Adhyaya 35
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Adhyaya 35

व्यासशिष्योत्पत्तिवर्णन (Origins/Enumeration of Vyāsa’s Disciplic Succession) — Chapter on Vedic Transmission Lineages

Cet adhyāya, rapporté par Sūta, se présente comme un catalogue très dense de la transmission védique (paramparā) et de la formation des recensions et des saṃhitā. Il met en avant des brahmanes savants qui composent ou transmettent plusieurs saṃhitā, énumèrent leurs disciples et décrivent les ramifications maître→disciple. Son cœur informatif est une généalogie intellectuelle : il consigne comment les corpus védiques—surtout ceux du Yajurveda—sont systématisés en de nombreuses formes de saṃhitā, et comment apparaissent des regroupements régionaux tels qu’Udīcya, Madhyadeśya et Prācya. Un fil marquant est la classification des traditions Yajus et la mention de Yājñavalkya dans un contexte de séparation ou d’exception, signe d’une rupture ou d’une reconfiguration mémorisée de la transmission. La question des ṛṣi sur les « Caraka Adhvaryu » entraîne une explication étiologique : pourquoi certains officiants rituels devinrent caraka (itinérants) et dans quelles circonstances, en reliant la géographie—comme la région du Meru—à l’identité du savant-ritualiste. Dans l’ensemble, le chapitre sert de carte du savoir : qui détenait quelle saṃhitā, combien de variantes existaient et comment les écoles se situaient socialement et régionalement.

Shlokas

Verse 1

इति श्रीब्रह्माण्डे महापुराणे वायुप्रोक्ते पूर्वभागे द्वितीये ऽनुषङ्गपादे व्यासशिष्योत्पत्तिवर्णनं नाम चतुस्त्रिंशत्तमो ऽध्यायः सूत उवाच देवमित्रश्च शाकल्यो महात्मा द्विजपुङ्गवः / चकार संहिताः पञ्च बुद्धिमान्वेदवित्तमः

Ainsi, dans le Śrī Brahmāṇḍa Mahāpurāṇa, dans la première partie enseignée par Vāyu, au second Anuṣaṅgapāda, se trouve le trente-quatrième chapitre intitulé « Description de l’apparition des disciples de Vyāsa ». Sūta dit : Devamitra et Śākalya, grande âme, le plus éminent des dvija, sage et excellent connaisseur des Veda, composa cinq saṃhitā.

Verse 2

पञ्च तस्याभवञ्छिष्या मुद्गलो गोखलस्तथा / खलीयान्सुतपा वत्सः शैशिरेयश्च पञ्चमः

Il eut cinq disciples : Mudgala, Gokhala, Khalīyān, Sutapā, Vatsa, et le cinquième, Śaiśireya.

Verse 3

प्रोवाच संहितास्तिस्रः शाको वैणो रथीतरः / निरुक्तं च पुनश्चक्रे चतुर्थं द्विजसत्तमः

Le plus éminent des brahmanes, Śāka Vaina Rathītara, récita trois saṃhitā ; puis il recomposa le Nirukta comme le quatrième.

Verse 4

तस्य शिष्यास्तु चत्वारः पैलश्चेक्षलकस्तथा / धीमाञ्छ तबलाकश्च गजश्चैव द्विजोत्तमाः

Il eut quatre disciples : Paila, Ikṣalaka, le sage Tabalāka et Gaja ; tous étaient des brahmanes d’élite.

Verse 5

बाष्कलिस्तु भरद्वाजस्तिस्रः प्रोवाच संहिताः / त्रयस्तस्याभवञ्च्छिष्या महात्मानो गुणान्विताः

Bāṣkali, de la lignée de Bhāradvāja, récita trois saṃhitā ; il eut trois disciples, grandes âmes dotées de vertus.

Verse 6

धीमांश्च त्वापनापश्च पान्नगारिश्च बुद्धिमान् / तृतीयश्चार्जवस्ते च तपसा शंसितव्रताः

Dhīmān, Āpanāpa, le sage Pānna-gāri et le troisième, Ārjava : tous observaient des vœux, loués pour leur ascèse.

Verse 7

वीतरागा महातेजाः संहिताज्ञानपारगाः / इत्येते बहूवृचाः प्रोक्ताः संहिता यैः प्रवर्तिताः

Ils étaient détachés, d’un grand éclat, et parvenus au terme du savoir des saṃhitā ; ainsi les nomma-t-on Bahūvṛca, car par eux les saṃhitā furent mises en circulation.

Verse 8

वैशंपायनशिष्यो ऽसौ यजुर्वेदमकल्पयत् / षडशीतिस्तु तेनोक्ताः संहिता यजुषां शुभाः

Ce disciple de Vaiśaṃpāyana composa et ordonna selon la règle le Yajurveda. Il énonça quatre-vingt-six Saṃhitā des Yajus, toutes de bon augure.

Verse 9

शिष्येभ्यः प्रददौ ताश्च जगूहुस्ते विधानतः / एकस्तत्र परित्यक्तो या५वल्क्यो महातपाः

Il remit ces Saṃhitā à ses disciples, et ils les reçurent selon la règle. Là, seul Yājñavalkya, grand ascète, fut écarté.

Verse 10

षडशीतिस्तथा शिष्याः संहितानां विकल्पकाः / सर्वेषामेव तेषां वै त्रिधा भेदाः प्रकीर्त्तिताः

De même, quatre-vingt-six disciples établirent des variantes des Saṃhitā. Pour eux tous, on a proclamé trois sortes de distinctions.

Verse 11

त्रिधा भेदास्तु ते वेदभेदे ऽस्मिन्नवमे शुभे / उदीच्या मध्यदेश्याश्च प्राच्यश्चैव पृथग्विधाः

Dans cette neuvième division védique, bénie, ces distinctions sont triples : Udīcya, Madhyadeśya et Prācya, chacune selon sa manière propre.

Verse 12

श्यामायनिरुदीच्यानां प्रधानः संबभूव ह / मध्यदेशप्रतिष्ठाता चासुरिः प्रथमः स्मृतः

Parmi les Udīcya, Śyāmāyani devint le principal. Et Āsuri, qui établit la lignée au Madhyadeśa, est tenu pour le premier.

Verse 13

आलंबिरादिः प्राच्यानां त्रयोदेश्यादयस्तु ते / इत्येते चरकाः प्रोक्ताः संहिता वादिनो द्विजाः

Parmi les gens de l’Orient se trouvaient Ālaṃbira et d’autres, ainsi que Trayodeśya et d’autres ; ceux-là furent dits « Caraka », dvija qui proclament la Saṃhitā.

Verse 14

ऋषय ऊचुः चरकाध्वर्यवः केन कारणं ब्रूहि तत्त्वतः / किं चीर्णं कस्य वा हेतोश्चरकत्वं हि भेजिरे

Les ṛṣi dirent : « Ô Sūta, dis-nous en vérité pour quelle raison les adhvaryu devinrent Caraka. Quelle observance accomplirent-ils, ou pour quel motif embrassèrent-ils l’état de Caraka ? »

Verse 15

सूत उवाच कार्यमासीदृषीणां च किञ्चिद्ब्राह्मणसत्तमाः / मेरुपृष्ठं समासाद्य तैस्तदा त्विति मन्त्रितम्

Sūta dit : « Ô brahmanes éminents, les ṛṣi avaient une tâche à accomplir. Parvenus au flanc du mont Meru, ils délibérèrent alors entre eux en disant : “tv”, ainsi. »

Verse 16

यो वात्र सप्तरात्रेण नागच्छेद्द्विजसत्तमः / स कुर्याद्ब्रह्महत्यां वै समयो नः प्रकीर्तितः

Celui qui, fût-il un dvija éminent, ne vient pas ici dans le délai de sept nuits, commettra assurément le péché de brahmahatyā ; tel est le terme que nous avons proclamé.

Verse 17

ततस्ते सगणाः सर्वे वैशंपायनवर्जिताः / प्रययुः सप्तरात्रेण यत्र संधिः कृतो ऽभवत्

Alors tous, avec leurs compagnons et à l’exception de Vaiśaṃpāyana, partirent en sept nuits vers le lieu où l’accord avait été conclu.

Verse 18

ब्रह्मणानां तु वचनाद्ब्रह्महत्यां चकार सः / शिष्यानथ समानीय स वैशंपायनो ऽब्रवीत्

Sur l’injonction des brahmanes, il accepta l’expiation du péché de brahmahatyā. Puis, rassemblant ses disciples, Vaiśampāyana déclara.

Verse 19

ब्रह्महत्यां चरध्वं वै मत्कृते द्विजसत्तमाः / सर्वे यूयं समागम्य ब्रूत कामं हितं वचः

Ô meilleurs des dvija, pour moi accomplissez l’expiation de la brahmahatyā. Réunissez-vous tous et dites, selon votre désir, une parole salutaire.

Verse 20

याज्ञवल्क्य उवाच अहमेकश्चरिष्यामि तिष्ठन्तु मुनयस्त्विमे / बलेनोत्थापयिष्यामि तपसा स्वेन भावितः

Yājñavalkya dit : «Moi seul j’accomplirai cette expiation ; que ces munis demeurent ici. Affermi par mon propre tapas, je la porterai par ma force.»

