Adhyaya 14
Uttara BhagaAdhyaya 1489 Verses

Adhyaya 14

Brahmacārin-Dharma: Guru-Sevā, Daily Vedic Study, Gāyatrī-Japa, and Anadhyāya Regulations

Poursuivant l’enseignement précédent sur la préparation disciplinée à l’étude sacrée, ce chapitre ordonne le brahmacarya comme une pédagogie vécue : l’étiquette du corps, la retenue de la parole et les règles de proximité en présence du guru fondent la transmission védique. Il élargit ensuite le propos du service personnel (apporter eau, kuśa, fleurs, bois de feu ; pureté rituelle ; tournée d’aumônes) à l’éthique du renoncement et aux frontières sociales destinées à préserver la pureté et la concentration. L’instruction culmine dans un régime technique d’étude : orientation vers le nord, demande formelle au maître, prāṇāyāma, contemplation du praṇava (Om) et primauté de la Gāyatrī comme japa-yajña, symboliquement d’un « poids » égal aux quatre Veda. Enfin, le texte donne un vaste calendrier et un code d’augures pour l’anadhyāya (suspension obligatoire de la récitation), expliquant ces moments comme des « brèches » d’où peut surgir le mal, tout en exemptant les Vedāṅga, l’Itihāsa–Purāṇa et le Dharmaśāstra afin de poursuivre l’apprentissage. La portée narrative annonce le passage de la discipline extérieure à une pratique plus haute de Yoga–Vedānta, où la pureté de vie rend la contemplation stable et mène à l’état propice et immortel.

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Shlokas

Verse 1

इति श्रीकूर्मपुराणे षट्साहस्त्र्यां संहितायामुपरिविभागे त्रयोदशो ऽध्यायः व्यास उवाच एवं दण्डादिभिर्युक्तः शौचाचारसमन्वितः / आहूतो ऽध्ययनं कुर्याद् वीक्षमाणो गुरोर्मुखम्

Ainsi s’achève le treizième chapitre de la section ultérieure du Śrī Kūrma Purāṇa, au sein de la Ṣaṭsāhasrī Saṃhitā. Vyāsa dit : «Pourvu du bâton (daṇḍa) et des autres requis, établi dans la pureté et la juste conduite, lorsqu’il est appelé, qu’il commence l’étude en gardant le regard sur le visage du maître.»

Verse 2

नित्यमुद्यतपाणिः स्यात् साध्वाचारः सुसंयतः / आस्यतामिति चोक्तः सन्नासीताभिमुखं गुरोः

Qu’il se tienne toujours, les mains levées avec respect, prêt au service, de bonne conduite et bien maîtrisé. Et seulement lorsqu’on lui dira : «Assieds-toi», qu’il s’assoie, face au guru.

Verse 3

प्रतिश्रवणसंभाषे शयानो न समाचरेत् / नासीनो न च भुञ्जानो न तिष्ठन्न पराङ्मुखः

Lors de l’écoute attentive et de l’échange respectueux, qu’on ne le fasse pas en étant couché ; ni assis, ni en train de manger ; ni debout, le visage détourné.

Verse 4

नीचं शय्यासनं चास्य सर्वदा गुरुसन्निधौ / गुरोस्तु चक्षुर्विषये न यथेष्टासनो भवेत्

En présence du Guru, son lit et son siège doivent toujours être à un niveau inférieur. Et sous le regard du Guru, qu’il ne s’assoie pas à sa guise, avec désinvolture ou présomption.

Verse 5

नोदाहरेदस्य नाम परोक्षमपि केवलम् / न चैवास्यानुकुर्वोत गतिभाषणचेष्टितम्

Qu’on ne prononce pas Son Nom, fût-ce indirectement, pour une simple mention; et qu’on n’imite ni Sa démarche, ni Sa manière de parler, ni Ses actes.

Verse 6

गुरोर्यत्र परीवादो निन्दा चापि प्रवर्तते / कर्णैं तत्र पिधातव्यौ गन्तव्यं वा ततो ऽन्यतः

Là où commencent à se répandre la médisance et le blâme contre son guru, qu’on s’y bouche les oreilles—ou bien qu’on s’en aille ailleurs.

Verse 7

दूरस्थो नार्चयेदेनं न क्रुद्धो नान्तिके स्त्रियाः / न चैवास्योत्तरं ब्रूयात् स्थितो नासीत सन्निधौ

Qu’on ne L’adore pas de trop loin, ni dans la colère, ni à proximité des femmes. Qu’on ne Lui réponde pas; et, dans Sa présence immédiate, qu’on ne demeure ni debout ni assis trop près.

Verse 8

उदकुम्भं कुशान् पुष्पं समिधो ऽस्याहरेत् सदा / मार्जनं लेपनं नित्यमङ्गानां वै समाचरेत्

Qu’il apporte toujours pour Lui une jarre d’eau, de l’herbe kuśa, des fleurs et des bûchettes de feu sacré; et qu’il accomplisse régulièrement la purification et l’onction quotidiennes des membres de la Déité.

