर्यागहेतोश्च यताहारैः कृतात्मभिः

Il était rempli d’ascètes pourvus de disciplines et de vœux—dīkṣitas en vue du yajña—maîtres d’eux-mêmes, sobres dans la nourriture et l’âme maîtrisée.

Verse 29

वेदाध्ययनसंपन्नैर्वैदिकैः परिवेष्टितम् । वर्णिभिश्च गृहस्थैश्च वानप्रस्थैश्च भिक्षुभिः

Il était entouré d’hommes védiques, accomplis dans l’étude des Védas ; avec des brahmacārins, des gṛhasthas, des vānaprasthas et des bhikṣus.

Verse 30

स्वाश्रमाचारनिरतैः स्ववर्णोक्तविधायिभिः । वालखिल्यैश्च मुनिभिः संप्राप्तैश्च मरीचिभिः

Là, dans cet ermitage, se trouvaient des sages appliqués aux devoirs de leur propre āśrama et accomplissant avec fidélité les rites prescrits à leur varṇa; les Vālakhilya étaient aussi présents, et Marīci, avec d’autres, était arrivé.

Verse 31

तत्राश्रमे पुरा कश्चिच्छूद्रो दृढमतिर्द्विजाः । साहसी ब्राह्मणाभ्याशमाजगाम मुदान्वितः

Ô deux-fois-nés, jadis, dans cet ermitage, vivait un Śūdra nommé Dṛḍhamati; hardi de nature, il s’approcha avec joie du voisinage des brahmanes.

Verse 32

आगतो ह्याश्रमपदं पूजितश्च तपस्विभिः । नाम्ना दृढमतिः शूद्रः साष्टांगं प्रणनाम वै

Étant parvenu au lieu de l’ermitage, il fut honoré par les ascètes. Ce Śūdra, nommé Dṛḍhamati, se prosterna alors entièrement, selon la révérence aux huit membres.

Verse 33

तान्स दृष्ट्वा मुनिगणान्देवकल्पान्महौजसः । कुर्वतो विविधान्यज्ञान्संप्रहृष्य स शूद्रकः

Voyant ces assemblées de munis, pareils aux dieux et rayonnants d’une grande puissance spirituelle, accomplissant divers yajñas, ce Śūdra fut saisi d’allégresse.

Verse 34

अथास्य बुद्धिरभवत्तपःकर्तुमनुत्तमम् । ततोऽब्रवीत्कुलपतिं मुनिमागत्य तापसम्

Alors naquit en lui la pensée d’entreprendre une austérité sans pareille. S’approchant du kulapati, le muni chef de l’ermitage, l’ascète lui adressa la parole.

Verse 35

दृढमतिरुवाच । तपोधन नमस्तेऽस्तु रक्ष मां करुणानिधे । तव प्रसादादिच्छामि धर्मं चर्तुं द्विजर्षभ

Dṛḍhamati dit : «Ô trésor d’ascèse, je te rends hommage. Protège-moi, ô océan de compassion. Par ta grâce, je désire pratiquer le dharma, ô taureau parmi les deux-fois-nés.»

Verse 36

तस्मादभिगतं मां त्वं यागे दीक्षय सुव्रत । ब्रह्मन्नवरवर्णोऽहं शूद्रो जात्यास्मि सत्तम

«Ainsi, puisque je suis venu à toi, initie-moi pour un yajña, ô toi aux vœux excellents. Ô brahmane, je suis du varṇa le plus bas ; de naissance je suis un Śūdra, ô noble.»

Verse 37

शुश्रूषां कर्तुमिच्छामि प्रपन्नाय प्रसीद मे । एवमुक्ते तु शूद्रेण तमाह ब्राह्मणस्तदा

«Je désire rendre service ; sois favorable à moi qui ai pris refuge.» Quand le Śūdra eut ainsi parlé, le brahmane lui répondit alors.

Verse 38

कुलपतिरुवाच । यागे दीक्षयितुं शक्यो न शूद्रो हीनजन्मभाक् । श्रूयतां यदि ते बुद्धिः शुश्रूषानिरतो भव

Le kulapati dit : «Un Śūdra, du fait d’une naissance tenue pour inférieure (selon la règle en vigueur), n’est pas apte à recevoir l’initiation pour un sacrifice. Mais écoute : si telle est vraiment ta résolution, consacre-toi au service.»

