Adhyaya 27
Brahma KhandaSetubandha MahatmyaAdhyaya 27

Adhyaya 27

Le chapitre 27, raconté par Sūta aux ṛṣi, établit un itinéraire hiérarchisé des tīrtha et justifie doctrinalement le bain rituel selon la route. Il s’ouvre en recommandant au pèlerin qui s’est baigné correctement à Yamunā, Gaṅgā et Gayā de se rendre ensuite à Kotitīrtha, loué comme universellement renommé, dispensateur de prospérité, source de pureté et destructeur des péchés, apaisant même les mauvais rêves et les grands obstacles. Le texte en donne l’origine : après la mort de Rāvaṇa, Rāma cherche à être délivré de la brahmahatyā et installe un liṅga (Rāmanātha) sur le Gandhamādana. Faute d’eau convenable pour l’abhiṣeka, il se souvient de Jāhnavī (Gaṅgā) et perce la terre avec la “koṭi” (pointe) de son arc, faisant jaillir Gaṅgā ; d’où le nom de Kotitīrtha. Ce lieu est présenté comme le purificateur ultime : ailleurs, le bain peut ne pas détruire le démérite profondément accumulé, tandis que le bain à Kotitīrtha dissout même les amas de nombreuses naissances. Les ṛṣi soulèvent une question : si Kotitīrtha suffit, pourquoi se baigner dans d’autres tīrtha ? Sūta répond par l’éthique du pèlerinage : négliger les tīrtha ou temples rencontrés en chemin entraîne le “tīrthātikrama-doṣa” (faute de passer outre), donc les bains intermédiaires sont obligatoires, Kotitīrtha étant la dernière étape qui enlève le résidu. Des exemples concluent : Rāma est libéré de la brahmahatyā et retourne à Ayodhyā ; Kṛṣṇa, sur le conseil de Nārada pour l’instruction du monde (loka-śikṣā), se baigne à Kotitīrtha afin de neutraliser le “doṣa” socialement formulé d’avoir tué son oncle maternel Kaṃsa, puis revient à Mathurā. La phala-śruti affirme que l’écoute ou la récitation de ce chapitre délivre de la brahmahatyā et des péchés connexes.

Shlokas

Verse 1

श्रीसूत उवाच । यमुनायां च गंगायां गयायां च नरो मुदा । स्नानं विधाय विधिवत्कोटितीर्थं ततो व्रजेत्

Śrī Sūta dit : «Après avoir accompli avec joie le bain rituel, selon la règle, dans la Yamunā, dans la Gaṅgā et à Gayā, l’homme doit ensuite se rendre à Koṭitīrtha».

Verse 2

कोटितीर्थं महापुण्यं सर्वलोकेषु विश्रुतम् । सर्वसंपत्करं शुद्धं सर्वपापप्रणाशनम्

Koṭitīrtha est d’un mérite suprême et renommé dans tous les mondes. Il accorde toute prospérité, il purifie et anéantit tous les péchés.

Verse 3

दुःस्वप्ननाशनं ह्येतन्महापातकनाशनम् । महाविघ्नप्रशमनं महाशांतिकरं नृणाम्

En vérité, ceci détruit les mauvais rêves et anéantit les grands péchés. Il apaise les obstacles majeurs et procure une grande paix aux hommes.

Verse 4

स्मृतिमात्रेण यत्पुंसां सर्वपापनिषूदनम् । लीलया धनुषः कोट्या स्वयं रामेण निर्मितम्

Ce lieu sacré qui, par le seul souvenir, anéantit tous les péchés des hommes—fut façonné sans effort par Rāma lui-même, avec la pointe de son arc.

Verse 5

पुरा दाशरथी रामो निहत्य युधि रावणम् । ब्रह्महत्याविमोक्षाय गंधमादनपर्वते

Autrefois, Rāma, fils de Daśaratha—ayant terrassé Rāvaṇa au combat—se rendit au mont Gandhamādana, cherchant à être délivré de la souillure de la brahmahatyā.

Verse 6

प्रातिष्ठिपल्लिंगमेकं लोकानुग्रहकाम्यया । लिंगस्यास्याभिषेकाय शुद्धं वारि गवेषयन्

Désirant le bien des mondes, il établit un unique Śiva-liṅga ; et pour l’abhiṣeka de consécration de ce liṅga, il rechercha une eau pure.

Verse 7

नाविंदत जलं तत्र पार्श्वे दशरथात्मजः । लिंगाभिषेकयोग्यं च जलं किमिति चिंतयन्

Là, tout près, le fils de Daśaratha ne trouva pas d’eau digne de l’abhiṣeka du liṅga, et il songea : «Comment obtenir une eau convenable ?»

Verse 8

नवेन वारिणा लिंगं स्नापनीयं मयेति सः । निश्चित्य मनसा तत्र धनुष्कोट्या रघूद्वहः

Il résolut en son cœur : « Je baignerai le liṅga d’une eau nouvelle. » Ayant ainsi décidé, le meilleur de la lignée de Raghu agit là avec la pointe de son arc.

