Adhyaya 270
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Adhyaya 270

Ce chapitre se présente comme un enseignement théologique śaiva : Īśvara (Śiva) instruit Devī au sujet d’un liṅga situé là où coule la Prācī Sarasvatī, appelé Maṅkīśvara. La première partie rapporte la légende d’origine : le ṛṣi ascète Maṅkaṇaka accomplit un long tapas, avec régime discipliné et étude; lorsqu’une exsudation semblable à une sève végétale s’échappe par accident de sa main, il s’imagine doté d’un siddhi extraordinaire et se met à danser d’allégresse. Cette danse trouble le cosmos—montagnes déplacées, océans brassés, rivières déviées, astres désalignés—si bien que les devas, conduits par Indra et rejoints par Brahmā et Viṣṇu, implorent Tripurāntaka (Śiva) de mettre fin au désordre. Śiva s’approche sous l’apparence d’un brāhmaṇa, interroge la cause, puis manifeste un prodige supérieur en faisant surgir de la cendre de son pouce; il dissipe ainsi l’illusion de l’ascète et rétablit l’ordre. Maṅkaṇaka reconnaît la suprématie de Śiva et demande une grâce : que son tapas ne soit pas diminué par cet épisode; Śiva accorde au contraire une croissance continue de l’austérité et établit sa présence durable en ce lieu. La seconde moitié passe au tirtha-vidhi et à la phalaśruti. La Prācī Sarasvatī est louée comme un tīrtha d’un mérite exceptionnel, surtout à Prabhāsa; mourir sur la rive nord est dit empêcher le retour (dans le registre sotériologique du texte) et procurer un mérite comparable à celui de l’Aśvamedha. Sont énumérés rites et fruits : le bain accompli avec discipline mène au siddhi suprême et à la plus haute demeure de Brahman; même un don minime d’or à un brāhmaṇa digne donne un résultat « semblable au Meru »; le śrāddha profite à plusieurs générations; une seule offrande de piṇḍa et le tarpaṇa élèvent les ancêtres hors d’états défavorables; l’anna-dāna est lié à la voie de la mokṣa; des dons tels que le caillé et des couvertures de laine confèrent des atteintes de lokas spécifiques; et le bain pour ôter l’impureté est assimilé au fruit du go-dāna. Le texte souligne le bain au caturdaśī de la kṛṣṇa-pakṣa et affirme que cette rivière, rare, demeure difficile d’accès pour les non-méritants, en mentionnant Kurukṣetra, Prabhāsa et Puṣkara. Le chapitre se clôt sur le retrait de Śiva après l’établissement de sa présence, et sur un vers attribué à Viṣṇu conseillant au fils de Dharma de préférer la Prācī Sarasvatī aux autres tīrthas renommés.

Shlokas

Verse 1

ईश्वर उवाच । ततो गच्छेन्महादेवि यत्र प्राची सरस्वती । तत्र स्थाने स्थितं लिंगं मंकीश्वरमिति श्रुतम्

Īśvara dit : « Ensuite, ô grande Déesse, il faut se rendre là où la Sarasvatī s’écoule vers l’orient. En ce lieu se dresse un liṅga, renommé sous le nom de Maṃkīśvara. »

Verse 2

तस्योत्पत्तिं प्रवक्ष्यामि सर्वपातकनाशिनीम् । शृणु देवि महाभागे ह्याश्चर्यं यदभूत्पुरा

Je vais exposer l’origine de ce récit sacré, qui anéantit tous les péchés. Écoute, ô Déesse de bon augure, le prodige merveilleux qui advint jadis.

Verse 3

ऋषिर्मंकणको नाम स तेपे परमं तपः । प्राचीमेत्य यताहारो नित्यं स्वाध्यायतत्परः

Il y avait un ṛṣi nommé Maṅkaṇaka ; il accomplit l’austérité suprême. S’étant rendu vers l’orient, sobre dans sa nourriture, il demeurait sans cesse voué au svādhyāya, l’étude et la récitation sacrées.

Verse 4

बहुवर्षसहस्राणि तस्यातीतानि भामिनि । कस्यचित्त्वथ कालस्य विद्धादस्य वरानने

De nombreux milliers d’années s’écoulèrent pour lui, ô resplendissante. Puis, à un certain moment, ô Dame au beau visage, son doigt fut percé par la pointe de l’herbe kuśa.

