Adhyaya 15
Anushanga PadaAdhyaya 1568 Verses

Adhyaya 15

Aśauca-vidhi (Rules of Impurity) within Śrāddha-kalpa — Chapter on Testing/Selecting Brahmanas and Honoring the Atithi

Le chapitre s’ouvre sur les sages s’adressant à Sūta : ils louent le śrāddha-kalpa déjà exposé et demandent davantage de précisions, surtout l’avis faisant autorité du ṛṣi sur la pratique du śrāddha. Sūta consent à développer : l’essentiel du rite ayant été expliqué, il donne maintenant le « pariśiṣṭa » (supplément), avec critères et mises en garde pour l’examen et le choix des brahmanes (brahmaṇānāṃ parīkṣaṇam) ainsi que pour la conduite éthique envers l’hôte (atithi). L’enseignement avertit d’éviter, pour les fonctions rituelles, celui chez qui l’on observe des défauts ; mais il met aussi en garde contre une enquête trop poussée sur un dvija inconnu lors du śrāddha, car des siddhas peuvent parcourir la terre sous forme de brahmane. La solution normative est donc une hospitalité ferme : accueillir l’atithi les mains jointes et l’honorer par arghya/pādya, onction et nourriture. Le texte présente les devas et les yogeśvaras prenant de multiples formes pour conduire les êtres vers le dharma ; honorer l’hôte procure des fruits équivalents aux sacrifices (agniṣṭoma, etc.), tandis que mépriser l’atithi au śrāddha entraîne le refus divin. On dit que devas et pitṛs entrent dans le brahmane comme véhicule de grâce : non honoré, il « brûle » ; honoré, il exauce les désirs — d’où l’obligation d’une révérence constante envers l’atithi.

Shlokas

Verse 1

इति श्रीब्रह्माण्डे महापुराणे वायुप्रोक्ते मध्यभागे तृतीय उपोद्धातपादे श्राद्धकल्पे ऽशौचविधिर्नाम चतुर्दशो ऽध्योयः // १४// ऋषय ऊचुः अहो धन्यस्त्वया सूत श्राद्धकल्पः प्रकीर्तितः / श्रुता नः श्राद्धकल्पास्तु ऋषिभिर्ये प्रकीर्त्तिताः

Ainsi, dans le Śrī Brahmāṇḍa Mahāpurāṇa, dans la partie médiane enseignée par Vāyu, au troisième upoddhāta-pāda, dans le Śrāddha-kalpa, se trouve le quatorzième chapitre nommé «Aśauca-vidhi». Les ṛṣis dirent : «Ô Sūta, tu es béni ; tu as proclamé le Śrāddha-kalpa ; nous avons aussi entendu les Śrāddha-kalpas que les ṛṣis ont célébrés».

Verse 2

अतीव विस्तरो ह्यस्य विशेषेण तु कीर्त्तितः / देवाशेषं महाप्राज्ञ ऋषेस्तस्य मतं यथा

Cela a été exposé avec une très grande ampleur, et tout particulièrement ; ô très sage, dis-nous l’avis de ce ṛṣi tel qu’il est, avec ce qui reste concernant les dieux.

Verse 3

सूत उवाच कीर्त्तयिष्यामि वो विप्रा ऋषेस्तस्य मतं तु यत् / श्राद्धं प्रति महाभागस्तन्मे श्रुणुत विस्तरात्

Sūta dit : «Ô vipras, je vais proclamer l’avis de ce ṛṣi ; au sujet du Śrāddha, ô bienheureux, écoutez-moi en détail».

Verse 4

उक्तं श्राद्धंमया पूर्वं विधिश्च श्राद्धकर्मणि / परिशिष्टं प्रवक्ष्यामि ब्रह्मणानां परिक्षणम्

J’ai déjà exposé le śrāddha et la règle du rite de śrāddha. À présent, j’énoncerai ce qui reste : l’examen des brāhmaṇas.

Verse 5

न मीमांस्याः सदा विप्राः पवित्रंह्येतदुत्तमम् / दैवे पित्र्ये च नियतं श्रूयते वै परीक्षणम्

Ô vipras, ne vous perdez pas sans cesse dans les querelles de mīmāṃsā ; voici la règle la plus pure et la plus haute. Dans les rites aux dieux et aux ancêtres, l’examen est dit obligatoire.

