
Duḥṣantasya Vana-praveśaḥ (King Duḥṣanta’s Entry into the Forest Hunt)
Upa-parva: Duḥṣanta–Śakuntalā Upākhyāna (Ādi Parva episode)
Vaiśaṃpāyana narrates Duḥṣanta’s departure on a hunt with extensive cavalry and elephants, surrounded by armed warriors bearing swords, spears, clubs, maces, and lances. The movement is marked by martial acoustics—lion-roars of soldiers, conches and drums, chariot-wheel resonance, elephant trumpeting, and the mixed sounds of neighing and shouted signals—creating a public spectacle of royal force. Women positioned on palace rooftops observe and praise the king as an enemy-subduing, Indra-like figure, showering flowers as a sign of approval and auspiciousness. Praised by Brahmins and followed by townspeople for a distance, Duḥṣanta proceeds in a bird-like (Suparṇa-comparable) chariot, filling earth and sky with sound. He reaches a forest described as Nandana-like yet harsh: uneven, rocky, expansive, waterless, and uninhabited, populated by formidable animal groups. The king and his retinue range through it, hunting diverse game; he kills tigers and other animals with arrows at distance and with sword at close range, also employing spear and mace techniques. The forest’s fauna scatter; thirsty, exhausted animals collapse near a dry riverbed, while some are consumed by hungry predators and forest-dwellers who kindle fire and cook meat. Wounded, panicked elephants trample many men. The chapter closes with an image of the forest “covered” by the king’s force like a storm-cloud with a shower of arrows, its large beasts felled—an emphatic portrayal of kṣātra dominance within a liminal wilderness setting.
Chapter Arc: पौरवनन्दन राजा उपरिचर वसु—इन्द्र के उपदेश से रमणीय चेदिदेश का राज्य ग्रहण कर—धर्म-प्रतिष्ठा और राजधर्म की नई रीति का प्रवर्तन करता है। → राजा वसु का वैराग्य-प्रवृत्त आश्रम-वास और तपोनिधि-से जीवन देखकर शक्रपुरोग देवगण भी उसे उपासना देने आते हैं; वहीं से राजसत्ता, तपस्या और देव-आज्ञा के बीच सूक्ष्म तनाव उभरता है। आगे कथा सत्यवती तक मुड़ती है—उसके जीवन में लोक-लज्जा, देह-गन्ध और भविष्य के महापुरुषों की छाया एक साथ घिरने लगती है। → सत्यवती महर्षि से वर मांगती है—‘गात्रसौगन्ध्यमुत्तमम्’—और उसे मनोवांछित वरदान मिलता है; कुहरे/माया-रचना से परिवेश अन्धकार-सा हो उठता है और तपस्विनी कन्या विस्मित व लज्जित होती है, मानो भाग्य स्वयं उसके चारों ओर आवरण बुन रहा हो। → वरदान के फलस्वरूप सत्यवती ‘योजनगन्धा’ नाम से प्रसिद्ध होती है; उसके जीवन में नारीत्व के समागमोचित गुणों का उदय होता है और वंश-परम्परा की धारा (व्यासादि प्रमुख पात्रों की भूमिका) के लिए भूमि तैयार हो जाती है। साथ ही राजा वसु द्वारा आरम्भ की गई राज-रीति—श्रेष्ठ राजाओं द्वारा यष्टि-प्रवेश की परम्परा—स्थापित होकर ‘तबसे आजतक’ चलती बताई जाती है। → कथा आगे कुरुवंश के महाविग्रह की ओर संकेत करती है—अपरिमेय राजाओं की सेनाएँ जुटेंगी, जिनके नाम भी असंख्य हैं—और श्रोताओं को आने वाले महासमर की विराटता का पूर्वाभास देकर छोड़ देती है।
Verse 1
(दाक्षिणात्य अधिक पाठके ११३ श्लोक मिलाकर कुल ६४ ३ “लोक हैं) जा >> हु नाग त्रेषष्टितमोड्ध्याय: राजा उपरिचरका चरित्र तथा सत्यवती
Vaiśampāyana dit : Il fut un roi nommé Uparicara, souverain constamment attaché au dharma. Pourtant, dit-on, il avait aussi pour pratique arrêtée d’aller régulièrement à la chasse. Le vers esquisse un portrait moralement tendu : un roi voué à la droiture tout en demeurant, comme par vœu, lié à la chasse, ouvrant la voie à une méditation sur le devoir royal, la retenue et l’éthique de la violence.
Verse 2
स चेदिविषयं रम्यं वसु: पौरवनन्दन: । इन्द्रोपदेशाज्जग्राह रमणीयं महीपति:,पौरवनन्दन राजा उपरिचर वसुने इन्द्रके कहनेसे अत्यन्त रमणीय चेदिदेशका राज्य स्वीकार किया था
Vaiśampāyana dit : Vasu, la joie de la lignée des Paurava, accepta le charmant royaume de Cedi—terre éminemment agréable—sur le conseil d’Indra. Le passage présente son avènement non comme une simple conquête ou une ambition, mais comme une royauté assumée sous l’instruction divine, impliquant le devoir du souverain de gouverner selon une guidance supérieure et pour le bien du pays.
Verse 3
तमाश्रमे न्यस्तशस्त्र निवसन्तं तपोनिधिम् । देवा: शक्रपुरोगा वै राजानमुपतस्थिरे
Vaiśaṃpāyana dit : Dans cet ermitage, le roi—ayant déposé ses armes et vivant en ascète, véritable trésor d’austérité—fut approché par les dieux, conduits par Śakra (Indra). Sentant la tension morale entre puissance mondaine et quête spirituelle, les dieux vinrent le détourner de la souveraineté recherchée par le tapas et rétablir l’équilibre de l’ordre cosmique.
Verse 4
इन्द्रत्वमहों राजायं तपसेत्यनुचिन्त्य वै । त॑ सान्त्वेन नृपं साक्षात् तपस: संन्यवर्तयन्
Vaiśampāyana dit : «Pensant : “Ah ! Ce roi cherche la souveraineté d’Indra par l’austérité”, les dieux s’approchèrent de lui en personne et, par une douce persuasion, détournèrent le souverain de sa pénitence rigoureuse.»
Verse 5
देवा ऊचु: न संकीर्येत धर्मो5यं पृथिव्यां पृथिवीपते । त्वया हि धर्मो विधृतः कृत्स्नं धारयते जगत्
Les dieux dirent : «Ô seigneur de la terre, veille à ce que ce dharma ne soit pas jeté dans la confusion sur la terre. Car le dharma, soutenu par toi, soutient le monde entier.»
Verse 6
इन्द्र वाच लोके धर्म पालय त्वं नित्ययुक्तः समाहित: । धर्मयुक्तस्ततो लोकान् पुण्यान् प्राप्स्यसि शाश्वतान्
Indra dit : «Ô roi, en ce monde, maintiens le dharma, toujours discipliné et recueilli. Si tu demeures accordé au dharma, tu atteindras les royaumes éternels du mérite.»
Verse 7
दिविष्ठस्य भुविष्ठस्त्वं सखाभूतो मम प्रिय: । रम्य: पृथिव्यां यो देशस्तमावस नराधिप
Vaiśampāyana dit : «Bien que je demeure au ciel et toi sur la terre, dès ce jour tu es devenu mon ami bien-aimé. Ô roi des hommes, habite la région de la terre la plus belle et la plus délicieuse.»
Verse 8
पशव्यश्रैव पुण्यश्च प्रभूतधनधान्यवान् । स्वारक्ष्यश्चैव सौम्यश्न भोग्यैर्भूमिगुणैर्युत:
Vaiśampāyana dit : Il était riche en bétail et vertueux ; il possédait des biens et des grains en abondance. Il était capable de protéger son propre royaume, d’un naturel doux, et pourvu des jouissances et des excellences naturelles du pays — des ressources faites pour être employées avec droiture et préservées.
Verse 9
अर्थवानेष देशो हि धनरत्नादिभिय्युत: । वसुपूर्णा च वसुधा वस चेदिषु चेदिप
Vaiśaṃpāyana dit : «C’est vraiment une région prospère, pourvue de richesses, de joyaux et autres biens. La terre elle-même y est pleine de trésors ; ainsi, ô roi de Cedi, demeure parmi les Cedis.»
Verse 10
धर्मशीला जनपदा: सुसंतोषाश्न साधव: । न च मिथ्याप्रलापो>त्र स्वैरेष्वपि कुतोडन्यथा
Vaiśampāyana dit : «Les gens de cette contrée étaient voués au dharma — satisfaits et vertueux. Dans ce pays, il n’y avait ni parole mensongère ni propos frivole ; même dans les affaires laissées au libre choix, comment pourrait-il y avoir écart d’avec le juste ?»
Verse 11
न च पित्रा विभज्यन्ते पुत्रा गुरुहिते रता: । युज्जते धुरि नो गाश्न कृशान् संधुक्षयन्ति च
Vaiśampāyana dit : «Les fils voués au bien de leur maître ne doivent être ni mis à part ni traités différemment, pas même par leur père. De tels fils sont dignes d’être attelés au timon du joug pour le labeur ; ils ne reculent pas devant la peine et vont jusqu’à attiser le feu — prêts à servir en toute tâche requise.»
Verse 12
सर्वे वर्णा: स्वधर्मस्था: सदा चेदिषु मानद । न ते>स्त्यविदितं किंचित् त्रिषु लोकेषु यद् भवेत्
Vaiśampāyana dit : «Ô dispensateur d’honneur, lorsque tous les varṇa demeurent fermement établis dans leurs devoirs propres, rien, dans les trois mondes, ne peut rester inconnu de toi.»
