
Sanaka enseigne à Nārada la « procédure suprême » du Śrāddha. Le chapitre s’ouvre sur les observances de la veille (un seul repas, continence, dormir à même le sol, éviter voyage/colère/sexualité) et avertit d’un grave péché les invités qui transgressent la chasteté. Il définit ensuite le brāhmaṇa idéal, officiant ou récipiendaire : śrotriya, Viṣṇu-bhakta (dévot de Viṣṇu), versé dans la Smṛti et le Vedānta, compatissant ; et énumère les causes d’exclusion (difformités, moyens de subsistance impurs, conduite contraire au dharma, vente du Veda ou des mantras, etc.). Vient le temps juste : Kutapa l’après-midi (aparāhṇa), avec des règles précises pour kṣayāha, le chevauchement viddhā, le choix de tithi en kṣaya/vṛddhi et la parā-tithi. Suit la pratique rituelle : invitations aux Viśvedevas et aux Pitṛs, formes de maṇḍala, pādya/ācamanīya, dispersion de sésame, vases d’arghya, repères de mantras, culte, offrandes de havis et au feu (palm-homa en l’absence de feu), protocole du repas et silence, récitations (compte de Gāyatrī, Puruṣa Sūkta, Tri-madhu/Tri-suparṇa, Pāvamāna), piṇḍa, svasti-vācana, akṣayya-udaka, dakṣiṇā et mantras de congé. La conclusion propose des substituts en cas d’urgence et affirme une vision vaiṣṇava : tous les êtres et toutes les offrandes sont pénétrés par Viṣṇu ; un Śrāddha accompli selon la règle dissout les péchés et fait prospérer la lignée.
Verse 1
सनक उवाच । श्रृणुष्व मुनिशार्दूल श्राद्धस्य विधिमुत्तमम् । यच्छ्रुत्वा सर्वपापेभ्यो मुच्यते नात्र संशयः ॥ १ ॥
Sanaka dit : «Ô tigre parmi les sages, écoute la règle suprême du Śrāddha ; en l’entendant, on est délivré de tous les péchés — sans aucun doute.»
Verse 2
क्षयाहपूर्वदिवसे स्नात्वा चैकाशनो भवेत् । अधः शायी ब्रह्मचारी निशि विप्रान्निमंत्रयेत् ॥ २ ॥
La veille du kṣayāha, après s’être baigné, qu’on ne prenne qu’un seul repas; qu’on dorme à même le sol, qu’on observe le brahmacarya, et que, la nuit, on invite les brāhmaṇas à être honorés dans le rite.
Verse 3
दन्तधावनतांबूले तैलाभ्यंगं तथैव च । रत्योषधिपरान्नानि श्राद्धकर्त्ताविवर्जयेत् ॥ ३ ॥
Celui qui accomplit le Śrāddha doit s’abstenir de se brosser les dents et de mâcher le tāmbūla (bétel), ainsi que des onctions et massages d’huile; qu’il renonce aussi aux plaisirs sexuels, aux préparations médicinales et aux mets trop riches ou complaisants.
Verse 4
अध्वानं कलहं क्रोधं व्यवायं च धुरं तथा । श्राद्धकर्त्ता च भोक्ता च दिवास्वापं च वर्जयेत् ॥ ४ ॥
Qu’on évite le voyage, la querelle, la colère, l’union charnelle et le port de fardeaux; et que l’officiant du śrāddha comme celui qui en prend part s’abstiennent aussi de dormir le jour.
Verse 5
श्राद्धे निमंत्रितो यस्तु व्यवायं कुरुते यदि । ब्रह्महत्यामवाप्नोति नरकं चापि गच्छति ॥ ५ ॥
Si celui qui a été invité au Śrāddha s’adonne à l’union charnelle, il encourt un péché égal à la brahmahatyā (le meurtre d’un brāhmaṇa) et il va aussi en enfer.
Verse 6
श्राद्धे नियोजयेद्विप्रं श्रोत्रिय विष्णुतत्परम् । यथास्वाचारनिरतं प्रशांतं सत्कुलोद्भवम् ॥ ६ ॥
Dans le rite du śrāddha, qu’on choisisse un brāhmaṇa, śrotriya savant, voué à Viṣṇu, constant dans la juste conduite selon sa tradition, d’humeur paisible et issu d’une lignée honorable.
Verse 7
रागद्वेषविहीनं च पुराणार्थविशारदम् । त्रिमधुत्रिसुपर्णज्ञं सर्वभूतदयापरम् ॥ ७ ॥
Délivré de l’attachement et de l’aversion, expert du sens véritable des Purāṇa; connaissant les doctrines des «trois Madhu» et des «trois Suparṇa»; et voué à la compassion envers tous les êtres.
Verse 8
देवपूजारतं चैव स्मृतितत्त्वविशारदम् । वेदांततत्त्वसंपन्नं सर्वलोकहिते रतम् ॥ ८ ॥
Dévoué au culte des devas, profondément versé dans les principes des Smṛti; accompli dans les vérités du Vedānta; et sans cesse engagé pour le bien de tous les mondes.
Verse 9
कृतज्ञं गुणसंपन्नं गुरुशुश्रूषणे रतम् । परोपदेशनिरतं सच्छास्त्रकथनैस्तथा ॥ ९ ॥
Qu’il soit reconnaissant, pourvu de vertus, dévoué au service du guru; appliqué à instruire autrui, et pareillement engagé à exposer les śāstra véridiques et nobles.
