Adhyaya 69
Avanti KhandaReva KhandaAdhyaya 69

Adhyaya 69

Mārkaṇḍeya expose une progression de pèlerinage menant au très excellent Maṅgaleśvara. Le récit attribue l’établissement du sanctuaire à Bhūmiputra (Maṅgala/Aṅgāraka), animé par le souci du bien de tous les êtres. Au quatorzième jour lunaire, Śiva (Śaṅkara, Śaśiśekhara) se manifeste comme Maṅgaleśvara, répond à une dévotion ardente et accorde une grâce. Maṅgala demande une faveur durable à travers les naissances et affirme son identité : né de la sueur corporelle de Śiva, il demeure parmi les grahas (planètes). Il sollicite aussi d’être reconnu et honoré par les dieux. Śiva concède qu’en ce lieu le Seigneur sera connu sous le nom de Maṅgala, puis disparaît. Maṅgala installe alors le liṅga et l’adore par la puissance du yoga. Le chapitre se tourne ensuite vers des prescriptions éthiques et rituelles : le liṅga de Maṅgaleśvara est dit dissiper la souffrance. Les sages doivent satisfaire les brāhmaṇas au tīrtha, surtout par des rites accomplis avec l’épouse, et observer le vœu lié à Aṅgāraka. Sont décrits les dons de clôture offerts à Śiva—vaches ou taureaux, vêtements rouges, animaux de couleurs prescrites, ainsi que parasol, lit, guirlandes rouges et onguents—à donner avec pureté intérieure. Il est aussi prescrit d’accomplir le śrāddha aux tithis quatrième et huitième des deux quinzaine, en évitant toute fraude financière. Les fruits annoncés : satisfaction des ancêtres pendant un yuga, descendance heureuse et renaissances répétées en condition favorable, éclat du corps par l’influence du tīrtha, et effacement des fautes pour qui récite régulièrement ce récit avec dévotion.

Shlokas

Verse 1

श्रीमार्कण्डेय उवाच । ततो गच्छेत्तु राजेन्द्र मङ्गलेश्वरमुत्तमम् । स्थापितं भूमिपुत्रेण लोकानां हितकाम्यया

Śrī Mārkaṇḍeya dit : Alors, ô roi, il faut se rendre au très excellent Maṅgaleśvara, établi par le fils de la Terre, désireux du bien des êtres.

Verse 2

तोषितः परया भक्त्या शङ्करः शशिशेखरः । चतुर्दश्यां गुरुर्देवः प्रत्यक्षो मङ्गलेश्वरः

Satisfait par la dévotion suprême, Śaṅkara, dont le front est couronné par la lune, se manifeste en Maṅgaleśvara. Au quatorzième jour lunaire, le Guru divin y est présent en personne.

Verse 3

ब्रूहि पुत्र वरं शुभ्रं तं ते दास्यामि मङ्गल

«Parle, mon fils, d’une grâce pure et de bon augure ; cette grâce, je te l’accorderai, ô bienheureux.»

Verse 4

मङ्गल उवाच । प्रसादं कुरु मे शम्भो प्रतिजन्मनि शङ्कर । त्वदङ्गस्वेदसम्भूतो ग्रहमध्ये वसाम्यहम्

Maṅgala dit : «Accorde-moi ta grâce, ô Śambhu, ô Śaṅkara, à chaque naissance. Né de la sueur de ton corps, je demeure parmi les planètes.»

Verse 5

त्वत्प्रसादेन ईशान पूज्योऽहं सर्वदैवतैः । कृतार्थो ह्यद्य संजातस्तव दर्शनभाषणात्

«Par ta grâce, ô Īśāna, je suis digne d’être honoré par toutes les divinités. Aujourd’hui, vraiment, je suis comblé, pour t’avoir vu et t’avoir parlé.»