Verse 6

यस्मिन्दोषाः प्रदृश्येरम्स हि कार्येषु वर्जितः / जानीयाद्वापि संवासाद्वर्जयेत्तं प्रयत्नतः

Celui chez qui l’on voit des défauts doit être écarté des actes rituels. Même par la fréquentation on le reconnaît ; qu’on l’évite donc avec soin.

Verse 7

अविज्ञातं द्विजं श्राद्धे न परीक्षेत पण्डितः / सिद्धा हि विप्ररूपेण चरन्ति पृथिवीमिमाम्

Dans le śrāddha, le sage ne doit pas examiner le dvija inconnu ; car les siddhas parcourent cette terre sous l’apparence de vipras.

Verse 8

तस्मादतिथिमायान्तमभिगच्छेत्कृताञ्जलिः / पूजयेच्चार्घ्यपाद्याभ्यां तथाभ्यञ्जनभोजनैः

Ainsi, à l’hôte qui arrive, qu’on s’avance les mains jointes. Qu’on l’honore par l’arghya et le pādya, ainsi que par l’onction et le repas.

Verse 9

उर्वी सागरपर्यन्तां देवा योगेश्वरः सदा / नानारूपैश्चरन्त्येते प्रजा धर्मेण योजयन्

Sur la terre qui s’étend jusqu’à l’océan, les Devas, le Yogesvara, cheminent sans cesse sous des formes diverses, guidant les êtres sur la voie du Dharma.

Verse 10

तस्माद्दद्यात्सदा दान्तः समभ्यार्च्यातिथिं नरः / व्यञ्जनानि तु वक्ष्यामि फलं तेषां तथैव च

Ainsi, l’homme maître de lui doit toujours faire l’aumône et honorer l’hôte par une juste vénération. Je dirai maintenant les mets et le fruit qu’ils confèrent.

Verse 11

अग्निष्टोमं पयसा प्राप्नुयाद्वै फलं तथोक्थस्य च पायसेन / सषोडशी सत्रफलं घृतेन मध्वातिरात्रस्य फलं तथैव

Par le lait on obtient le fruit de l’Agniṣṭoma; par le payasa, le fruit de l’Ukthya; par le ghee, le fruit du Ṣoḍaśī et du Sattra; et par le miel, de même, le fruit de l’Atirātra.

Verse 12

तथाप्नुयाच्छ्रद्दधा नो नरो वै सर्वैः कामैर्भोजयेद्यस्तु विप्रान् / सर्वार्थदं सर्वविप्रातिथेयं फलं च भुङ्क्ते सर्वमेधस्य नित्यम्

Ainsi, l’homme animé de śraddhā qui nourrit les vipra de tous les biens désirables obtient le même fruit : celui qui accorde tout accomplissement, le fruit du service rendu à tout hôte brahmane, et, sans cesse, le fruit du sacrifice Sarvamedha.

Verse 13

यस्तु श्राद्धे ऽतिथिं प्राप्तं दैवे चाप्यवमन्यते / तं वै देवा निरस्यन्ति हतो यद्वत्परावसुः

Celui qui, lors du śrāddha, méprise l’hôte venu, et qui, même dans le rite offert aux Devas, se montre irrespectueux, les Devas le repoussent; il périt tel Parāvasu.

Verse 14

देवाश्च पितरश्चैव तेमेवान्तर्हिता द्विजम् / आविश्य विप्रं मोक्ष्यन्ति लोकानुग्रहकारणात्

Ô deux-fois-né ! Les dieux et les Pitṛ, bien qu’invisibles, pénètrent en ce brahmane et, pour la grâce du monde, lui accordent la délivrance.

Verse 15

अपूजितो दहत्येष दिशेत्कामांश्च पूजितः / सर्वस्वेनापि तस्माद्धि पूजयेदतिथिं सदा

Non honoré, l’hôte sacré brûle; honoré, il accorde les désirs. Aussi, fût-ce avec tous ses biens, qu’on vénère toujours l’atithi.

