
Rules of Food, Acceptance, and Purity for the Twice-Born (Dvija-Śauca and Anna-Doṣa)
Poursuivant l’enseignement du dharma dans l’Uttara-bhāga, Vyāsa énonce des règles rigoureuses concernant la nourriture (anna), les donateurs et les états d’impureté, en présentant l’acte de manger comme un canal moral et rituel par lequel le péché et le statut social/rituel peuvent se transmettre. Le chapitre avertit que consommer des aliments blâmés—surtout ceux liés à des sources śūdra hors situation d’urgence—entraîne déchéance et renaissances défavorables, et étend ce principe jusqu’à la digestion au moment de la mort (la renaissance étant liée au « propriétaire » de la nourriture, à son sein/espèce). Un long catalogue précise de qui il faut éviter la nourriture (groupes professionnels, foyers rituellement impurs, personnes moralement réprouvées), quels dons sont inacceptables, et quels légumes, champignons, viandes, poissons et produits laitiers sont interdits ou permis sous conditions. Viennent ensuite les règles de contamination (cheveux/insectes, reniflement par les animaux, réchauffage, contact avec des exclus ou avec les menstruations, aliments rassis), puis une conclusion par de fortes interdictions de l’alcool pour les dvijas, avec leurs conséquences et la logique de purification (l’impureté demeure jusqu’à expulsion). L’ensemble prépare l’unité suivante en resserrant śauca et la maîtrise de soi comme préalables à l’efficacité rituelle et à la pratique du Yoga et du Vedānta dans l’Uttara-bhāga.
Verse 1
इति श्रीकूर्मपुराणे षट्साहस्त्र्यां संहितायामुपरिविभागे षोडशो ऽध्यायः व्यास उवाच नाद्याच्छूद्रस्य विप्रो ऽन्नं मोहाद् वा यदि वान्यतः / स शूद्रयोनिं व्रजति यस्तु भुङ्क्ते ह्यनापदि
Ainsi, dans le Śrī Kūrma Purāṇa, dans la Saṃhitā de six mille vers, dans la section ultérieure. Vyāsa déclara : «Un brāhmaṇa ne doit pas manger la nourriture d’un śūdra, que ce soit par égarement ou pour toute autre raison. Celui qui la mange sans nécessité tombe dans une naissance de śūdra.»
Verse 2
षण्मासान् यो द्विजो भुङ्क्ते शूद्रस्यान्नं विगर्हितम् / जीवन्नेव भवेच्छूद्रो मृतः श्वा चाभिजायते
Si un dvija (deux fois né) mange pendant six mois la nourriture blâmée d’un śūdra, alors, même vivant, il devient comme un śūdra ; et après la mort il renaît chien.
Verse 3
ब्राह्मणक्षत्रियविशां शूद्रस्य च मुनीश्वराः / यस्यान्नेनोदरस्थेन मृतस्तद्योनिमाप्नुयात्
Ô le meilleur des sages ! Qu’il soit brāhmaṇa, kṣatriya, vaiśya ou śūdra : si quelqu’un meurt avec la nourriture d’autrui encore non digérée dans le ventre, il obtient renaissance dans le même yoni (espèce/lignée) que celui dont était la nourriture.
Verse 4
राजान्नं नर्तकान्नं च तक्ष्णो ऽन्नं चर्मकारिणः / गणान्नं गणिकान्नं च षण्ढान्नं चैव वर्जयेत्
Qu’on évite la nourriture reçue d’un roi, de danseurs, d’un charpentier et d’un travailleur du cuir ; de même, la nourriture des gaṇa (servants du temple), d’une courtisane (gaṇikā) et d’un ṣaṇḍha (eunuque/impotent) doit être écartée.
Verse 5
चक्रोपजीविरजकतस्करध्वजिनां तथा / गान्धर्वलोहकारान्नं सूतकान्नं च वर्जयेत्
Qu’on évite la nourriture de ceux qui vivent de fabriquer des roues, des blanchisseurs, des voleurs et des porte-étendards ; de même la nourriture des chanteurs/acteurs et des forgerons, ainsi que celle associée au sūtaka (temps d’impureté rituelle).
Verse 6
कुलालचित्रकर्मान्नं वार्धुषेः पतितस्य च / पौनर्भवच्छत्रिकयोरभिशस्तस्य चैव हि
Qu’on évite la nourriture (ou l’offrande cuite) liée au potier ou au peintre–artisan, ainsi que celle de l’usurier; de même, la nourriture d’un homme déchu du dharma, celle d’une femme remariée et d’une chātrikā, et encore celle de celui qui a été publiquement accusé ou condamné pour une faute grave.
