
L’Adhyāya 9 raconte la préparation de Śiva, semblable à une consécration, avant le conflit imminent, par la présentation d’un mahādivya ratha, char divin merveilleux, et l’ascension du Seigneur sur celui-ci. Sanatkumāra décrit comment Brahmā équipe le char, dont les chevaux sont identifiés aux Nigamas/Vedas, puis l’offre solennellement à Śiva (Śūlin). Śiva, sarvadevamaya—qui contient l’essence de toutes les divinités—monte sur le char au milieu des louanges des ṛṣis et des êtres célestes, en présence de Brahmā, Viṣṇu et des lokapālas. À l’instant où il s’y installe, les chevaux nés du Veda s’inclinent; la terre tremble, les montagnes vacillent, et Śeṣa souffre sous le poids soudain. Un porteur lié à “Dharanīdhara” surgit sous la forme d’un taureau souverain (vṛṣendra-rūpa) pour soutenir le char un moment, mais même ce soutien chancelle devant le tejas, l’éclat de Śiva. Le sārathi (cocher) saisit alors les rênes, relève et stabilise les chevaux, et assure la marche du char. L’ensemble forme un tableau liminaire d’avant-bataille: la hiérarchie divine s’y déploie, les présages cosmiques attestent la splendeur incommensurable de Śiva, et le récit guerrier s’ancre dans l’appareil symbolique védique (ratha/haya/nigama), à la fois action mythique et déclaration théologique.
Verse 1
सनत्कुमार उवाच । ईदृग्विधं महादिव्यं नानाश्चर्यमयं रथम् । संनह्य निगमानश्वांस्तं ब्रह्मा प्रार्पयच्छिवम्
Sanatkumāra dit : Ayant ainsi préparé ce char suprêmement divin, empli de merveilles diverses, et y ayant attelé les chevaux sous la forme des Veda, Brahmā l’offrit à Śiva.
Verse 2
शंभवेऽसौ निवेद्याधिरोपयामास शूलिनम् । बहुशः प्रार्थ्य देवेशं विष्ण्वादिसुरसमतम्
Après avoir soumis sa requête à Śambhu, il supplia maintes fois le Seigneur des dieux—Śūlin, le Suprême porteur du trident—honoré comme refuge égal de Viṣṇu et des autres divinités.
Verse 3
ततस्तस्मिन्रथे दिव्ये रथप्राकारसंयुते । सर्वदेवमयः शंभुरारुरोह महाप्रभुः
Alors le grand Seigneur Śambhu—qui porte en lui la présence et les puissances de tous les dieux—monta sur ce char divin, muni de remparts protecteurs, afin de s’avancer vers le combat.
Verse 4
ऋषिभिः स्तूयमानश्च देवगंधर्वपन्नगैः । विष्णुना ब्रह्मणा चापि लोकपालैर्बभूव ह
En vérité, il était loué par les ṛṣi, par les dieux, les Gandharva et les serpents; et aussi par Viṣṇu, par Brahmā, ainsi que par les gardiens des mondes.
Verse 5
उपावृतश्चाप्सरसां गणैर्गीतविशारदः । शुशुभे वरदश्शम्भुस्स तं प्रेक्ष्य च सारथिम्
Entouré de troupes d’Apsarās expertes en chant, le Seigneur Śambhu, dispensateur de grâces, resplendit de splendeur; puis, ayant regardé ce cocher, il se prépara à agir au cœur du combat.
Verse 6
तस्मिन्नारोऽहतिरथं कल्पितं लोकसंभृतम् । शिरोभिः पतिता भूमौ तुरगा वेदसंभवाः
Là, ce char—façonné par Nārā et Ahaṭi et assemblé grâce aux ressources des mondes—fut abattu par le choc. Sur le sol tombèrent les chevaux, nés des Veda, la tête inclinée.
Verse 7
चचाल वसुधा चेलुस्सकलाश्च महीधराः । चकंपे सहसा शेषोऽसोढा तद्भारमातुरः
La terre chancela, et toutes les montagnes frémirent. Soudain, même Śeṣa trembla—accablé par le fardeau, incapable d’en soutenir le poids.