Verse 16

वानप्रस्थो गृहस्थश्च सतामभ्यागतो यथा / वालखिल्यो यतिश्चैव विज्ञेयो ह्यतिथिः सदा

Le vānaprastha ou le maître de maison qui vient chez les justes, ainsi que le vālakhilya et le yati : tous doivent toujours être reconnus comme ‘atithi’.

Verse 17

अभ्यागतः पाकचारदतिथिः स्यादपावकः / अतिथेरतिथिः प्रोक्तः सो ऽतिथिर्योग उच्यते

L’hôte qui arrive à l’heure du repas est dit ‘apāvaka’; et l’hôte de l’hôte est déclaré l’atithi nommé ‘yoga’.

Verse 18

नाव्रती न च संकीर्णो नाविद्यो नाविशेषवित् / न च संतानसंबद्धो न देवी नागसे ऽतिथिः

N’est pas atithi celui qui est sans vœux, ni celui dont la conduite est mêlée; ni l’ignorant, ni celui qui ne connaît pas les justes distinctions; ni un parent de sa lignée, ni une déesse, ni un fautif : on ne les appelle pas atithi.

Verse 19

पिपासिताय श्रान्ताय भ्रान्तायातिबुभुक्षते / तस्मै सत्कृत्य दातव्यं यज्ञम्य फलमिच्छता

À celui qui est assoiffé, épuisé, égaré et tenaillé par une faim extrême, celui qui désire le fruit du yajña doit offrir l’aumône avec respect.

Verse 20

न वक्तव्यं सदा विप्र क्षुधिते नास्ति किञ्चन / तस्मै सत्कृत्य दातव्यं सदापचितिरेव सः

Ô vipra, ne dis pas sans cesse à l’affamé : «il n’y a rien» ; donne-lui avec respect : telle est l’hommage qui demeure.

Verse 21

अक्लिष्ट मव्रणं युक्तं कृशवृत्तिमयाचकम् / एकान्तशीलं धीमन्तं सदा श्राद्धेषु भोजयेत्

Celui qui est sans peine ni blessure, mesuré, vivant de peu, ne quémandant pas, d’humeur retirée et sage, qu’on le fasse toujours manger lors des śrāddha.

Verse 22

नो ददामि तमित्येवं ब्रूयाद्यो वै दुरात्मवान् / अपि जातिशतं गत्वा न स मुच्येत किल्बिषात्

Celui qui, l’âme mauvaise, dit : «Je ne donne pas», même après cent naissances ne se délivre pas de la faute.

Verse 23

समोदं भोजयेद्विप्रानेकपङ्क्त्यां तु यो नरः / नियुक्तो ह्यनि युक्तो वा पङ्क्त्या हरति किल्बिषम्

Celui qui nourrit avec joie les vipra en de nombreuses rangées, qu’il y soit mandaté ou non, par ce repas en rangs emporte la faute.

Verse 24

पाप्मानं गृह्यते क्षिप्रमिष्टापूर्त्तं च नश्यति / यतिस्तु सर्वविप्राणां सर्वेषामग्रतो भवेत्

Le péché saisit vite, et le mérite des rites et offrandes (iṣṭa‑pūrta) s’évanouit; mais le yati (renonçant) se tient au premier rang parmi tous les vipra (brahmanes).

Verse 25

पञ्च वेदान्सेतिहासान्यः पठेद्द्विजसत्तमः / योगादनन्तरं सो ऽथ नियोक्तव्यो विजानता

Le dvija éminent qui récite les cinq Veda avec les Itihāsa, après le yoga doit être chargé, par le connaissant, du devoir qui convient.

Verse 26

त्रिवेदो ऽनन्तरं तस्य द्विवेदस्तदनन्तरम् / एकवेदस्ततः पश्चादुपाध्यायस्ततः परम्

Après lui vient le connaisseur des trois Veda, puis celui des deux Veda; ensuite celui d’un seul Veda; et au-delà, l’upādhyāya (maître instructeur), selon l’ordre.

Verse 27

पावना ये ऽत्र संख्यातास्तान्प्रवक्ष्ये निबोधत / य एते पूर्वनिर्द्दिष्टाः सर्वे ते ह्यनुपूर्वशः

Ceux qui sont ici comptés comme purificateurs, je vais les exposer—écoutez attentivement; tous ceux indiqués auparavant le sont selon un ordre progressif.