Verse 21

एव मुक्तस्ततः क्रुद्धो या५वल्क्यम थात्यजत् / उवाच यत्त्वयाधीतं सर्वं प्रत्यर्पयस्व मे

À ces mots, il se mit en colère, rejeta Yājñavalkya et dit : «Rends-moi tout ce que tu as appris.»

Verse 22

एवमुक्तः सरूपाणि यजूंषि गुरवे ददौ / रुधिरेण तथाक्तानि च्छर्दित्वा ब्रह्मवित्तमाः

Ainsi sommé, il rendit au maître les formules du Yajus dans leur forme entière ; et les disciples, suprêmes connaisseurs de Brahman, les rejetèrent en les vomissant mêlées de sang pour les restituer.

Verse 23

ततः स ध्यानमास्थाय सर्यमाराधयद्द्विजः / सूर्ये ब्रह्म यदुत्पन्नं तं गत्वा प्रतितिष्ठति

Alors le dvija, établi dans la méditation, adora le dieu Sūrya. Ayant atteint le Brahman né dans le Soleil, il s’y établit fermement.

Verse 24

ततो यानि गतान्यूर्ध्वं यजूष्यादित्यमडलम् / तानि तस्मै ददौ तुष्टः सूर्यो वै ब्रह्मरातये

Puis, les hymnes du Yajus qui s’étaient élevés au-dessus du disque d’Āditya, Sūrya, satisfait, les donna à Brahmarati.

Verse 25

अश्वरूपाय मार्त्तण्डो याज्ञवक्ल्याय धीमते / यजूंष्यधीयते तानि ब्राह्मणा येन केनचित्

Mārtaṇḍa, le Soleil, prenant la forme d’un cheval, remit ces hymnes du Yajus au sage Yājñavalkya, que les brahmanes étudient et récitent.

Verse 26

अश्वरूपाय दत्तानि ततस्ते वाजिनो ऽमवन् / ब्रह्महत्या तु यैश्चीर्णा चरणाच्चरकाः स्मृताः

Donnés à la forme de cheval, ces Vājin (branches de récitation) furent préservés. Et ceux qui accomplirent l’expiation du péché de brahmahatyā furent tenus pour des « Caraka » selon le caraṇa.

Verse 27

वैशंपायनशिष्यास्ते चरकाः समुदाहृताः / इत्येते चरकाः प्रोक्ता वाजिनस्तु निबोधत

Ces Caraka furent déclarés disciples de Vaiśampāyana. Ainsi sont-ils appelés « Caraka » ; maintenant, comprends aussi ce que sont les Vājin.

Verse 28

या५वल्क्यस्य शिष्यास्ते कण्वो बौधेय एव च / मध्यन्दिनस्तु सापत्यो वैधेयश्चाद्धबौद्धकौ

Les disciples de Yājñavalkya furent Kaṇva et Baudheya; ainsi que Madhyandina, Sāpatya, Vaidheya et les Adhabauddhaka.

Verse 29

तापनीयश्च वत्साश्च तथा जाबालकेवलौ / आवटी च तथा पुण्ड्रो वैणोयः सपराशरः

Tāpanīya et les Vatsa; de même les deux Jābālaka; puis Āvaṭī, Puṇḍra, Vaiṇoya, avec Parāśara.

Verse 30

इत्येते वाजिनः प्रोक्ता दशपञ्च च सत्तमाः / शतमेकाधिकं ज्ञेयं यजुषां ये विकल्पकाः

Ainsi furent énoncés ces Vājina (branches) : quinze et sept, soit vingt-deux; et les variantes du Yajus doivent être connues au nombre de cent une.

Verse 31

पुत्रमध्यापयामास सुमन्तुमथ जैमिनिः / सुमन्तुश्चापि सुत्वानं पुत्रमध्यापयत्पुनः

Jaimini enseigna à son fils Sumantu; et Sumantu, à son tour, enseigna de nouveau à son fils Sutvān.

Verse 32

सुकर्माणं ततः सुन्वान्पुत्रमध्यापयत्पुनः / स सहस्रमधीत्याशु सुकर्माप्यथ संहिताः

Puis Sunvān enseigna à son fils Sukarmā; et Sukarmā, après avoir vite étudié mille (leçons), acquit aussi les Saṃhitā.

Verse 33

प्रोवाचाथ सहस्रस्य सुकर्मा सूर्यवर्चसः / अनध्यायेष्वधीयानांस्तञ्जघान शतक्रतुः

Alors Sukarmā, resplendissant comme le soleil parmi les mille, parla; et ceux qui étudiaient même au temps d’anadhyāya furent frappés par Śatakratu (Indra).

Verse 34

प्रायोपवेशमकरोत्ततो ऽसौ शिष्यकारमात् / क्रुद्धं दृष्ट्वा ततः शक्रोवरं सो ऽथ पुनर्ददौ

Ensuite, à cause du disciple, il entreprit le prāyopaveśa; le voyant courroucé, Śakra (Indra) lui accorda de nouveau une grâce.

Verse 35

भविष्यतो महावीर्यौं शिष्यौ ते ऽतुलवर्चसौ / अधीयातां महाप्राज्ञौ सहस्रं संहिता उभौ

À l’avenir, tu auras deux disciples d’une grande vaillance et d’un éclat sans égal; tous deux, très sages, étudieront mille saṃhitā.

Verse 36

एते सुरा महाभागाः संक्रुद्धा द्विजसत्तम / इत्युक्त्वा वासवः श्रीमान्सुकर्माणं यशस्विनम्

Ô meilleur des dvija, ces dieux fortunés sont grandement courroucés; ainsi parla le glorieux Vāsava (Indra) au renommé Sukarmā.

Verse 37

शान्तक्रोधं द्विजं दृष्ट्वा क्षिप्रमन्तर धात्प्रभुः / तस्य शिष्यो ऽभवद्धीमान् पौष्यञ्जिर्द्विजसत्तमाः

Voyant le dvija l’ire apaisée, le Seigneur disparut aussitôt; et son disciple devint le sage Pauṣyañji, ô meilleur des dvija.

Verse 38

हिरण्यनाभः कौशल्यो द्वितीयो ऽभून्नराधिपः / अध्यापयत पौष्याञ्जिः सहस्रार्द्धं तुसंहिताः

Hiraṇyanābha, du pays de Kosala, devint le second souverain. Pausyāñji enseigna à ses disciples cinq cents (la moitié de mille) sections de la sainte Tu-saṃhitā.

Verse 39

ते नाम्नोदीच्यसामानः शिष्याः पौष्यञ्जिनः शुभाः / सत्त्वानि पञ्च कौशिल्यः संहिताना मधीतवान्

Ces disciples bénis de Pausyāñji étaient connus sous le nom d’Udīcyasāmāna. Kauśilya étudia les cinq ‘sattva’ (noyaux essentiels) des saṃhitā.

Verse 40

शिष्या हिरण्यनाभस्य स्मृतास्तु प्राच्यसामगाः / लौगाक्षिः कुशुमिश्चैव कुशीदिर्लाङ्गलिस्तथा / पौष्यञ्जि शिष्याश्चत्वारस्तेषां भेदान्निबोधत

Les disciples d’Hiraṇyanābha furent rappelés comme des Prācyasāmaga : Laugākṣi, Kuśumi, Kuśīdi et Lāṅgali. Pausyāñji eut aussi quatre disciples ; comprenez les distinctions de leurs lignées.

Verse 41

नाडायनीयः सहतण्डिपुत्रस्तस्मादनोवैननामा सुविद्वान् / सकोतिपुत्रः सुसहाः सुनामा चैतान्भेदान्वित्तलौगाक्षिणस्तु

Les ramifications de la lignée de Laugākṣi sont : Nāḍāyanīya, fils de Sahataṇḍi ; de lui vint Anovaina, savant accompli ; puis le fils de Sakoti ; ainsi que Susahā et Sunāmā. Telles sont les divisions de Laugākṣi.

Verse 42

त्रयस्तु कुशुमेः शिष्या औरसः स पराशरः

Kuśumi eut trois disciples ; parmi eux, Parāśara était son fils de sang (aurasa).

Verse 43

नाभिर्वित्तस्तु तेजस्वी त्रिविधा कौशुमाः स्मृताः / शौरिषुः शृङ्गिपुत्रश्च द्वावेतौ तु चिरव्रतौ

Nabhirvitta était un ṛṣi plein d’éclat; on se souvient que la lignée Kauśuma comporte trois divisions. Śauriṣu et Śṛṅgiputra—tous deux observaient des vœux de longue durée.

Verse 44

राणायनीयिः सौमित्रिः सामवेदविशारदौ / प्रोवाच संहितास्ति स्रः शृङ्गिपुत्रौ महात्पाः

Rāṇāyanīyi et Saumitri—tous deux étaient experts du Sāmaveda. Ces grands êtres, les Śṛṅgiputra, exposèrent les saṃhitā-s.

Verse 45

वैनः प्राजीनयोगश्च सुरालश्च द्विजौत्तमः / प्रोवाच संहिताः षट्तु पाराशर्यस्तु कौथुमः

Vaina, Prājīnayoga et Surāla—étaient des dvija d’élite. Pārāśarya Kauthuma exposa six saṃhitā-s.

Verse 46

आसुरायणवैशाख्यौ वेदवृद्धपरायणौ / प्राचीनयोगपुत्रश्च बुद्धिमांश्च पतञ्जलिः

Āsurāyaṇa et Vaiśākhya—tous deux étaient dévoués aux anciens du Veda. Et il y avait aussi Patañjali le sage, fils de Prācīnayoga.