Verse 39

उपदेशो न कर्तव्यो जातिहीनस्य कर्हिचित् । उपदेशे महान्दोष उपाध्यायस्य विद्यते

«On ne doit jamais donner d’enseignement (upadeśa) à celui qu’on tient pour “dépourvu de statut de jāti”, selon la règle rituelle et sociale. Si l’enseignement est donné, on dit qu’une grave faute s’attache au maître.»

Verse 40

नाध्यापयेद्बुधः शूद्रं तथा नैव च याजयेत् । न पाठयेत्तथा शूद्रं शास्त्रं व्याकरणादिकम्

Le sage ne doit pas instruire un Śūdra, ni officier des sacrifices pour lui. De même, il ne doit pas faire étudier à un Śūdra les śāstras, tels que la grammaire et les disciplines connexes.

Verse 41

काव्यं वा नाटकं वापि तथालंकारमेव च । पुराणमितिहासं च शूद्रं नैव तु पाठयेत्

On ne doit pas non plus faire étudier à un Śūdra la poésie, le théâtre, ni les traités d’ornement littéraire ; ni (lui enseigner) les Purāṇas et les Itihāsas.

Verse 42

यदि चोपदिशेद्विप्रः शूद्रं चैतानि कर्हिचित् । त्यजेयुर्ब्राह्मणा विप्रं तं ग्रामाद्ब्रह्मसंकुलात्

Si jamais un Brāhmaṇa enseignait ces matières à un Śūdra, alors les Brāhmaṇas doivent chasser ce Brāhmaṇa du village, de ce lieu rempli de sainteté védique.

Verse 43

शूद्राय चोपदेष्टारं द्विजं चंडालवत्त्यजेत् । शूद्रं चाक्षरसंयुक्तं दूरतः परिवर्जयेत्

Un deux-fois-né qui instruit un Śūdra doit être rejeté comme s’il était un Caṇḍāla. Et un Śūdra qui s’est adonné aux lettres (à l’étude) doit être évité de loin.

Verse 44

अतः शुश्रूष भद्रं ते ब्राह्मणाञ्छ्रद्धया सह । शूद्रस्य द्विजशुश्रूषा मन्वादिभिरुदीरिता

Ainsi, pour ton bien, sers les brāhmaṇas avec foi et dévotion. Pour le śūdra, le service rendu aux « deux fois nés » est enseigné comme juste conduite par Manu et d’autres autorités.

Verse 45

नहि नैसर्गिकं कर्म परित्यक्तुं त्वमर्हसि । एवमुक्तस्तु मुनिना स शूद्रोऽचिंतयत्तदा

«Tu ne dois pas abandonner ton devoir naturel, celui qui t’est échu.» Ainsi repris par le sage, ce Śūdra se mit alors à réfléchir profondément.

Verse 46

किं कर्तव्यं मया त्वद्य व्रते श्रद्धा हि मे पुरा । यथा स्यान्मम विज्ञानं यतिष्येऽहं तथाद्य वै

(Il pensa :) «Que dois-je faire aujourd’hui ? Jadis, j’avais une foi véritable dans le vœu. Afin que la connaissance s’éveille en moi, je m’efforcerai selon cela—dès aujourd’hui.»

Verse 47

इति निश्चित्य मनसा शूद्रो दृढमतिस्तदा । गत्वाश्रमपदाद्दूरं कृतवानुटजं शुभम्

Ayant ainsi tranché en son cœur, le Śūdra, ferme dans sa résolution, s’éloigna du lieu de l’āśrama et bâtit une hutte de bon augure.

Verse 48

तत्र वै देवतागारं पुण्यान्यायतनानिच । पुष्पारामादिकं चापि तटाकखननादिकम्

Là, il établit un sanctuaire pour la divinité et d’autres demeures sacrées ; il aménagea aussi des jardins de fleurs et entreprit des travaux tels que le creusement d’un étang.

Verse 49

श्रद्धया कारयामास तपःसिद्ध्यर्थमात्मनः । अभिषेकांश्च नियमानुपवासादिकानपि

Avec foi, il fit accomplir tout cela pour parfaire ses austérités ; et il observa aussi des abhiṣeka, des règles de discipline (niyama), des jeûnes et autres pratiques.

Verse 50

बलिं च कृत्वा हुत्वा च दैवतान्यभ्यपूजयत् । संकल्पनियमोपेतः फलाहारो जितेंद्रियः

Après avoir offert le bali et accompli le homa, il rendit un culte dû aux divinités. Ferme dans sa résolution sacrée et ses observances, ne vivant que de fruits, il maîtrisa ses sens.