Verse 10
एते नियोजितव्या वै श्राद्धे विप्रा मुनीश्वर । श्राद्धे वर्ज्याप्रवक्ष्यामि श्रृणु तान्मुसमाहितः ॥ १० ॥
«Ces brahmanes doivent assurément être désignés pour le Śrāddha, ô seigneur parmi les sages. À présent, je décrirai ceux qu’il faut éviter dans un Śrāddha : écoute avec une attention entière.»
Verse 11
न्पूनांगश्चाधिकांगश्च कदर्यो रोगितस्तथा । कुष्टी च कुनखी चैव लंबकर्णः क्षतव्रतः ॥ ११ ॥
Celui à qui manque un membre ou qui en a un de trop; l’avare; de même le malade; le lépreux; celui dont les ongles sont difformes; celui aux longues oreilles pendantes; et celui dont l’observance religieuse a été brisée—(en ce contexte, ils sont tenus pour inaptes).
Verse 12
नक्षत्रपाठजीवी च तथा च शवदाहकः । कुवादी परिर्वत्ता च तथा देवलकः खलः ॥ १२ ॥
Celui qui vit de la récitation des lectures de nakṣatra, celui qui brûle les cadavres, le disputeur pervers, le renégat qui change sans cesse de camp, et pareillement le devalaka qui sert les dieux pour salaire : un tel homme est un méchant.
Verse 13
निंदकोऽमर्षणो धूर्तस्तथैव ग्रामयाजकः । असच्छास्त्राभिनिरतः परान्ननिगतस्तथा ॥ १३ ॥
Le calomniateur, l’intolérant, le fourbe; de même le prêtre de village qui officie pour salaire; celui qui s’adonne à de faux traités, et encore celui qui vit dépendant de la nourriture d’autrui—tous doivent être tenus pour blâmables en matière de dharma.
Verse 14
वृषलीसूति पोष्टा च वृषलीपतिरेव च । कुंडश्च गोलकश्चैव ह्ययाज्यानां च याजकः ॥ १४ ॥
Sont aussi disqualifiés : le fils né d’une femme Śūdra (vṛṣalī), celui qui entretient de telles unions impropres, le mari d’une femme Śūdra ; de même le kuṇḍa et le golaka ; et le prêtre qui accomplit des sacrifices pour ceux qui n’y sont pas aptes.
Verse 15
दंभाचारो वृथामुंडी ह्यन्यस्त्रीधनतत्परः । विष्णुभक्तिविहीनश्च शिवभक्तिपराड्मुखः ॥ १५ ॥
Il se comporte avec hypocrisie ; il se rase la tête en vain, par simple ostentation ; il convoite la femme et les biens d’autrui ; il est dépourvu de bhakti envers Viṣṇu et s’est détourné de la bhakti envers Śiva.
Verse 16
वेदविक्रयिणश्चैव व्रतविक्रयिणस्तथा । स्मृतिविक्रयिणश्चैव मंत्रविक्रयिणस्तथा ॥ १६ ॥
De même, ceux qui vendent le Veda, ceux qui vendent les vœux sacrés (vrata), ceux qui vendent les Smṛtis et ceux qui vendent les mantras (formules sacrées) sont eux aussi condamnés.
Verse 17
गायकाः काव्यकर्त्तारो भिषक्छास्त्रोपजीविनः । वेदनिंदापरश्चैव ग्रामापण्यप्रदाहकः ॥ १७ ॥
Les chanteurs, les faiseurs de poésie, ceux qui vivent des sciences médicales, ceux qui s’adonnent à blasphémer le Veda, et celui qui met le feu au marché du village : tous sont comptés parmi les êtres réprouvés.
Verse 18
तथातिकामुकश्चैव रसविक्रयकारकः । कूटयुक्तिरतश्चैव श्राद्धे वर्ज्याः प्रयत्नतः ॥ १८ ॥
De même, l’homme dévoré de luxure, celui qui fait commerce de boissons enivrantes, et celui qui se plaît aux stratagèmes trompeurs : de tels gens doivent être soigneusement écartés lors du rite de śrāddha.
Verse 19
निंमत्रयीत पूर्वेद्युस्तस्मिन्नेव दिनेऽथवा । निमंत्रितो भवेद्विप्रो ब्रह्मचारी जितेंद्रियः ॥ १९ ॥
Qu’on adresse l’invitation la veille ou le jour même. Le brāhmane invité doit être un brahmacārī, maître de lui-même et vainqueur de ses sens.
Verse 20
श्राद्धे क्षणस्तु कर्त्तव्यः प्रसादश्चेति सत्तम । निमंत्रयेद्द्विजं प्राज्ञं दर्भपाणिर्जितेंद्रियः ॥ २० ॥
Ô le meilleur des vertueux, durant le śrāddha il faut observer l’instant rituel convenable et garder une disposition paisible et gracieuse. Les sens maîtrisés, la main tenant l’herbe darbha, qu’on invite un brāhmane sage.
Verse 21
ततः प्रातः समुत्थाय प्रातः कृत्यं समाप्य च । श्राद्धं समाचरेद्विद्वान्काले कुतपसंज्ञिते ॥ २१ ॥
Ensuite, se levantant à l’aube et ayant accompli les devoirs du matin prescrits, le savant doit célébrer le śrāddha au moment appelé Kutapa.