Verse 47

कौथुमस्य तु भेदाश्च पाराशर्यस्य पट् समृताः / लाङ्गलः शालिहोत्रश्च षडुवाचाथ संहिताः

On se souvient des divisions de Kauthuma, et de six aussi pour Pārāśarya. Puis Lāṅgala et Śālihotra exposèrent six saṃhitā-s.

Verse 48

हालिनिर्ज्यामहानिश्च जैमिनिर्लोमगायनिः / कण्डुश्च कोहलश्चैव षडे ते लाङ्गलाः स्मृताः

Hālinirjyā, Mahāniśca, Jaimini, Lomagāyani, Kaṇḍu et Kohala : ces six sont tenus en mémoire comme les ‘Lāṅgala’.

Verse 49

एते लाङ्गलिनः शिष्याः संहिता यैः प्रवर्त्तिताः / एको हिरण्यनाभस्य कृतः शिष्यो नृपात्मजः

Ce sont les disciples de Lāṅgali, par qui les Saṃhitā furent mises en circulation ; parmi eux, un fils de roi fut établi comme disciple d’Hiraṇyanābha.

Verse 50

सो ऽकरोत्तु चतुर्विशसंहिता द्विपदां वरः / प्रोवाच चैव शिष्येभ्यो येभ्यस्ताश्च निबोधत

Cet homme éminent composa vingt-quatre Saṃhitā ; et quant aux disciples à qui il les enseigna, sachez-le également.

Verse 51

राडिश्च राडवीयश्च पञ्जमौ वाहनस्तथा / तलको माण्डुकश्चैव कालिको राजिकंस्तथा

Rāḍi, Rāḍavīya, Pañjama, Vāhana, Talaka, Māṇḍuka, Kālika et Rājika : ces noms aussi sont énumérés (parmi les disciples).

Verse 52

गौतमश्चाजबस्तश्च सोमराजायनस्ततः / पुष्टिश्च परिकृष्टश्च उलूखलक एव च

Puis sont encore cités Gautama, Ājabasta, Somarājāyana, Puṣṭi, Parikṛṣṭa et Ulūkhalaka (parmi les disciples).

Verse 53

यवीयसस्तु वै शालीरङ्गुलीयश्च कौशिकः / शालिमञ्जरिपाकश्च शधीयः कानिनिश्च यः

Yavīyasa, Śālīrāṅgulīya Kauśika, Śālimañjaripāka, Śadhīya et Kāninī : tels sont les noms cités parmi les sāmagas.

Verse 54

पाराशर्यस्तु धर्मात्मा इति क्रान्तास्तु सामगाः / सामगानां तु सर्वेषां श्रेष्ठौ द्वौ परिकीर्त्तितौ

« Pārāśarya, à l’âme vouée au dharma » : ainsi furent renommés les sāmagas ; parmi eux tous, deux sont proclamés les plus éminents.

Verse 55

पौष्यञ्जिश्च कृतश्चैव संहितानां विकल्पकौ / अथर्वाणं द्विधा कृत्वा सुमन्तुरददाद्द्विजाः

Pauṣyañji et Kṛta furent les ordonnateurs des variantes des saṃhitā ; ô dvija, Sumantu divisa l’Atharvaveda en deux et le transmit.

Verse 56

कबन्धाय पुनः कृष्णं स च विद्वान्यथाश्रुतम् / कबन्धस्तु द्विधा कृत्वा पथ्यायैकं पुनर्ददौ

Puis l’on remit de nouveau à Kabandha le Kṛṣṇa (Atharva) ; savant, il le conserva tel qu’il l’avait entendu. Kabandha le divisa en deux et en redonna une part à Pathya.

Verse 57

द्वितीयं देवदर्शायस चतुर्धाकरोत्प्रभुः / मोदो ब्रह्मबलश्चैव पिप्पलादस्तथैव च

La seconde part (revint) à Devadarśa ; le seigneur la divisa en quatre : Modo, Brahmabala et aussi Pippalāda.

Verse 58

शौल्कायनिश्च धर्मज्ञश्चतुर्थस्तपसि स्थितः / देवदर्शस्य चत्वारः शिष्या ह्येते दृढव्रताः

Śaulkāyani, connaisseur du dharma, fut le quatrième, établi dans l’ascèse. Voici les quatre disciples de Devadarśa, aux vœux inébranlables.

Verse 59

पुनश्च त्रिविधं विद्धि पथ्यानां भेदमुत्तमम् / जाजलिः कुमुदादिश्च तृतीयः शौनकः स्मृतः

De plus, sache la triple division excellente de la lignée Pathya : Jājali, Kumudādi, et la troisième est mémorisée comme Śaunaka.

Verse 60

शौनकस्तु द्विधा कृत्वा ददावेकान्तु बभ्रवे / द्द्वितीयां संहितां धीमान्सैन्धवायनसंज्ञि ते

Śaunaka le divisa en deux et en donna une part à Babhrū ; la seconde saṃhitā, le sage, la remit à celui nommé Saindhavāyana.

Verse 61

सैन्धवो मुञ्जकेश्यश्च भिन्नामाधाद्द्विधा पुनः / नक्षत्रकल्पो वैतानस्तृतीयः संहिताविधिः

Saindhava et Muñjakeśya réorganisèrent de nouveau cette tradition séparée en deux ; Nakṣatrakalpa et Vaitāna : tel est le troisième mode de saṃhitā.

Verse 62

चतुर्थोंऽगिरसः कल्पः शान्तिकल्पश्च पञ्चमः / श्रेष्ठास्त्वथर्वणामेते संहितानां विकल्पकाः

Le quatrième est l’Āṅgirasa-kalpa et le cinquième le Śānti-kalpa. Ils sont tenus pour les plus éminents ordonnateurs des variantes des saṃhitās de l’Atharvaṇa.

Verse 63

खड्गः कृत्वा मया युक्तं पुराणमृषिसत्तमाः / आत्रेयः सुमतिर्धीमान्काश्यपो ह्यकृतव्रणः

Ô rishis les plus éminents ! J’ai ordonné ce Purana avec un tranchant pareil à l’épée ; Atreya, Sumati le sage, et Kâshyapa nommé Akṛtavraṇa [en sont les dépositaires].

Verse 64

भारद्वाजो ऽग्निवर्चाश्च वासिष्ठा मित्रयुश्च यः / सावर्णिः सोमदत्तिश्च सुशर्मा शांशपायनः

Bharadvaja, Agnivarca, Vasistha et Mitrayu ; ainsi que Savarni, Somadatta, Susharma et Shamsapayana.

Verse 65

एते शिष्या मम प्रोक्ताः पुराणेषु धृतव्रताः / त्रिभिस्तत्र कृतास्तिस्रः संहिताः पुनरेव हि

Tels sont mes disciples, fermes dans leurs vœux au sein des Puranas ; là, ces trois-là composèrent de nouveau trois Saṃhitā.

Verse 66

काश्यपः संहिता कर्त्ता सावर्णिः शांशपायनः / मामिका तु चतुर्थी स्याच्चतस्रो मूलसंहिताः

Kâshyapa est l’auteur d’une Saṃhitā ; Savarni et Shamsapayana [sont d’autres auteurs]. La mienne, dite Māmikā, est la quatrième : ce sont quatre Saṃhitā fondamentales.

Verse 67

सर्वास्ता हि चतुष्पादाः सर्वाश्चैकार्थवाचिकाः / पाठान्तरे वृथाभूता वेदशाखा यथा तथा

Toutes sont en quatre parties et toutes énoncent un seul sens ; mais, dans les variantes de lecture, elles deviennent des différences vaines, comme les branches du Veda.

Verse 68

चतुः साहस्रिकाः सर्वाः शांशपायनिकामृते / लौमहर्षणिका मूला ततः काश्यपिका परा

Dans la recension Śāṃśapāyanika, semblable à l’amṛta, toutes celles-ci comptent quatre mille. La source est la tradition Laumaharṣaṇika, puis vient l’éminente Kāśyapika.

Verse 69

सावर्णिका तृतीयासावृजुवाक्यार्थमण्डिता / शांशपायनिका चान्या नोदनार्थविभूषिता

La troisième tradition Sāvarṇika est ornée du sens de paroles simples et droites. Une autre tradition Śāṃśapāyanika est parée de significations qui exhortent et éveillent.

Verse 70

सहस्राणि ऋचां चाष्टौ षट्शतानि तथैव च / एताः पञ्चदशान्याश्च दशान्या दशभिस्तथा

Les ṛc sont au nombre de huit mille, et l’on compte en outre six cents. S’y ajoutent encore quinze, encore dix, et de même dix par dix.

Verse 71

सवालखिल्याः सप्तैताः ससुपर्णाः प्रकीर्त्तिताः / अष्टौ सामसहस्राणि सामानि च चतुर्द्दश

Ces sept ensembles, avec les Vālakhilya et les Suparṇa, sont proclamés célèbres. On compte huit mille sāman, et encore quatorze chants sāman.

Verse 72

सारण्यकं सहोहं च एतद्गायन्ति सामगाः / द्वादशैव सहस्राणि च्छन्द आध्वर्यवं स्मृतम्

Le ‘Sāraṇyaka’ et le ‘Sahoha’ sont chantés par les sāmagā. Le mètre Adhvaryava est rappelé dans la smṛti comme étant de douze mille.