Verse 28

षडङ्गविद्ध्यानयोगौ सर्वतत्रस्तथैव च / यायावरश्च पञ्चैते विज्ञेयाः पङ्क्तिपावनाः

Le connaisseur des ṣaḍaṅga, le yogin du dhyāna, l’expert de tous les tantras et le yāyāvara : ces cinq doivent être reconnus comme paṅkti‑pāvana, purificateurs de la rangée rituelle.

Verse 29

श्राद्धकल्पे भवेद्यस्तु सन्निपत्य तु पावनः / चतुर्दशानां विद्यानामेकस्यामपि पारगाः

Dans le rite du śrāddha, celui qui se rassemble et devient purificateur doit être accompli au moins dans l’une des quatorze sciences sacrées.

Verse 30

यथावद्वर्त्तमानाश्च सर्वे ते पङ्क्तिपावनाः / असंदेहस्तु सौपर्णाः पञ्चाग्नेयाश्च सामगाः

Ceux qui se conduisent selon la règle, tous purifient la rangée; ils sont sans doute des Sauparṇa, établis dans le pañcāgni et chanteurs du Sāma.

Verse 31

यश्चरेद्विधिवद्विप्र समा द्वादश संततः / त्रिनाचिकेतस्त्रै विद्यो यश्च धर्मान्द्विजः पठेत्

Ô vipra ! Celui qui, durant douze années, pratique sans relâche selon la règle est dit trināciketa et traividya; de même le dvija qui récite les dharmas.

Verse 32

बार्हस्पत्ये महाशास्त्रे यश्च पारङ्गतो द्विजः / सर्वे ते पावना विप्राः पङ्क्तीनां समुदात्दृताः

Le dvija accompli dans le grand śāstra de Bārhaspatya : tous ces vipras sont purificateurs et doivent être accueillis avec honneur dans les rangs du rite.

Verse 33

आमन्त्रितस्तु यः श्राद्धे योषितं सेवते द्विजः / पितरस्तस्य तन्मासं तस्मिन्रितसि शेरते

Le dvija qui, invité au śrāddha, s’adonne à la fréquentation d’une femme : ses pitṛs demeurent couchés tout ce mois-là en cette saison.

Verse 34

ध्याननिष्ठाय दातव्यं सानुक्रोशाय धीमते / यतिं वा वालखिल्यं वा भोजयेच्छ्राद्दकर्मणि

Il faut offrir le don à l’homme sage, établi dans la méditation et plein de compassion ; lors du rite de śrāddha, qu’on fasse prendre le repas à un yati ou à un muni Vālakhilya.

Verse 35

वानप्रस्थाय कुर्वाणः पूजामात्रेण तुष्यते / गृहस्थं भोजयेद्यस्तु विश्वेदेवास्तु पूजिताः

Le vānaprastha se satisfait d’une simple vénération ; mais celui qui fait manger un maître de maison, par là même a vénéré les Viśvedeva.

Verse 36

वानप्रस्थेन ऋषयो वालखिल्यैः पुरन्दरः / यतीनां तु कृता पूजा साक्षाद्ब्रह्मा तुं पूजितः

En honorant le vānaprastha, on honore les ṛṣi ; en honorant les Vālakhilya, on honore Purandara (Indra) ; et en vénérant les yati, c’est Brahmā lui-même qui est vénéré.

Verse 37

आश्रमो ऽपावनो यस्तु पञ्चमस्संकरात्मकः / चत्वारस्त्वाश्रमाः पूच्याः श्राद्धे देवे तथैव च

Le cinquième āśrama, de nature mêlée (saṅkara), est impur ; dans le śrāddha comme dans le culte des dieux, seuls les quatre āśrama sont dignes de vénération.

Verse 38

चतुराश्रमबाह्येभ्य स्तेभ्यः श्राद्धे न दापयेत् / यस्तिष्ठेद्वायुभक्षश्च चातुराश्रमबाह्यतः

Dans le śrāddha, on ne doit pas donner d’offrande à ceux qui sont en dehors des quatre āśrama ; pas même à celui qui, fût-il « nourri d’air » (vāyubhakṣa), demeure hors du cāturāśrama.