Verse 22
दिवसस्याष्टमे काले यदा मंदायते रविः । स कालः कुतपस्तत्र पितॄणां दत्तमक्षयम् ॥ २२ ॥
À la huitième portion du jour, lorsque l’ardeur et la puissance du Soleil commencent à s’adoucir, ce moment est nommé Kutapa ; les offrandes faites alors aux Pitṛ (ancêtres) portent un fruit impérissable.
Verse 23
अपराह्णः पितॄणां तु दत्तः कालः स्वयंभुवा । तत्काल एव दातव्यं कव्यं तस्माद्द्विजोत्तमैः ॥ २३ ॥
L’après-midi (aparāhṇa) a été fixé par Svayambhū (Brahmā) comme le temps qui revient aux Pitṛ. Ainsi, les meilleurs des deux-fois-nés doivent offrir le kavya—l’offrande aux ancêtres—précisément à cette heure.
Verse 24
यत्काव्यं दीयते द्वव्यैरकाले मुनिसत्तम । राक्षसं तद्धि विज्ञेयं पितॄणां नोपतिष्टति ॥ २४ ॥
Ô meilleur des sages, tout kavya (offrande de śrāddha) que les dvijas donnent à deux personnes en un temps impropre doit être reconnu comme « Rākṣasa » ; il ne parvient pas aux Pitṛ.
Verse 25
काव्यं प्रत्तं तु सायाह्ने राक्षसं तद्भवेदपि । दाता नरकमाप्नोति भोक्ता च नरकं व्रजेत् ॥ २५ ॥
Si le kavya est offert le soir, il devient lui aussi de nature « Rākṣasa ». Le donateur atteint l’enfer, et celui qui mange va également en enfer.
Verse 26
क्षयाहस्य तिथैर्विप्र यदि दंडमितिर्भवेत् । विद्धापराह्णि कायां तु श्राद्धं कार्यं विजानता ॥ २६ ॥
Ô brāhmaṇa, si, lors d’un jour de kṣayāha (perte de tithi), les tithis ne durent que la mesure d’un daṇḍa, alors celui qui connaît la règle doit accomplir le śrāddha l’après-midi, durant la portion viddhā (chevauchée).
Verse 27
क्षयाहस्य तिथिर्या तु ह्यपराह्णद्वये यदि । पूर्वा क्षये तु कर्त्तव्या वृद्वौ कार्या तथोत्तरा ॥ २७ ॥
Si, un jour de perte de tithi (kṣaya), le tithi concerné s’étend sur les deux périodes de l’après-midi, alors, en cas de perte, l’observance doit être accomplie pour le tithi antérieur ; mais en cas d’accroissement du tithi (vṛddhi), elle doit être accomplie pour le tithi ultérieur.
Verse 28
मुहूर्त्त द्वितये पूर्वदिने स्यादपरेऽहनि । तिथिः सायाह्नगा यत्र परा काव्यस्य विश्रुता ॥ २८ ॥
Lorsque, le jour précédent, le tithi (concerné) commence durant le second muhūrta, et que le lendemain ce tithi se prolonge jusqu’à la fin de l’après-midi—vers le soir, ce tithi est réputé dans la tradition comme le « parā » (supérieur) pour le rite.
Verse 29
किंचित्पूर्वदिने प्राहुर्मुहूर्त्तद्वितये सति । नैतन्मतं हि सर्वेषां काव्यदाने मुनीश्वर ॥ २९ ॥
Certains disent qu’il faut l’accomplir un peu plus tôt — le jour précédent, lorsque le second muhūrta est arrivé. Mais, ô seigneur parmi les sages, cet avis n’est pas admis par tous au sujet du don d’un kāvya (œuvre poétique).
Verse 30
निमंत्रितेषु विप्रेषु मिलितेषु द्विजोत्तम । प्रायश्चित्तविशुद्धात्मा तेभ्योऽनुज्ञां समाहरेत् ॥ ३० ॥
Lorsque les brāhmaṇas invités se sont assemblés, ô le meilleur des deux-fois-nés, l’officiant — l’âme purifiée par le rite d’expiation (prāyaścitta) — doit recueillir d’eux l’autorisation de clore l’observance.
Verse 31
श्राद्धार्थं समनुज्ञातो विप्रान्भूयो निमंत्रयेत् । उभौ च विश्वेदेवार्थं पित्रर्थं त्रीन्यथाविधि ॥ ३१ ॥
Après avoir obtenu l’autorisation pour le rite de Śrāddha, on doit inviter de nouveau les brāhmaṇas : deux pour les Viśvedevas et trois, selon la règle, pour les Pitṛs (ancêtres).
Verse 32
देवतार्थं च पित्रर्थमेकैकं वा निमंत्रयेत् । श्राद्धार्थं समनुज्ञातः कारयेन्मंडलद्वयम् ॥ ३२ ॥
Pour l’honneur des devas et pour l’honneur des Pitṛ (ancêtres), qu’on les invite—soit tous deux, soit chacun séparément. Ayant obtenu l’autorisation pour le rite de Śrāddha, qu’il fasse préparer deux maṇḍalas rituels.
Verse 33
चतुरस्त्रं ब्राह्मणस्य त्रिकोणं क्षत्रियस्य वै । वैश्यस्य वर्तुलं ज्ञेयं शूद्रस्याभ्याभ्युक्षणं भवेत् ॥ ३३ ॥
Le diagramme rituel du brāhmaṇa doit être quadrangulaire ; celui du kṣatriya, triangulaire. Celui du vaiśya est à connaître comme circulaire ; quant au śūdra, le rite s’accomplit par l’aspersion d’eau purificatrice.