Verse 9

बिभेद धरणीं शीघ्रं मनसा जाह्नवीं स्मरन् । रामकार्मुककोटिः सा तदा प्राप रसातलम्

Vite, il perça la terre, se souvenant en son esprit de la Jāhnavī (Gaṅgā). La pointe de l’arc de Rāma atteignit alors Rasātala.

Verse 10

तत उद्धारयामास तद्धनुर्धन्विनां वरः । धनुष्युद्ध्रियमाणे तु राघवेण महीतलात्

Alors le plus éminent des archers releva cet arc. Et tandis que Rāghava le retirait de la surface de la terre—

Verse 11

काकुत्स्थेन स्मृता गंगा निर्ययौ विवरात्ततः । वारिणा तेन तल्लिंगमभ्यषिंचद्रघूद्वहः

Évoquée par le prince Kakutstha, la Gaṅgā jaillit de cette ouverture. Avec cette eau, le plus grand des Raghu accomplit l’abhiṣeka du liṅga.

Verse 12

रामकार्मु ककोट्यैव यतस्तन्निर्मितं पुरा । अतः कोटिरिति ख्यातं तत्तीर्थं भुवनत्रये

Parce que ce tīrtha fut jadis créé par la pointe même de l’arc de Rāma, il devint renommé sous le nom de « Koṭi » ; ainsi ce gué sacré est célébré dans les trois mondes.

Verse 13

यानि यानीह तीर्थानि संति वै गंधमादने । प्रथमं तेषु तीर्थेषु स्नात्वा विगतकल्मषः

Quels que soient les tīrtha qui se trouvent ici sur le Gandhamādana, celui qui se baigne d’abord dans ces gués sacrés est délivré de toute souillure.

Verse 14

शेषपापविमोक्षाय स्नायात्कोटौ नरस्ततः । तीर्थांतरेषु स्नानेन यः पापौघो न नश्यति

Ainsi, pour être délivré des péchés qui subsistent encore, l’homme doit se baigner à Koṭi (Koṭitīrtha). Par le bain dans d’autres tīrtha, cet amas immense de péché ne s’anéantit pas de la même manière.

Verse 15

अनेकजन्मकोटीभिरर्जितो ह्यस्थिसंस्थितः । विनश्यति स सर्वोऽपि कोटिस्नानान्न संशयः

Même le péché amassé au cours de crores de naissances—enraciné comme s’il demeurait jusque dans les os—périt entièrement par le bain à Koṭi; il n’y a là aucun doute.

Verse 16

यदि हि प्रथमं स्नायादत्र कोटौ नरो द्विजाः । तस्य मुक्तस्य तीर्थानि व्यर्थान्येवापराणि हि

Si vraiment un homme se baigne d’abord ici à Koṭi, ô dvija, alors pour celui qui est libéré les autres tīrtha deviennent superflus; en vérité, ils n’ont plus d’utilité.

Verse 17

ऋषय ऊचुः । सूत सर्वार्थतत्त्वज्ञ व्यासशिष्य मुनीश्वर । अस्माकं संशयं कंचिच्छिंधि पौराणिकोत्तम

Les ṛṣi dirent : « Ô Sūta, toi qui connais la vérité de toutes choses, disciple de Vyāsa, seigneur parmi les munis, ô le meilleur des expositeurs du Purāṇa, tranche donc l’un de nos doutes. »

Verse 18

कोटौ स्नातस्य मर्त्यस्य यदि तीर्थांतरं वृथा । किमर्थं धर्मतीर्थादि तीर्थेषु स्नांति मानवाः

Si, pour un mortel qui s’est baigné à Koṭi, se baigner dans d’autres tīrtha est vain, pourquoi donc les hommes se baignent-ils en des lieux tels que Dharmatīrtha et les autres ?

Verse 19

तीर्थानि तानि सर्वाणि समतिक्रम्य मानवाः । अत्रैव कोटौ किं स्नानं न कुर्वंति हि तद्वद

Après avoir dépassé tous ces tīrtha, pourquoi les hommes n’accomplissent-ils pas, de la même manière, leur bain ici même à Koṭi ?

Verse 20

श्रीसूत उवाच । अहो रहस्यं युष्माभिः पृष्टमेतन्मुनीश्वराः । नारदाय पुरा शंभुः पृच्छते यत्किलाब्रवीत्

Śrī Sūta dit : « Ah ! Vous avez demandé un secret profond, ô seigneurs parmi les sages. Jadis, Śambhu dit précisément cela à Nārada lorsqu’il l’interrogea. »

Verse 21

तद्ब्रवीमि मुनिश्रेष्ठाः शृणुध्वं श्रद्धया सह । गच्छन्यदृच्छया वापि तीर्थयात्रापरोऽपि वा

Je vous le dirai, ô meilleurs des sages ; écoutez avec foi. Qu’on voyage par hasard, ou qu’on soit voué au pèlerinage—

Verse 22

मार्गमध्ये द्विजश्रेष्ठास्तीर्थं देवालयं तथा । दृष्ट्वा श्रुत्वापि वा मोहान्न सेवेत नराधमः

Ô meilleurs des deux-fois-nés, si, en chemin, l’on voit—ou même si l’on entend parler—d’un tīrtha ou d’un temple des dieux, ce n’est que par égarement que le plus bas des hommes ne l’honorerait pas et n’y recourrait pas.

