Adhyaya 2
Purva BhagaAdhyaya 256 Verses

Adhyaya 2

ईशानकल्पवृत्तान्तः तथा लैङ्गपुराणस्य संक्षेप-सूची

Sūta présente le Liṅga Purāṇa comme un Mahāpurāṇa « uttama », d’abord conçu par Brahmā en lien avec l’Īśāna-kalpa, puis condensé par Vyāsa afin d’être transmis aux humains. Il en indique l’ampleur et déroule un vaste catalogue thématique : types de création (prādhānika/prākṛta/vaikṛta), œuf cosmique et ses enveloppes, fonctions divines selon les guṇa, prajāpati-sarga, relèvement de la Terre, calculs du jour et de la nuit de Brahmā et de sa durée de vie, mesures des yuga–kalpa et cadres du dharma. Le plan met ensuite en avant les piliers śaiva : Liṅgodbhava récurrent, excellence singulière de la liṅga-mūrti, Vārāṇasī et autres lieux saints, Pāśupata-yoga, le mantra pañcākṣara, ainsi que des systèmes rituels et éthiques (śrāddha, dāna, prāyaścitta, règles alimentaires). Des épisodes mythiques (Dakṣa, Vṛtra, Dadhīci, Jālandhara, destruction du clan de Kṛṣṇa) servent d’exemples de l’ordre cosmique et de la grâce divine. Le chapitre s’achève par la phalaśruti : connaître et enseigner ce saṅkṣepa purifie et élève vers des mondes supérieurs, préparant le lecteur aux récits et pratiques détaillés des adhyāya suivants.

Shlokas

Verse 1

इति श्रीलैङ्गे महापुराणे प्रथमो ऽध्यायः सूत उवाच ईशानकल्पवृत्तान्तम् अधिकृत्य महात्मना ब्रह्मणा कल्पितं पूर्वं पुराणं लैङ्गम् उत्तमम्

Ainsi, dans le vénérable Linga Mahāpurāṇa, s’achève le premier chapitre. Sūta dit : Jadis, le magnanime Brahmā composa le suprême Linga Purāṇa, prenant pour thème central le récit de l’Īśāna-kalpa—révélant Pati, qui, par le Śiva-tattva et son emblème sacré, le Liṅga, délivre le paśu (l’âme liée) du pāśa (le lien).

Verse 2

ग्रन्थकोटिप्रमाणं तु शतकोटिप्रविस्तरे चतुर्लक्षेण संक्षिप्ते व्यासैः सर्वान्तरेषु वै

On dit que la mesure textuelle de cette Écriture est d’un crore de vers ; dans son plein déploiement, elle atteint cent crores. Pourtant, à chaque Manvantara, les Vyāsa la condensent en une forme concise de quatre cent mille vers.

Verse 3

व्यस्तेष्टा दशधा चैव ब्रह्मादौ द्वापरादिषु लिङ्गमेकादशं प्रोक्तं मया व्यासाच्छ्रुतं च तत्

Au Dvāpara et dans les autres âges, parmi Brahmā et les autres, les rites furent exposés de manière distincte en dix formes ; et le onzième — la doctrine du Liṅga — je l’ai proclamé tel que je l’ai entendu de Vyāsa.

Verse 4

अस्यैकादशसाहस्रे ग्रन्थमानमिह द्विजाः तस्मात्संक्षेपतो वक्ष्ये न श्रुतं विस्तरेण यत्

Ô sages deux-fois-nés, la mesure de cette Écriture ici est de onze mille vers. C’est pourquoi je l’enseignerai en forme concise — ce qui n’a pas été entendu dans tout son détail — afin que l’on saisisse sans longueur le sens essentiel concernant Pati (Śiva) et la délivrance du paśu.

Verse 5

चतुर्लक्षेण संक्षिप्ते कृष्णद्वैपायनेन तु अत्रैकादशसाहस्रैः कथितो लिङ्गसम्भवः

Lorsque l’ouvrage de quatre cent mille vers fut abrégé par Kṛṣṇa Dvaipāyana (Vyāsa), le récit de l’origine du Liṅga fut exposé ici en onze mille vers.

