Adhyaya 43
Purva BhagaAdhyaya 4339 Verses

Adhyaya 43

Bhūrloka-Vyavasthā — The Seven Dvīpas, Seven Oceans, and the Meru-Centered Order of Jambūdvīpa

Clôturant l’exposé précédent sur la division quatorze fois régionale du brahmāṇḍa, Sūta passe à un « compte rendu établi » de Bhūrloka, quittant la structure macrocosmique pour la terre sacrée décrite comme une carte. Le chapitre énumère les sept dvīpas—Jambū en tête, puis Plakṣa, Śālmala, Kuśa, Krauñca, Śāka et Puṣkara—ainsi que les sept océans concentriques, d’étendue croissante : eau salée, jus de canne, liqueur, ghee, caillé, lait et eau douce. Jambūdvīpa est placé au centre, avec le mont Meru d’or comme axe, tel le cœur du lotus terrestre, et des mesures précises de hauteur, de profondeur souterraine et de largeur. Les varṣas environnants sont nommés et disposés : Bhārata, Kiṃpuruṣa, Harivarṣa au sud ; Ramyaka, Hiraṇmaya, Uttara-Kuru au nord ; Bhadrāśva à l’est ; Ketumāla à l’ouest ; Ilāvṛta au centre, avec les montagnes d’appui Mandara, Gandhamādana, Vipula, Supārśva. Le récit sacralise les abords de Meru par des forêts, des lacs et un vaste catalogue de montagnes saintes, et s’achève sur le tableau de siddhas et de sages demeurant dans une sérénité établie en Brahman, annonçant la suite sur la géographie sacrée et ses implications dharmiques et spirituelles.

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Shlokas

Verse 1

इती श्रीकूर्मपुराणे षट्साहस्त्र्यां संहितायां पूर्वविभागे द्विचत्वारिंशो ऽध्यायः सूत उवाच एतद् ब्रह्माण्डमाख्यातं चतुर्दशविधं महत् / अतः परं प्रवक्ष्यामि भूर्लोकस्यास्य निर्णयम्

Ainsi, dans le Śrī Kūrma Purāṇa, dans la Saṃhitā de six mille vers, au Pūrvabhāga, s’achève le quarante-deuxième chapitre. Sūta dit : «Ce vaste brahmāṇḍa, le grand œuf cosmique divisé en quatorze régions, a été décrit ; désormais j’exposerai l’exposé établi de ce Bhūrloka, le monde terrestre».

Verse 2

जम्बुद्वीपः प्रधानो ऽयं प्लक्षः शाल्मल एव च / कुशः क्रौञ्चश्च शाकश्च पुष्करश्चैव सप्तमः

Ce Jambūdvīpa est le premier ; et il y a aussi Plakṣa et Śālmala, ainsi que Kuśa, Krauñca, Śāka, et Puṣkara comme le septième.

Verse 3

एते सप्त महाद्वीपाः समुद्रैः सप्तभिर्वृताः / द्वीपाद् द्वीपो महानुक्तः सागरादपि सागरः

Tels sont les sept grands continents, chacun entouré de sept océans. De continent en continent, il est dit qu’ils croissent en grandeur, et d’océan en océan de même, chacun surpassant le précédent.

Verse 4

क्षारोदेक्षुरसोदश्च सुरोदश्च घृतोदकः / दध्योदः क्षीरसलिलः स्वादूदश्चेति सागराः

Voici les océans : l’océan d’eau salée ; l’océan de jus de canne ; l’océan de liqueur enivrante (sura) ; l’océan dont les eaux sont du ghee (ghṛta) ; l’océan de caillé (dadhi) ; l’océan d’eaux de lait ; et l’océan d’eau douce et suave.

Verse 5

पञ्चाशत्कोटिविस्तीर्णा ससमुद्रा धरा स्मृता / द्वीपैश्च सप्तभिर्युक्ता योजनानां समासतः

La Terre, avec les océans qui l’enserrent, est tenue en mémoire comme s’étendant sur cinquante crores (de yojanas) en largeur. Et, en bref, elle est décrite comme pourvue des sept dvīpas, mesurés en yojanas.

Verse 6

जम्बूद्वीपः समस्तानां द्वीपानां मध्यतः शुभः / तस्य मध्ये महामेरुर्विश्रुतः कनकप्रभः

L’auspicieux Jambūdvīpa se tient au centre même de tous les continents ; et en son milieu s’élève le grand Meru, illustre et rayonnant d’une splendeur d’or.