Verse 5

कराच्छाकरसो जातः कुशाग्रेणेति नः श्रुतम् । स तं दृष्ट्वा महाश्चर्यं विस्मयं परमं गतः

Nous avons entendu dire que, piqué par la pointe de l’herbe kuśa, un suc doux jaillit de sa main. Voyant ce grand prodige, il fut saisi de l’étonnement le plus élevé.

Verse 6

मेने सिद्धिं परां प्राप्तो हर्षान्नृत्यमथाकरोत् । तस्मिन्संनृत्यमाने च जगत्स्थावरजंगमम्

Il pensa avoir obtenu la siddhi suprême et, dans sa joie, se mit à danser. Et tandis qu’il dansait, le monde entier—l’immobile comme le mobile—en fut ébranlé.

Verse 7

अनर्त्तत वरारोहे प्रभावात्तस्य वै मुनेः । ततो देवा महेंद्राद्या ब्रह्मविष्णुपुरस्सराः । ऊचुस्त्रिपुरहंतारं नायं नृत्येत्तथा कुरु

Ô Dame aux hanches gracieuses, par la puissance de ce muni, tous les êtres se mirent à danser. Alors les dieux—à commencer par le grand Indra, avec Brahmā et Viṣṇu en tête—dirent au Destructeur de Tripura : «Qu’il ne danse pas ainsi ; fais quelque chose pour l’arrêter».

Verse 8

चलिताः पर्वताः स्थानात्क्षुभितो मकरालयः । धरणी खण्डशो देव वृक्षाश्च निधनं गताः

Les montagnes furent ébranlées hors de leurs assises ; l’océan, demeure des makaras, se souleva en tumulte. La terre se fendit en morceaux, ô Seigneur, et les arbres allèrent à la ruine.

Verse 9

उत्पथाश्च महानद्यो ग्रहा उन्मार्गसंस्थिताः । त्रैलोक्यं व्याकुलीभूतं यावत्प्राप्नोति संक्षयम्

Les grands fleuves sortirent de leur cours, et les planètes quittèrent les voies qui leur étaient assignées. Les trois mondes furent plongés dans le trouble, comme s’ils s’acheminaient vers la ruine.

Verse 10

तावन्निवारयस्वैनं नान्यः शक्तो निवारणे

Ainsi, retiens-le sur-le-champ : nul autre n’a le pouvoir de l’arrêter.

Verse 11

स तथेति प्रतिज्ञाय गत्वा तस्य समीपतः । द्विजरूपं समास्थाय तमृषिं वाक्यमब्रवीत्

Il acquiesça en disant : « Qu’il en soit ainsi », puis, ayant fait ce vœu, il s’approcha du sage. Prenant l’apparence d’un brāhmaṇa, il adressa des paroles à cet ṛṣi.

Verse 12

को हर्षविषयः कस्मात्त्वयैतन्नृत्यते द्विज । तस्मात्कार्यं वदाशु त्वं परं कौतूहलं द्विजः

« Quelle est la cause de ta joie, et pourquoi danses-tu, ô deux-fois-né ? Dis-moi vite de quoi il s’agit, car je suis saisi d’une grande curiosité, ô brāhmaṇa. »

Verse 13

ऋषिरुवाच । किं न पश्यसि मे ब्रह्मन्कराच्छाकर सं च्युतम् । अत एव हि मे नृत्यं सिद्धोऽहं नात्र संशयः

Le sage dit : « Ne vois-tu pas, ô brāhmaṇa, le morceau de sucre tombé de ma main ? C’est pour cela même que je danse : sans nul doute, j’ai obtenu la siddhi. »

Verse 14

ईश्वर उवाच । तस्य तद्वचनं श्रुत्वा भगवांस्त्रिपुरांतकः । अंगुष्ठं ताडयामास अंगुल्यग्रेण भामिनि

Īśvara dit : « Ayant entendu ses paroles, le Seigneur Bienheureux — Tripurāntaka — frappa son propre pouce du bout de son doigt, ô belle. »

Verse 15

ततो विनिर्गतं भस्म तत्क्षणाद्धिमपांडुरम् । अथाब्रवीत्प्रहस्यैनं भगवान्भूतभावनः

Alors la cendre jaillit, aussitôt blanche comme le givre. Et le Seigneur, Nourricier de tous les êtres, souriant, lui adressa la parole.

