Uttara BhagaAdhyaya 65136 Verses

Description of the Pilgrimage to the Sacred Tīrthas (Kurukṣetra-yātrā-krama)

Mohinī demande un exposé bien ordonné des forêts propices, des rivières et de l’itinéraire complet de pèlerinage à Kurukṣetra. Vasu répond par un tīrtha-yātrā-vidhi structuré : il nomme les sept forêts centrales (Kāmyaka, Aditivana, Vyāsa-vana, Phalakīvana, Sūryavana, Madhuvana, Sītāvana) et énumère les rivières saisonnières dont le contact et l’eau bue confèrent du mérite. Le parcours commence par la salutation au yakṣa gardien de la porte, Rantuka, puis traverse des étapes majeures—Vimala/Vimaleśvara, Pāriplava, Pṛthivī-tīrtha, Dakṣa-āśrama (Dakṣeśvara), Śālakinī, Nāga-tīrtha, Pañcanada, Koṭitīrtha/Koṭīśvara, Aśvitīrtha, Varāha-tīrtha, Soma-tīrtha et de nombreux lieux de Śiva-liṅga—en intégrant snāna, pūjā, dāna et le repas offert aux brahmanes. Le chapitre assimile souvent les actes aux tīrthas aux grands sacrifices védiques (Agniṣṭoma, Aśvamedha, Rājasūya, Soma-yajñas), ajoute des règles calendaires (observances de Caitra, kanyā-dāna en Kārtika, śrāddha de Pitṛpakṣa/Mahālaya, dons lors des éclipses) et conclut qu’aucun tīrtha n’égale Kurukṣetra, le Sthāṇu-tīrtha étant exalté comme sommet menant à la délivrance. La phala-śruti affirme qu’entendre ou réciter ce māhātmya détruit les péchés et guide le chercheur vers mokṣa.

Shlokas

Verse 1

मोहिन्युवाच । वनानि कानि विप्रेंद्र तत्र संति शुभावहाः । सरितश्च क्रमाद्यात्रां वद मे सर्वसिद्धिदाम् ॥ १ ॥

Mohinī dit : « Ô le meilleur des brāhmaṇas, quelles forêts s’y trouvent, porteuses d’auspice, et quels fleuves ? Dis-moi, dans l’ordre convenable, l’itinéraire de pèlerinage qui accorde toutes les perfections (siddhi). »

Verse 2

यानि तीर्थानि संत्यत्र कुरुक्षेत्रे सुपुण्यदे । तानि सर्वाणि मे ब्रूहि गतिदस्त्वं गुरुंर्यतः ॥ २ ॥

« Ô toi, d’un mérite suprême, quels que soient les tīrtha (lieux saints de pèlerinage) qui se trouvent ici à Kurukṣetra, dis-les-moi tous ; car tu es celui qui donne la voie juste et tu es mon guru vénéré. »

Verse 3

वसुरुवाच । श्रृणु मोहिनि वक्ष्यामि कुरुक्षेत्रस्य पुण्यदम् । यात्राविधानं यत्कृत्वा लभते गतिमुत्तमाम् ॥ ३ ॥

Vasu dit : « Écoute, ô Mohinī ; je vais te dire la règle du pèlerinage à Kurukṣetra, dispensatrice de mérite. En l’accomplissant, on obtient la destination suprême. »

Verse 4

वनानि सप्त संतीह कुरुक्षेत्रस्य मध्यतः । तेषां नामानि वक्ष्यामि पुण्यदानां नृणामिह ॥ ४ ॥

« Ici, au cœur même de Kurukṣetra, se trouvent sept forêts. J’en déclarerai maintenant les noms, car elles confèrent du mérite aux hommes en ce monde. »

Verse 5

काम्यकं च वनं पुण्यं तथादितिवनं महत् । व्यासस्य च वनं पुण्यं फलकीवनमेव च ॥ ५ ॥

La forêt de Kāmyaka est sacrée ; de même l’immense Aditivana. Sacrée est aussi la forêt de Vyāsa, et pareillement la forêt de Phalakī.

Verse 6

तथा सूर्यवनं चात्र पुण्यं मधुवनं च वै । सीतावनं तथा ख्यातं नृणां कल्मषनाशनम् ॥ ६ ॥

De même, ici se trouve la forêt sacrée de Sūrya, et aussi la sainte forêt de Madhu. Ainsi encore la célèbre forêt de Sītā, qui détruit les souillures de péché des hommes.

Verse 7

वनान्येतानि सप्तात्र तेषु तीर्थान्यनेकशः । सरस्वती नदी पुण्या तथा वैतरणी नदी ॥ ७ ॥

Ici se trouvent sept forêts ; en elles se trouvent de nombreux tīrtha, gués sacrés. La rivière Sarasvatī est sainte, et de même la rivière Vaitaraṇī.

Verse 8

गंगा मंदाकिनी पुण्या तथैवान्या मधुस्रवा । दृषद्वती कौशिकी च पुण्या हैरण्वती नदी ॥ ८ ॥

Le Gaṅgā et la Mandākinī sont saints ; de même l’autre rivière nommée Madhusravā. Sont saints aussi la Dṛṣadvatī et la Kauśikī ; et la rivière Hairaṇvatī est également sacrée.

Verse 9

वर्षकालवहाश्चैता वर्जयित्वा सरस्वतीम् । एतासामुदकं पुण्यं स्पर्शे पाने समाप्नुतौ ॥ ९ ॥

Ces rivières coulent durant la saison des pluies, à l’exception de la Sarasvatī. Leur eau est méritoire : sa sainteté s’obtient autant par le contact que par la boisson.

Verse 10

रजस्वलात्वं नैतासां पुण्यक्षेत्रप्रभावतः । रंतुकं तु पुरासाद्य द्वारपालं महाबलम् ॥ १० ॥

Par la puissance de ce kṣetra de pèlerinage sacré, ces femmes ne tombèrent pas dans l’état des menstrues. Puis, parvenues à Rantuka, le puissant gardien de la porte, elles poursuivirent leur chemin.

Verse 11

यक्षं समभिवाद्याथ तत्र यात्रां समारभेत् । ततो गच्छेन्नरः पुण्यं भद्रेऽदिति वनं महत् ॥ ११ ॥

Après avoir salué comme il se doit le Yakṣa en ce lieu, qu’on commence le pèlerinage; puis le pèlerin se rende à la grande forêt hautement méritoire nommée Aditi-vana, dans l’auspicieuse région de Bhadra.

Verse 12

अदित्या तत्र पुत्रार्थं सम्यक् चीर्णं महत्तपः । तत्र स्नात्वा समभ्यर्च्य देवमातरमंगना ॥ १२ ॥

Là, Aditi, désirant un fils, accomplit comme il se doit une grande austérité. S’étant baignée en ce lieu et ayant vénéré la Mère des Devas, la noble dame Aditi obtint son dessein.

Verse 13

सूते पुत्रं महाशूरं सर्वलक्षण संयुतम् । ततो गच्छेद्वरारोहे विष्णोः स्थानमनुत्तमम् ॥ १३ ॥

Elle enfante un fils d’une grande vaillance, pourvu de tous les signes auspices; puis, ô dame aux hanches gracieuses, elle se rend à la demeure sans égale de Viṣṇu.

Verse 14

विमलं नाम विख्यातं यत्र सन्निहितो हरिः । विमले तु नरः स्नात्वा दृष्ट्वा च विमलेश्वरम् ॥ १४ ॥

Il est un lieu sacré renommé nommé Vimala, où Hari (Viṣṇu) demeure présent. Celui qui se baigne à Vimala et contemple Vimaleśvara obtient purification intérieure et mérite.