Verse 51

नित्यं कंदैश्च मूलैश्च पुष्पैरपि तथा फलैः । अतिथीन्पूजयामास यथावत्समुपागतान्

Chaque jour, avec des bulbes, des racines, des fleurs et des fruits, il honorait les hôtes qui se présentaient, les servant comme il convient selon le dharma.

Verse 52

एवं हि सुमहान्कालो व्यतिचक्राम तस्य वै । अथाश्रममगात्तस्य सुमतिर्नाम नामतः

Ainsi s’écoula pour lui un temps très long. Puis un sage, nommé Sumati, vint à son ermitage.

Verse 53

द्विजो गर्गकुलोद्भूतः सत्यवादी जितेंद्रियः । स्वागतेन मुनिं पूज्य तोषयित्वा फलादिकैः

Un dvija, issu de la lignée de Garga—véridique et maître de lui—souhaita la bienvenue au sage, l’honora et le contenta de fruits et d’autres offrandes simples.

Verse 54

कथयन्वै कथाः पुण्याः कुशलं पर्यपृच्छत । इत्थं सप्रणिपाताद्यैरुपचारैस्तु पूजितः

Il raconta des récits sacrés, porteurs de mérite, et s’enquit du bien-être du sage. Ainsi le sage fut honoré par des égards commençant par la prosternation révérencieuse et d’autres services.

Verse 55

आशीर्भिरभिनंद्यैनं प्रतिगृह्य च सत्क्रियाम् । तमापृछ्य प्रहृष्टाप्मा स्वाश्रमं पुनराययौ

L’ayant comblé de bénédictions et ayant reçu l’hospitalité respectueuse, le sage prit congé de lui et, le cœur réjoui, retourna de nouveau à son propre āśrama.

Verse 56

एवं दिनेदिने विप्रः शूद्रेस्मिन्पक्षपातवान् । आगच्छदाश्रमं तस्य द्रष्टुं तं शूद्रयोनिजम्

Ainsi, jour après jour, le brāhmane—montrant une préférence pour ce śūdra—venait sans cesse à son āśrama pour voir cet homme né d’une lignée de śūdra.

Verse 57

बहुकालं द्विजस्याभूत्संसर्गः शूद्रयोनिना । स्नेहस्य वशमापन्नः शूद्रोक्तं नातिचक्रमे

Longtemps, le deux-fois-né demeura en étroite fréquentation avec l’homme né śūdra. Sous l’emprise de l’affection, il ne dépassa pas ce que disait le śūdra, mais s’y conforma.

Verse 58

अथागतं द्विजं शूद्रः प्राह स्नेहवशीकृतम् । हव्यकव्यविधानं मे कृत्स्नं ब्रूहि मुनीश्वर

Alors le śūdra s’adressa au dvija, désormais soumis au pouvoir de l’affection : «Ô seigneur parmi les munis, dis-moi entièrement la règle des offrandes, le havya pour les devas et le kavya pour les ancêtres».

Verse 59

पितृकार्यविधानार्थं देवकार्यार्थमेव च । मंत्रानुपदिश त्वं मे महालयविधिं तथा

«Afin d’ordonner les rites dus aux pitṛs et de même ceux dus aux devas, enseigne-moi les mantras, et aussi la juste procédure de l’observance de Mahālaya».

Verse 60

अष्टकाश्राद्धकृत्यं च वैदिकं यच्च किंचन । सर्वमेतद्रहस्यं मे ब्रूहि त्वं वै गुरुर्मतः

Enseigne-moi les principes secrets des rites d’Aṣṭakā-Śrāddha et tout ce qui relève du Veda. Dis-moi tout, car tu es reconnu comme mon guru.

Verse 61

एवमुक्तः स शूद्रेण सर्वमेतदुपादिशत् । कारयामास तस्यायं पितृकार्यादिकं तथा

Ainsi sollicité par le Śūdra, le deux-fois-né lui enseigna tout cela ; et il le fit aussi accomplir les rites envers les ancêtres et les devoirs qui s’y rattachent.

Verse 62

पितृकार्ये कृते तेन विसृष्टः स द्विजो गतः । अथ दीर्घेण कालेन पोषितः शूद्रयोनिना

Quand les rites envers les ancêtres eurent été accomplis par lui, ce deux-fois-né fut congédié et s’en alla. Puis, après un long temps, il fut entretenu dans une naissance de Śūdra.

