Adhyaya 16
Uttara BhagaAdhyaya 1693 Verses

Adhyaya 16

Dharma of Non-Injury, Non-Stealing, Purity, and Avoidance of Hypocrisy (Ācāra and Saṅkarya-Nivṛtti)

Ce chapitre clôt l’Adhyāya 15 et poursuit aussitôt l’enseignement prescriptif du dharma donné par Vyāsa dans l’Uttara-bhāga, sous forme de compendium d’ācāra (bonne conduite). Les retenues fondamentales—ahiṃsā, satya, asteya—y sont définies par des cas concrets : voler même de l’herbe, de l’eau ou de la terre ; la gravité particulière de l’appropriation des biens de la Divinité et des richesses des brāhmaṇas ; et des tolérances limitées pour le voyageur en détresse. Le texte se tourne ensuite vers le dharma intérieur : condamnation des vœux servant à masquer le péché, de l’hypocrisie « féline » des faux renonçants, et de la ruine spirituelle causée par l’injure au Veda, aux Devas et au Guru. Les frontières socio-rituelles sont exposées par la doctrine de saṅkarya (confusion née d’un mélange impropre) : formes interdites d’intimité, de commensalité et de partage des rôles rituels, avec des moyens pratiques pour séparer les rangs au repas. La seconde moitié renforce les règles de pureté et de conduite—ce qu’il convient de voir, dire, toucher, manger ; où demeurer ; comment se tenir près du feu, de l’eau, des temples, des présages et durant l’impureté (sūtaka/ucchiṣṭa). L’ensemble mène de l’éthique universelle aux sauvegardes rituelles et sociales, préparant aux enseignements ultérieurs où la discipline devient la condition d’une réalisation plus haute du Yoga et du Vedānta.

All Adhyayas

Shlokas

Verse 1

इति श्रीकूर्मपुराणे षट्साहस्त्र्यां संहितायामुपरिविभागे पञ्चदशो ऽध्यायः व्यास उवाच न हिंस्यात् सर्वभूतानिनानृतं वावदेत् क्वचित् / नाहितं नाप्रियं वाक्यं न स्तेनः स्याद् कदाचन

Ainsi, dans le Śrī Kūrma Purāṇa, dans la Saṃhitā de six mille vers, dans la section ultérieure, s’achève le quinzième chapitre. Vyāsa dit : «Qu’on ne blesse aucun être ; qu’on ne profère jamais le mensonge. Qu’on ne prononce ni paroles nuisibles, ni paroles agréables seulement pour plaire ; et qu’on ne soit jamais voleur.»

Verse 2

तृणं वा यदि वा शाकं मृदं वा जलमेव वा / परस्यापहरञ्जन्तुर्नरकं प्रतिपद्यते

Qu’il s’agisse d’un brin d’herbe, d’un légume, d’une motte de terre ou même d’eau : quiconque dérobe le bien d’autrui tombe en enfer.

Verse 3

न राज्ञः प्रतिगृह्णीयान्न शूद्रपतितादपि / न चान्यस्मादशक्तश्च निन्दितान् वर्जयेद् बुधः

Le sage ne doit accepter ni dons d’un roi, ni d’un śūdra, ni de celui qui est tombé de la conduite juste ; ni d’aucun autre donateur incapable de donner selon le dharma. L’homme de discernement doit éviter les présents des blâmables.

Verse 4

नित्यं याचनको न स्यात् पुनस्तं नैव याचयेत् / प्राणानपहरत्येवं याचकस्तस्य दुर्मतिः

Qu’on ne devienne pas mendiant par habitude, et qu’on ne sollicite pas sans cesse la même personne. Car ainsi, le demandeur au mauvais dessein, par sa dépendance et son harcèlement, semble dérober jusqu’au souffle de vie de l’autre.

Verse 5

न देवद्रव्यहारी स्याद् विशेषेण द्विजोत्तमः / ब्रह्मस्वं वा नापहरेदापद्यपि कदाचन

Le plus éminent des deux-fois-nés ne doit pas être voleur des biens consacrés aux dieux ; et jamais, même dans la détresse, il ne doit s’emparer de ce qui appartient aux brahmanes.

Verse 6

न विषं विषमित्याहुर्ब्रह्मस्वं विषमुच्यते / देवस्वं चापि यत्नेन सदा परिहरेत् ततः

On dit que le poison ordinaire n’est pas le pire des poisons ; le poison le plus meurtrier est la richesse d’un brahmane (lorsqu’on la détourne). C’est pourquoi, avec la plus grande vigilance, il faut toujours éviter de prendre aussi ce qui appartient aux dieux.

Verse 7

पुष्पे शाक्रोदके काष्ठे तथा मूले फले तृणे / अदत्तादानमस्तेयं मनुः प्राह प्रजापतिः

Au sujet des fleurs, des légumes, de l’eau, du bois, ainsi que des racines, des fruits et de l’herbe, Manu, le Prajāpati, a déclaré : prendre ce qui n’a pas été donné est un vol ; l’asteya (ne pas voler) est la discipline qui s’abstient de toute prise non accordée.

Verse 8

ग्रहीतव्यानि पुष्पाणि देवार्चनविधौ द्विजाः / नैकस्मादेव नियतमननुज्ञाय केवलम्

Ô deux-fois-nés, dans le rite d’adoration de la Divinité, les fleurs doivent être cueillies selon la règle. Qu’on ne les prenne pas constamment d’un seul endroit, sans avoir d’abord demandé la permission.