Verse 15

विमलः स लभेल्लोकं देवदेवस्य चक्रिणः । हरिं च बलदेवं च दृष्ट्वैकासनमास्थितौ ॥ १५ ॥

Devenu pur, il atteint le séjour du Seigneur des dieux, le Porteur du disque; et il contemple Hari et Baladeva assis ensemble sur un même trône.

Verse 16

मुच्यते किल्बिषात्सद्यो मोहिन्यत्र न संशयः । ततः पारिप्लवं गच्छेत्तीर्थं लोकेषु विश्रुतम् ॥ १६ ॥

Ici, l’on est aussitôt délivré du péché—c’est certain, sans aucun doute. Ensuite, il faut se rendre à Pāriplava, le tīrtha renommé dans tous les mondes.

Verse 17

तत्र स्नात्वा च पीत्वा यो ब्राह्मणं वेदपारगम् । संतोष्यदक्षिणाद्येन ब्राह्मयज्ञफलं लभेत् ॥ १७ ॥

Celui qui s’y baigne et boit cette eau sacrée, puis satisfait par des dons tels que la dakṣiṇā un brāhmane accompli dans les Veda, obtient le fruit du Brahma-yajña (l’offrande de l’étude védique).

Verse 18

यत्रास्ति संगमो भद्रे कौशिक्याः पापनाशनः । तत्र स्नात्वा नरो भक्त्या प्राप्नोति प्रियसंगमम् ॥ १८ ॥

Ô dame de bon augure, là où se trouve la confluence de la Kauśikī, destructrice du péché, celui qui s’y baigne avec dévotion obtient la rencontre avec ce qui lui est cher (le Bien-Aimé).

Verse 19

ततस्तु पृथिवीतीर्थमासाद्य क्षांतिमान्नरः । स्नातो भक्त्या महाभागे प्राप्नोति गतिमुत्तमाम् ॥ १९ ॥

Ensuite, ô très fortunée, l’homme patient qui parvient au tīrtha nommé Pṛthivī-tīrtha et s’y baigne avec dévotion atteint l’état suprême, la destination la plus haute.

Verse 20

धरम्यामपराधा ये कृताः स्युः पुरुषेण वै । तान्सर्वान्क्षमते देवी तत्र स्नातस्य देहिनः ॥ २० ॥

Quelles que soient les offenses commises contre le dharma, la Déesse les pardonne toutes à l’être incarné qui s’y baigne.

Verse 21

ततो दक्षाश्रमे पुण्ये दृष्ट्वा दक्षेश्वरं शिवम् । अश्वमेधस्य यज्ञस्य फलं प्राप्नोति मानवः ॥ २१ ॥

Ensuite, dans le saint Dakṣa-āśrama, après avoir contemplé Śiva en tant que Dakṣeśvara, l’homme obtient le fruit méritoire du sacrifice de l’Aśvamedha.

Verse 22

ततः शालकिनीं गच्छेत्तत्र स्नात्वा समर्चयेत् । हरिं हरेण संयुक्तं वांछितार्थस्य लब्धये ॥ २२ ॥

Puis, qu’on se rende à Śālakinī ; après s’y être baigné, qu’on adore selon le rite Hari uni à Hara (Śiva), afin d’obtenir l’objet désiré.

Verse 23

नागतीर्थं ततः प्राप्य स्नात्वा तत्र विधानवित् । सर्पिश्चास्य दधि प्राश्य नागेभ्यो ह्यभयं लभेत् ॥ २३ ॥

Puis, parvenu à Nāga-tīrtha, celui qui connaît la règle doit s’y baigner ; et en prenant du ghee et du lait caillé, il obtient vraiment l’absence de crainte face aux serpents (nāgas).

Verse 24

ततः सायमुपावृत्य रंतुकं द्वारपालकम् । एकरात्रोषितस्तत्र पूजयेत्तं परेऽहनि ॥ २४ ॥

Puis, au soir, qu’on revienne et qu’on s’approche de Rantuka, le gardien de la porte, pour l’honorer. Après y avoir passé une seule nuit, le lendemain qu’on lui rende un culte.

Verse 25

गंधाद्यैरुपचारैस्तु ब्राह्मणं प्रार्च्य भोजयेत् । ततः पंचनदं गच्छेत्तीर्थं त्रैलोक्यविश्रुतम् ॥ २५ ॥

Après avoir honoré un brāhmaṇa par des offrandes—parfums et autres services rituels—qu’on le nourrisse; puis qu’on se rende à Pañcanada, le tīrtha renommé dans les trois mondes.

Verse 26

पंच नादाः कृता यत्र हरेणासुरभीषणाः । तेन पंचनदं नाम सर्वपातकनाशनम् ॥ २६ ॥

Là où Hari fit naître cinq résonances puissantes qui épouvantèrent les asura; c’est pourquoi ce lieu est appelé Pañcanada, destructeur de tous les péchés.

Verse 27

तत्र स्नानेन दानेन निर्भयो जायते नरः । कोटितीर्थँ ततो गच्छेद्यत्र रुद्रेण मोहिनि ॥ २७ ॥

Là, par le bain sacré et le don, l’homme devient sans crainte. Ensuite, ô Mohinī, qu’il aille à Koṭitīrtha, où Rudra est présent.

Verse 28

कोटितीर्थान्युपाहृत्य स्थापितानि महात्मना । तत्र तीर्थे नरः स्नात्वा दृष्ट्वा कोटीश्वरं हरम् ॥ २८ ॥

Ce grand être rassembla (les mérites) d’innombrables tīrtha et les établit en ce lieu. Celui qui s’y baigne et contemple Hari en tant que Koṭīśvara obtient le fruit de ces tīrtha sans nombre.

Verse 29

पंचयज्ञभवं पुण्यं तत्प्रभत्याप्नुयात्सदा । तत्रैव वामनो देवः सर्वैर्देवैः प्रतिष्ठितः ॥ २९ ॥

On obtient toujours le mérite sacré issu des cinq grands sacrifices (pañca-yajña). Et en ce même lieu, le dieu Vāmana est établi, consacré par tous les dieux.

Verse 30

तस्मात्तं तत्र संपूज्य अग्निष्टोमफलं लभेत् । ततोऽश्वितीर्थमासाद्ये श्रद्धावान्विजितेन्द्रियः ॥ ३० ॥

Ainsi, après l’avoir vénéré en ce lieu selon le rite, on obtient le fruit du sacrifice Agniṣṭoma. Puis, parvenu à Aśvitīrtha, l’âme pleine de foi, ayant dompté les sens, doit poursuivre selon le dharma.

Verse 31

स्नात्वा तत्र यशस्वी च रूपवांश्च नरो भवेत् । ततो वाराहतीर्थं च प्राप्य विष्णुप्रकल्पितम् ॥ ३१ ॥

S’étant baigné en ce lieu, l’homme devient illustre et beau d’apparence. Puis, parvenu au Tīrtha de Varāha, établi par le Seigneur Viṣṇu, qu’il poursuive le pèlerinage sacré.

Verse 32

आप्लुत्य श्रद्धया तत्र नरः सद्गतिमाप्नुयात् । ततो व्रजेत्सोमतीर्थँ यत्र सोमो वरानने ॥ ३२ ॥

S’y étant plongé avec foi, l’homme obtient une destinée bénie. Puis, ô toi au visage gracieux, qu’il se rende au Soma-tīrtha, où demeure Soma, le dieu-Lune.