Verse 7
सुवर्णकारशैलूषव्याधबद्धातुरस्य च / चिकित्सकस्य चैवान्नं पुंश्चल्या दण्डिकस्य च
Il faut éviter la nourriture obtenue d’un orfèvre, d’un acteur, d’un chasseur, d’un homme tenu en servitude, d’un malade, d’un médecin, d’une femme débauchée, ou d’un criminel condamné.
Verse 8
स्तेननास्तिकयोरन्नं देवतानिन्दकस्य च / सोमविक्रयिणश्चान्नं श्वपाकस्य विशेषतः
Qu’on évite la nourriture du voleur et du nāstika (l’incrédule), ainsi que celle de celui qui outrage les dieux; de même, la nourriture de celui qui vend le Soma—surtout celle du cuiseur de chiens (hors‑caste)—doit être tenue pour impure et rejetée.
Verse 9
भार्याजितस्य चैवान्नं यस्य चोपपतिर्गृहे / उत्सृष्टस्य कदर्यस्य तथैवोच्छिष्टभोजिनः
La nourriture d’un homme dominé par son épouse, et celle d’une maison où l’on entretient un amant; de même, la nourriture de l’exclu, de l’avare et de celui qui mange des restes doit être tenue pour indigne de l’homme juste.
Verse 10
अपाङ्क्त्यान्नं च सङ्घान्नं शस्त्राजीवस्य चैव हि / क्लीबसंन्यासिनोश्चान्नं मत्तोन्मत्तस्य चैव हि / भीतस्य रुदितस्यान्नमवक्रुष्टं परिक्षुतम्
Il faut éviter la nourriture de ceux qui ne sont pas dignes de s’asseoir dans la rangée du repas, la nourriture commune distribuée à la foule, et la nourriture de celui qui vit par les armes; la nourriture de l’impuissant et celle du renonçant; de même la nourriture de l’ivrogne ou du fou; et la nourriture de celui qui a peur ou qui pleure—ainsi que la nourriture maudite ou sur laquelle on a éternué—doit être rejetée.
Verse 11
ब्रह्मद्विषः पापरुचेः श्राद्धान्नं सूतकस्य च / वृथापाकस्य चैवान्नं शावान्नं श्वशुरस्य च
Qu’on évite la nourriture de celui qui hait les Veda/Brahman (brāhmaṇa), de celui qui se délecte du péché; la nourriture préparée pour le Śrāddha; la nourriture de celui qui est sous l’impureté de naissance (sūtaka); la nourriture cuite en vain, sans juste dessein ni convenance rituelle; la nourriture d’une maison souillée par la mort (śāva); et aussi la nourriture du beau-père.
Verse 12
अप्रजानां तु नारीणां भृतकस्य तथैव च / कारुकान्नं विशेषेण शस्त्रविक्रयिणस्तथा
De même, qu’on évite d’accepter nourriture ou dons provenant de femmes sans protecteur masculin, d’un serviteur salarié, et tout particulièrement des artisans; ainsi que de ceux qui vivent du commerce des armes.
Verse 13
शौण्डान्नं घाटिकान्नं च भिषजामन्नमेव च / विद्धप्रजननस्यान्नं परिवित्त्यन्नमेव च
Est impropre la nourriture provenant d’un ivrogne, d’un joueur de profession et des médecins; de même la nourriture de celui qui a violé l’ordre légitime de la procréation, et celle liée à l’homme qui s’est marié avant son frère aîné.
Verse 14
पुनर्भुवो विशेषेण तथैव दिधिषूपतेः / अवज्ञातं चावधूतं सरोषं विस्मयान्वितम् / गुरोरपि न भोक्तव्यमन्नं संस्कारवर्जितम्
En particulier, qu’on ne mange pas la nourriture d’une femme remariée, ni celle du mari d’une femme reprise en mariage. La nourriture offerte avec mépris, jetée à terre, donnée avec colère ou avec un étonnement déplacé, ne doit pas être consommée. Même la nourriture de son propre maître ne doit pas être mangée si elle est dépourvue des rites sanctifiants (saṃskāra).
Verse 15
दुष्कृतं हि मनुष्यस्य सर्वमन्ने व्यवस्थितम् / यो यस्यान्नं समश्नाति स तस्याश्नानि किल्बिषम्
En vérité, tout le méfait d’un homme semble demeurer dans sa nourriture. Quiconque mange la nourriture d’autrui participe aussi à la faute de celui-là.