Verse 6

सर्गः प्राधानिकः पश्चात् प्राकृतो वैकृतानि च अण्डस्यास्य च सम्भूतिर् अण्डस्यावरणाष्टकम्

Il y a d’abord la création Prādhānika (issue de Pradhāna), puis les créations Prākṛta et Vaikṛta ; viennent ensuite la manifestation de cet œuf cosmique (brahmāṇḍa) et les huit enveloppes qui le gainent.

Verse 7

अण्डोद्भवत्वं शर्वस्य रजोगुणसमाश्रयात् विष्णुत्वं कालरुद्रत्वं शयनं चाप्सु तस्य च

En s’appuyant sur le rajo-guṇa, Śarva (Śiva) revêt la condition de naître de l’œuf cosmique ; et, dans ce même jeu divin, il assume aussi l’état de Viṣṇu, la forme de Kāla-Rudra, et même la posture de reposer sur les eaux.

Verse 8

प्रजापतीनां सर्गश् च पृथिव्युद्धरणं तथा ब्रह्मणश् च दिवारात्रम् आयुषो गणनं पुनः

Il décrit encore l’émanation des Prajāpatis, le relèvement de la Terre, le jour et la nuit de Brahmā, et de nouveau le calcul de la durée de la vie (le temps cosmique).

Verse 9

सवनं ब्रह्मणश्चैव युगकल्पश् च तस्य तु दिव्यं च मानुषं वर्षम् आर्षं वै ध्रौव्यमेव च

« Voici les mesures du temps : le savana (mesure rituelle du jour), le jour de Brahmā, et pour lui le yuga et le kalpa ; de même l’année divine, l’année humaine, l’année des ṛṣi, et aussi le comput de Dhruva (sidéral). »

Verse 10

पित्र्यं पितॄणां सम्भूतिर् धर्मश्चाश्रमिणां तथा अवृद्धिर्जगतो भूयो देव्याः शक्त्युद्भवस्तथा

D’Elle procèdent l’ordre ancestral des Pitṛs et leurs rites sacrés ; d’Elle procède aussi le dharma qui soutient ceux qui demeurent dans les āśramas. De plus, par Sa puissance, les mondes sont maintenus et ne déclinent pas ; ainsi, encore et encore, la Śakti de la Déesse devient la source de la manifestation.

Verse 11

स्त्रीपुम्भावो विरिञ्चस्य सर्गो मिथुनसम्भवः आख्याष्टकं हि रुद्रस्य कथितं रोदनान्तरे

De Viriñci (Brahmā) naquit la distinction du féminin et du masculin, et la création se poursuivit par la naissance des couples. Dans cet intervalle même des lamentations de Rudra, fut aussi proclamée l’Aṣṭaka, les huit noms sacrés de Rudra.

Verse 12

ब्रह्मविष्णुविवादश् च पुनर्लिङ्गस्य सम्भवः शिलादस्य तपश्चैव वृत्रारेर्दर्शनं तथा

Il y est aussi rapporté le différend entre Brahmā et Viṣṇu, puis, de nouveau, la manifestation du Liṅga ; de même, les austérités (tapas) de Śilāda et la vision sacrée (darśana) accordée à Vṛtrāri (Indra).

Verse 13

प्रार्थना योनिजस्याथ दुर्लभत्वं सुतस्य तु शिलादशक्रसंवादः पद्मयोनित्वमेव च

Vient ensuite le récit de la supplication de Brahmā (yoni-ja), la rareté d’obtenir un fils digne, le dialogue entre Śilāda et Indra (Śakra), ainsi que la question de la naissance « issue du lotus » (padma-yoni), origine de Brahmā.

Verse 14

भवस्य दर्शनं चैव तिष्येष्वाचार्यशिष्ययोः व्यासावताराश् च तथा कल्पमन्वन्तराणि च

Il décrit aussi la vision de Bhava (Śiva), la tradition du maître et du disciple parmi les Tiṣyas, les incarnations de Vyāsa, ainsi que les cycles de la création (kalpas) et les règnes des Manus (manvantaras).