Verse 33

तपस्तप्त्वा ह्यरोगोऽभूत्तत्र स्नानं समाचरेत् । दत्वा च तत्र गामेकां राजसूयफलं लभेत् ॥ ३३ ॥

Après avoir accompli des austérités (tapas), il devint réellement exempt de maladie. Aussi doit-on se baigner en ce lieu sacré; et en y offrant en don une seule vache, on obtient un mérite égal à celui du sacrifice Rājasūya.

Verse 34

भूतेश्वरं च तत्रैव ज्वालामालेश्वरं तथा । तांडलिंगं समभ्यर्च्य न भूयो भवमाप्नुयात् ॥ ३४ ॥

En ce lieu même, après avoir vénéré comme il se doit Bhūteśvara, ainsi que Jvālāmāleśvara et le Tāṇḍa-liṅga, on ne retombe plus dans le bhava, l’existence mondaine : on est délivré de la renaissance.

Verse 35

एकहंसे नरः स्नात्वा गो सहस्रफलं लभेत् । कृतशौचे नरः स्नात्वा पुंडरीकफलं लभेत् ॥ ३५ ॥

L’homme qui se baigne à Ekahaṃsa obtient un mérite égal au don de mille vaches. L’homme qui se baigne à Kṛtaśauca obtient un mérite égal à l’offrande d’un puṇḍarīka (lotus blanc).

Verse 36

ततो मुंजवटं नाम प्राप्य देवस्य शूलिनः । समुष्य च निशामेकां प्रार्च्येशं गणपोभवेत् ॥ ३६ ॥

Puis, parvenu au lieu nommé Muñjavaṭa, sacré pour le Seigneur au trident (Śiva), et y demeurant une seule nuit, qu’on adore Īśa (Śiva) ; ainsi devient-on un chef parmi les gaṇas, les serviteurs de Śiva.

Verse 37

प्रसाद्य यक्षिणीं तत्र द्वारस्थामुपवासकृत् । स्नात्वाभ्यर्च्याशयेद्विप्रान्महापातकशांतये ॥ ३७ ॥

Là, après avoir observé le jeûne (upavāsa), qu’on apaise la Yakṣiṇī postée à la porte. Puis, après le bain et le culte, qu’on nourrisse et honore les brāhmaṇas, afin d’apaiser les grands péchés (mahāpātakas).

Verse 38

प्रदक्षिणमुपावृत्य पुष्करं च ततो व्रजेत् । तत्र स्नात्वा पितॄन्प्रार्च्य कृतकृत्यो नरो भवेत् ॥ ३८ ॥

Après avoir accompli la pradakṣiṇā (circumambulation) et être revenu, qu’on se rende ensuite à Puṣkara. Là, après le bain et le culte dû aux Pitṛs (ancêtres), l’homme devient celui dont les devoirs sont accomplis.

Verse 39

कन्यादानं च यस्तत्र कार्तिक्यां वै समाचरेत् । प्रसन्ना देवतास्तस्य यच्छंत्यभिमतं फलम् ॥ ३९ ॥

Quiconque, en ce cadre sacré, accomplit comme il se doit le kanyā-dāna (don de la jeune fille) au mois de Kārtika, les divinités, satisfaites, lui accordent le fruit désiré.

Verse 40

कपिलश्च महायक्षो द्वारपालोऽत्र संस्थितः । विघ्नं करोति पापानां सुकृतं च प्रयच्छति ॥ ४० ॥

Ici se tient Kapila, le grand Yakṣa, établi comme gardien de la porte ; il dresse des obstacles aux pécheurs et accorde le mérite aux vertueux.

Verse 41

पत्नी तस्य महाभागा नाम्नोलूखलमेखला । आहत्य दुंदुभिं सा तु भ्रमते नित्यमेव हि ॥ ४१ ॥

Son épouse vertueuse, très fortunée, est connue sous le nom d’Ulūkhalamekhalā ; frappant le tambour dundubhi, elle erre sans cesse, continuellement.

Verse 42

वारयेत्पापिनः स्नानात्तथा सुकृतिनो नयेत् । ततो रामह्रदं गच्छेत्स्नात्वा तत्र विधानतः ॥ ४२ ॥

Qu’on empêche les pécheurs de se baigner (là), et qu’on conduise de même les méritants au bain. Ensuite, qu’on se rende à Rāma-hrada et, s’y étant baigné, qu’on accomplisse les rites selon la règle prescrite.

Verse 43

देवान्पितॄनृषीनिष्ट्वा भुक्तिं मुक्तिं च विंदति । राममभ्यर्च्य सच्छद्धः स्वर्णं दत्त्वा धनी भवेत् ॥ ४३ ॥

Après avoir honoré comme il se doit les Devas, les Pitṛs et les Ṛṣis, on obtient à la fois la prospérité en ce monde et la délivrance. Et celui qui, avec une foi sincère, adore Rāma et donne de l’or devient riche.

Verse 44

वंशमूलं समासाद्य स्रात्वा स्वं वंशमुद्दरेत् । कायशोधनके स्नात्वा शुद्धदेहो हरिं विशेत् ॥ ४४ ॥

Parvenu à la racine même de sa lignée et s’y étant baigné, on élève et rachète sa propre descendance. Après s’être baigné à Kāyaśodhana (le tīrtha qui purifie le corps), le corps purifié, on entre en Hari (Viṣṇu).

Verse 45

लोकोद्धारं ततः प्राप्य स्नात्वाभ्यर्च्य जनार्दनम् । प्राप्नोति शाश्वतं लोकं यत्र विष्णुः सनातनः ॥ ४५ ॥

Ensuite, parvenu à Lokoddhāra, le lieu sacré d’élévation, après s’être baigné et avoir adoré Janārdana, on atteint le monde éternel où demeure Viṣṇu, l’Ancien, le Sanātana.

Verse 46

श्रीतीर्थं च ततः प्राप्य शालग्राममनुत्तमम् । स्नात्वाभ्यर्च्य हरिं नित्यं पश्यति स्वांतिके स्थितम् ॥ ४६ ॥

Puis, parvenu au Śrī-tīrtha sacré et au Śālagrāma sans égal, après s’être baigné et avoir adoré Hari chaque jour, on Le voit présent tout près de soi.

Verse 47

कपिलाह्रदमासाद्य स्नात्वाभ्यर्च्य सुरान्पितॄन् । सहस्रकपिलापुण्यं लभते नात्र संशयः ॥ ४७ ॥

Parvenu à Kapilā-hrada, après s’y être baigné et avoir honoré les dieux et les Ancêtres (Pitṛ), on obtient un mérite égal au don de mille vaches fauves ; il n’y a là aucun doute.

Verse 48

कपिलं तत्र विश्वेशं समभ्यर्च्य विधानतः । देवैश्च सत्कृतो भद्रे साक्षाच्छिवपदं लभेत् ॥ ४८ ॥

Ô bienheureuse, en adorant là Viśveśa, le Seigneur de l’univers, sous sa forme de Kapila et selon les rites prescrits, on est honoré même par les dieux et l’on obtient directement l’état de Śiva.

Verse 49

सूर्यतीर्थे ततो भानुं सोपवासः समर्चयेत् । अग्निष्टोमस्य यज्ञस्य फलं लब्ध्वा व्रजेद्दिवम् ॥ ४९ ॥

Ensuite, au Sūrya-tīrtha, qu’on adore Bhānu (le Soleil) en observant le jeûne ; ayant obtenu le fruit équivalent au sacrifice Agniṣṭoma, on s’en va vers le ciel.

Verse 50

पृथिवीविवरद्वारि स्थितो गणपतिः स्वयम् । तं दृष्ट्वाथ समभ्यर्च्य यज्ञस्य फलमाप्नुयात् ॥ ५० ॥

À la porte de la fissure de la terre se tient Gaṇapati lui-même. Celui qui le contemple puis l’honore selon le rite obtient le fruit du yajña, le sacrifice sacré.

