
L’Adhyāya 13 s’ouvre sur la reconnaissance, par les ṛṣi, de l’enseignement précédent : la création procède du suprême Bhava (Śiva). Ils exposent ensuite une tension doctrinale. Rudra est glorifié par des épithètes telles que Virūpākṣa, Śūladhara, Nīlalohita, Kapardī, comme le dissolvant cosmique qui, à la fin du yuga, anéantit même Brahmā et Viṣṇu. Pourtant, les sages disent avoir entendu que Brahmā, Viṣṇu et Rudra surgissent réciproquement les uns des autres, se manifestant à partir des aṅga de chacun, et ils demandent comment une telle émergence mutuelle est possible, notamment selon les modalités guṇa–pradhāna. Le chapitre pose ainsi un pūrvapakṣa : si Rudra est primordial (ādideva, purātana) et le Seigneur qui accorde le yoga-kṣema, comment peut-on dire qu’il obtient la putratva (qualité de fils) de Brahmā, dont la naissance est non manifestée ? Les ṛṣi sollicitent une explication précise du tattva, conforme à l’instruction de Brahmā aux muni, afin d’éclairer la causalité métaphysique derrière la généalogie purānique.
Verse 1
ऋषय ऊचुः । भवता कथिता सृष्टिर्भवस्य परमात्मनः । चतुर्मुखमुखात्तस्य संशयो नः प्रजायते
Les sages dirent : «Tu nous as exposé la création qui procède de Bhava — le Soi suprême. Puisqu’elle est sortie de la bouche du Quatre-Visages (Brahmā), aucun doute ne s’élève en nous à son sujet.»
Verse 2
देवश्रेष्ठो विरूपाक्षो दीप्तश्शूलधरो हरः । कालात्मा भगवान् रुद्रः कपर्दी नीललोहितः
Il est le plus éminent des dieux—Virūpākṣa, à la vision merveilleuse; Hara, qui porte le trident flamboyant; Rudra, le Bienheureux Bhagavān dont l’essence est le Temps; Kapardī, l’ascète aux cheveux noués; l’Être aux teintes bleue et rouge.
Verse 3
सब्रह्मकमिमं लोकं सविष्णुमपि पावकम् । यः संहरति संक्रुद्धो युगांते समुपस्थिते
À la fin du yuga, lorsque l’heure de la dissolution est venue, Lui—dans la sainte colère de la réabsorption cosmique—retire ce monde tout entier, avec Brahmā, avec Viṣṇu, et même avec Pāvaka (Agni).
Verse 4
यस्य ब्रह्मा च विष्णुश्च प्रणामं कुरुतो भयात् । लोकसंकोचकस्यास्य यस्य तौ वशवर्तिनौ
Par crainte révérencielle, Brahmā et Viṣṇu se prosternent devant Lui. Il est Celui qui peut contracter (retirer) les mondes, et même ces deux-là demeurent sous sa souveraineté.
Verse 5
यो ऽयं देवः स्वकादंगाद्ब्रह्मविष्णू पुरासृजत् । स एव हि तयोर्नित्यं योगक्षेमकरः प्रभुः
Ce Deva même, qui jadis fit naître Brahmā et Viṣṇu de son propre corps, est l’unique Seigneur souverain qui, éternellement, ordonne leur yoga et leur kṣema, leur accordant accomplissement et sauvegarde dans leurs fonctions cosmiques.
Verse 6
स कथं भगवान् रुद्र आदिदेवः पुरातनः । पुत्रत्वमगमच्छंभुर्ब्रह्मणो ऽव्यक्तजन्मनः
Comment donc le Bhagavān Rudra—Śambhu, l’Ādideva primordial et très ancien—en vint-il à prendre la condition de fils de Brahmā, dont la naissance même est non manifestée et impénétrable ?
Verse 7
प्रजापतिश्च विष्णुश्च रुद्रस्यैतौ परस्परम् । सृष्टौ परस्परस्यांगादिति प्रागपि शुश्रुम
Nous avons aussi entendu auparavant que Prajāpati (Brahmā) et Viṣṇu—ces deux-là, en relation avec Rudra—sont apparus dans la création à partir des membres l’un de l’autre, se soutenant mutuellement dans l’ordre manifesté.