Verse 16
आर्धिकः कुलमित्रश्च स्वगोपालश्च नापितः / एते शूद्रेषु भोज्यान्ना यश्चात्मानं निवेदयेत्
Le métayer, le « compagnon de maison » qui vit en flattant un foyer, le gardien de vaches de sa propre famille et le barbier : parmi les Śūdra, ceux-là sont dignes d’être nourris ; ainsi que quiconque s’offre lui-même au service d’autrui, livrant sa personne.
Verse 17
कुशीलवः कुम्भकारः क्षेत्रकर्मक एव च / एते शूद्रेषु भोज्यान्ना दत्त्वा स्वल्पं पणं बुधैः
Le ménestrel ou acteur, le potier et l’ouvrier des champs : parmi les Śūdra, ceux-là sont dignes d’être nourris ; et les sages doivent encore leur donner un modeste salaire.
Verse 18
पायसं स्नेहपक्वं यद् गोरसं चैव सक्तवः / पिण्याकं चैव तैलं च शूद्राद् ग्राह्यं द्विजातिभिः
Le riz au lait (pāyasa) cuit au ghee, avec le lait et les mets de farine ; ainsi que le tourteau d’huile et l’huile : tout cela peut être reçu d’un Śūdra par les « deux-fois-nés » (dvija).
Verse 19
वृन्ताकं नालिकाशाकं कुसुम्भाश्मन्तकं तथा / पलाण्डुं लशुनं शुक्तं निर्यासं चैव वर्जयेत्
Qu’on évite l’aubergine, le légume nommé nālikā-śāka, le carthame (kusumbha) et la feuille verte appelée āśmantaka ; de même l’oignon, l’ail, les mets aigres ou fermentés, et les sucs résineux.
Verse 20
छत्राकं विड्वराहं च शेलं पेयूषमेव च / विलयं सुमुखं चैव कवकानि च वर्जयेत्
Qu’on évite le champignon nommé chatrāka, le sanglier appelé viḍvarāha, ainsi que śela, peyūṣa, vilaya et sumukha ; et qu’on évite aussi toutes les moisissures et champignons (kavaka).
Verse 21
गृञ्जनं किंशुकं चैव ककुभाण्डं तथैव च / उदुम्बरमलाबुं च जग्ध्वा पतति वै द्विजः
Un « deux-fois-né » déchoit réellement de son rang dharmique s’il mange gṛñjana, kiṃśuka, kakubhāṇḍa, udumbara ou alābu.
Verse 22
वृथा कृशरसंयावं पायसापूपमेव च / अनुपाकृतमांसं च देवान्नानि हवींषि च
Qu’on n’offre pas en vain (sans rite ni juste intention) kṛśara et saṃyāva, ni payasa (riz au lait) et gâteaux apūpa ; qu’on ne présente pas non plus de viande non cuite, ni devānna (nourriture des dieux), ni havīṃṣi (oblations du sacrifice) d’une manière indue.
Verse 23
यवागूं मातुलिङ्गं च मत्स्यानप्यनुपाकृतान् / नीपं कपित्थं प्लक्षं च प्रयत्नेन विवर्जयेत्
Avec un soin délibéré, qu’on évite yavāgū (bouillie claire), mātuliṅga (cédrat) et même le poisson insuffisamment cuit ; de même, qu’on s’abstienne de nīpa, kapittha et plakṣa.
Verse 24
पिण्याकं चोद्धृतस्नेहं देवधान्य तथैव च / रात्रौ च तिलसंबद्धं प्रयत्नेन दधि त्यजेत्
Qu’on évite avec soin pīṇyāka (tourteau d’huile), les aliments dont la graisse a été retirée, ainsi que deva-dhānya ; et la nuit, qu’on s’abstienne de tout ce qui est préparé avec du sésame, et aussi du dahi (caillé).
Verse 25
नाश्नीयात् पयसा तक्रं न बीजान्युपजीवयेत् / क्रियादुष्टं भावदुष्टमसत्संसर्गि वर्जयेत्
Qu’on ne prenne pas de babeurre (takkra) avec du lait, et qu’on ne vive pas du commerce des semences. Qu’on évite celui dont les actes sont corrompus, dont l’intention est corrompue, et quiconque fréquente les méchants.
Verse 26
केशकीटावपन्नं च सहृल्लेखं च नित्यशः / श्वाघ्रातं च पुनः सिद्धं चण्डालावेक्षितं तथा
La nourriture où sont tombés des cheveux ou des insectes, et celle qui, par des contacts répétés, se trouve souillée; la nourriture reniflée par un chien; celle qui, déjà préparée, est recuite; et de même celle sur laquelle s’est posé le regard d’un Caṇḍāla — tout cela doit être tenu pour impur et évité.