Verse 15

कल्पत्वं चैव कल्पानाम् आख्याभेदेष्वनुक्रमात् कल्पेषु कल्पे वाराहे वाराहत्वं हरेस् तथा

Ainsi, le statut même de « Kalpa » est déterminé par l’ordre successif de ses diverses appellations. En conséquence, dans la suite des Kalpas, au Varāha-Kalpa, Hari (Viṣṇu) assume lui aussi l’état et la forme de Varāha.

Verse 16

मेघवाहनकल्पस्य वृत्तान्तं रुद्रगौरवम् पुनर्लिङ्गोद्भवश्चैव ऋषिमध्ये पिनाकिनः

Au milieu des sages, Pinākin (Śiva, porteur de l’arc Pināka) proclama de nouveau le récit sacré du Meghavāhana-Kalpa, révélant la majesté de Rudra et la manifestation renouvelée du Liṅga.

Verse 17

लिङ्गस्याराधनं स्नानविधानं शौचलक्षणम् वाराणस्याश् च माहात्म्यं क्षेत्रमाहात्म्यवर्णनम्

Il expose l’adoration du Liṅga, les règles prescrites du bain sacré et les marques de pureté; et il proclame aussi la grandeur de Vārāṇasī, décrivant la gloire des kṣetra, champs saints de pèlerinage.

Verse 18

भुवि रुद्रालयानां तु संख्या विष्णोर्गृहस्य च अन्तरिक्षे तथाण्डे ऽस्मिन् देवायतनवर्णनम्

Ici est décrite l’énumération des sanctuaires de Rudra sur la terre, ainsi que la demeure de Viṣṇu; avec le récit des temples divins dans la région intermédiaire (antarikṣa) et au sein de cet œuf cosmique (brahmāṇḍa).

Verse 19

दक्षस्य पतनं भूमौ पुनः स्वारोचिषे ऽन्तरे दक्षशापश् च दक्षस्य शापमोक्षस्तथैव च

Il raconte la chute de Dakṣa sur la terre; et de nouveau—durant le Manvantara de Svārociṣa—la malédiction portée sur Dakṣa, ainsi que la délivrance de Dakṣa de cette malédiction.

Verse 20

कैलासवर्णनं चैव योगः पाशुपतस् तथा चतुर्युगप्रमाणं च युगधर्मः सुविस्तरः

Il contient aussi une description de Kailāsa, du Yoga Pāśupata, de la mesure des quatre yuga, et une vaste exposition des dharma propres à chaque âge.

Verse 21

संध्यांशकप्रमाणं च संध्यावृत्तं भवस्य च श्मशाननिलयश्चैव चन्द्ररेखासमुद्भवः

Lui (Bhava, le Seigneur Śiva) est mesuré par la subtile « part du crépuscule », au-delà de tout calcul ordinaire; sa manière d’être est l’état même du crépuscule. Il demeure au lieu de crémation, et de Lui naît le signe du croissant de lune.

Verse 22

उद्वाहः शंकरस्याथ पुत्रोत्पादनमेव च मैथुनातिप्रसङ्गेन विनाशो जगतां भयम्

Alors ils recherchèrent le mariage de Śaṅkara et, certes, l’engendrement d’un fils ; car lorsque l’union charnelle devient excessive, elle entraîne la dissolution des mondes — terreur pour tous les êtres.

Verse 23

शापः सत्या कृतो देवान्पुरा विष्णुं च पालितम् शुक्रोत्सर्गस्तु रुद्रस्य गाङ्गेयोद्भव एव च

Autrefois, Satyā prononça une malédiction contre les dieux, et Viṣṇu lui-même en fut contenu. Quant à Rudra, il y eut l’émission de sa semence, d’où surgit, en vérité, celui qui naquit du Gaṅgā.