Verse 9

नास्य निर्माल्यशयनं पादुकोपानहावपि / आक्रमेदासनं चास्य छायादीन् वा कदाचन

Qu’on ne foule jamais la couche du maître vénéré, même si elle porte des guirlandes ôtées; ni ses sandales ou chaussures; ni son siège; et qu’on ne franchisse jamais, pas même son ombre et ce qui s’y rapporte.

Verse 10

साधयेद् दन्तकाष्ठादीन् लब्धं चास्मै निवेदयेत् / अनापृच्छ्य न गन्तव्यं भवेत् प्रियहिते रतः

Qu’il se procure des bâtonnets pour les dents et autres choses semblables, et que tout ce qu’il obtient, il l’offre au Maître. Sans demander la permission, qu’il ne s’en aille pas ; qu’il demeure voué à ce qui plaît au guru et lui est salutaire.

Verse 11

न पादौ सारयेदस्य संनिधाने कदाचन / जृम्भितं हसितं चैव कण्ठप्रावरणं तथा / वर्जयेत् सन्निधौ नित्यमवस्फोचनमेव च

Qu’on ne tende jamais les pieds en sa présence. Devant lui, qu’on évite toujours de bâiller, de rire bruyamment, de se couvrir la gorge/le cou, ainsi que de cracher ou de racler des glaires.

Verse 12

यथाकालमधीयीत यावन्न विमना गुरुः / आसीताधो गुरोः कूर्चे फलके वा समाहितः

Qu’il étudie aux moments convenables, tant que le maître n’est pas contrarié. Et, assis au-dessous du guru—sur un siège d’herbe ou sur une planche de bois—qu’il demeure recueilli et attentif.

Verse 13

आसने शयने याने नैव तिष्ठेत् कदाचन / धावन्तमनुधावेत गच्छन्तमनुगच्छति

Quand une personne vénérable est assise, couchée ou montée sur un véhicule, qu’on ne demeure jamais debout. S’il court, qu’on coure derrière lui ; s’il marche, qu’on marche en l’accompagnant.

Verse 14

गो ऽश्वोष्ट्रयानप्रासादप्रस्तरेषु कटेषु च / आसीत गुरुणा सार्धं शिलाफलकनौषु च

Que ce soit sur un véhicule tiré par des bœufs, des chevaux ou des chameaux, sur une terrasse ou un dallage de pierre, sur une natte, ou même sur une dalle de pierre ou une barque semblable à un radeau, qu’il s’assoie avec le guru, dans une conduite disciplinée.

Verse 15

जितेन्द्रियः स्यात् सततं वश्यात्माक्रोधनः शुचिः / प्रयुञ्जीत सदा वाचं मधुरां हितभाषिणीम्

Qu’on soit sans cesse vainqueur des sens, maître de soi, sans colère et pur; et qu’on use toujours d’une parole douce et salutaire, ne disant que ce qui est bénéfique.

Verse 16

गन्धमाल्यं रसं कल्यां शुक्तं प्राणिविहिंसनम् / अभ्यङ्गं चाञ्चनोपानच्छत्रधारणमेव च

Parfums et guirlandes, saveurs et essences délectables, nourriture de bon augure et préparations aigres sans violence envers les êtres vivants; de même l’onction d’huile, l’usage du collyre, le port de chaussures et aussi celui d’un parasol.

Verse 17

कामं लोभं भयं निद्रां गीतवादित्रनर्तनम् / आतर्जनं परीवादं स्त्रीप्रेक्षालम्भनं तथा / परोपघातं पैशुन्यं प्रयत्नेन विवर्जयेत्

Par un effort conscient, qu’on renonce à la luxure, à l’avidité, à la peur, au sommeil excessif; à l’ivresse du chant, des instruments et de la danse; à l’intimidation, à la diffamation; au regard de désir posé sur les femmes et aux liaisons de flirt; au tort fait à autrui et au colportage malveillant.

Verse 18

उदकुम्भं सुमनसो गोशकृन्मृत्तिकां कुशान् / आहरेद् यावदर्थानि भैक्ष्यं चाहरहश्चरेत्

L’esprit pur et bienveillant, qu’il se procure une jarre d’eau, des fleurs, de la bouse de vache, de l’argile et de l’herbe kuśa, seulement selon le besoin; et qu’il aille aussi chaque jour quêter la nourriture d’aumône.

Verse 19

कृतं च लवणं सर्वं वर्ज्यं पर्युषितं च यत् / अनृत्यदर्शो सततं भवेद् गीतादिनिः स्पृहः

Qu’on évite toute nourriture salée préparée et tout ce qui est rassis. Qu’on s’abstienne sans cesse de regarder les danses, et qu’on soit sans désir pour les chants et autres divertissements semblables.

Verse 20

नादित्यं वै समीक्षेत न चरेद् दन्तधावनम् / एकान्तमशुचिस्त्रीभिः शूद्रान्त्यैरभिभाषणम्

Qu’on ne fixe pas le Soleil du regard, et qu’on ne procède pas au nettoyage des dents à un moment ou d’une manière impropres. Qu’on évite aussi toute conversation secrète et solitaire avec des femmes impures, ainsi qu’avec les Śūdras et ceux tenus pour ‘antyajas’ (hors de l’ordre orthodoxe).

