Adhyaya 18
Avanti KhandaReva KhandaAdhyaya 18

Adhyaya 18

Le chapitre 18, énoncé par Śrī Mārkaṇḍeya, déroule une suite d’images de dissolution cosmique. Le monde est d’abord brûlé par les forces solaires, puis surgissent d’une source divine les nuées Saṃvartaka, aux couleurs variées et aux formes gigantesques—semblables à des montagnes, à des éléphants, à des forteresses—accompagnées d’éclairs et de tonnerre. La pluie devient envahissante, remplissant tous les plans d’existence, jusqu’à ce que océans, îles, fleuves et sphères terrestres se confondent en une seule étendue d’eau (ekārṇava). Alors la vision s’effondre : ni soleil, ni lune, ni étoiles; règnent l’obscurité et des vents immobiles, signe d’un désarroi cosmique. Au cœur du déluge, le narrateur offre sa louange au Dieu-refuge (śaraṇya) et s’interroge sur le véritable asile. Se tournant vers l’intérieur, il s’établit dans le souvenir, la méditation et la dévotion, jusqu’à trouver la stabilité et, par la grâce divine, traverser les eaux. L’enseignement relie cosmologie et discipline spirituelle : lorsque les appuis extérieurs disparaissent, la remémoration réglée et le refuge contemplatif en le Divin deviennent la réponse éthique et sacrée.

Shlokas

Verse 1

श्रीमार्कण्डेय उवाच । निर्दग्धेऽस्मिंस्ततो लोके सूर्यैरीश्वरसम्भवैः । सप्तभिश्चार्णवैः शुष्कैर्द्वीपैः सप्तभिरेव च

Śrī Markaṇḍeya dit : Lorsque ce monde eut été consumé par les soleils issus de la puissance du Seigneur, et lorsque les sept océans furent asséchés—ainsi que les sept continents—

Verse 2

ततो मुखात्तस्य घना महोल्बणा निश्चेरुरिन्द्रायुधतुल्यरूपाः । घोराः पयोदा जगदन्धकारं कुर्वन्त ईशानवरप्रयुक्ताः

Alors, de sa bouche jaillirent des nuées épaisses et terribles, aux formes pareilles à l’arc d’Indra. Ces effroyables nuages de pluie, mus par la grâce d’Īśāna, répandirent les ténèbres sur l’univers.

Verse 3

नीलोत्पलाभाः क्वचिदंजनाभा गोक्षीरकुन्देन्दुनिभाश्च केचित् । मयूरचन्द्राकृतयस्तथाऽन्ये केचिद्विधूमानलसप्रभाश्च

Les uns étaient pareils au lotus bleu; d’autres, sombres comme le collyre. Certains brillaient comme le lait de vache, le jasmin ou la lune. D’autres prenaient des formes de paon et de croissant, et quelques-uns flamboyaient de l’éclat d’un feu sans fumée.

Verse 4

केचिन्महापर्वतकल्परूपाः केचिन्महामीनकुलोपमाश्च । केचिद्गजेन्द्राकृतयः सुरूपाः केचिन्महाकूटनिभाः पयोदाः

Certains nuages de pluie avaient des formes semblables à d’immenses montagnes; d’autres ressemblaient à de vastes bancs de grands poissons. Certains prenaient la figure d’éléphants souverains, d’une beauté éclatante; et d’autres paraissaient comme des cimes et des rochers dressés.

Verse 5

चलत्तरङ्गोर्मिसमानरूपा महापुरोधाननिभाश्च केचित् । सगोपुराट्टालकसंनिकाशाः सविद्युदुल्काशनिमण्डितान्ताः

Certaines avaient des formes semblables à des vagues mouvantes et à des flots déferlants; d’autres ressemblaient aux visages de grands prêtres. Certaines paraissaient comme des tours de portes et de hautes murailles de cité, leurs extrémités ornées d’éclairs, de météores et de foudres pareilles au vajra.