Verse 51

देव्यास्तीर्थे नरः स्नात्वा लभते रूपमुत्तमम् । ब्रह्मावर्ते नरः स्नात्वा ब्रह्मज्ञानमवाप्नुयात् ॥ ५१ ॥

Celui qui se baigne au tīrtha de la Devī obtient une beauté éminente ; et celui qui se baigne à Brahmāvarta reçoit la connaissance de Brahman.

Verse 52

सुतीर्थके नरः स्नात्वा देवर्षिपितृमानवान् । समभ्यर्च्याश्वमेधस्य यज्ञस्य फलमाप्नुयात् ॥ ५२ ॥

Celui qui se baigne à Sutīrthaka et, selon le dharma, honore les dieux, les devarṣi, les pitṛ (ancêtres) et les hôtes humains, obtient le mérite du yajña Aśvamedha.

Verse 53

कामेश्वरस्य तीर्थे तु स्नात्वा श्रद्धासमन्वितः । सर्वव्याधिविनिर्मुक्तो ब्रह्म प्राप्नोति शाश्वतम् ॥ ५३ ॥

Mais celui qui se baigne au tīrtha de Kāmeśvara avec une foi inébranlable est délivré de toutes maladies et atteint le Brahman éternel.

Verse 54

स्नातस्य मातृतीर्थे तु श्रद्धयाभ्यर्चकस्य तु । आसप्तमं कुलं देवि वर्द्धते श्रीरनुत्तमा ॥ ५४ ॥

Ô Déesse, pour celui qui se baigne à Mātṛtīrtha et adore avec foi, une prospérité sans égale croît dans sa lignée jusqu’à la septième génération.

Verse 55

ततः सीतावनं गच्छेत्तत्र तीर्थं महच्छुभे । पुनातिदर्शनादेवपुरुषानेकविशतिंम् ॥ ५५ ॥

Ensuite, qu’on se rende à Sītāvana ; là se trouve un tīrtha grand et de bon augure. Par sa seule vision, il purifie vingt et une personnes.

Verse 56

केशान्प्रक्षिप्य वै तत्र पूतो भवति पापतः । दशाश्वमेधिकं तत्र तीर्थं त्रैलोक्यविश्रुतम् ॥ ५६ ॥

En y déposant ses cheveux, on est purifié du péché. Ce tīrtha s’appelle Daśāśvamedhika, renommé dans les trois mondes.

Verse 57

दर्शनात्तस्य तीर्थस्य मुक्तो भवति किल्बिषैः । मानुषाह्वें ततस्तीर्थं प्राप्य स्रानं समाचरेत् ॥ ५७ ॥

Par la seule vue de ce tīrtha, on est délivré des fautes. Ainsi, parvenu au tīrtha nommé Mānuṣāhva, qu’on y accomplisse le bain rituel selon la règle.

Verse 58

यदीच्छेन्मानुषं जन्म पुनश्च विधिनंदिनि । मानुषाच्च ततस्तीर्थात्कोशमात्रे महानदी ॥ ५८ ॥

Ô Vidhinandini, si l’on souhaite obtenir de nouveau une naissance humaine, alors, à partir du tīrtha nommé Mānuṣa, à la distance d’un seul krośa, se trouve un grand fleuve.

Verse 59

आपगा नाम विख्याता तत्र स्नात्वा विधानतः । श्यामाकं पयसा सिद्धं भोजयद्द्विजसत्तमान् ॥ ५९ ॥

Il est un cours d’eau sacré renommé, nommé Āpagā. S’y étant baigné selon le rite prescrit, il nourrit les plus éminents des dvija de grains de śyāmāka cuits dans le lait.

Verse 60

तस्य पापं क्षयं याति पितॄणां श्राद्धतो गतिः । नभस्ये मासि कृष्णे तु पितृपक्षे महालये ॥ ६० ॥

Par cet acte de śrāddha, ses péchés s’éteignent, et par le śrāddha les pitṛ, les ancêtres, obtiennent leur marche vers l’au-delà. Cela est tout particulièrement vrai durant la quinzaine sombre du mois de Nabhasya, en Pitṛpakṣa, le temps de Mahālaya.

Verse 61

चतुर्दश्यां तु मध्याह्ने पिंडदो मुक्तिमाप्नुयात् । ब्राह्मोदुंबरकं गच्छेद्ब्रह्मणः स्थानकं ततः ॥ ६१ ॥

Mais au quatorzième jour lunaire, à midi, celui qui offre le piṇḍa (oblation funéraire) obtient la délivrance. Ensuite il se rend à Brāhmodumbaraka, un sthāna sacré, demeure de Brahmā.

Verse 62

तत्र ब्रह्मर्षिकुंडेषु स्नातः सोमफलं लभेत् । वृद्धकेदारके तीर्थे स्थाणुं दंडिसमन्वितम् ॥ ६२ ॥

Là, après s’être baigné dans les bassins nommés Brahmarṣi-kuṇḍa, on obtient un mérite égal au sacrifice du Soma. Et au tīrtha de Vṛddha-Kedāraka, on contemple et vénère Sthāṇu (Śiva), entouré d’ascètes daṇḍin portant le bâton.

Verse 63

समर्च्य यत्र चाप्नोति नरोंऽतर्द्धानमिच्छया । कलश्यां च ततो गच्छेद्यत्र देवी स्वयं स्थिता ॥ ६३ ॥

Après y avoir accompli l’adoration selon le rite, l’homme obtient, à son gré, le pouvoir de devenir invisible. De là, qu’il se rende à Kalaśyā, où la Déesse elle-même demeure.

Verse 64

स्नात्वास्यामंबिकां प्रार्च्य तरेत्संसारसागरम् । सरके कृष्णभूतायां दृष्ट्वा देवं महेश्वरम् ॥ ६४ ॥

S’étant baigné ici et ayant honoré Ambikā selon le rite, on traverse l’océan du saṃsāra. Et à Saraka, lorsque le cours d’eau devient sombre, on contemple le Seigneur divin Maheśvara.

Verse 65

शैवं पदमवाप्नोति नरः श्रद्धासमन्वितः । तिस्रः कोट्यस्तु तीर्थानां सरके संति भामिनि ॥ ६५ ॥

L’homme pourvu de foi (śraddhā) atteint l’état śaiva, la condition de Śiva. Ô belle, à Saraka, dit-on, se trouvent trois koṭi de tīrtha, lieux saints de pèlerinage.

Verse 66

रुद्रकोटिस्तथा कूपे सरोमध्ये व्यस्थिता । तस्मिन्सरसि यः स्नात्वा रुद्रकोटिं स्मरेन्नरः ॥ ६६ ॥

De même, Rudrakoṭi est établi dans un puits situé au milieu du lac. Celui qui se baigne dans ce lac et se souvient de Rudrakoṭi y obtient son mérite purificateur.

Verse 67

पूजिता रुद्रकोटिस्तु तेन स्यान्नात्र संशयः । ईहास्पदं च तत्रैव तीर्थं पापप्रणाशनम् ॥ ६७ ॥

Par lui, une koṭi de Rudras est vénérée — il n’y a là aucun doute. Et là même se trouve un tīrtha, terre de l’effort sacré, qui détruit les péchés.

Verse 68

यस्मिन्मुक्तिमवाप्नोति दर्शनादेव मानवः । तत्रस्थानर्चयित्वा च देवान्पितृगणानपि ॥ ६८ ॥

En ce lieu sacré, par la seule vision l’être humain obtient la délivrance (mukti). Après y avoir séjourné, qu’il y honore aussi les devas et les assemblées des Pitṛs, les ancêtres.