Verse 63

त्यक्तो विप्रगणैः सोऽयं पंचत्वमगमद्द्विजः । वैवस्वतभटैर्नीत्वा पातितो नरकेष्वपि

Abandonné par la communauté des brāhmanes, ce deux-fois-né alla à la mort. Emmené par les serviteurs de Yama, il fut précipité aussi dans les enfers.

Verse 64

कल्पकोटिसहस्राणि कल्पकोटिशतानि च । भुक्त्वा क्रमेण नरकांस्तदंते स्था वरोऽभवत्

Après avoir enduré, selon l’ordre, les enfers durant des milliers de crores de kalpas et des centaines de crores de kalpas, à l’issue de cela il devint un sthāvara, un être immobile.

Verse 65

गर्दभस्तु ततो जज्ञे विड्वराहस्ततः परम् । जज्ञेऽथ सारमेयोऽसौ पश्चाद्वायसतां गतः

Alors il naquit comme un âne ; puis comme un sanglier se nourrissant d’immondices. Ensuite il naquit comme un chien ; et plus tard il entra dans l’état d’un corbeau.

Verse 66

अथ चंडालतां प्राप शूद्रयोनिमगात्ततः । गतवान्वैश्यतां पश्चात्क्षत्रियस्तदनंतरम्

Puis il atteignit la condition de Caṇḍāla ; ensuite il entra dans une naissance de Śūdra. Après cela il obtint l’état de Vaiśya, et aussitôt après (naquit) comme Kṣatriya.

Verse 67

प्रबलैर्बाध्यमानोऽसौ ब्राह्मणो वै तदाऽभवत् । उपनीतः स पित्रा तु वर्षे गर्भाष्टमे द्विजः

Pressé par de puissantes forces (du destin), il devint alors véritablement un Brāhmaṇa. Ce « deux-fois-né » reçut de son père l’investiture du cordon sacré la huitième année depuis la conception.

Verse 68

वर्तमानः पितुर्गेहे स्वाचाराभ्यासतत्परः । गच्छन्कदाचिद्गहने गृहीतो ब्रह्मरक्षसा

Demeurant dans la maison de son père et appliqué à la pratique de la bonne conduite, un jour, marchant dans une forêt profonde, il fut saisi par un Brahmarākṣasa.

Verse 69

रुदन्भ्रमन्स्खल न्मूढः प्रहसन्विलपन्नसौ । शश्वद्धाहेति च वदन्वैदिकं कर्म सोऽत्यजत्

Pleurant, errant et trébuchant dans sa stupeur—tantôt riant, tantôt gémissant—répétant sans cesse : « Brûle ! Brûle ! », il abandonna l’accomplissement des devoirs védiques.

Verse 70

दृष्ट्वा सुतं तथाभूतं पिता दुःखेन पीडितः । सुतमादाय च स्नेहा दगस्त्यं शरणं ययौ

Voyant son fils en un état si funeste, le père, accablé de chagrin, le prit avec tendresse et alla se réfugier auprès d’Agastya.

Verse 71

भक्त्या मुनिं प्रणम्यासौ पिता तस्य सुतस्य वै । तस्मै निवेदयामास स्वपुत्रस्य विचेष्टितम्

Avec dévotion, ce père se prosterna devant le sage et lui rapporta les agissements étranges et troublants de son propre fils.

Verse 72

अब्रवीच्च तदा विप्रः कुम्भजं मुनिपुंगवम् । एष मे तनयो ब्रह्मन्गृहीतो ब्रह्मरक्षसा

Alors le brāhmane s’adressa à Kumbhaja, le plus éminent des sages : «Ô vénérable, mon fils a été saisi par un brahma-rākṣasa».

Verse 73

सुखं न भजते ब्रह्मन्रक्ष तं करुणादृशा । नास्ति मे तनयोऽ प्यन्यः पितॄणामृणमुक्तये

«Ô vénérable, il ne goûte aucun bonheur ; protège-le d’un regard de compassion. Je n’ai pas d’autre fils par qui je puisse être délivré de la dette envers les ancêtres».

Verse 74

अस्य पीडाविनाशार्थमुपायं ब्रूहि कुम्भज । त्वत्समस्त्रिषु लोकेषु तपःशीलो न विद्यते

«Ô Kumbhaja, dis-moi le moyen d’anéantir cette affliction. Dans les trois mondes, nul n’égale ta pénitence (tapas) et ta discipline».

