
Śrāddha-kalpa: Dāna-phala, Medhya/Amedhya Dravya, and Uparāga (Eclipse) Observances (श्राद्धकल्पः—दानफल-मेध्यामेध्य-उपरागविधिः)
Ce chapitre prend la forme d’un enseignement attribué à Bṛhaspati : il va des affirmations générales sur les fruits de tout don (sarva-dāna-phala) aux prescriptions détaillées concernant l’accomplissement du śrāddha. Trois ensembles techniques s’y dégagent : (1) contraintes de temps rituel—le śrāddha nocturne est en général évité, mais l’éclipse (Rāhu-darśana / uparāga) constitue une exception pressante où le rite devient hautement efficace ; (2) rites de pureté et de soutien de la vie—l’agnihotra est loué comme purificateur et dispensateur de longévité ; (3) classification des substances d’offrande—céréales, légumineuses et produits végétaux sont rangés parmi les éléments recommandés, équivalents ou blâmés pour les rites aux ancêtres (par ex., śyāmāka et la canne à sucre sont loués ; certaines graines/légumineuses sont notées garhya/varya). Le chapitre se lit ainsi comme un « manuel de décision » du śrāddha, reliant un phénomène cosmologique (l’éclipse) à des listes dharmiques de dravyas permis ou interdits, et ancrant ces règles dans des références mythiques exemplaires (Indra/Śacīpati buvant le soma) ainsi que dans des notices étiologiques sur l’origine et le mérite de certaines cultures.
Verse 1
इति श्रीब्रह्माण्डे महापुराणे वायुप्रोक्ते मध्यभागे तृतीय उपोद्धातपादे श्राद्धकल्पे पुण्यदेशानुकीर्त्तनं नाम त्रयोदशो ऽध्यायः // १३// बृहस्पतिरुवाच अतः परं प्रवक्ष्यामि सर्वदानफलानि च / श्राद्धकर्मणि मेध्यानि वर्जनीयानि यानि च
Ainsi, dans le Śrī Brahmāṇḍa Mahāpurāṇa, en la partie médiane enseignée par Vāyu, au troisième upoddhāta-pāda, dans le śrāddha-kalpa, se trouve le treizième chapitre nommé « Énumération des lieux méritoires ». Bṛhaspati dit : Désormais j’exposerai les fruits de tous les dons, ainsi que ce qui est pur et ce qui doit être évité dans le rite de śrāddha.
Verse 2
हिमप्रपतने कुर्यादा हरेद्वा हिमं ततः / अग्निहोत्रमुपायुष्यं पवित्रं परमं हितम्
Au temps de la chute de neige, qu’on l’accomplisse (selon ses forces) ou qu’ensuite on écarte cette neige. L’agnihotra accroît la longévité, il est d’une pureté suprême et d’un bienfait excellent.
Verse 3
नक्तं तु वर्जयेच्छ्राद्धं राहोरन्यत्र दर्शनात् / सर्वस्वेनापि कर्त्तव्यङ्क्षिप्रं वै राहुदर्शने
On doit éviter le śrāddha la nuit, sauf lors de l’apparition de Rāhu. Mais si Rāhu est aperçu, il faut accomplir le śrāddha sans délai, fût-ce en y consacrant tous ses biens.
Verse 4
उपरागे न कुर्याद्यः पङ्के गौरिव सीदति / कुर्वाणस्तत्तरेत्पापं सती नौरिव सागरे
Celui qui n’accomplit pas (le śrāddha) lors de l’éclipse s’enlise comme une vache dans la boue. Celui qui l’accomplit franchit ce péché comme une barque solide sur l’océan.
Verse 5
वैश्वदेवं च सौम्यं च खड्गमांसं परं हविः / विषाणवर्जं खड्गस्य मात्सर्यान्नाशयामहे
Dans les rites Vaiśvadeva et Saumya, la chair du khaḍga est l’oblation suprême ; par la part du khaḍga dépourvue de corne, nous anéantissons la jalousie.
Verse 6
त्वाष्ट्रा वै यजमानेन देवेशेन महात्मना / पिबञ्छचीपतिः सोमं पृथिव्यां मध्यगः पुरा
Dans le yajña de Tvaṣṭṛ, accompli par le grand yajamāna, seigneur des dieux, Śacīpati Indra, jadis, se tint au milieu de la terre et but le Soma.
Verse 7
श्यामाकास्तत्र उत्पन्नाः पित्रर्थमपरजिताः / विप्रुषस्तस्य नासाभ्यामासक्ताभ्यां तथेक्षवः
Là, pour les Pitṛ, naquirent les śyāmāka invincibles ; et des gouttes attachées à ses deux narines surgirent pareillement les cannes à sucre (ikṣu).
Verse 8
श्रेष्मलाः शीतलाः स्निग्धा मधुराश्च तथेक्षवः / श्यामाकैरिक्षुभिश्चैव पितॄणां सर्वकामिकम्
La canne à sucre (ikṣu) accroît le flegme, est fraîche, onctueuse et douce ; avec śyāmāka et ikṣu, le rite pour les Pitṛ devient exauceur de tous les vœux.
Verse 9
कुर्यादाग्रयणं यस्तु स शीघ्रं सिद्धिमाप्नुयात् / श्यामाकास्तु द्विनामानो विहिता यजनेस्मृते
Celui qui accomplit le rite d’Āgrayaṇa obtient vite l’accomplissement ; dans la Yajña-smṛti, le śyāmāka est prescrit comme grain « à deux noms ».
Verse 10
यस्मात्तेदेवसृष्टास्तु तस्मात्ते चाक्षयाः स्मृताः / प्रसातिकाः प्रियङ्गुश्च मुद्गाश्च हरितास्तथा
Puisqu’on les tient pour créés par les dieux, on les commémore donc comme “akṣaya”, inépuisables : prasātikā, priyaṅgu, mudga (haricot mungo) et aussi les grains harita.