Verse 8
अथाधः स रथस्यास्य भगवान्धरणीधरः । वृषेन्द्ररूपी चोत्थाय स्थापयामास वै क्षणम्
Alors, sous ce char, le Seigneur Bienheureux—Soutien de la terre—se dressa sous la forme d’un taureau puissant et, l’espace d’un instant, le maintint fermement en place.
Verse 9
क्षणांतरे वृषेन्द्रोऽपि जानुभ्यामगमद्धराम् । रथारूढमहेशस्य सुतेजस्सोढुमक्षमः
L’instant d’après, même le Taureau souverain tomba à terre sur ses genoux, incapable de soutenir l’éclat brûlant de Mahādeva, monté sur le char.
Verse 10
अभीषुहस्तो भगवानुद्यम्य च हयांस्तदा । स्थापयामास देवस्य पचनाद्वैरथं वरम्
Alors le Seigneur Bienheureux, les rênes en main, releva et maîtrisa les chevaux; puis il établit pour le Deva un char splendide, un véhicule d’exception façonné par l’art de Pacanā.
Verse 11
ततोऽसौ नोदयामास मनोमारुतरंहसः । ब्रह्मा हयान्वेदमयान्नद्धान्रथवरे स्थितः
Alors Brahmā, assis sur son char d’excellence, lança ces chevaux rapides comme la pensée et le vent—des chevaux façonnés de l’essence même des Veda et harnachés pour la course.
Verse 12
पुराण्युद्दिश्य वै त्रीणि तेषां खस्थानि तानि हि । अधिष्ठिते महेशे तु दानवानां तरस्विनाम्
Selon les récits anciens, il y eut en vérité trois (citadelles), et celles-ci étaient leurs forteresses célestes. Mais lorsque Maheśa prit position et présida le champ, la puissance des Dānavas, si vaillants, fut placée sous Sa souveraineté.
Verse 13
अथाह भगवान्रुद्रो देवानालोक्य शंकरः । पशूनामाधिपत्यं मे धद्ध्वं हन्मि ततोऽसुरान्
Alors Bhagavān Rudra—Śaṅkara—ayant regardé les dieux, dit : «Remettez-moi la seigneurie sur tous les êtres (paśu, les âmes liées) ; alors je frapperai les asuras».
Verse 14
पृथक्पशुत्वं देवानां तथान्येषां सुरोत्तमाः । कल्पयित्वैव वध्यास्ते नान्यथा दैत्यसत्तमाः
Ô meilleurs des dieux ! Ce n’est qu’en disposant les dieux —et les autres aussi— en des états séparés de « paśu », impuissants comme des bêtes, que ces Daityas éminents peuvent être mis à mort ; autrement, cela ne peut s’accomplir.
Verse 15
सनत्कुमार उवाच । इति श्रुत्वा वचस्तस्य देवदेवस्य धीमतः । विषादमगमन्सर्वे पशुत्वं प्रतिशंकिताः
Sanatkumāra dit : Ayant entendu ces paroles du sage Deva-deva, le Seigneur des seigneurs, tous furent saisis d’abattement, craignant d’être réduits à l’état de paśu, âmes liées.
Verse 16
तेषां भावमथ ज्ञात्वा देवदेवोऽम्बिकापतिः । विहस्य कृपया देवाञ्छंभुस्तानिदमब्रवीत्
Alors Devadeva—Śambhu, l’Époux d’Ambikā—ayant compris leur état intérieur, sourit; puis, par compassion, il adressa à ces dieux les paroles suivantes.
Verse 17
शंभुरुवाच । मा वोऽस्तु पशुभावेऽपि पातो विबुधसत्तमाः । श्रूयतां पशुभावस्य विमोक्षः क्रियतां च सः
Śambhu dit : «Ô vous, les meilleurs des dieux, qu’il n’y ait pour vous aucune chute—pas même dans l’état de paśu-bhāva, la condition de l’âme liée. Écoutez : que soit entendu le moyen de délivrance de la paśuité, et que cette libération soit accomplie.»
Verse 18
यौ वै पाशुपतं दिव्यं चरिष्यति स मोक्ष्यति । पशुत्वादिति सत्यं वः प्रतिज्ञातं समाहिताः
Quiconque accomplit avec vérité l’observance divine du Pāśupata obtient la délivrance. «De l’état de paśu, l’âme liée, on est affranchi» : telle est la promesse véridique que je vous ai faite ; demeurez fermes et recueillis.