Verse 13
इस समय चेदिदेश पशुओंके लिये हितकर
Vaiśampāyana dit : «Je t’ai offert un vaste char aérien, divin, semblable au cristal, digne de la jouissance des dieux. Ce vimāna qui se meut dans le ciel, donné par moi, demeurera dans les hauteurs et sera toujours à portée pour te servir.»
Verse 14
त्वमेकः सर्वमर्त्येषु विमानवरमास्थित: । चरिष्यस्युपरिस्थो हि देवो विग्रहवानिव,सम्पूर्ण मनुष्योंमें एक तुम्हीं इस श्रेष्ठ विमानपर बैठकर मूर्तिमान् देवताकी भाँति सबके ऊपर-ऊपर विचरोगे
Vaiśampāyana dit : «Parmi tous les mortels, toi seul—assis sur ce char aérien d’excellence—te déplaceras au-dessus de tous, tel un dieu ayant pris une forme visible.»
Verse 15
ददामि ते वैजयन्तीं मालामम्लानपंकजाम् । धारयिष्यति संग्रामे या त्वां शस्त्रैरविक्षतम्
«Je te donne cette guirlande Vaijayantī, tressée de lotus qui ne se flétrissent jamais. Porte-la au combat : elle te préservera, et les armes ne pourront te blesser.»
Verse 16
लक्षणं चैतदेवेह भविता ते नराधिप । इन्द्रमालेति विख्यातं धन्यमप्रतिमं महत्,नरेश्वर! यह माला ही इन्द्रमालाके नामसे विख्यात होकर इस जगत्में तुम्हारी पहचान करानेके लिये परम धन्य एवं अनुपम चिह्न होगी
Vaiśampāyana dit : «Ceci même sera ici ton signe distinctif, ô roi. Célèbre sous le nom d’“Indramālā”, cette grande guirlande, incomparable et de bon augure, deviendra la marque par laquelle le monde te reconnaîtra.»
Verse 17
यष्टिं च वैणवीं तस्मै ददौ वृत्रनिषूदन: । इष्टप्रदानमुद्दिश्य शिष्टानां प्रतिपालिनीम्
Vaiśampāyana dit : Indra, le pourfendeur de Vṛtra, lui donna un bâton de bambou en gage de tendre faveur, voulant en faire un don-bénédiction : un emblème destiné à soutenir et protéger les justes, les hommes de règle et de discipline.
Verse 18
तस्या: शक्रस्य पूजार्थ भूमौ भूमिपतिस्तदा । प्रवेशं कारयामास गते संवत्सरे तदा,तदनन्तर एक वर्ष बीतनेपर भूपाल वसुने इन्द्रकी पूजाके लिये उस छड़ीको भूमिमें गाड़ दिया
Puis, lorsqu’une année se fut écoulée, le roi Vasu, seigneur du pays, fit enfoncer ce bâton dans la terre comme une installation rituelle, afin de l’offrir au culte de Śakra (Indra).
Verse 19
ततः प्रभृति चाद्यापि यष्टे: क्षितिपसत्तमै: । प्रवेश: क्रियते राजन् यथा तेन प्रवर्तित:,राजन्! तबसे लेकर आजतक श्रेष्ठ राजाओंद्वारा छड़ी धरतीमें गाड़ी जाती है। वसुने जो प्रथा चला दी, वह अबतक चली आती है
«Dès lors, jusqu’à ce jour, ô roi, les souverains les plus éminents accomplissent le rite de planter un bâton en terre, tel qu’il l’avait institué. Ainsi la coutume mise en mouvement par ce roi s’est maintenue comme pratique royale établie.»
Verse 20
अपरेद्युस्ततस्तस्या: क्रियते<त्युच्छूयो नृपैः । अलंकृताया: पिटकैर्गन्धमाल्यैश्न भूषणै:
Vaiśaṃpāyana dit : Le lendemain, les rois élèvent ce bâton en un lieu très haut. On l’orne alors d’un étui de tissu, de parfums, de guirlandes et de bijoux — hommage rendu au grand jour, qui fait de ce rite une observance commune et réglée plutôt qu’un simple étalage.
Verse 21
माल्यदामपरिक्षिप्ता विधिवत् क्रियतेडपि च । भगवान् पूज्यते चात्र हंसरूपेण चेश्वर:
Vaiśaṃpāyana dit : Le bâton est dûment paré, enveloppé de guirlandes et de chapelets de fleurs, et l’on accomplit les rites prescrits. Là, le Seigneur — Indra, souverain des dieux — est adoré sous la forme du haṃsa (cygne), marquant, au tournant de l’année, un acte de respect et d’ordre propice.
Verse 22
स्वयमेव गृहीतेन वसो: प्रीत्या महात्मन: । सतां पूजां महेन्द्रस्तु दृष्टवा देव: कृतां शुभाम्
Vaiśaṃpāyana dit : Satisfait de la dévotion du noble Vasu, le dieu Mahendra accepta lui-même l’offrande de ses propres mains. Voyant ce culte propice accompli à la manière des justes, Indra s’en réjouit et déclara qu’une révérence sincère, conduite selon la règle par un roi, apporte prospérité et victoire non seulement au dévot, mais à tout le royaume, car la piété publique affermit l’ordre moral autant que la fortune royale.
Verse 23
वसुना राजमुख्येन प्रीतिमानब्रवीत् प्रभु: । ये पूजयिष्यन्ति नरा राजानश्न महं मम
Vaiśaṃpāyana dit : Satisfait de la dévotion du roi éminent Vasu, le Seigneur déclara : « De même qu’Uparicara Vasu, maître du Cedi, me rend un culte, ainsi quels que soient les hommes et les rois qui me vénéreront et institueront cette fête en mon honneur — sur eux et sur tout leur royaume viendront prospérité et victoire. »
Verse 24
कारयिष्यन्ति च मुदा यथा चेदिपतिर्नुटप: । तेषां श्रीरविजयश्रैव सराष्ट्राणां भविष्यति
Vaiśaṃpāyana dit : « De même que le seigneur du Cedi, le roi (Uparicara Vasu), organise avec joie ce culte, ainsi ceux, hommes et rois, qui l’accompliront avec allégresse et institueront cette fête obtiendront prospérité et victoire — avec le bien-être de tout leur royaume. »
Verse 25
तथा स्फीतो जनपदो मुदितश्च भविष्यति | एवं महात्मना तेन महेन्द्रेण नराधिप
«Ainsi, le royaume deviendra de plus en plus prospère, et le peuple sera dans la joie. De cette manière, ô roi, le magnanime Mahendra (Indra) fut honoré comme il se doit, avec affection.»
Verse 26
वसु: प्रीत्या मघवता महाराजो5भिसत्कृत: । उत्सवं कारयिष्यन्ति सदा शक्रस्य ये नरा:
Vaiśampāyana dit : Le roi Vasu fut honoré avec chaleur et affection par Maghavat (Indra). Ceux qui, sans cesse, organisent la fête de Śakra (Indra) recevront, par cette fête d’Indra, la faveur d’Indra et atteindront la même destinée excellente que remportent ceux qui possèdent le mérite de dons tels que des terres et des joyaux.
Verse 27
भूमिरत्नादिभिदनिस्तथा पूज्या भवन्ति ते । वरदानमहायज्ञैस्तथा शक्रोत्सवेन च
Vaiśampāyana dit : Par des dons tels que des terres et des joyaux, ces gens deviennent dignes d’honneur et de vénération ; de même par l’octroi de faveurs, par l’accomplissement de grands sacrifices, et par la célébration de la fête de Śakra (Indra).
Verse 28
सम्पूजितो मघवता वसुश्नैदी श्वरो नृप: । पालयामास धर्मेण चेदिस्थ: पृथिवीमिमाम्,इन्द्रके द्वारा उपर्युक्त रूपसे सम्मानित चेदिराज वसुने चेदिदेशमें ही रहकर इस पृथ्वीका धर्मपूर्वक पालन किया
Honoré comme il se doit par Maghavat (Indra), le roi—seigneur des Vasus et de la lignée Śnaidi—demeura au pays de Cedi et gouverna cette terre même selon le dharma, maintenant l’ordre juste par une autorité équitable.
Verse 29
इन्द्रप्रीत्या चेदिपतिश्नकारेन्द्रमहं वसु: । पुत्राश्नास्य महावीर्या: पज्चासन्नमितौजस:
Vaiśampāyana dit : Pour plaire à Indra, Vasu, roi de Cedi, célébrait chaque année la fête d’Indra à Nakāra. Il avait cinq fils, tous grands héros à la force incommensurable.
Verse 30
नानाराज्येषु च सुतान् स सम्राडभ्यषेचयत् । महारथो मागधानां विश्रुतो यो बृहद्रथ:,सम्राट् वसुने विभिन्न राज्योंपर अपने पुत्रोंको अभिषिक्त कर दिया। उनमें महारथी बृहद्रथ मगध देशका विख्यात राजा हुआ
Vaiśampāyana dit : Ce souverain consacra ses fils comme rois en divers royaumes. Parmi eux, le fameux Bṛhadratha, grand guerrier de char, devint le roi illustre des Magadhas.