Verse 75

अग्रणीः शिवभक्तानामुक्तस्त्वं हि महर्षिभिः । त्वां विनास्य परित्राणं न मेपुत्रस्य विद्यते

Les grands ṛṣi t’ont déclaré le premier parmi les dévots de Śiva. Sans toi, je ne trouve aucune protection pour mon fils.

Verse 76

पित्रे कृपां कुरुष्व त्वं दयाशीला हि साधवः । श्रीसूत उवाच । एवमुक्तस्तदा तेन कुम्भजो ध्यानमास्थितः

Accorde ta grâce à un père, car les justes sont, par nature, compatissants. Sūta dit : Ainsi sollicité par lui, Kumbhaja (Agastya) entra alors en méditation.

Verse 77

ध्यात्वा तु सुचिरं कालमब्रवीद्ब्राह्मणं ततः । अगस्त्य उवाच । पूर्वजन्मनि ते पुत्रो ब्राह्मणोऽयं महामते

Après avoir longtemps médité, il s’adressa ensuite au brāhmaṇa. Agastya dit : « Ô sage, dans une existence antérieure, ce fils tien fut un brāhmaṇa. »

Verse 78

सुमतिर्नाम विप्रोऽयं मतिं शूद्राय वै ददौ । कर्माणि वैदिकान्येष सर्वाण्युपदि देश वै

Ce brāhmaṇa se nommait Sumati. Il transmit l’enseignement sacré à un śūdra et l’instruisit même de tous les rites védiques.

Verse 79

अतोऽयं नरकान्भुक्त्वा कल्पकोटिसहस्रकम् । जातो भुवि तदंतेषु स्थावरादिषु योनिषु

Pour cela, il endura les enfers durant des milliers de crores de kalpas ; puis, il naquit sur la terre dans des matrices d’êtres immobiles et d’autres naissances inférieures.

Verse 80

इदानीं ब्राह्मणो जातः कर्मशेषेण ते सुतः । यमेन प्रेषितेनात्र गृहीतो ब्रह्मरक्षसा

À présent, ton fils est né brāhmane grâce au reliquat de son karma passé ; pourtant, ici, il a été saisi par un Brahmarākṣasa dépêché par Yama.

Verse 81

क्रूरेण पातकेनाद्धा पूवजन्मकृतेन वै । उपायं ते प्रवक्ष्यामि ब्रह्मरक्षोविनाशने

En vérité, à cause d’un péché cruel commis dans une naissance antérieure, je t’enseignerai le moyen de détruire ce Brahmarākṣasa.

Verse 82

शृणुष्व श्रद्धया युक्तः समाधाय च मानसम् । दक्षिणांभोनिधौ विप्र सेतुरूपो महागिरिः

Écoute avec foi, l’esprit recueilli et apaisé : dans l’océan du Sud, ô brāhmane, se dresse une grande montagne en forme de pont (Setu).

Verse 83

वर्तते दैवतैः सेव्यः पावनो गन्धमादनः । तस्योपरि महातीर्थं नाम्ना पापविनाशनम्

Là se tient le purificateur Gandhamādana, honoré et servi par les dieux ; sur lui se trouve un grand tīrtha nommé « Pāpavināśana » (Destructeur du péché).

Verse 84

अस्ति पुण्यं प्रसिद्धं च महापातकनाशनम् । भूतप्रेतपिशाचानां वेतालब्रह्म रक्षसाम्

Il est saint et renommé, destructeur des grands péchés — efficace contre les bhūtas, pretas, piśācas, vetālas et Brahmarākṣasas.

Verse 85

महतां चैव रोगाणां तीर्थं तन्नाशकं स्मृतम् । सुतमादाय गच्छ त्वं तत्तीर्थं सेतुमध्यगम्

Ce tīrtha est aussi tenu pour celui qui détruit les maladies redoutables. Prends ton fils et rends-toi à ce gué sacré, situé au cœur de la région de Setu.

Verse 86

प्रयतः स्नापय सुतं तीर्थे पापविनाशने । स्नानेन त्रिदिनं तत्र ब्रह्मरक्षो विनश्यति

Avec la discipline requise, fais baigner ton fils au tīrtha Pāpavināśana, qui détruit les péchés. Par le bain accompli là durant trois jours, le Brahmarākṣasa est détruit.

Verse 87

नैवोपायांतरं तस्य विनाशे विद्यते भुवि । तस्माच्छीघ्रं प्रयाहि त्वं रामसेतुं विमुक्तिदम्

Pour l’anéantir, il n’existe sur terre aucun autre remède. C’est pourquoi hâte-toi d’aller à Rāmasetu, dispensateur de délivrance.

