Adhyaya 51
Purva BhagaSecond QuarterAdhyaya 5147 Verses

Kalpa-Lakṣaṇa and Gṛhya-Kalpa: Classifications, Purifications, Implements, and Spatial Rite-Design

Nārada enseigne aux sages une vue structurée du Kalpa comme « manuel de procédure » védique, en nommant le Nakṣatra-kalpa (divinités des demeures lunaires), l’Āṅgirasa-kalpa (opérations de ṣaṭkarman/abhicāra) et le Śānti-kalpa (rites d’apaisement des présages dans les domaines divin, terrestre et atmosphérique). Il présente ensuite le Gṛhya-kalpa pour le rituel domestique : la primauté auspicieuse de l’oṃkāra et du śabda ; la collecte et l’usage corrects du kuśa/darbha ; les garde-fous de non-violence (pari-samūhana) ; les purifications par enduit de bouse de vache et aspersion d’eau ; l’obtention et l’installation du feu ; l’ordonnancement protecteur de l’espace (le sud comme zone de danger ; installation de Brahmā ; récipients au nord/ouest ; le yajamāna tourné vers l’est). Il précise aussi le choix des rôles (deux brahmacārins de la même śākhā, souplesse selon la présence d’un prêtre) et des mesures minutieuses en aṅgula pour anneaux, louches, bols, distances et norme du « récipient plein ». Le chapitre s’achève sur une théologie symbolique des instruments (six divinités dans le sruva et correspondances corporelles des offrandes), unissant l’art rituel à la signification cosmique.

Shlokas

Verse 1

अथातः संप्रवक्ष्यामि कल्पग्रन्थं मुनीश्वर । यस्य विज्ञानमात्रेण स्यात् कर्मकुशलो नरः 1. ॥ १ ॥

À présent, ô le meilleur des sages, j’exposerai pleinement le Kalpa-grantha, le traité qui règle la procédure des rites ; par sa seule compréhension, l’homme devient habile dans l’accomplissement des cérémonies.

Verse 2

नक्षत्रकल्पो वेदानां संहितानां तथैव च । चतुर्थः स्यादाङ्गिरसः शान्तिकल्पश्च पञ्चमः ॥ २ ॥

Pour les Veda —et de même pour leurs Saṃhitā—, le quatrième est dit être le Nakṣatra-kalpa ; le suivant (le cinquième) est l’Āṅgirasa-kalpa, ainsi que le Śānti-kalpa.

Verse 3

नक्षत्राधीश्वराख्यानं विस्तरेण यथातथम् । नक्षत्रकल्पे निर्दिष्टं ज्ञातव्यं तदिहापि च ॥ ३ ॥

Le récit détaillé des seigneurs présidant aux demeures lunaires (nakṣatra), tel qu’il est en vérité, a été exposé dans le Nakṣatra-kalpa ; cette même doctrine doit être comprise ici aussi.

Verse 4

वेदकल्पे विधानं तु ऋगादीनां मुनीश्वर । धर्मार्थकाममोक्षाणां सिद्ध्यै प्रोक्तं सविस्तरम् ॥ ४ ॥

Ô seigneur parmi les sages, dans le Veda-kalpa ont été enseignées en détail les prescriptions pour le Ṛg et les autres Veda, afin d’obtenir l’accomplissement de dharma, artha, kāma et mokṣa.

Verse 5

मन्त्राणामृषयश्चैव छन्दांस्यथ च देवताः । निर्दिष्टाः संहिताकल्पे मुनिभिस्तत्त्वदर्शिभिः ॥ ५ ॥

Les ṛṣi des mantras, leurs mètres (chandas) et les divinités présidantes ont tous été indiqués dans les traditions de la Saṃhitā et du Kalpa par des sages voyants de la vérité.

Verse 6

तथैवाङ्गिरसे कल्पे षट्कर्माणि सविस्तरम् । अभिचारविधानेन निर्दिष्टानि स्वयम्भुवा ॥ ६ ॥

De même, dans l’Āṅgirasa Kalpa, les six opérations rituelles (ṣaṭkarman) sont exposées en détail, établies par Svayambhū (Brahmā) selon les procédures d’abhicāra visant des effets précis.