Verse 73

यजुषां ब्राह्मणानां च तथा व्यासो व्यकल्पयत् / सग्राम्यारण्यकं तस्मात्समन्त्रकरणं तथा

Ainsi Vyāsa mit aussi en ordre les Brāhmaṇa du Yajurveda ; puis, à partir d’eux, il composa les sections grāmya et āraṇyaka, avec les mantras sacrés.

Verse 74

अतः परं कथानं तु पूर्वा इति विशेषणम् / ग्राम्यारण्यं समन्त्रं तदृग्ब्राह्मणयजुः स्मृतम्

Dès lors, le récit porte l’épithète « pūrvā » ; et ce grāmya-āraṇyaka, accompagné de mantras, est tenu pour Ṛk, Brāhmaṇa et Yajus.

Verse 75

तथा हारिद्रवीर्याणां खिलान्युपखिलानितु / तथैव तैत्तिरीयाणां परक्षुद्रा इति स्मृतम्

De même, dans la branche Hāridravīrya se trouvent les khila et upakhila ; et, dans la branche Taittirīya, on les connaît sous le nom de « parakṣudrā ».

Verse 76

द्वे सहस्रे शतन्यूने वेदे वाजसनेयके / ऋग्गमः परिसंख्यातो ब्राह्मणं तु चतुर्गुणम्

Dans le Vājasaneya-Veda, on dénombre deux mille moins cent (soit 1900) ṛg-gama ; et la partie Brāhmaṇa est dite quatre fois plus grande.

Verse 77

अष्टौ सहस्राणि शतानि वाष्टावशीतिरन्यान्यधिकानि वा च / एतत्प्रमाणं यजुषामृचां च सशुक्रियं सखिलं याज्ञवल्क्यम्

Huit mille et cent, ou même quatre-vingt-huit de plus : telle est la mesure des Yajus et des Ṛc ; avec la Śukrīya et tous les khila, c’est ce qu’on tient pour la tradition de Yājñavalkya.

Verse 78

तथा चारणविद्यानां प्रमाणसहितं शृणु / षट्सहस्रमृचामुक्तमृचः षड्विंशतिं पुनः

Ainsi, écoute avec mesure et règle ce qui concerne les sciences des Cāraṇa. Il est dit qu’il y a six mille ṛc, et encore, de nouveau, vingt-six ṛc supplémentaires.

Verse 79

एतावदधिकं तेषां यजुः कि मपि वक्ष्यते / एकादशसहस्राणि ऋचश्चान्या दशोत्तराः

Au-delà de cela, on dira aussi quelque chose de leur Yajus. Les ṛc sont au nombre de onze mille, et d’autres ṛc dépassent dix.

Verse 80

ऋचां दशसहस्राणि ह्यशीतिस्त्रिंशदेव तु / सहस्रमेकं मन्त्राणामृचामुक्तं प्रमाणतः

Les ṛc sont au nombre de dix mille, et en vérité s’y ajoutent encore quatre-vingts et trente. Selon la mesure reçue, les ṛc des mantras sont dits mille et un.

Verse 81

एतावानृचि विस्तारो ह्यन्यच्चाथर्विकं बहु / ऋचामथर्वणां पञ्चसहस्राणीति निश्चयः

Telle est l’ampleur du Ṛc; et la part atharvique est elle aussi considérable. Il est certain que les ṛc d’Atharvan sont au nombre de cinq mille.

Verse 82

सहस्रमन्यद्विज्ञेयमृषि भिर्विशतिं विना / एतदङ्गिरसां प्रोक्तं तेषामारण्यकं पुनः

Il faut connaître encore un millier, mais en retranchant les vingt attribués aux ṛṣi. Cela est dit comme enseignement des Aṅgirasa; et, de plus, il y a de nouveau leur Āraṇyaka.

Verse 83

इति संख्या प्रसंख्याता शाखाभेदास्तथैव तु / कर्तारशचैव शाखानां भेदहेतूंस्तथैव च

Ainsi fut dénombré et exposé le nombre des différences entre les śākhā ; furent aussi mentionnés les auteurs de ces branches et les causes mêmes de leur diversité.

Verse 84

सर्वमन्वन्तरेष्वेवं शाखाभेदाः समाश्रिताः / प्राजापत्या श्रुतिर्नित्या तद्विकल्पास्त्विमे स्मृताः

Dans tous les manvantara, les différences des śākhā se maintiennent ainsi. La śruti prājāpatya est éternelle ; ces divergences sont tenues pour ses variantes.

Verse 85

अनित्यभावाद्देवानां मन्त्रोत्पत्तिः पुनः पुनः / द्वापरेषु पुनर्भेदाः श्रुतीनां परिकीर्त्तिताः

En raison de l’impermanence des dieux, la naissance des mantras survient sans cesse ; et dans les âges de Dvāpara, les différences des śruti sont de nouveau proclamées.

Verse 86

एवं वेदं तदाप्यस्य भगवानृषिसत्तमः / शिष्चेब्यश्च प्रदत्त्वा तु तपस्तप्तु वन गतः

Ainsi, en ce temps-là, le Bhagavān, le plus éminent des ṛṣi, après avoir remis le Veda (mis en ordre) à ses disciples, gagna la forêt pour y pratiquer l’ascèse.

Verse 87

तस्य शिष्यप्रशिष्यैस्तु शाखाभेदास्त्विमे कृताः / अङ्गानि वेदाश्चत्वारो मीमांसा न्यायविस्तरः

Ses disciples et les disciples de ses disciples établirent ces divisions de śākhā. Sont aussi mentionnés les vedāṅga, les quatre Veda, la Mīmāṃsā et l’essor du Nyāya.

Verse 88

धर्मशास्त्रं पुराणं च विद्याश्चेमाश्चतुर्दश / आयुर्वेदो धनुर्वेदो गान्धर्वश्चेति ते त्रयः

Le Dharmaśāstra et le Purāṇa, ainsi que les quatorze sciences sacrées, sont énoncés; et l’Āyurveda, le Dhanurveda et le Gāndharva—ces trois sont aussi comptés.

Verse 89

अर्थशास्त्रं चतुर्थं तु विद्या ह्यष्टादशैव हि / ज्ञेया ब्रह्मर्षयः पूर्वं तेभ्यो देवर्षयः पुनः

L’Arthaśāstra est le quatrième; ainsi les sciences sont véritablement au nombre de dix-huit. Qu’on connaisse d’abord les Brahmarṣi, puis après eux les Devarṣi.

Verse 90

राजर्षयः पुनस्तेभ्य ऋषिप्रकृतयस्त्रिधा / काश्यपेषु वसिष्ठेषु तथा भृग्वङ्गिरो ऽत्रिषु

Puis, d’eux viennent les Rājarṣi; et les natures des Ṛṣi sont au nombre de trois—dans les lignées de Kāśyapa, de Vasiṣṭha, ainsi que de Bhṛgu, d’Aṅgiras et d’Atri.

Verse 91

पञ्चस्वेतेषु जायन्ते गोत्रेषु ब्रह्मवादिनः / यस्मादृषन्ति ब्रह्माणं ततो ब्रह्मर्षयः स्मृताः

Dans ces cinq gotra naissent les brahmavādin, ceux qui professent Brahman. Parce qu’ils ‘voient’ Brahmā/Brahman, on les tient pour des Brahmarṣi.

Verse 92

धर्मस्याथ पुलस्त्यस्य क्रतोश्च पुलहस्य च / प्रत्यूषस्य च देवस्य कश्यपस्य तथा पुनः

Dharma, Pulastya, Kratu, Pulaha, le deva Pratyūṣa, et aussi Kaśyapa—eux aussi sont mentionnés (dans cette lignée sacrée).

Verse 93

देवर्षयः सुतास्तेषां नामतस्तान्निबोधत / देवार्षी धर्मपुत्रौ तु नरनारायणवुभौ

Ils sont les fils des devarṣis ; apprends leurs noms. Les deux devarṣis, fils de Dharma, sont Nara et Nārāyaṇa.

Verse 94

वालखिल्याः क्रतोः पुत्राः कर्दमः पुलहस्य तु / कुबेरश्चैव पौलस्त्यः प्रत्यूषस्य दलः सुत

Les Vālakhilya sont les fils de Kratu ; Kardama est le fils de Pulaha. Kubera est de la lignée de Paulastya ; et Dala est le fils de Pratyūṣa.

Verse 95

नारदः पर्वतश्चैव कश्यपस्यात्मजावुभौ / ऋषन्ति वेदान्यस्मात्ते तस्माद्देवर्षयः स्मृताः

Nārada et Parvata sont tous deux fils de Kaśyapa. Parce qu’ils font rayonner les Vedas en ṛṣis, on se souvient d’eux comme devarṣis.

Verse 96

मानवे चैव ये वंशे ऐलवंशे च ये नृपाः / ये च ऐक्ष्वाकनाभागा ज्ञेया राजर्षयस्तु ते

Les rois de la lignée de Manu et de la lignée d’Aila, ainsi que les souverains des races d’Ikṣvāku et de Nābhāga, doivent être reconnus comme rājarṣis.

Verse 97

ऋषन्ति रञ्जनाद्यस्मात्प्रजा राजर्षयस्ततः / ब्रह्मलोकप्रतिष्ठास्तु समृता ब्रह्मर्षयो ऽमलाः

Ceux qui, en réjouissant le peuple, agissent en ṛṣis sont appelés rājarṣis. Et ceux qui sont établis en Brahmaloka sont rappelés comme de purs brahmarṣis.