Verse 88

तत्र पापविनाशाख्यतीर्थे स्नापय ते सुतम् । मा विलंबं कुरुष्वात्र त्वरया याहि वै द्विज

Là, au tīrtha nommé Pāpavināśana, fais baigner ton fils. Ne tarde pas ici : pars en hâte, ô deux fois né.

Verse 89

इत्युक्तः स द्विजोऽगस्त्यं प्रणम्य भुवि दण्डवत् । अनुज्ञातश्च तेनासौ प्रययौ गंधमादनम्

Ainsi instruit, ce brāhmane se prosterna devant Agastya, étendu sur la terre tel un bâton; puis, ayant reçu sa permission, il partit pour Gandhamādana.

Verse 91

सस्नौ स्वयं च विप्रेंद्राः पिता पापविनाशने । अथ तस्य सुतस्तत्र विमुक्तो ब्रह्मरक्षसा

Alors le père, éminent brāhmane, se baigna lui-même au gué sacré nommé Pāpavināśana. En ce lieu même, son fils fut délivré de l’emprise d’un brahmarākṣasa.

Verse 92

समजायत नीरोगः स्वस्थः सुन्दररूपधृक् । सर्वसंपत्समृद्धोऽसौ भुक्त्वा भोगाननेकशः

Il devint sans maladie, parfaitement sain, et revêtu d’une belle apparence. Comblé de toutes prospérités, il jouit maintes fois de plaisirs variés.

Verse 93

देहांते प्रययौ मुक्तिं स्नानात्पापविनाशने । पितापि तत्र स्नानेन देहांते मुक्तिमाप्तवान्

À la fin de sa vie, grâce au bain à Pāpavināśana, il atteignit la délivrance. Son père aussi—par le bain en ce lieu—obtint la délivrance à la fin de son corps.

Verse 94

तेनोपदिष्टो यः शूद्रः स भुक्त्वा नरकान्क्रमात् । अनेकासु जनित्वा च कुत्सितास्वपियोनिषु

Un śūdra qu’il avait instruit, après avoir subi les enfers l’un après l’autre selon l’ordre, et après être né maintes fois, même dans des matrices blâmables,

Verse 95

गृध्रजन्मा भवत्पश्चाद्गंधमादनपर्वते । स कदाचिज्जलं पातुं तीर्थे पापविनाशने

Ensuite, sur le mont Gandhamādana, il naquit sous la forme d’un vautour. Un jour, il vint au tīrtha de Pāpavināśana pour y boire de l’eau,

Verse 96

समागतः पपौ तोयं सिषिचे चात्मनस्तनुम् । तदैव दिव्यदेहः सन्सर्वाभरणभूषितः

Étant arrivé, il but l’eau et en aspergea son propre corps. À l’instant même, il revêtit un corps divin, paré de tous les ornements.

Verse 97

दिव्यमाल्यांबरधरो रक्तचंदनरूषितः । दिव्यं विमानमारुह्य शोभितश्छत्रचामरैः

Portant guirlandes et vêtements célestes, oint de pâte de santal rouge, il monta dans un vimāna divin, splendide de parasols et de chasse-mouches en queue de yak.

Verse 98

उत्तमस्त्रीपरिवृतः प्रययावमरालयम्

Entouré de femmes célestes d’excellence, il partit vers la demeure des dieux.

Verse 99

श्रीसूत उवाच । एवं प्रभावमेतद्वै तीर्थं पापविनाशनम् । स्वर्गदं मोक्षदं पुण्यं प्रायश्चित्तकरं तथा । ब्रह्मविष्णुमहे शानैः सेवितं सुरसेवितम्

Śrī Sūta dit : « Telle est, en vérité, la puissance de ce tīrtha, Pāpavināśana, destructeur des fautes : il donne le ciel, il donne la délivrance, il est saint et procure aussi l’expiation ; il est servi par Brahmā, Viṣṇu et Maheśa, et honoré par les dieux. »

Verse 101

इत्थं रहस्यं कथितं मुनींद्रास्तद्वैभवं पापविनाशनस्य । यत्राभिषेकात्सहसा विमुक्तौ द्विजश्च शूद्रश्च विनिंद्यकृत्यौ

Ainsi, ô seigneurs des sages, le secret a été dit : la grandeur de Pāpavināśana, où, par la seule ablution, un brāhmaṇa et un śūdra, même coupables d’actes blâmables, sont soudain délivrés.