Verse 7

चतुरशीतिसाहस्त्रो योजनैस्तस्य चोच्छ्रयः / प्रविष्टः षोडशाधस्ताद्द्वात्रिंशन्मूर्ध्नि विस्तृतः

Sa hauteur est de quatre-vingt-quatre mille yojanas. Il s’enfonce de seize mille yojanas au-dessous (de la surface de la terre), et à son sommet il s’étend sur trente-deux mille yojanas de largeur.

Verse 8

मूले षोडशसाहस्त्रो विस्तारस्तस्य सर्वतः / भूपद्मास्यास्य शैलो ऽसौ कर्णिकात्वेन संस्थितः

À sa base, son étendue est de seize mille yojanas en toutes directions. Cette montagne s’y tient comme la « karnikā », le cœur central de ce lotus qu’est la Terre.

Verse 9

हिमवान् हेमकूटश्च निषधश्चास्य दक्षिणे / नीलः श्वेतश्च शृङ्गी च उत्तरे वर्षपर्वताः

Au sud se trouvent Himavān, Hemakūṭa et Niṣadha ; et au nord se dressent les montagnes de Varṣa : Nīla, Śveta et Śṛṅgī.

Verse 10

लक्षप्रमाणौ द्वौ मध्ये दशहीनास्तथा परे / सहस्त्रद्वितयोच्छ्रायास्तावद्विस्तारिणश्च ते

Au milieu se trouvent deux (chaînes) mesurant chacune un lakṣa ; les autres, de même, ont dix de moins en mesure. Leur hauteur est de deux mille, et leur largeur est d’égale étendue.

Verse 11

भारतं दक्षिणं वर्षं ततः किंपुरुषं स्मृतम् / हरिवर्षं तथैवान्यन्मेरोर्दक्षिणतो द्विजाः

Ô sages deux-fois-nés, au sud du mont Meru se trouve la contrée méridionale nommée Bhārata ; au-delà est connue la terre de Kiṃpuruṣa ; et de même une autre région appelée Harivarṣa — toutes situées au sud de Meru.

Verse 12

रम्यकं चोत्तरं वर्षं तस्यैवानुहिरण्मयम् / उत्तराः कुरवश्चैव यथैते भरतास्तथा

Au nord se trouve la région appelée Ramyaka, et au-delà, Hiraṇmaya. Il y a aussi les Uttara-Kurūs ; et tels que sont les gens de Bhārata, tels ils sont également.

Verse 13

नवसाहस्त्रमेकैकमेतेषां द्विजसत्तमाः / इलावृतं च तन्मध्ये तन्मध्ये मेरुरुच्छ्रितः

Ô le meilleur des deux-fois-nés, chacune de ces régions s’étend sur neuf mille yojanas. En leur sein se trouve Ilāvṛta, et au centre même d’Ilāvṛta s’élève le sublime mont Meru.

Verse 14

मेरोश्चतुर्दिशं तत्र नवसाहस्त्रविस्तृतम् / इलावृतं महाभागाश्चात्वारस्तत्र पर्वताः / विष्कम्भा रचिता मेरोर्योजनायुतमुच्छ्रिताः

Là, tout autour du mont Meru sur ses quatre côtés, s’étend Ilāvṛta sur neuf mille yojanas. Dans cette contrée, ô nobles, se trouvent quatre montagnes établies comme des contreforts soutenant Meru, chacune s’élevant à dix mille yojanas.

Verse 15

पूर्वेण मन्दरो नाम दक्षिणे गन्धमादनः / विपुलः पश्चिमे पार्श्वे सुपार्श्वश्चोत्तरे स्मृतः

À l’est se trouve la montagne nommée Mandara ; au sud, Gandhamādana. Sur le versant occidental est Vipula, et au nord l’on se souvient de Supārśva, selon la tradition.

Verse 16

कदम्बस्तेषु जम्बुश्च पिप्पलो वट एव च / जम्बूद्वीपस्य सा जम्बूर्नामहेतुर्महर्षयः

Parmi ces arbres se trouvent le kadamba, le jambū, le pippala et le banian. Ô grands rishis, c’est cet arbre jambū qui est la cause même du nom Jambūdvīpa.

Verse 17

महागजप्रमाणानि जम्ब्वास्तस्याः फलानि च / पतन्ति भूभृतः पृष्ठे शीर्यमाणानि सर्वतः

Et les fruits de cet arbre jambū — chacun aussi grand qu’un éléphant — tombent de toutes parts sur le dos de la montagne, se brisant en éclats lorsqu’ils la heurtent.

