Adhyaya 110
Purva BhagaFourth QuarterAdhyaya 11049 Verses

The Exposition of the Pratipadā Vrata for the Twelve Months

Nārada demande un exposé progressif des tithi afin de déterminer les vrata avec clarté. Sanātana répond en ouvrant la suite des tithi par Pratipadā et affirme que l’ordre juste des tithi, à lui seul, confère la siddhi. Le chapitre ancre Pratipadā dans la création de Caitra au lever du soleil et enseigne que les rites essentiels de Pratipadā doivent être observés comme pūrvaviddhā. Il prescrit la Mahāśānti pour ôter impuretés, maléfices et péchés de l’âge de Kali, en détaillant le culte de Brahmā (pādya/arghya, fleurs, encens, vêtements, ornements, naivedya), puis le homa et la satiation des brāhmaṇa, avant l’adoration ordonnée des divinités. Le dāna de tissu et d’or avec « Oṁ » et de l’eau sanctifiée est requis; l’achèvement demande la dakṣiṇā, définissant un Sauri-vrata et aussi un Vidyā-vrata au même tithi. Il introduit un rite de « tilaka » enseigné par Kṛṣṇa (fleur karavīra, sept grains germés, fruits, mantra de pardon) et déclare que la Pratipadā śukla de Bhādrapada accorde Lakṣmī et buddhi; on la commence un lundi pour 3,5 mois, avec jeûne et culte en Kārtika et don de vāyana. Sont encore exposés le Mauna-vrata pour Śiva (16 offrandes, Śiva d’or sur kumbha, don d’une vache), l’Aśoka-vrata, Navarātra (ghaṭa-sthāpana, germinations, récitation du Devī-māhātmya, kumārī-pūjā), l’Annakūṭa de Viṣṇu à Govardhana, le Dhana-vrata en Mārgaśīrṣa kṛṣṇa-pakṣa, des rites à Sūrya/Agni/Śiva les mois suivants, et le culte de Viṣṇu en Vaiśākha menant au sāyujya. La conclusion réaffirme brahmacarya et haviṣyānna comme règles générales pour tous ces Pratipadā-vrata.

Shlokas

Verse 1

नारद उवाच । पुराणसूत्रमखिलं श्रुतं तव मुखाद्विभो । मरीचये यथा प्रोक्तं ब्रह्मणा परमेष्ठिना ॥ १ ॥

Nārada dit : Ô vénérable, j’ai entendu de ta propre bouche l’ensemble du sūtra purānique, tel que Parameṣṭhin Brahmā l’enseigna à Marīci.

Verse 2

अधुना तु महाभाग तिथीनां वै कथानकम् । क्रमतो मह्यमाख्याहि यथा स्याद्वतनिश्चयः ॥ २ ॥

À présent, ô très fortuné, raconte-moi, pas à pas, le récit des tithis (jours lunaires), afin qu’une détermination claire des vratas (vœux sacrés) puisse être établie.

Verse 3

यस्मिन्मासे तु या पुण्या तिथिर्येन उपासिता । यद्विधानं च पूजादेस्तत्सर्वं वद सांप्रतम् ॥ ३ ॥

Dans quel mois doit-on observer le tithi (jour lunaire) méritoire, et de quelle manière l’entreprendre avec vénération ? Dis-moi maintenant, en entier, la juste procédure de la pūjā et des rites qui s’y rattachent.

Verse 4

सनातन उवाच । श्रृणु नारद वक्ष्यामि तिथीनां ते व्रतं पृथक् । तिथीशानुक्रमादेव सर्वसिद्धिविधायकम् ॥ ४ ॥

Sanātana dit : Écoute, ô Nārada ; je t’exposerai séparément les vœux (vrata) liés à chaque tithi. Suivre l’ordre juste des tithis devient, de lui-même, un moyen qui confère toutes les siddhis (accomplissements).

Verse 5

चैत्रे मासि जगद्ब्रह्मा ससज प्रथमेऽहनि । शुक्लपक्षे समग्रं वै तदा सूर्योदये सति ॥ ५ ॥

Au mois de Caitra, Jagad-Brahmā créa l’univers entier dès le tout premier jour—durant la quinzaine claire (śukla-pakṣa)—au moment du lever du soleil.