Verse 9

तृणं काष्ठं फलं पुष्पं प्रकाशं वै हरेद् बुधः / धर्मार्थं केवलं विप्रा ह्यन्यथा पतितो भवेत्

Le sage peut prendre herbe, bois de feu, fruits, fleurs et un peu de lumière ou de combustible uniquement pour le dharma ; ô brāhmaṇas, s’il agit autrement, il devient déchu.

Verse 10

तिलमुद्गयवादीनां मुष्टिर्ग्राह्या पथि स्थितैः / क्षुधार्तैर्नान्यथा विप्रा धर्मविद्भिरिति स्थितिः

Quand des voyageurs, tourmentés par la faim sur la route, doivent prendre de quoi subsister, qu’ils ne prennent qu’une poignée de sésame, de haricot mungo, d’orge et autres semblables—rien de plus. Telle est la règle établie, ô brāhmaṇas, connue des sages du dharma.

Verse 11

न धर्मस्यापदेशेन पापं कृत्वा व्रतं चरेत् / व्रतेन पापं प्रच्छाद्य कुर्वन् स्त्रीशूद्रदम्भनम्

Qu’on ne commette pas le péché sous le prétexte du « dharma » pour ensuite observer un vœu. Et qu’en observant un vœu, nul ne dissimule sa faute ni ne pratique une tromperie hypocrite—surtout en affichant une piété de façade devant les femmes et les Śūdras.

Verse 12

प्रेत्येह चेदृशो विप्रो गर्ह्यते ब्रह्मवादिभिः / छद्मनाचरितं यच्च व्रतं रक्षांसि गच्छति

Un brāhmaṇa de cette sorte, après la mort et même ici, en cette vie, est blâmé par ceux qui proclament le Brahman ; et tout vœu accompli dans l’hypocrisie va aux rākṣasas, portant un fruit démoniaque plutôt qu’un mérite sacré.

Verse 13

अलिङ्गी लिङ्गिवेषेण यो वृत्तिमुपजीवति / स लिङ्गिनां हरेदेनस्तिर्यग्योनौ च जायते

Celui qui n’est pas un renonçant véritable, mais vit en portant l’habit du renonçant, dérobe le mérite des ascètes authentiques ; par ce péché, il renaît aussi dans des matrices animales.

Verse 14

बैडालव्रतिनः पापा लोके धर्मविनाशकाः / सद्यः पतन्ति पापेषु कर्मणस्तस्य तत् फलम्

Les pécheurs qui observent le « vœu du chat », hypocrites qui ruinent le dharma dans le monde, tombent aussitôt dans le péché ; tel est le fruit d’un tel acte.

Verse 15

पाषण्डिनो विकर्मस्थान् वामाचारांस्तथैव च / पञ्चरात्रान् पाशुपतान् वाङ्मात्रेणापि नार्चयेत्

On ne doit pas honorer—fût-ce par de simples paroles—les sectaires et hérétiques, ceux qui demeurent dans les actes interdits et ceux qui suivent la voie de la main gauche ; de même, dans ce cadre de culte prescrit, on ne doit pas rendre hommage aux adeptes du Pañcarātra ni aux Pāśupatas.

Verse 16

वेदनिन्दारतान् मर्त्यान् देवनिन्दारतांस्तथा / द्विजनिन्दारतांश्चैव मनसापि न चिन्तयेत्

On ne doit pas, même en son esprit, s’attarder sur ces mortels qui se complaisent à blasphémer les Veda, à blasphémer les dieux, et à blasphémer aussi les deux-fois-nés (dvija).

Verse 17

याजनं योनिसंबन्धं सहवासं च भाषणम् / कुर्वाणः पतते जन्तुस्तस्माद् यत्नेन वर्जयेत्

Celui qui, avec des personnes indignes, officie (indûment) des sacrifices, noue des liens sexuels/de lignée, partage une cohabitation étroite et des conversations intimes, déchoit de la droiture ; c’est pourquoi il faut s’en abstenir avec un effort vigilant.

Verse 18

देवद्रोहाद् गुरुद्रोहः कोटिकोटिगुणाधिकः / ज्ञानापवादो नास्तिक्यं तस्मात् कोटिगुणाधिकम्

Comparée à l’hostilité envers les dieux, la trahison envers son guru est des millions et des millions de fois plus grave. Et le dénigrement de la vraie connaissance—c’est-à-dire le déni athée—est, à son tour, des millions de fois plus grave encore.

Verse 19

गोभिश्च दैवतैर्विप्रैः कृष्या राजोपसेवया / कुलान्यकुलतां यान्ति यानि हीनानि धर्मतः

Par l’élevage des bovins, le service rituel rendu aux dieux, la fréquentation des brahmanes, l’agriculture et le service des rois, même les familles déficientes en dharma perdent leur rang et tombent dans l’état de « non-lignée » (déshonneur social).

Verse 20

कुविवाहैः क्रियालोपैर्वेदानध्ययनेन च / कुलान्यकुलतां यान्ति ब्राह्मणातिक्रमेण च

Par des mariages impropres, par l’abandon des rites prescrits, par la non‑étude des Veda et par la transgression envers les brahmanes, les familles chutent de la noble lignée vers un état dégradé.

Verse 21

अनृतात् पारदार्याच्च तथाभक्ष्यस्य भक्षणात् / अश्रौतधर्माचरणात् क्षिप्रं नश्यति वै कुलम्

Par le mensonge, par l’adultère, par la consommation de ce qui est interdit, et par la pratique de rites et de conduites non sanctionnés par le Veda, une lignée périt en vérité promptement.

