
स्नानविधिः — गायत्र्यावाहन, सूर्यवन्दन, तर्पण, पञ्चमहायज्ञ, भस्मस्नान, मन्त्रस्नान
Nandī expose une séquence complète de purification quotidienne préparant l’aspirant au culte centré sur Śiva. Le rite s’ouvre par l’invocation de Gāyatrī (Veda-mātā) et l’offrande de pādya, ācamanīya et arghya, puis viennent prāṇāyāma et japa avec le praṇava selon des comptes gradués, avant une congé respectueux. Ensuite, le pratiquant accomplit le Sūrya-vandana avec des sūktas védiques et la circumambulation, puis procède au tarpana méthodique pour les devas, les ṛṣi et les pitṛ, en utilisant les substances prescrites (fleurs/eau, eau avec kuśa, eau avec tila) et en respectant les positions de l’upavīta ainsi que les indications de mudrā des doigts. Le texte présente le pañca-mahāyajña (brahma-, deva-, bhūta-, mānuṣya-, pitṛ-yajña), élève le brahma-yajña au rang suprême et avertit d’un démérite en cas de négligence. Il détaille le brahma-yajña-ācamanam et des touchers symboliques pour honorer les Veda, les Purāṇa, les Itihāsa et les Kalpa. Enfin, il prescrit le lavage externe, le bhasma-snana avec la cendre d’un homa accompli selon la règle, la consécration des membres par le pañcabrahma-mantra et le mantra-snana avec Āpo-hiṣṭhā et des mantras ṛk/yajus/sāman, concluant qu’une pratique même brève mais sincère mène à l’état suprême et fait le pont vers une sādhana śaiva plus profonde.
Verse 1
इति श्रीलिङ्गमहापुराणे पूर्वभागे स्नानविधिर्नाम पञ्चविंशो ऽध्यायः नन्द्युवाच आवाहयेत्ततो देवीं गायत्रीं वेदमातरम् आयातु वरदा देवीत्य् अनेनैव महेश्वरीम्
Ainsi, dans le Śrī Liṅga Mahāpurāṇa, dans le Pūrvabhāga, commence le vingt-cinquième chapitre intitulé « La procédure du bain rituel ». Nandī dit : « Alors, qu’on invoque la Déesse Gāyatrī, Mère des Veda, par cette formule même : “Que vienne la Déesse dispensatrice de dons, la Maheśvarī, la Grande Souveraine.” »
Verse 2
पाद्यमाचमनीयं च तस्याश्चार्घ्यं प्रदापयेत् प्राणायामत्रयं कृत्वा समासीनः स्थितो ऽपि वा
Qu’il offre l’eau pour laver les pieds (pādya) et l’eau de l’ācamanīya (gorgée purificatrice), puis qu’il présente l’arghya avec respect à ce Śiva-Liṅga. Après avoir accompli le prāṇāyāma en trois temps, il peut adorer, assis dans le recueillement ou même debout.
Verse 3
सहस्रं वा तदर्धं वा शतमष्टोत्तरं तु वा गायत्रीं प्रणवेनैव त्रिविधेष्वेकमाचरेत्
Qu’il accomplisse le japa de la Gāyatrī jointe au Pranava (Oṃ) : mille fois, ou la moitié, ou cent huit fois, en choisissant l’une de ces trois mesures. Par cette répétition disciplinée, le paśu (l’âme liée) est conduit vers la pureté et devient apte à recevoir la grâce de Pati (Śiva).
Verse 4
अर्घ्यं दत्त्वा समभ्यर्च्य प्रणम्य शिरसा स्वयम् उत्तमे शिखरे देवीत्य् उक्त्वोद्वास्य च मातरम्
Après avoir offert l’eau d’arghya, l’avoir honorée par l’adoration due et s’être incliné la tête, lui-même—disant : « Ô Devī, (demeure) sur ce sommet suprême »—renvoya ensuite, selon le rite, la Mère (udvāsa).