Verse 6

समावृताङ्गः स बभूव देवः संवर्तकोनाम गणः स रौद्रः । प्रवर्षमाणो जगदप्रमाणमेकार्णवं सर्वमिदं चकार

Cette divinité fut entièrement enveloppée — lui, la troupe farouche nommée Saṃvartaka. Déversant des pluies au-delà de toute mesure, il fit de cet univers tout entier un seul océan.

Verse 7

ततो महामेघविवर्धमानमीशानमिन्द्राशनिभिर्वृताङ्गम् । ददर्श नाहं भयविह्वलाङ्गो गङ्गाजलौघैश्च समावृताङ्गः

Alors je vis Īśāna, grandissant au sein d’immenses nuées, le corps entouré des vajras, les foudres d’Indra. Moi, le corps tremblant de peur, je le vis aussi recouvert par les torrents des eaux de la Gaṅgā.

Verse 8

गजाः पुनश्चैव पुनः पिबन्तो जगत्समन्तात्परिदह्यमानम् । आपूरितं चैव जगत्समन्तात्सर्वैश्च तैर्जग्मुरदर्शनं च ते

Les éléphants, buvant encore et encore, erraient tandis que le monde, de toutes parts, était brûlé. Puis, lorsque l’univers fut rempli d’eaux en tous sens, tous ces éléphants s’évanouirent aux regards.

Verse 9

महार्णवाः सप्त सरांसि द्वीपा नद्योऽथ सर्वा अथ भूर्भुवश्च । आपूर्यमाणाः सलिलौघजालैरेकार्णवं सर्वमिदं बभूव

Les sept grands océans, les lacs, les continents, toutes les rivières, et même les sphères de Bhūr et de Bhuvaḥ—remplis par des réseaux de flots impétueux—tout cet espace devint un unique océan.

Verse 10

न दृश्यते किंचिदहो चराचरं निरग्निचन्द्रार्कमयेऽपि लोके । प्रणष्टनक्षत्रतमोऽन्धकारे प्रशान्तवातास्तमितैकनीडेः

Hélas, rien—ni mobile ni immobile—ne se voyait en ce monde, bien qu’il eût jadis feu, lune et soleil. Dans une nuit où même les étoiles avaient disparu, les vents s’apaisèrent, et tout gîte sembla se figer en un unique nid muet.

Verse 11

महाजलौघेऽस्य विशुद्धसत्त्वा स्तुतिर्मया भूप कृता तदानीम् । ततोऽहमित्येव विचिन्तयानः शरण्यमेकं क्व नु यामि शान्तम्

Ô Roi, au sein de cet immense déferlement des eaux, l’esprit rendu pur, j’offris alors ma louange. Pourtant, ne pensant qu’à « moi—que vais-je devenir ? », je cherchai : où donc irai-je, vers l’unique Refuge paisible, digne de l’abandon ?

Verse 12

स्मरामि देवं हृदि चिन्तयित्वा प्रभुं शरण्यं जलसंनिविष्टः । नमामि देवं शरणं प्रपद्ये ध्यानं च तस्येति कृतं मया च

Plongé dans les eaux, je me souvins du Seigneur, le contemplant dans mon cœur, le Maître, vrai Refuge. Je me prosternai devant ce Dieu; je me rendis à Lui pour protection; et je fixai ma méditation sur Lui—ainsi agis-je.

Verse 13

ध्यात्वा ततोऽहं सलिलं ततार तस्य प्रसादादविमूढचेताः । ग्लानिः श्रमश्चैव मम प्रणष्टौ देव्याः प्रसादेन नरेन्द्रपुत्र

Ayant ainsi médité, je traversai les eaux, l'esprit apaisé par Sa grâce. Ma lassitude et mon épuisement disparurent par la faveur de la Déesse, ô prince des rois.

Verse 18

। अध्याय

Ici se termine le Chapitre Sacré.