Verse 69

न दुर्गतिमवाप्नोति मनसा चिंतितं लभेत् । केदारं च महातीर्थं सर्वकल्मषनाशनम् ॥ ६९ ॥

Il ne tombe pas dans l’infortune ; il obtient ce qu’il a souhaité en son cœur. Kedāra est un grand mahā-tīrtha, qui détruit toute kalmaṣa, toute souillure de péché.

Verse 70

तत्र स्नात्वा च पुरुषः सर्वदानफलं लभेत् । अन्यजन्मेति विख्यातं सरकस्य तु पूर्वतः ॥ ७० ॥

S’étant baigné en ce lieu, l’homme obtient un mérite égal à celui de tous les actes de charité. Devant Saraka, il est renommé comme le tīrtha nommé « Anyajanma ».

Verse 71

सरो महत्स्वच्छजलं देवौ हरिहरौ यतः । विष्णुश्चतुर्भुजस्तत्र लिंगाकारः शिवः स्थितः ॥ ७१ ॥

Il est un grand lac aux eaux limpides, où sont présents les deux dieux—Hari et Hara. Là, Viṣṇu se tient avec quatre bras, et Śiva demeure sous la forme du liṅga.

Verse 72

तत्र स्नात्वा च तौ दृष्ट्वा स्तुत्वा मोक्षं लभेन्नरः । नागह्रदे ततो गत्वा स्नात्वा चैत्रे सितांतके ॥ ७२ ॥

S’étant baigné là, ayant contemplé ces deux divinités et les ayant louées, l’homme obtient la délivrance. Puis, se rendant à Nāgahṛda et s’y baignant à la fin de la quinzaine claire de Caitra, (il reçoit le mérite énoncé).

Verse 73

श्राद्धदो मुक्तिमाप्नोति यमलोकं न पश्यति । ततस्त्रिविष्टपं गच्छेत्तीर्थं देवनिषेवितम् ॥ ७३ ॥

Celui qui accomplit (ou offre) le śrāddha obtient la délivrance et ne voit pas le royaume de Yama. Ensuite, il se rend à Triviṣṭapa (le ciel), vers un tīrtha fréquenté par les dieux.

Verse 74

यत्र वैतरणी पुण्या नदी पापप्रमोचिनी । तत्र स्नात्वार्चयित्वा च शूलपाणिं वृषध्वजम् ॥ ७४ ॥

Là où coule la sainte rivière Vaitaraṇī—la rivière qui délivre des péchés—là, après s’être baigné, on doit adorer Śiva, le porteur du trident, dont l’étendard porte le taureau.

Verse 75

सर्वपाप विशुद्धात्मा गच्छत्येव परां गतिम् । रसावर्ते नरः स्नात्वा सिद्धिमाप्नोत्यनुत्तमाम् ॥ ७५ ॥

Purifié de tous les péchés, l’être atteint assurément l’état suprême. En se baignant à Rasāvarta, il obtient une siddhi spirituelle sans pareille.

Verse 76

चैत्रस्य सितभूतायां स्नानं कृत्वा विलेपके । पूजयित्वा शिवं भक्त्या सर्वपापैः प्रमुच्यते ॥ ७६ ॥

Durant la quinzaine claire du mois de Caitra, après s’être baigné à Vilepaka et avoir vénéré Śiva avec bhakti, on est délivré de tous les péchés.

Verse 77

ततो गच्छेन्नरो देवि फलकीवनमुत्तमम् । यत्र देवाः सगंधर्वास्तप्यंते परमं तपः ॥ ७७ ॥

Ensuite, ô Déesse, l’homme doit se rendre dans l’excellent Phalakīvana, où les dieux, avec les Gandharvas, accomplissent les austérités les plus hautes.

Verse 78

तत्र नद्यां दृषद्वत्यां नरः स्नात्वा विधानतः । देवान्पितॄंस्तर्पयित्वा ह्यग्निष्टोमातिरात्रभाक् ॥ ७८ ॥

Là, dans la rivière Dṛṣadvatī, celui qui se baigne selon le rite prescrit puis offre le tarpaṇa (libation d’eau) aux dieux et aux ancêtres obtient vraiment le mérite des sacrifices soma Agniṣṭoma et Atirātra.

Verse 79

दर्शे तथा विधुदिने तत्र श्राद्धं करोति यः । गयाश्राद्ध समं तत्र लभते फलमुत्तमम् ॥ ७९ ॥

Quiconque accomplit là le Śrāddha au jour de Darśa (nouvelle lune) ainsi qu’au tithi consacré à la Lune, obtient le mérite suprême, égal à celui du célèbre Gayā-Śrāddha.

Verse 80

श्राद्धे फलमरण्यस्य स्मरणं पितृतृप्तिदम् । पाणिघाते ततस्तीर्थे पितॄन्संतर्प्य मानवः ॥ ८० ॥

Dans le rite du śrāddha, le souvenir de Phalamaraṇya comble les Pitṛ (esprits des ancêtres). Ensuite, au gué sacré nommé Pāṇighāta, l’homme doit rassasier et apaiser les Pitṛ par des offrandes.

Verse 81

राजसूय फलं प्राप्य सांख्यं योगं च विंदति । ततस्तु मिश्रके तीर्थे स्नात्वा मर्त्यो विधानतः ॥ ८१ ॥

Ayant acquis un mérite égal à celui du sacrifice Rājasūya, le mortel obtient la juste connaissance du Sāṅkhya et du Yoga. Ensuite, en se baignant selon la règle au gué sacré de Miśraka, il recueille ces fruits.

Verse 82

सर्वतीर्थफलं प्राप्य लभते गतिमुत्तमाम् । ततो व्यासवने गत्वा स्नात्वा तीर्थे मनोजवे ॥ ८२ ॥

Ayant reçu le mérite égal à celui de tous les tīrtha, on atteint l’état suprême. Ensuite, en allant dans la forêt de Vyāsa et en se baignant au tīrtha nommé Manojava, on accroît encore sa pureté sacrée.

Verse 83

मनीषिणं विभुं दृष्ट्वा मनसा चिंतितं लभेत् । गत्वा मधुवनं चैव देव्यास्तीर्थे नरः शुचिः ॥ ८३ ॥

En voyant le Sage, le sage tout-puissant, l’homme obtient ce que son cœur a conçu. Et en se rendant à Madhuvana ainsi qu’au tīrtha de la Déesse, l’homme—purifié—atteint le fruit visé.

Verse 84

स्नात्वा देवानृषीनिष्ट्वा लभते सिद्धिमुत्तमाम् । कौशिकीसंगमे तीर्थे दृषद्वत्यां नरः प्लुतः ॥ ८४ ॥

Après s’y être baigné et avoir honoré selon la règle les dieux et les ṛṣi, l’homme qui s’immerge dans la Dṛṣadvatī, au tīrtha sacré où se rejoint la Kauśikī, obtient la siddhi la plus haute.

Verse 85

नियतो नियताहारः सर्वपापैः प्रमुच्यते । ततो व्यासस्थलीं गच्छेद्यत्र व्यासेन धीमता ॥ ८५ ॥

Celui qui est discipliné et se nourrit avec mesure est délivré de tous les péchés. Ensuite, qu’il se rende à Vyāsa-sthalī, le lieu sacré où le sage Vyāsa demeura et accomplit son œuvre sanctifiante.

Verse 86

पुत्रशोकाभिभूतेन देहत्यागो विनिश्चितः । पुनरुत्थापितो देवैस्तत्र गत्वा न शोकभाक् ॥ ८६ ॥

Accablé par le chagrin pour son fils, il résolut d’abandonner son corps ; mais les dieux le ramenèrent à la vie, et, s’y étant rendu, il ne fut plus voué à la peine.