Verse 8
कथं पुनरशेषाणां भूतानां हेतुभूतयोः । गुणप्रधानभावेन प्रादुर्भावः परस्परात्
Comment, de plus, tous les êtres—sans exception—naissent-ils réciproquement des deux principes causaux, par la relation où les guṇa et le Pradhāna (la Nature primordiale) deviennent tour à tour prédominants l’un sur l’autre ?
Verse 9
नापृष्टं भवता किंचिन्नाश्रुतं च कथंचन । भगवच्छिष्यभूतेन भवता सकलं स्मृतम्
Tu n’as rien laissé sans le demander, et rien n’est demeuré sans être entendu d’aucune manière. Puisque tu es véritablement un disciple du Seigneur Bienheureux, tu t’es souvenu de tout dans son intégralité.
Verse 10
तत्त्वं वद यथा ब्रह्मा मुनीनामवदद्विभुः । वयं श्रद्धालवस्तात श्रोतुमीश्वरसद्यशः
Ô vénérable, dis le principe de vérité tel que Brahmā, l’Omniprésent, l’enseigna aux sages. Nous sommes pleins de foi, cher seigneur, et nous désirons entendre sur-le-champ le récit glorieux du Seigneur (Īśvara).
Verse 11
वायुरुवाच । स्थाने पृष्टमिदं विप्रा भवद्भिः प्रश्नकोविदैः । इदमेव पुरा पृष्टो मम प्राह पितामहः
Vāyu dit : « Ô brāhmaṇa, experts dans l’art de questionner, vous avez posé cette question de manière juste. Cette même affaire me fut jadis demandée, et mon aïeul (Brahmā) me l’expliqua. »
Verse 12
तदहं सम्प्रवक्ष्यामि यथा रुद्रसमुद्भवः । यथा च पुनरुत्पत्तिर्ब्रह्मविष्ण्वोः परस्परम्
C'est pourquoi je vais maintenant expliquer comment Rudra s'est manifesté, et aussi comment Brahmā et Viṣṇu surgissent à nouveau, l'un par rapport à l'autre.
Verse 13
त्रयस्ते कारणात्मानो जतास्साक्षान्महेश्वरात् । चराचरस्य विश्वस्य सर्गस्थित्यंतहेतवः
De Mahādeva Lui-même surgirent trois principes causaux. Manifestés directement de Maheśvara, ils devinrent les causes de l’univers—de tout ce qui est mobile et immobile—par la création, le maintien et la dissolution.
Verse 14
परमैश्वर्यसंयुक्ताः परमेश्वरभाविताः । तच्छक्त्याधिष्ठिता नित्यं तत्कार्यकरणक्षमाः
Doués de la souveraineté suprême et pénétrés de la présence de Parameśvara, ils sont à jamais soutenus par Sa Śakti et pleinement capables d’accomplir Ses œuvres.
Verse 15
पित्रा नियमिताः पूर्वं त्रयोपि त्रिषु कर्मसु । ब्रह्मा सर्गे हरिस्त्राणे रुद्रः संहरणे तथा
Autrefois, le Père assigna les trois aux trois fonctions cosmiques : Brahmā pour la création, Hari (Viṣṇu) pour la protection, et Rudra aussi pour la dissolution.
Verse 16
तथाप्यन्योन्यमात्सर्यादन्योन्यातिशयाशिनः । तपसा तोषयित्वा स्वं पितरं परमेश्वरम्
Pourtant, par jalousie réciproque et désir de se surpasser, ils aspirèrent à la prééminence ; puis, par l’austérité (tapas), ils satisfirent leur propre Père, le suprême Parameśvara.
Verse 17
लब्ध्वा सर्वात्मना तस्य प्रसादात्परमेष्ठिनः । ब्रह्मनारायणौ पूर्वं रुद्रः कल्पान्तरे ऽसृजत्
Ayant pleinement प्राप्त la grâce du Seigneur Suprême (Parameṣṭhin), Rudra, en un âge ancien à la fin d’un kalpa, fit surgir Brahmā et Nārāyaṇa.