Verse 34
ब्राह्मणानामभावे तु भ्रातरं पुत्रमेव च । आत्मानं वा नियुंजीत न विप्रं वेदवर्जितम् ॥ ३४ ॥
Mais s’il n’y a pas de brāhmaṇas qualifiés, on peut désigner son frère, voire son propre fils, ou bien soi-même. Toutefois, qu’on ne désigne pas un prétendu brāhmaṇa dépourvu du Veda.
Verse 35
प्रक्षाल्य विप्रपादांश्च ह्याचांनानुपवेश्य च । यथावदर्चनं कुर्यात्स्मरन्नारायणं प्रभुम् ॥ ३५ ॥
Après avoir lavé les pieds des brāhmaṇas et les avoir fait asseoir, après leur avoir offert l’ācamana (eau à siroter), qu’on accomplisse l’adoration selon la règle, en se souvenant de Nārāyaṇa, le Seigneur suprême.
Verse 36
ब्राह्मणानां तु मध्ये च द्वारदेशे तथैव च । अपहता इत्यृचा वै कर्त्ता तु विकिरेत्तिलान् ॥ ३६ ॥
Au milieu des brāhmaṇas, et de même au seuil de la porte, l’officiant doit répandre des graines de sésame en récitant le verset du Ṛgveda commençant par « apahatā… ».
Verse 37
यवैर्दर्भघैश्च विश्वेषां देवानामिदमासनम् । दत्त्वेति भूयो दद्यच्च दैवे क्षणप्रतीक्षणम् ॥ ३७ ॥
Avec des grains d’orge et des faisceaux d’herbe darbha, qu’on offre ce siège à tous les dieux en disant : « Ce siège est donné ». Puis, dans l’offrande divine, qu’on continue à donner encore et encore, à chaque instant.
Verse 38
अक्षय्यासनयोः षष्टी द्वितीयावाहने स्मृता । अन्नदाने चतुर्थी स्याच्छेषाः संपुद्धयः स्मृताः ॥ ३८ ॥
Pour le don impérissable (akṣayya) et le don du siège (āsana), le sixième jour lunaire (Ṣaṣṭhī) est prescrit ; pour le second véhicule (dvitīya-vāhana), on retient le deuxième jour (Dvitīyā). Pour le don de nourriture (anna-dāna), le quatrième jour (Caturthī) est recommandé. Les autres cas doivent être compris comme « saṃpuddhayaḥ », c’est-à-dire des purifications et accomplissements auspices complets, selon l’enseignement.
Verse 39
आसाद्य पात्रद्वितयं दर्भशाखासमन्वितम् । तत्पात्रे सेचयेत्तोयं शन्नोदेवीत्यृचा ततः ॥ ३९ ॥
Après avoir avancé deux récipients munis de brins d’herbe darbha, qu’on verse de l’eau dans ce récipient en récitant le verset du Ṛg-veda qui commence par « śaṃ no devī… ».
Verse 40
यवोसीति ति यवान् क्षित्प्वा गंधपुष्पे च वाग्यतः । आवाहयेत्ततो देवान्विश्वे देवास्स इत्यृचा ॥ ४० ॥
En récitant « yavosi », qu’on répande des grains d’orge ; puis—retenant la parole—qu’on offre parfums et fleurs. Ensuite, qu’on invoque les divinités par le verset du Ṛg-veda qui commence « viśve devāsaḥ ».
Verse 41
या दिव्या इति मंत्रेण दद्यादर्घ्यं समाहितः । गंधैश्च पत्रपुष्पैश्च धूपैर्दीपैर्यजेत्ततः ॥ ४१ ॥
L’esprit recueilli, qu’on offre l’arghya (l’offrande d’eau de respect) avec le mantra qui commence par « yā divyā ». Ensuite, qu’on rende le culte avec parfums, feuilles et fleurs, encens et lampes.
Verse 42
देवैश्च समनुज्ञातो यजेत्पितृगणांस्तथा । तिलसंयुक्तदर्भैश्च दद्यात्तेषां सदासनम् ॥ ४२ ॥
Ayant obtenu l’assentiment des devas, qu’on rende ensuite un culte selon le rite aux assemblées des Pitṛ (ancêtres) ; et, avec de l’herbe darbha mêlée de sésame, qu’on leur offre un siège convenable et sacré.
Verse 43
पात्राण्यासादयेत्त्रीणि ह्यर्घाथ पूर्ववद्द्विजः । शन्नोदेव्या जलं क्षिप्त्वा तिलोसीति तिलाक्षिपेत् ॥ ४३ ॥
Pour l’offrande d’arghya, le dvija (deux fois né) disposera trois récipients comme auparavant. En récitant « śaṃ no devyā… », il y versera l’eau ; puis, en disant « tilo ’si », il y jettera des graines de sésame.
Verse 44
उशन्त इत्यृचावाह्य पितॄन्विप्रः समाहितः । या दिव्या इति मंत्रेण दद्यादर्घ्यं च पूर्ववत् ॥ ४४ ॥
Après avoir invoqué les Pitṛ par le Ṛk commençant par « uśanta… », le brāhmane, l’esprit recueilli, offrira ensuite, avec le mantra « yā divyā… », l’arghya de la manière prescrite auparavant.