Verse 87

किंदुशूकूपमासाद्य तिलप्रस्थं प्रदाप्य च । गच्छेद्धि परमां सिद्धिं मृतो मुक्तिमवाप्नुयात् ॥ ८७ ॥

Ayant atteint le puits nommé Kiṃduśūka et offert une mesure d’un prastha de graines de sésame, on obtient assurément la plus haute siddhi ; et, après la mort, on peut atteindre la délivrance (mokṣa).

Verse 88

आह्नं च मुदितं चैव द्वै तीर्थे भुवि विश्रुते । तयोः स्नात्वा विशुद्धात्मा सूर्यलोकमवाप्नुयात् ॥ ८८ ॥

« Āhna » et « Mudita » sont deux tīrthas sacrés renommés sur la terre. S’étant baigné dans l’un et l’autre, l’âme purifiée atteint le monde du Soleil (Sūryaloka).

Verse 89

मृगमुच्यं ततो गत्वा गंगायां प्रणतः स्थितः । अर्चयित्वा महादेवमश्वमेधफलं लभेत् ॥ ८९ ॥

Puis, se rendant à Mṛgamucya et se tenant dans la Gaṅgā, incliné avec révérence, celui qui vénère Mahādeva obtient un mérite égal au fruit du sacrifice de l’Aśvamedha.

Verse 90

कोटितीर्थं ततो गत्वा स्नात्वा कोटीश्वरं शिवम् । दृष्ट्वा स्तुत्वा श्रद्दधानः कोटियज्ञफलं लभेत् ॥ ९० ॥

Ensuite, s’étant rendu à Koṭitīrtha et s’y étant baigné, celui qui, avec foi, contemple et loue Śiva en tant que Koṭīśvara obtient un mérite égal à celui de dix millions de sacrifices.

Verse 91

ततो वामनकं गच्छेत्त्रिषु लोकेषु विश्रुतम् । यत्र वामनजन्माभूद्बलेर्यज्ञजिहीर्षया ॥ ९१ ॥

Ensuite, qu’on se rende à Vāmanaka, renommé dans les trois mondes, où Vāmana naquit afin d’enlever (et d’achever) le sacrifice de Bali.

Verse 92

तत्र विष्णुपदे स्नात्वा पूजयित्वा च वामनम् । सर्वपापविशुद्धात्मा विष्णुलोके महीयते ॥ ९२ ॥

Là, après s’être baigné à Viṣṇupada et avoir adoré Vāmana, celui dont l’âme est purifiée de tout péché est honoré dans le monde de Viṣṇu.

Verse 93

ज्येष्ठाश्रमं च तत्रैव सर्वपातकनाशनम् । ज्येष्ठस्य शुक्लैकादश्यां सोपवासः परेऽहनि ॥ ९३ ॥

Là même se trouve Jyeṣṭhāśrama, qui anéantit toutes les fautes. À l’Ekādaśī de la quinzaine claire du mois de Jyeṣṭha, on doit observer le jeûne (upavāsa) et achever le rite le lendemain.

Verse 94

स्नात्वा तत्र विधानेन श्रेष्ठत्वं लभते नृषु । श्राद्धं तत्र कृतं देवि पितॄणामतितुष्टिदम् ॥ ९४ ॥

En s’y baignant selon le rite prescrit, on obtient la prééminence parmi les hommes. Et, ô Déesse, le śrāddha accompli en ce lieu procure aux ancêtres la satisfaction la plus haute.

Verse 95

तत्रैव कोटितीर्थं च त्रिषु लोकेषु विश्रुतम् । तस्मिंस्तीर्थे नरः स्नात्वा कोटियज्ञफलं लभेत् ॥ ९५ ॥

Là même se trouve aussi le Koṭitīrtha, renommé dans les trois mondes. Celui qui se baigne à ce gué sacré obtient un mérite égal à celui d’accomplir un koṭi de sacrifices.

Verse 96

तत्र कोटीश्वरं नाम देवदेवं महेश्वरम् । समभ्यर्च्य विधानेन गाणपत्यमवाप्नुयात् ॥ ९६ ॥

Là se tient Mahādeva, Maheśvara, le Dieu des dieux, nommé Koṭīśvara. Celui qui l’adore selon le rite prescrit obtient la bénédiction et l’état conférés par Gaṇapati (Gaṇeśa).

Verse 97

सूर्यतीर्थं च तत्रैव स्नात्वात्र रविलोकभाक् । कुलोत्तारणके तीर्थे गत्वा स्नानं समाचरन् ॥ ९७ ॥

Là même, après s’être baigné au Sūrya-tīrtha et avoir obtenu la vision bénie du Soleil, il se rendit ensuite au tirtha nommé Kulottāraṇaka et accomplit comme il se doit le bain rituel.

Verse 98

उद्धृत्य स्वकुलं स्वर्गे कल्पांतं निवसेत्ततः । पवनस्य ह्रदे स्नात्वा दृष्ट्वा देवं महेश्वरम् ॥ ९८ ॥

Ayant relevé et délivré sa propre lignée, il demeure ensuite au ciel jusqu’à la fin du kalpa. Après s’être baigné dans le lac de Pavana et avoir contemplé le dieu Maheśvara, tel est le fruit obtenu.

Verse 99

विमुक्तः सर्वपापेभ्यः शैवं पदमवाप्नुयात् । स्नात्वा च हनुमत्तीर्थे नरो मुक्तिमवाप्नुयात् ॥ ९९ ॥

Délivré de tous les péchés, on atteint l’état suprême de Śiva. Et en se baignant au Hanumat-tīrtha, l’être humain obtient véritablement la libération (mokṣa).

Verse 100

शालहोत्रस्य राजर्षेस्तीर्थे स्नात्वाघवर्जितः । श्रीकुंभाख्ये सरस्वत्यास्तीर्थए स्नात्वाथ यज्ञवाक् ॥ १०० ॥

Celui qui se baigne au gué sacré du rājarṣi Śālahotra est délivré du péché. Puis, s’étant baigné au tīrtha de Sarasvatī nommé Śrī-Kumbha, il reçoit la puissance de la Parole sacrée, digne du yajña.

Verse 101

स्नातश्च नैमिषे कुंडे नैमिषस्नानपुण्यभाक् । स्नात्वा वेदवतीतीर्थे स्त्री सतीत्वमवाप्नुयात् ॥ १०१ ॥

S’étant baigné dans l’étang de Naimiṣa, on reçoit le mérite du bain sacré de Naimiṣa. Et en se baignant au tīrtha de Vedavatī, une femme obtient le satītvam : la chasteté bénie et la fidélité d’épouse.

Verse 102

ब्रह्मतीर्थे नरः स्रात्वा ब्राह्मण्यं लभते नरः । ब्रह्मणः परमं स्थानं यत्र गत्वा न शोचति ॥ १०२ ॥

En se baignant à Brahma-tīrtha, l’homme obtient le brāhmaṇya : l’état et le mérite du brāhmaṇa. C’est la demeure suprême de Brahmā ; qui y parvient ne s’afflige plus.

Verse 103

सोमतीर्थे नरः स्नात्वा स्वर्गतिं समवाप्नुयात् । सप्तसारस्वतं तीर्थं प्राप्य स्नात्वा च मुक्तिभाक् ॥ १०३ ॥

En se baignant à Soma-tīrtha, l’homme obtient la voie du ciel. Et parvenu au tīrtha nommé Sapta-Sārasvata, s’y étant baigné, il devient bénéficiaire de la délivrance (mukti).