Verse 5
प्राच्यालोक्याभिवन्द्येशां गायत्रीं वेदमातरम् कृताञ्जलिपुटो भूत्वा प्रार्थयेद्भास्करं तथा
Tourné vers l’est, qu’il s’incline devant la vénérable Gāyatrī, Mère des Veda. Puis, les mains jointes en añjali, qu’il prie également Bhāskara (le Soleil), comme partie de la discipline qui purifie le paśu et le prépare au culte de Śiva.
Verse 6
उदुत्यं च तथा चित्रं जातवेदसमेव च अभिवन्द्य पुनः सूर्यं ब्रह्माणं च विधानतः
Après avoir récité selon la règle les hymnes « Ud utyam », « Citra » et « Jātavedas », qu’il offre de nouveau des salutations révérencieuses—conformément au rite—à Sūrya et à Brahmā. Ainsi, l’adorateur accorde l’observance védique extérieure à la discipline śaiva intérieure, préparant le paśu à s’approcher de Pati (Śiva) en desserrant le pasha (lien) de la négligence rituelle.
Verse 7
तथा सौराणि सूक्तानि ऋग्यजुःसामजानि च जप्त्वा प्रदक्षिणं पश्चात् त्रिः कृत्वा च विभावसोः
De même, après avoir récité les hymnes solaires et les mantras issus des Veda Ṛg, Yajus et Sāma, on accomplira la pradakṣiṇā ; puis l’on fera trois circumambulations autour du Feu sacré, Vibhāvasu (Agni).
Verse 8
आत्मानं चान्तरात्मानं परमात्मानमेव च अभिवन्द्य पुनः सूर्यं ब्रह्माणं च विभावसुम्
Après s’être d’abord incliné devant le Soi (Ātman), le Soi intérieur (Antarātman) et le Soi suprême (Paramātman), qu’il rende de nouveau hommage à Sūrya, à Brahmā et à Vibhāvasu (Agni), afin que le paśu (l’âme individuelle) s’accorde au Pati (Śiva) par une conscience purifiée et le rite védique.
Verse 9
मुनीन् पितॄन् यथान्यायं स्वनाम्नावाहयेत्ततः सर्वानावाहयामीति देवानावाह्य सर्वतः
Ensuite, selon la règle rituelle, qu’il invoque les munis et les Pitṛ par leurs noms respectifs. Puis, disant : « J’invoque tous », qu’il appelle les Deva de toutes les directions, établissant l’assemblée sacrée pour l’adoration de Śiva.
Verse 10
तर्पयेद्विधिना पश्चात् प्राङ्मुखो वा ह्युदङ्मुखः ध्यात्वा स्वरूपं तत्तत्त्वम् अभिवन्द्य यथाक्रमम्
Ensuite, tourné vers l’est ou vers le nord, qu’il accomplisse selon la règle le tarpaṇa (libations rituelles). Ayant médité sur Sa forme essentielle comme le principe même de la Réalité (Śiva-tattva), qu’il offre alors des salutations respectueuses selon l’ordre prescrit.
Verse 11
देवानां पुष्पतोयेन ऋषीणां तु कुशांभसा पितॄणां तिलतोयेन गन्धयुक्तेन सर्वतः
Pour les Deva, qu’on offre de l’eau mêlée de fleurs ; pour les Ṛṣi, de l’eau sanctifiée par l’herbe kuśa ; et pour les Pitṛ, de l’eau mêlée de sésame, partout accompagnée de parfum. Ainsi le culte s’accomplit, car toutes les offrandes, en vérité, se rassemblent en l’unique Seigneur, le Pati (Śiva), qui les reçoit par le rite juste.
Verse 12
यज्ञोपवीती देवानां निवीती ऋषितर्पणम् प्राचीनावीती विप्रेन्द्र पितॄणां तर्पयेत् क्रमात्
Portant le fil sacré (yajñopavīta) selon la manière upavīta, qu’on offre les libations (tarpaṇa) aux Devas ; selon la manière nivīta, qu’on accomplisse le tarpaṇa pour les Ṛṣis ; et selon la manière prācīnāvīta, ô meilleur des brahmanes, qu’on offre en ordre le tarpaṇa aux Pitṛs.