Verse 27
उदक्यया च पतितैर्गवा चाघ्रातमेव च / अनर्चितं पुर्युं षितं पर्यायान्नं च नित्यशः
La nourriture touchée par une femme en période de règles, par des personnes déchues, ou reniflée par une vache; la nourriture non honorée selon le rite, devenue rance, ou cuite puis gardée pour le lendemain—tout cela doit être évité en tout temps.
Verse 28
काककुक्कुटसंस्पृष्टं कृमिभिश्चैव संयुतम् / मनुष्यैरप्यवघ्रातं कुष्ठिना स्पृष्टमेव च
Ce qui a été touché par des corbeaux ou des volailles, infesté de vers, senti par des hommes, ou même touché par un lépreux—doit être tenu pour impur.
Verse 29
न रजस्वलया दत्तं न पुंश्चाल्या सरोषया / मलबद्वाससा वापि परवासो ऽथ वर्जयेत्
Qu’on n’accepte pas un don offert par une femme en période de règles, ni par une femme débauchée qui le donne avec colère; qu’on évite aussi ce qui vient d’un homme aux vêtements souillés, et de même tout ce qui appartient à autrui.
Verse 30
विवत्सायाश्च गोः क्षीरमौष्ट्रं वानिर्दशं तथा / आविकं सन्धिनीक्षीरमपेयं मनुरब्रवीत्
Manu a déclaré impropres à la boisson : le lait d’une vache dont le veau est mort, le lait de chamelle, le lait tiré avant que dix jours ne se soient écoulés, le lait de brebis, et le lait d’une vache en état « sandhinī ».
Verse 31
बलाकं हंसदात्यूहं कलविङ्कं शुकं तथा / कुररं च चकोरं च जालपादं च कोकिलम्
Sont aussi (au nombre des oiseaux) : la grue (balāka), le cygne (haṃsa) et l’oiseau dātyūha, le kalaviṅka et le perroquet (śuka) ; de même le kurara, le cakora, l’oiseau d’eau aux pieds palmés (jālapāda) et le kokila, le coucou sacré.
Verse 32
वायसं खञ्जरीटं च श्येनं गृध्रं तथैव च / उलूकं चक्रवाकं च भासं पारावतानपि / कपोतं टिट्टिभं चैव ग्रामकुक्कुटमेव च
« (Qu’on compte parmi ces oiseaux :) le corbeau (vāyasa), le khanjariṭa (bergeronnette), le faucon (śyena) et aussi le vautour (gṛdhra) ; le hibou (ulūka), le cakravāka (oie rousse), le bhāsa (rapace) et les pigeons ; la tourterelle (kapota), l’oiseau ṭiṭṭibha, et encore la volaille domestique. »
Verse 33
सिंहव्याघ्रं च मार्जारं श्वानं शूकरमेव च / शृगालं मर्कटं चैव गर्दभं च न भक्षयेत्
On ne doit pas manger la chair du lion (siṃha), du tigre (vyāghra), du chat (mārjāra), du chien (śvāna), du porc (śūkara), du chacal (śṛgāla), du singe (markaṭa) ni de l’âne (gardabha).
Verse 34
न भक्षयेत् सर्वमृगान् पक्षिणो ऽन्यान् वनेचरान् / जलेचरान् स्थलचरान् प्राणिनश्चेति धारणा
On ne doit manger aucun animal—ni d’autres oiseaux et créatures des forêts—ni les êtres qui se meuvent dans l’eau ou sur la terre ; telle est la retenue prescrite (dhāraṇā).
Verse 35
गोधा कूर्मः शशः श्वाविच्छल्यकश्चेति सत्तमाः / भक्ष्याः पञ्चनखा नित्यं मनुराह प्रिजापतिः
Ô le meilleur des vertueux : le grand lézard (godhā), la tortue (kūrma), le lièvre (śaśa), le porc-épic (śvāvit) et l’animal nommé chalyaka — ces cinq êtres à cinq griffes sont déclarés toujours propres à être consommés ; ainsi parla Manu, Prajāpati, Seigneur de la descendance.
Verse 36
मत्स्यान् सशल्कान् भुञ्जीयान् मांसं रौरवमेवच / निवेद्य देवताभ्यस्तु ब्राह्मणेभ्यस्तु नान्यथा
On ne peut manger du poisson que s’il porte encore ses écailles; et si l’on prend de la viande, que ce soit seulement celle qu’autorise la règle. Mais cela ne doit se faire qu’après l’avoir d’abord offerte en naivedya aux divinités et aux brāhmaṇa—jamais autrement.