Verse 24

ग्रहणादिषु कालेषु स्नाप्य लिङ्गं फलं तथा क्षुब्धधी च विवादश् च दधीचोपेन्द्रयोस् तथा

Aux temps tels que les éclipses et autres occasions de présage, baigner le Liṅga donne le fruit qui lui est propre. De même surgissent l’agitation de l’esprit et les querelles — telle la dispute entre Dadhīci et Upendra — que l’on doit apaiser en se tournant vers le Liṅga.

Verse 25

उत्पत्तिर्नन्दिनाम्ना तु देवदेवस्य शूलिनः पतिव्रतायाश्चाख्यानं पशुपाशविचारणा

Ici est exposée l’origine de Nandī — de Śūlin, le Dieu des dieux — ainsi que le récit sacré de la pativratā (l’épouse chaste, ferme dans son vœu), et une enquête sur le paśu et le pāśa : l’âme liée et les liens qui l’entravent.

Verse 26

प्रवृत्तिलक्षणं ज्ञानं निवृत्त्यधिकृता तथा वसिष्ठतनयोत्पत्तिर् वासिष्ठानां महात्मनाम्

Ce chapitre expose la connaissance marquée par la pravṛtti — la voie de l’action engagée — et aussi celle qui est autorisée pour la nivṛtti — la voie du renoncement ; il rapporte en outre l’origine des fils de Vasiṣṭha, les Vāsiṣṭha au grand esprit.

Verse 27

मुनीनां वंशविस्तारो राज्ञां शक्तेर्विनाशनम् दौरात्म्यं कौशिकस्याथ सुरभेर्बन्धनं तथा

On y enseigne l’essor des lignées des munis, l’anéantissement du pouvoir des rois lorsqu’il est détourné, la conduite mauvaise de Kauśika, et aussi l’enchaînement de Surabhī—montrant comment l’adharma resserre le pāśa (lien) sur le paśu (l’âme) jusqu’à ce qu’il se tourne vers Pati, le Seigneur Śiva.

Verse 28

सुतशोको वसिष्ठस्य अरुन्धत्याः प्रलापनम् स्नुषायाः प्रेषणं चैव गर्भस्थस्य वचस् तथा

Il décrit la peine de Vasiṣṭha pour son fils, la lamentation d’Arundhatī, l’envoi de la belle-fille, et aussi la parole dite par l’enfant encore dans le sein—événements qui préparent la scène afin que Pati, le Seigneur, dénoue le pāśa (lien) du paśu (âme) accablé.

Verse 29

पराशरस्यावतारो व्यासस्य च शुकस्य च विनाशो राक्षसानां च कृतो वै शक्तिसूनुना

En vérité, par le fils de Śakti, Parāśara naquit comme une incarnation; Vyāsa et Śuka furent aussi manifestés; et la destruction des Rākṣasas fut accomplie—ainsi le Dharma fut sauvegardé par la providence de Śiva en tant que Pati, le Seigneur qui desserre le pāśa (lien) des paśus (âmes).

Verse 30

देवतापरमार्थं तु विज्ञानं च प्रसादतः पुराणकरणं चैव पुलस्त्यस्याज्ञया गुरोः

Par la grâce divine furent obtenus le sens suprême concernant la Divinité et le vijñāna, la connaissance réalisée; et ainsi, sur l’ordre du guru Pulastya, la composition du Purāṇa fut entreprise.

Verse 31

भुवनानां प्रमाणं च ग्रहाणां ज्योतिषां गतिः जीवच्छ्राद्धविधानं च श्राद्धार्हाः श्राद्धमेव च

« [Il enseigne] les mesures des mondes; les parcours des planètes et des luminaires; la règle du śrāddha accompli de son vivant; qui est digne de recevoir le śrāddha; et le śrāddha lui-même. »

Verse 32

नान्दीश्राद्धविधानं च तथाध्ययनलक्षणम् पञ्चयज्ञप्रभावश् च पञ्चयज्ञविधिस् तथा

Il expose aussi le rite du Nāndī-śrāddha, les signes justes de l’étude védique, l’efficacité spirituelle des cinq grands sacrifices (pañca-yajñas) et, de même, la méthode correcte pour accomplir ces cinq sacrifices.