Verse 98

देवलोकप्रतिष्ठास्तु ज्ञेया देवर्षयः शुभाः / इन्द्रलोकप्रतिष्ठास्तु सर्वे राजर्षयो मताः

Sachez que les Devarṣi, bénis et de bon augure, sont établis dans le Devaloka; et que tous les Rājarṣi sont tenus pour établis dans le monde d’Indra.

Verse 99

अभिजात्याथ तपसा मन्त्रव्याहरणैस्तथा / ये च ब्रह्मर्षयः प्रोक्ता दिव्या देवर्षयश्च ये

Ceux qui sont dotés de noble naissance, d’ascèse et de la récitation des mantras sont appelés Brahmarṣi; et ceux qui sont de nature divine sont appelés Devarṣi.

Verse 100

राजर्षयस्तथा चैव तेषां वक्ष्यामि लक्षणम् / भूतं भव्यं भवज्ज्ञानं सत्याभि व्यात्दृतं तथा

Je vais maintenant dire les marques des Rājarṣi : la connaissance du passé, de l’avenir et du présent, ainsi que l’énonciation claire de la vérité.

Verse 101

संतुष्टाश्च स्वयं ये तु संबुद्धा ये च वै स्वयम् / तपसेह प्रसिद्धा ये गर्भे यैश्च प्रवेदितम्

Ceux qui sont comblés d’eux-mêmes et éveillés par eux-mêmes; ceux qui sont renommés pour l’ascèse, et ceux à qui la connaissance fut révélée dès le sein maternel.

Verse 102

मन्त्रव्याहारिणो ये च ऐश्वर्यात्सर्वगाश्च ये / एते राजर्षयो युक्ता देवाद्विजनृपाश्च ये

Ceux qui récitent les mantras et qui, par leur souveraineté, peuvent aller partout : tels sont les Rājarṣi accomplis, rois-dvija semblables aux devas.

Verse 103

एतान्भावानधिगता ये वै त ऋषयो मताः / सप्तैते सप्तभिश्चैव गुणैः सप्तर्षयः स्मृताः

Ceux qui ont réalisé ces états sont tenus pour des Ṛṣi. Ces sept, pourvus de sept qualités, sont rappelés comme les Saptarṣi.

Verse 104

दीर्घायुषो मन्त्रकृत ईश्वराद्दिव्यचक्षुषः / बुद्धाः प्रत्यक्ष धर्माणो गोत्रप्रावर्त्तकाश्च ते

Ils étaient de longue vie, accomplis par la puissance des mantras, et dotés de la vision divine par la grâce du Seigneur. Éveillés, ils connaissaient le dharma de façon directe et furent aussi les fondateurs des lignées de gotra.

Verse 105

षट्कर्मनिरता नित्यं शालीना गृहमेधिनः / तुल्यैर्व्यवहरन्ति स्म ह्यदुष्टैः कर्महेतुभिः

Toujours appliqués aux six devoirs, ils étaient des maîtres de maison sobres et dignes. Ils traitaient avec leurs égaux, mus par des motifs d’action sans malice.

Verse 106

अग्राम्यैर्वर्त्तयन्ति स्म रसैश्चैव स्वयङ्कृतैः / कुटुंबिनो बुद्धिमन्तो वनान्तरनिवासिनः

Ils vivaient loin des plaisirs vulgaires, se nourrissant de simples sucs préparés par eux-mêmes. C’étaient des hommes de famille, sages, demeurant au cœur de la forêt.

Verse 107

कृतादिषु युगाख्यासु सर्वैरेव पुनः पुनः / वर्णाश्रमव्यवस्थानं क्रियते प्रथमं तु वै

Dans les âges nommés Kṛta et les suivants, par tous, encore et encore, c’est d’abord l’ordonnance des varṇa et des āśrama qui est établie.

Verse 108

प्राप्ते त्रेतायुगमुखे पुनः सप्तर्षयस्त्विह / प्रवर्त्तयन्ति ये वर्णानाश्रमांश्चैव सर्वशः

Au seuil du Tretā-yuga, les Sept Ṛṣi rétablissent ici, de toutes parts, l’ordre des varṇa et des āśrama.

Verse 109

तेषामेवान्वये वीरा उत्पद्यन्ते पुनः पुनः / जायमाने पितापुत्रे पुत्रः पितरि चैव हि

Dans leur lignée même, des héros naissent sans cesse; lorsque père et fils viennent au monde, le fils est en vérité le père (revenu par renaissance).

Verse 110

एवं संतत्य विच्छेदाद्वर्तयन्त्यायुगक्षयात् / अष्टाशीतिसहस्राणि प्रोक्तानि गृहमेधिनाम्

Ainsi, de la rupture de la lignée jusqu’au déclin du yuga, cela se poursuit; pour les gṛhamedhin, il est énoncé quatre-vingt-huit mille (nombre ou catégories).

Verse 111

अर्यम्णो दक्षिणं ये तु पितृयानं समाश्रिताः / दाराग्निहोत्रिणस्ते वै यै प्रजाहेतवः स्मृताः

Ceux qui s’appuient sur la voie méridionale d’Aryaman, le Pitṛyāna, sont ceux qui, avec épouse, accomplissent l’agnihotra; on se souvient d’eux comme cause de la progéniture.

Verse 112

गृहमेधिनस्त्वसंख्येयाः श्मशानान्याश्रयन्ति ते / अष्टाशीतिसहस्राणि निहिता उत्तरापथे

D’innombrables gṛhamedhin se tournent vers les lieux de crémation; quatre-vingt-huit mille sont dits déposés sur l’Uttarāpatha, la voie du Nord.

Verse 113

ये श्रूयन्ते दिवं प्राप्ता ऋषयो ह्यूर्ध्वरेतसः / मन्त्रब्राह्मणकर्त्तारो जायन्ते च युगक्षयात्

Les ṛṣi au vœu élevé, dont on entend qu’ils ont atteint le ciel, renaissent à la fin d’un yuga et deviennent les auteurs des mantras et des Brāhmaṇa.

Verse 114

एवमावर्त्तमानास्तेद्वापरेषु पुनः पुनः / कल्पानामार्षविद्यानां नानाशास्त्रकृतश्च ये

Ainsi, ils reviennent sans cesse dans les Dvāpara ; ils sont les artisans des savoirs des ṛṣi propres aux kalpa et les auteurs de multiples śāstra.

Verse 115

क्रियते यैर्व्यवत्दृतिर्वैदिकानां च कर्मणाम् / वैवस्वते ऽन्तरे तस्मिन्द्वापरेषु पुनः पुनः

Par eux s’établissent l’ordonnance et la distinction des actes védiques ; dans ce Manvantara de Vaivasvata, ils se manifestent encore et encore durant les Dvāpara.

Verse 116

अष्टाविंशतिकृत्वो वै वेदा व्यस्ता महर्षिभिः / सप्तमे द्वापरे व्यमताः स्वयं वेदाः स्वयंभुवा

Les mahārṣi ont réparti les Veda vingt-huit fois ; au septième Dvāpara, Svayambhū lui-même procéda à la division des Veda.

Verse 117

द्वितीये द्वापरे चैव वेदव्यासः प्रजापतिः / तृतीये चोशना व्यासश्चतुर्थे च बृहस्पतिः

Au deuxième Dvāpara, Prajāpati fut Vedavyāsa ; au troisième, Uśanā fut Vyāsa ; au quatrième, Bṛhaspati.

Verse 118

सविता पञ्चमे व्यासो मृत्युः षष्ठे स्मृतः प्रभुः / सप्तमे च तथैवेन्द्रो वसिष्ठश्चाष्टमे स्मृतः

Au cinquième, Savitā est tenu pour Vyāsa ; au sixième, Mṛtyu, le Seigneur, est mentionné. Au septième, de même, Indra ; et au huitième, Vasiṣṭha est rappelé.

Verse 119

सारस्वतस्तु नवमे त्रिधामा दशमे स्मृतः / एकादशे तु त्रिवर्षा सनद्वाजस्ततः परम्

Au neuvième se tient Sārasvata ; au dixième, Tridhāmā est rappelé. Au onzième, Trivarṣā, puis vient Sanadvāja.

Verse 120

त्रयोदशे चान्तरिक्षो धर्मश्चापि चतुर्दशे / त्रैय्यारुणिः पञ्चदशे षोडशे तु धनञ्जयः

Au treizième se trouve Antarikṣa ; au quatorzième, Dharma est aussi rappelé. Au quinzième, Traiyyāruṇi ; et au seizième, Dhanañjaya.

Verse 121

कृतञ्जयः सप्तदशे ऋजीषो ऽष्टादशे स्मृतः / ऋजीषात्तु भरद्वाजो भरद्वाजात्तु गौतमः

Au dix-septième se tient Kṛtañjaya ; au dix-huitième, Ṛjīṣa est rappelé. De Ṛjīṣa vint Bharadvāja, et de Bharadvāja vint Gautama.

Verse 122

गौतमादुत्तमश्चैव ततो हर्यवनः स्मृतः / हर्यवनात्परो वेनः स्मृतो वाजश्रवास्ततः

De Gautama vint Uttama ; puis Haryavana est rappelé. Après Haryavana vient Vena, et ensuite Vājaśravā est mentionné.