Verse 104

यत्र सप्त सरस्वत्यः सम्यगैक्यं समागताः । सुप्रभा कांचनाक्षी च विशाला च मनोहरी ॥ १०४ ॥

C’est là que les sept Sarasvatī se sont réunies comme il se doit en une seule confluence : Suprabhā, Kāñcanākṣī, Viśālā et Manoharī.

Verse 105

सुनंदा च सुवेणुश्च सप्तमी विमलोदका । तथैवौशनसे तीर्थे स्नात्वा मुच्येत पातकैः ॥ १०५ ॥

De même, dans les eaux sacrées nommées Sunandā, Suveṇu, Saptamī et Vimalodakā—et pareillement au tīrtha d’Auśanasa—celui qui s’y baigne est délivré des péchés.

Verse 106

कपाल मोचने स्नात्वा ब्रह्महापि विशुध्यति । वैश्वामित्रे नरः स्नातो ब्राह्मण्यं समवाप्नुयात् ॥ १०६ ॥

En se baignant à Kapāla-mocana, même celui qui porte la faute de brahma-hatyā (le meurtre d’un brāhmaṇa) est purifié. Et l’homme qui se baigne à Vaiśvāmitra obtient le mérite et la dignité de brāhmaṇa.

Verse 107

ततः पृथूदके स्नात्वा मुच्यते भवबंधनात् । अवकीर्णे नरः स्नात्वा ब्रह्मचर्यफलं लभेत् ॥ १०७ ॥

Ensuite, en se baignant à Pṛthūdaka, on est délivré des liens du saṃsāra. Et l’homme qui se baigne à Avakīrṇa obtient le fruit du brahmacarya (la discipline sacrée de la continence).

Verse 108

मधुस्रावेऽथप्रयातः स्नातो मुच्यते पातकैः । स्नात्वा तीर्थे च वासिष्ठे वासिष्ठं लोकमाप्नुयात् ॥ १०८ ॥

Puis, s’étant rendu à Madhusrāva, celui qui s’y baigne est délivré des péchés. Et après s’être baigné au tīrtha Vāsiṣṭha, il atteint le monde de Vasiṣṭha.

Verse 109

अरुणासंगमे स्नात्वा त्रिरात्रोपोषितो नरः । स्नात्वा मुक्तिमवाप्नोति नात्र कार्या विचारणा ॥ १०९ ॥

L’homme qui a jeûné trois nuits et se baigne au confluent de l’Arunā obtient la libération; sur ce point, nul besoin de plus ample examen.

Verse 110

समुद्रास्तत्र चत्वारस्तेषु स्नातो नरः शुभे । गोसहस्रफलं लब्ध्वा स्वग्रलोके महीयते ॥ ११० ॥

Ô être de bon augure, il s’y trouve quatre mers. Celui qui s’y baigne obtient un mérite égal au don de mille vaches et est honoré dans le monde céleste.

Verse 111

सोमतीर्थं च तत्रान्यत्तस्मिन्स्नात्वा च मोहिनि । चैत्रे षष्ठ्यां च शुक्लायां श्राद्धं कृत्वोद्धरेत्पितॄन् ॥ १११ ॥

Là se trouve aussi un autre gué sacré nommé Soma-tīrtha. Ô Mohinī, après t’y être baigné, si l’on accomplit le śrāddha au sixième jour lunaire (ṣaṣṭhī) de la quinzaine claire du mois de Caitra, on relève et délivre les ancêtres (pitṛs).

Verse 112

अथ पञ्चवटे स्नात्वा योगमूर्तिधरं शिवम् । समभ्यर्च्य विधानेन दैवतैः सहमोदते ॥ ११२ ॥

Ensuite, après s’être baigné à Pañcavaṭa, on vénère Śiva—qui porte la forme du Yoga—selon le rite prescrit; et le dévot se réjouit avec les dieux.

Verse 113

कुरुतीर्थे ततः स्नातः सर्वसिद्धिमवाप्नुयात् । स्वर्गद्वारे प्लुतो मर्त्यः स्वर्गलोके महीयते ॥ ११३ ॥

Ensuite, celui qui se baigne à Kuru-tīrtha obtient toutes les perfections spirituelles. Après l’immersion rituelle à la « Porte du Ciel », un mortel est honoré et exalté dans le monde céleste.

Verse 114

स्नातो ह्यनरके तीर्थे मुच्यते सर्वकिल्बिषैः । ततो गच्छेन्नरो देवि काम्यकं वनमुत्तमम् ॥ ११४ ॥

Celui qui se baigne au saint Anaraka Tīrtha est délivré de toutes les fautes. Ensuite, ô Déesse, qu’il se rende dans l’excellent bois de Kāmyaka.

Verse 115

यस्मिन्प्रविष्टमात्रस्तु मुच्यते सर्वसंचयैः । अथादित्यवनं प्राप्य दर्शनादेव मुक्तिभाक् ॥ ११५ ॥

Rien qu’en pénétrant dans ce lieu sacré, on est délivré de toute l’accumulation des fautes. Ainsi, parvenu à l’Āditya-vana, l’être devient participant de la délivrance par le seul darśana, la vision dévotionnelle du lieu.

Verse 116

स्नानं रविदिने कृत्वा तत्र वांछितमाप्नुयात् । यज्ञोपवीतिके स्नात्वा स्वधर्मफलभाग्भवेत् ॥ ११६ ॥

En accomplissant le bain rituel le jour de Ravi (dimanche) en ce lieu, on obtient ce que l’on désire. En se baignant à Yajñopavītika, on devient participant des fruits de son propre svadharma, le devoir prescrit.

Verse 117

ततश्चतुःप्रवाहाख्ये तीर्थे स्नात्वा नरोत्तमः । सर्वतीर्थफलं प्राप्य मोदते दिवि देववत् ॥ ११७ ॥

Ensuite, ô meilleur des hommes, après s’être baigné au tīrtha nommé Catuḥpravāha, il obtient le mérite de tous les lieux de pèlerinage et se réjouit au ciel tel un deva.

Verse 118

स्नातस्तीर्थे विहारे तु सर्वसौख्यमवाप्नुयात् । दुर्गातीर्थे नरः स्नात्वा न दुर्गतिमवाप्नुयात् ॥ ११८ ॥

Après s’être baigné au tīrtha et s’y être récréé saintement, on obtient toute forme de bonheur. Et l’homme qui se baigne au Durgā-tīrtha ne tombe pas dans une destinée mauvaise.

Verse 119

ततः सरस्वतीकूपे पितृतीर्थापराह्वये । स्नात्वा संतर्प्य देवादींल्लभते गतिमुत्तमाम् ॥ ११९ ॥

Ensuite, au Puits de Sarasvatī—également nommé Pitṛ-tīrtha—celui qui s’y baigne et accomplit comme il se doit le santarpaṇa, offrant satisfaction par les oblations aux devas et aux autres, obtient la destinée suprême.

Verse 120

स्नात्वा प्राचीसरस्वत्यां श्राद्धं कृत्वा विधानतः । दुर्लभं प्राप्नुयात्कामं देहांते स्वर्गतिं लभेत् ॥ १२० ॥

S’étant baigné dans la Prācī Sarasvatī et ayant accompli le śrāddha selon les règles, on obtient même le vœu difficile à atteindre ; et à la fin de la vie, on gagne la voie vers le ciel.

Verse 121

शुक्रतीर्थे नरः स्नात्वा श्राद्धदः प्रोद्धरेत्पितॄन् । अष्टम्यां वा चतुर्दश्यां चैत्रे कृष्णे विशेषतः ॥ १२१ ॥

Après s’être baigné à Śukra-tīrtha, l’homme qui y offre le śrāddha élève et délivre ses ancêtres ; surtout si cela est fait le huitième ou le quatorzième jour lunaire de la quinzaine sombre du mois de Caitra.