Verse 18
कल्पान्तरे पुनर्ब्रह्मा रुद्रविष्णू जगन्मयः । विष्णुश्च भगवान्रुद्रं ब्रह्माणमसृजत्पुनः
À la fin d’un cycle cosmique, Brahmā reparaît; et Rudra et Viṣṇu—qui imprègnent l’univers—poursuivent les fonctions divines. Et le Seigneur Viṣṇu, de nouveau, fit surgir Rudra et manifesta encore Brahmā.
Verse 19
नारायणं पुनर्ब्रह्मा ब्रह्माणमसृजत्पुनः । एवं कल्पेषु कल्पेषु ब्रह्मविष्णुमहेश्वराः
Encore et encore, Brahmā fait surgir Nārāyaṇa, et encore et encore Nārāyaṇa fait surgir Brahmā. Ainsi, de kalpa en kalpa, la triade—Brahmā, Viṣṇu et Maheśvara—se manifeste sans cesse selon l’ordre cosmique.
Verse 20
परस्परेण जायंते परस्परहितैषिणः । तत्तत्कल्पान्तवृत्तान्तमधिकृत्य महर्षिभिः
Ils naissent l’un de l’autre en succession, recherchant toujours le bien de l’autre. Ainsi, les grands sages, prenant pour thème les récits des fins de divers kalpas, ont exposé ces enseignements.
Verse 21
प्रभावः कथ्यते तेषां परस्परसमुद्भवात् । शृणु तेषां कथां चित्रां पुण्यां पापप्रमोचिनीम्
Leur puissance et leur efficacité sont dites naître de leur interdépendance mutuelle. Écoute maintenant leur récit merveilleux, saint par nature et libérateur des péchés.
Verse 22
कल्पे तत्पुरुषे वृत्तां ब्रह्मणः परमेष्ठिनः । पुरा नारायणो नाम कल्पे वै मेघवाहने
Dans le Kalpa de Tatpuruṣa, on raconte l’antique récit de Brahmā, Parameṣṭhin, le Créateur suprême. Et dans le Kalpa de Meghavāhana, jadis, il y eut un être connu sous le nom de Nārāyaṇa.
Verse 23
दिव्यं वर्षसहस्रं तु मेघो भूत्वावहद्धराम् । तस्य भावं समालक्ष्य विष्णोर्विश्वजगद्गुरुः
Durant mille années divines, il devint nuage et fit pleuvoir sur la terre. Voyant cette intention et cet état, le précepteur omniscient de l’univers le comprit en rapport avec Viṣṇu.
Verse 24
सर्वस्सर्वात्मभावेन प्रददौ शक्तिमव्ययाम् । शक्तिं लब्ध्वा तु सर्वात्मा शिवात्सर्वेश्वरात्तदा
Alors le Seigneur qui pénètre tout, demeurant comme le Soi de tous, accorda la Śakti impérissable. Ayant reçu cette Puissance de Śiva, Seigneur de tout, Lui—le Soi intérieur des êtres—fut revêtu de force.
Verse 25
ससर्ज भगावन् विष्णुर्विश्वं विश्वसृजा सह । विष्णोस्तद्वैभवं दृष्ट्वा सृष्टस्तेन पितामहः
Le Seigneur Viṣṇu, le Bienheureux, avec le principe même de la création cosmique, manifesta l’univers. Voyant cette majesté de Viṣṇu, Pitāmaha (Brahmā) fut engendré par Lui.
Verse 26
आवयोरधिकश्चास्ति स रुद्रो नात्र संशयः । तस्य देवाधिदेवस्य प्रसादात्परमेष्ठिनः
Entre nous deux, Celui qui est véritablement supérieur est Rudra—il n’y a là aucun doute. C’est par la grâce de ce Dieu des dieux, le Seigneur Suprême, que cette vérité est connue et affermie.
Verse 27
स्रष्टा त्वं भगवानाद्यः पालकः परमार्थतः । अहं च तपसाराध्य रुद्रं त्रिदशनायकम्
Ô Seigneur primordial, Toi seul es véritablement le Créateur et le Soutien. Et moi, par l’austérité, j’adore Rudra—chef des dieux.