Verse 19
ये चाप्यन्ये करिष्यंति व्रतं पाशुपतं मम । मोक्ष्यंति ते न संदेहः पशुत्वात्सुरसत्तमाः
Et même d’autres, ô le meilleur des dieux, qui entreprendront ce vœu de Pāśupata qui est mien : sans aucun doute ils seront délivrés. Car, du fait même d’être paśu, l’âme liée, lorsqu’ils prennent refuge en Paśupati, Seigneur des êtres, ils sont aptes à être relâchés.
Verse 20
नैष्ठिकं द्वादशाब्दं वा तदर्थं वर्षकत्रयम् । शुश्रूषां कारयेद्यस्तु स पशुत्वाद्विमुच्यते
Celui qui accomplit (ou fait accomplir) pour ce but un service dévot (śuśrūṣā)—soit comme vœu inébranlable de douze ans, soit trois ans comme équivalent—est affranchi de l’état de paśu, l’âme liée.
Verse 21
तस्मात्परमिदं दिव्यं चरिष्यथ सुरोत्तमाः । पशुत्वान्मोक्ष्यथ तदा यूयमत्र न संशयः
Ainsi donc, ô les plus éminents parmi les dieux, suivez désormais cette voie divine de conduite ; alors vous serez délivrés de la condition de paśu, l’âme enchaînée. De cela, point de doute.
Verse 22
सनत्कुमार उवाच । इत्याकर्ण्य वचस्तस्य महेशस्य परात्मनः । तथेति चाब्रुवन्देवा हरिब्रह्मादयस्तथा
Sanatkumāra dit : Ayant ainsi entendu les paroles de Mahēśa, le Soi suprême, les dieux—avec Hari (Viṣṇu), Brahmā et les autres—répondirent : « Qu’il en soit ainsi ».
Verse 23
तस्माद्वै पशवस्सर्वे देवासुरवराः प्रभोः । रुद्रः पशुपतिश्चैव पशुपाशविमोचकः
Ainsi, tous les êtres sont véritablement le « bétail » du Seigneur—des âmes liées—même les plus éminents parmi les devas et les asuras. Rudra seul est Paśupati, et c’est Lui le libérateur qui délivre le paśu des liens du pāśa.
Verse 24
तदा पशुपतीत्येतत्तस्य नाम महेशितुः । प्रसिद्धमभवद्वध्वा सर्वलोकेषु शर्मदम्
Alors, après avoir terrassé l’ennemi, ce nom du Grand Seigneur—« Paśupati »—devint célèbre dans tous les mondes, dispensant auspice et paix.
Verse 25
मुदा जयेति भाषंतस्सर्वे देवर्षयस्तदा । अमुदंश्चाति देवेशो ब्रह्मा विष्णुः परेऽपि च
Alors tous les sages divins s’écrièrent avec joie : « Victoire ! Victoire ! » Pourtant le Seigneur des dieux—Brahmā, Viṣṇu et les autres encore—ne se réjouissait point.
Verse 26
तस्मिंश्च समये यच्च रूपं तस्य महात्मनः । जातं तद्वर्णितुं शक्यं न हि वर्षशतैरपि
Et, à cet instant même, la forme qui se manifesta de ce grand être était telle qu’on ne saurait la décrire en vérité, fût-ce en des centaines d’années.
Verse 27
एवं विधो महेशानो महेशान्यखिलेश्वरः । जगाम त्रिपुरं हंतुं सर्वेषां सुखदायकः
Ainsi disposé, Maheshāna—Seigneur de Maheshānī, souverain de l’univers—se mit en route pour détruire Tripura, car il est le dispensateur du bien-être et de la félicité véritable à tous les êtres.
Verse 28
तं देवदेवं त्रिपुरं निहंतुं तदानु सर्वे तु रविप्रकाशाः । गजैर्हयैस्सिंहवरै रथैश्च वृषैर्ययुस्तेऽमरराजमुख्याः
Alors, pour aider le Devadeva à détruire Tripura, tous ces seigneurs éminents parmi les immortels—resplendissants comme le soleil—s’avancèrent, montés sur des éléphants, des chevaux, de nobles lions, des chars et des taureaux.