Verse 23

निष्कृतिस्तस्य नास्तीति प्राब्रुवन्परमर्षयः । सेतुं गच्छंस्ततोऽन्येषु न स्नायाद्यदि मानवः

Les sages suprêmes ont proclamé : « Pour lui, il n’est point d’expiation », si un homme, allant vers Setu, ne se baigne pas dans les autres tīrtha rencontrés en chemin.

Verse 24

तीर्थातिक्रमदोषैः स बहिष्कार्योऽत्यवद्द्विजैः । अतः स्नातव्यमेवैषु चक्रतीर्थादिषु द्विजाः

Par la faute d’avoir franchi ou méprisé les tīrtha, un tel homme doit être mis à l’écart par les brāhmaṇa les plus justes. Aussi, ô deux-fois-nés, faut-il assurément se baigner en ces lieux saints, à commencer par Cakratīrtha.

Verse 25

स्नात्वा चैतेषु तीर्थेषु शेषपापविमुक्तये । प्रयतैर्मनुजैरत्र स्नातव्यं कोटितीर्थके

Et après s’être baignés en ces tīrtha afin d’être délivrés des fautes restantes, les hommes maîtrisés doivent aussi se baigner ici, à Koṭitīrtha.

Verse 26

कोटौ चाभि षवं कृत्वा न तिष्ठेद्गन्धमादने । निवर्तेत्तत्क्षणादेव निष्पापो गंधमादनात्

Et après avoir accompli l’ablution sacrée à Koṭi, qu’on ne demeure pas à Gandhamādana ; qu’on s’en retourne sur-le-champ, devenu sans péché par le rite de Gandhamādana.

Verse 27

रामोऽपि हि पुरा कोटितीर्थसंभूतवारिणा । रामनाथेऽभिषिक्ते तु स्वयं स्नात्वा च तत्र वै

En vérité, jadis même Rāma — après s’y être baigné lui-même — oignit Rāmanātha avec l’eau surgie de Koṭitīrtha.

Verse 28

ब्रह्महत्याविमुक्तः संस्तत्क्षणादेव सानुजः । आरूढपुष्पकोऽयोध्यां प्रययौ कपिभिर्वृतः

Délivré du péché de brahma-hatyā à l’instant même, lui—avec son jeune frère—monta sur Puṣpaka et se rendit à Ayodhyā, entouré des vānara.

Verse 29

अतः कोटौ नरः स्नात्वा पापशेषविमोचितः । निवर्तेत्तत्क्षणादेव रामो दाशरथिर्यथा

Ainsi, après s’être baigné à Koṭi, l’homme—délivré du reste des souillures du péché—doit revenir sur-le-champ, comme le fit Rāma, fils de Daśaratha.

Verse 30

एतद्धि तीर्थप्रवरं सर्वलोकेषु विश्रुतम् । रामनाथाभिषेकाय निर्मितं राघवेण यत्

Car ceci est le plus éminent des tīrtha, renommé dans tous les mondes—celui que Rāghava institua pour l’abhiṣeka de Rāmanātha.

Verse 31

स्वयं भगवती यत्र सन्निधत्ते च जाह्नवी । तारकब्रह्मणा यत्र रामेण स्नातमादरात्

Là, Bhagavatī Jāhnavī (Gaṅgā) elle-même demeure en présence; là, Rāma—le Brahman qui délivre—se baigna avec dévotion.

Verse 32

तस्य वै कोटितीर्थस्य महिमा केन कथ्यताम् । यत्र स्नात्वा पुरा कृष्णो लोकसंग्रहणेच्छया

Qui saurait dire comme il convient la grandeur de ce Koṭitīrtha—où Kṛṣṇa, jadis, se baigna pour le maintien du monde et l’édification des êtres ?

Verse 33

मातुलस्य तु कंसस्य वधदोषाद्विमोचितः । तस्य वै कोटितीर्थस्य महिमा केन कथ्यते

Il fut délivré de la faute encourue en tuant son oncle maternel Kaṃsa. Qui pourrait dire la grandeur de ce Koṭitīrtha ?