Verse 22

अश्रोत्रियेषु वै दानाद् वृषलेषु तथैव च / विहिताचारहीनेषु क्षिप्रं नश्यति वै कुलम्

En donnant l’aumône à ceux qui ne sont pas formés au Veda (aśrotriya), de même à des gens vils ou indignes (vṛṣala), et à ceux qui manquent de la conduite prescrite, une lignée se ruine en vérité promptement.

Verse 23

नाधार्मिकैर्वृते ग्रामे न व्याधिबहुले भृशम् / न शूद्रराज्ये निवसेन्न पाषण्डजनैर्वृते

On ne doit pas demeurer dans un village entouré d’hommes sans droiture, ni dans un lieu trop accablé par la maladie; ni dans un royaume gouverné par un Śūdra, ni là où dominent les pāṣaṇḍa (sectaires anti‑védiques).

Verse 24

हिमवद्विन्ध्ययोर्मध्ये पूर्वपश्चिमयोः शुभम् / मुक्त्वा समुद्रयोर्देशं नान्यत्र निवसेद् द्विजः

Le deux-fois-né doit demeurer dans la contrée bénie située entre l’Himālaya et le Vindhya, d’est en ouest ; renonçant aux terres littorales des deux mers, qu’il ne réside nulle part ailleurs.

Verse 25

कृष्णो वा यत्र चरति मृगो नित्यं स्वभावतः / पुण्याश्च विश्रुता नद्यस्तत्र वा निवसेद् द्विजः

Le deux-fois-né doit demeurer là où le cerf au pelage sombre erre sans cesse selon sa nature, ou bien là où coulent des fleuves saints, renommés pour leur vertu.

Verse 26

अर्धक्रोशान्नदीकूलं वर्जयित्वा द्विजोत्तमः / नान्यत्र निवसेत् पुण्यं नान्त्यजग्रामसन्निधौ

Le plus éminent des deux-fois-nés doit éviter d’habiter à moins d’un demi-krośa de la rive d’un fleuve ; et qu’il ne demeure pas non plus ailleurs, fût-ce un lieu tenu pour propice, s’il est proche d’un village d’antyajas (communautés hors du varṇa).

Verse 27

न संवसेच्च पतितैर्न चण्डालैर्न पुक्कसैः / न मूर्खैर्नावलिप्तैश्च नान्त्यैर्नान्त्यावसायिभिः

Qu’on ne vive pas en étroite compagnie des déchus, ni des caṇḍālas ni des pukkasas ; ni des sots ni des orgueilleux ; ni de ceux tenus pour « exclus » ni de ceux qui subsistent d’occupations d’exclus.

Verse 28

एकशय्यासनं पङ्क्तिर्भाण्डपक्वान्नमिश्रणम् / याजनाध्यापने योनिस्तथैव सहभोजनम्

Partager le même lit ou le même siège, s’asseoir ensemble dans la rangée du repas, mêler nourriture cuite et ustensiles, officier comme prêtre ou enseigner en franchissant des limites sociales interdites, et de même manger ensemble : tout cela est tenu pour la source d’un mélange impropre.

Verse 29

सहाध्यायस्तु दशमः सहयाजनमेव च / एकादश समुद्दिष्टा दोषाः साङ्कर्यसंज्ञिताः

La dixième faute est la « récitation conjointe » (mélange impropre des leçons), et de même l’« officiation conjointe » (mélange impropre des rôles du yajña). Ces onze fautes ont été énumérées et sont appelées collectivement « saṅkarya » : la confusion née du mélange.

Verse 30

समीपे वा व्यवस्थानात् पापं संक्रमते नृणाम् / तस्मात् सर्वप्रयत्नेन साङ्कर्यं परिवर्जयेत्

Par le seul fait de se tenir ou de demeurer tout près, le péché peut se transmettre aux hommes comme une contagion. C’est pourquoi, par tous les efforts, il faut éviter le « saṅkara » : le mélange nuisible qui mène à la confusion morale et dharmique.

Verse 31

एकपङ्क्त्युपविष्टा ये न स्पृशन्ति परस्परम् / भस्मना कृतमर्यादा न तेषां संकरो भवेत्

Ceux qui sont assis sur une même rangée, sans se toucher les uns les autres, et qui fixent la limite en la marquant de cendre sacrée (bhasma), parmi eux il n’y aura pas de saṅkara, c’est-à-dire de mélange.

Verse 32

अग्निना भस्मना चैव सलिलेनावसेकतः / द्वारेण स्तम्भमार्गेण षड्भिः पङ्क्तिर्विभिद्यते

Par le feu, par la cendre sacrée et par l’aspersion d’eau; et aussi par la porte et par le passage aligné sur le pilier : par ces six moyens, la rangée rituelle est délimitée et séparée.

Verse 33

न कुर्याच्छुष्कवैराणि विवादं च न पैशुनम् / परक्षेत्रे गां धयन्तीं न चाचक्षीत कस्यचित् / न संवदेत् सूतके च न कञ्चिन्मर्मणि स्पृशेत्

Qu’on ne suscite pas d’inimitiés vaines, qu’on ne se livre ni aux querelles ni à la médisance. Qu’on ne montre à personne une vache allaitant son veau dans le champ d’autrui. Qu’on ne parle pas durant le sūtaka, temps d’impureté rituelle, et qu’on ne touche personne en un point vulnérable, secret ou douloureux.