Verse 18

रसेन तस्याः प्रख्याता तत्र जम्बूनदीति वै / सरित् प्रवर्तते चापि पीयते तत्र वासिभिः

Par la sève (l’essence) de cet arbre Jambū, y est renommée la rivière appelée Jambūnadī. Un courant en jaillit, et les habitants de cette contrée en boivent l’eau.

Verse 19

न स्वेदो न च दौर्गन्ध्यं न जरा नेन्द्रियक्षयः / तत्पानात् सुस्थमनसां नराणां तत्र जायते

En buvant là ce nectar sanctifié, les hommes dont l’esprit est bien établi n’éprouvent ni sueur excessive, ni mauvaise odeur, ni vieillesse, ni déclin des sens.

Verse 20

तीरमृत्तत्र संप्राप्य वायुना सुविशोषिता / जाम्बूनदाख्यं भवति सुवर्णं सिद्धभूषणम्

La boue de la berge de ce fleuve, une fois recueillie et parfaitement desséchée par le vent, devient l’or nommé Jāmbūnada, or digne des parures des Siddhas.

Verse 21

भद्राश्वः पूर्वतो मेरोः केतुमालश्च पश्चिमे / वर्षे द्वे तु मुनिश्रेष्ठास्तयोर्मध्ये इलावृतम्

Ô le meilleur des sages, à l’est du mont Meru se trouve Bhadrāśva, et à l’ouest Ketumāla. Ce sont deux grands varṣas ; entre eux s’étend Ilāvṛta.

Verse 22

वनं चैत्ररथं पूर्वे दक्षिणे गन्धमादनम् / वैभ्राजं पश्चिमे विद्यादुत्तरे सवितुर्वनम्

Sache que la forêt de Caitraratha est à l’est ; Gandhamādana au sud ; Vaibhrāja à l’ouest ; et, au nord, la forêt de Savitṛ (le Soleil).

Verse 23

अरुणोदं महाभद्रमसितोदं च मानसम् / सरांस्येतानि चत्वारि देवयोग्यानि सर्वदा

Aruṇoda, Mahābhadra, Asitoda et Mānasarovara : ces quatre lacs sont à jamais dignes du culte et du refuge des Devas.

Verse 24

सितान्तश्च कुमुद्वांश्च कुरुरी माल्यवांस्तथा / वैकङ्को मणिशैलश्च ऋक्षवांश्चाचलोत्तमाः

Il y a aussi les monts Sitānta et Kumudvān, Kururī et Mālyavān ; de même Vaikaṅka, Maṇiśaila et Ṛkṣavān : les plus éminents des montagnes.

Verse 25

महानीलो ऽथ रुचकः सबिन्दुर्मन्दरस्तथा / वेणुमांश्चैव मेघश्च निषधो देवपर्वतः / इत्येते देवरचिताः सिद्धावासाः प्रकीर्तिताः

Mahānīla, Rucaka, Sabindu et Mandara ; Veṇumāṃśa, Megha et Niṣadha—la montagne divine—sont proclamés demeures des Siddhas, façonnées par les Devas.

Verse 26

अरुणोदस्य सरसः पूर्वतः केसराचलः / त्रिकूटशिखरश्चैव पतङ्गो रुचकस्तथा

À l’est du lac nommé Aruṇoda se dresse le mont Kesarācala ; s’y trouvent aussi le sommet Trikūṭaśikhara, ainsi que les monts Pataṅga et Rucaka.

Verse 27

निषधो वसुधारश्च कलिङ्गस्त्रिशिखः शुभः / समूलो वसुधारश्च कुरवश्चैव सानुमान्

Niṣadha, Vasudhāra, Kaliṅga et l’auspicieux Triśikha ; de même Samūla, Vasudhāra (à nouveau) et Kurava avec Sānumān : tels sont les monts ou pays évoqués ici.

Verse 28

ताम्रातश्च विशालश्च कुमुदो वेणुर्वतः / एकशृङ्गो महाशैलो गजशैलः पिशाचकः

« Tāmrāta, Viśāla, Kumuda et Veṇurvata ; ainsi qu’Ekaśṛṅga, Mahāśaila, Gajaśaila et Piśācaka »—tels sont, parmi d’autres, les monts illustres de la sainte tradition géographique.

Verse 29

पञ्चशैलो ऽथ कैलासो हिमवांशचाचलोत्तमः / इत्येते देवचरिता उत्कटाः पर्वतोत्तमाः

Viennent ensuite Pañcaśaila, Kailāsa et Himavān, le plus éminent des monts. En vérité, ce sont des montagnes puissantes et sublimes, renommées comme demeures et retraites des dieux.