Verse 39

अनाश्रमीतपस्तेपे न तं तत्र निमन्त्रयेत् / अयतिर्मोक्षवादी च श्रुतौ तौ पङ्क्तिदूषकौ

On ne doit pas inviter celui qui pratique la pénitence sans appartenir à un Ashrama. Celui qui parle de libération sans ascèse est un souilleur de la rangée selon les écritures.

Verse 40

उग्रेण तपसा युक्ता बहुज्ञाश्चित्रवादिनः / निन्दन्ति च द्विजातिभ्यः सर्वे ते पङ्क्तिदूषकाः

Ceux qui se livrent à des pénitences terribles, ceux qui tiennent des propos étranges bien qu'érudits, et ceux qui blâment les deux-fois-nés sont tous des souilleurs de la rangée.

Verse 41

औपवस्तास्तथा सांख्या नास्तिका वेदनिन्दकाः / ध्यानं निन्दन्ति ये केचित्सर्वे ते पङ्क्तिदूषकाः

Ceux qui jeûnent par hypocrisie, les adeptes du Sâmkhya, les athées, les détracteurs des Védas et ceux qui critiquent la méditation sont tous des souilleurs de la rangée.

Verse 42

वृथा मुण्डाश्च जटिलाः सर्वे कार्पटिकास्तथा / निर्घृणान्भिन्नवृत्तांश्च सर्वभक्षांश्च वर्जयेत्

On doit éviter ceux qui se rasent la tête ou portent des cheveux emmêlés en vain, ceux qui portent des haillons par ostentation, les cruels, ceux de mauvaise conduite et ceux qui mangent de tout.

Verse 43

कारुकादीननाचारांल्लोकवेदबहिष्कृतान् / गाय नान्वेदवृत्तांश्च हव्यकव्ये न भोजयेत्

Les artisans, ceux de mauvaise conduite, les exclus de la société et des Védas, ainsi que les chanteurs ne doivent pas être nourris lors des offrandes aux dieux et aux ancêtres.

Verse 44

एतैस्तु वर्त्तयेद्यस्तु कृष्णवर्णं स गच्छति / यो ऽश्नाति सह शूद्रेणा सर्वे ते पङ्क्तिदूषणाः

Celui qui se conforme à ces conduites parvient à l’état nommé kṛṣṇa-varṇa. Celui qui mange avec un śūdra, tous ceux-là sont réputés souiller la rangée du repas rituel.

Verse 45

व्याकर्षणं सत्त्वनिबर्हणं च कृषिर्वणिज्या पशुपालनं च / शुश्रूषणं चाप्यगुरोररेर्वाप्यकार्यमेतद्धि सदा द्विजानाम्

Labourer, détruire des êtres vivants, cultiver, commercer et garder le bétail; ainsi que servir le maître et accomplir des actes indignes même pour un ennemi : tout cela est tenu pour interdit aux dvija, en tout temps.

Verse 46

मिथ्यासंकल्पिनः सर्वानुद्वृत्तांश्च विवर्जयेत् / मिथ्याप्रवादी निन्दाकृत्तथा सूचकदांभिकौ

Qu’on évite tous ceux qui nourrissent de faux desseins et les arrogants. Qu’on évite aussi le menteur, le dénigreur, le délateur et l’hypocrite vaniteux.

Verse 47

उपपातकसंयुक्ताः पातकैश्च विशेषतः / वेदे नियोगदातारो लोभमोहफलर्थिनः

Ceux qui sont mêlés aux upapātaka et, plus encore, souillés de fautes graves; ceux qui se posent en dispensateurs de « niyoga » dans le Véda, recherchant le fruit par avidité et illusion.

Verse 48

ब्रह्मविक्रयिणस्तान्वै श्राद्धकर्मणि वर्जयेत् / न वियोगास्तु वेदानां यो नियुङ्क्ते स पापकृत्

Ceux qui vendent la Brahma-vidyā/le Véda doivent être écartés du rite de śrāddha. Celui qui prescrit un « niyoga » en disjoignant les Vedas, celui-là commet le péché.