Verse 21

गुरूच्छिष्टं भेषजार्थं प्रयुञ्जीत न कामतः / कलापकर्षणस्नानं नाचरेद्धि कदाचन

Ce qui reste de la nourriture du guru ne doit être employé qu’en cas de nécessité médicinale, jamais par désir. Et l’on ne doit en aucun temps pratiquer le bain accompagné de l’extraction de la ‘kalā’, l’essence vitale du corps.

Verse 22

न कुर्यान्मानसं विप्रो गुरोस्त्यागे कदाचन / मोहाद्वा यदि वा लोभात् त्यक्तेन पतितो भवेत्

Un brāhmaṇa ne doit jamais, fût-ce en son esprit, concevoir l’abandon de son guru. S’il l’abandonne par égarement ou par avidité, par cet acte même de renoncement il devient déchu.

Verse 23

लौकिकं वैदिकं चापि तथाध्यात्मिकमेव च / आददीत यतो ज्ञानं न तं द्रुह्येत् कदाचन

Qu’on reçoive le savoir mondain, le savoir védique et aussi le savoir adhyātmique (spirituel) de quiconque le transmet ; et qu’on ne trahisse ni ne lèse jamais cette personne.

Verse 24

गुरोरप्यवलिप्तस्य कार्याकार्यमजानतः / उत्पथप्रतिपन्नस्य मनुस्त्यागं समब्रवीत्

Même un guru—s’il est orgueilleux, ignorant de ce qu’il faut faire ou ne pas faire, et engagé sur une voie dévoyée—Manu a prescrit qu’un tel maître soit renoncé.

Verse 25

गुरोर्गुरौ सन्निहिते गुरुवद् भक्तिमाचरेत् / न चातिसृष्टो गुरुणा स्वान् गुरूनबिवादयेत्

Lorsque le maître de ton maître est présent, rends-lui une dévotion identique à celle que tu portes à ton propre guru. Et même si ton guru t’a accordé permission ou liberté, ne néglige pas de te prosterner devant tes autres maîtres vénérables.

Verse 26

विद्यागुरुष्वेतदेव नित्या वृत्तिः स्वयोनिषु / प्रतिषेधत्सु चाधर्माद्धितं चोपदिशत्स्वपि

Telle est, en vérité, la règle constante de conduite parmi les maîtres du savoir sacré au sein de leur propre lignée : tout en détournant (les disciples) de l’adharma, ils doivent aussi leur enseigner ce qui est salutaire.

Verse 27

श्रेयःसु गुरुवद् वृत्तिं नित्यमेव समाचरेत् / गुरुपुत्रेषु दारेषु गुरोश्चैव स्वबन्धुषु

Dans ce qui mène au véritable bien, on doit toujours se comporter comme en présence du guru—avec la même discipline de révérence—envers les fils du guru, l’épouse du guru, et aussi les proches du guru.

Verse 28

बालः समानजन्मा वा शिष्यो वा यज्ञकर्मणि / अध्यापयन् गुरुसुतो गुरुवन्मानमर्हति

Qu’il soit enfant, du même âge, ou même condisciple : lorsqu’il est engagé dans les devoirs du yajña et qu’il enseigne, le fils du guru mérite le même honneur que le maître lui-même.

Verse 29

उत्सादनं वै गात्राणां स्नापनोच्छिष्टभोजने / न कुर्याद् गुरुपुत्रस्य पादयोः शौचमेव च

À l’égard du fils du guru, on ne doit ni masser son corps, ni le baigner, ni manger ses restes, ni même lui laver les pieds ; de tels services reviennent au guru lui-même, non au fils.

Verse 30

गुरुवत् परिपूज्यास्तु सवर्णा गुरुयोषितः / असवर्णास्तु संपूज्याः प्रत्युत्थानाभिवादनैः

Les épouses du maître appartenant à la même varṇa doivent être honorées comme le guru lui‑même ; celles d’une varṇa différente doivent être respectées comme il convient, en se levant et en offrant des salutations.

Verse 31

अभ्यञ्जनं स्नापनं च गात्रोत्सादनमेव च / गुरुपत्न्या न कार्याणि केशानां च प्रसाधनम्

On ne doit pas accomplir pour l’épouse du guru l’onction d’huile, le bain, le massage ou le frottement des membres, ni l’apprêt et l’arrangement de ses cheveux.

Verse 32

गुरुपत्नी तु युवती नाभिवाद्येह पादयोः / कुर्वोत वन्दनं भूम्यामसावहमिति ब्रुवन्

Mais si l’épouse du guru est une jeune femme, on ne doit pas ici la saluer en touchant ses pieds ; qu’on se prosterne plutôt jusqu’à terre en disant : « C’est moi », pour se faire reconnaître avec respect.

Verse 33

विप्रोष्य पादग्रहणमन्वहं चाभिवादनम् / गुरुदारेषु कुर्वोत सतां धर्ममनुस्मरन्

De retour après une absence, qu’il saisisse les pieds du maître et, chaque jour, lui offre des salutations respectueuses ; et envers l’épouse du guru, qu’il garde une conduite juste et disciplinée, se souvenant sans cesse du dharma des hommes vertueux.