Verse 11
एतान्यपि समानानि श्यामाकानां गुणैस्तु तैः / कृष्णमाषास्तिलाश्चैव श्रेष्ठास्तु यवशालयः
Ceux-ci aussi sont semblables au śyāmāka par ces qualités; de même le kṛṣṇamāṣa et le sésame—mais l’orge (yava) est dite la plus excellente.
Verse 12
महायवाश्च निष्पावास्तथैव च मधूलिकाः / कृष्णाश्चैवान्नलोहाश्च गर्ह्याः स्युः श्राद्धकर्मणि
Mahāyava, niṣpāva et madhūlikā; ainsi que kṛṣṇā et annaloha—sont tenus pour blâmables dans le rite de śrāddha.
Verse 13
राजमाषास्तथान्ये वै वर्जनीयाः प्रयत्नतः / मसूराश्चैव पुण्याश्च कुसुंभं श्रीनिकेतनम्
Le rājamāṣa et d’autres grains doivent être évités avec soin; mais le masūr est méritoire, et le kusumbha est dit demeure de Śrī.
Verse 14
वर्षास्वतियवा नित्यं तथा वृषकवासकौ / बिल्वामलकमृद्वीकापनसाम्रातदाडिमाः
En saison des pluies, l’atiyava convient toujours; de même vṛṣaka et vāsaka; et encore bilva, āmalaka, mṛdvīkā (raisins secs), panasa (jacquier), āmra (mangue), āta et dāḍima (grenade).
Verse 15
तवशोलंयताक्षौद्रखर्जूराम्रलानि च / खशेरुकोविदार्यश्च तालकन्दं तथा विसम्
Tavaśolaṃyatā, le miel akṣaudra, les dattes et les mangues; ainsi que khaśeru, kovidārī, le tubercule de tala et le poison : tout cela est dit comme des substances sacrées.
Verse 16
तमालं शतकन्दं च मद्वसूचान्तकान्दिकी / कालेयं कालशाकं च भूरिपूर्णा सुवर्चला
Tamāla et śatakanda; madvasūcā-antakāndikī; kāleya et kālaśāka; ainsi que bhūripūrṇā et suvarcalā : tous sont tenus pour des substances méritoires.
Verse 17
मांसाक्षं दुविशाकं च बुबुचेता कुरस्तथा / कफालकं कणा द्राक्षा लकुचं चोचमेव च
Māṃsākṣa, duviśāka, bubucetā et kura; ainsi que kaphālaka, kaṇā, les raisins, lakuca et coca : ces substances sont énumérées.
Verse 18
अलाबुं ग्रीवकं वीरं कर्कन्धूमधुसाह्वयम् / वैकङ्कतं नालिकेरशृङ्गज पकरूषकम्
Alābu, grīvaka, vīra, karkandhū (dit madhu); ainsi que vaikaṅkata, nālikera (noix de coco), śṛṅgaja et pakarūṣaka : tout cela est également mentionné.
Verse 19
पिप्पली मरिचं चैव पठोलं बृहतीफलम् / सुगन्धमांसपीवन्ति कषायाः सर्व एव च
Pippalī, marica, paṭhola et le fruit de bṛhatī; sugandhamāṃsapīvanti—ainsi que tous les kaṣāya—sont dits de saveur astringente (kaṣāya).
Verse 20
एवमादीनि चान्यानि वराणि मधुराणि च / नागरं चात्र वै देयं दीर्घमूलकमव च
De même, il convient d’offrir d’autres mets excellents et doux; et ici, assurément, l’on doit présenter le gingembre sec (nāgara) ainsi que le radis à longue racine (dīrghamūlaka).
Verse 21
वंशः करीरः सुरसः सर्जकं भूस्तृणानि च / वर्जनीयानि वक्ष्यामि श्राद्धकर्मणि नित्यशः
Le bambou, le karīra, la surasā, le sarjaka et les herbes du sol—tout cela doit être constamment évité dans le rite de śrāddha; je vais énoncer ce qu’il faut rejeter chaque jour.
Verse 22
लशुनं गृञ्जनं चैव तथा वै पल्वलोदकम् / करंभाद्यानि चान्यानि हीनानि रसगन्धतः
L’ail, le gṛñjana (oignon et semblables) et l’eau d’étang; ainsi que le karaṃbha et d’autres mets—sont inférieurs en saveur et en parfum, donc (au śrāddha) ils ne conviennent pas.
Verse 23
श्राद्धकर्मणि वर्ज्यानि कारणं चात्र वक्ष्यते / पुरा देवासुरे युद्धे निर्जितस्य बलेः सुरैः
Dans le rite de śrāddha, ces choses doivent être évitées; et la raison en sera dite ici : jadis, dans la guerre des dieux et des asuras, lorsque Bali fut vaincu par les devas.
Verse 24
शरैस्तु विक्षतादङ्गात्पतिता रक्तबिन्दवः / तत एतानि जातानि लशुनादीनि सर्वशः
De son corps meurtri par les flèches tombèrent des gouttes de sang; de celles-ci naquirent partout l’ail et les autres semblables.
Verse 25
तथैव रक्तनिर्यासा लवणान्यौषरणि च / श्रद्धकर्मणि वर्ज्यानि याश्च नार्यो रजस्वलाः
De même, les sucs de sang, le sel et les substances alcalines, ainsi que les femmes en période de menstruation—doivent être évités dans le rite de Śrāddha.
Verse 26
दुर्गन्धं फेनिलं चैव तथा वै पल्वलोदकम् / लभेद्यत्र न गौस्तृप्तिं नक्तं यच्चैव गुह्यते
Ce qui est malodorant, mousseux, ou l’eau d’une mare; là où la vache n’est pas rassasiée; et ce qui est caché la nuit—ne doit pas être accepté.