Verse 13
अङ्गुल्यग्रेण वै धीमांस् तर्पयेद्देवतर्पणम् ऋषीन् कनिष्ठाङ्गुलिना श्रोत्रियः सर्वसिद्धये
Le pratiquant intelligent, instruit dans le Veda, doit offrir le tarpaṇa aux Devas du bout des doigts ; et aux Ṛṣis avec l’auriculaire, afin que, dans la discipline du culte de Śiva, toute réussite spirituelle s’accomplisse.
Verse 14
पितॄंस्तु तर्पयेद् विद्वान् दक्षिणाङ्गुष्ठकेन तु तथैवं मुनिशार्दूल ब्रह्मयज्ञं यजेद् द्विजः
Le savant doit offrir le tarpaṇa aux Pitṛs avec le pouce droit. De même, ô tigre parmi les sages, le dvija doit accomplir le Brahma-yajña, soutenant la connaissance sacrée comme une offrande accordée au Seigneur Pati, qui délivre le paśu des liens du pāśa.
Verse 15
देवयज्ञं च मानुष्यं भूतयज्ञं तथैव च पितृयज्ञं च पूतात्मा यज्ञकर्मपरायणः
Purifié de cœur et ferme dans le devoir sacrificiel, il accomplit le Deva-yajña, les rites humains d’hospitalité, le Bhūta-yajña pour les êtres, et aussi le Pitṛ-yajña—soutenant ainsi le dharma et conduisant le paśu vers le Seigneur Pati, Śiva.
Verse 16
स्वशाखाध्ययनं विप्र ब्रह्मयज्ञ इति स्मृतः अग्नौ जुहोति यच्चान्नं देवयज्ञ इति स्मृतः
Ô brāhmane, l’étude de sa propre recension védique est tenue pour le Brahma-yajña. Et toute offrande de nourriture versée dans le feu sacré est tenue pour le Deva-yajña.
Verse 17
सर्वेषामेव भूतानां बलिदानं विधानतः भूतयज्ञ इति प्रोक्तो भूतिदः सर्वदेहिनाम्
L’offrande de bali à tous les êtres, selon la règle prescrite, est appelée Bhūta-yajña ; c’est l’acte sacré qui accorde bien-être et subsistance à toutes les âmes incarnées (paśu).
Verse 18
सदारान् सर्वतत्त्वज्ञान् ब्राह्मणान् वेदपारगान् प्रणम्य तेभ्यो यद्दत्तम् अन्नं मानुष उच्यते
La nourriture offerte—après s’être inclinée—aux brahmanes vivant avec leurs épouses, connaisseurs de tous les tattva et parvenus à l’autre rive des Veda, est déclarée don de catégorie « mānuṣa » (humaine).
Verse 19
पितॄन् उद्दिश्य यद्दत्तं पितृयज्ञः स उच्यते एवं पञ्च महायज्ञान् कुर्यात् सर्वार्थसिद्धये
Tout ce qui est offert en pensant aux Ancêtres (Pitṛ) est appelé Pitṛ-yajña. Ainsi, l’on doit accomplir les cinq grands sacrifices afin d’atteindre tous les buts : soutenir le dharma et purifier le paśu (l’âme liée) pour recevoir la grâce de Pati, le Seigneur Śiva.
Verse 20
सर्वेषां शृणु यज्ञानां ब्रह्मयज्ञः परः स्मृतः ब्रह्मयज्ञरतो मर्त्यो ब्रह्मलोके महीयते
Écoute au sujet de tous les sacrifices : le Brahma-yajña est tenu pour le plus élevé. Le mortel voué au Brahma-yajña est honoré dans le Brahma-loka, car la discipline du savoir sacré et de la récitation purifie le paśu (l’âme liée) et le tourne vers le Pati suprême.