Verse 34

ऋषय ऊचुः । किमर्थमवधीत्कंसं मातुलं यदुनंदनः । यद्दोषशांतये सूत सस्नौ कोटौ महा मनाः

Les ṛṣi dirent : « Pour quelle raison Yadunandana (Kṛṣṇa) tua-t-il Kaṃsa, son oncle maternel ? Et pour l’apaisement de quelle faute ce grand d’âme se baigna-t-il à Koṭi, ô Sūta ? »

Verse 35

श्रीसूत उवाच । वसुदेव इति ख्यातः शूरपुत्रो यदोः कुले । आसीत्स देवकसुतां देवकीमिति विश्रुताम्

Śrī Sūta dit : « Dans la lignée de Yadu se trouvait un homme renommé, nommé Vasudeva, fils de Śūra. Il avait pour épouse Devakī, illustre comme fille de Devaka. »

Verse 36

उद्वाह्य रथमारूढः स्वपुरं प्रस्थितः पुरा । अथ सूतो बभूवाथ कंसो ह्यानकदुन्दुभेः

Après les noces, monté sur le char, il partit jadis vers sa propre cité. Alors Kaṃsa devint le cocher d’Ānakadundubhi (Vasudeva).

Verse 37

अशरीरा तदा वाणी कंसं सारथिमब्रवीत् । भगिनीं च तथा भामं वाहयंतं रथोत्तमे

Alors une voix sans corps s’adressa à Kaṃsa, le cocher, tandis qu’il conduisait sur le char excellent sa sœur resplendissante.

Verse 38

यामिमां वाहयस्यत्र रथेन त्वमरिंदम । अस्यास्त्वामष्टमो गर्भो वधिष्यति न संशयः

Cette femme même que tu transportes ici sur ton char, ô dompteur des ennemis — sa huitième grossesse te donnera la mort ; il n’y a nul doute.

Verse 39

इत्याकर्ण्य वचो दिव्यं कंसः खङ्गं प्रगृह्य च । स्वसारं हंतुमुद्योगं चकार द्विजपुंगवाः

Ayant entendu ces paroles divines, Kaṃsa saisit son épée et entreprit de tuer sa propre sœur, ô le meilleur des deux-fois-nés.

Verse 40

ततः प्रोवाच तं कंसं वसुदेवः स सांत्वयन् । वसुदेव उवाच । अस्यां प्रसूतान्दास्यामि तुभ्यं कंस सुतानहम्

Alors Vasudeva, cherchant à l’apaiser, parla à Kaṃsa. Vasudeva dit : « Ô Kaṃsa, je te remettrai les fils qui naîtront d’elle. »

Verse 41

एनां स्वसारं मा हिंसीर्नास्यास्ते भीतिरस्ति हि । श्रुत्वा तद्वचनं कंसो निवृत्तस्तद्वधात्तदा

« Ne fais point de mal à cette sœur qui est la tienne ; car d’elle ne vient pour toi aucun péril. » Entendant ces paroles, Kaṃsa renonça alors à la tuer.

Verse 42

देवकीवसुदेवाभ्यां सहितः स्वपुरं ययौ । पादावसक्तनिगडौ देवकीवसुदेवकौ

Accompagné de Devakī et de Vasudeva, il se rendit dans sa propre cité. Devakī et Vasudeva furent liés par des entraves fixées à leurs pieds.

Verse 43

स्थापयामास दुष्टात्मा कंसः कारागृहे तदा । ततः कालेन महता वसुदेवाद्धि देवकी

Alors Kaṃsa, à l’âme mauvaise, les fit enfermer dans la prison. Après un long temps, Devakī conçut assurément de Vasudeva—

Verse 44

षट्पुत्राञ्जनयामास क्रमेण मुनिपुंगवाः । जातांस्तान्वसुदेवेन दत्तान्कंसोऽपि सोऽवधीत्

En ordre successif naquirent six fils. Et lorsqu’ils furent nés et remis par Vasudeva, Kaṃsa les fit aussi périr.

Verse 45

हतेषु षटसु पुत्रेषु देवक्युदरजन्मसु । कंसेन क्रूरमतिना निष्कृपेण द्विजोत्तमाः

Ô le meilleur des deux-fois-nés ! Lorsque Kaṃsa, à l’esprit cruel et sans pitié, eut fait tuer les six fils nés du sein de Devakī—

Verse 46

शेषोऽभूत्सप्तमो गर्भो देवक्या जठरे तदा । मायादेवी ततो गर्भं तं वै विष्णुप्रचोदिता

Alors, la septième grossesse dans le ventre de Devakī fut Śeṣa. Puis Māyādevī, poussée par Viṣṇu, prit en charge cet embryon.

Verse 47

नंदगोपगृहस्थायां रोहिण्यां समवेशयत् । देवक्याः सप्तमो गर्भः पतितो जठरादिति

Elle le plaça en Rohiṇī, qui demeurait dans la maison de Nanda le vacher. Ainsi l’on sut que le septième embryon de Devakī avait «chuté du ventre».

Verse 48

लोके प्रसिद्धिरभवन्महती विष्णुलीलया । देवकीजठरे पश्चाद्विष्णुर्गर्भत्वमाप्तवान्

Par le jeu divin de Viṣṇu, une grande renommée se répandit dans le monde. Ensuite, Viṣṇu Lui-même entra dans le sein de Devakī comme un embryon.

Verse 49

ततो दशसु मासेषु गतेषु हरिरव्ययः । देवकीजठराज्जज्ञे कृष्ण इत्यभिविश्रुतः

Puis, dix mois s’étant écoulés, Hari, l’Immuable, naquit du sein de Devakī, renommé partout sous le nom de « Kṛṣṇa ».