Verse 45
गंधैश्च पत्रपुष्पैश्च धूपैर्दीपैश्च सत्तम । वासोर्भिभूषणैश्वैव यथाविभवमर्चयेत् ॥ ४५ ॥
Ô le meilleur des vertueux, qu’on accomplisse l’adoration (arcana) selon ses moyens, en offrant parfums, feuilles et fleurs, encens et lampes, ainsi que vêtements et ornements.
Verse 46
ततोऽन्नाग्रं समादाय घृतयुक्तं विचक्षणः । अग्नौ करिष्य इत्युक्त्वा तेभ्योऽनुज्ञां समाहरेत् ॥ ४६ ॥
Ensuite, le sage, prenant la meilleure part de la nourriture mêlée de ghee, dira : «Je l’offrirai dans le feu». Après ces paroles, qu’il recueille leur permission.
Verse 47
करवै करवाणीति चापृष्टा ब्राह्मणा मुने । कुरुष्व क्रियतां वेति कुर्विति ब्रूयुरेव च ॥ ४७ ॥
Ô sage, lorsqu’on leur demandait : « Dois-je le faire ? » ou « Puis-je le faire accomplir ? », les brāhmaṇa répondaient assurément : « Fais-le », « Qu’il soit fait », ou simplement : « Fais ».
Verse 48
उपासनाग्निमाधाय स्वगृह्योक्तविधानतः । सामाय च पितृमते स्वधा नम इतीरयेत् ॥ ४८ ॥
Après avoir allumé le feu d’upāsanā selon la règle énoncée dans son propre Gṛhya-sūtra, lors du rite destiné aux Pitṛ, on doit prononcer le mantra : « svadhā, namaḥ ».
Verse 49
अग्नये कव्यवाहनाय स्वधा नम इतीह वा । स्वाहांतेनापि वा प्राज्ञो जुहुयात्पितृयज्ञवत् ॥ ४९ ॥
Ici, le sage doit offrir les oblations comme dans le pitṛyajña, en disant : « svadhā, namaḥ à Agni, porteur des offrandes aux Pitṛ », ou bien il peut aussi offrir en terminant par la formule « svāhā ».
Verse 50
आभ्यामेवाहुतिभ्यां तु पितॄणां तृप्तिरक्षया । अग्न्यभावे तु विप्रस्य पाणौ होमो विधीयते ॥ ५० ॥
En vérité, par ces deux oblations seules, les Pitṛ obtiennent une satisfaction inépuisable. Et lorsque le feu fait défaut, il est prescrit au brāhmaṇa d’accomplir le homa dans la paume de la main.
Verse 51
यथाचारं प्रकुर्वीत पाणावग्नौ च वा द्विज । नह्यग्निर्दूरगः कार्यः पार्वणे समुपस्थिते ॥ ५१ ॥
Ô deux-fois-né, accomplis le rite selon la juste coutume — soit avec le feu dans la main, soit avec le feu sacré. Quand le parvaṇa est arrivé, le feu ne doit pas être tenu loin ni apporté de loin.
Verse 52
संधायाग्निं ततः कार्यं कृत्वा तं विसृजेत्कृती । यद्याग्निर्दूरगो विप्र पार्वणे समुपस्थिते ॥ ५२ ॥
Après avoir allumé le feu sacré, le sage doit accomplir le rite prescrit, puis congédier le feu avec respect. Ô brāhmaṇa, si, au moment du rite de Parvaṇa, le feu se trouve au loin et n’est pas aisément disponible, c’est cette procédure qu’il convient de suivre.
Verse 53
भ्रातृभिः कारयेच्छ्राद्धं साग्निकैर्विधिवद्द्विजैः । क्षयाहे चैव संप्रात्पे स्वस्याग्निर्दूरगो यदि ॥ ५३ ॥
Si, lorsque vient le jour kṣaya-aha, jour du Śrāddha pour les ancêtres, son propre feu sacré se trouve au loin, qu’on fasse accomplir le Śrāddha par ses frères, par des brāhmaṇas « deux fois nés » qui entretiennent le feu (sāgnika), selon la règle.
Verse 54
तथैव भ्रातरस्तत्र लौकिकाग्नावपि स्थिताः । उपासनान्गौ दूरस्थे समीपेभ्रातरि स्थइते ॥ ५४ ॥
De même, les frères, là-bas, demeurèrent en place même auprès du feu ordinaire du foyer. Les observances auxiliaires du culte (upāsanā) furent disposées : certaines au loin, tandis que le frère le plus proche resta à son poste.
Verse 55
यद्यग्नौ जुहुयाद्वापि पाणौ वा स हि पातकी । उपासनाग्ना दूरस्थे केचिदिच्छंति वै द्विजाः ॥ ५५ ॥
Même si l’on versait des oblations dans le feu —ou même dans sa propre main—, une telle personne est véritablement pécheresse. Lorsque le feu destiné au culte quotidien (upāsanā-agni) est tenu au loin, certains « deux fois nés » désirent pourtant accomplir les rites de cette manière impropre.
Verse 56
तच्छेष विप्रपात्रेषु विकिरेत्संस्मरन्हरिम् । भक्ष्यैर्भोज्यैश्च लेह्यैश्च स्वाद्यैर्विप्रान्प्रपूजयत् ॥ ५६ ॥
En se souvenant de Hari, qu’on répartisse les offrandes restantes dans les récipients des brāhmaṇas, et qu’on honore aussi les brāhmaṇas avec des mets à mâcher, à manger, à lécher et à siroter.