Verse 7

शान्तिकल्पे तु दिव्यानां भौमानां मुनिसत्तम । तथान्तरिक्षोत्पातानां शान्तयो ह्युदिताः पृथक् ॥ ७ ॥

Mais dans le Śānti-kalpa, ô meilleur des sages, les rites d’apaisement (śānti) sont enseignés séparément : pour les présages célestes, pour les présages terrestres et pour les prodiges nés dans la région de l’air.

Verse 8

संक्षेपेणैतदुद्दिष्टं लक्षणं कल्पलक्षणे । विशेषः पृथगेतेषां स्थितः शाखान्तरेषु च ॥ ८ ॥

Ainsi, brièvement, ce signe distinctif des Kalpa a été énoncé dans la section sur leurs caractéristiques ; et les particularités propres à chacun se trouvent aussi séparément dans les diverses branches védiques (śākhās).

Verse 9

गृह्यकल्पे तु सर्वेषामुपयोगितयाऽधुना । वक्ष्यामि ते द्विजश्रेष्ठ सावधानतया शृणु ॥ ९ ॥

À présent, en vue de leur application pratique pour tous, je vais t’exposer le Gṛhya-kalpa (code des rites domestiques), ô meilleur des deux-fois-nés ; écoute avec une attention entière.

Verse 10

ॐकारश्चाथ शब्दश्च द्वावेतौ ब्रह्मणः पुरा । कण्ठं भित्वा विनिर्यातौ तस्मान्माङ्गल्यकाविमौ ॥ १० ॥

Au commencement, ces deux—l’Om (oṃkāra) et le Son sacré (śabda)—jaillirent de Brahmā, perçant sa gorge ; c’est pourquoi tous deux sont, de par leur essence, auspicious et bénis.

Verse 11

कृत्वा प्रोक्तानि कर्माणि तदूर्द्ध्वानि करोति यः । सोऽथ शब्दं प्रयुञ्जीत तदानन्त्यार्थमिष्यते ॥ ११ ॥

Après avoir d’abord accompli les rites prescrits qui ont été enseignés, celui qui s’élève ensuite vers des pratiques plus hautes doit alors recourir à la Parole sacrée (śabda) ; car elle est voulue pour mener à l’Infini (ananta).

Verse 12

कुशाः परिसमूहाय व्यस्तशाखाः प्रकीर्तिताः । न्यूनाधिका निष्फलाय कर्मणोऽभिमतस्य च ॥ १२ ॥

Il est prescrit de rassembler l’herbe kuśa en une botte compacte, tout en gardant ses pointes séparées. Si l’on en prend trop peu ou trop, le rite voulu devient sans fruit.

Verse 13

कृमिकीटपतङ्गाद्या भ्रमति वसुधातले । तेषां संरक्षणार्थाय प्रोक्तं परिसमूहनम् ॥ १३ ॥

Vers, insectes, papillons de nuit et autres petites créatures errent à la surface de la terre. Pour leur sauvegarde, on a prescrit la pratique nommée « pari-samūhana » (ramasser/balayer avec soin).

Verse 14

रेखाः प्रोक्ताश्च यास्तिस्रः कर्तव्यास्ताः समा द्विज । न्यूनाधिका न कर्तव्या इत्येव परिभाषितम् ॥ १४ ॥

Les trois lignes prescrites doivent être tracées égales et régulières, ô deux-fois-né (dvija). Qu’on n’en fasse ni moins ni plus : telle est la règle énoncée.

Verse 15

मेदिनी मेदसा व्याप्ता मधुकैटभदैत्ययोः । गोमयेनोपलेप्येयं तदर्थमिति नारद ॥ १५ ॥

«La terre est pénétrée par la graisse des asuras Madhu et Kaiṭabha. C’est pourquoi, afin de la purifier et de la protéger, il convient de l’enduire de bouse de vache, pour cette raison même», déclara Nārada.