Verse 6

स्थानेऽस्मिन् देवदेवेश मम नाम्ना महेश्वरः । एवं भवतु ते पुत्रेत्युक्त्वा चान्तरधीयत

En ce lieu même, ô Seigneur des dieux, qu’il y ait un Maheśvara portant mon nom. Ayant dit : «Qu’il en soit ainsi, mon fils», il disparut alors à la vue.

Verse 7

मङ्गलोऽपि महात्मा वै स्थापयित्वा महेश्वरम् । आत्मयोगबलेनैव शूलिनापूजयत्ततः

Maṅgala aussi, ce grand être, après y avoir établi Maheśvara, rendit un culte au Seigneur au trident, par la puissance de sa propre discipline yogique.

Verse 8

सर्वदुःखहरं लिङ्गं नाम्ना वै मङ्गलेश्वरम् । तत्र तीर्थे तु वै राजन्ब्राह्मणान्प्रीणयेत्सुधीः

Ce liṅga, qui enlève toute souffrance, est connu sous le nom de Māṅgaleśvara. En ce tīrtha, ô Roi, le sage doit honorer et satisfaire les brāhmanes.

Verse 9

सपत्नीकान्नृपश्रेष्ठ चतुर्थ्यङ्गारके व्रते । पत्नीभर्तारसंयुक्तं विद्वांसं श्रोत्रियं द्विजम्

Ô meilleur des rois, lors du vœu d’Aṅgāraka au quatrième jour lunaire, (il faut honorer) des brāhmanes avec leurs épouses : savants, śrotriyas instruits des Veda, accompagnés de leurs compagnes.

Verse 10

व्रतान्ते चैव गौर्धुर्यैः शिवमुद्दिश्य दीयते । प्रीयतां मे महादेवः सपत्नीको वृषध्वजः

Et à la fin du vœu, l’on doit donner d’excellentes vaches, en consacrant l’offrande à Śiva. «Que Mahādeva, au drapeau du taureau, avec son Épouse, soit satisfait de moi».

Verse 11

वस्त्रयुग्मं प्रदातव्यं लोहितं पाण्डुनन्दन । धूर्वहौ रक्तवर्णौ च शुभ्रं कृष्णं तथैव च

Ô fils de Pāṇḍu, il faut offrir une paire de vêtements, de couleur rouge. De même, des étoffes rougeâtres, ainsi que des blanches et des noires.

Verse 12

छत्रं शय्यां शुभां चैव रक्तमाल्यानुलेपनम् । दातव्यं पाण्डवश्रेष्ठ विशुद्धेनान्तरात्मना

Qu’on offre un parasol, une couche excellente, ainsi que des guirlandes rouges et des onguents ; ô meilleur des Pāṇḍava, que cela soit fait avec un cœur intérieurement purifié.

Verse 13

चतुर्थ्यां तु तथाष्टम्यां पक्षयोः शुक्लकृष्णयोः । श्राद्धं तत्रैव कर्तव्यं वित्तशाठ्येन वर्जितः

Au quatrième et de même au huitième jour lunaire, dans les deux quinzaines, claire et sombre, qu’on accomplisse là même le śrāddha, sans fraude quant aux biens.

Verse 14

प्रेता भवन्ति सुप्रीता युगमेकं महीपते । सपुत्रो जायते मर्त्यः प्रतिजन्म नृपोत्तम

Ô roi, les esprits des défunts sont grandement satisfaits durant un yuga entier. Et, ô meilleur des rois, cet homme renaît, vie après vie, comblé de fils.

Verse 15

तस्य तीर्थस्य भावेन सर्वाङ्गरुचिरो नृप । मङ्गलं भवते वंशो नाशुभं विद्यते क्वचित्

Ô roi, par la puissance sanctifiante de ce tīrtha, l’homme devient rayonnant en tous ses membres. La lignée devient bénie, et nulle infortune ne s’y trouve.

Verse 16

भक्त्या यः कीर्तयेन्नित्यं तस्य पापं व्यपोहति

Celui qui, avec dévotion, célèbre et chante chaque jour, voit son péché s’éloigner et se dissiper.

Verse 69

। अध्याय

Fin du chapitre (adhyāya).