Verse 57
अन्नत्यागं ततः कुर्य्यादुभयत्र समाहितः । आगच्छंतु महाभागाविश्वेदेवा महाबलाः ॥ ५७ ॥
Ensuite, l’esprit recueilli et attentif en ces deux points, il doit accomplir le rite de mise à part/offrande de la nourriture, en invoquant : «Que viennent ici les Viśvedevās, très fortunés et d’une grande puissance».
Verse 58
ये यत्र विहिताः श्राद्धे सावधानां भवंतु ते । इति संप्रार्थयेद्देवान्ये देवास ऋचा नु वै ॥ ५८ ॥
Lors du Śrāddha, il doit prier avec révérence : «Que les divinités prescrites pour chaque lieu et chaque rite soient ici, pleinement attentives». Ainsi, en vérité, on implore les dieux au moyen d’une ṛc, un verset védique sacré.
Verse 59
तथासंप्रार्थयद्विप्रान्ये च हेति ऋचा पितॄन् । अमूर्तानां मूर्तानां च पितॄणां दीप्ततेजसाम् ॥ ५९ ॥
Ainsi, il implora comme il se doit les sages brāhmaṇas, et il invoqua aussi les Pitṛs au moyen de la formule du Ṛg-veda « heti » : les ancêtres au rayonnement éclatant, sans forme comme avec forme.
Verse 60
नमस्यामि सदा तेषां ध्यानिनां योगचजक्षुषाम् । एवं पितॄन्नमस्कृत्य नारायण परायणः ॥ ६० ॥
Je me prosterne sans cesse devant ces méditants qui possèdent l’œil du yoga. Ainsi, après avoir rendu hommage aux Pitṛs, celui qui a Nārāyaṇa pour unique recours avance, le cœur unifié en Lui.
Verse 61
दत्तं हविश्च तत्कर्ण विष्णवे विनिवेदयेत् । ततस्ते ब्राह्मणाः सर्वे भुञ्जीरन्वाग्यता द्विजाः ॥ ६१ ॥
Après avoir donné le havis, il doit offrir formellement cette part sacrée au Seigneur Viṣṇu. Ensuite, tous ces brāhmaṇas — maîtres d’eux-mêmes et disciplinés dans la parole — doivent prendre le repas.
Verse 62
हसतो वदते कोऽपि राक्षघसं तद्भवेद्धविः । यथाचार प्रदेयं च मधुमांसादिकं तथा ॥ ६२ ॥
Si quelqu’un parle en riant, cela devient un havis, une offrande convenant aux Rākṣasas. C’est pourquoi l’on doit offrir selon l’ācāra, la règle de conduite établie; et de même, là où cela est prescrit, offrir aussi le miel, la viande et autres semblables.
Verse 63
पाकादिं च प्रशंसेरन् वाग्यता धृतभाजनाः । यदि पात्रं त्यजेत्कोऽपि ब्राह्मणः श्राद्धयोजितः ॥ ६३ ॥
Tenant leurs récipients et observant la retenue de la parole, ils doivent louer les offrandes cuites et autres. Si quelque brāhmane नियुक्तé pour le Śrāddha venait à abandonner (laisser) le récipient, alors…
Verse 64
श्राद्धहंता स विज्ञेयो नरकायोपपद्यते । भुंजानेषु च विप्रेषु ह्यन्योन्यं संस्पुशेद्यदि ॥ ६४ ॥
Qu’on le sache : il est un destructeur du Śrāddha, et il tombe en enfer. Et si, tandis que les brāhmanes mangent, ils se touchent les uns les autres, cela aussi devient une faute qui gâte le rite.
Verse 65
तदन्नमत्यजन्भुक्त्वा गायत्र्यष्टशतं जपेत् । भुज्यमानेषु विप्रेषु कर्त्ता श्रद्धापरायणः ॥ ६५ ॥
Après avoir mangé sans rejeter cette même nourriture, l’officiant doit réciter en japa le mantra Gāyatrī huit cents fois, demeurant voué à la śraddhā, tandis que l’on nourrit les brāhmanes.
Verse 66
स्मरेन्नारायणं देवमनंतमपराजितम् । रक्षोघ्नान्वैष्णवांश्चैव पैतृकांश्चविशेषतः ॥ ६६ ॥
Qu’on se souvienne du Seigneur Nārāyaṇa, le Dieu divin, infini et invaincu. Tout particulièrement, lors des rites protecteurs qui terrassent les rākṣasas, des observances vaiṣṇavas et des rites paitṛka pour les ancêtres, qu’on le garde présent au cœur.
Verse 67
जपेच्च पौरुषं सूक्तं नाचिकेतत्रयं तथा । त्रिमधु त्रिसुपर्णं च पावमानं यजूंषि च ॥ ६७ ॥
Qu’on récite aussi le Pauruṣa Sūkta; de même les trois formules Nāciketa, les passages Tri-madhu et Tri-suparṇa, ainsi que les hymnes Pāvamāna avec les mantras du Yajus.
Verse 68
सामान्यपितथोक्तानि वदेत्पुण्यप्रदां स्तथा । इतिहासपुराणानि धर्मशास्त्राणि चैव हि ॥ ६८ ॥
Qu’on enseigne les instructions générales proclamées par les ancêtres, car elles confèrent du mérite; et qu’on expose aussi les Itihāsa et les Purāṇa, ainsi que les Dharmaśāstra.