Verse 16

वन्ध्या दुष्टा च दीनाङ्गी मृतवत्सा स च या भवेत् । यज्ञार्थं गोमयं तस्या नाहरेदिति भाषितम् ॥ १६ ॥

Il est enseigné que, pour le yajña, on ne doit pas recueillir la bouse d’une vache stérile, de mauvais naturel, au corps souffreteux, ni de celle dont le veau est mort.

Verse 17

ये भ्रमन्ति सदाकाशे पतङ्गाद्या भयङ्कराः । तेषां प्रहरणार्थाय मतं प्रोद्धरणं द्विज ॥ १७ ॥

Ô dvija, ces êtres redoutables—à commencer par ceux qui ont des ailes—qui errent sans cesse dans le ciel : pour les frapper et les abattre, la méthode admise est de lancer vers le haut (l’arme).

Verse 18

स्रुवेण च कुशेनापि कुर्यादुल्लेखनं भुवः । अस्थिकण्टकसिर्द्ध्य्थं ब्रह्मणा परिभाषितम् ॥ १८ ॥

Avec le sruva (louche rituelle) ou même un brin d’herbe kuśa, on doit marquer légèrement le sol; cette procédure—enseignée par Brahmā—est prescrite pour traiter et ôter les impuretés telles que les os et les pointes d’épine.

Verse 19

आपो देवगणाः सर्वे तथा पितृगणा द्विज । तेनाद्भिरुक्षणं प्रोक्तं मुनिभिर्विधिकोविदैः ॥ १९ ॥

Ô dvija, les Eaux elles-mêmes sont toutes les cohortes des devas, et de même toutes les cohortes des pitṛs (ancêtres). C’est pourquoi les sages experts en rite ont prescrit l’aspersion d’eau comme acte de purification.

Verse 20

अग्नेरानयनं प्रोक्तं सौभाग्यस्त्रीभिरेव च । शुभदे मृण्मये पात्रे प्रोक्ष्याद्भिस्तं निधापयेत् ॥ २० ॥

Il est prescrit que l’on aille chercher le Feu sacré (Agni) par des femmes mariées de bon augure. Après l’avoir aspergé d’eau pure, qu’on dépose ce feu dans un vase d’argile porteur de bénédiction.

Verse 21

अमृतस्य क्षयं दृष्ट्वा ब्रह्माद्यैः सर्वदैवतैः । वेद्यां निधापितस्तस्मात्समिद्गर्भो हुताशनः ॥ २१ ॥

Voyant que l’amṛta, nectar d’immortalité, s’épuisait, Brahmā et tous les dieux placèrent donc le Feu (Hutāśana) sur l’autel, portant en lui les baguettes de bois (samid), afin que le rite fût maintenu selon la règle sacrée.

Verse 22

दक्षिणस्यां दानवाद्याः स्थिता यज्ञस्य नारद । तेभ्यः संरक्षणार्थाय ब्रह्माणं तद्दिशि न्यसेत् ॥ २२ ॥

Ô Nārada, au côté sud du sacrifice se tiennent les Dānavas et d’autres êtres hostiles. Aussi, pour s’en protéger, convient-il d’installer Brahmā dans cette même direction.

Verse 23

उत्तरे सर्वपात्राणि प्रणीताद्यानि पश्चिमे । यजमानः पूर्वतः स्युर्द्विजाः सर्वेऽपि नारद ॥ २३ ॥

Tous les vases rituels doivent être placés au nord ; l’eau praṇīta et les objets qui s’y rattachent seront disposés à l’ouest. Le yajamāna s’assiéra tourné vers l’est, et tous les dvijas de même, ô Nārada.

Verse 24

द्यूते च व्यवहारे च यज्ञकर्मणि चेद्भवेत् । कर्त्तोदासीनचित्तस्तत्कर्म नश्येदिति स्थितिः ॥ २४ ॥

Que ce soit dans le jeu, dans les affaires du monde ou même dans l’acte du yajña : si l’agent demeure d’esprit détaché (udāsīna), on dit que l’action est comme annulée et ne lie point ; telle est la doctrine établie.