Verse 31
प्रत्यग्रह: कुशाम्बश्व यमाहुर्मणिवाहनम् । मावेल्लश्न यदुश्चैव राजन्यश्वापराजित:
Vaiśampāyana dit : « Le deuxième fils se nommait Pratyagraha. Le troisième était Kuśāmba, aussi appelé Maṇivāhana. Le quatrième était Māvella. Le cinquième prince était Yadu, un kṣatriya jamais vaincu au combat. »
Verse 32
एते तस्य सुता राजनू् राजर्षेर्भूरितेजस: । न््यवासयन् नामभ्रि: स्वैस्ते देशांश्ष पुराणि च,राजा जनमेजय! महातेजस्वी राजर्षि वसुके इन पुत्रोंने अपने-अपने नामसे देश और नगर बसाये
Vaiśampāyana dit : « Ô roi Janamejaya, tels furent les fils de ce rishi royal, puissant et rayonnant. Chacun fonda des établissements — régions et cités — portant son propre nom. »
Verse 33
वासवा: पड्च राजानः पृथग्वंशाश्व शाश्वता: | वसन्तमिन्द्रप्रासादे आकाशे स्फाटिके च तम्
Vaiśaṃpāyana dit : Les cinq rois connus sous le nom de Vasus appartenaient à des lignées distinctes, chacun préservant sa très ancienne tradition dynastique. Parmi eux, le roi Vasu de Cedi demeurait dans les hauteurs du ciel, en un palais aérien de clarté cristalline accordé par Indra. Servi par des Gandharvas et des Apsaras, il devint célèbre sous le nom d’Uparicara — « celui qui se meut au-dessus » — car il voyageait et vivait sans cesse dans les régions supérieures.
Verse 34
उपतस्थुर्महात्मानं गन्धर्वाप्सरसो नृपम् । राजोपरिचरेत्येवं नाम तस्याथ विश्रुतम्
Vaiśampāyana dit : Des Gandharvas et des Apsaras vinrent servir ce roi à la grande âme. Dès lors, il fut renommé sous le nom de « Rājopacara », car il était sans cesse honoré et servi à la manière céleste, se mouvant au-dessus de la terre et demeurant dans les hauteurs par faveur divine.
Verse 35
पुरोपवाहिनीं तस्य नदीं शुक्तिमतीं गिरि: । अरौत्सीच्चेतनायुक्त: कामात् कोलाहल: किल,उनकी राजधानीके समीप शुक्तिमती नदी बहती थी। एक समय कोलाहल नामक सचेतन पर्वतने कामवश उस दिव्यरूपधारिणी नदीको रोक लिया
Vaiśampāyana dit : Près de sa capitale coulait la rivière Śuktimatī. On raconte qu’un jour la montagne nommée Kolāhala—douée de conscience—, poussée par le désir, barra le cours de cette rivière, qui avait pris une forme merveilleuse et divine.
Verse 36
गिरिं कोलाहलं तं तु पदा वसुरताडयत् । निश्षक्राम ततस्तेन प्रहारविवरेण सा
Vaiśampāyana dit : Lorsque le courant de la rivière eut été barré, Uparicara Vasu frappa la montagne Kolāhala du pied. À ce coup, une fissure s’ouvrit dans la montagne, et par cette brèche la rivière jaillit et se remit à couler comme auparavant.
Verse 37
तस्यां नद्यामजनयन्मिथुनं पर्वत: स्वयम् । तस्माद् विमोक्षणात् प्रीता नदी राज्ञे न््यवेदयत्
Vaiśampāyana dit : Dans cette rivière, la montagne elle-même engendra une paire de jumeaux. Heureuse d’avoir été délivrée de l’entrave, la rivière offrit ces deux enfants au roi Uparicara.
Verse 38
यः पुमानभवत् तत्र तं स राजर्षिसत्तम: | वसुर्वसुप्रदश्चक्रे सेनापतिमरिन्दम:,उनमें जो पुरुष था, उसे शत्रुओंका दमन करनेवाले धनदाता राजर्षिप्रवर वसुने अपना सेनापति बना लिया
Vaiśampāyana dit : Parmi eux, celui qui était un garçon, Vasu—le plus éminent des rois-sages, célèbre pour sa largesse et pour dompter les ennemis—le nomma commandant de son armée.
Verse 39
चकार पत्नीं कन्यां तु तथा तां गिरिकां नृपः । वसो: पत्नी तु गिरिका कामकालं न्यवेदयत्
Vaiśampāyana dit : Quant à la jeune fille, le roi la prit pour épouse ; elle se nommait Girikā. Lorsque vint la saison favorable, après s’être baignée et être devenue rituellement pure, Girikā—épouse de Vasu—fit connaître au roi son désir d’union au moment convenable pour engendrer un fils. Mais ce même jour, les Pitṛs, satisfaits de Vasu, lui ordonnèrent : « Abats les bêtes féroces. » Ne voulant pas transgresser l’injonction des ancêtres, le roi partit dans la forêt pour tuer les animaux dangereux ; pourtant, poussé par le désir, son esprit demeurait attaché à Girikā, éclatante de beauté comme une seconde Lakṣmī.
Verse 40
ऋतुकालमनुप्राप्ता सनाता पुंसवने शुचि: । तदह: पितरश्वैनमूचुर्जहि मृगानिति
Vaiśaṃpāyana dit : Lorsque fut venue la saison favorable à la conception, et qu’elle s’était baignée, devenue pure pour le rite lié à l’engendrement d’un fils, ce jour-là même les Pitṛs (les Ancêtres) s’adressèrent à lui : « Abats les bêtes sauvages. » Le passage fait naître une tension entre le devoir conjugal au moment prescrit et l’obéissance à l’injonction ancestrale ; le roi, sans enfreindre l’ordre des Pitṛs, gagne la forêt pour la chasse, tandis que son esprit demeure attaché à Girikā.
Verse 41
त॑ राजसत्तमं प्रीतास्तदा मतिमतां वर | स पितृणां नियोगं तमनतिक्रम्य पार्थिव:
Vaiśaṃpāyana dit : Ô le meilleur des sages, en ce temps-là les Pitṛs (les Ancêtres) furent satisfaits de ce roi éminent. Le souverain de la terre, sans enfreindre l’ordre que les Pitṛs lui avaient imposé, gagna la forêt pour abattre les bêtes dangereuses ; mais, poussé par le désir, son esprit demeurait fixé sur Girikā — sa reine, éclatante de beauté telle une seconde Lakṣmī — qui, purifiée après le bain en sa saison, avait exprimé le souhait de s’unir à lui au moment prescrit pour la conception. Ainsi le roi apparaît partagé entre l’élan conjugal et l’obéissance à l’injonction ancestrale, choisissant de ne pas la violer tout en languissant intérieurement.
Verse 42
चकार मृगयां कामी गिरिकामेव संस्मरन् | अतीवरूपसम्पन्नां साक्षाच्छियमिवापराम्
Vaiśaṃpāyana dit : Poussé par le désir, le roi partit à la chasse, gardant sans cesse Girikā en sa mémoire — elle qui était douée d’une beauté hors du commun, telle une seconde Lakṣmī rendue visible. Pourtant il agissait sans enfreindre l’ordre des Pitṛs, qui lui avaient enjoint d’abattre les bêtes féroces ; ainsi, lorsqu’il entra dans la forêt pour tuer les animaux dangereux, son élan intime et son devoir envers l’autorité ancestrale le tiraient en sens contraires.
Verse 43
अशोकैश्नम्पकैश्वूतैरनेकैरतिमुक्तकै: । पुन्नागै: कर्णिकारैश्व वकुलैर्दिव्यपाटलै:
Vaiśaṃpāyana dit : La forêt du roi brillait comme le bosquet divin de Caitraratha, jardin des dieux. C’était le printemps, et le bois se trouvait paré de nombreux arbres et lianes en fleurs — ashoka, campaka, manguier, abondantes lianes d’atimuktaka, punnāga, karṇikāra, vakula et le céleste pāṭala — rendant le lieu délicieux, pur et de bon augure. La scène fait naître un contraste moral typique de l’épopée : la puissance royale et la vie du monde sont cadrées par une vision d’ordre sacré, où l’harmonie de la nature reflète la prospérité et la juste gouvernance.
Verse 44
पाटलैनरिकेलैश्व चन्दनैश्नार्जुनैस्तथा । एतै रम्यैर्महावक्षै: पुण्यै: स्वादुफलैर्युतम्
Vaiśaṃpāyana dit : La forêt —ornée de pāṭala, de cocotiers, de santal et d’arjuna— était remplie de grands arbres, délicieux, purs et de bon augure, chargés de fruits doux. Au printemps, elle brillait comme le Caitraratha divin des dieux, retentissant des appels des coucous et du bourdonnement des abeilles enivrées, offrant une vision d’ordre naturel et de beauté sacrée qui encadre le cadre royal comme harmonieux et béni.
Verse 45
कोकिलाकुलसंनादं मत्तभ्रमरनादितम् । वसन्तकाले तत् तस्य वन चैत्ररथोपमम्
Vaiśampāyana dit : Au temps du printemps, la forêt du roi paraissait semblable au fameux bosquet de Caitraratha—résonnant du chœur des bandes de coucous et pleine du bourdonnement d’abeilles enivrées. La scène marque, dans le cours du récit épique, un moment de beauté faste et vivifiante, où l’harmonie de la nature oppose en silence un contraste moral aux conflits humains qui s’exacerberont plus tard.
Verse 46
मन्मथाभिपरीतात्मा नापश्यद् गिरिकां तदा । अपश्यन् कामसंतप्तश्नरमाणो यदृच्छया
Vaiśampāyana dit : L’esprit submergé par Manmatha, le dieu de l’amour, le roi ne vit pas Girikā en ce moment-là. Ne la voyant pas, brûlé par le désir, il erra çà et là, au gré du hasard.
