
Ce chapitre prend la forme d’un dialogue : Arjuna prie Nārada d’expliquer l’origine et l’édification de Koṭitīrtha, ainsi que la raison pour laquelle ses fruits sont proclamés. Nārada expose une étiologie cosmo-rituelle : Brahmā, amené depuis Brahma-loka, se souvient d’innombrables tīrtha ; par la seule puissance du souvenir, les tīrtha de Svarga, de la Terre et de Pātāla se manifestent, accompagnés de leurs liṅga correspondants. Après les ablutions et le culte, Brahmā façonne mentalement un lac (sarovara) et promulgue un décret : que tous les tīrtha demeurent dans ce lac, et que vénérer un seul liṅga en ce lieu équivaut à vénérer tous les liṅga. La phalaśruti détaille les mérites : le bain rituel (snāna) à Koṭitīrtha procure le fruit de tous les tīrtha et de toutes les rivières, y compris la Gaṅgā ; le śrāddha et l’offrande de piṇḍa accordent aux ancêtres une satisfaction inépuisable ; l’adoration de Koṭīśvara confère le mérite de la vénération d’un koṭi de liṅga. La sainteté du lieu est ensuite ancrée par des modèles de ṛṣi : Atri établit Atrīśvara au sud de Koṭitīrtha et crée un réservoir ; Bharadvāja installe Bharadvājeśvara et accomplit tapas et yajña ; Gautama, désirant l’union avec Ahalyā, pratique une austérité extrême, puis Ahalyā crée Ahalyā-saras ; s’y baigner et y accomplir les rites, en vénérant Gautameśvara, mène à Brahma-loka. Le texte énonce aussi une éthique du dāna : nourrir avec foi un seul brāhmaṇa est dit satisfaire « un koṭi », et les dons faits en ce lieu multiplient le mérite ; mais promettre un don et ne pas le donner est sévèrement blâmé, avec de lourdes conséquences. Des périodes d’intensification sont signalées—Māgha, l’entrée du Soleil en Makara, Kanyā-saṅkrānti et Kārtika—où le rendement rituel est accru, jusqu’à l’équivalence d’un koṭi-yajña. Le chapitre s’achève en exaltant la mort, la crémation et l’immersion des os liées au site comme au-delà de toute description, confirmant l’exceptionnelle grandeur de Koṭitīrtha.
Verse 1
अर्जुन उवाच । कोटितीर्थं कथं जातं केन वा निर्मितं मुने । कस्माद्वा कोटितीर्थानां फलमत्रोच्यते मुने
Arjuna dit : «Ô sage, comment Koṭitīrtha est-il né, et par qui fut-il établi ? Et pourquoi le fruit (mérite) des Koṭitīrtha est-il proclamé ici tout particulièrement, ô muni ?»
Verse 2
नारद उवाच । यदा मे स्थापितं स्थानं प्रसाद्याथ मया प्रभुः । ब्रह्मलोकात्समानीतः साक्षाद्ब्रह्मा पितामहः
Nārada dit : «Lorsque mon propre siège eut été établi, et que le Seigneur, satisfait, m’eut accordé sa grâce, alors Brahmā lui-même, le Pitāmaha, fut amené ici depuis le Brahmaloka.»
Verse 3
ततो मध्याह्नसमये स्नानार्थे भगवान्विधिः । सस्मार कोटितीर्थानां स्मृतान्यत्रागतानि च
Puis, à l’heure de midi, le vénérable Ordonnateur (Brahmā) désira se baigner ; il évoqua en son esprit les Koṭitīrtha, et les tīrtha ainsi rappelés vinrent aussitôt en ce lieu.
Verse 4
स्वर्गात्त्रिदशलक्षाणि सप्ततिश्च महीतलात् । पातालाद्विंशलक्षाणि स्मृतान्यभ्यागतानि च
Du ciel vinrent trente lakhs ; de la sphère terrestre vinrent soixante-dix ; et de Pātāla vinrent vingt lakhs : ainsi les tīrtha évoqués se manifestèrent et s’assemblèrent.