Verse 37
मयूरं तित्तिरं चैव कपोतं च कपिञ्जलम् / वाध्रीणसं बकं भक्ष्यं मीनहंसपराजिताः
Le paon, la perdrix, le pigeon et le francolin sont propres à être mangés; de même le vādhrīṇasa et la grue sont permis comme nourriture—(ces oiseaux) étant dits « vaincus par les poissons et les cygnes ».
Verse 38
शफरं सिंहतुण्डं च तथा पाठीनरोहितौ / मत्स्याश्चैते समुद्दिष्टा भक्षणाय द्विजोत्तमाः
« Śaphara, Siṃhatuṇḍa, ainsi que Pāṭhīna et Rohita : ces poissons sont expressément indiqués comme propres à être mangés, ô meilleur des deux-fois-nés. »
Verse 39
प्रोक्षितं भक्षयेदेषां मांसं च द्विजकाम्यया / यथाविधि नियुक्तं च प्राणानामपि चात्यये
Si leur viande a été aspergée rituellement (prokṣita) et rendue ainsi propre, on peut la manger lorsqu’il s’agit de pourvoir aux besoins des deux-fois-nés; et lorsque cela est dûment prescrit selon la règle—même en temps d’extrême urgence, quand la vie est en péril.
Verse 40
भक्षयेन्नैव मांसानि शेषभोजी न लिप्यते / औषधार्थमशक्तौ वा नियोगाद् यज्ञकारणात्
On ne devrait pas manger de viande du tout. Pourtant, celui qui ne prend que le reste (śeṣa) après un rite ou une offrande n’est pas souillé; de même lorsqu’on en prend par besoin médicinal, en état d’incapacité, ou lorsque cela est prescrit (niyoga) pour la cause d’un yajña.
Verse 41
आमन्त्रितस्तु यः श्राद्धे दैवे वा मांसमुत्सृजेत् / यावन्ति पशुरोमाणि तावतो नरकान् व्रजेत्
Celui qui, après avoir été convié à un Śrāddha ou à un rite pour les dieux (daiva-yajña), rejette l’offrande de viande, ira en autant d’enfers qu’il y a de poils sur l’animal.
Verse 42
अदेयं चाप्यपेयं च तथैवास्पृश्यमेव च / द्विजातीनामनालोक्यं नित्यं मद्यमिति स्थितिः
Pour les deux-fois-nés, la liqueur est fermement établie comme une chose qu’il ne faut jamais donner, jamais boire, ni même toucher; il faut l’éviter jusqu’au regard en tout temps—telle est la règle arrêtée.
Verse 43
तस्मात् सर्वप्रकारेण मद्यं नित्यं विवर्जयेत् / पीत्वा पतति कर्मभ्यस्त्वसंभाष्यो भवेद् द्विजः
C’est pourquoi, de toute manière, il faut toujours s’abstenir de la boisson enivrante. L’ayant bue, le deux-fois-né déchoit de ses devoirs prescrits et devient indigne qu’on lui adresse la parole, mis à l’écart.
Verse 44
भक्षयित्वा ह्यभक्ष्याणि पीत्वापेयान्यपि द्विजः / नाधिकारी भवेत् तावद् यावद् तन्न जहात्यधः
Le deux-fois-né qui a mangé ce qu’il est interdit de manger et bu ce qu’il est interdit de boire n’est pas habilité aux rites sacrés ni à la discipline tant qu’il n’a pas rejeté cette impureté par le bas.
Verse 45
तस्मात् परिहरेन्नित्यमभक्ष्याणि प्रयत्नतः / अपेयानि च विप्रो वै तथा चेद् याति रौरवम्
C’est pourquoi un brāhmaṇa doit, avec un effort conscient, éviter toujours ce qu’il est interdit de manger et ce qu’il est interdit de boire; s’il agit autrement, il va à l’enfer nommé Raurava.
That moral and ritual qualities adhere to food and transfer through consumption: “another’s sin” is metaphorically lodged in their food, so eating improperly sourced or contaminated food disrupts śauca, damages dharmic standing, and can shape karmic outcome and rebirth.
It discourages meat broadly, yet permits limited cases: when the meat is ritually processed and first offered as naivedya to deities and brāhmaṇas, when enjoined by sacrificial context, for medicinal need, incapacity, or in emergencies—never as casual enjoyment.
As absolutely prohibited—never to be given, drunk, or even touched; drinking causes fall from prescribed duties and social exclusion, and impurity remains until physically expelled, with hell-consequence stated for persistent transgression.
Contamination by hair/insects/worms, animal sniffing (dog/cow), crow/fowl contact, staleness or next-day cooking, re-cooking, touch by menstruating persons or outcastes, being sneezed on/reviled, or association with sūtaka/śāva households and improperly performed rites.