Verse 25

ब्रह्माचार्यौ स्वशाखौ हि कर्तव्यौ यज्ञकर्मणि । ऋत्विजां नियमो नास्ति यथालाभं समर्चयेत् ॥ २५ ॥

Pour l’acte sacrificiel (yajña), il faut assurément établir deux brahmacārins, étudiants de chasteté, appartenant à sa propre branche védique. Quant aux prêtres officiants (ṛtvij), il n’existe pas de règle inflexible : qu’on les honore comme il se doit et qu’on les emploie selon leur disponibilité.

Verse 26

द्वे पवित्रे त्र्यङ्गुलेस्तः प्रोक्षिणी चतुरङ्गुला । आज्यस्थाली त्र्यङ्गुलाथ चरुस्थाली षडङ्गुला ॥ २६ ॥

Les deux anneaux pavitra, faits d’herbe kuśa, mesurent chacun trois aṅgulas. La louche d’aspersion (prokṣiṇī) mesure quatre aṅgulas. Le récipient du ghee (ājyasthālī) mesure trois aṅgulas, et la marmite du riz d’offrande cuit (carusthālī) mesure six aṅgulas.

Verse 27

द्व्यङ्गुलं तूपयमनमेकं सम्मार्जनाङ्गुलम् । स्रुवं षडङ्गुलं प्रोक्तं स्रुचं सार्द्धत्रयाङ्गुलम् ॥ २७ ॥

La mesure appelée upayamāna est dite de deux aṅgulas ; l’aṅgula employé pour la purification est d’un. La louche nommée sruva est déclarée de six aṅgulas, et la sruc de trois aṅgulas et demi.

Verse 28

प्रादेशमात्रा समिधः पूर्णपात्रं षडङ्गुलम् । प्रोक्षिण्या उत्तरे भागे प्रणीतापात्रमष्टभिः ॥ २८ ॥

Les bûchettes d’offrande (samidh) doivent avoir la longueur d’un prādeśa (une paume). Le récipient rempli doit mesurer six aṅgulas. Au nord de la prokṣiṇī, qu’on place le récipient praṇītā à une distance de huit aṅgulas.

Verse 29

यानि कानि च तीर्थानि समुद्राः सरितस्तथा । प्रणीतायां समासन्नात्तस्मात्तां पूरयेज्जलैः ॥ २९ ॥

Ainsi, lorsque l’on approche le récipient consacré praṇītā, qu’on le remplisse d’eau, en y invoquant tous les tīrthas sacrés, les océans et les rivières qui existent.

Verse 30

वैदिका वस्त्रहीना च नग्ना संप्रोच्यते द्विज । परिस्तीर्य्य ततो दर्भैः परिदध्यादिमां बुधः ॥ ३० ॥

Ô deux-fois-né, le rite védique est dit « nu » lorsqu’il est privé des couvertures et des accessoires rituels requis. Aussi, après avoir étendu l’herbe darbha, le sage doit alors ordonner et accomplir ce rite selon la règle.

Verse 31

इन्द्र वज्रं विष्णुचक्रं वामदेवत्रिशूलकम् । दर्भरूपतया त्रीणि पवित्रच्छेदनानि च ॥ ३१ ॥

La foudre (vajra) d’Indra, le disque (cakra) de Viṣṇu et le trident de Vāmadeva : ces trois, conçus sous la forme de l’herbe darbha, sont aussi les coupeurs sacrés servant à préparer les pavitra (anneaux ou brins purificatoires).

Verse 32

प्रोक्षणी च प्रकर्तव्या प्रणीतोदकसंयुता । तेनातिपुण्यदं कर्म पवित्रमिति कीर्तितम् ॥ ३२ ॥

Il faut aussi préparer le vase d’aspersion (prokṣaṇī), rempli d’eau consacrée (praṇītodaka). Par son moyen, l’acte rituel devient hautement dispensateur de mérite ; c’est pourquoi il est proclamé purifiant.