Verse 6

वत्सरादौ वसंतादौ बलिराज्ये तथैव च । पूर्वविद्धैव कर्तव्या प्रतिपत्सर्वदा बुधैः ॥ ६ ॥

Au début de l’année, au début du printemps, et de même durant la période/observance liée à Bali, les sages doivent toujours accomplir la Pratipat (premier tithi) selon la règle dite « pūrvaviddhā », c’est-à-dire d’après sa survenue antérieure.

Verse 7

तत्र कार्या महाशांतिः सर्वकल्मषनाशिनी । सर्वोत्पातप्रशमनी कलिदुष्कृतहारिणी ॥ ७ ॥

Là, l’on doit accomplir le grand rite d’apaisement, la Mahāśānti, qui détruit toute souillure, calme tout mauvais présage et toute calamité, et ôte les effets fautifs de l’âge de Kali.

Verse 8

आयुः प्रदापुष्टिकरी धनसौभाग्यवर्द्धिनी । मंगल्या च पवित्रा च लोकद्वयमुखावहा ॥ ८ ॥

Elle confère une longue vie et apporte la nourriture; elle accroît la richesse et la bonne fortune. Elle est de bon augure et purificatrice, et mène au bien-être des deux mondes (ici-bas et l’au-delà).

Verse 9

तस्यामादौ तु संपूज्यो ब्रह्मा वह्निवपुर्धरः । पाद्यार्ध्यपुष्पधूपैश्च वस्त्रालंकारभोजनैः ॥ ९ ॥

Dans ce rite, tout d’abord, Brahmā—dont le corps est de nature ignée—doit être honoré comme il se doit, par l’offrande de l’eau pour les pieds (pādya) et de l’arghya, avec fleurs et encens, ainsi que vêtements, parures et nourriture.

Verse 10

होमैर्बल्युपहारैश्च तथा ब्राह्मणतर्पणैः । ततः क्रमेण देवेभ्यः पूजा कार्या पृथक्पृथक् ॥ १० ॥

Par les offrandes au feu (homa), par les bali et les présents, et de même par le tarpaṇa en l’honneur des brāhmaṇas, ensuite l’adoration doit être accomplie, selon l’ordre prescrit, pour les divinités, chacune séparément.

Verse 11

कृत्वोंकार नमस्कारं कुशोदकतिलाक्षतैः । सवस्त्रं सहिरण्यं च ततो दद्याद्दिजातये ॥ ११ ॥

Après avoir accompli la salutation révérencieuse avec la syllabe Oṁ, en utilisant de l’eau consacrée avec herbe kuśa, sésame et grains de riz (akṣata), on doit ensuite donner à un « deux-fois-né » (brāhmaṇa) un vêtement avec de l’or.

Verse 12

दक्षिणां वेदविदुषे व्रतसंपूर्तिहेतवे । एवं पूजाविशेषेण व्रतं स्यात्सौरिसंज्ञकम् ॥ १२ ॥

On doit offrir la dakṣiṇā à un connaisseur du Veda, afin d’achever le vœu. Ainsi, par ce mode particulier de culte, l’observance est appelée Sauri-vrata.

Verse 13

आरोग्यदं नृणां विप्र तस्मिन्नेव दिने मुने । विद्याव्रतमपि प्रोक्तमस्यामेव तिथौ मुने ॥ १३ ॥

Ô brāhmane, cette observance accorde la santé aux hommes en ce jour même, ô sage. Et le vœu pour obtenir la connaissance (Vidyā-vrata) est également prescrit à cette même tithi, ô muni.

Verse 14

तिलकं नाम च प्रोक्तं कृष्णेनाजातशत्रवे । अथ ज्येष्ठे सिते पक्षे पक्षत्यां दिवसोदये ॥ १४ ॥

Le rite nommé « tilaka » fut enseigné par Kṛṣṇa à Ajātaśatru ; et il fut (d’abord) exposé au mois de Jyeṣṭha, durant la quinzaine claire, le huitième jour lunaire, au lever du soleil.