Verse 34

मातृष्वसा मातुलानी श्वश्रूश्चाथ पितृष्वसा / संपूज्या गुरुपत्नीव समास्ता गुरुभार्यया

La tante maternelle, l’épouse de l’oncle maternel, la belle‑mère et la tante paternelle doivent toutes être honorées comme il se doit, à l’égal de l’épouse du maître ; qu’on les considère ensemble avec la même révérence que l’épouse du guru.

Verse 35

भ्रातुर्भार्योपसंग्राह्या सवर्णाहन्यहन्यपि / विप्रोष्य तूपसंग्राह्या ज्ञातिसंबन्धियोषितः

Même si elle est de la même varṇa, on ne doit jamais—pas même jour après jour—prendre l’épouse de son frère. Ce n’est que si le frère est parti, absent ou disparu, qu’une femme parente liée par le lien familial peut être prise, selon la règle énoncée ici.

Verse 36

पितुर्भगिन्यां मातुश्च ज्यायस्यां च स्वसर्यपि / मातृवद् वृत्तिमातिष्ठेन्मात् ताभ्यो गरीयसी

Envers la sœur du père, la sœur de la mère et la sœur aînée, qu’on se comporte comme envers sa propre mère ; car la mère doit être tenue pour plus vénérable encore qu’elles.

Verse 37

एवमाचारसंपन्नमात्मवन्तमदाम्भिकम् / वेदमध्यापयेद् धर्मं पुराणाङ्गानि नित्यशः

Ainsi, le maître doit enseigner le Veda—avec le Dharma et les membres auxiliaires du Purāṇa—chaque jour, à celui qui possède une conduite droite, la maîtrise de soi et l’absence d’hypocrisie.

Verse 38

संवत्सरोषिते शिष्ये गुरुर्ज्ञानमनिर्दिशन् / हरते दुष्कृतं तस्य शिष्यस्य वसतो गुरुः

Quand un disciple a demeuré auprès du maître pendant un an, même si le guru n’a pas encore transmis l’enseignement de façon formelle, le maître—par la seule résidence et le service—efface le démérite (duṣkṛta) de ce disciple.

Verse 39

आचार्यपुत्रः शुश्रूषुर्ज्ञानदो धार्मिकः शुचिः / शक्तो ऽन्नदोर्ऽथो स्वःसाधुरध्याप्या दश धर्मतः

Le fils du maître—empressé au service, dispensateur de connaissance, juste et pur ; capable, pourvoyeur de nourriture, doté de moyens et de bonne conduite—ces dix qualités, selon le dharma, rendent digne d’être enseigné.

Verse 40

कृतज्ञश्च तथाद्रोही मेधावी शुभकृन्नरः / आप्तः प्रियो ऽथ विधिवत् षडध्याप्या द्विजातयः / एतेषु ब्रह्मणो दानमन्यत्र तु यथोदितान्

À l’homme reconnaissant, sans perfidie, intelligent et voué aux actes auspices; de même à celui qui est digne de confiance et aimé; et aux deux-fois-nés qui, selon la règle, enseignent les six Vedāṅga—c’est à de telles personnes qu’il convient d’accorder le don de la connaissance sacrée (brahma-dāna). Autrement, qu’on ne donne que selon ce qui fut prescrit auparavant.

Verse 41

आचम्य संयतो नित्यमधीयीत उदङ्मुखः / उपसंगृह्य तत्पादौ वीक्षमाणो गुरोर्मुखम् / अधीष्व भो इति ब्रूयाद् विरामो ऽस्त्विति चारमेत्

Après avoir fait l’ācamanam pour se purifier et en demeurant maître de soi, qu’on étudie chaque jour le visage tourné vers le nord. Ayant saisi avec respect les pieds du maître et regardant son visage, qu’on dise : «Vénérable seigneur, instruisez-moi». Et à la fin, qu’on se retire en disant : «Qu’il y ait une pause (virāma)».

Verse 42

प्राक्कूलान् पर्युपासीनः पवित्रैश्चैव पावितः / प्राणायामैस्त्रिभिः पूतस्तत ओङ्कारमर्हति

Assis face à la rive orientale, purifié encore par les rites sacrés de purification, et nettoyé par la triple discipline du souffle (prāṇāyāma), on devient alors apte à la contemplation et à la récitation du Pranava, Oṁ.

Verse 43

ब्राह्मणः प्रणवं कुर्यादन्ते च विधिवद् द्विजः / कुर्यादध्ययनं नित्यं स ब्रह्माञ्जलिपूर्वतः

Un brāhmaṇa—à vrai dire tout deux-fois-né—doit, selon le rite, prononcer le Pranava, Oṁ, à la fin (de la récitation). Qu’il s’adonne chaque jour à l’étude védique, en commençant les mains jointes avec révérence, dans l’esprit d’un culte rendu à Brahman.

Verse 44

सर्वेषामेव भूतानां वेदश्चक्षुः सनातनम् / अधीयीताप्ययं नित्यं ब्राह्मण्याच्च्यवते ऽन्यथा

Pour tous les êtres, le Veda est l’œil éternel. C’est pourquoi il faut l’étudier chaque jour; sinon, on déchoit de la brahmanité (brahminhood), l’état et la discipline d’un véritable brāhmaṇa.