Verse 69
भुंजीरन्ब्रह्मणा यावत्तावदेताञ्जपेद्द्विज । ब्राह्मणेषु च भुक्तेषु विकिरं विक्षिपेत्तथा ॥ ६९ ॥
Ô deux-fois-né, tant que les brāhmaṇa mangent, qu’on récite ces mantras. Et lorsque les brāhmaṇa ont achevé leur repas, qu’on disperse aussi l’offrande rituelle (vikira) selon la règle.
Verse 70
शेषमन्नं वदेच्चैव मधुसूक्तं च वै जपेत् । स्वयं च पादौ प्रक्ाल्य सम्यगाचम्य नारद ॥ ७० ॥
Qu’on prononce aussi la formule sur la nourriture restante et qu’on récite le Madhu-sūkta. Puis, ô Nārada, après s’être lavé soi-même les pieds, qu’on accomplisse correctement l’ācamana.
Verse 71
आचांतेषु च विप्रेषु पिंडं निर्वापयेत्ततः । स्वस्तिवा चनकं कुर्यादक्षय्योदकमेव च ॥ ७१ ॥
Lorsque les brāhmaṇa ont accompli l’ācamana, qu’on dépose alors l’offrande de piṇḍa. Ensuite, qu’on fasse réciter la bénédiction auspicieuse (svasti-vācana) et qu’on accomplisse aussi le rite de l’offrande d’eau inépuisable (akṣayya-udaka).
Verse 72
दत्त्वा समाहितः कुर्यात्तथा विप्राभिवादनम् । अचालयित्वा पात्रं तु स्वस्ति कुर्वंति ये द्विजाः ॥ ७२ ॥
Après avoir fait le don, qu’on demeure recueilli et qu’on rende hommage avec respect aux brāhmaṇas. Sans déplacer le vase de l’offrande, les deux-fois-nés prononcent des paroles de bénédiction : « svasti ».
Verse 73
वत्सरं पितरस्तेषां भवंत्युच्छिष्टभोजिनः । दातारो नोऽभिवर्द्धंतामित्याद्यैः स्मृतिभाषितैः ॥ ७३ ॥
Pendant une année entière, les Pitṛ (esprits des ancêtres) de ces gens se nourrissent des restes (impurs), ainsi que l’énoncent les paroles du Smṛti commençant par : « Que nos donateurs prospèrent ».
Verse 74
आशीर्वचो लभेत्तेभ्यो नमस्कारं चरेत्ततः । दद्याच्च दक्षिणां शक्त्या तांबूलं गंधसंयुतम् ॥ ७४ ॥
Qu’on reçoive d’eux les paroles de bénédiction, puis qu’on se prosterne. Ensuite, selon ses moyens, qu’on donne la dakṣiṇā (honoraire) et qu’on offre le tāmbūla (bétel) accompagné de substances parfumées.
Verse 75
न्युब्जपात्रमथानीय स्वधाकारमुदीरयेत् । वाजेवाजे इति ऋचा पितॄन्देवान्विसर्जयेत् ॥ ७५ ॥
Ensuite, apportant le vase placé à l’envers, qu’on prononce la formule Svadhā ; et, par le verset du Ṛgveda commençant par « vāje-vāje », qu’on congédie selon le rite les Pitṛ et les Deva.
Verse 76
भोक्ता च श्राद्धकृत्तस्यां रजन्यां मैथुनं त्यजेत् । तथा स्वाध्यायमध्वानं प्रयत्नेन परित्यजेत् ॥ ७६ ॥
Cette nuit-là, tant celui qui prend le repas du śrāddha que celui qui accomplit le śrāddha doit s’abstenir de l’union charnelle ; de même, qu’ils s’appliquent à éviter le svādhyāya (récitation védique personnelle) et le voyage.
Verse 77
अध्वगश्चातुरश्चैव विहीनश्च धनैस्तथा । आमश्राद्धं प्रकुर्वीत हेम्ना वास्पृश्यभार्यकः ॥ ७७ ॥
Le voyageur, l’homme compétent, et même celui qui manque de biens doit accomplir un śrāddha d’urgence ; et, si besoin est, il peut le faire avec de l’or, ou du moins en touchant son épouse comme rite de substitution.
Verse 78
द्रव्याभावे द्विजाभावे ह्यन्नमात्रं च पाचयेत् । पैतृकेन तु सूक्तेन होमं कुर्याद्विचक्षणः ॥ ७८ ॥
Quand les objets rituels manquent, et même lorsqu’aucun brāhmaṇa (dvija) qualifié n’est disponible, qu’on fasse au moins cuire une nourriture simple ; et que l’homme avisé accomplisse le homa avec l’hymne védique des Ancêtres (paitṛka).
Verse 79
अत्यंत हव्यशून्यश्चैत्स्वशक्त्या तु तृणं गवाम् । स्नात्वा च विधिवद्विप्र कुर्याद्वा तिलतपर्णम् ॥ ७९ ॥
Si l’on est totalement dépourvu de tout ce qui convient à l’oblation (havya), alors, selon ses moyens—après s’être baigné selon la règle—ô brāhmaṇa, on peut à la place offrir de l’herbe aux vaches, ou accomplir un tarpaṇa avec sésame et eau.