Verse 34

न सूर्यपरिवेषं वा नेन्द्रचापं शवाग्निकम् / परस्मै कथयेद् विद्वान् शशिनं वा कदाचन

Le sage ne doit jamais divulguer aux autres des présages tels que le halo autour du soleil, l’arc-en-ciel, le feu du cadavre (feu de crémation), ni même la lune prise pour un signe funeste.

Verse 35

न कुर्याद् बहुभिः सार्धं विरोधं बन्धुभिस्तथा / आत्मनः प्रतिकूलानि परेषां न समाचरेत्

Qu’on n’entre pas en querelle avec la multitude, ni même avec ses propres parents. Et qu’on ne fasse pas à autrui ce qui est contraire à son propre bien.

Verse 36

तिथिं पक्षस्य न ब्रूयात् न नक्षत्राणि निर्दिशेत् / नोदक्यामभिभाषेत नाशुचिं वा द्विजोत्तमः

Le plus éminent des deux-fois-nés ne doit annoncer ni le tithi ni la quinzaine, ni désigner les constellations ; et il ne doit converser ni avec une femme en menstruation ni avec une personne impure.

Verse 37

न देवगुरुविप्राणां दीयमानं तु वारयेत् / न चात्मानं प्रशंसेद् वा परनिन्दां च वर्जयेत् / वेदनिन्दां देवनिन्दां प्रयत्नेन विवर्जयेत्

Qu’on n’entrave pas ce qui est offert aux dieux, au maître (guru) ou aux brahmanes. Qu’on ne se loue pas soi-même et qu’on évite de dénigrer autrui. Avec vigilance, qu’on s’abstienne de blasphémer les Veda et de blasphémer les divinités.

Verse 38

यस्तु देवानृषीन् विप्रान्वेदान् वा निन्दति द्विजः / न तस्य निष्कृतिर्दृष्टा शास्त्रेष्विह मुनीश्वराः

Mais le deux-fois-né qui outrage les dieux, les rishi, les sages brahmanes ou les Veda—ô le meilleur des muni—ne trouve ici, dans les śāstra, aucune expiation pour lui.

Verse 39

निन्दयेद् वै गुरुं देवं वेदं वा सोपबृंहणम् / कल्पकोटिशतं साग्रं रौरवे पच्यते नरः

En vérité, quiconque outrage le Guru, la Divinité ou le Véda avec ses compléments et ses commentaires faisant autorité, celui-là est cuit dans l’enfer de Raurava durant cent crores de kalpas, et davantage encore.

Verse 40

तूष्णीमासीत निन्दायां न ब्रूयात् किञ्चिदुत्तरम् / कर्णौ पिधाय गन्तव्यं न चैतानवलोकयेत्

Face à la médisance, qu’on demeure silencieux et qu’on ne réponde rien. En se bouchant les oreilles, qu’on s’en aille, sans même regarder de telles gens.

Verse 41

वर्जयेद् वै रहस्यानि परेषां गूहयेद् बुधः / विवादं स्वजनैः सार्धं न कुर्याद् वै कदाचन

Le sage doit s’abstenir de divulguer les secrets et tenir cachées les confidences d’autrui. Et jamais, en aucun temps, il ne doit se quereller avec les siens.

Verse 42

न पापं पापिनां ब्रूयादपापं वा द्विजात्तमाः / सतेनतुल्यदोषः स्यान्मिथ्या द्विर्देषवान् भवेत्

Ô le meilleur des deux-fois-nés ! Qu’on ne proclame pas le péché des pécheurs, ni qu’on ne déclare coupable l’innocent. Agir ainsi entraîne une faute égale au vol ; et si cela se fait par mensonge, le blâme devient double.

Verse 43

यानि मिथ्याभिशस्तानां पतन्त्यश्रूणि रोदनात् / तानिपुत्रान् पशून्घ्निन्ति तेषां मिथ्याभिशंसिनाम्

Les larmes qui tombent, dans les pleurs, de ceux qu’on accuse à tort, deviennent les destructrices des fils et du bétail de ceux qui les accusent mensongèrement.

Verse 44

ब्रिह्महत्यासुरापाने स्तेयगुर्वङ्गनागमे / दृष्टं विशोधनं वृद्धैर्नास्ति मिथ्याभिशंसने

Pour le meurtre d’un brahmane, l’ivresse par les liqueurs, le vol et l’approche de l’épouse du maître, les anciens ont reconnu des expiations qui purifient. Mais pour la fausse accusation (calomnie), ils n’ont vu nulle purification.

Verse 45

नेक्षेतोद्यन्तमादित्यं शशिनं चानिमित्ततः / नास्तं यान्तं न वारिस्थं नोपसृष्टं न मघ्यगम् / तिरोहितं वाससा वा नादर्शान्तरगामिनम्

On ne doit pas fixer le soleil levant, ni la lune sans raison légitime; ni le soleil lorsqu’il se couche, ni lorsqu’il se reflète dans l’eau, ni lorsqu’il est éclipsé, ni lorsqu’il est au zénith; ni lorsqu’il est voilé par un tissu, ni lorsqu’on le voit à travers un miroir ou une surface réfléchissante.

Verse 46

न नग्नां स्त्रियमीक्षेत पुरुषं वा कदाचन / न च मूत्रं पुरीषं वा न च संस्पृष्टमैथुनम् / नाशुचिः सूर्यसोमादीन् ग्रहानालोकयेद् बुधः

On ne doit jamais regarder une femme nue ni un homme nu. On ne doit pas non plus regarder l’urine ou les excréments, ni l’union sexuelle en cours. Le sage, lorsqu’il est impur, ne doit pas porter son regard sur le Soleil, la Lune et les autres grahas (luminaires célestes).