Verse 16

पश्य मेंऽगुष्ठतो ब्रह्मन्भूरि भस्म विनिर्गतम् । न नृत्येऽहं न मे हर्षस्तथापि मुनिसत्तम

« Vois, ô brāhmane : de mon pouce a jailli une cendre abondante. Pourtant je ne danse pas et je n’éprouve point d’exultation, ô meilleur des sages. »

Verse 17

तद्दृष्ट्वा सुमहाश्चर्यं विस्मयं परमं गतः । अब्रवीत्प्रांजलिर्भूत्वा हर्षगद्गदया गिरा

Voyant ce prodige immensément grand, il fut saisi du plus haut étonnement ; puis, les mains jointes, il parla d’une voix tremblante de joie.

Verse 18

नान्यं देवमहं मन्ये त्वां मुक्त्वा वृषभध्वजम् । नान्यस्य विद्यते शक्तिरीदृशी धरणीतले

« Je ne tiens pour dieu nul autre que toi, ô Seigneur au drapeau du Taureau. Nul ne possède une telle puissance sur la face de la terre. »

Verse 19

भगवानुवाच । ज्ञातोऽस्मि मुनिशार्दूल त्वया वेदविदां वर । वरं वरय भद्रं ते नित्यं यन्मनसेप्सितम्

Le Seigneur dit : « Tu m’as reconnu, ô tigre parmi les sages, ô meilleur des connaisseurs des Veda. Choisis une grâce—bénédiction sur toi—tout ce que ton cœur désire sans cesse. »

Verse 20

ऋषिरुवाच । प्रसादाद्देवदेवस्य नृत्येन महता विभो । यथा न स्यात्तपोहानिस्तथा नीतिर्विधीयताम्

Le sage dit : « Ô Puissant, par la grâce du Dieu des dieux j’ai dansé magnifiquement. Ordonne un moyen juste afin qu’il n’y ait aucune perte de mon austérité (tapas). »

Verse 21

शंभुरुवाच । तपस्ते वर्द्धतां विप्र मत्प्रसादात्सहस्रधा । प्राचीमन्विह वत्स्यामि त्वया सार्द्धमहं सदा

Śambhu dit : « Ô brāhmane, que ton austérité croisse mille fois par ma grâce. Je demeurerai toujours ici, tourné vers l’orient, avec toi. »

Verse 22

सरस्वती महापुण्या क्षेत्रे चास्मिन्विशेषतः । सरस्वत्युत्तरे तीरे यस्त्यजेदात्मनस्तनुम्

Sarasvatī est d’un mérite suprême, surtout dans ce kṣetra sacré. Quiconque abandonne son corps sur la rive nord de la Sarasvatī obtient une sainteté exceptionnelle, par la grandeur de ce lieu.

Verse 23

प्राचीने ह्यृषिशार्दूल न चेहागच्छते पुनः । आप्लुतो वाजिमेधस्य फलं प्राप्नोति पुष्कलम्

Ô tigre parmi les sages, celui qui se baigne ici ne retourne plus vers l’orient, c’est-à-dire vers l’errance mondaine. Après l’immersion, il obtient un fruit abondant, égal à celui du sacrifice de l’Aśvamedha.

Verse 24

नियमैश्चोप वासैश्च शोषयन्देहमात्मनः । जलाहारा वायुभक्षाः पर्णाहाराश्च तापसाः । तथा च स्थंडिलशया ये चान्ये नियताः पृथक्

Par des observances et des jeûnes, les ascètes dessèchent leur propre corps : les uns ne vivent que d’eau, les autres ‘se nourrissent d’air’, d’autres de feuilles ; de même ceux qui dorment sur la terre nue, et d’autres encore qui suivent, chacun à sa manière, des disciplines variées.

Verse 25

ये स्नानमाचरिष्यंति तीर्थेऽस्मिन्नियमान्विताः । ते यांति परमां सिद्धिं ब्रह्मणः परमं पदम्

Ceux qui se baignent en ce tīrtha, munis des observances sacrées, atteignent l’accomplissement suprême : la demeure la plus haute de Brahman.

Verse 26

अस्मिंस्तीर्थे तु यो दानं त्रुटिमात्रं च कांचनम् । ददाति द्विजमुख्याय मेरुतुल्यं भवेत्फलम्

Mais en ce tīrtha, quiconque donne en aumône ne fût-ce qu’un infime grain d’or à un brāhmane éminent, reçoit un fruit aussi immense que le mont Meru.