Verse 33

आज्यस्थाली प्रकर्तव्या पलमात्रप्रमाणिका । कुलालचक्रघटितं आसुरं मृण्मयं स्मृतम् ॥ ३३ ॥

Il faut façonner une ājya-sthālī (petit récipient pour le ghee) de la mesure d’un pala ; on dit qu’elle est du type « āsura », en argile et tournée sur le tour du potier.

Verse 34

तदेव हस्तघटितं स्थाल्यादि दैविकं भवेत् । स्रुवे च सर्वकर्माणि शुभान्यप्यशुभानि च ॥ ३४ ॥

Seul ce qui est façonné à la main—telle la marmite (sthālī) et autres—devient « daivika » (apte à l’usage sacré). Et dans la louche (sruva) sont compris tous les actes rituels, favorables comme défavorables.

Verse 35

तस्य चैव पवित्रार्थं वह्नौ तापनमीरितम् । अग्रे धृतेन वैधव्यं मध्ये चैव प्रजाक्षयः ॥ ३५ ॥

Pour sa purification, il est prescrit de le chauffer dans le feu. S’il est tenu à l’avant avec du ghee, il entraîne le veuvage ; et s’il est tenu au milieu, il cause l’extinction de la descendance.

Verse 36

मूले च म्रियते होता तस्माद्धार्यं विचार्य तत् । अग्निः सूर्यश्च सोमश्च विरञ्चिरनिलो यमः ॥ ३६ ॥

Quand la racine est tranchée, le hotṛ (l’officiant) périt lui aussi ; c’est pourquoi, après réflexion, il faut préserver cette racine, ce fondement même. Agni, le Soleil, Soma, Virañci (Brahmā), Anila (Vāyu) et Yama sont à comprendre comme ses puissances de soutien.

Verse 37

स्रुवे षडेते दैवास्तु प्रत्यङ्गुलमुपाश्रिताः । अग्निर्भोगार्थनाशाय सूर्यो व्याधिकरो भवेत् ॥ ३७ ॥

Dans la sruva (cuiller sacrificielle), on dit que ces six divinités sont établies, chacune dans l’espace d’une largeur de doigt. Agni s’y tient pour détruire les fruits de la jouissance, et le Soleil devient celui qui engendre la maladie.

Verse 38

निष्फलस्तु स्मृतः सोमो विरञ्चिः सर्वकामदः । अनिलो वृद्धिदः प्रोक्तो यमो मृत्युप्रदो मतः ॥ ३८ ॥

Soma est mémorisé comme ne donnant aucun fruit ; Virañci (Brahmā) est le dispensateur de tous les buts désirés. Anila (Vāyu) est proclamé donateur de croissance et d’accroissement, et Yama est tenu pour celui qui accorde la mort.

Verse 39

सम्मार्जनोपयमनं कर्तव्यं च कुशद्वयम् । पूर्वं तु सर्वशाखं स्यात्पञ्चशाखं तथा परम् ॥ ३९ ॥

Pour le rite, il faut préparer l’instrument de purification et l’upayamana, ainsi qu’une paire d’herbes kuśa. La première kuśa doit être à nombreuses ramifications, et l’autre, de même, à cinq ramifications.

Verse 40

श्रीपर्णी च शमी तद्वत्खदिरश्च विकङ्कतः । पलाशश्चैव विज्ञेयाः स्रुवे चैव तथा स्रुचि ॥ ४० ॥

Śrīparṇī et Śamī, de même, ainsi que Khadira et Vikaṅkata, et encore Palāśa : telles sont les essences qu’il faut reconnaître comme convenant à la fabrication du sruva (louche) et de la sruc (cuillère d’offrande).

Verse 41

हस्तोन्मितं स्रुवं शस्तं त्रिदशाङ्गुलिकं स्रुचम् । विप्राणां चैतदाख्यातं ह्यन्येषामङ्गुलोनकम् ॥ ४१ ॥

Le sruva est prescrit à la mesure d’un empan de main, et la sruc à la mesure de trente largeurs de doigt. Cette mesure est déclarée pour les brāhmaṇas ; pour les autres, elle est moindre d’une largeur de doigt.