Verse 50

शंखचक्रगदाखङ्गविराजितचतुर्भुजः । किरीटी वनमाली च पित्रोः शोकविनाशनः

Il apparut à quatre bras, resplendissant de conque, disque, massue et épée; couronné, paré de la guirlande des forêts, et dissipateur du chagrin de Ses parents.

Verse 51

तं दृष्ट्वा हरिमीशानं तुष्टावानकदुंदुभिः

Le voyant, Hari, le Seigneur suprême, Akradundubhi (Vasudeva) Lui adressa des louanges.

Verse 52

वसुदेव उवाच । विश्वं भवा न्विश्वपतिस्त्वमेव विश्वस्य योनिस्त्वयि विश्वमास्ते । महान्प्रधानश्च विराट स्वराड् च सम्राडसि त्वं भगवन्समस्तम्

Vasudeva dit : Tu es l’univers, et Toi seul es le Seigneur de l’univers. Tu es le sein, la source de tout ; en Toi demeure le cosmos entier. Tu es le Grand — Pradhāna, le Virāṭ, le souverain par Lui-même et l’empereur suprême ; ô Seigneur bienheureux, Tu es la totalité de tout.

Verse 53

एवं जगत्कारणभूतधाम्ने नारायणायामितविक्रमाय । श्रीशार्ङ्गचक्रासिगदाधराय नमोनमः कृत्रिममानुषाय

Ainsi, encore et encore, je me prosterne devant Nārāyaṇa, demeure qui est la cause même de l’univers, à la vaillance sans mesure; Lui qui porte le glorieux arc Śārṅga, le disque, l’épée et la massue; Lui qui, par dessein divin, revêt une apparence humaine pour le bien du monde.

Verse 54

स्तुवन्तमेवं शौरिं तं वसुदेवं हरिस्तदा । अवोचत्प्रीणयंस्तं च देवकीं च द्विजोत्तमाः

Tandis que Vasudeva (Śauri) Le louait ainsi, Hari parla alors, réjouissant Vasudeva et Devakī, ô meilleur des deux-fois-nés.

Verse 55

हरिरुवाच । अहं कंसं वधिष्यामि मा भीर्वां पितराविति । नन्दगोपस्य गृहिणी यशोदाऽजनयत्सुताम् । मम मायां पूर्वदिने सर्वलोकविमोहिनीम्

Hari dit : «Je tuerai Kaṃsa; ne craignez point, ô mes parents. Yaśodā, l’épouse de Nandagopa, a mis au monde une fille : Ma Māyā, née la veille, celle qui égare tous les mondes».

Verse 56

मां तस्याः शयने न्यस्य यशोदायाः सुता तु ताम् । आदाय देवकीशय्यां प्रापयस्व यदूत्तम

«Dépose-Moi sur son lit, puis prends la fille de Yaśodā; conduis-la jusqu’à la couche de Devakī, ô meilleur des Yadus».

Verse 57

एवमुक्तः स कृष्णेन तथैव ह्यकरोद्द्विजाः । रुरोद माया तनया देवकीशयनेस्थिता

Ainsi instruit par Kṛṣṇa, il fit exactement cela, ô deux-fois-nés. Et la fille de Māyā, étendue sur la couche de Devakī, se mit à pleurer.

Verse 58

अथ बालध्वनिं श्रुत्वा कंसः संकुलमानसः । सूतिकागृहमागम्य तामादाय च दारिकाम्

Entendant le cri du nourrisson, Kaṃsa, l’esprit bouleversé, entra dans la chambre d’accouchement et saisit la petite fille.

Verse 59

शिलायां पोथयामास निर्दयो निरपत्रपः । अथ तद्धस्तमाच्छिद्य सायुधाष्टमहाभुजा । महादेव्यब्रवीत्कंसं समाहूयातिकोपना

Sans pitié ni honte, il la fracassa contre une pierre. Alors la Grande Déesse—aux huit bras, puissante, portant des armes—lui trancha la main et, appelant Kaṃsa, parla dans une colère ardente.

Verse 60

मायोवाच । अरे रे कंस पापात्मन्दुर्बुद्धे मूढचेतन

Māyā dit : «Hé, Kaṃsa, âme pécheresse ! Esprit mauvais, intelligence égarée !»

Verse 61

यत्र कुत्रापि शत्रुस्ते वर्तते प्राणहारकः । मार्गयस्वात्मनो मृत्युं तं शत्रुं कंस मा चिरम्

«Quelque part se tient ton ennemi, celui qui t’ôtera la vie. Cherche sans tarder cet ennemi qui est ta propre mort, ô Kaṃsa.»

Verse 62

इतीरयित्वा सा देवी दिव्यस्थानान्यवाप्य च । लब्धपूजा मनुष्येभ्यो बभूवाभीष्टदायिनी

Ayant ainsi parlé, la Déesse atteignit les demeures divines ; et, recevant le culte des hommes, elle devint dispensatrice des grâces désirées.