Verse 15

देवोद्यानभवं हृद्यं करवीरं समर्चयेत् । रक्ततन्तुरीधानं गंधधूपविलेपनैः ॥ १५ ॥

Qu’on rende un culte respectueux à la fleur de karavīra, charmante et née des jardins des dieux, avec du bois d’allumage ceint d’un fil rouge, et avec des onguents parfumés ainsi que de l’encens odorant pour la fumigation.

Verse 16

प्ररूढसप्तधान्यैश्च नारगैर्बीजपूरकैः । अभ्युक्ष्याक्षततोयेन मंत्रेणेत्थं क्षमापयेत् ॥ १६ ॥

Avec sept sortes de grains germés, avec des grenades et des cédrats, qu’on asperge d’une eau mêlée de riz intact (akṣata) ; puis, par le mantra, ainsi, qu’on demande pardon et qu’on apaise la puissance sacrée offensée.

Verse 17

करवीर वृषावास नमस्ते भानुवल्लभ । दंभोलिमृडदुर्गादिदेवानां सततं प्रिय ॥ १७ ॥

Ô Karavīra, ô Vṛṣāvāsa, salut à toi, bien-aimé du Soleil. Tu es à jamais cher aux dieux tels qu’Indra, le porteur de la foudre, Śiva, Durgā et les autres.

Verse 18

आकृष्णेनेति वेदोक्तमंत्रेणेत्थं क्षमापयेत् । एवं भक्त्या समभ्यर्च्य दत्त्वा विप्राय दक्षिणाम् ॥ १८ ॥

Ainsi, qu’on implore le pardon en récitant le mantra prescrit par les Veda, commençant par « ākṛṣṇena ». Puis, après avoir adoré avec bhakti selon le rite, qu’on offre la dakṣiṇā à un brāhmaṇa savant.

Verse 19

प्रदक्षिणं ततः कुर्यात्पश्चात्स्वभवनं व्रजेत् । नभः शुक्ले प्रतिपदि लक्ष्मीबुद्धिप्रदायकम् ॥ १९ ॥

Ensuite, qu’on accomplisse la pradakṣiṇā, puis qu’on retourne à sa demeure. Cette observance, pratiquée au jour de pratipad (premier jour lunaire) de la quinzaine claire du mois de Nabhas (Bhādrapada), confère Lakṣmī et la clarté de buddhi.

Verse 20

धर्मार्थकाममोक्षाणां निदानं परमं व्रतम् । सोमवारं समारभ्य सार्धमासत्रयं द्विज ॥ २० ॥

Ô dvija, ce vœu suprême est la source éminente de dharma, artha, kāma et mokṣa. Commence-le un lundi et observe-le durant trois mois et demi.

Verse 21

कार्तिकासितभूतायामुपोष्यं व्रततत्परः । पूर्णायां शिवमभ्यर्च्य सुवण वंशसंयुतम् ॥ २१ ॥

À la nuit de nouvelle lune de Kārtika, celui qui est voué au vœu doit jeûner ; et au jour de pleine lune, après avoir adoré Śiva, qu’il offre, selon le rite, un présent tel qu’un bâton de bambou en or (ou un bambou d’or).

Verse 22

वायनं सुमहत्पुण्यं देवताप्रीतिवर्धकम् । दद्याद्विप्राय संकल्प्य धनवृद्ध्यै मुनीश्वर ॥ २२ ॥

L’offrande appelée vāyana est d’un mérite immense et accroît la satisfaction des divinités. Ô seigneur des sages, qu’on la donne à un brāhmaṇa en formulant un saṅkalpa solennel pour l’accroissement des richesses.

Verse 23

भाद्रशुक्लप्रतिपदि व्रतं नाम्ना महत्तमम् । व्रतं मौनाह्वयं केचित्प्राहुरत्र शिवोऽर्च्यते ॥ २३ ॥

Au jour de Pratipadā, premier jour lunaire de la quinzaine claire de Bhādrapada, il est un vœu renommé comme extrêmement grand. Certains l’appellent le vœu de « Mauna » (silence) ; en cette observance, Śiva est honoré par le culte.

Verse 24

नैवेद्यं तु पचेन्मौनी षोडशत्रिगुणानि च । फलानि पिष्टपक्वानि दद्याद्विप्राय षोडश ॥ २४ ॥

Celui qui observe le silence doit préparer le naivedya, l’offrande de nourriture, en quantité égale à seize multiplié par trois ; et il doit donner à un brāhmaṇa seize parts de fruits et seize mets cuits à base de farine.