Verse 33

रजस्वलानां वृत्तिश् च वृत्त्या पुत्रविशिष्टता मैथुनस्य विधिश्चैव प्रतिवर्णमनुक्रमात्

Dans l’ordre prescrit, sont enseignés la conduite à observer pour les femmes en période de menstruation, les distinctions de la descendance issues d’une telle conduite, et la règle juste de l’union conjugale—chacune selon la varṇa correspondante. Ainsi, le dharma, discipline purificatrice, affermit le paśu (l’âme liée) en réglant le désir et tourne la vie de maison vers un ordre propice sous le Seigneur, Pati.

Verse 34

भोज्याभोज्यविधानं च सर्वेषामेव वर्णिनाम् प्रायश्चित्तम् अशेषस्य प्रत्येकं चैव विस्तरात्

Il a aussi exposé en détail les règles de ce qui est propre à être mangé et de ce qui ne l’est pas pour toutes les varṇas, ainsi que les expiations complètes (prāyaścitta) pour toute faute—chacune expliquée séparément et longuement.

Verse 35

नरकाणां स्वरूपं च दण्डः कर्मानुरूपतः स्वर्गिनारकिणां पुंसां चिह्नं जन्मान्तरेषु च

Il explique aussi la nature même des enfers et les châtiments qui naissent exactement selon le karma de chacun; et il décrit les signes distinctifs par lesquels, dans les naissances ultérieures, on reconnaît ceux qui sont allés au ciel ou en enfer.

Verse 36

नानाविधानि दानानि प्रेतराजपुरं तथा कल्पं पञ्चाक्षरस्याथ रुद्रमाहात्म्यमेव च

Il expose de nombreuses formes de dons; et décrit aussi la cité du Seigneur des défunts, Yama. De plus, il enseigne le rite du mantra aux cinq syllabes (pañcākṣara), « Namaḥ Śivāya », et proclame la grandeur suprême de Rudra—Pati, le Seigneur qui délivre le paśu (l’âme liée) du pāśa (lien d’asservissement).

Verse 37

वृत्रेन्द्रयोर्महायुद्धं विश्वरूपविमर्दनम् श्वेतस्य मृत्योः संवादः श्वेतार्थे कालनाशनम्

Ensuite, le texte raconte la grande bataille entre Vṛtra et Indra, la mise à mort de Viśvarūpa, le dialogue entre Śveta et la Mort, et—pour Śveta—la destruction de Kāla (le Temps/la Mort).

Verse 38

देवदारुवने शम्भोः प्रवेशः शंकरस्य तु सुदर्शनस्य चाख्यानं क्रमसंन्यासलक्षणम्

Cette section raconte l’entrée de Śambhu dans la forêt de Devadāru ; elle rapporte aussi le récit du Sudarśana de Śaṅkara et expose les marques du krama-sannyāsa : la renonciation progressive et disciplinée qui mène le paśu, l’âme liée, par la purification, vers Pati, le Seigneur.

Verse 39

श्रद्धासाध्यो ऽथ रुद्रस्तु कथितं ब्रह्मणा तदा मधुना कैटभेनैव पुरा हृतगतेर्विभोः

Alors Brahmā déclara que Rudra s’atteint par la śraddhā, la foi sacrée et inébranlable, rappelant comment jadis Madhu et Kaiṭabha troublèrent le discernement et la voie du Seigneur.

Verse 40

ब्रह्मणः परमं ज्ञानम् आदातुं मीनता हरेः सर्वावस्थासु विष्णोश् च जननं लीलयैव तु

Pour recevoir la connaissance suprême de Brahmā, Hari prit la forme d’un poisson ; et, en toute condition et en tout état, les manifestations de Viṣṇu ne surgissent que comme līlā, le jeu divin.