Verse 47
पुष्पसंछन्नशाखाग्रं पललवैरुपशोभितम् । अशोकं स्तबकैश्छन्न॑ं रमणीयमपश्यत
Vaiśampāyana dit : Comme ils erraient encore, ils virent un aśoka délicieux : les extrémités de ses branches couvertes de fleurs, embelli de jeunes pousses et comme voilé d’épais bouquets de floraison—image de bon augure et de calme au cœur de leur marche.
Verse 48
अधस्तात् तस्य छायायां सुखासीनो नराधिप: । मधुगन्धैश्न संयुक्त पुष्पगन्धथमनोहरम्
Vaiśampāyana dit : Sous cet arbre, dans son ombre, le roi s’assit à son aise. Le lieu était imprégné de la douce senteur du miel et du parfum des fleurs, si envoûtant qu’il attirait l’esprit irrésistiblement.
Verse 49
वायुना प्रेर्यमाणस्तु धूम्राय मुदमन्वगात् । तस्य रेत: प्रचस्कन्द चरतो गहने वने
Vaiśampāyana dit : Excité par le vent qui attisait le désir, l’esprit du roi se tourna vers la jouissance des sens. Tandis qu’il errait dans une forêt épaisse, sa semence se répandit malgré lui—événement qui met en branle les circonstances extraordinaires de la conception et de la lignée.
Verse 50
स्कन्नमात्रं च तद् रेतो वृक्षपत्रेण भूमिप: । प्रतिजग्राह मिथ्या मे न पतेद् रेत इत्युत,उसके स्खलित होते ही राजाने यह सोचकर कि मेरा वीर्य व्यर्थ न जाय, उसे वृक्षके पत्तेपर उठा लिया
Vaiśampāyana dit : Dès que cette semence fut émise, le roi la recueillit promptement sur une feuille d’arbre, songeant : « Que ma semence ne tombe pas en vain. »
Verse 51
इदं मिथ्या परिस्कन्नं रेतो मे न भवेदिति । ऋतुश्न तस्या: पत्न्या मे न मोघः स्यादिति प्रभु:
Le seigneur songea : « Que cette semence, répandue à faux, ne soit pas vaine ; et que la saison féconde de mon épouse Girikā ne soit pas non plus perdue. »
Verse 52
संचिन्त्यैवं तदा राजा विचार्य च पुन: पुनः । अमोघत्वं च विज्ञाय रेतसो राजसत्तम:
Vaiśampāyana dit : Ayant ainsi réfléchi, le roi délibéra maintes et maintes fois. Comprenant que la semence répandue n’avait pas à être vaine, ce meilleur des rois résolut de la rendre efficace, afin que ni sa vigueur émise ni la saison féconde de la reine Girikā ne fussent perdues.
Verse 53
शुक्रप्रस्थापने काल॑ महिष्या: प्रसमीक्ष्य वै अभिमन्त्रयाथ तच्छुक्रमारात् तिष्ठन्तमाशुगम्
Vaiśampāyana dit : Voyant que la reine était parvenue au moment propice à la conception, le roi fit consacrer sa semence par des mantras propres à donner un fils. Le roi Vasu, qui connaissait les principes subtils du dharma et de l’artha, s’approcha alors d’un faucon rapide, près de son char aérien, et lui dit : « Doux ami, pour me plaire, porte cette semence jusqu’à ma demeure et remets-la sans délai à la reine Girikā, car aujourd’hui est sa saison féconde. » Le faucon prit la semence et s’envola aussitôt à grande vitesse.
Verse 54
सूक्ष्मधर्मार्थतत्त्वज्ञो गत्वा श्येनं ततोडब्रवीत् । मत्प्रियार्थमिदं सौम्य शुक्रे मम गृहं नय
Vaiśampāyana dit : Connaissant les principes subtils du dharma et de l’artha, le roi s’approcha du faucon et lui dit : « Doux ami, pour me plaire, porte cette semence jusqu’à ma demeure. »
Verse 55
गिरिकाया: प्रयच्छाशु तस्या हागर्तवमद्य वै । गृहीत्वा तत् तदा श्येनस्तूर्णमुत्पत्य वेगवान्
Vaiśampāyana dit : « Porte-le vite à Girikā, car aujourd’hui, en vérité, est le moment qui lui convient. » Ayant pris cette (semence), l’épervier, prompt et puissant, s’éleva aussitôt et s’envola en hâte. Dans le fil du récit, le roi Vasu, qui discerne les principes subtils du dharma et de l’artha, confie son sperme—consacré par des mantras pour engendrer un fils—à l’épervier afin qu’il l’apporte à la reine Girikā au moment juste, soulignant l’attention de l’épopée au devoir accompli à temps, à la lignée et au désir réglé par le dharma.
Verse 56
जवं परममास्थाय प्रदुद्राव विहंगम: । तमपश्यदथायान्तं श्येनं श्येनस्तथापर:,वह आकाशबचारी पक्षी सर्वोत्तम वेगका आश्रय ले उड़ा जा रहा था, इतनेहीमें एक दूसरे बाजने उसे आते देखा
Vaiśampāyana dit : Ayant rassemblé sa vitesse suprême, l’oiseau s’élança à travers le ciel. Alors un autre épervier aperçut l’épervier qui s’approchait.
Verse 57
अभ्यद्रवच्च तं सद्यो दृष्टवैवामिषशड्कया । तुण्डयुद्धमथाकाशे तावुभौ सम्प्रचक्रतु:
Vaiśampāyana dit : L’ayant aperçu et soupçonnant qu’il portait de la chair, l’autre épervier fondit sur lui aussitôt. Alors, dans le ciel ouvert, les deux oiseaux engagèrent un combat bec contre bec, se frappant tandis qu’ils luttaient.
Verse 58
युध्यतोरपतदू रेतस्तच्चापि यमुनाम्भसि । तत्राद्विकेति विख्याता ब्रह्मशापाद् वराप्सरा:
Vaiśampāyana dit : Tandis qu’ils combattaient, le sperme tomba et chuta dans les eaux de la Yamunā. Là se trouvait une noble apsaras nommée Adrikā, que la malédiction de Brahmā avait condamnée à vivre dans la Yamunā sous la forme d’un poisson. Dans le déploiement du destin, elle devait avaler cette puissance tombée ; et, le temps venu, des pêcheurs ouvriraient le ventre du poisson et y découvriraient une fille et un garçon. Le passage encadre la naissance prodigieuse comme conséquence du conflit, de la malédiction et du destin, rappelant que les actes et les circonstances—même involontaires—peuvent produire des effets lointains.
Verse 59
मीनभावमनुप्राप्ता बभूव यमुनाचरी । श्येनपादपरि भ्रष्ट तद् वीर्यमथ वासवम्
Vaiśampāyana dit : L’apsaras qui demeurait dans la Yamunā, frappée d’une malédiction, avait pris l’état de poisson. Alors, la semence puissante—tombée des serres de l’épervier—chuta dans les eaux de la Yamunā. Adrikā, sous forme de poisson, accourut et avala cette puissance tombée. En son temps, lorsque vint le dixième mois, des pêcheurs prirent ce poisson dans leurs filets ; en lui fendant le ventre, ils en tirèrent une fille et un garçon. L’épisode montre que naissance et lignée sont façonnées non seulement par l’intention, mais aussi par le destin, l’action divine et les conséquences morales d’actes antérieurs (telle une malédiction), tout en conduisant le récit vers le déploiement dharmique de la geste des Kurus.
Verse 60
जग्राह तरसोपेत्य साद्रिका मत्स्यरूपिणी । कदाचिदपि मत्सीं तां बबन्धुर्मत्स्यजीविन:
Vaiśampāyana dit : Adrikā, sous la forme d’un poisson, s’élança avec rapidité et s’en empara. Plus tard, des pêcheurs vivant de leur prise capturèrent ce poisson dans leurs filets et le lièrent ; puis, lui ayant fendu le ventre, ils y trouvèrent une fille et un garçon—ainsi, dans les eaux de la Yamunā, se révéla l’étrange effet du désir et du destin.
Verse 61
मासे च दशमे प्राप्तेतदा भरतसत्तम । उज्जहुरुदरात् तस्याः स्त्री पुमांसं च मानुषम्
Vaiśampāyana dit : «Ô le meilleur des Bharata, lorsque le dixième mois fut venu, les pêcheurs prirent ce poisson dans leurs filets. En lui ouvrant le ventre, ils en tirèrent deux enfants humains : une fille et un garçon.»
Verse 62
आश्चर्यभूतं तद् गत्वा राज्ञेडथ प्रत्यवेदयन् काये मत्स्या इमौ राजन् सम्भूतौ मानुषाविति
Vaiśampāyana dit : Ayant vu cet événement prodigieux, les pêcheurs allèrent trouver le roi et rapportèrent : «Ô Roi, du corps (du ventre) d’un poisson sont nés ces deux enfants humains.»
Verse 63
तयो: पुमांसं जग्राह राजोपरिचरस्तदा । स मत्स्यो नाम राजासीदू धार्मिक: सत्यसंगर:
Alors le roi Uparicara prit pour lui l’enfant mâle des deux. Ce garçon devint plus tard le roi nommé Matsya, droit dans sa conduite et inébranlable dans son vœu de vérité.
Verse 64
साप्सरा मुक्तशापा च क्षणेन समपद्यत । या पुरोक्ता भगवता तिर्यग्योनिगता शुभा
Vaiśampāyana dit : En un instant, elle redevint une Apsaras, délivrée de la malédiction—l’auspicieuse que le Seigneur bienheureux avait auparavant désignée comme étant tombée dans un sein animal.