Verse 25

देवाय षोडशान्यानि भुज्यंते षोडशात्मना । सौवर्णं शिवमभ्यर्च्य कुम्भोपरि विधानवित् ॥ २५ ॥

Celui qui connaît le vidhāna, la règle du rite, doit adorer Śiva façonné en or et placé sur un kumbha consacré ; puis, dans sa nature aux seize aspects, il offre et prend part aux seize éléments rituels destinés à la Divinité.

Verse 26

तत्सर्वं धेनुसहितमाचार्य्याय प्रदापयेत् । इदं कृत्वा व्रतं विप्र देव देवस्य शूलिनः ॥ २६ ॥

Qu’il remette tout cela—avec une vache—à l’ācārya, le maître. Ayant ainsi accompli ce vœu, ô brāhmaṇa, on obtient la grâce de Śūlin, le Dieu des dieux, Śiva.

Verse 27

चतुर्दशाब्दं देहांतं भुक्तभोगः शिवं व्रजेत् । आश्विने सितपक्षत्यां कृत्वाशोकव्रतं नरः ॥ २७ ॥

Celui qui accomplit l’Aśoka-vrata au tithi prescrit de la quinzaine claire d’Āśvina jouit des plaisirs du monde durant quatorze ans ; puis, à la fin du corps, il parvient à Śiva (Śiva-loka, l’état de Śiva).

Verse 28

अशोको जायते विप्रधनधान्यसमन्वितः । अशोकपूजनं तत्र कार्यं नियमतत्परैः ॥ २८ ॥

Là s’élève un arbre aśoka, pourvu de brāhmanes, de richesses et d’abondantes récoltes. En ce lieu, ceux qui sont voués aux observances sacrées doivent accomplir le culte de l’aśoka (l’arbre).

Verse 29

व्रतांते द्वादशे वर्षे मूर्तिं चाशोकशाखिनः । समर्प्य गुरवे भक्त्या शिवलोके महीयते ॥ २९ ॥

À l’achèvement du vœu, la douzième année, après avoir offert avec bhakti à son guru une mūrti liée à l’arbre aśoka, on est honoré et glorifié dans le monde de Śiva (Śivaloka).

Verse 30

अस्यामेव प्रतिपदि नवरात्रं समारभेत् । पूर्वाह्णे पूजयेद्देवीं घटस्थापनपूर्वकम् ॥ ३० ॥

En ce premier jour lunaire (pratipad) même, il convient de commencer l’observance de Navarātra. Dans la matinée, avant midi, on doit vénérer la Déesse, en commençant par l’installation du vase rituel (ghaṭa-sthāpana).

Verse 31

अंकुरारोपणं कृत्वा यवैर्गोधूममिश्रितैः । ततः प्रतिदिनं कुर्यादेकभुक्तमयाचितम् ॥ ३१ ॥

Après avoir accompli la plantation des pousses avec de l’orge (yava) mêlée de blé (godhūma), ensuite, chaque jour, on ne mangera qu’une seule fois ; et cette nourriture devra être reçue sans la solliciter.

Verse 32

उपवासं यथाशक्ति पूजापाठजपादिकम् । मार्कंण्डेय पुराणोक्तं चरितत्रितयं द्विज ॥ ३२ ॥

Jeûne (upavāsa) selon ta capacité, et accomplis le culte, la récitation, le japa et les observances connexes ; et, ô deux-fois-né (dvija), entreprends les trois récits sacrés tels qu’enseignés dans le Mārkaṇḍeya Purāṇa.

Verse 33

पठनीयं नवदिनं भुक्तिमुक्ती अभीप्सता । कुमारीपूजनं तत्र प्रशस्तं भोजनादिभिः ॥ ३३ ॥

Celui qui désire à la fois la jouissance du monde et la délivrance doit le réciter durant neuf jours. Dans cette observance, le culte des jeunes filles (kumārī-pūjan) est tout particulièrement loué, ainsi que les offrandes de nourriture et l’hospitalité qui s’y rattachent.