Verse 123

अर्वाक्च वाजश्रवसः सोममुख्यायनस्ततः / तृणबिन्दुस्ततस्तस्मात्ततजस्तृणबिन्दुतः

D’Arvāk naquit Vājaśravasa, et de lui Somamukhyāyana; puis vint Tṛṇabindu, de qui naquit Tātaja, et de Tātaja naquit de nouveau Tṛṇabindu.

Verse 124

ततजाच्च स्मृतः शक्तिः शक्तेश्चापि पराशरः / जातूकर्णो भवत्तस्मात्त स्माद्द्वैपायनः स्मृतः

De Tātaja on se souvient de Śakti, et de Śakti de Parāśara; de lui naquit Jātūkarṇa, et de Jātūkarṇa on se souvient de Dvaipāyana (Vyāsa).

Verse 125

अष्टाविंशतिरित्येते वेदव्यासाः पुरातनाः / भविष्ये द्वापरे चैव द्वोणिर्द्वैपायने ऽपि च

Ces anciens Vedavyāsa sont dits au nombre de vingt-huit; et dans le Dvāpara à venir, Dvoṇi et Dvaipāyana apparaîtront aussi comme Vyāsa.

Verse 126

वेदव्यासे ह्यतीते ऽस्मिन्भविता सुमहातपाः / भविष्यन्ति भविष्येषु शाखाप्रमयनानि तु

Lorsque ce Vedavyāsa sera passé, de grands ascètes naîtront; et dans les temps à venir se poursuivront l’établissement et la transmission des branches du Veda.

Verse 127

तस्यैव ब्रह्मणो ब्रह्म तपसः प्राप्तमव्ययम् / तपसा कर्म च प्राप्तं कर्मणा चापि ते यशः

Le Brahman impérissable de ce même Brahman s’obtient par l’austérité; par l’austérité s’accomplit l’œuvre, et par l’œuvre aussi se gagne ta renommée.

Verse 128

पुनश्च तेजसा सत्यं सत्येनानन्दमव्ययम् / व्याप्तं ब्रह्मामृतं शुक्रं ब्रह्मैवामृतमुच्यते

De nouveau, par le tejas se révèle la Vérité, et par la Vérité l’Ananda impérissable. Le Brahman, amṛta pur qui pénètre tout, est lui-même nommé « Amṛta ».

Verse 129

ध्रुवमेकाक्षरमिदमोमित्येव व्यवस्थितम् / बृहत्वाद्बृंहणाच्चैव तद्ब्रह्मेत्यभिधीयते

Cette unique syllabe immuable est établie comme « Om ». Par sa grandeur et sa puissance d’expansion, elle est appelée « Brahman ».

Verse 130

प्रमवा वस्थितं भूयो भूर्भुवः स्वरिति स्मृतम् / अथर्वऋग्यजुः साम्नि यत्तस्मै ब्रह्मणे नमः

Le Pranava est de nouveau rappelé comme « bhūḥ bhuvaḥ svaḥ ». Hommage à ce Brahman établi dans les Veda Atharva, Ṛg, Yajur et Sāma.

Verse 131

जगतः प्रलयोत्पत्तौ यत्तत्कारणसंज्ञितम् / महतः परमं गुह्यं तस्मै सुब्रह्मणे नमः

Ce qui, dans la naissance et la dissolution du monde, est nommé « cause », le mystère suprême au-delà du Mahat : hommage à ce Subrahman.

Verse 132

अगाधापारमक्षय्यं जगत्संबोहसंभवम् / संप्रकाशप्रवृत्तिभ्यां पुरुषार्थप्रयोजनम्

Il est insondable, sans limite et impérissable, source de l’ensemble du monde. Par la clarté révélatrice et par l’élan de l’activité, il accomplit la finalité du puruṣārtha.

Verse 133

सांख्यज्ञानवतां निष्ठा गतिः शमदमात्मनाम् / यत्तदव्यक्तमतं प्रकृतिर्ब्रह्म शाश्वतम्

La constance des connaisseurs du Sāṃkhya et la voie suprême des âmes établies en śama et dama est ce que l’on tient pour « non-manifesté » : c’est la Prakṛti, c’est le Brahman éternel.

Verse 134

प्रधानमात्मयोनिश्च गृह्यं सत्त्वं च शस्यते / अविभागस्तथा शुक्रमक्षरं बहुधात्मकम्

On le nomme aussi Pradhāna, ātma-yoni, le saisissable (grāhya) et sattva ; il est sans division, pur, impérissable, et aux formes multiples.

Verse 135

परमब्रह्मणे तस्मै नित्यमेव नमोनमः / कृते पुनः क्रिया नास्ति कुत एवाकृतक्रियाः

À ce Parabrahman, hommage éternel, encore et encore. Quand c’est « fait », accompli, il n’y a plus d’action; que dire alors de ceux dont l’action n’est pas accomplie ?

Verse 136

सकृदेव कृतं सर्वं यद्वै लोके कृताकृतम् / श्रोतव्यं वा श्रुतं वापि तथैवासाधु साधु वा

Tout ce qui, dans le monde, est dit fait ou non fait, est comme accompli d’un seul coup; ce qu’il faut entendre ou ce qui a été entendu, mauvais ou bon, demeure tel quel.

Verse 137

ज्ञातव्यं वाप्यमन्तव्यं सप्रष्टव्यं भोज्यमेव च / द्रष्टव्यं वाथ श्रोतव्यं घ्रातव्यं वा कथञ्चन

Ce qu’il faut connaître, admettre, interroger et même goûter; ce qu’il faut voir, entendre, ou d’une manière ou d’une autre sentir : tout demeure ainsi.

Verse 138

दर्शितं यदनेनैव ज्ञातं तद्वै सुरर्षिभिः / यन्न दर्शितवानेष कस्तदन्वेष्टुमर्हति

Ce qu’il a lui-même révélé, les rishis célestes l’ont connu; ce qu’il n’a pas révélé, qui serait digne de le rechercher ?

Verse 139

सर्वाणि सर्वं सर्वांश्च भगवानेव सो ऽब्रवीत् / यदा यत्क्रियते येन तदा तस्मो ऽभिमन्यते

« Toutes choses, le tout et tous les êtres », ainsi parla le Bhagavān ; quand une action s’accomplit par quelqu’un, alors on le tient pour l’agent.

Verse 140

यत्रेदं क्रियते पूर्वं न तदन्येन भाषितम् / यदा च क्रियते किञ्चित्केनचिद्वा कथं क्वचित्

Là où cela s’accomplit d’abord, nul autre ne l’a énoncé ; et quand quelque chose est fait par quelqu’un, d’une manière ou d’une autre, quelque part.

Verse 141

तनैव तत्कृतं कृत्यं कर्त्तॄणां प्रतिभाति वै / विरिक्तं चातिरिक्तं च ज्ञानाज्ञानेप्रियाप्रिये

L’acte accompli par Lui-même apparaît aux agents comme s’ils l’avaient fait; de même le manque et l’excès, dans le savoir et l’ignorance, dans l’aimé et le non-aimé.

Verse 142

धर्माधर्मौं सुशं दुःखं मृत्युश्चामृतमेव च / ऊर्द्ध्वं तिर्य्यगधोभावस्तस्यैवादृष्टकारिणः

Dharma et adharma, bonheur et peine, mort et immortalité; et les états d’en haut, d’en travers et d’en bas : tout cela appartient à cet Agent invisible.

Verse 143

स्वयंभुवो ऽथ ज्येष्ठस्य ब्रह्मणः परमेष्ठिनः / प्रत्येकवेद्यंभवति त्रेतास्विह पुनः पुनः

Au sujet de Svayambhū, le Brahmā le plus ancien, le suprême Parameṣṭhin : dans les âges de Tretā, ici, maintes et maintes fois, chaque Veda devient connaissable séparément.

Verse 144

व्यस्यते ह्येकवेद्यं तु द्वापरेषु पुनः पुनः / ब्रह्मा चैतानुवाचादौ तस्मिन्वैवस्वते ऽन्तरे

Dans les âges de Dvāpara, ce « Veda unique » est scindé maintes et maintes fois ; et, au commencement de ce Manvantara de Vaivasvata, Brahmā l’énonça.

Verse 145

आवर्त्तमाना ऋषयो युगाख्यासु पुनः पुनः / कुर्वन्ति संहिता ह्येते जायमानाः परस्परम्

Les ṛṣi qui reviennent sans cesse d’âge en âge, naissant les uns après les autres, sont ceux-là mêmes qui composent ces saṃhitā.

Verse 146

अष्टाशीतिसहस्राणि श्रुतर्षीणां समृतानि वै / अतीतेषु व्यतीतानि वर्त्तन्ते पुनः पुनः

On se souvient assurément que les ṛṣi de la Śruti sont au nombre de quatre-vingt-huit mille ; bien qu’ils aient passé dans les âges révolus, ils reviennent encore et encore.

Verse 147

श्रिता दक्षिणपन्थानं ये श्मशानानि भेजिरे / युगे युगे तु ताः शाखा व्यस्यन्ते तै पुनः पुनः

Ceux qui se sont appuyés sur la voie du Sud et ont fréquenté les lieux de crémation : par eux, d’âge en âge, ces śākhā sont de nouveau réparties maintes et maintes fois.