Verse 28
त्वया सह जगत्सर्वं स्रक्ष्याम्यत्र न संशयः । एवं विष्णुमुपालभ्य भगवानब्जसम्भवः
«Avec toi, je ferai naître cet univers tout entier—sans aucun doute.» S’étant ainsi adressé à Viṣṇu, le Bienheureux, Né du Lotus (Brahmā), prit la parole.
Verse 29
एवं विज्ञापयामास तपसा प्राप्य शंकरम् । भगवन् देवदेवेश विश्वेश्वर महेश्वर
S’étant approché de Śaṅkara par l’austérité, il présenta sa supplication : «Ô Seigneur bienheureux—Dieu des dieux, Seigneur de l’univers, Mahēśvara».
Verse 30
तव वामांगजो विष्णुर्दक्षिणांगभवो ह्यहम् । मया सह जगत्सर्वं तथाप्यसृजदच्युतः
«Viṣṇu naît de Ton côté gauche, et moi je surgis en vérité de Ton côté droit. Et pourtant, avec moi, Acyuta (Viṣṇu) fit naître l’univers tout entier».
Verse 31
स मत्सरादुपालब्धस्त्वदाश्रयबलान्मया । मद्भावान्नाधिकस्तेति भावस्त्वयि महेश्वरे
Par jalousie, je le réprimandai, m’appuyant sur la force d’être sous Ton refuge. Pourtant, son cœur étant tout entier voué à moi, il garda cette certitude : «Nul n’est plus élevé que Toi, ô Maheśvara.»
Verse 32
त्वत्त एव समुत्पत्तिरावयोस्सदृशी यतः । तस्य भक्त्या यथापूर्वं प्रसादं कृतवानसि
Car l’origine de nous deux vient en vérité de Toi seul, et en cela elle est semblable pour l’un et l’autre. Ainsi, par sa bhakti, comme auparavant, Tu lui as accordé Ta grâce bienveillante.
Verse 33
तथा ममापि तत्सर्वं दातुमर्हसि शंकर । इति विज्ञापितस्तेन भगवान् भगनेत्रहा
«De même, ô Śaṅkara, accorde-moi aussi tout cela.» Ainsi sollicité par lui, le Seigneur Bienheureux—Celui qui jadis détruisit l’œil de Bhaga—(entendit sa requête).
Verse 34
न्यायेन वै ददौ सर्वं तस्यापि स घृणानिधिः । लब्ध्वैवमीश्वरादेव ब्रह्मा सर्वात्मतां क्षणात्
Selon le dharma, cet océan de compassion lui accorda aussi tout. Ainsi, en recevant cette grâce d’Īśvara seul, Brahmā atteignit aussitôt l’état d’être le Soi de tous.
Verse 35
त्वरमाणोथ संगम्य ददर्श पुरुषोत्तमम् । क्षीरार्णवालये शुभ्रे विमाने सूर्यसंनिभे
Se hâtant, il s’approcha et vit Puruṣottama, la Personne Suprême. Dans la demeure éclatante de l’Océan de Lait, Il se tenait dans un vimāna faste et lumineux, resplendissant comme le soleil.
Verse 36
हेमरत्नान्विते दिव्ये मनसा तेन निर्मिते । अनंतभोगशय्यायां शयानं पंकजेक्षणम्
Sur une couche divine ornée d’or et de joyaux—façonnée par lui par la puissance de l’esprit—il contempla le Seigneur aux yeux de lotus, étendu sur le lit aux multiples replis d’Ananta, le Serpent infini.
Verse 37
चतुर्भुजमुदारांगं सर्वाभरणभूषितम् । शंखचक्रधरं सौम्यं चन्द्रबिंबसमाननम्
Il avait quatre bras, des membres nobles, et portait tous les ornements—tenant la conque et le disque; d’une présence douce, le visage pareil à l’orbe de la lune.
Verse 38
श्रीवत्सवक्षसं देवं प्रसन्नमधुरस्मितम् । धरामृदुकरांभोजस्पर्शरक्तपदांबुजम्
Ils contemplèrent le Seigneur rayonnant, dont la poitrine portait la marque de Śrīvatsa, le visage serein au sourire doux et suave; et ses pieds de lotus étaient teintés de rouge par le tendre contact des mains de la Terre, douces comme des lotus.