Verse 34

इत्थं कृत्वा व्रतं विप्र सर्वसिद्ध्यालयो नरः । जायते भुवि दुर्गायाः प्रसादान्नात्र संशयः ॥ ३४ ॥

Ô brāhmane, en accomplissant le vœu de cette manière même, l’homme devient comme un séjour de toutes les perfections (siddhi). Sur terre, il le devient par la grâce de la Déesse Durgā — sans aucun doute.

Verse 35

अथोर्जसितपक्षत्यां नवरात्रोदितं चरेत् । विशेषादन्नकूटाख्यं विष्णुप्रीतिविवर्धनम् ॥ ३५ ॥

Ensuite, durant la quinzaine claire du mois d’Ūrja (Āśvina), qu’on observe le rite des Neuf Nuits (Navarātri) tel qu’il est prescrit. En particulier, qu’on accomplisse l’offrande nommée Annakūṭa, car elle accroît grandement la satisfaction du Seigneur Viṣṇu.

Verse 36

सर्वपाकैः सर्ददोहैः सर्वैः सर्वार्थसिद्धये । कर्तव्यमन्नकूटं तु गोवर्द्धनसमर्चने ॥ ३६ ॥

Pour l’accomplissement de tous les buts, qu’on offre l’Annakūṭa, la «montagne de mets», lors du culte de Govardhana, en y réunissant toutes sortes de plats cuits et toutes les préparations lactées.

Verse 37

सायं गोभिः सह श्रीमद्गोवर्द्धनधराधरम् । समर्च्य दक्षिणीकृत्य भुक्तिमुक्ती समाप्नुयात् ॥ ३७ ॥

Le soir, en compagnie des vaches, qu’on adore comme il se doit le Seigneur glorieux — Lui qui souleva Govardhana, soutien de la terre — et, après avoir offert la dakṣiṇā prescrite, on obtient à la fois la prospérité mondaine et la délivrance.

Verse 38

अथ मार्गसिताद्यायां धनव्रतमनुत्तमम् । नक्तं विष्ण्वर्चनं होमैः सौवर्णीं हुतभुक्तनुम् ॥ ३८ ॥

À présent, au jour de lune sombre du mois de Mārgaśīrṣa, qu’on accomplisse l’incomparable Dhana-vrata : adoration nocturne de Viṣṇu, accompagnée d’offrandes au feu (homa), en offrant de l’or pour qu’il soit consumé par le feu sacré.

Verse 39

रक्तवस्त्रयुगाच्छन्नां द्विजाय प्रतिपादयेत् । एवं कृत्वा धनैर्धान्यैः समृद्धो जायते भुवि ॥ ३९ ॥

Qu’on remette à un dvija (brāhmaṇa) une paire de vêtements rouges pour servir de couverture. En agissant ainsi, on devient prospère sur la terre, comblé de richesses et de grains.

Verse 40

वह्निना दग्धपापस्तु विष्णुलोके महीयते । पौषशुक्लप्रतिपदि भानुमभ्यर्च्य भक्तितः ॥ ४० ॥

Celui dont les fautes ont été consumées par le feu est honoré dans le monde de Viṣṇu. En adorant avec dévotion Bhānu, le Soleil, au premier jour lunaire de la quinzaine claire de Pauṣa, on obtient un tel mérite.

Verse 41

एकभक्तव्रतो मर्त्यो भानुलोकमवाप्नुयात् । माघशुक्लाद्यदिवसे वह्निं साक्षान्महेश्वरम् ॥ ४१ ॥

Le mortel qui observe l’Ekabhakta-vrata, ne prenant qu’un seul repas avec dévotion, atteint le monde du Soleil. Au premier jour de la quinzaine claire de Māgha, qu’il adore le Feu, qui est en vérité Maheśvara (Śiva) lui-même.

Verse 42

समभ्यर्च्य विधानेन समृद्धो जायते भुवि । अथ फाल्गुनशुक्लादौ देवदेवं दिगंबरम् ॥ ४२ ॥

Après avoir adoré selon le rite prescrit, on devient prospère sur la terre. Puis, au commencement de la quinzaine claire de Phālguna, qu’on adore le Dieu des dieux, le Seigneur Digambara, vêtu du ciel.