Verse 27
आविकं मार्गमौष्ट्रं च सर्वमेकशफं च यत् / माहिषं चामरं चैव पयो वर्ज्यं विजानता
Le lait de la brebis, du cerf, du chameau et de tous les animaux à sabot unique; ainsi que celui du buffle et du chamara (yak)—doit être évité par le connaisseur du dharma.
Verse 28
अतः परं प्रवक्ष्यामि वर्ज्यान्देशान्प्रयत्नतः / न द्रष्टव्यं च यैः श्राद्धं शौचाशौचं च कृत्स्नशः
Je vais maintenant exposer avec soin les contrées à éviter; celles où l’on ne voit pas l’accomplissement du Śrāddha ni l’observance entière des règles de pureté et d’impureté.
Verse 29
वन्यमूलफलैर्भक्ष्यैः श्राद्धं कुर्यात्तु श्रद्धया / राजनिष्ठामवाप्नोति स्वर्गमक्षयमेव च
Avec des mets faits de racines et de fruits sauvages, qu’on accomplisse le Śrāddha avec foi; on obtient alors la faveur du roi et le ciel impérissable.
Verse 30
अनिष्टशब्दां संकीर्णां जन्तुप्याप्तामथाविलाम् / पूतिगन्धां तथा भूमिं वर्जयेच्छ्राद्धकर्मणि
Dans le rite de Śrāddha, qu’on évite une terre mêlée de sons funestes, envahie d’êtres, souillée et d’odeur fétide.
Verse 31
नद्यः सागरपर्यन्ता द्वारं दक्षिणपूर्वतः / त्रिशङ्कोर्वर्जयेद्देशं सर्वं द्वादश योजनम्
Là où les rivières vont jusqu’à l’océan et où la porte est tournée vers le sud-est, qu’on évite tout le pays de Triśaṅku sur douze yojanas.
Verse 32
उत्तरेण महानद्या दक्षिणेन च वैकटम् / देशास्त्रिशङ्कवो नाम वर्ज्या वै श्राद्धकर्मणि
Les contrées nommées Triśaṅkava, au nord de la Mahānadī et au sud de Vaikaṭa, sont assurément à éviter lors du Śrāddha.
Verse 33
कारस्कराः कलिङ्गश्च सिधोरुत्तरमेव च / प्रनष्टाश्रमधर्माश्च वर्ज्या देशाः प्रयत्नतः
Kārasakara, Kaliṅga et les terres au nord du Sindhu, ainsi que les pays où le dharma des āśramas s’est éteint, doivent être évités avec soin.
Verse 34
नग्नादयो न पश्येयुः श्राद्धकर्म व्यवस्थितम् / गच्छन्त्येतैस्तु दृष्टानि न पितॄंश्च पितामहांन
Que les nus et autres indignes ne regardent pas le Śrāddha accompli selon l’ordre; car, vu par eux, il n’atteint ni les Pitṛ ni les Pitāmaha.
Verse 35
शंयुरुवाच नग्नादीन्भगवन्सम्यगाचक्ष्व परिपृच्छतः / बृहस्पतिरुवाच सर्वेषामेव भूतानां त्रयीसंवरणं स्मृतम्
Śaṃyu dit : Ô Bhagavān, explique correctement au sujet des nus et de ceux de leur sorte ; je t’interroge. Bṛhaspati dit : Pour tous les êtres, la Triple Veda est tenue pour voile et protection.
Verse 36
तां ये त्यजन्ति संमोहात्ते वै नग्नादयो जनाः / प्रलीयते वृषो यस्मिन्निरालंबश्च यो बृषे
Ceux qui, par égarement, abandonnent cela (la Triple Veda), ce sont les nus et leurs pareils. Là où le Dharma (Vṛṣa) se résorbe, et celui qui demeure sans appui pour le Dharma.
Verse 37
वृषं यस्तु परित्यज्य मोक्षमन्यत्र मार्गति / वृषो वेदाश्रमस्तस्मिन्यो वै सम्यङ्न पश्यति
Celui qui, délaissant le Dharma (Vṛṣa), cherche la délivrance ailleurs—le Dharma est la voie védique et la loi des āśrama ; qui ne le voit pas justement s’égare.
Verse 38
ब्राह्मणः क्षत्रियो वैश्यो वृषलः स न संशयः / पुरा देवासुरे युद्धे निर्जितैरसुरैस्तथा
Qu’il soit brāhmane, kṣatriya ou vaiśya, il est un vṛṣala, sans aucun doute. Jadis, dans la guerre des devas et des asuras, il en fut ainsi même par les asuras vaincus.
Verse 39
पाशण्डा वै कृतास्तात तेषां सृष्टिः प्रजायते / वृद्धश्रावकिनिर्ग्रन्थाः शाक्या जीवककार्पटाः
Ô mon enfant, on institua des pāṣaṇḍa (doctrines opposées aux Veda), et d’eux naquit leur propre lignée : vṛddha-śrāvaka, nirgrantha, śākya, jīvaka et kārpaṭa, entre autres.
Verse 40
ये धर्मं नानुवर्त्तन्ते ते वै नग्नादयो जनाः / वृथा जटी वृथा मुण्डी वृथा नग्नश्च यो द्विजः
Ceux qui ne suivent pas le Dharma sont en effet appelés les nus (apostats). Vaine est la chevelure emmêlée, vain est le crâne rasé, et vaine est la nudité pour le deux-fois-né sans vertu.
Verse 41
वृथा व्रती वृथा जापी ते वै नग्नादयो जनाः / कुलधर्मातिगाः शश्वद्वृथा वृत्तिकलत्रकाः
Vain est celui qui observe des vœux, vain est celui qui récite des mantras ; ce sont eux, les gens nus. Pour ceux qui transgressent les devoirs familiaux, les moyens de subsistance et l'épouse sont éternellement vains.
Verse 42
कृतकर्मदिशस्त्वेते कुपथाः परिकीर्त्तिताः / एतैर्हि दत्तं दृष्टं वै श्राद्धं गच्छति दानवान्
Ceux qui affichent leurs actes sont proclamés suiveurs de mauvaises voies. L'offrande ancestrale (Shraddha) donnée ou vue par eux va aux Danavas (démons).