Verse 148

द्वापरेष्विह सर्वेषु संहितास्तु श्रुतर्षिभिः / तेषां गोत्रेष्विमाः शाखा भवन्ति हि पुनः पुनः

En chaque Dvāpara-yuga ici, les ṛṣi gardiens de la Śruti rassemblent les saṃhitā ; et dans leurs gotra, ces śākhā se manifestent encore et encore.

Verse 149

ताः शाखास्ते च कर्त्तारो भवं तीहायुगक्षयात् / एवमेव तु विज्ञेया अतीतानागतेष्वपि

Ces śākhā et leurs auteurs apparaissent ici lorsque le yuga s’achève ; ainsi faut-il le comprendre pour le passé comme pour l’avenir.

Verse 150

मन्वन्तरेषु सर्वेषु शाखाप्रणयनानि वै / अतीतेषु व्यतीतानि वर्त्तन्ते सांप्रते ऽन्तरे

Dans tous les manvantara a lieu l’établissement des śākhā ; dans ceux qui sont passés, cela s’est accompli, et dans l’intervalle présent cela se poursuit.

Verse 151

भविष्यन्ति च यानि स्युर्वर्त्स्यन्ते ऽनागतेष्वपि / पूर्वेण पश्चिमं ज्ञेयं वर्तमानेन चोभयम्

Ce qui doit advenir adviendra aussi dans les yuga à venir ; par l’antérieur connais le postérieur, et par le présent saisis l’un et l’autre.

Verse 152

एतेन क्रमयोगेन मन्वन्तरविनिश्चयः / एवं देवाः सपितर ऋषयो मनवश्च वै

Par cette harmonie de l’ordre se fixe le manvantara ; ainsi aussi les deva, avec les pitṛ, les ṛṣi et les manu, se comprennent selon leur succession.

Verse 153

मन्त्रैः सहोर्ध्वं गच्छन्ति ह्यावर्त्तन्ते च तैः सह / जनलोकात्सुराः सर्वे दशकल्पान्पुनः पुनः

Avec les mantras, tous les dieux s’élèvent depuis Janaloka ; et avec eux ils reviennent, encore et encore, durant dix kalpas.

Verse 154

पर्यायकाले संप्राप्ते संभूता निधनस्य ते / अवश्यभाविनार्ऽथेन संभध्यन्ते तदा तु ते

Quand vient le temps de leur tour, ils apparaissent voués à la mort ; par la loi inévitable, à cet instant même ils y sont enchaînés.

Verse 155

ततस्ते दोषवज्जन्म पश्यन्तो रोगपूर्वकम् / निवर्त्तते तदा वृत्तिः सा तेषां दोषदर्शनात्

Puis ils voient la naissance entachée de défauts, précédée par la maladie ; à la vue du défaut, alors s’éteint en eux cette tendance.

Verse 156

एवं देवयुगानीह दशकृत्वो विवर्त्य वै / जनलोकात्तपोलोकं गच्छन्तीहानिवर्त्तकम्

Ainsi, après avoir fait tourner ici dix fois les âges divins, ils vont de Janaloka à Tapoloka, séjour d’où l’on ne revient pas.

Verse 157

एवं देवयुगानीह व्यती तानि सहस्रशः / निधनं ब्रह्मलोके वै गतानि ऋषिभिः सह

Ainsi, des milliers d’âges divins s’écoulent ici ; et avec les rishis, en Brahmaloka ils atteignent leur terme.

Verse 158

न शक्य आनुपूर्व्येण तेषां वक्तुं सुविस्तरः / अनादित्वाच्च कालस्य संख्यानां चैव सर्वशः

Le Temps est sans commencement, et les nombres sont innombrables en tous lieux; aussi n’est-il pas possible de les exposer dans l’ordre avec grande étendue.

Verse 159

मन्वन्तराण्यतीतानि यानि कल्पैः पुरा सह / पितृभिर्मुनिभिर्देवैः सार्द्धं च ऋषिभिः सह

Les Manvantara écoulés avec les Kalpa d’autrefois, avec les Pitṛ, les Munis, les Devas et les Ṛṣis, sont désormais révolus.

Verse 160

कालेन प्रतिसृष्टानि युगानां च विवर्त्तनम् / एतेन क्रमयोगेन कल्पमन्वन्तराणि च

Par le Temps, les yuga sont recréés et la rotation des âges s’accomplit; selon cet ordre se déroulent aussi les kalpa et les manvantara.

Verse 161

सप्रजानि व्यतीतानि शतशो ऽथ सहस्रशः / मन्वन्तरान्ते संहारः संहारान्ते च संभवः

Avec les créatures, des centaines et des milliers de cycles se sont écoulés; à la fin d’un manvantara survient la dissolution, et après la dissolution renaît l’avènement.

Verse 162

देवतानामृषीणां च मनोः पितृगणस्य च / न शक्य आनुपूर्व्येण वक्तुं वर्षशतैरपि

Il n’est pas possible d’exposer dans l’ordre les Devas, les Ṛṣis, Manu et la troupe des Pitṛ, fût-ce en des centaines d’années.

Verse 163

विस्तरस्तु निसर्गस्य संहारस्य च सर्वशः / मन्वन्तरस्य संख्या तु मानुषेण निबोधत

Sache, selon le calcul des hommes, l’ampleur totale de la création et de la dissolution, ainsi que le nombre des Manvantara.

Verse 164

मन्वन्तरास्तु संख्याताः संख्यानार्थविशारदैः / त्रिंशत्कोट्यस्तु संपूर्णा संख्याताः संख्याया द्विजैः

Ceux qui maîtrisent le sens des nombres ont dénombré les Manvantara ; les dvija ont fixé le total complet à trente koṭi.

Verse 165

सप्तषष्टिस्तन्थान्यानि नियुतानि च संख्याया / विंशतिश्च सहस्रामि कालो ऽयं साधिकं विना

Dans le calcul, il y a soixante-sept niyuta et d’autres, ainsi que vingt mille ; ce temps est énoncé sans surplus.

Verse 166

मन्वन्तरस्य संख्येयं मानुषेण प्रकीर्त्तिता / वर्षाग्रेणापि दिव्येन प्रवक्ष्याम्युत्तरं मनोः

Cette mesure du Manvantara a été énoncée selon le calcul humain ; à présent, je dirai aussi la suite de Manu selon l’année divine.

Verse 167

अष्टौ शतसहस्राणि दिव्यया संख्यया स्मृतम् / द्विपञ्चाशत्तथान्यानि सहस्राण्यधिकानि तु

Selon le décompte divin, il est rappelé huit cent mille ; et s’y ajoutent encore cinquante-deux mille.

Verse 168

चतुर्दशगुणो ह्येष कालो ह्याभूतसंप्लवम् / पूर्णं युगसहस्रं स्यात्तदहर्ब्रह्मणः स्मृतम्

Ce temps se déploie quatorze fois jusqu’au grand engloutissement des êtres. La pleine mesure de mille yuga est tenue pour un jour de Brahmā.

Verse 169

ततः सर्वाणि भूतानि दग्धान्यादित्यरश्मिभिः / ब्रह्माणामग्रतः कृत्वा सह देवर्षिदानवैः

Alors tous les êtres sont consumés par les rayons d’Āditya; et, plaçant Brahmā en tête, ils s’avancent avec les devarṣis et les dānavas.

Verse 170

प्रविशन्ति सुरश्रेष्ठं देवं नारायणं प्रभुम् / स स्रष्टा सर्व भूतानां कल्पादिषु पुनः पुनः

Ils entrent en le Seigneur Nārāyaṇa, le plus éminent des dieux. C’est lui qui, au commencement des kalpas, crée sans cesse tous les êtres.

Verse 171

इत्येष स्थितिकालो वै मतो देवर्षिभिः सह / सर्वमन्वन्तराणां हि प्रतिसंधिं निबोधत

Ainsi, avec les devarṣis, est reconnu ce temps de maintien. À présent, comprenez la pratisandhi, la jonction de tous les manvantaras.

Verse 172

युगख्या या समुद्दिष्टा प्रागेतस्मिन्मयानघाः / कृतत्रेतादिसंयुक्तं चतुर्युगमिति स्मृतम्

Ô vous sans tache, la désignation des yuga que j’ai donnée auparavant, jointe à Kṛta, Tretā et aux autres, est retenue comme caturyuga, le cycle des quatre âges.

Verse 173

तच्चैकसप्ततिगुणं परिवृत्तं तु साधिकम् / मनोरेतमधीकारं प्रोवाच भगवान्प्रभुः

Il déclara que cela s’était accru au-delà de soixante et onze fois ; et le Bhagavān, le Seigneur, énonça cette charge sacrée de Manu.

Verse 174

एवं मन्वन्तराणां च सर्वेषामेव लक्षणम् / अतीतानागतानां वै वर्त्तिमानेन कीर्त्तितम्

Ainsi furent exposées les caractéristiques de tous les manvantaras, passés et à venir, en prenant le présent pour référence.

Verse 175

इत्येष कीत्तितः सर्गो मनोः स्वायंभुवस्य ते / प्रतिसंधिं तु वक्ष्यामि तस्य चैवापरस्य च

Ainsi t’a été contée la création du Manu Svāyambhuva ; maintenant je dirai la jonction (sandhi), celle de ce temps et de celui qui suit.