Verse 39
क्षीरार्णवामृतमिव शयानं योगनिद्रया । तमसा कालरुद्राख्यं रजसा कनकांडजम्
Il reposait dans le sommeil yogique, tel le nectar demeurant dans l’Océan de Lait. Par le tamas, on le nommait Kālarudra; par le rajas, le Né du Œuf d’or, Hiraṇyagarbha.
Verse 40
सत्त्वेन सर्वगं विष्णुं निर्गुणत्वे महेश्वरम् । तं दृष्ट्वा पुरुषं ब्रह्मा प्रगल्भमिदमब्रवीत्
Par le mode de sattva, il perçut Viṣṇu comme le principe qui pénètre tout; et reconnut Maheśvara, dans sa nature nirguṇa, comme au-delà de toute qualité. Brahmā—ayant contemplé ce Puruṣa suprême—prononça hardiment ces paroles.
Verse 41
ग्रसामि त्वामहं विष्णो त्वमात्मानं यथा पुरा । तस्य तद्वचनं श्रुत्वा प्रतिबुद्ध्य पितामहम्
«Ô Viṣṇu, je t’engloutirai, comme jadis tu engloutis ton propre être.» À ces paroles, Pitāmaha (Brahmā) s’éveilla à la vérité.
Verse 42
उदैक्षत महाबाहुस्स्मितमीषच्चकार च । तस्मिन्नवसरे विष्णुर्ग्रस्तस्तेन महात्मना
Le Puissant-aux-grands-bras regarda et esquissa un léger sourire. À cet instant même, Viṣṇu fut saisi et dominé par ce grand Être.
Verse 43
सृष्टश्च ब्रह्मणा सद्यो भ्रुवोर्मध्यादयत्नतः । तस्मिन्नवसरे साक्षाद्भगवानिन्दुभूषणः
Brahmā le créa aussitôt, sans effort, de l’espace entre ses sourcils. À cet instant même, le Seigneur en personne—Śiva, paré de la lune—se manifesta directement.
Verse 44
शक्तिं तयोरपि द्रष्टुमरूपो रूपमास्थितः । प्रसादमतुलं कर्तुं पुरा दत्तवरस्तयोः
Afin que tous deux puissent contempler Sa Puissance divine, le Seigneur sans forme prit une forme. Désireux d’accorder une grâce incomparable, Lui—qui jadis leur avait octroyé des dons—se manifesta ainsi.
Verse 45
आगच्छत्तत्र यत्रेमौ ब्रह्मनारायणौ स्थितौ । अथ तुष्टुवतुर्देवं प्रीतौ भीतौ च कौतुकात्
Il vint là où se tenaient Brahmā et Nārāyaṇa. Alors, saisis d’émerveillement—à la fois joyeux et révérencieux—ils chantèrent des hymnes de louange à ce Deva, le Seigneur.
Verse 46
प्रणेमतुश्च बहुशो बहुमानेन दूरतः । भवोपि भगवानेतावनुगृह्य पिनाकधृक्
De loin, ils se prosternèrent maintes fois avec une profonde vénération. Alors le Seigneur Bhava—Śiva, porteur de l’arc Pināka—dans sa grâce leur accorda sa faveur.
Verse 47
सादरं पश्यतोरेव तयोरंतरधीयत
Alors même que tous deux regardaient avec une attention révérencieuse, Il disparut de leur vue.
The sages challenge the compatibility of Rudra’s primordial supremacy (ādideva, yuga-end dissolver) with statements that he became Brahmā’s son and that Brahmā, Viṣṇu, and Rudra arise from one another.
The chapter signals that Purāṇic genealogy must be read through causal categories—guṇa and pradhāna—so that “birth” and “sonship” can denote functional manifestation within cosmic process rather than ontological dependence.
Rudra is invoked as Virūpākṣa, Śūladhara, Hara, Kālātmā, Kapardī, and Nīlalohita—emphasizing his fiery, time-associated power of dissolution and lordship over other cosmic authorities.