Verse 43
ब्रह्मघ्नश्च कृतघ्नश्च नास्तिको गुरुतल्पगः / दस्युश्चैव नृशंसश्च दर्णने तान्विसर्जयेत्
Le tueur de Brahmane, l'ingrat, l'athée, le profanateur du lit du Guru, le voleur et l'homme cruel : on doit éviter de poser les yeux sur eux.
Verse 44
पतिताः क्रूरकर्माणः सर्वांस्तान्परिवर्जयेत् / देवतानामृषीणां च विवादे प्रवदन्ति ये
On doit éviter tous ceux qui sont déchus et accomplissent des actes cruels, ainsi que ceux qui parlent de manière controversée des dieux et des sages.
Verse 45
देवांश्च ब्राह्मणांश्चैव आम्नायं यस्तु निन्दति / असुरान्यातुधानांश्च दृष्टमेभिर्व्रजत्युत
Celui qui blâme les dieux, les brahmanes et la tradition védique (āmnāya) se rend assurément au monde des asura et des yātudhāna.
Verse 46
ब्राह्मं कृतयुगं प्रोक्तं त्रेता तु क्षत्र्रियं युगम् / वैश्यं द्वापरमित्याहुः शूद्रं कलियुगं स्मृतम्
Le Kṛtayuga est dit l’âge des brahmanes; le Tretā, l’âge des kṣatriya. Le Dvāpara est appelé l’âge des vaiśya; et le Kaliyuga est mémorisé comme l’âge des śūdra.
Verse 47
कृते ऽपूज्यन्त पितरस्त्रेतायां तु सुरास्तथा / युद्धानि द्वापरे नित्यं पाखण्डाश्च कलौ युगे
Au Kṛtayuga, on vénérait les Pitṛ (ancêtres) ; au Tretā, les dieux aussi. Au Dvāpara, les guerres sont continuelles ; et au Kaliyuga se répandent les pākhaṇḍa, les doctrines fallacieuses.
Verse 48
अपमानापविद्धश्च कुक्कुटो ग्रामसूकरः / श्वा चैव हन्ति श्राद्धानि दर्शनादेव सर्वशः
Le coq chassé dans l’opprobre, le porc du village et le chien : leur seule vue suffit à ruiner entièrement les rites de śrāddha.
Verse 49
श्वसूकरोप संसृष्टं दीर्घरोगिभिरेव च / पतितैर्मलिनैश्चैव न द्रष्टव्यं कथञ्चन
Ceux qui se mêlent aux chiens et aux porcs, les malades de longue durée, les déchus (patita) et les impurs—il ne faut en aucun cas les regarder.
Verse 50
अन्नं पश्येयुरेते यत्तन्नार्हं हव्यकव्ययोः / उत्स्रष्टव्याः प्रधा नार्थैः संस्कारस्त्वापदो भवेत्
La nourriture qu’ils ont regardée n’est pas digne des offrandes havya‑kavya (aux dieux et aux ancêtres). Qu’on la rejette; ce n’est qu’en temps de détresse qu’un rite de purification peut s’appliquer.
Verse 51
हविषां संहतानां च पूर्वमेव विवर्जयेत् / सृष्टं युक्ताभिरद्भिश्च प्रोक्षणं च विधीयते
Les havis rassemblés en amas doivent être écartés d’emblée. En revanche, ce qui est préparé avec une eau appropriée doit recevoir le prokṣaṇa, l’aspersion rituelle prescrite.
Verse 52
सिद्धार्थकैः कृष्णतिलैः कार्यं वाप्यपवारणम् / गुरुसूर्याग्निवास्राणां दर्शनं वापि यत्नतः
Qu’on accomplisse l’apavāraṇa, l’écartement des souillures, avec la moutarde (siddhārtha) et le sésame noir; ou bien, avec soin, qu’on recherche le darśana du Guru, du Soleil, d’Agni et des vêtements sacrés.
Verse 53
आसनारूढमन्नाद्यं पादोपहतमेव च / अमेध्यैर्जङ्गमैर्दृष्टं शुष्कं पर्युषितं च यत्
La nourriture montée sur le siège, ou heurtée par le pied; celle qu’ont vue ou touchée des êtres errants impurs; celle qui est sèche ou rassis—tout cela doit être écarté.
Verse 54
अस्विन्नं परिदग्धं च तथैवाग्नावलेहितम् / शर्कराकीटपाषाणैः केशैर्यच्चाप्यु पाहृतम्
La nourriture non cuite, brûlée ou léchée par le feu; et celle mêlée de gravier, d’insectes, de pierres ou de cheveux—doit elle aussi être rejetée.
Verse 55
पिण्याकं मथितं चैव तथा तिलयवादिषु / सिद्धीकृताश्च ये भक्ष्याः प्रत्यक्षलवणीकृताः
Le tourteau, les préparations battues ou mélangées, ainsi que les mets faits de sésame, d’orge et autres, et les aliments cuits en y ajoutant du sel sous les yeux—doivent être évités au śrāddha.
Verse 56
दृष्ट्वा चैव तथा दोषोपात्तश्वोपहतं तथा / वाससा चावधूतानि वर्ज्यानि श्राद्धकर्मणि
Si l’on constate une chose entachée de défaut ou touchée/abîmée par un chien, et aussi ce qui est tombé après avoir été essuyé d’un tissu—tout cela est à proscrire au śrāddha.
Verse 57
संति वेदविरोधेन केचिद्विज्ञाभिमानिनः / अयज्ञय तयो नाम ते ध्वंसंति यथा रजः
Il en est qui, en contradiction avec les Veda, se rengorgent de science; on les nomme ‘ayajñaya’—et ils se dissipent comme la poussière.