Verse 29
हलैश्च शालैर्मुशलैर्भुशुण्डैर्गिरीन्द्रकल्पैर्गिरिसंनिभाश्च । नानायुधैस्संयुतबाहवस्ते ततो नु हृष्टाः प्रययुस्सुरेशाः
Armés de charrues, de piques, de massues et de lourds gourdins—les uns pareils à de puissantes montagnes, les autres semblables à des sommets—et les bras munis de maintes armes, ces seigneurs des dieux s’élancèrent alors, transportés de joie.
Verse 30
नानायुधाढ्याः परमप्रकाशा महोत्सवश्शंभुजयं वदंतः । ययुः पुरस्तस्य महेश्वरस्य तदेन्द्रपद्मोद्भवविष्णुमुख्याः
Brillants d’un éclat souverain et portant maintes armes, ils s’avancèrent devant ce Maheśvara, clamant dans une joie de fête : « Victoire à Śambhu ! », avec Indra, Brahmā (le Né du Lotus) et Viṣṇu au premier rang.
Verse 31
जहृषुर्मुनयस्सर्वे दंडहस्ता जटाधराः । ववृषुः पुष्पवर्षाणि खेचरा सिद्धचारणाः
Tous les sages—bâton en main et cheveux en nattes—se réjouirent ; et les Siddhas et Cāraṇas, qui se meuvent dans le ciel, firent pleuvoir des averses de fleurs en célébration.
Verse 32
पुत्रत्रयं च विप्रेन्द्रा व्रजन्सर्वे गणेश्वराः । तेषां संख्या च कः कर्तुं समर्थो वच्मि कांश्चन
Ô le plus éminent des brāhmaṇa, tous ces Gaṇeśvara s’avancèrent en marche, avec leurs trois fils. Qui donc pourrait compter leur multitude ? Je n’en citerai que quelques-uns.
Verse 33
गणेश्वरैर्देवगणैश्च भृङ्गी समावृतस्सर्वगणेन्द्रवर्यः । जगाम योगांस्त्रिपुरं निहंतुं विमानमारुह्य यथा महेन्द्रः
Entouré des seigneurs des gaṇa, des troupes d’assistants divins et de Bhṛṅgī, le plus éminent de tous les chefs de gaṇa s’avança—par la puissance du yoga—pour détruire Tripura, montant sur un char céleste, tel Mahendra (Indra) sur son véhicule aérien.
Verse 34
केशो विगतवासश्च महाकेशो महाज्वरः । सोमवल्लीसवर्णश्च सोमदस्सनकस्तथा
Il est Keśa, le Rayonnant aux mèches sacrées ; il est Vigatavāsa, affranchi des voiles du monde et de tout attachement. Il est Mahākeśa, à l’immense chevelure emmêlée, et Mahājvara, la Grande Fièvre qui attise et dissipe l’embrasement du saṃsāra. Il est de la teinte de la liane Soma ; il est Soma-da, le Donateur de Soma, grâce semblable au nectar ; et il est aussi Sanaka, le Seigneur-sage à l’éternelle jeunesse.
Verse 35
सोमधृक् सूर्यवर्चाश्च सूर्यप्रेषणकस्तथा । सूर्याक्षस्सूरिनामा च सुरस्सुन्दर एव च
Il y avait Somadhṛk, Sūryavarcā, et aussi Sūryapreṣaṇaka. De même se trouvaient Sūryākṣa, Sūrināmā, Sura et Sundara également.
Verse 36
प्रस्कंदः कुन्दरश्चंडः कंपनश्चातिकंपनः । इन्द्रश्चेन्द्रजवश्चैव यंता हिमकरस्तथा
« C’étaient Praskanda, Kundara, Caṇḍa, Kampana et Atikampana ; Indra et Indrajava aussi ; ainsi que Yaṃtā et Himakara. »
Verse 37
शताक्षश्चैव पंचाक्षः सहस्राक्षो महोदरः । सतीजहुश्शतास्यश्च रंकः कर्पूरपूतनः
Il y avait aussi, dans l’affrontement, des membres puissants de la troupe de Śiva nommés Śatākṣa, Pañcākṣa, Sahasrākṣa et Mahodara ; de même Satījahu, Śatāsya, Raṅka et Karpūrapūtana, vaillants Gaṇas apparus au combat.