Verse 43

धूलिधूसरसर्वांगं जलैरुक्षेत्समंततः । कर्मणा लौकिकेनापि संतुष्टो हि महेश्वरः ॥ ४३ ॥

Celui dont tout le corps est couvert de poussière doit être aspergé d’eau de toutes parts. Car Maheśvara (Śiva) est véritablement satisfait même par de tels services ordinaires et mondains.

Verse 44

स्वसायुज्यं प्रदिशति भक्त्या सम्यक्समर्चितः । वैशाखे तु सिताद्यायां विष्णुं विश्वविहारिणम् ॥ ४४ ॥

Lorsque le Seigneur Viṣṇu, le Voyageur à travers tous les mondes, est adoré comme il se doit avec bhakti—surtout durant la quinzaine claire commençant au mois de Vaiśākha—Il accorde le sāyujya, l’union à Son propre état.

Verse 45

समभ्यर्च्य विधानेन विप्रान्संभोजयेद्वती । एवं शुचिसिताद्यायां ब्रह्माणं जगतां गुरुम् ॥ ४५ ॥

Après avoir adoré selon le rite prescrit, la femme dévote doit nourrir les brāhmaṇas. Ainsi, en un jour pur de lune claire, elle rend hommage à Brahmā, le maître des mondes.

Verse 46

विष्णुना सहितो ब्रह्मा सर्वलोकेश्वरेश्वरः । स्वसायुज्यं प्रदिशति सर्वसिद्धिमवाप्नुयात् ॥ ४६ ॥

Brahmā—accompagné de Viṣṇu, le Seigneur suprême au-dessus des souverains de tous les mondes—accorde le sāyujya. En l’atteignant, on obtient l’accomplissement total de la perfection spirituelle.

Verse 47

आसु द्वादशमासानां प्रतिपत्सु द्विजोत्तम । व्रतानि तुभ्यं प्रोक्तानि भुक्तिमुक्तिप्रदानि च ॥ ४७ ॥

Ô meilleur des deux-fois-nés, je t’ai ainsi exposé les vœux (vrata) à observer au Pratipad des douze mois—des vœux qui accordent à la fois la jouissance mondaine et la libération ultime.

Verse 48

व्रतेष्वेतेषु सर्वेषु ब्रह्मचर्यं विधीयते । भोजने तु हविष्यान्नं सामान्यत उदाहृतम् ॥ ४८ ॥

Dans tous ces vœux, l’observance du brahmacarya (continence, pureté) est prescrite ; et, pour la nourriture, la règle générale recommande le haviṣyānna, simple mets d’offrande sacrificielle.

Verse 49

इति श्रीबृहन्ननारदीयपुराणे पूर्वभागे बृहदुपाख्याने चतुर्थपादे द्वादशमासप्रतिपद्व्रतनिरूपणं नाम दशोत्तरशततमोऽध्यायः ॥ ११० ॥

Ainsi s’achève, dans le vénérable Bṛhannāradīya Purāṇa—au Pūrva-bhāga, dans le Grand Récit (Bṛhad-upākhyāna), au Quatrième Pāda—le cent dixième chapitre intitulé « Exposé du vœu de Pratipadā pour les douze mois ».

Frequently Asked Questions

Pratipadā is presented as the starting point of the tithi-sequence, linked to cosmological beginnings (Caitra creation) and to yearly renewal. Observing the tithis in proper order is said to yield siddhi, making Pratipadā a methodological entry into month-wise vrata-kalpa.

Pūrvaviddhā indicates that the observance is determined by the tithi’s prior occurrence (typically when the relevant tithi touches the earlier qualifying period, such as sunrise), emphasizing ritual precision in tithi-nirṇaya for correct vrata performance.

It uses a layered, month-wise and purpose-wise approach: Brahmā is central in Mahāśānti; Śiva is emphasized in Mauna-vrata and Aśoka-vrata; Devī in Navarātra; Viṣṇu in Annakūṭa and Dhana-vrata; Sūrya and Agni in specific months. The unity is maintained through shared ritual grammar—pūjā, homa, dāna, and phala—rather than exclusive sectarian claims.

The chapter prescribes brahmacarya (continence) and recommends haviṣyānna (simple sacrificial fare) as a general food rule, framing these as universal niyamas that stabilize vrata efficacy across diverse month-wise rites.