Verse 58
दधिशाकं तथा भक्ष्यं तथा चौषधिवर्जितम् / वार्त्ताकं वर्जयेच्छ्राद्धे सर्वानभिषवानपि / सैन्धवं लवणं चैव तथा मानससंभवम्
Les légumes au caillé (dadhi‑śāka), les friandises et ce qui est dépourvu d’herbes médicinales; au śrāddha, qu’on évite le vārttāka (aubergine) et tout abhiṣava (enivrant/fermenté). Le sel saindhava et le sel issu de Mānasa sont aussi (à éviter).
Verse 59
पवित्रे परमे ह्येते प्रत्यक्षमपि वर्तिते / अग्नौ प्रक्षिप्य गृङ्णीयाद्धस्तौ प्रक्षिप्य यत्नतः
Ces deux choses sont d’une pureté suprême; même à l’évidence elles sont tenues pour pures. Après les avoir jetées au feu, qu’on les prenne, et qu’avec soin on les place dans les deux mains (pour l’usage).
Verse 60
गमयेन्मस्तकं चैव ब्रह्मतीर्थं हि तत्स्मृतम् / द्रव्याणां प्रोक्षणं कार्यं तथैवावपनं पुनः
Qu’on y fasse toucher le sommet de la tête : cela est tenu pour le « Brahmatīrtha ». Les objets doivent être aspergés d’eau purificatrice, puis enduits/recouverts de nouveau de la même manière.
Verse 61
निधाय चाद्भिः सिंचेत्त त्तथा चासु निवेशनम् / अश्ममूलफलेक्षूणां रज्जूनां चर्मणामपि
Après les avoir posés, qu’on les arrose d’eau puis qu’on les remette à leur place : pierres, racines, fruits, cannes à sucre, cordes et aussi objets de cuir.
Verse 62
वैदलानां च सर्वेषां पूर्ववच्छौचमिष्यते / तथा दन्तास्थि दारुणां शृङ्गाणां चावलेखनम्
La purification de tous les objets en bambou/rotin (vaidalā) est, comme précédemment, celle qui a été prescrite. De même, dents, os, bois et cornes doivent être purifiés par raclage (avalekhana).
Verse 63
सर्वेषां मृन्मयानां च पुनर्दाहो विधीयते / मणिमुक्ताप्रवालानां जलजानां च सर्वशः
Pour tous les objets en argile, il est prescrit une « re-cuisson » (punardāha). Et pour les gemmes, perles, corail et tout ce qui naît de l’eau, il existe pareillement une règle de purification.
Verse 64
सिद्धार्थकानां कल्केन तिलकल्केन वा पुनः / स्याच्छौचं सर्वबालानामाविकानां च सर्वशः
La pureté s’obtient avec une pâte de moutarde (siddhārthaka) ou une pâte de sésame. Par elle, tous les objets de poils/cheveux et tous les objets de laine (āvika) sont entièrement purifiés.
Verse 65
द्विपदां चैव सर्वेषां मृद्भिरद्भिर्विधीयते / आद्यन्तयोस्तु शौचानामद्भिः प्रक्षालनं विधिः
Pour tous les êtres à deux pieds, la purification s’accomplit avec la terre et l’eau; et au début comme à la fin de la pureté rituelle, la règle est le lavage à l’eau.
Verse 66
तथा कार्पासिकानां च भस्मना समुदाहृतम् / फलपुष्पपलाशानां प्लावनं चाद्भिरिष्यते
De même, la purification des étoffes de coton est dite se faire avec la cendre; quant aux fruits, fleurs et feuilles, on tient pour juste de les purifier en les rinçant à l’eau.
Verse 67
प्रोक्षणं ह्युपलेपश्च भूमेश्चैवावलेखनम् / निषेको गोक्रमो दाहः खननं शुद्धिरिष्यते
L’aspersion, l’enduit, le grattage du sol, l’arrosage, le passage de la vache (gokrama), la combustion et l’excavation—tout cela est tenu pour purification.
Verse 68
निष्क्रमो ऽध्वगतो ग्रामाद्वायुपूता वसुंधरा / पुंसां चतुष्पदां चव मृद्भिः शौचं विधीयते
En sortant du village et en chemin, la terre est purifiée par le vent; c’est avec cette terre que la purification des hommes et des quadrupèdes est prescrite.
Verse 69
एवमेव समुद्दिष्टः शौचानां विधिरुत्तमः / अनिर्दिष्टमतो यद्यत्तन्मे निगदतः शृणु
Ainsi a été exposée la règle suprême des purifications; à présent, ce qui n’a pas été précisé, écoute-le de ma bouche tandis que je l’énonce.
Verse 70
प्रातर्गृहाद्दक्षिणपश्चिमेन गत्वा चेषुक्षेपमात्रं पदं वै / कुर्यात्पुरीषं हि शिरो ऽवगुण्ठ्य न वै स्पृशेज्जातु शिरः करेण
Au matin, sortant de la demeure vers le sud‑ouest, avancez d’une distance d’un trait de flèche. Couvrez la tête pour l’évacuation et ne touchez jamais la tête de la main.
Verse 71
शुक्लैस्तृणैर्वा कार्ष्ठैर्वा पर्णैर्वेणुदलैन च / सुसंवृत्ते प्रदेशे च णन्तर्धाय वसुंधराम्
Avec de l’herbe blanche, du bois, des feuilles ou des éclats de bambou, dans un lieu bien abrité, recouvrez la terre afin de dissimuler (l’impureté).
Verse 72
उद्धृत्योदकमादाय मृत्तिकां चैव वाग्यतः / दिवा उदङ्मुखः कुर्याद्रात्रौ वै दक्षिणामुखः
Après avoir puisé l’eau et pris de la terre, demeurez maître de la parole. Le jour, faites‑le face au nord; la nuit, face au sud.