Verse 45

यो ऽधीयीत ऋचो नित्यं क्षीराहुत्या स देवताः / प्रीणाति तर्पयन्त्येनं कामैस्तृप्ताः सदैव हि

Celui qui récite sans cesse les hymnes du Ṛgveda et offre des oblations de lait réjouit les dieux ; et ces dieux, toujours rassasiés, le comblent en retour en lui accordant les buts qu’il désire.

Verse 46

यजूंष्यधीते नियतं दध्ना प्रीणाति देवताः / सामान्यधीते प्रीणाति घृताहुतिभिरन्वहम्

Celui qui étudie régulièrement le Yajurveda réjouit les dieux par des offrandes de lait caillé ; et celui qui étudie le Sāmaveda les satisfait jour après jour par des oblations de ghee.

Verse 47

अथर्वाङ्गिरसो नित्यं मध्वा प्रीणाति देवताः / धर्माङ्गानि पुराणानि मांसैस्तर्पयते सुरान्

La tradition Atharvāṅgirasa, pratiquée sans relâche, satisfait les dieux par le miel ; et les Purāṇa—membres du Dharma—rassasient les sura par des offrandes de viande.

Verse 48

अपां समीपे नियतो नैत्यकं विधिमाश्रितः / गायत्रीमप्यधीयीत गत्वारण्यं समाहितः

Discipliné et maître de soi, qu’on accomplisse près de l’eau le rite quotidien obligatoire selon la règle ; puis, s’étant rendu en un lieu de forêt l’esprit recueilli, qu’on récite et étudie aussi la Gāyatrī.

Verse 49

सहस्रपरमां देवीं शतमध्यां दशावराम् / गायत्रीं वै जपेन्नित्यं जपयज्ञः प्रकीर्तितः

Qu’on récite chaque jour la Déesse Gāyatrī : sa mesure suprême est mille, sa mesure médiane cent, et sa mesure inférieure dix. Cette récitation constante est proclamée comme le sacrifice nommé japa-yajña, l’offrande intérieure du mantra.

Verse 50

गायत्रीं चैव वेदांश्च तुलयातोलयत् प्रभुः / एकतश्चतुरो वेदान् गायत्रीं च तथैकतः

Le Seigneur pesa la Gāyatrī et les Veda sur une balance. Plaçant les quatre Veda d’un côté et la Gāyatrī de l’autre, Il constata qu’ils étaient d’un poids égal.

Verse 51

ओङ्कारमादितः कृत्वा व्याहृतीस्तदनन्तरम् / ततो ऽधीयीत सावित्रीमेकाग्रः श्रद्धयान्वितः

Après avoir d’abord proféré la syllabe sacrée Oṃ, puis, dans l’ordre prescrit, les Vyāhṛti (bhūḥ, bhuvaḥ, svaḥ), qu’on récite ensuite la Sāvitrī (Gāyatrī) l’esprit fixé en un seul point, animé de foi.

Verse 52

पुराकल्पे समुत्पन्ना भूर्भुवःस्वः सनातनाः / महाव्याहृतयस्तिस्त्रः सर्वाशुभनिबर्हणाः

Dans l’antique cycle de la création surgirent Bhūr, Bhuvaḥ et Svaḥ, éternelles en vérité. Ces trois-là sont les Mahāvyāhṛti, grandes paroles sacrées qui anéantissent tout ce qui est néfaste.

Verse 53

प्रधानं पुरुषः कालो विष्णुर्ब्रह्मा महेश्वरः / सत्त्वं रजस्तमस्तिस्त्रः क्रमाद् व्याहृतयः स्मृताः

Pradhāna (la Nature primordiale), Puruṣa (la Personne consciente), le Temps, Viṣṇu, Brahmā et Maheśvara—avec les trois guṇa, Sattva, Rajas et Tamas—sont rappelés, dans l’ordre, comme des vyāhṛti, paroles sacrées qui articulent la réalité cosmique.

Verse 54

ओङ्कारस्तत् परं ब्रह्म सावित्री स्यात् तदक्षरम् / एष मन्त्रो महायोगः सारात् सार उदाहृतः

Oṃ est ce Brahman suprême; la Sāvitrī (Gāyatrī) est dite être cette syllabe impérissable. Ce mantra est le Grand Yoga lui-même, proclamé comme l’essence de toutes les essences.

Verse 55

यो ऽधीते ऽहन्यहन्येतां गायत्रीं वेदमातरम् / विज्ञायार्थं ब्रह्मचारी स याति परमां गतिम्

Le brahmacārin qui, jour après jour, étudie cette Gāyatrī—Mère des Veda—et en comprend le sens, atteint l’état suprême.

Verse 56

गायत्री वेदजननी गायत्री लोकपावनी / न गायत्र्याः परं जप्यमेतद् विज्ञाय मुच्यते

Gāyatrī est la mère des Veda ; Gāyatrī purifie les mondes. Nul japa de mantra n’est supérieur à Gāyatrī : qui connaît cette vérité est libéré.

Verse 57

श्रावणस्य तु मासस्य पौर्णमास्यां द्विजोत्तमाः / आषाढ्यां प्रोष्ठपद्यां वा वेदोपाकरणं स्मृतम्

Ô meilleurs des deux-fois-nés, au jour de pleine lune du mois de Śrāvaṇa est prescrit le Veda-upākaraṇa, rite d’ouverture ou de renouvellement de l’étude védique ; à défaut, il est aussi prescrit à la pleine lune d’Āṣāḍha ou au jour de Proṣṭhapadā.