Verse 49

वक्ता वेदफलाद्भ्रश्येद्दाता दानफलात्तथा / भृतको ऽध्यापयेद्यस्तु भृतकाध्यापितस्तु यः

Celui qui enseigne les Veda déchoit du fruit védique; et celui qui donne pour faire enseigner perd aussi le fruit de son don. Celui qui enseigne contre salaire et celui qui est instruit contre salaire—tous deux sont blâmables.

Verse 50

नार्हतस्तावपि श्राद्धे ब्रह्माणः क्रयविक्रयी / क्रयश्च विक्रयश्चैवाजीवितार्थे विगर्हितौ

Dans le śrāddha, les brahmanes qui pratiquent l’achat et la vente ne sont pas non plus dignes; car acheter et vendre pour subsister est répréhensible.

Verse 51

वृत्तिरेषा तु वैश्यस्य ब्राह्मणस्य तु पातकम् / आहरेद्भृतितो वेदान् वेदेभ्यश्चोपजीवति

Une telle subsistance convient au vaiśya, mais pour le brahmane c’est une faute. Celui qui acquiert/enseigne les Veda contre salaire et en vit commet un péché.

Verse 52

उभौ तौ नार्हतः श्राद्धं पुत्रिकापतिरेव च / वृथा दारांश्च यो गच्छेद्यो यजेत वृथाध्वरैः

Aucun de ces deux-là n’est digne du śrāddha, pas plus que l’époux de la putrikā. Celui qui court en vain après les femmes, et celui qui accomplit des sacrifices vides—n’est pas digne non plus.

Verse 53

नार्हतस्तावपि श्राद्धं द्विजो यश्चैव वार्धुषी / स्त्रियो रक्तान्तरा येषां परदारपराश्च ये

Dans le śrāddha, le dvija qui vit de l’intérêt/usure n’est pas digne non plus. Ceux dont les femmes sont en menstruation (en aśauca) et ceux qui convoitent les femmes d’autrui—ne sont pas dignes non plus.

Verse 54

अर्थकामरताश्चैव न ताञ्छ्राद्धेषु भोजयेत् / वर्णाश्रमाणां धर्मेषु विरुद्धाःसर्वकर्मणि

Ceux qui s’attachent à la richesse et au désir ne doivent pas être nourris lors du śrāddha. Ceux qui s’opposent au dharma des varṇa et des āśrama sont contraires à tout acte sacré.

Verse 55

स्तेनश्च सर्वयाजी च सर्वे ते पङ्क्तिदूषकाः / यश्च सूकरवद्भुङ्क्ते यश्च पाणितले द्विजः

Le voleur et celui qui célèbre des sacrifices pour n’importe qui : tous souillent la rangée du repas. De même celui qui mange comme un porc, et le dvija qui mange dans le creux de sa main.

Verse 56

न तदश्नन्ति पितरो यश्च वाच्यं समश्नुते / स्त्रीशूद्रायान्नमेतद्वै श्राद्धोच्छिष्टं न दापयेत्

Les Pitṛ ne reçoivent pas une telle nourriture ; de même pour celui qui mange ce qui est blâmable (interdit). À la femme et au śūdra, on ne doit pas donner les restes du śrāddha.

Verse 57

यो दद्याच्चानुसंमोहान्न तद्गच्छति वै पितॄन् / तस्मान्न देयमन्नाद्यमुच्छिष्टं श्राद्धकर्मणि

Celui qui, par égarement (ignorance), le donne, cela n’atteint pas les Pitṛ. Aussi, dans le rite du śrāddha, ne faut-il pas offrir de nourriture restante (ucchiṣṭa).

Verse 58

अन्यच्च दधिसर्पिर्भ्यां शिष्टं पुत्राय नान्यथा / अवशेषं तु दातव्यमन्नाद्यं तु विशेषतः

Et ce qui reste de caillé (dadhi) et de ghee (ghṛta) doit être donné au fils בלבד, pas autrement. Mais le surplus restant doit être donné en aumône, surtout la nourriture et les vivres.

Verse 59

पुष्पमूलफलैर्वापि तुष्टा गच्छेयुरन्ततः / यावन्न श्रपितं चान्नं यावतौष्ण्यं न मुञ्चति

Même avec des fleurs, des racines et des fruits, les Pitṛs finissent par être comblés et se retirent—tant que la nourriture cuite n’a pas perdu sa chaleur.