Verse 47

पतितव्यङ्गचण्डालानुच्छिष्टान् नावलोकयेत् / नाभिभाषेत च परमुच्छिष्टो वावगुण्ठितः

On ne doit même pas regarder le déchu, le difforme ou un caṇḍāla lorsqu’ils sont en état d’uchiṣṭa (impureté due aux restes de nourriture). On ne doit pas non plus leur parler, surtout lorsque l’on est soi-même en grande impureté ou voilé/couvert selon le rite d’impureté.

Verse 48

न पश्येत् प्रेतसंस्पर्शं न क्रुद्धस्य गुरोर्मुखम् / न तैलोदकयोश्छायां न पत्नीं भोजने सति / नामुक्तबन्धनाङ्गां वा नोन्मत्तं मत्तमेव वा

On ne doit pas regarder celui qui est souillé par le contact d’un cadavre, ni le visage du maître lorsqu’il est en colère; ni son reflet dans l’huile ou dans l’eau, ni son épouse pendant le repas; ni celui dont les membres sont encore liés, ni le fou, ni l’ivrogne.

Verse 49

नाश्नीयात् भार्यया सार्धंनैनामीक्षेत चाश्नतीम् / क्षुवन्तीं जृम्भमाणां वा नासनस्थां यथासुखम्

On ne doit pas prendre le repas avec son épouse; ni la regarder lorsqu’elle mange—ni lorsqu’elle éternue ou bâille, ni lorsqu’elle est assise sans façon, à l’aise et détendue.

Verse 50

नोदके चात्मनो रूपं न कूलं श्वभ्रमेव वा / न लङ्घयेच्च मूत्रं वा नाधितिष्ठेत् कदाचन

On ne doit pas contempler son propre reflet dans l’eau; ni marcher sur la berge d’un fleuve ou le bord d’une fosse. On ne doit pas enjamber l’urine d’un saut, ni jamais se tenir dessus.

Verse 51

न शूद्राय मतिं दद्यात् कृशरं पायसं दधि / नोच्छिष्टं वा मधु घृतं न च कृष्णाजिनं हविः

On ne doit pas transmettre à un Śūdra un conseil sacré (enseignement confidentiel); ni lui donner kṛśara (riz aux légumineuses), pāyasa (riz au lait) ou caillé. On ne doit pas non plus lui donner des restes de nourriture, ni miel ou ghee; ni peau d’antilope noire, ni havis (oblations sacrificielles).

Verse 52

न चैवास्मै व्रतं दद्यान्न च धर्मं वदेद् बुधः / न च क्रोधवशं गच्छेद् द्वेषं रागं च वर्जयेत्

Le sage ne doit ni prescrire des vœux (vrata) à un tel homme, ni l’instruire du devoir sacré (dharma). Il ne doit pas non plus agir sous l’emprise de la colère; qu’il renonce à la haine comme à l’attachement.

Verse 53

लोभं दम्भं तथा यत्नादसूयां ज्ञानकुत्सनम् / ईर्ष्यां मदं तथा शोकं मोहं च परिवर्जयेत्

Par un effort conscient, qu’on abandonne l’avidité et l’hypocrisie; la malveillance et le mépris de la vraie connaissance. Qu’on renonce de même à l’envie, à l’orgueil, au chagrin et à l’illusion (moha).

Verse 54

न कुर्यात् कस्यचित् पीडां सुतं शिष्यं च ताडयेत् / न हीनानुपसेवेत न च तीक्ष्णमतीन् क्वचित्

N’inflige de peine à personne. Même en corrigeant un fils ou un disciple, ne frappe pas jusqu’à tomber dans la cruauté. Ne fréquente pas les esprits vils, et ne tiens jamais compagnie à ceux dont l’intelligence est dure et tranchante.

Verse 55

नात्मानं चावमन्येत दैन्यं यत्नेन वर्जयेत् / न विशिष्टानसत्कुर्यात् नात्मानं वा शपेद् बुधः

Ne te méprise pas toi-même ; écarte avec soin l’esprit d’abattement et de misère. Le sage ne doit pas manquer de respect aux êtres supérieurs, ni se maudire lui-même.

Verse 56

न नखैर्विलिखेद् भूमिं गां च संवेशयेन्न हि / न नदीषु नदीं ब्रूयात् पर्वतेषु च पर्वतान्

Ne griffe ni ne raye la terre avec les ongles, et ne contrains pas une vache à l’enclos. Ne prononce pas le nom d’un fleuve lorsque tu es dans les eaux, et ne parle pas des montagnes lorsque tu es parmi les montagnes.

Verse 57

आवासे भोजने वापि न त्यजेत् हसयायिनम् / नावगाहेदपो नग्नो वह्निं नातिव्रजेत् पदा

Que ce soit au logis ou au repas, n’abandonne pas le compagnon qui repose avec toi sous ta protection. N’entre pas dans l’eau nu, et ne franchis pas le feu d’un pas.

Verse 58

शिरो ऽभ्यङ्गावशिष्टेन तैलेनाङ्गं न लेपयेत् / न सर्पशस्त्रैः क्रीडेत स्वानि खानि न संस्पृशेत् / रोमाणि च रहस्यानि नाशिष्टेन सह व्रजेत्

N’enduis pas le corps avec l’huile restée après l’onction de la tête. Ne joue pas avec des armes, et ne touche pas tes propres orifices corporels. Ne va pas en portant des restes de nourriture impurs, et ne commets pas en secret des actes d’impureté, tels qu’arracher les poils du corps sans propreté.