Verse 41

रुद्रप्रसादाद्विष्णोश् च जिष्णोश्चैव तु सम्भवः मन्थानधारणार्थाय हरेः कूर्मत्वमेवच

Par la grâce de Rudra, la manifestation de Viṣṇu—appelé aussi Jiṣṇu—advint ; et, pour soutenir le barattage de l’océan, Hari prit véritablement la forme de Kūrma, la Tortue.

Verse 42

संकर्षणस्य चोत्पत्तिः कौशिक्याश् च पुनर्भवः यदूनां चैव सम्भूतिर् यादवत्वं हरेः स्वयम्

Il y est raconté la naissance de Saṅkarṣaṇa, la renaissance de Kauśikī, l’apparition des Yadus, et comment Hari Lui-même assuma l’état de Yādava. Dans la vision śaiva, de telles descentes divines adviennent par la sanction du Seigneur, tandis que Pati (Śiva) demeure le régulateur transcendant de la manifestation et de la résorption.

Verse 43

भोजराजस्य दौरात्म्यं मातुलस्य हरेर्विभोः बालभावे हरेः क्रीडा पुत्रार्थं शंकरार्चनम्

Il est question de la perversité du roi Bhoja—oncle maternel de Hari, le Seigneur puissant—, des jeux de Hari dans son enfance, et du culte rendu à Śaṅkara (Śiva) afin d’obtenir un fils.

Verse 44

नारस्य च तथोत्पत्तिः कपाले वैष्णवाद्धरात् भूभारनिग्रहार्थे तु रुद्रस्याराधनं हरेः

Ainsi advint aussi la manifestation de Nara—issue du kapāla vaiṣṇava, issue de la Terre—afin de contenir le fardeau du monde ; et pour ce même dessein, Hari accomplit l’adoration de Rudra.

Verse 45

वैन्येन पृथुना भूमेः पुरा दोहप्रवर्तनम् देवासुरे पुरा लब्धो भृगुशापश् च विष्णुना

Autrefois, Pṛthu—fils de Vena—mit en mouvement la « traite » de la Terre, en tirant d’elle sa subsistance pour le monde. Et dans les temps anciens, lorsque Devas et Asuras s’affrontaient, même Viṣṇu dut porter la malédiction de Bhṛgu—montrant que l’œuvre du dharma et la loi cosmique lient toute puissance incarnée sous le Seigneur suprême (Pati), le souverain intérieur de tous.

Verse 46

कृष्णत्वे द्वारकायां तु निलयो माधवस्य तु लब्धो हिताय शापस्तु दुर्वासस्याननाद्धरेः

Lorsque Hari prit l’état de Kṛṣṇa, Mādhava obtint sa demeure à Dvārakā. Et pour le bien du monde, s’accomplit la malédiction de Durvāsas—prononcée parce que Hari n’avait pas été honoré comme il se devait.

Verse 47

वृष्ण्यन्धकविनाशाय शापः पिण्डारवासिनाम् एरकस्य तथोत्पत्तिस् तोमरस्योद्भवस् तथा

Pour la ruine des Vṛṣṇi et des Andhaka, s’éleva la malédiction des habitants de Piṇḍāra ; et de même jaillit le roseau eraka, et apparut aussi la massue de fer (tomara).

Verse 48

एरकालाभतो ऽन्योन्यं विवादे वृष्णिविग्रहः लीलया चैव कृष्णेन स्वकुलस्य च संहृतिः

Quand vint l’heure fixée, les Vṛṣṇi se dressèrent les uns contre les autres dans la querelle ; et par la līlā divine de Kṛṣṇa, son propre clan fut ramené dans la dissolution—montrant que toutes les créatures incarnées (paśu) se meuvent sous le lien du Temps (pāśa), tandis que le Seigneur demeure souverain, le Pati.

Verse 49

एरकास्त्रबलेनैव गमनं स्वेच्छयैव तु ब्रह्मणश्चैव मोक्षस्य विज्ञानं तु सुविस्तरम्

Par la seule puissance de l’Erakāstra, il y a mouvement selon la volonté ; et il y a aussi la connaissance supérieure de Brahman et de la délivrance (mokṣa), exposée en vaste détail.