Verse 63

श्रुत्वा स देवीवचनं कंसो ऽपि भृशमाकुलः । बालग्रहान्पूतनादीन्स्वांतकं बाधितुं रिपुम्

Ayant entendu les paroles de la Déesse, Kaṃsa lui aussi fut violemment bouleversé ; et pour entraver son ennemi—son propre messager de mort—il dépêcha des ravisseurs d’enfants, tels Pūtanā et d’autres.

Verse 64

प्रेषयामास देशेषु शिशूनन्यांश्च बाधितुम् । ते च बालग्रहाः सर्वे प्रययु र्नंदगोकुलम्

Il les dépêcha en divers pays pour tourmenter et faire souffrir d’autres nourrissons ; et tous ces bāla-grahas, démons ravisseurs d’enfants, se mirent alors en route vers le Gokula de Nanda.

Verse 65

हताश्च कृष्णेन तदा प्रययुर्यमसादनम् । ततः कतिपयाहस्सु गतेषु द्विजपुंगवाः

Mais, frappés à mort par Kṛṣṇa, ils allèrent alors au séjour de Yama. Après que quelques jours se furent écoulés, ô le meilleur des deux-fois-nés, ...

Verse 66

रामकृष्णौ व्यवर्द्धेतां गोकुले बालकौ तदा । अनेकबालक्रीडाभिश्चिक्रीडतुररिंदमौ

Alors Rāma et Kṛṣṇa grandirent à Gokula comme de jeunes garçons ; ces deux dompteurs d’ennemis y jouaient à maints jeux de l’enfance.

Verse 67

कंचित्कालं वत्सपालौ वेणुनादमकुर्वताम् । कंचित्कालं च गोपालौ गुंजातापि च्छभूषितौ

Pendant un temps, ils gardèrent les veaux et firent résonner la flûte ; et pendant un temps aussi, ils furent gardiens des vaches, parés de guirlandes et d’ornements de baies de guñjā.

Verse 68

रेमाते बहुकालं तौ गोकुले रामकेशवौ । कंसः कदाचिदक्रूरं गोकुले रामकेशवौ

Ainsi, durant longtemps, ces deux-là—Rāma et Keśava—demeurèrent à Gokula, s’y ébattant en joie. Puis, un jour, Kaṃsa fit mander Akrūra au sujet de Rāma et Keśava à Gokula.

Verse 69

प्रेषयामास विप्रेंद्राः समानयितुमं जसा । आनयामास चाक्रूरो रामकृष्णौ स गोकुलात्

Ô le meilleur des brāhmaṇas, il l’envoya les amener sans délai ; et Akrūra, en vérité, ramena Rāma et Kṛṣṇa depuis Gokula.

Verse 70

मथुरां कंसनिर्देशात्स्वर्णतोरणराजिताम्

—vers Mathurā, sur l’ordre de Kaṃsa, la cité ornée et resplendissante de portails d’or.

Verse 71

ततः समानीय स रामकेशवौ ययौ पुरीं गांदिनिजस्तदग्रे । दृष्ट्वा च कंसं विनिवेद्य कार्यं तस्मै स्वगेहं प्रविवेश पश्चात्

Alors Akrūra, descendant de Gāndinī, ayant amené Rāma et Keśava, s’avança vers la cité. Ayant vu Kaṃsa et lui ayant exposé l’affaire, il entra ensuite dans sa propre demeure.

Verse 72

अथापराह्णे वसुदेवपुत्रावन्येद्युरिष्टैः सह गोपपुत्रैः । उपेयतुः सालनिखातयुक्तां संगोपुराट्टां मधुरापुरीं तौ

Puis, dans l’après-midi, le lendemain, les deux fils de Vasudeva, avec leurs chers compagnons, les fils des pasteurs, s’approchèrent de la cité de Mathurā, fortifiée de palissades et de pieux de bois de sāla, et brillante de portes solidement bâties.

Verse 73

स्तोत्राणि शृण्वन्पुरयौवतानां कृष्णस्तु रामेण सहैव गत्वा । धनुर्निवेशं सह सैव तत्र ददर्श चापं च महदृढज्यम्

Tandis qu’il écoutait les hymnes chantés par les jeunes filles de la cité, Kṛṣṇa, accompagné de Rāma, parvint au lieu où l’arc était déposé ; là, il vit le grand arc, bandé d’une corde très ferme.

Verse 74

विद्राव्य सर्वानपि चापपालान्धनुः समादाय स लीलयाऽशु । मौर्व्यां नियोक्तुं नमयांचकार तदं तरे भग्नमभूद्विधैव

Après avoir mis en fuite tous les gardiens de l’arc, il le saisit aussitôt comme par jeu. Lorsqu’il le plia pour y fixer la corde, il se rompit en son milieu : telle était l’ordonnance du destin.