Verse 21
ब्रह्मयज्ञेन तुष्यन्ति सर्वे देवाः सवासवाः ब्रह्मा च भगवान्विष्णुः शङ्करो नीललोहितः
Par le Brahma-yajña (l’offrande sacrée de l’étude et de la récitation védiques), tous les dieux—avec Indra—sont comblés ; de même Brahmā, le Seigneur Viṣṇu et Śaṅkara, le Rudra Nīlalohita aux teintes bleue et rouge. Ainsi, le Brahma-yajña devient un moyen d’harmoniser les divinités sous la souveraineté de Pati (Śiva), en desserrant le pāśa de la négligence du dharma chez le paśu (l’âme liée).
Verse 22
वेदाश् च पितरः सर्वे नात्र कार्या विचारणा ग्रामाद्बहिर्गतो भूत्वा ब्राह्मणो ब्रह्मयज्ञवित्
Les Veda et tous les Pitṛ sont assurément présents en ce lieu ; qu’aucun doute ne soit nourri. Ainsi, le brāhmane qui connaît le Brahma‑yajña doit sortir hors du village et accomplir la récitation sacrée, honorant le Veda comme le soutien même du dharma.
Verse 23
यावत् त्वदृष्टम् अभवद् उटजानां छदं नरः प्राच्यामुदीच्यां च तथा प्रागुदीच्यामथापि वा
Tant que l’homme n’avait pas encore aperçu les toits de chaume des huttes de feuilles des ascètes—à l’est, au nord, ou même au nord‑est—il poursuivait sa quête.
Verse 24
पुण्यमाचमनं कुर्याद् ब्रह्मयज्ञार्थमेव तत् प्रीत्यर्थं च ऋचां विप्राः त्रिः पीत्वा प्लाव्य प्लाव्य च
C’est uniquement pour le Brahma‑yajña qu’il faut accomplir l’ācamana purificateur. Et, ô brāhmanes, afin de réjouir les strophes ṛc du Veda, qu’on boive l’eau par trois gorgées, en rinçant la bouche encore et encore à chaque fois.
Verse 25
यजुषां परिमृज्यैवं द्विः प्रक्षाल्य च वारिणा प्रीत्यर्थं सामवेदानाम् उपस्पृश्य च मूर्धनि
Ainsi, après s’être essuyé selon le rite du Yajur‑Veda et s’être lavé deux fois avec de l’eau, pour la joie du Sāma‑Veda, qu’on touche de cette eau consacrée le sommet de la tête ; ainsi s’achève la purification intérieure et extérieure avant d’approcher l’adoration de Pati, le Seigneur Śiva.
Verse 26
स्पृशेदथर्ववेदानां नेत्रे चाङ्गिरसां तथा नासिके ब्राह्मणो ऽङ्गानां क्षाल्य क्षाल्य च वारिणा
Après avoir rincé à maintes reprises ses membres avec de l’eau, le brāhmane doit accomplir un nyāsa védique : toucher les yeux en y établissant l’Atharva‑Veda et, de même, invoquer la lignée d’Aṅgiras ; puis toucher le nez dans cette consécration des membres, afin de purifier les sens pour l’adoration de Śiva.
Verse 27
अष्टादशपुराणानां ब्रह्माद्यानां तथैव च तथा चोपपुराणानां सौरादीनां यथाक्रमम्
Selon l’ordre convenable (yathākramam), j’exposerai les dix-huit Mahāpurāṇa en commençant par le Brahma (Brahmādyāḥ) ; et de même les Upapurāṇa, les purāṇa secondaires, en commençant par le Saura, suivant la succession.
Verse 28
पुण्यानामितिहासानां शैवादीनां तथैव च श्रोत्रे स्पृशेद्धि तुष्ट्यर्थं हृद्देशं तु ततः स्पृशेत्
En entendant des récits sacrés et méritoires—surtout ceux de tradition śaiva—qu’on touche d’abord les oreilles pour la joie intérieure et l’accueil; puis qu’on touche la région du cœur, y établissant le dharma entendu, là où doit siéger la bhakti envers le Pati (Śiva).