Verse 59

न पाणिपादवाङ्नेत्रचापल्यं समुपाश्रयेत् / न शिश्नोदरचापल्यं न च श्रवणयोः क्वचित्

Qu’on ne s’abandonne pas à l’agitation des mains, des pieds, de la parole ou des yeux; qu’on ne cède jamais à l’inconstance de l’organe sexuel ni du ventre, ni à l’errance des oreilles.

Verse 60

न चाङ्गनखवादं वै कुर्यान्नाञ्जलिना पिबेत् / नाभिहन्याज्जलं पद्भ्यां पाणिना वा कदाचन

Qu’on ne se gratte pas le corps ni ne racle les ongles; qu’on ne boive pas l’eau dans les mains jointes en coupe, comme en añjali. Qu’on ne frappe ni n’éclabousse jamais l’eau avec les pieds, ni avec la main en aucun temps.

Verse 61

न शातयेदिष्टकाभिः फलानि न फलेन च / न म्लेच्छभाषां शिक्षेत नाकर्षेच्च पदासनम्

Qu’on ne fasse pas tomber les fruits avec des briques, ni avec d’autres fruits. Qu’on n’apprenne pas la langue des mlecchas (paroles impures), et qu’on ne traîne pas çà et là le marchepied ou le siège.

Verse 62

न भेदनमवस्फोटं छेदनं वा विलेखनम् / कुर्याद् विमर्दनं धीमान् नाकस्मादेव निष्फलम्

Le sage ne doit ni le fendre, ni le frapper, ni le couper, ni le gratter; ni le frotter avec rudesse. Qu’il n’agisse pas à l’improviste, au point de rendre le rite sans fruit.

Verse 63

नोत्सङ्गेभक्षयेद् भक्ष्यं वृथा चेष्टां च नाचरेत् / न नृत्येदथवा गायेन्न वादित्राणि वादयेत्

Qu’on ne mange pas en tenant la nourriture sur les genoux, et qu’on n’accomplisse pas de gestes vains. Qu’on ne danse ni ne chante, et qu’on ne joue pas d’instruments de musique avec frivolité, sans discipline.

Verse 64

न संहताभ्यां पाणिभ्यां कण्डूयेदात्मनः शिरः / न लौकिकैः स्तवैर्देवांस्तोषयेद् बाह्यजैरपि

Qu’on ne se gratte pas la tête avec les deux paumes jointes; et qu’on ne cherche pas à satisfaire les dieux par des louanges mondaines ni par des actes seulement extérieurs.

Verse 65

नाक्षैः क्रीडेन्न धावेत नाप्सु विण्मूत्रमाचरेत् / नोच्छिष्टः संविशेन्नित्यं न नग्नः स्नानमाचरेत्

Qu’on ne joue pas aux dés et qu’on ne coure pas à la légère; qu’on ne défèque ni n’urine dans l’eau. Qu’on ne s’allonge jamais en étant impur par des restes de nourriture, et qu’on ne se baigne pas nu.

Verse 66

न गच्छेन्न पठेद् वापि न चैव स्वशिरः स्पृशेत् / न दन्तैर्नखरोमाणि छिन्द्यात् सुप्तं न बोधयेत्

Qu’on ne marche pas et qu’on ne récite pas (les textes sacrés) dans un état inconvenant; et qu’on ne touche pas sa propre tête avec irrévérence. Qu’on ne coupe ni ongles ni cheveux avec les dents, et qu’on ne réveille pas celui qui dort.

Verse 67

न बालातपमासेवेत् प्रेतधूमं विवर्जयेत् / नैकः सुप्याच्छून्यगृहे स्वयं नोपानहौ हरेत्

Qu’on ne s’expose pas au soleil brûlant; qu’on évite la fumée du bûcher funéraire. Qu’on ne dorme pas seul dans une maison vide, et qu’on ne retire pas soi-même ses chaussures par soi-même.

Verse 68

नाकारणाद् वा निष्ठीवेन्न बाहुभ्यां नदीं तरेत् / न पादक्षालनं कुर्यात् पादेनैव कदाचन

Qu’on ne crache pas sans raison valable. Qu’on ne traverse pas une rivière en nageant à la force des bras. Qu’on ne lave jamais un pied avec l’autre pied.

Verse 69

नाग्नौ प्रतापयेत् पादौ न कांस्ये धावयेद् बुधः / नाभिप्रासरयेद् देवं ब्राह्मणान् गामथापि वा / वाय्वग्निगुरुविप्रान् वा सूर्यं वा शशिनं प्रति

Le sage ne doit ni réchauffer ses pieds au feu, ni les laver dans un vase de bronze. Qu’il n’étende pas ses pieds vers la Divinité, vers les brāhmanes, ni même vers une vache ; ni vers le vent, le feu, le maître, les brāhmanes savants, le soleil ou la lune.

Verse 70

अशुद्धः शयनं यानं स्वाध्यायं स्नानवाहनम् / बहिर्निष्क्रमणं चैव न कुर्वोत कथञ्चन

Lorsqu’on est impur, on ne doit en aucune circonstance s’allonger, monter ou voyager, accomplir le svādhyāya (récitation védique), se baigner, enfourcher un véhicule, ni même sortir dehors.