Verse 58

उत्सृज्य ग्रामनगरं मासान् विप्रोर्ऽद्धपञ्चमान् / अधीयीत शुचौ देशे ब्रह्मचारी समाहितः

Après avoir quitté la vie de village et de cité durant quatre mois et demi, l’étudiant brāhmane, établi dans le brahmacarya, maître de lui et recueilli, doit étudier le Veda en un lieu pur et retiré.

Verse 59

पुष्ये तु छन्दसां कुर्याद् बहिरुत्सर्जनं द्विजः / माघशुक्लस्य वा प्राप्ते पूर्वाह्ने प्रथमे ऽहनि

Sous le nakṣatra Puṣya, le deux-fois-né doit accomplir le bahir-utsarjana, la cérémonie d’« envoi au dehors » de sa récitation védique ; ou bien, à l’arrivée de la quinzaine claire de Māgha, qu’il le fasse le premier jour, dans la matinée.

Verse 60

छन्दांस्यूर्ध्वमथोभ्यस्येच्छुक्लपक्षेषु वै द्विजः / वेदाङ्गानि पुराणानि कृष्णपक्षे च मानवम्

Le dvija, le « deux-fois-né », doit étudier les mètres védiques durant la quinzaine claire ; et durant la quinzaine sombre, il doit étudier les Vedāṅga et les Purāṇa. Ainsi l’homme doit-il s’adonner à la science sacrée.

Verse 61

इमान् नित्यमनध्यायानदीयानो विवर्जयेत् / अध्यापनं च कुर्वाणो ह्यभ्यस्यन्नपि यत्नतः

Celui qui s’adonne à l’étude védique doit toujours éviter ces périodes de non-récitation obligée (nitya-anadhyāya). Même en enseignant autrui ou en s’exerçant avec ardeur, qu’il s’abstienne de réciter en ces temps-là.

Verse 62

कर्णश्रवे ऽनिले रात्रौ दिवा पांशुसमूहने / विद्युत्स्तनितवर्षेषु महोल्कानां च संप्लवे / आकालिकमनध्यायमेतेष्वाह प्रजापतिः

Quand, la nuit, le vent rugit aux oreilles ; quand, le jour, la poussière se rassemble en masses ; quand surviennent l’éclair, le tonnerre et la pluie ; et quand de grands météores paraissent dans le tumulte — en de telles circonstances, Prajāpati a prescrit un anadhyāya immédiat, limité dans le temps : la suspension de la récitation et de l’étude védique.

Verse 63

एतानभ्युदितान् विद्याद् यदा प्रादुष्कृताग्निषु / तदा विद्यादनध्यायमनृतौ चाभ्रदर्शने

Qu’on sache que ces signes se sont manifestés lorsque les feux sacrés s’embrasent et flambent ; alors, qu’on comprenne que c’est un temps d’anadhyāya, suspension de l’étude et de la récitation. De même lorsque la saison est anormale ou lorsque des nuages apparaissent hors saison.

Verse 64

निर्घाते भूमिचलने ज्योतिषां चोपसर्जने / एतानाकालिकान् विद्यादनध्यायानृतावपि

Lors des fracas célestes, des tremblements de terre et des troubles funestes des luminaires, qu’on reconnaisse là des anadhyāya hors de saison, même si la période favorable à l’étude est par ailleurs en vigueur.

Verse 65

प्रादुष्कृतेष्वग्निषु तु विद्युत्स्तनितनिस्वने / सज्योतिः स्यादनध्यायः शेषरात्रौ यथा दिवा

Lorsque des feux se déclarent, ou lorsqu’éclairs et grondement du tonnerre retentissent, l’étude védique doit être suspendue—et cette règle vaut pour le reste de la nuit, comme elle vaut le jour.

Verse 66

नित्यानध्याय एव स्याद् ग्रामेषु नगरेषु च / धर्मनैपुण्यकामानां पूतिगन्धे च नित्यशः

Dans les villages comme dans les cités, il doit y avoir, en vérité, une suspension constante de la récitation védique ; de même, pour ceux qui recherchent la maîtrise du dharma, l’étude doit toujours être interrompue en présence d’une puanteur impure.

Verse 67

अन्तः शवगते ग्रामे वृषलस्य च सन्निधौ / अनध्यायो रुद्यमाने समवाये जनस्य च

La récitation et l’étude des Veda doivent être suspendues lorsqu’on se trouve dans un village où gît un cadavre, à proximité d’un vṛṣala (impur/exclu), lorsqu’il y a des lamentations dues à la mort, et lorsque la foule s’est rassemblée.

Verse 68

उदके मध्यरात्रे च विण्मूत्रे च विसर्जने / उच्छिष्टः श्राद्धबुक् चैव मनसापि न चिन्तयेत्

Lorsqu’on est dans l’eau, à minuit, au moment d’évacuer selles ou urine, lorsqu’on se trouve en état d’impureté (après avoir mangé sans s’être purifié), et aussi en prenant un repas de Śrāddha—qu’on ne s’attarde même pas en pensée sur ce qui est inconvenant ou impur.