Verse 73
दक्षिणेन तु हस्तेन गृहीत्वाथ कमण्डलुम् / शौचं वामेन हस्तेन गुदे तिस्रस्तु मृत्तिकाः
Tenant le kamaṇḍalu de la main droite, accomplissez la purification de la main gauche; au niveau de l’anus, appliquez la terre trois fois.
Verse 74
दश चापि शनैर्दद्याद्वामहस्ते क्रमेण तु / उभाभ्यां वा पुनर्दद्याद्द्वाभ्यां सप्त तु मृत्तिकाः
Sur la main gauche, appliquez la terre lentement et selon l’ordre, jusqu’à dix fois. Ou recommencez avec les deux mains : avec elles, sept applications de terre.
Verse 75
मृदा प्रक्षाल्य पादौ तु आचम्य च यथाविधि / आपस्त्वाद्यास्त्रयश्चैव सुर्याग्न्यनिलदेवताः
Après avoir lavé les pieds avec de la terre et accompli l’ācaman selon le rite, qu’il récite les trois mantras commençant par « Āpastvā », en se souvenant des divinités Soleil, Feu et Vent.
Verse 76
कुर्यात्संनिहितो नित्यमच्छिद्रे द्वे कमण्डलू / ःंसवार्यवनैरेव यथावत्पादधावनम्
Qu’il demeure toujours à proximité et tienne deux kamaṇḍalu sans fissure; puis qu’il accomplisse correctement le lavage des pieds avec l’eau dite « haṃsavāryavana », et autres semblables.
Verse 77
आचमनं द्वितीयं च देवकार्ये ततो ऽपरम् / उपवासस्त्रिरात्रं तु दुष्टमुक्ते ह्युदात्दृतः
Dans le service divin, qu’on accomplisse un second ācaman, puis encore un autre; et pour celui qui profère des paroles mauvaises, le jeûne de trois nuits est déclaré expiation éminente.
Verse 78
विप्रकृष्टेषु कृच्छ्रं च प्राय श्चित्तमुदाहृतम् / स्पृष्ट्वा श्वानं श्वपाकं च तप्तकृच्छ्रं समाचरेत्
Dans les cas d’éloignement (comme l’aśauca), on énonce l’expiation dite « kṛcchra »; et si l’on a touché un chien ou un śvapāka (caṇḍāla), qu’on pratique le « taptakṛcchra ».
Verse 79
मानुषास्थीनि संस्पृश्य उपोष्यं शुचिकारणात् / त्रिरात्रमुक्तं सस्नेहान्येकरात्रमतो ऽन्यथा
Si l’on touche des os humains, il faut jeûner pour recouvrer la pureté; s’il y a de la graisse ou de l’huile (sneha), trois nuits sont prescrites, sinon une seule nuit.
Verse 80
कारस्कराः कलिङ्गाश्च तथान्ध्रशबरादयः / पीत्वा चापोभूतिलपा गत्वा चापि युगं धरम्
Les Kāraskara, les Kalinga, ainsi que les Andhra–Śabara et autres, après avoir bu le remède devenu eau, avancèrent en portant le dharma de l’âge (yuga).
Verse 81
सिंधोरुत्तरपर्यन्तं तथोदीच्यन्तरं नरः / पापदेशाश्च ये केचित्पापैरध्युषिता जनैः
Jusqu’à l’extrémité nord du Sindhu et à l’intérieur des régions du nord, se trouvent des pays de péché, habités par des hommes soumis au péché.
Verse 82
शिष्टैस्तु वर्जिता ये वै ब्राह्मणैल्वेदपारगैः / गच्छतां रागसंमोहात्तेषां पापं न गच्छति
Les pays que fuient les brahmanes versés dans les Veda et les hommes de bien : celui qui s’y rend par attachement et illusion, son péché ne le quitte pas ; il tombe dans les liens du mal.
Verse 83
गत्वा देशानपुण्यांस्तु कृत्स्नं पापं समश्नुते / आरुह्य भृगुतुङ्गं तु गत्वा पुण्यां सरस्वतीम्
En allant vers des contrées impures, l’homme assume la totalité du péché ; mais en gravissant le Bhṛgutunga et en atteignant la Sarasvatī sacrée, il obtient purification et mérite.
Verse 84
आपगां च नदीं रम्यां गङ्गां देवीं महानदीम् / हिमवत्प्रभवा नद्यो याश्चान्या ऋषिपूचिताः
Ce fleuve charmant—la déesse Gaṅgā, le grand fleuve—ainsi que les rivières nées de l’Himavat, et d’autres encore honorées par les ṛṣi.
Verse 85
सरस्तीर्थानि सर्वाणि नदीः प्रस्रवणानि च / गत्वैतान्मुच्यते पापैः स्वर्गे चात्यन्तमश्नुते
Celui qui se rend à tous les tīrtha des lacs, des rivières et des sources, et s’y baigne avec dévotion, est délivré des péchés et jouit de la félicité suprême au ciel.
Verse 86
दशरात्रमशौचं तु प्रोक्तं मृतकमूतके / ब्रह्मणस्य द्वादशाहं क्षत्रियस्य विधीयते
L’impureté rituelle (aśauca) due à la mort ou à la naissance (mṛtaka-mūtaka) est dite de dix nuits ; pour le brāhmane elle est prescrite de douze jours, et pour le kṣatriya il en est de même selon la règle.
Verse 87
अर्द्धमासं तु वैश्यस्य मासं शूद्रस्य चैव ह / उदक्या सर्ववर्णानां चतूरात्रेण शुध्यति
Pour le vaiśya, l’impureté dure une demi-lune ; pour le śūdra, un mois ; et du fait de l’udakyā (menstruation), toutes les classes se purifient en quatre nuits.
Verse 88
उदक्यां सूतिकां चैव श्वानमन्तावसायिनम् / नग्नादीन्मृतहारांश्च स्पृष्ट्वा शौचं विधीयते
Si l’on touche une udakyā (femme menstruée), une sūtikā (accouchée), un chien, un antāvasāyin (tel le caṇḍāla), un homme nu ou un porteur de cadavre, il est prescrit d’accomplir le śauca, la purification.