Verse 176

मन्वन्तरं यथा पूर्वमृषिभिर्दैवतैः सह / अवश्यभाविनार्थेन यथावद्विनिवर्त्तते

Comme auparavant, le manvantara se déroule avec les ṛṣi et les dieux ; par la nécessité inéluctable, il s’achève selon la règle et se retire.

Verse 177

एतस्मिन्नन्तरे पूर्वं त्रैलाक्यस्ये श्वरास्तु ये / सप्तर्षयश्च देवाश्च पितरो मनवस्तथा

Dans cet intervalle, ceux qui jadis furent les maîtres des trois mondes — les Saptarṣi, les dieux, les Pitṛ et les Manu — étaient présents.

Verse 178

मन्वन्तरस्य काले तु संपूर्णे साधिके तदा / क्षीणे ऽधिकारे संविग्ना बुद्ध्वा पर्ययमात्मनः

Lorsque le temps du manvantara fut pleinement accompli, et que leur autorité s’épuisa, elles, troublées, comprirent la mutation en elles-mêmes.

Verse 179

महर्लोकाय ते सर्वे उन्मुखा दधिरे मतिम् / ततो मन्वन्तरे तस्मिन्प्रक्षीणे देवतास्तु ताः

Tous tournèrent leur pensée vers Maharloka ; puis, lorsque ce manvantara s’affaiblit, ces divinités aussi (agirent ainsi).

Verse 180

संपूर्णेस्थितिकाले तु तिष्ठेदेकं कृतं युगम् / उत्पद्यन्ते भविष्यन्तो ये वै मन्वन्तरेश्वराः

Dans le temps accompli de la stabilité, un yuga de Kṛta demeure ; et naissent ceux qui seront les seigneurs des manvantaras à venir.

Verse 181

देवताः पितरश्चैव ऋषयो मनुरेव च / मन्वन्तरे तु संपूर्णे तद्वदन्ते कलौ युगे

Les dieux, les Pitṛ, les ṛṣi et Manu lui-même : lorsque le manvantara s’achève, au yuga de Kali ils disent de même.

Verse 182

संपद्यते कृतं तेषु कलिशिष्टेषु वै तदा / यथा कृतस्य संतानः कलिपूर्वः स्मृतो बुधैः

Alors, dans ces vestiges de Kali, l’esprit du yuga de Kṛta s’accomplit ; car la lignée de Kṛta est rappelée par les sages comme « antérieure à Kali ».

Verse 183

तथा मन्वन्तरान्तेषु आदिर्मन्वन्तरस्य च / क्षीणे मन्वन्तरे पूर्वे प्रवृत्ते चापरे पुनः

Ainsi, à la fin des Manvantaras comme au commencement du Manvantara; lorsque le Manvantara précédent s’est épuisé et que le suivant recommence à se déployer.

Verse 184

मुखे कृतयुगस्याथ तेषां शिष्टास्तु ये तदा / सप्तर्षयो मनुश्चैव कालापेक्षास्तु ये स्थिताः

Puis, à l’orée du Kṛtayuga, ceux qui demeurent alors comme les justes—les Sept Ṛṣis et Manu—se tiennent dans l’attente du temps prescrit.

Verse 185

मन्वन्तरप्रतीक्षास्ते क्षीयमाणास्तपस्विनः / मन्वन्तरोत्सवस्यार्थे संतत्यर्थे च सर्वदा

Ces ascètes attendent le Manvantara et s’amenuisent à mesure que s’épuise l’âge ancien; toujours pour la célébration du Manvantara et pour la continuité de la lignée.

Verse 186

पूर्ववत्संप्रवर्त्तन्ते प्रवृत्ते वृष्टिसर्जने / द्वन्द्वेषु संप्रवृत्तेषु उत्पन्नास्वौषधीषु च

Quand se déploie l’effusion des pluies, ils agissent comme auparavant; les dualités —froid et chaleur— se mettent en jeu, et les plantes médicinales surgissent.

Verse 187

प्रजासु चानिकेतासु संस्थितासु क्वचित्क्वचित् / वार्त्तायां संप्रवृत्तायां धर्मे चैवोपसंस्थिते

Et les peuples, çà et là, demeurent sans demeure; lorsque la vārttā —agriculture et commerce— se met en mouvement, et que le dharma s’approche et s’établit.

Verse 188

निरानन्दे चापि लोके नष्टे स्थावरजङ्गमे / अग्रामनगरे चैव वर्णाश्रमविवर्जिते

Quand le monde devient sans joie, que périssent les êtres immobiles et mobiles, qu’il n’y ait plus ni villages ni cités, et que le dharma des varṇa et des āśrama disparaisse.

Verse 189

पूर्वमन्वन्तरे शिष्टा ये भवन्तीह धार्मिकाः / सप्तर्षयो मनुश्चैव संतानार्थं व्यवस्थिताः

Dans le manvantara précédent, les hommes exemplaires et vertueux d’ici sont établis comme les Sept Ṛṣi et comme Manu, afin d’assurer la continuité de la lignée.

Verse 190

प्रजार्थं तपतां तेषां तपः परमदुश्चरम् / उत्पद्यन्ते हि पूर्वेषां निधनेष्विह पूर्ववत्

Pour le bien des créatures, leur ascèse est extrêmement difficile; et lorsque les anciens périssent, ils renaissent ici, comme auparavant.

Verse 191

देवासुराः पितृगणा ऋषयो मानुषास्तथा / सर्पा भूतपिशाचाश्च गन्धर्वा यक्षराक्षसाः

Deva et asura, les cohortes des Pitṛ, les ṛṣi et les humains; serpents, bhūta et piśāca, gandharva, yakṣa et rākṣasa.

Verse 192

ततस्तेषां तु ये शिष्टाः शिष्टाचारान्प्रजक्षते / सप्तर्षयो मनुश्चव ह्यादौ मन्वन्तरस्य हि

Alors, les hommes exemplaires parmi eux enseignent la conduite des justes; car au commencement du manvantara, les Sept Ṛṣi et Manu montrent la voie.

Verse 193

प्रारभन्ते च कर्माणि मनुष्यो दैवतैः सह / ऋषीणां ब्रह्मचर्येण गत्वानृण्यं तु व तदा

Les hommes entreprennent les actes avec les Devas; par le brahmacarya des Rishis, alors ils deviennent affranchis de toute dette sacrée.

Verse 194

पितॄणां प्रजाया चैव देवानामिज्यया तथा / शतंवर्षसहस्राणां धर्मे वर्णात्मके स्थिताः

Par l’hommage aux Pitris, la continuité de la descendance et le culte des Devas; ils demeurèrent dans le dharma des varnas durant des millénaires de siècles.

Verse 195

त्रयी वार्त्ता दण्डनीतिर्धर्मान्वर्णाश्रमांस्तथा / स्थापयित्वाश्रमांश्चैव स्वर्गाय देधिरे मनः

Ils établirent la Triple Veda, la vārttā, la daṇḍanīti et les dharmas du varṇāśrama; ils ordonnèrent aussi les āśramas et tournèrent leur esprit vers le ciel.

Verse 196

पूर्वदेवेषु तेष्वेवं स्वर्गाया भिमुखेषु वै / पूर्वदेवास्ततस्ते वै स्थिता धर्मेण कृत्स्नशः

Lorsque ces Devas anciens se tournèrent ainsi vers le ciel; alors ils demeurèrent entièrement établis dans le Dharma.

Verse 197

मन्वन्तरे पुरावृत्ते स्थानान्युत्सृज्य सर्वशः / मन्त्रैः सहोर्ध्वं गच्छन्ति महर्लोकमनामयम्

Quand le manvantara s’est écoulé, ils abandonnent toutes leurs demeures; avec les mantras ils s’élèvent vers le Maharloka, sans maladie ni peine.

Verse 198

विनिवृत्ताधिकारास्ते मानसीं सिद्धिमास्थिताः / अवेक्षमाणा वशिनस्तिष्ठन्त्या भूतसंप्लवात्

Ayant renoncé à toute charge, ils atteignirent l’accomplissement intérieur; maîtres d’eux-mêmes, ils demeurèrent immobiles, contemplant le déluge de la dissolution des êtres.

Verse 199

ततस्तेषु व्यतीतेषु पूर्वदेवेषु वै तदा / शून्येषु देवस्थानेषु त्रैलोक्ये तेषु सर्वशः

Puis, lorsque les anciens dieux eurent disparu, dans les trois mondes, partout, les demeures divines demeurèrent vides.

Verse 200

उपस्थिता इहान्ये वै ये देवाः स्वर्गवासिनः / ततस्ते तपसा युक्ताः स्थानान्यापूरयन्ति च

Alors vinrent ici d’autres dieux demeurant au ciel; puis, unis à la force de l’ascèse, ils remplirent et occupèrent ces sièges.

Frequently Asked Questions

Primarily a sage/teacher lineage: the chapter catalogs Vedic transmitters (ācāryas) and their disciples, presenting an intellectual vaṃśa that explains how saṃhitās and schools multiply and persist.

It explicitly remembers large-scale diversification (e.g., ‘86’ Yajus saṃhitās in the sample) and depicts distribution to disciples, with subsequent variant-making and regional differentiation into multiple branches.

They are a class of Yajurvedic ritual specialists associated with a distinctive identity explained etiologically; the Ṛṣis ask for the cause and circumstances of their ‘caraka’ status, which Sūta answers as a tradition-history tied to place and communal ritual purpose.