Verse 69

प्रतिगृह्य द्विजो विद्वानेकोदिष्टस्य केतनम् / त्र्यहं न कीर्तयेद् ब्रह्म राज्ञो राहोश्च सूतके

Après avoir accepté la demeure (don de maison) offerte pour le rite ekoddiṣṭa, un dvija savant ne doit ni réciter ni enseigner les Veda pendant trois jours ; de même durant le sūtaka dû à la mort d’un roi ou à une éclipse (Rāhu).

Verse 70

यावदेको ऽनुदिष्टस्य स्नेहो गन्धश्च तिष्ठति / विप्रस्य विदुषो देहे तावद् ब्रह्म न कीर्तयेत्

Tant qu’il demeure, dans le corps d’un brāhmane savant, ne fût-ce qu’une trace d’attachement non purifié et l’« odeur » qui en subsiste, jusque-là il ne doit pas proclamer (enseigner publiquement) la connaissance de Brahman.

Verse 71

शयानः प्रौढपादश्च कृत्वा चैवावसक्थिकाम् / नाधीयीतामिषं जग्ध्वा सूतकान्नाद्यमेव च

On ne doit pas entreprendre la récitation védique en étant couché, les pieds étendus ou les jambes mal disposées ; ni étudier après avoir mangé de la viande, ni aussitôt après avoir pris une nourriture liée à l’impureté, telle celle du sūtaka (souillure de naissance).

Verse 72

नीहारे बाणशब्दे च संध्ययोरुभयोरपि / अमावास्यां चतुर्दश्यां पौर्णमास्यष्टमीषु च

Par brouillard épais, lorsque retentit le son funeste d’une flèche, aux deux crépuscules, et aussi au jour d’amāvāsyā (nouvelle lune), au caturdaśī (quatorzième), au pūrṇimā (pleine lune) et aux jours d’aṣṭamī (huitième)—il convient d’observer retenue et prudence rituelle.

Verse 73

उपाकर्मणि चोत्सर्गे त्रिरात्रं क्षपणं स्मृतम् / अष्टकासु त्वहोरात्रं ऋत्वन्त्यासु च रात्रिषु

Pour les rites d’Upākarman et d’Utsarga, une expiation (kṣapaṇa) de trois nuits est prescrite. Durant les jours d’Aṣṭakā, on l’observe un jour et une nuit entiers ; et aux nuits de clôture des saisons également, on la garde en ces nuits-là.

Verse 74

मार्गशीर्षे तथा पौषे माघमासे तथैव च / तिस्त्रो ऽष्टकाः समाख्याता कृष्णपक्षेतु सूरिभिः

Dans les mois de Mārgaśīrṣa, de Pauṣa et aussi de Māgha, les sages déclarent qu’il est reconnu trois observances d’Aṣṭakā—chacune devant être accomplie durant la quinzaine sombre (kṛṣṇa-pakṣa).

Verse 75

श्लेष्मातकस्य छायायां शाल्मलेर्मधुकस्य च / कदाचिदपि नाध्येयं कोविदारकपित्थयोः

On ne doit ni réciter ni étudier le Véda assis à l’ombre du śleṣmātaka, du śālmali ou du madhūka ; et l’on ne doit jamais entreprendre l’étude védique sous le kovidāra ou le kapittha.

Verse 76

समानविद्ये च मृते तथा सब्रह्मचारिणि / आचार्ये संस्थिते वापि त्रिरात्रं क्षपणं स्मृतम्

Si meurt celui qui étudiait la même discipline sacrée, ou un compagnon brahmacārin, ou même l’ācārya (maître), il est prescrit une observance de purification (kṣapaṇa) durant trois nuits.

Verse 77

छिद्राण्येतानि विप्राणांये ऽनध्यायः प्रकीर्तिताः / हिंसन्ति राक्षसास्तेषु तस्मादेतान् विवर्जयेत्

Telles sont les « brèches » des brahmanes : les temps déclarés anadhyāya, où l’étude védique est interdite. En ces périodes, les rākṣasas les tourmentent ; il faut donc les éviter avec rigueur.

Verse 78

नैत्यके नास्त्यनध्यायः संध्योपासन एव च / उपाकर्मणि कर्मान्ते होममन्त्रेषु चैव हि

Pour les rites quotidiens obligatoires (nitya), il n’y a pas d’anadhyāya ; il en va de même pour l’adoration de Sandhyā. De même encore, lors d’Upākarman, à la clôture d’un acte rituel, et dans les mantras du homa, la récitation doit être maintenue.

Verse 79

एकामृचमथैकं वा यजुः सामाथवा पुनः / अष्टकाद्यास्वधीयीत मारुते चातिवायति

Quand le vent souffle avec trop de violence, on ne doit étudier qu’un seul verset du Ṛg—ou une seule formule du Yajus, ou un seul Sāman. De même, aux jours d’Aṣṭakā et autres jours particuliers, la récitation doit être réduite au minimum.