Verse 122

सोपवासो ब्रह्मतीर्थे मुक्तिभाङ्नात्र संशयः । स्थाणुतीर्थे ततः स्नात्वा दृष्ट्वा स्थाणुवटं नरः ॥ १२२ ॥

En jeûnant (upavāsa) à Brahma-tīrtha, l’homme devient, sans aucun doute, bénéficiaire de la délivrance. Puis, s’étant baigné à Sthāṇu-tīrtha et ayant contemplé le banian de Sthāṇu, il recueille ce mérite sacré.

Verse 123

मुच्यते पातकैर्घोरैरितिप्राह पितामहः । दर्शनात्स्थाणुलिंगस्य यात्रा पूर्णा प्रजायते ॥ १२३ ॥

«On est délivré des péchés terribles», ainsi l’a proclamé Pitāmaha (Brahmā). Par la seule vision du Sthāṇu-liṅga, le pèlerinage devient pleinement accompli.

Verse 124

कुरुक्षेत्रस्य देवेशि सत्यं सत्यं मयोदितम् । कुरुक्षेत्रसमं तीर्थं न भूतं न भविष्यति ॥ १२४ ॥

Ô Déesse, Souveraine des dieux, je le dis en vérité—en vérité même : il n’a jamais existé, et il n’existera jamais, de tīrtha égal à Kurukṣetra.

Verse 125

तत्र द्वादश यात्रास्तु कृत्वा भूयो न जन्मभाक् । पूर्तमिष्टं तपस्तप्तं हुतं दत्तं विधानतः ॥ १२५ ॥

Là, celui qui accomplit les douze pèlerinages ne renaît plus. Par cet acte, sont dûment accomplis—selon la règle—les mérites des œuvres de bien public et des sacrifices, les austérités pratiquées, les oblations offertes et les dons accordés.

Verse 126

तत्र स्यादक्षयं सर्वमिति वेदविदो विदुः । मन्वादौ च युगादौ च ग्रहणे चंद्रसूर्ययोः ॥ १२६ ॥

Là, tout devient impérissable, c’est-à-dire source d’un mérite inépuisable—ainsi l’enseignent les connaisseurs du Veda. Cela vaut tout particulièrement au commencement d’un Manvantara, au commencement d’un Yuga, et lors des éclipses de la Lune et du Soleil.

Verse 127

महापाते च संक्रांतौ पुण्ये चाप्यन्यवासरे । स्नातस्तत्र कुरुक्षेत्रे फलानंत्यमवाप्नुयात् ॥ १२७ ॥

Et lors d’une grande occasion faste, lors d’une Saṅkrānti (transit solaire) ou en tout autre jour saint—celui qui s’y baigne, à Kurukṣetra, obtient un fruit spirituel inépuisable.

Verse 128

कलिजानां तु पापानां पावनाय महात्मनाम् । ब्रह्मणा कल्पितं तीर्थं कुरुक्षेत्रं सुखावहम् ॥ १२८ ॥

Pour purifier les péchés de ceux qui naissent en l’âge de Kali—et pour le bien sanctifiant des grandes âmes—Brahmā institua le tīrtha nommé Kurukṣetra, dispensateur de bonheur et de prospérité.

Verse 129

य इमां कीर्तयेत्पुण्यां कथां पापप्रणाशिनीम् । श्रृणुयाद्वा नरो भक्त्या सोऽपि पापैः प्रमुच्यते ॥ १२९ ॥

Quiconque récite ce récit méritoire qui anéantit les péchés—ou même l’écoute avec dévotion—est lui aussi délivré des fautes.

Verse 130

यद्यद्ददाति यस्तत्र कुरुक्षेत्रे रविग्रहे । तत्तदेव सदाप्नोति नरो जन्मनि जन्मनि ॥ १३० ॥

Tout ce qu’un homme donne là—à Kurukṣetra lors d’une éclipse solaire—il l’obtient infailliblement, naissance après naissance.

Verse 131

अथ किं बहुनोक्तेन विधिजे श्रृणु निश्चितम् । सेवेतैव कुरुक्षेत्रं यदीच्छेद्भवमोक्षणम् ॥ १३१ ॥

À quoi bon en dire davantage? Ô fils du Créateur (Brahmā), écoute ce qui est certain: qui désire la délivrance du saṃsāra doit assurément recourir à Kurukṣetra et le servir.

Verse 132

एतदेव महत्पुण्यमेतदेव महत्तपः । एतदेव महज्ज्ञानं यद्व्रजेत्स्थाणुतीर्थकम् ॥ १३२ ॥

Ceci seul est grand mérite; ceci seul est grande austérité; ceci seul est grande connaissance: se rendre au saint lieu de pèlerinage nommé Sthāṇu-tīrtha.

Verse 133

कुरुक्षेत्रसमं तीर्थं नान्यद्भुवि शुभावहम् । साचारो वाप्यनाचारो यत्र मुक्तिमवाप्नुयात् ॥ १३३ ॥

Sur terre, il n’est point de tīrtha égal à Kurukṣetra; nul autre lieu n’est aussi porteur d’auspice. Là, qu’on soit réglé dans sa conduite ou qu’on en manque, on peut obtenir la délivrance.

Verse 134

एतत्ते सर्वमाख्यातं यत्पृष्टोऽहं त्वयानघे । कुरुक्षेत्रस्य माहात्म्यं सर्वपापनिकृंतनम् ॥ १३४ ॥

Ô toi sans faute, je t’ai exposé tout ce que tu m’as demandé. Telle est la grandeur sacrée de Kurukṣetra, qui tranche tous les péchés.

Verse 135

पुण्यदं मोक्षदं चैव किमन्यच्छ्रोतुमिच्छसि ॥ १३५ ॥

Cela confère le mérite sacré et accorde aussi la délivrance; que désires-tu entendre de plus ?

Verse 136

इति श्रीहृहन्नारदीयपुराणे बृहदुपाख्याने उत्तरभागे वसुमोहिनीसंवादे कुरुक्षेत्रमाहात्म्ये तीर्थयात्रावर्णनं नाम पञ्चषष्टितमोऽध्यायः ॥ ६५ ॥

Ainsi s’achève le soixante-cinquième chapitre, intitulé « Description du pèlerinage vers les Tīrtha sacrés », dans le Kurukṣetra-māhātmya, au sein du dialogue de Vasu et Mohinī, dans l’Uttara-bhāga du Śrī Bṛhannāradīya Purāṇa, dans la vaste section narrative (Bṛhad-upākhyāna).

Frequently Asked Questions

The chapter uses a standard Purāṇic equivalence strategy: it preserves the authority of Vedic sacrifice while making its fruits accessible in Kali-yuga through tīrtha-yātrā, where snāna, pūjā, dāna, and śrāddha—performed in a consecrated kṣetra—are declared to yield the same (or greater) merit as costly śrauta rites.

Gatekeeper-yakṣas function as liminal guardians of the kṣetra: salutation marks entry into a regulated sacred domain, affirms ritual eligibility, and aligns the pilgrim with dharmic conduct; the text also frames them as obstructing the sinful and assisting the virtuous, reinforcing ethical prerequisites for tīrtha benefit.

Key Pitṛ-oriented elements include bathing and śrāddha near Āpagā during Pitṛpakṣa/Mahālaya (Nabhasya), offering piṇḍa on the 14th tithi at midday for liberation, tarpaṇa at Dṛṣadvatī and other fords, and specified tithis (e.g., Caitra dark fortnight 8th/14th) for śrāddha at Śukra-tīrtha.