Verse 65
मानुषौ जनयित्वा त्वं शापमोक्षमवाप्स्यसि । ततः सा जनयित्वा तौ विशस्ता मत्स्यघातिना
Vaiśampāyana dit : «Après avoir engendré deux fils humains, tu obtiendras la délivrance de la malédiction. Puis elle, après avoir mis au monde ces deux enfants, fut tuée par le tueur de poissons.»
Verse 66
संत्यज्य मत्स्यरूपं सा दिव्यं रूपमवाप्य च । सिद्धर्षिचारणपथं जगामाथ वराप्सरा:
Vaiśampāyana dit : Ayant abandonné sa forme de poisson, elle revêtit une forme divine et rayonnante ; puis cette apsaras d’exception s’en alla par la voie que parcourent les Siddhas, les Ṛṣi et les Cāraṇa, retournant vers les hautes sphères célestes.
Verse 67
इधर वह शुभलक्षणा अप्सरा अद्विका क्षणभरमें शापमुक्त हो गयी। भगवान् ब्रह्माजीने पहले ही उससे कह दिया था कि 'तिर्यगू-योनिमें पड़ी हुई तुम दो मानव-संतानोंको जन्म देकर शापसे छूट जाओगी।” अतः मछली मारनेवाले मललाहने जब उसे काटा तो वह मानव-बालकोंको जन्म देकर मछलीका रूप छोड़ दिव्य रूपको प्राप्त हो गयी। इस प्रकार वह सुन्दरी अप्सरा सिद्ध महर्षि और चारणोंके पथसे स्वर्गलोकमें चली गयी || ६४-- ६६ || सा कन्या दुहिता तस्या मत्स्या मत्स्यसगन्धिनी । राज्ञा दत्ता च दाशाय कन्येयं ते भवत्विति
Vaiśampāyana dit : À cet instant, l’apsaras aux signes favorables, Advikā, fut délivrée de sa malédiction. Le seigneur Brahmā lui avait déjà déclaré : «Tombée dans un ventre d’animal, tu seras libérée de la malédiction après avoir mis au monde deux enfants humains.» Ainsi, lorsque le pêcheur (mallāha) éventra le poisson, elle enfanta deux nourrissons humains ; quittant la forme de poisson, elle recouvra sa forme divine. Alors cette belle apsaras, suivant la voie des Siddhas, des grands Ṛṣi et des Cāraṇa, gagna le monde céleste. Des jumeaux, la fille—étant la fille du poisson—portait sur son corps l’odeur du poisson ; le roi la confia donc au pêcheur en disant : «Que cette enfant soit ta fille.»
Verse 68
रूपसत्त्वसमायुक्ता सर्वे: समुदिता गुणै: । सा तु सत्यवती नाम मत्स्यघात्यभिसंश्रयात्
Vaiśaṃpāyana dit : Douée de beauté et de vertu intérieure, comblée de toutes les bonnes qualités, elle fut connue sous le nom de Satyavatī. Pourtant, parce qu’elle vivait sous la protection des pêcheurs, on l’appelait aussi Matsyagandhā. Pour servir son père, elle faisait passer une barque sur les eaux de la Yamunā. Un jour, tandis que le sage Parāśara errait en pèlerinage, il la vit : elle rayonnait d’une beauté si extraordinaire que même les êtres accomplis en conçurent le désir de l’obtenir.
Verse 69
आसीत् सा मत्स्यगन्धैव कंचित् काल शुचिस्मिता । शुश्रूषार्थ पितुर्नावं वाहयन्तीं जले च ताम्
Vaiśampāyana dit : Pendant quelque temps, cette jeune fille, connue sous le nom de Matsyagandhā, demeura célèbre sous ce seul nom ; au sourire pur et doux, elle faisait passer une barque sur les eaux afin de servir son père. (Dans le fil plus vaste du récit, sa renommée ultérieure comme Satyavatī vient de sa véracité et de l’excellence de son caractère, bien que ses débuts soient marqués par un humble service parmi les pêcheurs.)
Verse 70
तीर्थयात्रां परिक्रामन्नपश्यद् वै पराशर: । अतीवरूपसम्पन्नां सिद्धानामपि काड्क्षिताम्
Vaiśampāyana dit : Tandis qu’il allait en pèlerinage, de gué sacré en gué sacré, le sage Parāśara aperçut une jeune fille d’une beauté hors du commun—si envoûtante que même les Siddhas, êtres accomplis, en viendraient à la désirer. Le récit souligne la force de l’attrait des sens, capable de surgir jusque dans des contextes de haute réalisation spirituelle, et prépare la tension morale entre la retenue ascétique et le désir.
Verse 71
दृष्टवैव स च तां धीमांश्नकमे चारुहासिनीम् । दिव्यां तां वासवीं कन्यां रम्भोरुं मुनिपुड़व:
Vaiśampāyana dit : Dès que l’éminent sage la vit—au teint sombre, au sourire ensorcelant, aux cuisses comparées au bananier—il la reconnut comme une jeune fille rayonnante de lignée céleste. Frappé par sa beauté, le voyant Parāśara, d’une intelligence suprême, exprima le désir de s’unir à elle.
Verse 72
संगमं मम कल्याणि कुरुष्वेत्यभ्यभाषत । साब्रवीत् पश्य भगवन् पारावारे स्थितानूषीन्,और कहा--'कल्याणी! मेरे साथ संगम करो।” वह बोली--“भगवन्! देखिये, नदीके आर-पार दोनों तटोंपर बहुत-से ऋषि खड़े हैं
Vaiśaṃpāyana dit : Il lui adressa ces mots : « Ô femme de bon augure, unis-toi à moi. » Elle répondit : « Vénérable seigneur, regarde : sur les deux rives du fleuve, de ce côté-ci comme de l’autre, se tiennent de nombreux sages. »
Verse 73
आवयोर्दष्टयोरेभि: कथं तु स्थात् समागम: । एवं तयोक्तो भगवान् नीहारमसूजत् प्रभु:
« Ils nous regardent tous deux ; comment notre union serait-elle possible en pareille situation ? » dit-elle. Ainsi interpellé, le puissant sage Parāśara, maître de ses pouvoirs spirituels, fit naître un voile de brume, ôtant l’obstacle du regard public.
Verse 74
येन देश: स सर्वस्तु तमोभूत इवाभवत् । दृष्टवा सृष्ट तु नीहारं ततस्तं परमर्षिणा
Vaiśaṃpāyana dit : Par suite, toute la contrée sembla comme plongée dans les ténèbres. Puis, voyant la brume produite par le grand sage, ils comprirent la cause de cette obscurité soudaine.
Verse 75
सत्यवत्युवाच विद्धि मां भगवन् कनन््यां सदा पितृवशानुगाम्,सत्यवतीने कहा--भगवन्! आपको मालूम होना चाहिये कि मैं सदा अपने पिताके अधीन रहनेवाली कुमारी कन्या हूँ
Satyavatī dit : «Ô vénérable seigneur, sachez ceci de moi : je suis une jeune fille non mariée, qui a toujours vécu dans l’obéissance à l’autorité de mon père.»
Verse 76
त्वत्संयोगाच्च दुष्येत कन््याभावो ममानघ । कन्यात्वे दूषिते वापि कथं शक्ष्ये द्विजोत्तम
Elle dit : «Ô irréprochable, par mon union avec vous, mon état de jeune fille serait souillé. Si ma virginité est compromise, comment pourrais-je rentrer chez moi, ô le meilleur des deux-fois-nés ? Si la marque de la virginité perdue s’abat sur moi, je ne souhaite pas continuer à vivre. Seigneur, réfléchissez-y bien et faites ce que vous jugerez juste.»
Verse 77
गृहं गन्तुमृषे चाहं धीमन् न स्थातुमुत्सहे । एतत् संचिन्त्य भगवन् विधत्स्व यदनन्तरम्
Elle dit : «Ô sage rishi, je ne puis retourner à ma demeure, et je n’ai pas non plus le courage de rester ici. Ô vénérable, réfléchissez à cela et décidez de ce qu’il convient de faire ensuite.»
Verse 78
एवमुक्तवतीं तां तु प्रीतिमानृषिसत्तम: । उवाच मत्प्रियं कृत्वा कन्यैव त्वं भविष्यसि
Vaiśampāyana dit : Lorsqu’elle eut parlé ainsi, le plus éminent des sages, plein d’affection, lui répondit : «Même après avoir accompli ce qui m’est cher, tu demeureras vierge.»
Verse 79
वृणीष्व च वरं भीरु यं त्वमिच्छसि भामिनि | वृथा हि न प्रसादो मे भूतपूर्व: शुचिस्मिते
Vaiśampāyana dit : «Choisis un don, ô timide — tout ce que tu désires, ô femme au cœur ardent. Car ma faveur, jadis, ne s’est jamais révélée vaine, ô toi au sourire pur.»
Verse 80
एवमुक्ता वरं वव्रे गात्रसौगन्ध्यमुत्तमम् । स चास्यै भगवान् प्रादान्मनस:काडूक्षितं भुवि
Vaiśampāyana dit : Ainsi interpellée, elle choisit pour grâce la plus parfaite fragrance de son corps. Et le vénérable sage lui accorda, sur cette terre même, le don que son cœur désirait : un parfum corporel d’une exquise subtilité.
Verse 81
ततो लब्धवरा प्रीता स्त्रीभावगुण भूषिता । जगाम सह संसर्गमृषिणाद्भधुतकर्मणा
Alors Satyavatī, ravie d’avoir obtenu la grâce et parée des qualités convenant à l’état d’une femme, s’unit au sage Parāśara, d’une puissance merveilleuse. Et parce qu’un parfum subtil se répandait de son corps, elle devint célèbre sur la terre sous un autre nom : Yojanagandhā, « celle dont l’odeur porte jusqu’à une yojana ».
