Adhyaya 17
Nagara KhandaTirtha MahatmyaAdhyaya 17

Adhyaya 17

Le chapitre 17 s’ouvre sur la demande des ṛṣi à Sūta : qu’il expose avec précision Chamatkārapura, sa mesure (pramāṇa) et l’énumération de ses tīrtha et sanctuaires porteurs de mérite. Sūta répond que le kṣetra s’étend sur cinq krośa et indique des repères sacrés selon les directions : Gayāśiras à l’est, l’empreinte du pied de Hari à l’ouest, et des sites de Gokarṇeśvara au sud comme au nord. Il rappelle aussi l’ancien nom Hāṭakeśvara et la renommée du lieu comme destructeur des péchés. Le propos quitte ensuite la description des limites pour une narration d’origine : à la requête des brahmanes, Sūta commence la légende du roi Vidūratha. Une chasse royale s’envenime en poursuite périlleuse à travers un terrain toujours plus rude—forêt d’épines, sans eau ni ombre, chaleur accablante et menace des prédateurs. Séparé de son armée, le roi s’épuise et le danger s’accroît, jusqu’à l’effondrement de son cheval, épisode qui prépare les révélations à venir sur la sacralité et la portée morale du lieu.

Shlokas

Verse 2

। ऋषय ऊचुः । चमत्कारपुरोत्पत्तिः श्रुता त्वत्तो महामते । तत्क्षेत्रस्य प्रमाणं यत्तदस्माकं प्रकीर्तय । यानि तत्र च पुण्यानि तीर्थान्यायतनानि च । सहितानि प्रभावेण तानि सर्वाणि कीर्तय

Les sages dirent : « Ô grand d’esprit, nous avons entendu de toi l’origine de Camatkārapura. Déclare-nous maintenant l’étendue de ce kṣetra sacré, et raconte tous les tīrtha et sanctuaires qui s’y trouvent, avec leurs puissances spirituelles. »

Verse 3

सूत उवाच । पञ्चक्रोशप्रमाणेन क्षेत्रं ब्राह्मणसत्तमाः । आयामव्यासतश्चैव चमत्कारपुरोत्तमम्

Sūta dit : «Ô meilleurs des brāhmaṇas, le saint domaine de l’illustre Camatkārapura mesure cinq krośas, en longueur comme en largeur.»

Verse 4

प्राच्यां तस्य गयाशीर्षं पश्चिमेन हरेः पदम् । दक्षिणोत्तरयोश्चैव गोकर्णेश्वरसंज्ञितौ

À l’est se trouve Gayāśīrṣa ; à l’ouest, l’Empreinte du Pied de Hari. Et au sud comme au nord se tiennent des lieux appelés Gokarṇeśvara.

Verse 5

हाटकेश्वर संज्ञं तु पूर्वमासीद्द्विजोत्तमाः । तत्क्षेत्रं प्रथितं लोके सर्वपातकनाशनम्

Ô meilleurs des deux-fois-nés, jadis il portait le nom de Hāṭakeśvara ; et ce kṣetra sacré est renommé dans le monde comme l’anéantisseur de tous les péchés.

Verse 6

यतः प्रभृति विप्रेभ्यो दत्तं तेन महात्मना । चमत्कारेण तत्स्थानं नाम्ना ख्यातिं ततो गतम्

Dès lors, parce que ce grand d’âme l’offrit aux brāhmaṇas, le lieu —par un prodige— devint célèbre sous ce même nom.

Verse 7

ब्राह्मणा ऊचुः । यदेतद्भवता प्रोक्तं तस्य पूर्वे गयाशिरः । माहात्म्यं तस्य नो ब्रूहि सूतपुत्र सविस्तरम्

Les brāhmaṇas dirent : «Tu as mentionné que, à l’est de cette région, se trouve Gayāśīrṣa. Ô fils de Sūta, dis-nous en détail la grandeur de ce lieu saint.»

Verse 8

सूत उवाच । आसीद्विदूरथोनाम हैहयाधिपतिः पुरा । यो वै दानपतिर्दक्षः शत्रुपक्षक्षयावहः

Sūta dit : « Jadis régna sur les Haihayas un roi nommé Vidūratha, habile en tant que seigneur de la générosité, et porteur de ruine pour les rangs ennemis. »

Verse 9

स कदाचिन्मृगान्हंतुं नृपः सेनावृतो ययौ । नानावृक्षलताकीर्णं वनं श्वापदसंकुलम्

Un jour, ce roi partit—entouré de son armée—pour chasser le cerf, et pénétra dans une forêt foisonnante d’arbres et de lianes de toutes sortes, grouillante de bêtes sauvages.