Verse 38
द्विशिखस्त्रिशिखश्चैव तथाहंकारकारकः । अजवक्त्रोऽष्टवक्त्रश्च हयवक्त्रोऽर्द्धवक्त्रकः
Il est Celui aux Deux Crêtes et Celui aux Trois Crêtes ; il est aussi le générateur de l’ahaṃkāra, le sentiment du « moi ». Il est Celui au visage de bouc et Celui aux huit visages ; Celui au visage de cheval et Celui au demi-visage également.
Verse 39
इत्याद्या गणपा वीरा बहवोऽपरिमेयकाः । प्रययुः परिवार्येशं लक्ष्यलक्षणवर्जिताः
Ainsi, ces Gaṇas héroïques et bien d’autres encore—innombrables—se mirent en marche en entourant leur Seigneur ; et, dépourvus de tout signe permettant de les viser ou de les reconnaître, ils avancèrent dans la bataille.
Verse 40
समावृत्य महादेवं तदापुस्ते पिनाकिनम् । दग्धुं समर्था मनसा क्षणेन सचराचरम्
Alors ils entourèrent Mahādeva, le porteur de l’arc Pināka, et s’approchèrent. Leur puissance était telle que, par la seule intention de l’esprit, ils pouvaient consumer en un instant l’univers tout entier, le mobile comme l’immobile.
Verse 41
दग्धुं जगत्सर्वमिदं समर्थाः किंत्वत्र दग्धुं त्रिपुरं पिनाकी । रथेन किं चात्र शरेण तस्य गणैश्च किं देवगणैश्च शम्भोः
Il peut consumer l’univers tout entier; et pourtant, ici, pour brûler Tripura, Pinākī (Śiva, porteur du Pināka) semble avoir besoin d’un char et d’une seule flèche. À quoi servent donc ces accessoires—voire les gaṇas et les cohortes des dieux—pour Śambhu ?
Verse 42
स एव दग्धुं त्रिपुराणि तानि देवद्विषां व्यास पिनाकपाणिः । स्वयं गतस्तत्र गणैश्च सार्द्धं निजैस्सुराणामपि सोऽद्भुतोतिः
Ô Vyāsa, ce même Seigneur — Pinākapāṇi, celui qui brandit l’arc Pināka — s’y rendit Lui-même pour réduire en cendres ces trois cités de Tripura, appartenant aux ennemis des dieux. Accompagné de Ses propres Gaṇas, et même des armées des devas, Il s’avança, merveille au-delà de toute mesure.
Verse 43
किं तत्र कारणं चान्यद्वच्मि ते ऋषिसत्तम । लोकेषु ख्यापनार्थं वै यशः परमलापहम्
Quelle autre raison y aurait-il en cette affaire ? Je te le dirai, ô le meilleur des sages : c’est bien afin que cela soit connu dans les mondes, et que soit proclamée la gloire suprême, qui détruit le péché, de Śiva et de son acte.
Verse 44
अन्यच्च कारणं ह्येतद्दुष्टानां प्रत्ययाय वै । सर्वेष्वपि च देवेषु यस्मान्नान्यो विशिष्यते
Et il y a encore une autre raison : c’est, en vérité, pour donner la certitude même aux méchants ; car parmi tous les dieux, nul ne Lui est supérieur, puisqu’aucune divinité ne L’emporte en quoi que ce soit.
Brahmā presents a wondrous divine chariot to Śiva, who ascends it amid hymns; cosmic tremors and supportive interventions (bull-form bearer, charioteer steadying the reins) mark the pre-battle mobilization.
They encode the idea that Śiva’s movement and authority are carried by Vedic revelation itself—Veda becomes the living vehicle of divine action, subordinated to and animated by Śiva’s tejas.
Śiva is emphasized as Śūlin (wielder of the trident), Varada (boon-giver), Mahāprabhu (supreme lord), and especially sarvadevamaya—whose radiance is so immense that earth, mountains, and Śeṣa react.