Verse 80
अथवा रोदनं कुर्यादत्युच्चैर्विजने वने । दरिद्रोऽहं महापापी वदन्निति विचक्षणः ॥ ८० ॥
Ou bien, l’homme avisé doit pleurer très fort dans une forêt déserte, répétant sans cesse : «Je suis pauvre ; je suis un grand pécheur».
Verse 81
परेद्युः श्राद्धकृन्मर्त्यो यो न तर्पयते पितॄन् । तत्कुलं नाशमायाति ब्रह्महत्यां च विंदति ॥ ८१ ॥
Le mortel qui accomplit le śrāddha la veille mais n’offre pas le tarpaṇa aux Pitṛs, voit sa lignée aller à la ruine et contracte un péché équivalent à la brahmahatyā (meurtre d’un brāhmaṇa).
Verse 82
श्राद्धं कुर्वंति ये मर्त्याः श्रद्धावंतो मुनीश्वर । न तेषां संततिच्छेदः संपन्नास्ते भवंति च ॥ ८२ ॥
Ô seigneur parmi les sages, les mortels qui accomplissent le Śrāddha avec foi ne subissent pas de rupture de lignée ; et ils deviennent aussi prospères.
Verse 83
पितॄन्यंजति यें श्राद्धे तैस्तु विष्णुः प्रपूजितः । तस्मिंस्तुष्टे जगन्नाथे सर्वास्तुष्यंति देवताः ॥ ८३ ॥
Ceux qui, par le rite du śrāddha, contentent les Pitṛs (ancêtres), honorent ainsi Viṣṇu de la manière la plus éminente. Quand Jagannātha, Seigneur du monde, est satisfait, toutes les divinités le sont aussi.
Verse 84
पितरो देवताश्चैव गंधर्वाप्सरसस्तथा । यक्षाश्च सिद्धा मनुजा हरिरेव सनातनः ॥ ८४ ॥
Les Pitṛs (ancêtres), les dieux, les Gandharvas et les Apsaras, les Yakṣas, les Siddhas et les humains — en vérité, tous ne sont autres que Hari, l’Éternel.
Verse 85
येनेदमखिलं जातं जगत्स्थावरजंगमम् । तस्माद्दाता च भोक्ता च सर्वं विष्णुः सनातनः ॥ ८५ ॥
De Celui dont est né l’univers entier — l’immobile et le mobile —, ainsi Viṣṇu, l’Éternel, est tout : le Donateur et aussi le Récepteur, celui qui jouit de tout.
Verse 86
यदस्ति विप्र यन्नास्ति दृश्यं चादृश्यमेव च । सर्वं विष्णुमयं ज्ञेयं तस्मादन्यन्न विद्यते ॥ ८६ ॥
Ô brāhmane, ce qui est et ce qui n’est pas, le visible et l’invisible : sache que tout est pénétré de Viṣṇu ; ainsi, rien n’existe en dehors de Lui.
Verse 87
आधारभूतो विश्वस्य सर्वभूतात्मकोऽव्ययः । अनौपम्यस्वभावश्च भगवान्हव्यकव्यभुक् ॥ ८७ ॥
Il est le fondement de l’univers, le Soi intérieur impérissable de tous les êtres ; d’une nature sans égale est le Seigneur Bienheureux, celui qui reçoit et savoure les offrandes versées dans le feu sacré ainsi que les oblations destinées aux ancêtres.
Verse 88
परब्रह्माभिधेयो य एक एव जनार्दनः । कर्त्ता कारयिता चैव सर्वं विष्णुः सनातनः ॥ ८८ ॥
Celui qu’on désigne comme le Brahman suprême est l’unique Janārdana. Lui seul, Viṣṇu l’Éternel, est à la fois l’agent et celui qui fait agir ; tout est, en vérité, Viṣṇu.
Verse 89
इत्येवं ते मुनिश्रेष्ठ श्राद्धास्य विधिरुत्तमः । कथितः कुर्वतामेवं पापं सद्यो विलीयते ॥ ८९ ॥
Ainsi, ô meilleur des sages, la règle suprême de ce Śrāddha t’a été exposée. Pour ceux qui l’accomplissent de cette manière, le péché se dissout aussitôt.
Verse 90
य इदं पठते भक्त्या श्राद्धकाले द्विजोत्तमः । पितरस्तस्य तुष्यंति संततिश्चैव वर्द्धते ॥ ९० ॥
Ô le meilleur des deux-fois-nés, quiconque récite ceci avec dévotion au moment du Śrāddha, ses ancêtres en sont satisfaits et sa lignée, assurément, s’accroît.
The chapter states that Svayambhū (Brahmā) appoints aparāhṇa for Pitṛs; Kutapa is defined as the eighth division of the day when the sun’s intensity softens, and offerings made then become ‘imperishable’ (akṣayya) in result for the ancestors.
A śrāddha offering made at an improper time—especially in the evening or incorrectly timed to tithi—becomes ‘Rākṣasa’ (spoiled/inauspicious) and is said not to reach the Pitṛs, bringing negative consequences to both giver and eater.
It prioritizes a learned śrotriya devoted to Viṣṇu, steady in proper conduct, serene, from a reputable family, free from attachment/aversion, Purāṇa-aware, Smṛti-versed, Vedānta-accomplished, compassionate, grateful, and engaged in teaching and welfare.
It allows alternatives such as offering as homa into the palm (for a brāhmaṇa) when fire is unavailable, cooking simple food when materials/priests are lacking, offering sesame and water or grass for cows, and treating such acts as emergency śrāddha done according to one’s capacity.