Verse 29
कल्पादीनां तु सर्वेषां कल्पवित्कल्पवित्तमाः एवमाचम्य चास्तीर्य दर्भपिञ्जूलम् आत्मनः
Mais les meilleurs parmi ceux qui connaissent les kalpa—les plus experts en toutes les prescriptions rituelles—accomplissent ainsi l’ācamana (gorgée purificatrice) et étendent pour eux-mêmes une touffe d’herbe darbha, préparant le siège pour le rite d’adoration de Śiva.
Verse 30
कृत्वा पाणितले धीमान् आत्मनो दक्षिणोत्तरम् हेमाङ्गुलीयसंयुक्तो ब्रह्मबन्धयुतो ऽपि वा
Le fidèle avisé doit ordonner l’acte rituel sur ses propres paumes, droite et gauche selon l’ordre prescrit—paré d’un anneau d’or et, s’il le souhaite, portant aussi le lien sacré (brahma-bandha).
Verse 31
विधिवद्ब्रह्मयज्ञं च कुर्यात्सूत्री समाहितः अकृत्वा च मुनिः पञ्च महायज्ञान्द्विजोत्तमः
L’esprit recueilli, le Sūtrī (récitant de la tradition sacrée) doit accomplir selon la règle le Brahma-yajña. Ô le meilleur des deux-fois-nés, même un muni n’est pas tenu pour accompli dans son dharma s’il n’a pas réalisé les cinq grands sacrifices (pañca mahāyajña) : des devoirs qui purifient le paśu (l’âme liée) et l’orientent vers le Pati, le Seigneur Śiva.
Verse 32
भुक्त्वा च सूकराणां तु योनौ वै जायते नरः तस्मात्सर्वप्रयत्नेन कर्तव्याः शुभमिच्छता
Après avoir subi l’expérience karmique de tels actes, l’homme naît en vérité dans le ventre des porcs. C’est pourquoi celui qui recherche l’auspice—la délivrance du pāśa et la grâce du Pati, Śiva—doit, de tous ses efforts, n’accomplir que ce qui est bon, pur et conforme au dharma.
Verse 33
ब्रह्मयज्ञादथ स्नानं कृत्वादौ सर्वथात्मनः तीर्थं संगृह्य विधिवत् प्रविशेच्छिबिरं वशी
Après avoir accompli le Brahma-yajña, il doit d’abord se baigner, dans une pureté totale de soi. Puis, ayant recueilli selon la règle l’eau sacrée de tīrtha, l’homme maître de lui doit entrer, comme il convient, dans l’enceinte rituelle (le camp).
Verse 34
बहिरेव गृहात्पादौ हस्तौ प्रक्षाल्य वारिणा भस्मस्नानं ततः कुर्याद् विधिवद् देहशुद्धये
Hors de la maison, après s’être lavé les pieds et les mains avec de l’eau, il doit ensuite accomplir, selon le rite prescrit, le bhasma-snāna, le bain de cendre sacrée, pour purifier le corps, afin que le paśu incarné devienne apte au culte de Śiva.
Verse 35
शोध्य भस्म यथान्यायं प्रणवेनाग्निहोत्रजम् ज्योतिः सूर्य इति प्रातर् जुहुयादुदिते यतः
Après avoir purifié selon la règle la cendre sacrée issue de l’Agnihotra, au matin, lorsque le soleil se lève, il doit offrir les oblations avec le Pranava (Oṃ), en récitant le mantra : «Lumière—Soleil», car de Lui procède l’éclat qui s’élève.