Verse 82
तेन गन्धवतीत्येवं नामास्या: प्रथितं भुवि | तस्यास्तु योजनाद् गन्धमाजिध्रन्त नरा भुवि
Vaiśampāyana dit : Ainsi son nom devint célèbre sur la terre : « Gandhavatī », la Parfumée. En effet, les hommes pouvaient sentir sa fragrance même à la distance d’une yojana.
Verse 83
इति सत्यवती हृष्टा लब्ध्वा वरमनुत्तमम्
Vaiśaṃpāyana dit : Ainsi Satyavatī, transportée de joie d’avoir reçu une grâce sans égale, s’unit au grand voyant Parāśara et, aussitôt, enfanta un enfant. Sur une île de la Yamunā apparut le puissant Vyāsa, fils de Parāśara.
Verse 84
पराशरेण संयुक्ता सद्यो गर्भ सुषाव सा । जज्ञे च यमुनाद्वीपे पाराशर्य: स वीर्यवान्
Vaiśampāyana dit : Unie au sage Parāśara, elle conçut sur-le-champ et enfanta aussitôt. Sur une île de la Yamunā naquit le vigoureux fils de Parāśara : Pārāśarya (Vyāsa).
Verse 85
स मातरमनुज्ञाप्य तपस्येव मनो दधे | स्मृतो<5हं दर्शयिष्यामि कृत्येष्विति च सोडब्रवीत्
Ayant obtenu l’assentiment de sa mère, il fixa son esprit uniquement sur l’ascèse (tapas). Il lui dit encore : «Quand le besoin se fera sentir, souviens-toi de moi ; je paraîtrai à coup sûr devant toi.» Ainsi, après avoir pris congé de sa mère, Vyāsa se voua au tapas.
Verse 86
एवं द्वैपायनो जज्ञे सत्यवत्यां पराशरात् | न्यस्तो द्वीपे स यद् बालस्तस्माद् द्वैपायन: स्मृत:
Vaiśampāyana dit : Ainsi naquit Dvaipāyana (Vyāsa), de Satyavatī, par le sage Parāśara. Et parce que, encore enfant, il fut laissé sur une île, on se souvint de lui sous le nom de « Dvaipāyana » (né de l’île).
Verse 87
(ततः सत्यवती हृष्टा जगाम स्वं निवेशनम् । तस्यास्त्वायोजनाद् गन्धमाजिध्रन्ति नरा भुवि ।।
Alors Satyavatī, le cœur réjoui, retourna à sa demeure. Dès ce jour, les hommes sur la terre purent percevoir son parfum divin jusqu’à la distance d’une yojana. Son père, le roi pêcheur Dāśarāja, humant cette fragrance, en fut lui aussi transporté de joie. Dāśarāja demanda : «Mon enfant, on te nommait jadis “Matsyagandhā” à cause d’une odeur de poisson. Comment es-tu devenue si parfumée ? Qui a chassé cette senteur de poisson et t’a donné ce parfum ?» Satyavatī répondit : «Père, le grand sage Parāśara, célèbre comme le fils très sage de Śakti, m’a vue tandis que je faisais passer la barque. Remarquant mon odeur déplaisante, il eut compassion : il ôta l’odeur de poisson et me donna un parfum dont l’effluve porte jusqu’à une yojana. Voyant cette faveur du rishi, tous furent remplis de joie.»
Verse 88
ब्रह्मणो ब्राह्मणानां च तथानुग्रहकाड्क्षया । विव्यास वेदान् यस्मात् स तस्माद् व्यास इति स्मृत:
Désireux d’accorder sa faveur à Brahmā et aux brahmanes, il ordonna et développa (divisa et disposa) les Veda. Parce qu’il accomplit le « viyāsa » des Veda, on se souvient de lui sous le nom de Vyāsa.
Verse 89
वेदानध्यापयामास महाभारतपज्चमान् | सुमन्तुं जैमिनिं पैलं शुकं चैव स्वमात्मजम्
Le bienheureux Seigneur Vyāsa, le plus éminent des sages et dispensateur de dons, enseigna les quatre Veda ainsi que le Mahābhārata, révéré comme le « cinquième Veda », à Sumantu, Jaimini, Paila, à son propre fils Śuka, et à moi, Vaiśampāyana. Ensuite, chacun d’eux, à sa manière, fit paraître et propagea des recensions distinctes du Mahābhārata.
Verse 90
प्रभुर्वरिष्ठो वरदो वैशम्पायनमेव च । संहितास्तै: पृथक्त्वेन भारतस्य प्रकाशिता:
Dāśa dit : «Le Seigneur suprême, le plus excellent et dispensateur de grâces—Vyāsa—enseigna l’étude des quatre Veda, ainsi que du cinquième Veda, le Mahābhārata, à Sumantu, Jaimini, Paila, à son propre fils Śukadeva, et à moi, Vaiśampāyana. Ensuite, chacun d’eux, séparément, fit connaître et diffusa des recensions distinctes (saṁhitā) du Mahābhārata.»
Verse 91
तथा भीष्म: शान्तनवो गड़ायाममितद्युति: | वसुवीर्यात् समभवन्महावीर्यो महायशा:,अमिततेजस्वी शान्तनुनन्दन भीष्म आठवें वसुके अंशसे तथा गंगाजीके गर्भसे उत्पन्न हुए। वे महान् पराक्रमी और अत्यन्त यशस्वी थे
Dāśa dit : «Ainsi Bhīṣma, le fils rayonnant de Śāntanu, naquit de Gaṅgā par la puissance du Vasu. Il devint un homme d’une grande vaillance et d’une renommée portée au loin—incarnation de force et de gloire, destiné à soutenir la lignée royale par un devoir inébranlable.»
Verse 92
वेदार्थविच्च भगवानृषिर्विप्रो महायशा: । शूले प्रोत: पुराणर्षिरचौरश्लनौरशड्कया
Dāśa dit : «C’est un récit ancien. Il y eut un vénérable et illustre Brahmarṣi—Aṇīmāṇḍavya—connaisseur du sens des Veda, grand sage et brāhmaṇa. Bien qu’il ne fût point voleur, il fut empalé sur un pieu par simple soupçon de vol. Après avoir gagné l’autre monde, ce grand voyant, renommé pour sa gloire, convoqua d’abord Dharma et lui parla ainsi—»
Verse 93
अणीमाण्डव्य इत्येवं विख्यात: स महायशा: । स धर्ममाहूय पुरा महर्षिरिदमुक्तवान्
«Ce grand sage, illustre et renommé, était connu sous le nom d’Aṇīmāṇḍavya. Dans les temps anciens, le maharṣi convoqua Dharma et prononça ces paroles.»
Verse 94
इषीकया मया बाल्याद् विद्धा होका शकुन्तिका । तत् किल्बिषं स्मरे धर्म नान्यत् पापमहं स्मरे
Dāśa dit : «Ô Dharma (roi de la justice), dans mon enfance, par étourderie d’enfant, j’ai un jour transpercé un oisillon avec un roseau. C’est là l’unique faute dont je me souvienne à présent ; je ne me rappelle aucun autre péché.»
Verse 95
तन्मे सहस्रममितं कस्मान्नेहाजयत् तपः । गरीयान् ब्राह्णवध: सर्वभूतवधाद् यत:
J’ai accompli des austérités mille fois, au-delà de toute mesure. Pourquoi donc cette pénitence n’a-t-elle pas vaincu et détruit ce petit péché qui est le mien ? Car tuer un brāhmaṇa est plus lourd—plus funeste—que tuer tous les autres êtres vivants.
Verse 96
तस्मात् त्वं किल्बिषी धर्म शूद्रयोनौ जनिष्यसि । तेन शापेन धर्मोडपि शूद्रयोनावजायत
C’est pourquoi, ô Dharma, tu es bel et bien souillé de faute ; tu naîtras dans un sein de Śūdra. Par cette même malédiction, Dharma lui-même en vint à naître dans un sein de Śūdra—car tu fis qu’on m’empalât et, ce faisant, tu commis le même tort.
Verse 97
विद्वान् विदुररूपेण धार्मी तनुरकिल्बिषी । संजयो मुनिकल्पस्तु जज्ञे सूतो गवल्गणात्
Dāśa dit : Le juste, sans péché, l’incarnation même de Dharma, se manifesta sous la forme du sage Vidura. En ce même temps, de Gavalgaṇa naquit Saṃjaya, un sūta doué de clairvoyance et de vertu, comparable aux sages.
Verse 98
सूर्याच्च कुन्तिकन्याया जज्ञे कर्णो महाबल: । सहजं कवचं बिश्रत् कुण्डलो द्योतितानन:
Dāśa dit : Du Soleil et de Kuntī, la jeune fille, naquit Karṇa, homme d’une grande force. Il vint au monde portant une armure naturelle, et son visage brillait de l’éclat des boucles d’oreilles nées avec lui—marque d’une faveur divine dès la naissance.
Verse 99
अनुग्रहार्थ लोकानां विष्णुलोकनमस्कृत: । वसुदेवात् तु देवक्यां प्रादुर्भूतोी महायशा:
Pour accorder sa grâce aux êtres vivants, le Seigneur Viṣṇu, révéré de toutes parts—honoré jusque dans le royaume de Viṣṇu—se manifesta avec une grande renommée, prenant naissance par Vasudeva dans le sein de Devakī. Le récit présente cette descente comme une intervention de compassion pour le bien du monde, afin de protéger le dharma et d’alléger la souffrance.