Verse 75

कोदंडभंगोत्थितशब्दमाशु श्रुत्वाभियातान्बलिनो निहंतुम् । निजघ्नतुस्तौ प्रतिगृह्य खंडौ चापस्य पालान्बलिनौ द्विजेंद्रा

Entendant aussitôt le fracas né de la rupture du grand arc, des hommes robustes accoururent pour frapper. Mais ces deux puissants, saisissant les morceaux de l’arc, abattirent les gardiens de l’arc, ô meilleur des deux-fois-nés.

Verse 76

ततः कुवलयापीडं गजं द्वारि स्थितं क्षणात् । निहत्य रामकृष्णौ तौ महाबलपराक्रमौ

Alors, en un instant, Rāma et Kṛṣṇa, puissants en force et en vaillance, abattirent Kuvalayāpīḍa, l’éléphant posté à la porte.

Verse 77

तस्य दंतौ समुत्पाट्य दधानौ करयोर्द्वयोः । अंसे निधाय तौ दंतौ रंगं प्रययतुः क्षणात्

Arrachant ses deux défenses, les portant dans leurs deux mains et les posant sur leurs épaules, tous deux se rendirent aussitôt dans l’arène.

Verse 78

निहत्य मल्लं चाणूरं मुष्टिकं तोशलं तथा । अन्यांश्च मल्लप्रवरान्निन्यतुर्यमसा दनम्

Après avoir terrassé les lutteurs Cāṇūra, Muṣṭika et Tośala, ainsi que d’autres champions parmi les mallas, ils les envoyèrent au séjour de Yama.

Verse 79

समारुरुहतुस्तूर्णं तुंगं मंचं च तौ तदा । तत्र तुंगे समासीनमासने कंसमेत्य तौ । तस्थतुस्तं तृणीकृत्य सिंहौ क्षुद्रमृगं यथा

Alors tous deux montèrent promptement sur la haute estrade. S’approchant de Kaṃsa assis sur le trône élevé, ils se tinrent devant lui, le tenant pour rien, tels des lions face à une bête chétive.

Verse 80

ततः कंसं समाकृष्य कृष्णो मंचोपरि स्थितम् । पादौ गृहीत्वा वेगेन भ्रामयामास चांबरे

Puis Kṛṣṇa tira Kaṃsa du haut de l’estrade ; le saisissant par les pieds, il le fit tournoyer avec force dans les airs.

Verse 81

ततस्तं पोथयामास स भूमौ गत जीवितम् । कंसभ्रातॄन्बलोऽप्यष्टौ निजघ्ने मुष्टिना द्विजाः

Alors il le fracassa au sol, et il tomba sans vie. Et Balarāma, lui aussi, abattit d’un coup de poing les huit frères de Kaṃsa, ô brāhmanes.

Verse 82

एवं निहत्य तं कंसं कृष्णः परबलार्दनः । पितरौ मोचयामास निगडादति दुःखितौ

Ainsi, après avoir tué Kaṃsa, Kṛṣṇa—briseur des armées ennemies—délivra ses parents, accablés de douleur, de leurs entraves.

Verse 83

सर्वानास्थापयामास बलेन सह माधवः । श्रीकृष्णेन हतं कंसं श्रुत्वा प्रापुः पुरीं तदा

Mādhava, avec Balarāma, remit alors toute chose en ordre par sa puissance. Apprenant que Śrī Kṛṣṇa avait terrassé Kaṃsa, les gens affluèrent alors vers la cité.

Verse 84

बांधवा मथुरायां ये पूर्वं कंसे न बाधिताः । उग्रसेनं तथा राज्ये स्थापयामास केशवः

Quant aux parents de Mathurā que Kaṃsa n’avait jadis point opprimés, Keśava les protégea aussi : il établit Ugrasena sur le trône et rendit au royaume sa juste loi.

Verse 85

असहिष्णुर्द्विजाः पित्रोरेवं कंसकृतागसम् । जघान मातुलं कंसं देवब्राह्मणकंट कम्

Ne pouvant supporter les lourdes fautes commises par Kaṃsa, surtout envers les anciens, Kṛṣṇa tua son oncle maternel Kaṃsa, l’épine qui tourmentait les dieux et les brāhmanes.

Verse 86

ततः कदाचिकृष्णोऽयमात्मानं द्रष्टुमागतान् । नारदादीन्मुनीन्सर्वानिदं पप्रच्छ सत्तमः

Puis, un jour, lorsque tous les sages—Nārada et les autres—vinrent le voir, Kṛṣṇa, le plus excellent des êtres, leur posa cette question.

Verse 87

श्रीकृष्ण उवाच । मयाऽयं मातुलो विप्रा हतः कंसोऽतिपापकृत् । मातुलस्य वधे दोषः प्रोच्यते शास्त्रवित्तमैः

Śrī Kṛṣṇa dit : «Ô brāhmanes, j’ai mis à mort mon oncle maternel Kaṃsa, auteur de péchés extrêmes. Pourtant, les connaisseurs des śāstras enseignent qu’il y a faute à tuer l’oncle maternel».