Verse 80

अनध्यायस्तु नाङ्गेषु नेतिहासपुराणयोः / न धर्मशास्त्रेष्वन्येषु पर्वण्येतानि वर्जयेत्

La restriction appelée anadhyāya (suspension de l’étude) ne s’applique ni aux Vedāṅga, ni aux Itihāsa et Purāṇa, ni aux autres Dharma-śāstra ; même aux jours sacrés de parvan, on ne doit pas s’en abstenir.

Verse 81

एष धर्मः समासेन कीर्तितो ब्रह्मचारिणाम् / ब्रह्मणाभिहितः पूर्वमृषीणां भावितात्मनाम्

Ainsi, en bref, a été énoncé le dharma des brahmacārins (étudiants voués à la continence), enseigné jadis par Brahmā aux ṛṣi dont l’âme était purifiée et maîtrisée.

Verse 82

यो ऽन्यत्र कुरुते यत्नमनधीत्य श्रुतिं द्विजः / स संमूढो न संभाष्यो वेदबाह्यो द्विजातिभिः

Le deux-fois-né (dvija) qui, sans avoir d’abord étudié la Śruti (le Veda), s’efforce en d’autres voies, est entièrement égaré ; les dvijas ne doivent pas converser avec lui, car il se tient hors du Veda.

Verse 83

न वेदपाठमात्रेण संतुष्टो वै भवेद् द्विजः / पाठमात्रावसन्नस्तु पङ्के गौरिव सीदति

Le dvija ne doit pas se satisfaire de la seule récitation du Veda ; celui qui s’abîme dans le « réciter seulement » (sans en vivre la discipline) s’enlise comme une vache dans la boue.

Verse 84

यो ऽधीत्य विधिवद् वेदं वेदार्थं न विचारयेत् / ससान्वयः शूद्रकल्पः पात्रतां न प्रपद्यते

Celui qui étudie le Veda selon la discipline prescrite, mais n’en examine ni n’en médite le sens—celui-là, même avec une lignée, devient comme un être inapte au privilège védique et n’atteint pas l’aptitude (pātratā) à le recevoir véritablement et à en obtenir les fruits.

Verse 85

यदि त्वात्यन्तिकं वासं कर्तुमिच्छति वै गुरौ / युक्तः परिचरेदेनमाशरीरविमोक्षणात्

Si l’on souhaite vraiment demeurer à jamais auprès du Guru, qu’on le serve sans relâche, avec discipline et constance—jusqu’au dépouillement du corps.

Verse 86

गत्वा वनं वा विधिवज्जुहुयाज्जातवेदसम् / अधीयीत सदा नित्यं ब्रह्मनिष्ठः समाहितः

Même en allant dans la forêt, qu’il offre selon la règle des oblations à Jātavedas (Agni) ; et, toujours paisible et recueilli, établi en Brahman, qu’il s’adonne sans cesse à l’étude sacrée.

Verse 87

सावित्रीं शतरुद्रीयं वेदान्तांश्च विशेषतः / अभ्यसेत् सततं युक्ते भस्मस्नानपरायणः

Celui qui est discipliné—voué au bain de cendre sacrée (bhasma)—doit pratiquer sans cesse la Sāvitrī (Gāyatrī), le Śatarudrīya et, tout particulièrement, les enseignements du Vedānta.

Verse 88

एतद् विधानं परमं पुराणं वेदागमे सम्यगिहेरितं वः / पुरा महर्षिप्रवराभिपृष्टः स्वायंभुवो यन्मनुराह देवः

Cette ordonnance purānique suprême, pleinement accordée au Veda et à l’Āgama, vous a été ici proclamée avec justesse. Jadis, interrogé par les plus éminents des sages, le divin Svāyambhuva Manu enseigna précisément cette même doctrine.

Verse 89

एवमीश्वरसमर्पितान्तरो यो ऽनुतिष्ठति विधिं विधानवित् / मोहजालमपहाय सो ऽमृतो याति तत् पदमनामयं शिवम्

Ainsi, celui dont l’être intérieur est offert à Īśvara et qui, connaissant la juste ordonnance, accomplit la discipline prescrite : rejetant le filet de l’illusion, il devient immortel et atteint cet état pur, sans peine, auspicious—Śiva.

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Frequently Asked Questions

Reverent bodily etiquette (lower seat/bed, controlled speech, no imitation), constant readiness to serve, offering whatever is obtained, not departing without permission, and protecting the guru’s honor by leaving places of slander—along with daily study only in ways that do not displease the teacher.

Gāyatrī is proclaimed the Mother of the Vedas and the supreme japa; its recitation is a sacrifice (japa-yajña), and it is said to be ‘weighed’ as equal to the four Vedas, leading the disciplined student toward the supreme state.

Anadhyāya is the mandatory suspension of Vedic recitation during impure conditions, social disruptions, death-pollution contexts, and ominous natural phenomena (thunder, meteors, earthquakes, abnormal seasons). These times are called ‘breaches’ for brāhmaṇas, when harmful forces may afflict them, hence strict avoidance is prescribed.

Yes. The chapter states anadhyāya does not apply to Vedāṅgas, Itihāsas, Purāṇas, and other Dharma-śāstras; these may be studied even on parvan (festival) days.

Conduct is presented as the prerequisite for effective transmission and realization: mere recitation without living discipline is condemned, and study without inquiry into meaning is said to fail in producing true eligibility and fruit.