Verse 5
अनेन प्रविभागेन लिंगान्यपि कुरूद्वह । आयातानि यथा पूजां विदधाति पितामहः
Selon cette même répartition, ô le meilleur des Kuru, des liṅga, emblèmes de Śiva, arrivèrent aussi ; et le Pitāmaha (Brahmā) accomplit leur culte selon le rite.
Verse 6
ततोऽभिषेचनं कृत्वा लिंगान्यभ्यर्च्य पद्मभूः । मध्याह्नकृत्यं संसाध्य मम प्रेम्णा वरं ददौ
Alors Padmabhū (Brahmā), après avoir accompli l’abhiṣeka et honoré dûment les liṅga, puis achevé les rites de midi, m’accorda un bienfait par affection.
Verse 7
ततो भगवता ह्यत्र मनसा निर्मितं सरः । भगवानर्चितस्तीर्थैरिदमूचे प्रजापतिः
Ensuite, le Bienheureux façonna ici un lac par la seule pensée ; puis Prajāpati, le Seigneur Brahmā, honoré par les tīrtha, prononça ces paroles.
Verse 8
किं कुर्म भगवन्धातरादेशं देहि नः प्रभो । तेषां तद्वचनं श्रुत्वा ब्रह्मा प्राह प्रजापतिः
«Que devons-nous faire, ô Bienheureux Créateur (Dhātā) ? Seigneur, accorde-nous ton ordre.» Entendant leurs paroles, Brahmā, le Prajāpati, répondit.
Verse 9
एतस्मिन्सरसि स्थेयं तीर्थैः सर्वैरथात्र च । एकस्मिंश्च तथा लिंगे सर्वलिंगैर्ममार्चनात्
«Dans ce lac, demeurez tous ici même en tant que tīrtha. Et de même, en un seul liṅga, que l’on m’adore comme si tous les liṅga m’adoraient.»
Verse 10
कोटीनामेव तीर्थानां लिंगानां स्नानपूजया । दानेन च फलं त्वत्र यदि सत्यं वचो मम
«Ici, en vérité, par le bain sacré et l’adoration, et aussi par le don, le fruit égale celui de crores de tīrtha et de liṅga, si ma parole est vraie.»
Verse 11
यः श्राद्धं कुरुते चात्र पिंडदानं यथाविधि । पितॄणामक्षया तृप्तिर्जायते नात्र संशयः
Quiconque accomplit ici le śrāddha et offre le piṇḍa-dāna selon le rite prescrit procure aux Pitṛs (ancêtres) une satisfaction inépuisable ; il n’y a là aucun doute.
Verse 12
स्नात्वा योऽभ्यर्चयेद्देवं कोटीश्वरमनन्यधीः । कोटिलिंगार्चनफलं व्यक्तं तस्योपजायते
Après s’être baigné, quiconque adore le Seigneur Koṭīśvara d’un esprit sans partage obtient manifestement le fruit du culte rendu à un koṭi (un crore) de liṅga.
Verse 13
त्रैलोक्ये यानि तीर्थानि गंगाद्याः सरितस्तथा । तेषां स फलमाप्नोति कोटितीर्थावगाहनात्
Tous les tīrtha des trois mondes, ainsi que les fleuves sacrés à commencer par la Gaṅgā : on en obtient le fruit entier par le seul bain à Koṭitīrtha.
Verse 14
एवं दत्त्वा वरं ब्रह्मा ब्रह्मलोकं ययौ प्रभुः । कोटितीर्थं च संजातं ततः प्रभृति विश्रुतम्
Ainsi, après avoir accordé la grâce, Brahmā, le Seigneur, se rendit à Brahmaloka ; et dès lors ce lieu devint célèbre de partout sous le nom de Koṭitīrtha.
Verse 15
अस्य तीरे पुरा पार्थ ब्रह्माद्यैर्देवसत्तमैः । यज्ञान्बहुविधान्कृत्वा ततः सिद्धिं परां ययुः
Autrefois, ô Pārtha, sur la rive de ce tīrtha, Brahmā et les plus éminents des dieux accomplirent des sacrifices de maintes sortes, puis atteignirent l’accomplissement suprême.