Verse 71

स्वप्नमध्ययनं स्नानमुद्वर्तं भोजनं गतिम् / उभयोः संध्ययोर्नित्यं मध्याह्ने चैव वर्जयेत्

Qu’on évite toujours le sommeil, l’étude, le bain, le frottement du corps (avec poudres ou huiles), le repas et les déplacements inutiles—aux deux sandhyā (aube et crépuscule), ainsi qu’à midi.

Verse 72

न स्पृशेत् पाणिनोच्छिष्टो विप्रोगोब्राह्मणानलान् / न चासनं पदा वापि न देवप्रतिमां स्पृशेत्

Un brāhmane dont la main est souillée par des restes de nourriture ne doit toucher ni une vache, ni un autre brāhmane, ni le feu ; qu’il ne touche pas non plus un siège avec le pied, et qu’il ne touche pas une image de la Divinité.

Verse 73

नाशुद्धो ऽग्निं परिचरेन्न देवान् कीर्तयेदृषीन् / नावगाहेदगाधाम्बु धारयेन्नानिमित्ततः

Lorsqu’on est impur, on ne doit ni servir le feu sacré, ni adorer les dieux, ni réciter les noms des ṛṣi. Qu’on ne s’immerge pas non plus dans des eaux profondes, et qu’on n’entreprenne pas de jeûne sans motif légitime.

Verse 74

न वामहस्तेनोद्धत्य पिबेद् वक्त्रेण वा जलम् / नोत्तरेदनुपस्पृश्य नाप्सु रेतः समुत्सृजेत्

Qu’on ne boive pas l’eau soulevée de la main gauche, ni en posant la bouche directement sur l’eau. Qu’on ne se soulage pas sans avoir d’abord touché l’eau pour la purification, et qu’on ne répande pas la semence dans l’eau.

Verse 75

अमेध्यलिप्तमन्यद् वा लोहितं वा विषाणि वा / व्यतिक्रमेन्न स्त्रवन्तीं नाप्सु मैथुनमाचरेत् / चैत्यं वृक्षं न वै छिन्द्यान्नाप्सु ष्ठीवनमाचरेत्

Qu’on ne franchisse rien souillé d’impureté, ni le sang, ni des cornes. Qu’on ne passe pas au-dessus d’une femme en son flux menstruel, et qu’on n’accomplisse pas l’union charnelle dans l’eau. Qu’on ne coupe pas l’arbre appartenant à un sanctuaire (caitya), et qu’on ne crache pas dans l’eau.

Verse 76

नास्थिभस्मकपालानि न केशान्न च कण्टकान् / तुषाङ्गारकरीषं वा नाधितिष्ठेत् कदाचन

Qu’on ne marche jamais sur des os, des cendres ou des crânes ; ni sur des cheveux ni sur des épines ; ni sur des balles, des braises vives ou du fumier.

Verse 77

न चाग्निं लङ्घयेद् धीमान् नोपदध्यादधः क्वचित् / न चैनं पादतः कुर्यान्मुखेन न धमेद् बुधः

Le sage ne doit pas enjamber le feu sacré, ni rien placer dessous à aucun moment. Qu’on ne le traite pas avec les pieds ; l’homme de discernement ne doit pas souffler dessus avec la bouche.

Verse 78

न कूपमवरोहेत नावेक्षेताशुचिः क्वचित् / अग्नौ न च क्षिपेदग्निं नाद्भिः प्रशमयेत् तथा

Qu’on ne descende pas dans un puits, et qu’une personne impure ne le regarde pas à aucun moment. Qu’on ne jette rien dans le feu, et qu’on n’éteigne pas le feu avec de l’eau de cette manière.

Verse 79

सुहृन्मरणमार्तिं वा न स्वयं श्रावयेत् परान् / अपण्यं कूटपण्यं वा विक्रये न प्रयोजयेत्

Qu’on ne proclame pas soi-même aux autres la mort ou la détresse d’un ami cher. Qu’on ne se livre pas non plus à la vente de ce qui ne doit pas être vendu, ni à un commerce de biens contrefaits ou trompeurs.

Verse 80

न वह्निं मुखनिश्वासैर् ज्वालयेन्नाशुचिर्बुधः / पुण्यस्थानोदकस्थाने सीमान्तं वा कृषेन्न तु

Le sage, lorsqu’il est impur, ne doit pas attiser le feu en soufflant de la bouche. Qu’il ne laboure pas non plus en un lieu sacré, à la source d’eau d’un sanctuaire, ni le long des lignes de frontière.

Verse 81

न भिन्द्यात् पूर्वसमयमभ्युपेतं कदाचन / परस्परं पशून् व्यालान् पक्षिणो नावबोधयेत्

Qu’on ne rompe jamais un engagement antérieur une fois qu’il a été accepté. Qu’on n’excite pas non plus les animaux—bétail, bêtes sauvages ou oiseaux—les uns contre les autres.

Verse 82

परबाधं न कुर्वोत जलवातातपादिभिः / कारयित्वा स्वकर्माणि कारून् पश्चान्न वञ्चयेत् / सायंप्रातर् गृहद्वारान् भिक्षार्थं नावघट्टयेत्

Qu’on ne nuise pas à autrui en détournant l’eau, le vent, la chaleur, la lumière du soleil et autres forces semblables. Après avoir fait accomplir ses travaux par des artisans, qu’on ne les trompe pas ensuite. Et qu’on n’aille pas, le soir ni à l’aube, frapper aux portes des maisons pour mendier.

Verse 83

बहिर्माल्यं बहिर्गन्धं भार्यया सह भोजनम् / विगृह्य वादं कुद्वारप्रवेशं च विवर्जयेत्

Qu’on évite de porter au-dehors guirlandes et parfums par ostentation; de prendre le repas avec son épouse d’une manière qui appelle l’inconvenance; les querelles et joutes de paroles; et l’entrée par des portes impropres ou des passages secrets.