Verse 89
स्नात्वा सचैलो मृद्भिस्तु शुद्धो द्वादशभिर्द्विजः / एतदेव भवेच्छौचं मैथुने वमने तथा
Le dvija devient pur en se baignant vêtu et en se purifiant avec de la terre douze fois ; cette même purification est prescrite après l’union sexuelle et après le vomissement.
Verse 90
मृदा प्रक्षाल्यहस्तौ तु कुर्याच्छौचं च मानवः / प्रक्षाल्य चाद्भिः स्नात्वा तु हस्तौ चैव पुनर्मृदा
L’homme, après s’être lavé les mains avec de la terre, doit accomplir la purification. Puis, s’étant baigné avec de l’eau, qu’il lave ses mains et se purifie encore avec de la terre.
Verse 91
त्रिः कृत्वा द्वादशान्तानि यथा लेपस्तथा भवेत् / एवं शौचविधिर्दृष्टः सर्वकृत्येषु नित्यदा
Qu’on le fasse trois fois jusqu’aux douze points, de sorte que cela soit comme un enduit. Telle est la règle de purification, observée en tout acte, en tout temps.
Verse 92
परिदद्यान्मृदस्तिस्रस्तिस्रः पादावसेचने / अरण्ये शौचमेतत्तु ग्राम्यं वक्ष्याम्यतः परम्
Pour laver les pieds, qu’on applique de la terre trois fois. Telle est la purification en forêt ; ensuite je dirai la règle propre au village.
Verse 93
मृदः पञ्चदशामेध्या हस्तादीनां विशेषतः / अतिरिक्तमृदं दद्यान्मृदन्ते त्वद्भिरेव च
Surtout pour les mains et autres parties, quinze applications de terre purifient. Au besoin, qu’on en prenne davantage, et qu’à la fin on lave seulement avec de l’eau.
Verse 94
अद्भिरव्यक्तके शौचमेतच्चैतेषु कृत्स्नशः / कण्ठं शिरो वा आवृत्य रथ्यापणगतो ऽपि वा
Dans tous ces cas, si l’impureté n’est pas manifeste, une purification complète s’accomplit avec l’eau seule. Même en couvrant la gorge ou la tête, et en allant dans la rue ou au marché.
Verse 95
अकृत्वा पादयोः शौचमाचान्तो ऽप्यशुचिर्भवेत् / पक्षाल्य पात्रं निक्षिप्य आचम्याभ्युक्षणं ततः
Sans avoir purifié les pieds, même après l’ācaman, on demeure impur. Qu’on lave le récipient et qu’on le dépose; puis qu’on fasse l’ācaman et qu’ensuite on l’asperge d’eau purificatrice.
Verse 96
द्रव्यस्यान्यस्य तु तथा कुर्यादभ्युक्षणं ततः / पुष्पादीनां तृणानां च प्रोक्षणं हविषां तथा
Les autres substances doivent aussi être purifiées de la même manière. Les fleurs et semblables, les herbes, ainsi que le havis (offrande) doivent pareillement être aspergés pour la purification.
Verse 97
परात्दृतानां द्रव्याणां निधायाभ्युक्षणं तथा / नाप्रोक्षितं स्पृशेत्किञ्चिच्छ्रद्धे दैवे ऽथ वा पुनः
Même les objets apportés de loin, une fois déposés, doivent être purifiés par aspersion. Dans le śrāddha ou dans un rite pour les dieux, qu’on ne touche rien qui n’ait pas été aspergé.
Verse 98
उत्तरोणाहरेद्द्रव्यं दक्षिणेन विसर्जयेत् / संवृते यजमानस्तु सर्वश्राद्धे समाहरेत्
De la main gauche (au nord) on apporte la substance, et de la main droite (au sud) on l’offre ou on la dépose. Le yajamāna, recueilli et couvert, doit rassembler les objets pour tout le śrāddha.
Verse 99
उच्छिष्टे स्याद्विपर्यासोदैवे पित्र्येतथैव च / दक्षिणेन तु हस्तेन दक्षिणां वेदिमालभेत्
En état d’ucchiṣṭa (restes), l’ordre s’inverse; de même dans les rites pour les dieux et pour les ancêtres. C’est de la main droite qu’on touche ou dépose la dakṣiṇā sur la vedi.
Verse 100
कराभ्यामेव देवानां पितॄणां विकरं तथा / क्षरणं स्वप्नयोश्चैव तथा मूत्रपुरीषयो
Au sujet des dieux et des Pitṛ, il est énoncé la règle de purification pour l’impureté née des mains, l’écoulement en songe, ainsi que l’urine et les excréments.
Verse 101
निष्ठीविते तथाभ्यङ्गे भुत्क्वा विपरिधाय च / उच्छिष्टानां च संस्पर्शे तथा पादावसेचने
Il y a aussi règle de purification pour le fait de cracher, de s’oindre d’huile (abhyanga), après avoir mangé et changé de vêtement, au contact des restes impurs (ucchiṣṭa) et lors du lavage des pieds.
Verse 102
उच्छिष्टस्य च संभाषादशित्वा प्रयतस्य वा / संदेहेषु च सर्वेषु शिखां मुक्त्वा तथैव च
Si l’on parle avec quelqu’un en état d’ucchiṣṭa, ou après que l’homme observant la pureté a mangé, et dans tout cas de doute—même en dénouant la śikhā—il faut accomplir la purification.
Verse 103
विना यज्ञोपवीतेन मोघं तत्समुपस्पृशेत् / उष्ट्रस्यावेश्च संस्पर्शे दर्शने ऽवाच्यवाचिनाम्
L’ācaman accompli sans le yajñopavīta est vain; et au contact du chameau ou du mouton, ainsi qu’à la vue de ceux qui profèrent des paroles indignes, la purification est prescrite.