Verse 16
वसिष्ठाद्यैर्मुनिवरैस्तपश्चीर्णं पुरानघ । मनसोऽभीप्सितान्कामान्प्रापुरन्ये तपोधनाः
Ô toi sans faute, jadis Vasiṣṭha et d’autres sages éminents pratiquèrent ici les austérités ; et d’autres ascètes, riches de tapas, obtinrent les désirs chéris en leur cœur.
Verse 17
अत्र तीर्थे पुरा पार्थ अत्रिणा विहितं तपः । कोटितीर्थाद्दक्षिणतः स्थापितं लिंगमुत्तमम्
En ce tīrtha, jadis, ô Pārtha, le sage Atri accomplit des austérités; et au sud de Koṭitīrtha fut स्थापित un liṅga excellent.
Verse 18
अत्रीश्वराभिसंज्ञं तु महापापहरं परम् । स्थापयित्वा च तल्लिंगमग्रे चक्रे सरोवरम्
Ce liṅga, nommé Atrīśvara, est suprême et ôte les grands péchés. L’ayant installé, il créa devant lui un lac sacré.
Verse 19
तत्र स्नात्वा च यो मर्त्यः श्राद्धं कुर्यात्प्रयत्नतः । अत्रीश्वरं समभ्यर्च्य रुद्रलोके वसेच्चिरम्
Là, après s’être baigné, le mortel qui accomplit avec soin le śrāddha et adore dûment Atrīśvara demeurera longtemps dans le monde de Rudra.
Verse 20
भरद्वाजेन मुनिना कोटितीर्थे सरोवरे । तपश्चीर्णं महाबाहो यज्ञाश्च विहिताः किल
Ô toi aux bras puissants, au lac de Koṭitīrtha le sage Bharadvāja pratiqua réellement l’austérité; et des sacrifices (yajña) y furent aussi accomplis, dit-on.
Verse 21
भरद्वाजेश्वरं लिंगं स्थापितं सुमनोहरम् । तत्र कृत्वा सरो रम्यं परां मुदमवाप्तवान्
Il établit le liṅga, beau et très enchanteur, nommé Bharadvājeśvara; puis, ayant créé là un lac délicieux, il atteignit la joie suprême.
Verse 22
तत्र स्नात्वा नरो भक्त्या श्राद्धं कुर्याद्विधानतः । भरद्वाजेश्वरं पूज्य शिवलोके महीयते
Là, après s’être baigné avec dévotion, l’homme doit accomplir le śrāddha selon la règle; puis, ayant adoré Bharadvājeśvara, il est honoré dans le monde de Śiva.
Verse 23
ततश्च कोटितीर्थेऽस्मिन्गौतमो भगवानृषिः । अतप्यत तपो घोरमहल्यासंगमाशया
Ensuite, en ce Koṭitīrtha, le vénérable ṛṣi Gautama pratiqua de terribles austérités, dans l’espoir de retrouver l’union avec Ahalyā.
Verse 24
तं कामं प्राप्तवान्धीमान्परां मुदमुपागतः । अहल्यया समायोगमेतत्तीर्थप्रभावतः
Ce sage obtint l’objet de son désir et entra dans la joie suprême : il gagna l’union avec Ahalyā par la puissance même de ce tīrtha.
Verse 25
अस्मिन्क्षेत्रे महालिंगं गौतमेश्वरसंज्ञितम् । स्थापयामास भगवानहल्यासरसस्तटे
Dans ce lieu sacré, le vénérable établit un grand liṅga nommé Gautameśvara, sur la rive du lac d’Ahalyā.
Verse 26
अर्जुन उवाच । अहल्यया कदा ब्रह्मन्खानितं वै महत्सरः । तन्मम ब्रूहि सकलमहल्यासरःकारणम्
Arjuna dit : «Ô brāhmane, quand donc ce grand lac fut-il creusé par Ahalyā ? Dis-moi pleinement toute la cause et le récit du lac d’Ahalyā.»
Verse 27
नारद उवाच । अहल्या शापमापन्ना गौतमात्किल फाल्गुन । पुरा चेंद्रसमायोगे परं दुःखमुपागता
Nārada dit : «Ô Phālguna, Ahalyā, dit-on, tomba sous la malédiction de Gautama ; et jadis, par sa rencontre avec Indra, elle fut plongée dans une affliction très profonde.»