Verse 100
अनादिनिधनो देव: स कर्ता जगत: प्रभु: । अव्यक्तमक्षरं ब्रह्म प्रधानं त्रिगुणात्मकम्
Dāśa dit : Ce Seigneur rayonnant est sans commencement ni fin ; il est le créateur et le souverain du monde entier. On le désigne comme l’Inmanifesté, le Brahman impérissable, et comme Pradhāna — le principe primordial constitué des trois guṇas.
Verse 101
आत्मानमव्ययं चैव प्रकृतिं प्रभवं प्रभुम् । पुरुष विश्वकर्माणं सत्त्वयोगं ध्रुवाक्षरम्
Dāśa dit : « Il est le Soi, impérissable ; il est aussi Prakṛti, la source et le Seigneur souverain. Il est le Puruṣa intérieur, l’Artisan universel, accessible par la discipline de la pureté (sattva), et la syllabe ferme, indéclinable. Ainsi le nomme-t-on de multiples noms : infini et immobile, divin, le Haṃsa, Nārāyaṇa, le Seigneur, le Soutien, non-né et inmanifesté, suprême et immuable, absolu et au-delà des guṇas, de forme universelle, sans commencement, sans naissance et sans altération. Pénétrant tout, il est le Puruṣa suprême, le Soi suprême — l’auteur de tout et l’aïeul de tous les êtres. »
Verse 102
अनन्तमचलं देवं हंसं नारायणं प्रभुम् । धातारमजमव्यक्तं यमाहु: परमव्ययम्
Dāśa dit : « On l’appelle l’Infini et l’Immobile — Dieu, le Haṃsa de pureté, Nārāyaṇa, le Seigneur ; le Soutien, le Non-né, l’Inmanifesté, le Suprême, l’Impérissable. Il est le Soi intérieur et la réalité immuable ; il est Prakṛti, la cause matérielle, et Prabhava, la source de l’émergence ; il est le souverain régent, le Puruṣa demeurant en tout, et l’artisan cosmique. Accessible par la qualité de sattva et signifié par la syllabe sacrée Oṁ, il est loué comme infini, ferme, sans commencement, sans naissance, inaltéré, omniprésent — le Puruṣa suprême, le Soi suprême, auteur de tout et aïeul de tous les êtres. »
Verse 103
कैवल्यं निर्गुणं विश्वमनादिमजमव्ययम् | पुरुष: स विभु: कर्ता सर्वभूतपितामह:
Dāśa dit : « Cette Réalité suprême est kaivalya, l’absolue solitude ; elle est au-delà des guṇas et elle est l’univers même, qui embrasse tout — sans commencement, non née et impérissable. Il est le Puruṣa : omniprésent, souverain, auteur et ordonnateur, le Soi intérieur, et le grand aïeul de tous les êtres. On le désigne encore par de nombreux noms et épithètes sacrés — comme source et base matérielle de la création, Seigneur présidant, artisan cosmique, accessible par la qualité de sattva, et même comme la syllabe Oṁ — indiquant que l’Unique Suprême est approché et loué par des descriptions diverses. »
Verse 104
धर्मसंवर्धनार्थाय प्रजज्ञेडन्धकवृष्णिषु । अस्त्रज्ञौ तु महावीर्यों सर्वशास्त्रविशारदौ
Dāśa dit : Afin d’accroître et de soutenir le dharma, ils naquirent parmi les Andhakas et les Vṛṣṇis. Ces deux frères—d’une vaillance immense, maîtres des armes et profondément instruits dans toutes les branches du savoir sacré et pratique—y apparurent sous les formes de Balarāma et de Śrī Kṛṣṇa.
Verse 105
सात्यकि: कृतवर्मा च नारायणमनुव्रतौ । सत्यकाद् हृदिकाच्चैव जज्ञाते<स्त्रविशारदौ
Dāśa dit : Sātyaki et Kṛtavarmā—tous deux fidèles et constants dans le vœu de suivre Nārāyaṇa—naquirent, l’un de Satyaka, l’autre de Hṛdika. Chacun excellait dans la science des armes, et leur vaillance est ici comprise comme accordée à la dévotion et à l’allégeance disciplinée, plutôt qu’à la seule prouesse guerrière.
Verse 106
भरद्वाजस्य च स्कन्न॑ द्रोण्यां शुक्रमवर्धत । महर्षेरुग्रतपसस्तस्माद् द्रोणो व्यजायत
Dāśa dit : La semence du grand sage Bharadvāja—ascète aux austérités redoutables—tomba dans une droṇī (auge, cavité en forme de récipient) et, là, elle grandit et mûrit peu à peu. De cette graine même naquit Droṇa. L’épisode rappelle un thème récurrent du Mahābhārata : des naissances prodigieuses peuvent naître de la puissance de l’ascèse et de circonstances singulières, annonçant le rôle voué de Droṇa dans les conflits moraux et guerriers à venir.
Verse 107
गौतमान्मिथुनं जज्ञे शरस्तम्बाच्छरद्वत: | अश्वत्थाम्नश्न॒ जननी कृपश्चैव महाबल:
Dāśa dit : Du sage Śaradvat, de la lignée de Gautama, naquit une paire d’enfants issue d’une touffe de roseaux. Sa semence était tombée sur le fourré et, se divisant en deux, engendra une fille et un garçon. La fille fut nommée Kṛpī—qui devint plus tard la mère d’Aśvatthāmā—et le garçon fut célèbre sous le nom de Kṛpa, d’une grande puissance. Le récit souligne que des naissances prodigieuses et des circonstances imprévues peuvent pourtant faire surgir des êtres appelés à jouer un rôle décisif dans l’histoire morale et guerrière des Bhārata.
Verse 108
अभश्रृत्थामा ततो जज्ञे द्रोणादेव महाबल: । तथैव धृष्टद्युम्नोडपि साक्षादग्निसमद्युति:
Dāśa dit : Ensuite naquit d’entre les mains de Droṇa le puissant Aśvatthāmā. De même, tandis que s’accomplissait le rite sacrificiel, Dhṛṣṭadyumna se manifesta du feu flamboyant lui-même, resplendissant comme Agni en personne. Ce vaillant héros surgit l’arc à la main, voué à la destruction de Droṇācārya—épisode qui annonce l’entrelacement de la puissance rituelle et du destin guerrier, et fait naître de lourdes tensions morales autour de la vengeance, du devoir et du prix de la guerre.
Verse 109
वैताने कर्मणि तत: पावकात् समजायत । वीरो द्रोणविनाशाय धनुरादाय वीर्यवान्
Dāśa dit : Alors, au cours du solennel sacrifice védique, du feu flamboyant naquit un héros puissant. Saisissant un arc, fort de vaillance, il se manifesta pour la destruction de Droṇa ; événement qui fait du feu sacrificiel non seulement une source de sainteté, mais encore le sein d’où sort l’instrument d’une rétribution vouée à s’accomplir dans la guerre à venir.
Verse 110
तत्रैव वेद्यां कृष्णापि जज्ञे तेजस्विनी शुभा । विभ्राजमाना वपुषा बिश्रती रूपमुत्तमम्
Là même, sur l’autel du sacrifice, naquit Kṛṣṇā (Draupadī), de bon augure et rayonnante. Resplendissant de l’éclat de son corps, elle apparut portant une beauté sans égale.
Verse 111
प्रह्मदशिष्यो नग्नजित् सुबलश्चाभवत् ततः । तस्य प्रजा धर्महन्त्री जज्ञे देवप्रकोपनात्
Dāśa dit : «Ensuite, Nagnajit apparut comme disciple dans la lignée de Brahmadaśa, puis Subala naquit. Mais, sous l’effet de la colère des dieux, la descendance de Subala devint celle qui détruirait le dharma.»
Verse 112
गान्धारराजपुत्रो 5 भूच्छकुनि: सौबलस्तथा । दुर्योधनस्य जननी जज्ञातेडर्थविशारदौ
Dāśa dit : «Du roi de Gāndhāra naquit Śakuni, appelé aussi Saubala. Et sa sœur Gāndhārī devint la mère de Duryodhana. Tous deux étaient renommés pour leur finesse en matière de gouvernement et pour leurs calculs d’artha.»
Verse 113
कृष्णद्वैपायनाज्जज्ञे धृतराष्ट्रो जनेश्वर: । क्षेत्रे विचित्रवीर्यस्य पाण्डुश्वैव महाबल:
Dāśa dit : «De Kṛṣṇa-Dvaipāyana (Vyāsa) naquit Dhṛtarāṣṭra, seigneur parmi les hommes ; et dans le “champ” (l’épouse) du roi Vicitravīrya naquit aussi Pāṇḍu, d’une grande puissance.»
Verse 114
धर्मार्थकुशलो धीमान् मेधावी धूतकल्मष: । विदुर: शूद्रयोनौ तु जज्ञे द्रैपायनादपि
Dāśa dit : «Vidura —habile dans la connaissance du dharma et de l’artha, sage, d’une grande intelligence et sans souillure— naquit d’une femme śūdra, et lui aussi fut engendré par Dvaipāyana (Vyāsa).»
Verse 115
पाण्डोस्तु जज्ञिरे पज्च पुत्रा देवसमा: पृथक् । द्वयो: स्त्रियोर्गुणज्येष्ठस्तेषामासीद् युधिष्ठिर:
Dāśa dit : De Pāṇḍu naquirent cinq fils, chacun conçu séparément, et d’une stature digne des dieux. Parmi les fils nés de ses deux épouses, Yudhiṣṭhira fut l’aîné et le plus éminent par la noblesse du caractère—prééminent dans les vertus qui soutiennent le dharma et le règne juste.