Verse 60

तावदश्नन्ति पितरो यावदश्नन्ति वाग्यताः / दत्तं प्रतिग्रहो होमो भोजनं बलिरेव च

Les Pitṛs mangent aussi longtemps que mangent les brahmanes à la parole maîtrisée; don, acceptation, homa, repas et bali—tout cela relève du śrāddha.

Verse 61

सांगुष्ठेन तथा पाद्यं नासुरेभ्यो यथा भवेत् / एतान्येव च सर्वाणि दानानि च विशेषतः

Le pādya doit être offert selon le rite incluant le pouce, afin qu’il n’aille pas aux asuras; et, tout particulièrement, ce sont bien là les dons (dans le śrāddha).

Verse 62

अन्तर्जानूपविष्टेन तद्वदाचमनं भवेत् / मुण्डाञ्जटिलकाषायाञ्श्राद्धकर्मणि वर्जयेत्

Assis les genoux ramenés vers l’intérieur, on accomplira ainsi l’ācamana; et, dans le rite du śrāddha, on évitera le crâne rasé, les jaṭā et la robe couleur kāṣāya (signe de renoncement).

Verse 63

ये तु वृत्ते स्थिता नित्यं ज्ञानिनो ध्यानिनस्तथा / देवभक्ता महात्मानः पुनीयुर्दर्शनादपि

Ceux qui demeurent toujours dans la juste conduite—sages, méditatifs, grandes âmes dévotes des Devas—purifient même par la seule vision.

Verse 64

शिखिभ्यो धातुरक्तेभ्यस्त्रिदण्डेभ्यः प्रदापयेत् / सर्वं योगेश्वरैर्व्याप्तं त्रैलोक्यं हि निरन्तरम्

Qu’il fasse l’aumône aux ascètes à śikhā rougeâtre et aux porteurs du tri-daṇḍa ; car les trois mondes sont, sans cesse, entièrement pénétrés par les Yogīśvara.

Verse 65

तस्मात्पश्यन्ति ते सर्वं यत्किञ्चिज्जगतीगतम् / व्यक्ताव्यक्तं वशे कृत्वा सर्वस्यापि च यत्परम्

Ainsi voient-ils tout ce qui se trouve dans le monde ; ayant soumis le manifeste et le non-manifeste, ils connaissent aussi le Principe suprême, au-delà de tout.

Verse 66

सत्यासत्यं च यद्दृष्टं सद सच्च महात्मभिः / सर्वज्ञानानि सृष्टानि मोक्षादीनिमहात्मभिः

Ce que les Mahātmā ont vu comme vrai et non-vrai, comme être et non-être : ce sont ces Mahātmā mêmes qui ont établi tous les savoirs, y compris la voie de la mokṣa et autres.

Verse 67

तस्मात्तेषां सदा भक्तः फलं प्राप्नोति वोत्तमम्

Ainsi, celui qui leur demeure toujours dévot obtient le fruit le plus excellent.

Verse 68

ऋचश्च यो वेद स वेद वेदान्यजूंषि यो वेद यज्ञम् / सामानि यो वेद स वेद ब्रह्म यो मानसं वेद स वेद सर्वम्

Qui connaît les Ṛc connaît les Veda ; qui connaît les Yajus connaît le yajña. Qui connaît les Sāman connaît Brahman ; qui connaît le mānasa (l’esprit) connaît tout.

Frequently Asked Questions

It is primarily ritual-legal: a supplement to śrāddha-kalpa focusing on aśauca-related conduct, Brahmana selection cautions, and the dharma of honoring the atithi; no explicit royal/sage genealogy is cataloged in the sampled verses.

Because siddhas are said to move through the world disguised as Brahmanas; excessive suspicion risks offending a potentially divine visitor, so the text prioritizes respectful hospitality while still advising avoidance when clear faults are observed.

Devas and pitrs are described as ‘entering’ the Brahmana/guest as an instrument of lokānugraha (world-benefit); honoring him yields sacrifice-like merit and desired results, while disrespect leads to divine rejection—making hospitality a cosmically consequential act.