Verse 42

शूद्रा णां पतितानां च खरादीनां च नारद । दृष्टिदोषविनाशार्थं पात्राणां प्रोक्षणं स्मृतम् ॥ ४२ ॥

Ô Nārada, pour les vases qui ont été regardés par des śūdras, par des déchus (patita), ou par des ânes et autres semblables, l’Écriture enseigne que l’aspersion d’eau consacrée (prokṣaṇa) est le moyen de dissiper l’impureté née de ce regard.

Verse 43

अकृते पूर्णपात्रे तु यज्ञच्छिद्रं समुद्भवेत् । तस्मिन् पूर्णीकृते विप्र यज्ञसम्पूर्णता भवेत् ॥ ४३ ॥

Si le rite du « pūrṇa-pātra » (vase plein) n’est pas accompli, une faille surgit dans le sacrifice. Mais lorsque ce pūrṇa-pātra est dûment achevé, ô brāhmaṇa, le sacrifice devient pleinement accompli.

Verse 44

अष्टमुष्टिर्भवेत् किञ्चित् पुष्कलं तच्चतुष्टयम् । पुष्कलानि तु चत्वारि पूर्णपात्रं विदुर्बुधाः ॥ ४४ ॥

Un « kiñcit » est compris comme huit poignées ; et un « puṣkala » se compose de quatre de ces mesures. Et quatre puṣkalas, disent les sages, sont ce qu’on appelle le « pūrṇa-pātra » (vase plein).

Verse 45

होमकाले तु सम्प्राप्ते न दद्यादासनं क्वचित् । दत्ते तृप्तो भवेद् वह्निः शापं दद्याच्च दारुणम् ॥ ४५ ॥

Lorsque vient l’heure du homa, on ne doit pas céder son siège. S’il est donné, Agni le prend pour sa part, s’en trouve « satisfait » et peut accorder une malédiction redoutable.

Verse 46

आघारौ नासिके प्रौक्तौ आज्यभागौ च चक्षुषी । प्राजापत्यं मुखं प्रोक्तं कटिर्व्याहृतिभिः स्मृता ॥ ४६ ॥

Les deux offrandes āghāra sont déclarées être les deux narines ; les deux parts de ghee (ājyabhāga) sont les deux yeux. Le rite prājāpatya est dit être la bouche, et la taille est rappelée comme les vyāhṛtis, les paroles sacrées.

Verse 47

शीर्षं हस्तौ च पादौ च पञ्चवारुणमीरितम् । तथास्विष्टकृतं विप्र श्रोत्रे पूर्णाहुतिस्तथा ॥ ४७ ॥

La tête, les mains et les pieds sont déclarés purifiés par le rite Vāruṇa en cinq parties. De même, ô brāhmaṇa, l’oblation finale (sviṣṭakṛt) doit être accomplie ; et pour ce qui est des oreilles, l’oblation complète (pūrṇāhuti) est également prescrite.

Frequently Asked Questions

The classification establishes Kalpa’s scope across specialized ritual domains—astral (nakṣatra), effect-oriented operations (āṅgirasa/abhicāra), and pacification (śānti)—so that the subsequent Gṛhya-kalpa is understood as a practical subset within a larger Vedāṅga framework.

Sprinkling is framed as purification because Waters are identified with divine and ancestral hosts, making consecrated water a medium of sacral reset. Cow-dung plastering is justified as protective purification of the ground, presented through a mythic-ritual explanation (removing demonic taint associated with Madhu and Kaiṭabha).

Metrological precision is treated as a condition of efficacy: deficiency or excess renders rites fruitless, and correct proportions ensure the rite is properly ‘clothed’ with its required appurtenances. The chapter uses measurement as a practical control system for reproducible ritual outcomes.

It encodes a cosmological reading of ritual technology: the implement is not merely a tool but a microcosm where divine powers are stationed in measured loci. This sacralizes procedure and frames correct handling as interaction with living divine presences.