Verse 104
जिह्वया चैव संस्वृश्य देतासक्तं तथैव च / सशब्दमेगुलीभिर्वा पतितं वा विलोकयन्
Toucher avec la langue, s’attacher au sperme, faire des gestes indécents avec les doigts en produisant du bruit, ou fixer du regard le déchu (patita) : pour tout cela aussi, la purification est prescrite.
Verse 105
स्थितो यश्चाचमेन्मोहदाचान्तो ऽप्यशुचिर्भवेत् / उपविश्य शुचौ देशे प्रयतः प्रागुदङ्मुखः
Celui qui, debout et par égarement, accomplit l’ācaman, demeure impur même après l’avoir fait. Qu’il s’assoie en un lieu pur, recueilli, tourné vers l’est ou le nord.
Verse 106
पादौ प्रक्षाल्य हस्तौ च अन्तर्जानु त्वपः स्पृशेत् / प्रसन्नस्त्रिः पिबेद्वारि प्रयतः सुसमाहितः
Après avoir lavé les pieds et les mains, qu’il touche l’eau entre les deux genoux. Le cœur apaisé, discipliné et bien recueilli, qu’il boive l’eau trois fois.
Verse 107
द्विरेव मार्जनं कुर्यात्सकृदभ्युक्षणं ततः / खानि मूर्द्धानमात्मानं हस्तौ पादौ तथैव च
Qu’il fasse le mārjana (purification) deux fois, puis une fois l’abhyukṣaṇa. Qu’il purifie les ouvertures des sens, la tête, son corps, ainsi que les mains et les pieds.
Verse 108
अभ्युक्षयेत्ततस्तस्य यद्यन्मीमांसित भवेत् / एवमाचमतस्तस्य वेदा यज्ञास्तपांसि च
Ensuite, tout ce qu’il doit examiner selon la doctrine, qu’il le purifie par l’abhyukṣaṇa. Celui qui accomplit ainsi l’ācaman voit les Veda, les yajña et les austérités porter fruit.
Verse 109
दानानि व्रतचर्याश्च भवन्ति सफलानि वै / क्रियां यः कुरुते मोहादनासम्येह नास्तिकः
Les dons et la pratique des vœux portent assurément du fruit. Mais celui qui, par égarement, accomplit les rites hors du temps prescrit est, sur cette voie du dharma, semblable à un nāstika.
Verse 110
भवन्ति हि वृथा तस्य क्रिया ह्येता न संशयः / वाक्कायबुद्धिपूतानि अस्पृष्टं वाप्यनिन्दितम्
Sans aucun doute, ces actes deviennent vains pour lui. Ce qui est purifié par la parole, le corps et l’intelligence demeure sans souillure et sans blâme.
Verse 111
ज्ञेयान्येतानि मेध्यानि दुष्टमेध्यो विपर्यये / मनोवाक्कायमग्निश्च कालश्चैवोपलेखनम्
Il faut savoir que tout cela est ‘medhya’, ce qui purifie; à l’inverse se trouve le ‘duṣṭa-medhya’. L’esprit, la parole, le corps, le feu et le temps—voilà les moyens de purification.
Verse 112
विख्यापनं च शौचानां नित्यमज्ञानमेव वा / अतो ऽन्यथा तु यः कुर्यान्मोहाच्छौचस्य संकरम्
Proclamer les règles de la pureté, ou demeurer sans cesse dans l’ignorance, peut aussi advenir (comme conséquence). Ainsi, celui qui, par égarement, mêle et confond la pureté, s’égare.
Verse 114
पिशाचान्यातुधानांश्च फलं गच्छत्यसंशयम् / शौचे चाश्रद्दधानो हि म्लेच्छजातिषु जायते १४।११३// अयज्वा चैव पापश्च तिर्यग्योनिगतो ऽपि च / शौचेन मोक्षं कुर्वाणः स्वर्गवासी भवेन्नरः
Sans doute, son fruit échoit aux piśāca et aux yātudhāna. Celui qui n’a pas foi en la pureté renaît parmi les peuples mleccha. Même celui qui n’accomplit pas le yajña, le pécheur, ou celui tombé en matrice animale—s’il œuvre à la délivrance par la pureté, il devient habitant du ciel.
Verse 115
शुचिकामा हि देवा वै देवैश्चैतदुदाहृतम् / बीभत्सानशुचींश्चैव वर्जयन्ति सुराः सदा
Les dieux désirent véritablement la pureté—les devas l’ont eux-mêmes proclamé. Les êtres répugnants et impurs, les suras les évitent toujours.
Verse 116
त्रीणि शौचानि कुर्वन्ति न्यायतः शुभकर्मिणः / ब्रह्मण्यायाति थेयाय शौचयुक्ताय धीमते
Ceux qui accomplissent le bien selon la justice observent trois purifications ; au sage, uni à la pureté, vient l’éclat de la vertu brahmanique et l’esprit du dharma.
Verse 117
पितृभक्ताय दान्ताय सानुक्रोशाय च द्विजाः / तस्मै देवाः प्रयच्छन्ति पितरः श्रीविवर्द्धनाः / मनसाकाङ्क्षितान्कामांस्त्रैलोक्यप्रवरानपि
Ô dvijas ! À celui qui est dévoué aux ancêtres, maître de lui et compatissant, les dieux et les Pitṛ qui accroissent la prospérité accordent les désirs du cœur, même les plus éminents des trois mondes.
Night śrāddha is generally discouraged, but eclipse visibility is treated as an exceptional, high-merit window where prompt performance is strongly enjoined.
Śyāmāka (a millet) and ikṣu (sugarcane) are praised as pleasing and wish-fulfilling for Pitṛs, while certain grains/legumes are flagged as garhya or to be avoided with care in śrāddha contexts.
These references function etiologically and authoritatively: exemplary divine ritual scenes are used to validate the sanctity/efficacy of particular rites and substances, grounding prescriptive lists in sacred precedent.