Verse 88

प्रायश्चित्तमतो ब्रूत तद्दोषविनिवृत्तये । अवोचन्नारदस्तत्र कृष्णमद्भुतविक्रमम् । वाचा मधुरया विप्रा भक्तिप्रणयपूर्वकम्

«Dis-moi donc l’expiation par laquelle cette faute pourra être effacée.» Alors Nārada s’adressa là à Kṛṣṇa, aux prouesses merveilleuses; et, ô brāhmanes, il lui parla d’une voix douce, précédée de dévotion et d’une tendre révérence.

Verse 89

नारद उवाच । नित्यशुद्धश्च मुक्तश्च भद्रश्चैव भवा न्सदा

Nārada dit : «Tu es à jamais pur, à jamais libre, et toujours de bon augure».

Verse 90

सच्चिदानंदरूपश्च परमात्मा सनातनः । पुण्यं पापं च ते नास्ति कृष्ण यादवनंदन

«Tu es de la nature de Sat-Cit-Ānanda—Être, Conscience et Béatitude—, le Paramātman éternel. Pour toi, ô Kṛṣṇa, joie des Yādava, il n’est ni mérite ni péché».

Verse 91

तथापि लोकशिक्षार्थं भवता गरु डध्वज । प्रायश्चित्तं तु कर्तव्यं विधिनानेन माधव

«Pourtant, afin d’instruire le monde, ô Mādhava au drapeau de Garuḍa, tu dois accomplir l’expiation selon ce rite prescrit».

Verse 92

लोकसंग्रहणं तावत्कर्तव्यं भवताधुना । रामसेतौ महापुण्ये गंधमादनपर्वते

«Pour le bien et l’unité du peuple, entreprends cela dès maintenant : au très méritoire Rāma-setu, sur le mont Gandhamādana».

Verse 93

रामेण स्थापितं लिंगं रामनाथाभिधं पुरा । तस्याभिषेकतोयार्थं धनुष्कोट्या रघूद्वहः

Autrefois, Rāma établit un liṅga nommé Rāmanātha. Pour obtenir l’eau requise pour son saint abhiṣeka, le plus éminent de la lignée de Raghu se mit en route depuis Dhanuṣkoṭi…

Verse 94

गां भित्त्वोत्पादयामास तीर्थं कोटीति विश्रुतम् । तव पूर्वावतारेण रामेणाक्लिष्टकर्मणा

Ton incarnation précédente—Rāma, aux actes sans peine—fendit la terre et fit jaillir le tīrtha sacré renommé Koṭitīrtha.

Verse 95

ब्रह्महत्याविशुद्ध्यर्थं निर्मितं स्वयमेव यत् । तत्र स्नानं कुरुष्व त्वं धर्म्ये पापविनाशने

Ce tīrtha se manifesta de lui-même pour purifier du péché de brahma-hatyā. Aussi, baigne-toi là, en ce lieu juste qui anéantit le péché.

Verse 96

तेन ते मातुलवधाद्दोषः शीघ्रं विनंक्ष्यति । कोटितीर्थे हरेः स्नानं ब्रह्महत्यादिशोधकम्

Par ce bain, la faute née du meurtre de ton oncle maternel s’évanouira promptement. Le bain offert à Hari à Koṭitīrtha purifie même la brahma-hatyā et les autres péchés.

Verse 97

स्वर्गमोक्षप्रदं पुंसामायुरारोग्यवर्धनम् । इति श्रुत्वा मुनेर्वाक्यं नारदस्य स माधवः

Entendant les paroles de Nārada—qu’il accorde aux hommes le ciel et la mokṣa, et qu’il accroît la longévité et la santé—Mādhava accueillit ce conseil.

Verse 98

विसृज्य तानृषीन्सर्वांस्तस्मिन्नेव क्षणे द्विजाः । रामसेतौ ययौ तूर्णं स्वदोषपरि शुद्धये

Ayant pris congé de tous ces sages à l’instant même, le deux-fois-né (Mādhava) se rendit en hâte à Rāmasetu afin de purifier entièrement sa propre faute.

Verse 99

दिनैः कतिपयैर्गत्वा कोटितीर्थं यदूद्वहः । स्नात्वा संकल्पपूर्वं च दत्त्वा दानान्यनेकशः

Après quelques jours de marche, le plus éminent des Yadus parvint à Koṭitīrtha ; s’y étant baigné après avoir formé un saṅkalpa, il fit de nombreux dons en aumône.

Verse 100

स मातुलवधोत्पन्नदोषेभ्यो मुमु चे क्षणात् । निषेव्य रामनाथं च स्वपुरं मथुरां ययौ

En un instant, il fut délivré des fautes nées du meurtre de son oncle maternel ; puis, après avoir vénéré Rāmanātha, il se rendit dans sa propre cité, Mathurā.

Verse 104

श्रुत्वेमं पुण्यमध्यायं पठित्वा च मुनीश्वराः । ब्रह्महत्यादिभिः सत्यं मुच्यते पातकैर्नरः

Ô seigneurs parmi les sages, en écoutant ce chapitre sacré —et aussi en le récitant— l’homme est véritablement délivré des péchés tels que le brahmahatyā et les autres.