Verse 116
धर्माद् युधिष्ठिरो जज्ञे मारुताच्च वृकोदर: । इन्द्रादू धनंजय: श्रीमान् सर्वशस्त्रभृतां वर:
Le pêcheur dit : « De Dharma naquit Yudhiṣṭhira ; de Māruta (le dieu du Vent) naquit Vṛkodara (Bhīma) ; et d’Indra naquit l’illustre Dhanañjaya (Arjuna), le premier de tous les porteurs d’armes. » Dans ce récit, l’origine des Pāṇḍava est présentée comme une dotation divine : Yudhiṣṭhira incarne la droiture, Bhīma la force du souffle vital et du vent, et Arjuna la puissance royale et l’excellence guerrière associées à Indra—ancrant ainsi leurs vertus morales et héroïques dans l’ordre cosmique.
Verse 117
जज्ञाते रूपसम्पन्नावश्चिभ्यां च यमावपि । नकुल: सहदेवश्व गुरुशुश्रूषणे रतो
Dāśa dit : « Et les deux frères jumeaux, beaux de corps, naquirent des dieux Aśvin. Nakula et Sahadeva—toujours dévoués au service des aînés et des maîtres—furent ainsi les jumeaux. »
Verse 118
तथा पुत्रशतं जज्ञे धृतराष्ट्रस्य धीमत: । दुर्योधनप्रभूतयो युयुत्सु: करणस्तथा
Dāśa dit : Ainsi le sage roi Dhṛtarāṣṭra engendra cent fils, menés par Duryodhana ; et il eut aussi Yuyutsu, appelé également Karaṇa. Le passage souligne l’essor de la lignée des Kuru par la descendance de Dhṛtarāṣṭra, tout en notant l’origine maternelle distincte de Yuyutsu—un signe éthique qui, plus tard, pèsera sur les questions de loyauté, de légitimité et de dharma au sein du conflit familial.
Verse 119
ततो दुःशासनश्वैव दुःसहश्लापि भारत | दुर्मर्षणो विकर्णश्व॒ चित्रसेनो विविंशति:
Dāśa dit : « Puis (furent nommés) Duḥśāsana, et aussi Duḥsaha, ô Bhārata ; Durmarṣaṇa, Vikarna, Citraseṇa et Viviṁśati. » Dans le contexte, il s’agit d’un passage du catalogue des fils de Dhṛtarāṣṭra—une énumération qui annonce comment la parenté et l’ambition se durciront en puissance de faction, ouvrant la voie à l’effondrement moral et au conflit à venir.
Verse 120
जय: सत्यव्रतश्नैव पुरुमित्रश्न भारत । वैश्यापुत्रो युयुत्सुश्नव एकादश महारथा:
Dāśa dit : «Ô Bhārata, voici les onze grands guerriers de char parmi les fils et alliés de Dhṛtarāṣṭra : Duryodhana, Duḥśāsana, Duḥsaha, Durmarṣaṇa, Vikarṇa, Citraseṇa, Viviṁśati, Jaya, Satyavrata, Purumitra, et Yuyutsu, né d’une femme vaiśyā.»
Verse 121
अभिमन्यु: सुभद्रायामर्जुनादभ्यजायत । स्वस्त्रीयो वासुदेवस्य पौत्र: पाण्डोर्महात्मन:,अर्जुनद्वारा सुभद्राके गर्भसे अभिमन्युका जन्म हुआ। वह महात्मा पाण्डुका पौत्र और भगवान् श्रीकृष्णका भानजा था
Dāśa dit : «Abhimanyu naquit de Subhadrā, d’Arjuna. Il était le neveu de Vāsudeva (Kṛṣṇa), fils de sa sœur, et le petit-fils du magnanime Pāṇḍu.»
Verse 122
पाण्डवेभ्यो हि पाज्चाल्यां द्रौपद्यां पच जज्ञिरे । कुमारा रूपसम्पन्ना: सर्वशास्त्रविशारदा:,पाण्डवोंद्वारा द्रौपदीके गर्भसे पाँच पुत्र उत्पन्न हुए थे, जो बड़े ही सुन्दर और सब शास्त्रोंमें निपुण थे
Dāśa dit : «Des Pāṇḍava, en Draupadī de Pāñcāla, naquirent cinq fils : des princes d’une beauté éclatante, accomplis de corps et de caractère, et versés dans toutes les branches du savoir sacré et profane.»
Verse 123
प्रतिविन्ध्यो युधिष्ठिरात् सुतसोमो वृकोदरात् । अर्जुनाच्छुतकीर्तिस्तु शतानीकस्तु नाकुलि:
Dāśa dit : «De Yudhiṣṭhira naquit Prativindhya ; de Vṛkodara (Bhīma) naquit Sutasoma ; d’Arjuna naquit Śrutakīrti ; et de Nakula naquit Śatānīka. (Dans le même relevé de lignée, le fils de Sahadeva est nommé Śrutasena.)»
Verse 124
तथैव सहदेवाच्च श्रुतसेन: प्रतापवान् | हिडिम्बायां च भीमेन वने जज्ञे घटोत्कच:
Dāśa dit : «De même, de Sahadeva naquit le vaillant Śrutasena. Et dans la forêt, Bhīma engendra de Hiḍimbā un fils nommé Ghaṭotkaca.»
Verse 125
शिखण्डी द्रुपदाज्जज्ञे कन्या पुत्रत्वमागता । यां यक्ष: पुरुषं चक्रे स्थूण: प्रियचिकीर्षया
Dāśa dit : De Drupada naquit Śikhaṇḍī comme une fille, mais plus tard elle fut tenue pour un fils. Un yakṣa nommé Sthūṇa, désireux de lui rendre service, la transforma en homme. Cet épisode montre comment le destin et des puissances extraordinaires peuvent refaçonner l’identité sociale, préparant les conséquences morales et martiales à venir.
Verse 126
कुरूणां विग्रहे तस्मिन् समागच्छन् बहून् यथा । राज्ञां शतसहस्राणि योत्स्यमानानि संयुगे
Dāśa dit : Dans ce conflit des Kurus s’assemblèrent—comme on peut l’imaginer—des forces innombrables : des centaines de milliers de rois, tous décidés à combattre. Le passage souligne l’ampleur écrasante de la guerre et laisse entrevoir le poids moral d’une lutte qui entraîne d’innombrables souverains dans la violence, préparant l’énumération des figures majeures dont les actes font avancer l’épopée.
Verse 127
तेषामपरिमेयानां नामथेयानि सर्वश: । न शकक््यानि समाख्यातुं वर्षाणामयुतैरपि । एते तु कीर्तिता मुख्या यैराख्यानमिदं ततम्
«Les noms de ces innombrables (rois et guerriers) ne peuvent être rapportés entièrement, dans tous leurs détails, fût-ce au prix de dizaines de milliers d’années. Aussi ne mentionne-t-on ici que les principaux, car c’est par leurs actes et leurs récits que cette grande narration s’est déployée et achevée.»
Verse 743
विस्मिता साभवत् कन्या व्रीडिता च तपस्विनी । जिससे वहाँका सारा प्रदेश अन्धकारसे आच्छादित-सा हो गया। महर्षिद्वारा कुहरेकी सृष्टि देखकर वह तपस्विनी कन्या आश्वर्यचकित एवं लज्जित हो गयी
Vaiśaṃpāyana dit : La jeune fille, une ascète encore tendre, fut saisie d’étonnement et de pudeur. Voyant le sage créer une brume épaisse qui semblait voiler toute la contrée comme d’obscurité, elle demeura là, émerveillée et modestement confuse—un épisode qui souligne la puissance du tapas et le poids éthique de la retenue et de la bienséance dans les rencontres entre ascètes.
Verse 826
तस्या योजनगन्धेति ततो नामापरं स्मृतम् । तदनन्तर वरदान पाकर प्रसन्न हुई सत्यवती नारीपनके समागमोचित गुण (सद्यः ऋतुस्नान आदि)-से विभूषित हो गयी और उसने अद्धुतकर्मा महर्षि पराशरके साथ समागम किया। उसके शरीरसे उत्तम गन्ध फैलनेके कारण पृथ्वीपर उसका गन्धवती नाम विख्यात हो गया। इस पृथ्वीपर एक योजन दूरके मनुष्य भी उसकी दिव्य सुगन्धका अनुभव करते थे। इस कारण उसका दूसरा नाम योजनगन्धा हो गया
Vaiśampāyana dit : Dès lors, on se souvint d’elle sous un autre nom : Yojanagandhā, « celle dont le parfum porte jusqu’à une yojana ». Ayant reçu la grâce et étant parée des qualités qui conviennent à l’union (tel le bain rituel immédiat et autres observances), Satyavatī s’unit au sage Parāśara, aux actes prodigieux. Parce qu’une fragrance exquise se répandait de son corps, elle devint célèbre sur la terre sous le nom de Gandhavatī ; même des hommes à une yojana de distance pouvaient sentir son parfum divin. Ainsi lui vint son second nom, Yojanagandhā.
The chapter foregrounds an implicit dharma tension: the king’s duty to demonstrate protection and strength through the hunt versus the collateral disruption and suffering depicted in the wilderness ecosystem and among attendants.
Sovereignty is portrayed as performative and accountable: royal authority is sustained through visible discipline, coordinated force, and public endorsement, yet it operates within environments where power produces cascading consequences.
No explicit phalaśruti appears in this passage; its function is primarily narrative and thematic—establishing Duḥṣanta’s stature and the forest as a liminal arena that prepares for subsequent lineage-defining events.
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