Verse 27

अस्मिंस्तीर्थे तु ये श्राद्धं करिष्यंतीह मानवाः । एकविंशत्कुलोपेताः स्वर्गं यास्यंति ते ध्रुवम्

Et ceux qui accomplissent ici le śrāddha en ce tīrtha, avec vingt et une générations de leur lignée, iront assurément au ciel.

Verse 28

पितॄणां वल्लभं तीर्थं पिंडेनैकेन तर्पिताः । ब्रह्मलोकं गमिष्यंति सुपुत्रेणेह तारिताः

Ce tīrtha est cher aux ancêtres. Rassasiés par une seule offrande de piṇḍa, ils iront à Brahmaloka, délivrés ici par un fils vertueux.

Verse 29

भूयश्चान्नं प्रयच्छंति मोक्षमार्गं व्रजंति ते

De plus, ceux qui offrent de la nourriture en aumône s’engagent sur la voie de la libération (mokṣa).

Verse 30

अत्र ये शुभ कर्माणः प्रभासस्थां सरस्वतीम् । पश्यंति तेपि यास्यंति स्वर्गलोकं द्विजोत्तमाः

Ici, ceux dont les actes sont auspices et qui contemplent Sarasvatī demeurant à Prabhāsa—eux aussi, ô le meilleur des deux-fois-nés, iront au monde céleste.

Verse 31

ये पुनस्तत्र भावेन नराः स्नानपरायणाः । ब्रह्मलोकं समासाद्य ते रमिष्यंति सर्वदा

Mais ces hommes qui, là-bas, avec une dévotion du cœur, se vouent au bain sacré—parvenus à Brahmaloka, ils se réjouiront à jamais.

Verse 32

दधि प्रदद्याद्योऽपीह ब्राह्मणाय मनोरमम् । सोऽप्यग्निलोकमासाद्य भुंक्ते भोगान्सुशोभनान्

Quiconque ici (à Prabhāsa) offre à un brāhmaṇa un caillé délicieux—lui aussi atteindra le monde d’Agni et jouira de plaisirs splendides et de bon augure.

Verse 33

ऊर्णाप्रावरणं योऽपि भक्त्या दद्याद्द्विजोत्तमे । सोऽपि याति परां सिद्धिं मर्त्यैरन्यैः सुदुर्लभाम्

Quiconque, avec dévotion, offre un vêtement de laine à un brāhmaṇa éminent—lui aussi atteindra l’accomplissement suprême, si difficile à obtenir pour les autres mortels.

Verse 34

ये चात्र मलनाशाय विशेयुर्मानवा जलम् । गोप्रदानफलं तेषां सुखेन फलमादिशेत्

Et ceux qui ici entrent dans l’eau pour dissiper l’impureté—qu’on déclare qu’ils obtiennent aisément le fruit du don d’une vache.

Verse 35

भावेन हि नरः कश्चित्तत्र स्नानं समाचरेत् । सर्वपापविनिर्मुक्तो विष्णुलोके महीयते

En vérité, quiconque se baigne en ce lieu avec une dévotion intérieure sincère est délivré de tous les péchés et honoré dans le monde de Viṣṇu.

Verse 36

तर्पणात्पिंडदानाच्च नरकेष्वपि संस्थिताः । स्वर्गं प्रयांति पितरः सुपुत्रेणेह तारिताः

Par l’offrande d’eau (tarpaṇa) et le don des piṇḍa, même les ancêtres demeurant en enfer parviennent au ciel, sauvés ici par un fils digne.

Verse 37

ते लभंतेऽक्षयांल्लोका न्ब्रह्मविष्ण्वीशशब्दितान् । भूयस्त्वन्नं प्रयच्छन्ति मोक्षमार्गं लभंति ते

Ils obtiennent des demeures impérissables, dites celles de Brahmā, de Viṣṇu et d’Īśa ; puis, de nouveau, ils accordent la nourriture en abondance—ainsi trouvent-ils la voie de la délivrance (mokṣa).

Verse 38

स्वर्गनिश्रेणिसंभूता प्रभासे तु सरस्वती । नापुण्यवद्भिः संप्राप्तुं पुंभिः शक्या महानदी

À Prabhāsa, le grand fleuve Sarasvatī s’est levé comme issu d’un escalier vers le ciel ; ce fleuve majestueux ne peut être atteint par des hommes dépourvus de mérite.