Verse 28
ततो दुःखार्तः स मुनिः कोटितीर्थेऽकरोत्तपः । तपसा तेन वै पार्थाहल्यया सह संगतः
Ensuite, ce sage, tourmenté par la peine, accomplit des austérités à Koṭitīrtha ; et par la force de cette ascèse, ô Pārtha, il fut de nouveau réuni à Ahalyā.
Verse 29
ततः साध्वी परं हृष्टा अत्र क्षेत्रे सरोवरम् । चकार सुमहत्पुण्यं तीर्थोदैः परिपूरितम्
Alors cette femme vertueuse, transportée de joie, créa en ce lieu sacré un vaste lac, très saint, rempli des eaux des tīrtha.
Verse 30
अहल्यासरसि स्नानं पिंडदानं समाचरेत् । गौतमेशं च संपूज्य ब्रह्मलोकं स गच्छति
Qu’on se baigne dans le lac d’Ahalyā et qu’on accomplisse comme il se doit les offrandes de piṇḍa ; puis, après avoir pleinement vénéré Gautameśa, on gagne le monde de Brahmā.
Verse 31
कोटितीर्थे नरश्रेष्ठ अनेके मुनयोऽमलाः । तपस्तप्त्वा सुघोरं च परां सिद्धिमपागताः
Ô le meilleur des hommes, à Koṭitīrtha de nombreux sages sans tache pratiquèrent des austérités d’une rigueur extrême et, l’ayant fait, atteignirent la suprême perfection spirituelle.
Verse 32
राजभिर्बहुभिः पूर्वं तपो दानं तथाध्वराः । अस्मिंस्तीर्थे सुविहिताः परां सिद्धिमुपागताः
Autrefois, de nombreux rois accomplirent en ce même tīrtha l’ascèse, le don et les rites sacrificiels; par cette puissance, ils atteignirent la perfection suprême.
Verse 33
अस्य तीरे द्विजं चैकं मृष्टान्नैर्यश्च तर्पयेत् । तेन श्रद्धासहायेन कोटिर्भवति तर्पिता
Quiconque, sur cette rive sacrée, rassasie ne fût-ce qu’un seul brāhmaṇa de mets choisis—soutenu par la foi—obtient un fruit comme s’il en avait rassasié un koṭi (un crore).
Verse 34
अस्य तीरे नरः पार्थ रत्नानि विविधानि च । गोभूमितिलधान्यानि वासांसि विविधानि च
Ô Pārtha, sur cette rive un homme peut offrir des joyaux de diverses sortes, ainsi que des vaches, des terres, du sésame, des grains et des vêtements variés.
Verse 35
श्रद्धया परया पार्थ द्विजेभ्यः संप्रयच्छति । शतकोटिगुणं पुण्यं कोटितीर्थप्रभावतः । कोटितीर्थे प्रतिश्रुत्य द्विजेभ्यो न प्रयच्छति
Ô Pārtha, celui qui, ici, donne aux brāhmaṇas avec une foi suprême obtient un mérite multiplié par cent koṭi, par la puissance de Koṭitīrtha. Mais celui qui fait une promesse à Koṭitīrtha puis ne donne pas aux brāhmaṇas, encourt un lourd démérite.
Verse 36
नरके पातयित्वा च कुलमेकोत्तरं शतम् । आत्मानं पातयेत्पश्चाद्दारुणं रौरवं महत्
Il précipite sa lignée—cent une générations—dans l’enfer; puis, lui-même tombe dans le grand Raurava, terrible et cruel.
Verse 37
माघमासे तु संप्राप्ते प्रातःकाले तथाऽमले । यः स्नाति मकरादित्ये तस्य पुण्यं शृणुष्व मे
Quand vient le mois de Māgha, à l’aube pure et limpide—quiconque se baigne lorsque le Soleil est en Makara (Capricorne), écoute de moi le mérite qu’il acquiert.
Verse 38
सर्वतीर्थेषु यत्पुण्यं सर्वयज्ञेषु यत्फलम् । सर्वदानव्रतैर्यच्च कोटि तीर्थे दिनेदिने
Le mérite présent dans tous les tīrtha, le fruit de tous les sacrifices, et ce qui naît de toutes les aumônes et de tous les vœux—tout cela s’obtient jour après jour à Koṭitīrtha.