Verse 10

स जघान मृगांस्तत्र शरैराशीविषोपमैः । महिषांश्चवराहांश्च तरक्षूञ्च्छम्बरान्रुरून्

Là, il abattit les bêtes sauvages de flèches pareilles à des serpents venimeux : cerfs, buffles, sangliers, hyènes, cerfs sambar et antilopes, manifestant la fougue farouche de la chasse royale.

Verse 11

सिंहान्व्याघ्रान्गजान्मत्ताञ्च्छतशोऽथ सहस्रशः । अथ तेन मृगो विद्धः शरेणाऽनतपर्वणा

Lions, tigres et éléphants en rut—par centaines et même par milliers—furent affrontés ; puis ce cerf fut transpercé par sa flèche aux jointures inflexibles.

Verse 12

न पपात धरापृष्ठे सशरो दुद्रुवे द्रुतम् । ततः स कौतुकाविष्टस्तस्य पृष्ठे हयोत्तमम् । प्रेरयामास वेगेन मनोमारुतवेगधृक्

Bien que percé de la flèche, il ne tomba pas sur la terre : il s’enfuit à toute vitesse. Alors le roi, saisi de curiosité, lança son meilleur cheval à sa poursuite, le poussant d’un élan pareil au vent et à la pensée.

Verse 13

ततः सैन्यं समुत्सज्य मृगं लिप्सुर्महीपतिः । अन्यद्वनांतरं प्राप्तो रौद्रं चित्तभयावहम्

Alors le roi, désireux de capturer le cerf, laissa son armée en arrière et entra dans une autre étendue de forêt, farouche, redoutable, et terrifiante pour le cœur.

Verse 14

कण्टकीबदरीप्रायं शाल्मलीवनसंकुलम् । तथान्यैः कण्टकाकीर्णै रूक्षै र्वृक्षैः समन्वितम्

C’était une contrée remplie de jujubiers épineux et de fourrés denses de śālmalī, encombrée aussi d’autres arbres rudes, hérissés d’épines.

Verse 15

तत्र रूक्षाऽखिला भूमिर्निर्जला तमसा वृता । चीरिकोलूकगृधाढ्या शीर्षच्छायाविवर्जिता

Là, toute la terre était aride et sans eau, enveloppée de ténèbres; elle regorgeait de cris d’oiseaux, de hiboux et de vautours, et se trouvait privée de toute ombre protectrice au-dessus.

Verse 16

ग्रीष्मे मध्यगते सूर्ये मृगाकृष्टः स पार्थिवः । दूराध्वानं जगामाऽथ प्रासपाणिर्वराश्वगः

En la saison d’été, le soleil au zénith, ce roi, entraîné par le cerf, parcourut une longue distance, la lance à la main, monté sur un cheval d’exception.

Verse 17

तेन तस्यानुगा भृत्याः सर्वे सुश्रांतवाहनाः । क्षुत्पिपासाकुलाः श्रांताः स्थाने स्थाने समाश्रिताः

Par suite de cette poursuite, ses serviteurs qui le suivaient —tous avec des montures exténuées— furent tourmentés par la faim et la soif; harassés, ils cherchèrent refuge çà et là sur la route.

Verse 18

सिंहव्याघ्रैस्तथा चान्यैः पतिता नष्टचेतनाः । भक्ष्यंते चेतयन्तोऽपि तथाऽन्ये चलनाक्षमाः

Les uns, tombés sans connaissance, furent dévorés par des lions, des tigres et d’autres bêtes; les autres, bien que conscients, furent aussi mangés, incapables même de se mouvoir.

Verse 19

ततः सोऽपि महीपालः क्षुत्पिपासासमाकुलः । दृष्ट्वा तद्व्यसनं प्राप्तमात्मनः सेवकैः समम्

Alors le roi lui-même, tourmenté par la faim et la soif, vit ce malheur survenu à ses serviteurs, tout comme à lui-même.

Verse 20

कांतारस्यांतमन्विच्छन्प्रेरयामास तं हयम् । जात्यं सर्वगुणोपेतं कशाघातैः प्रताडयन्

Cherchant l’extrémité de la forêt sauvage, il lança ce cheval en avant—un coursier de noble race, comblé de toutes qualités—le pressant par des coups de fouet.

Verse 21

ततः स नृपतिस्तेन वायुवेगेन वाजिना । नीतो दूरं दुर्गमार्गं सर्वजंतुविवर्जितम्

Alors ce roi, emporté par le coursier à la vitesse du vent, fut mené très loin sur un chemin difficile, déserté de toute créature.

Verse 22

एवं तस्य नरेन्द्रस्य कांदिशीकेऽनवस्थिते । सोऽश्वोऽपतद्धरापृष्ठे सोऽप्यधस्तात्तुरंगमात्

Ainsi, lorsque ce seigneur des hommes, égaré et chancelant, ne tenait plus ferme, le cheval s’abattit sur la terre, et lui aussi tomba de la monture.