Verse 39

प्राची सरस्वती चैव अन्यत्रैव तु दुर्लभा । विशेषेण कुरुक्षेत्रे प्रभासे पुष्करे तथा

La Sarasvatī qui s’écoule vers l’orient (Prācī) est vraiment rare ailleurs ; on la trouve surtout à Kurukṣetra, à Prabhāsa et également à Puṣkara.

Verse 40

प्राचीं सरस्वतीं प्राप्य योन्यत्तीर्थं हि मार्गते । स करस्थं समुत्सृज्य कूर्परेण समाचरेत्

Parvenu à la Sarasvatī de l’Orient (Prācī), qu’on recherche le Yonyat-tīrtha ; et là, déposant ce que l’on tient en main, qu’on accomplisse le rite selon la méthode du coude (kūrpra).

Verse 41

कृष्णपक्षे चतुर्दश्यां स्नानं च विहितं सदा । पिण्याकेंगुदकेनापि पिंडं तत्र ददाति यः । पितॄणामक्षयं भूयात्पितृलोकं स गच्छति

Au quatorzième jour de la quinzaine sombre (kṛṣṇa-pakṣa), le bain sacré est toujours prescrit. Quiconque y offre un piṇḍa, fût-ce avec de l’eau mêlée de tourteau d’huile (piṇyāka), procure aux ancêtres un bienfait impérissable, et il gagne le monde des Pitṛs (Pitṛloka).

Verse 42

सरस्वतीवाससमा कुतो रतिः सरस्वतीवाससमाः कुतो गुणाः । सरस्वतीं प्राप्य गता दिवं नराः पुनः स्मरिष्यंति नदीं सरस्वतीम्

Où trouver une joie égale à demeurer auprès de Sarasvatī ? Où trouver des vertus comparables à vivre dans la demeure de Sarasvatī ? Ayant atteint Sarasvatī, les hommes gagnent le ciel ; pourtant, encore et encore, ils se souviennent du fleuve Sarasvatī.

Verse 43

ईश्वर उवाच । उक्त्वैवं भगवान्देवस्तत्रैवांतरधीयत । सांनिध्यमकरोत्तत्र ततःप्रभृति शंकरः

Īśvara dit : Ayant ainsi parlé, le Seigneur Bienheureux disparut sur-le-champ. Dès lors, Śaṅkara établit en ce lieu sa présence demeurante.

Verse 44

अत्र गाथा पुरा गीता विष्णुना प्रभविष्णुना । स्नेहार्द्रेण च चित्तेन धर्मपुत्रं प्रति प्रिये

Voici, en ce lieu, une gāthā jadis chantée par Viṣṇu—Viṣṇu le puissant, Viṣṇu source de toute origine—dite d’un cœur attendri par l’affection, adressée au fils du Dharma (Dharmaputra), ô bien-aimée.

Verse 45

मा गंगां व्रज कौंतेय मा प्रयागं च पुष्करम् । तत्र गच्छ कुरुश्रेष्ठ यत्र प्राची सरस्वती

Ô fils de Kuntī, ne va pas au Gaṅgā ; ne va pas non plus à Prayāga ni à Puṣkara. Va plutôt là, ô le meilleur des Kuru, où se trouve la Sarasvatī Prācī.

Verse 46

एतत्ते सर्वमाख्यातं यन्मां त्वं परिपृच्छसि । माहात्म्यं च सरस्वत्या भूयः किं श्रोतुमिच्छसि

Tout cela t’a été exposé, selon ce que tu m’as demandé. Et la grandeur de Sarasvatī aussi—que veux-tu entendre encore ?

Verse 270

इति श्रीस्कांदे महापुराण एकाशीतिसाहस्र्यां संहितायां सप्तमे प्रभासखंडे प्रथमे प्रभासक्षेत्रमाहात्म्ये प्राचीसरस्वतीमंकीश्वरमाहात्म्यवर्णनंनाम सप्तत्युत्तरद्विशततमोऽध्यायः

Ainsi s’achève, dans le saint Skanda Mahāpurāṇa—au sein de la compilation de quatre-vingt-un mille vers—dans le septième livre, le Prabhāsa Khaṇḍa, et dans la première section, le Prabhāsakṣetra Māhātmya, le chapitre intitulé «Description de la grandeur de Prācī Sarasvatī et de Maṅkīśvara», soit le Chapitre 270.