Verse 36
ज्योतिरग्निस् तथा सायं सम्यक् चानुदिते मृषा तस्मादुदितहोमस्थं भसितं पावनं शुभम्
Le feu allumé à l’aube est le véritable feu sacré; le feu du soir, s’il n’est pas correctement établi, est incertain. Ainsi, la cendre issue de l’oblation de l’aube est purifiante et de bon augure, digne d’être portée dans le culte de Śiva comme signe du Pati qui délivre le paśu du pāśa.
Verse 37
नास्ति सत्यसमं यस्माद् असत्यं पातकं च यत् ईशानेन शिरोदेशं मुखं तत्पुरुषेण च
Puisque rien n’égale la vérité et que le mensonge est, en vérité, un péché grave, sachez qu’Īśāna préside à la région de la tête et que Tatpuruṣa préside au visage ; ainsi le Seigneur, le Pati (Śiva), gouverne les membres mêmes des êtres incarnés par Ses aspects cosmiques.
Verse 38
उरोदेशमघोरेण गुह्यं वामेन सुव्रताः सद्येन पादौ सर्वाङ्गं प्रणवेनाभिषेचयेत्
Ô dévots à la discipline pure, qu’on consacre (par l’abhiṣeka) la région de la poitrine avec le mantra Aghora, la partie secrète avec le mantra Vāma, les pieds avec le mantra Sadyojāta, et le corps tout entier avec le Praṇava (Oṁ).
Verse 39
ततः प्रक्षालयेत्पादं हस्तं ब्रह्मविदां वरः व्यपोह्य भस्म चादाय देवदेवमनुस्मरन्
Ensuite, le meilleur parmi les connaisseurs de Brahman doit laver ses pieds et ses mains ; puis, ayant écarté les impuretés et pris le bhasma (cendre sacrée), qu’il se souvienne du Dieu des dieux, Śiva.
Verse 40
मन्त्रस्नानं ततः कुर्याद् आपोहिष्ठादिभिः क्रमात् पुण्यैश्चैव तथा मन्त्रैर् ऋग्यजुःसामसंभवैः
Ensuite, qu’on accomplisse le bain de mantras (mantra-snāna) selon l’ordre prescrit, en commençant par l’hymne « Āpo hi ṣṭhā… », et de même avec d’autres mantras auspicieux issus des Veda Ṛg, Yajur et Sāma—afin que l’adorateur soit purifié rituellement et intérieurement pour l’adoration du Pati, le Seigneur Śiva.
Verse 41
द्विजानां तु हितायैवं कथितं स्नानमद्य ते संक्षिप्य यः सकृत्कुर्यात् स याति परमं पदम्
Ainsi, pour le bien des dvija (les « deux-fois-nés »), cette discipline sacrée du bain vous a été enseignée aujourd’hui. Quiconque l’accomplit ne fût-ce qu’une seule fois—selon cet enseignement concis—atteint la Demeure suprême (parama pada), l’état du Pati, le Seigneur Śiva.
Gayatri invocation with offerings → pranayama and Om-based japa → arghya and respectful closure → Surya-vandana with Vedic suktas and pradakshina → tarpana to devas/rishis/pitrs → Pancha Mahayajna (with Brahma Yajna highlighted) → external washing → bhasma-snana → Panchabrahma-mantra limb consecration → mantra-snana (Apo-hishtha, etc.).
By substances (flowers/water for devas, kuśa-water for ṛṣis, tila-water with fragrance for pitṛs), by upavīta orientation (yajñopavītī/nivītī/prācīnāvītī), and by finger usage (deva with fingertip, ṛṣi with little finger, pitṛ with right thumb).
Brahma-yajña (study/recitation of one’s Vedic śākhā), Deva-yajña (offerings into fire), Bhūta-yajña (bali for beings), Mānuṣya-yajña (feeding/serving learned brāhmaṇas and guests), Pitṛ-yajña (offerings dedicated to ancestors).
They ritually consecrate body-parts: Īśāna for head, Tatpuruṣa for face, Aghora for chest, Vāma for the hidden/secret region, Sadyojāta for feet, with praṇava (Om) pervading all—turning bathing into Shaiva sacralization.