Verse 30

महाभद्रस्य सरसो दक्षिणे केसराचलः / शिखिवासश्च वैदूर्यः कपिलो गन्धमादनः

Au sud du lac Mahābhadra se dressent les monts Keśarācala, Śikhivāsa, Vaidūrya, Kapila et Gandhamādana.

Verse 31

जारुधिश्च सुगन्धिश्च श्रीशृङ्गश्चाचलोत्तमः / सुपार्श्वश्च सुपक्षश्च कङ्कः कपिल एव च

Il y a aussi Jārudhi et Sugandhi ; Śrīśṛṅga, la montagne d’exception ; de même Supārśva et Supakṣa ; ainsi que Kaṅka et Kapila.

Verse 32

पिञ्जरो भद्रशैलश्च सुरसश्च महाबलः / अञ्जनो मधुमांस्तद्वत् कुमुदो मुकुटस्तथा

Pinjara, Bhadraśaila, Surasa et Mahābala ; de même Añjana et Madhumān ; et encore Kumuda et Mukuṭa—eux aussi sont nommés parmi les grandes montagnes.

Verse 33

सहस्त्रशिखरश्चैव पाण्डुरः कृष्ण एव च / पारिजातो महाशैलस्तथैव कपिलोदकः

De même se trouvent Sahasraśikhara, ainsi que Pāṇḍura et Kṛṣṇa ; s’y tient Pārijāta, la grande montagne, et aussi Kapilodaka.

Verse 34

सुषेणः पुण्डरीकश्च महामेघस्तथैव च / एते पर्वतराजानः सिद्धगन्धर्वसेविताः

Suṣeṇa, Puṇḍarīka, et de même Mahāmegha : tels sont les rois souverains des montagnes, honorés et servis par les Siddhas et les Gandharvas.

Verse 35

असितोदस्य सरसः पश्चिमे केसराचलः / शङ्खकूटो ऽथ वृषभो हंसो नागस्तथा परः

À l’ouest du lac Asitoda se dresse le mont Kesarācala ; et l’on y trouve aussi les sommets nommés Śaṅkhakūṭa, Vṛṣabha, Haṃsa, ainsi que le haut Nāga.

Verse 36

कालाञ्जनः शुक्रशैलो नीलः कमल एव च / पुष्पकश्च सुमेघश्च वाराहो विरजास्तथा / मयूरः कपिलश्चैव महाकपिल एव च

Kālāñjana, Śukraśaila, Nīla et Kamala ; Puṣpaka et Sumegha ; Vārāha et Virajā ; et encore Mayūra, Kapila et Mahākapila — tous sont comptés parmi les monts illustres.

Verse 37

इत्येते देवगन्धर्वसिद्धसङ्घनिषेविताः / सरसो मानसस्येह उत्तरे केसराचलाः

Ainsi, ces monts Kesarācala, fréquentés par les troupes de devas, de gandharvas et de siddhas, se trouvent ici au nord du lac sacré Mānasa.

Verse 38

एतेषां शैलमुख्यानामन्तरेषु यथाक्रमम् / सन्ति चैवान्तरद्रोण्यः सरांसि च वनानि च

Entre ces principales chaînes de montagnes, selon l’ordre établi, se trouvent aussi des vallées intérieures, des lacs et des forêts.

Verse 39

वसन्ति तत्र मुनयः सिद्धाश्च ब्रह्मभाविताः / प्रसन्नाः शान्तरजसः सर्वदुः खविवर्जिताः

Là demeurent des sages et des êtres accomplis, l’esprit pénétré de Brahman. Sereins et lumineux de clarté, le rajas apaisé, ils sont entièrement délivrés de toute souffrance.

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Frequently Asked Questions

Jambū, Plakṣa, Śālmala, Kuśa, Krauñca, Śāka, and Puṣkara (the seventh), each encircled by an ocean and described as progressively larger.

Salt-water; sugarcane-juice; intoxicating liquor; ghee; curds; milk; and sweet (fresh) water—each ocean encircling a dvīpa in expanding order.

Meru is said to be 84,000 yojanas high, extending 16,000 yojanas below the earth, with a summit breadth of 32,000 yojanas and a base extent of 16,000 yojanas in every direction.

It is linked to the great jambū tree; its immense fruits and essence are said to generate the Jambūnadī, and the region’s identity is etiologically derived from that sacred tree.

The river’s essence is described as conferring steadiness and freedom from bodily decline; its dried riverbank mud becomes Jāmbūnada gold, fit for siddhas’ ornaments—marking the landscape as both sacral and transformative.