Verse 50

पुरान्धकाग्निदक्षाणां शक्रेभमृगरूपिणाम् मदनस्यादिदेवस्य ब्रह्मणश् चामरारिणाम्

Au sujet de Purāndhaka, d’Agni et de Dakṣa ; au sujet de Śakra (Indra), de l’éléphant et de ceux qui prirent forme de cerf ; au sujet de Madana, du Dieu primordial et de Brahmā—(Lui, Śiva) est au-delà des dieux, le Pati suprême qui dompte tout orgueil et tout lien.

Verse 51

हलाहलस्य दैत्यस्य कृतावज्ञा पिनाकिना जालंधरवधश्चैव सुदर्शनसमुद्भवः

Comment le démon Hālāhala fut abaissé par le Seigneur porteur de Pināka, comment Jālandhara fut mis à mort, et comment le disque Sudarśana se manifesta—tout cela est proclamé comme des actes issus de la puissance souveraine de Śiva en tant que Pati, celui qui ôte le pāśa liant les mondes.

Verse 52

विष्णोर्वरायुधावाप्तिस् तथा रुद्रस्य चेष्टितम् तथान्यानि च रुद्रस्य चरितानि सहस्रशः

Il faut aussi dire comment Viṣṇu obtint ses armes divines les plus excellentes, et les œuvres puissantes de Rudra—ainsi que d’innombrables autres hauts faits de Rudra, par milliers. Ici, Rudra est révélé comme Pati, le Seigneur souverain : sa līlā et sa śakti régissent le cosmos et desserrent le pāśa (lien) des âmes liées, les paśu.

Verse 53

हरेः पितामहस्याथ शक्रस्य च महात्मनः प्रभावानुभवश्चैव शिवलोकस्य वर्णनम्

Cette section décrit la majesté et la splendeur réalisée de Hari (Viṣṇu), du Grand-Père (Brahmā) et du magnanime Śakra (Indra), et présente aussi Śivaloka : le royaume transcendant de Śiva, le Pati qui délivre les paśu du lien du pāśa.

Verse 54

भूमौ रुद्रस्य लोकं च पाताले हाटकेश्वरम् तपसां लक्षणं चैव द्विजानां वैभवं तथा

Sur la terre est décrit le monde de Rudra ; et dans Pātāla, le Seigneur Hāṭakeśvara. De même sont enseignés les signes du tapas (austérité) et, pareillement, la véritable splendeur des dvija (les « deux fois nés »), lorsqu’ils sont accordés au dharma et à la dévotion envers le Pati, Śiva.

Verse 55

आधिक्यं सर्वमूर्तीनां लिङ्गमूर्तेर्विशेषतः लिङ्गे ऽस्मिन्नानुपूर्व्येण विस्तरेणानुकीर्त्यते

L’excellence suprême de toutes les formes divines—et tout particulièrement de la forme du Liṅga—est maintenant proclamée dans ce Liṅga même, selon l’ordre approprié et avec un plein détail.

Verse 56

एतज्ज्ञात्वा पुराणस्य संक्षेपं कीर्तयेत्तु यः सर्वपापविनिर्मुक्तो ब्रह्मलोकं स गच्छति

Quiconque, ayant compris cela, récite le bref résumé de ce Purāṇa est délivré de tous les péchés et atteint Brahmaloka, avançant sur la voie où le paśu (âme liée) est libéré du pāśa (lien) par la dévotion envers le Pati, Śiva.

Frequently Asked Questions

Not as a full narrative here, but as a recurring doctrinal centerpiece: the chapter lists ‘punar-liṅgasya sambhavaḥ’ to signal that the manifestation of the Liṅga (and its supremacy) will be revisited across contexts, anchoring cosmology and devotion in Śiva’s aniconic revelation.

It explicitly points to liṅga-ārādhana, snāna-vidhāna, and śauca-lakṣaṇa, along with broader dharma modules such as śrāddha-vidhi, pañca-yajña, dāna-prakāra, and prāyaścitta—indicating that ritual purity and disciplined practice accompany theological exposition.