Verse 84

न खादन्ब्राह्मणस्तिष्ठेन्न जल्पेद् वा हसन् बुधः / स्वमग्निं नैव हस्तेन स्पृशेन्नाप्सु चिरं वसेत्

Un brāhmane ne doit pas rester debout en mangeant ; le sage ne doit ni bavarder ni rire en de tels moments. Qu’il ne touche pas de la main son propre feu sacré, et qu’il ne demeure pas longtemps dans l’eau.

Verse 85

न पक्षकेणोपधमेन्न शूर्पेण न पाणिना / मुखे नैव धमेदग्निं मुखादग्निरजायत

On ne doit pas attiser le feu avec une aile, ni avec un van, ni avec la main. On ne doit pas non plus souffler sur le feu avec la bouche, car on dit que le feu est né de la bouche.

Verse 86

परस्त्रियं न भाषेत नायाज्यं याजयेद् द्विजः / नैकश्चरेत् सभां विप्रः समवायं च वर्जयेत्

Un deux-fois-né ne doit pas converser avec l’épouse d’autrui ; ni un brāhmane ne doit officier un sacrifice pour celui qui n’y est pas apte. Le brāhmane instruit ne doit pas entrer seul dans une assemblée, et doit éviter les réunions de factions et les ligues secrètes.

Verse 87

न देवायतनं गच्छेत् कदाचिद् वाप्रदक्षिणम् / न वीजयेद् वा वस्त्रेण न देवायतने स्वपेत्

On ne doit jamais faire la circumambulation d’un sanctuaire d’une manière inconvenante ; ni s’éventer avec un tissu ; et l’on ne doit pas dormir dans l’enceinte du temple.

Verse 88

नैको ऽध्वानं प्रपद्येत नाधार्मिकजनैः सह / न व्याधिदूषितैर्वापि न शूद्रैः पतितेन वा

On ne doit pas se mettre en route seul, ni en compagnie de gens sans dharma. Ni avec ceux que la maladie a souillés, ni avec un śūdra déchu (banni).

Verse 89

नोपानद्वर्जितो वाथ जलादिरहितस्तथा / न रात्रौ नारिणा सार्धं न विना च कमण्डलुम् / नाग्निगोब्राह्मणादीनामन्तरेण व्रजेत् क्वचित्

Qu’on ne chemine pas sans sandales, ni sans eau et autres nécessités. Qu’on ne voyage pas de nuit, ni en compagnie d’une femme, ni sans son kamaṇḍalu (vase d’eau sacrée). Qu’on n’aille nulle part en méprisant le feu sacré, les vaches, les brāhmaṇas et les autres êtres dignes de vénération.

Verse 90

न वत्सतन्त्रीं विततामतिक्रामेत् क्वचिद् द्विजः / न निन्देद् योगिनः सिद्धान् व्रतिनो वायतींस्तथा

Un dvija (deux fois né) ne doit jamais enjamber la corde bien tendue qui marque la limite. Et qu’il ne dénigre ni les yogins, ni les siddhas accomplis, ni les observants de vœux, ni les yatis, ascètes renonçants.

Verse 91

देवतायतनं प्राज्ञो देवानां चैव सत्रिणाम् / नाक्रामेत् कामतश्छायां ब्राह्मणानां च गोरपि

Le sage ne doit pas manquer de respect au sanctuaire des divinités (temple), ni aux enceintes sacrées des dieux et de ceux qui accomplissent les rites sacrificiels. Et qu’il ne foule pas, par simple caprice, l’ombre d’un brāhmaṇa, ni même l’ombre d’une vache.

Verse 92

स्वां तु नाक्रमयेच्छायां पतिताद्यैर्न रोगिभिः / नाङ्गारभस्मकेशादिष्वधितिष्ठेत् कदाचन

Qu’on ne laisse pas sa propre ombre être foulée par les déchus (patita) et autres semblables, ni par les malades. Et qu’on ne se tienne jamais sur des braises, des cendres, des cheveux et autres résidus impurs du même ordre.

Verse 93

वर्जयेन्मार्जनीरेणुं स्नानवस्त्रघचोदकम् / न भक्षयेदभक्ष्याणि नापेयं च पिबेद् द्विजः

Un dvija doit éviter la poussière soulevée par le balayage, ainsi que l’eau déjà utilisée pour laver le corps et les vêtements. Qu’il ne mange pas ce qu’il est interdit de manger, et qu’il ne boive pas ce qu’il est interdit de boire.

← Adhyaya 15Adhyaya 17

Frequently Asked Questions

It defines theft broadly as taking anything not given—even grass, water, roots, fruit, flowers, or earth—while framing asteya as disciplined restraint from all ungiven taking, with only narrowly delimited exceptions for dharma or dire traveler-need.

It condemns using vows to conceal sin, performing vratas as social display, and living by the outward marks of renunciation without inner renunciation—calling such conduct a theft of ascetics’ merit and a destroyer of dharma.

Saṅkarya is ‘confusion by mixing’—a set of enumerated faults arising from prohibited commensality, intimacy, shared ritual roles, and close association; it is treated as morally contagious and thus to be avoided or ritually demarcated.

Because it frames śāstra, guru, and deva as the pillars of dharma-knowledge and worship; undermining them destroys the very means of purification, hence it declares extreme consequences and, in places, the absence of expiation.