Verse 39
तत्पुण्यं लभते मर्त्यो नात्र कार्या विचारणा । कन्यागते सवितरि यः श्राद्धं कुरुते नरः
Le mortel obtient ce même mérite—ici, nul besoin de douter. Lorsque le Soleil est entré en Kanyā (Vierge), l’homme qui accomplit le śrāddha (rite aux ancêtres) reçoit un grand fruit.
Verse 40
पितरस्तस्य तुष्यंति गयाश्राद्धशतैर्न तु । कार्तिके मासि संप्राप्ते स्नानादि कुरुते यदि
Ses ancêtres sont comblés—oui, plus que par des centaines de śrāddha à Gayā. Et si, lorsque vient le mois de Kārttika, il accomplit ici le bain rituel et d’autres observances, le fruit est immense.
Verse 41
तदक्षयफलं सर्वं ब्रह्मणो वचनं यथा । इष्ट्वात्र यज्ञमेकं तु कोटियज्ञफलं लभेत्
Tout ce mérite est impérissable—comme la parole de Brahmā, infaillible. Si l’on accomplit ici ne fût-ce qu’un seul sacrifice, on obtient le fruit de dix millions de sacrifices.
Verse 42
कन्यां ब्राह्मेण विधिना दत्त्वा कोटिगुणं फलम् । सर्वदानं कोटिगुणं कोटितीर्थे भवेद्यतः
Celui qui donne une jeune fille en mariage selon le rite brāhmique obtient un fruit multiplié par dix millions. En vérité, à Koṭitīrtha, tout acte de don devient dix millions de fois plus fécond.
Verse 43
कोटि तीर्थे त्यजेत्प्राणान्हृदि कृत्वा तु माधवम् । तस्य पार्थ चिरं स्वर्गे ह्यक्षया शाश्वती गतिः
Si l’on quitte la vie à Koṭitīrtha en gardant Mādhava dans le cœur, alors, ô Pārtha, on demeure longtemps au ciel : une destinée impérissable et éternelle.
Verse 44
कोटितीर्थे तीर्थवरे देहत्यागं करोति यः । तस्य पूजां प्रकुर्वंति ब्रह्माद्या देवतागणाः
Quiconque quitte son corps à Koṭitīrtha, le plus excellent des gués sacrés, Brahmā et les cohortes des dieux eux-mêmes lui rendent hommage et accomplissent son culte.
Verse 45
अस्य तीरे देहदाहो यस्य कस्य प्रजायते । अस्थिक्षेपो यस्य भवेन्महीसागरसंगमे
Sur cette rive, quel que soit l’être, si la crémation du corps a lieu—et si l’immersion des ossements (asthi-kṣepa) se fait au point de rencontre de la terre et de l’océan—
Verse 46
तत्फलं गदितुं पार्थ वागीशोऽपि न वै क्षमः । एतज्ज्ञात्वा परं पार्थ कोटितीर्थं प्रसेवते
Ô Pārtha, même le Seigneur de la Parole (Vāgīśa) n’est pas capable de dire pleinement ce fruit. Sachant cela, ô Pārtha, il faut donc recourir à Koṭitīrtha et le servir avec dévotion.
Verse 47
दिनेदिने फलं तस्य कापिलं गोसहस्रकम् । स्वर्गे मर्त्ये च पाताले तस्मादेतत्सुदुर्लभम्
Jour après jour, son fruit équivaut au don de mille vaches Kāpila, fauves. Au ciel, sur la terre et dans les mondes souterrains ; c’est pourquoi ce tīrtha/ce mérite est d’une rareté extrême.
Verse 52
इति श्रीस्कांदे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां प्रथमे माहेश्वरखण्डे कौमारिकाखण्डे कोटितीर्थमाहात्म्यवर्णनंनाम द्विपञ्चाशत्तमोऽध्यायः
Ainsi s’achève le cinquante-deuxième chapitre, intitulé « Description de la grandeur de Koṭitīrtha », dans le Kaumārikākhaṇḍa du premier Māheśvarakhaṇḍa, au sein du Śrī Skanda Mahāpurāṇa, dans la Saṃhitā de quatre-vingt-un mille (vers).