
Chapter 116 — गयायात्राविधिः (Gayā-yātrā-vidhiḥ) | The Procedure for the Gayā Pilgrimage
Le Seigneur Agni prescrit un itinéraire rituel ordonné (vidhi) pour le pèlerinage de Gayā, centré sur le bain récitant la Gayatrī, l’observance des trois sandhyā (tri-sandhyā) et l’accomplissement du śrāddha le matin et à midi avec le piṇḍa-dāna. Le chapitre décrit Gayā comme un réseau dense de tīrthas, où des stations précises—empreintes (pada), kuṇḍas, śilās, portes et présences divines—sont « activées » par l’offrande, la prosternation et le mantra. Des promesses sotériologiques jalonnent la route : franchir le yoni-dvāra symbolise le non-retour dans le saṃsāra ; la consécration de la vache Vaitaraṇī élève vingt et une générations ; le darśana de Puṇḍarīkākṣa (Viṣṇu) efface la triple dette (ṛṇa-traya). Le texte élargit ensuite du rite des lieux à un culte intégré : formes de Viṣṇu (Gadādhara, Hṛṣīkeśa, Mādhava, Nārāyaṇa, Varāha, Narasiṃha, Vāmana), liṅgas de Śiva (dont les aṣṭa-liṅgas « secrets »), Devīs et Gaṇeśa, faisant du pèlerinage une synthèse liturgique complète. Il s’achève par un stotra-prière à Gadādhara demandant dharma-artha-kāma-mokṣa, attestant la libération des dettes, et exposant la doctrine de l’akṣaya-śrāddha : les rites de Gayā confèrent un mérite impérissable et conduisent les ancêtres vers Brahmaloka.
Verse 1
इत्य् आग्नेये महापुराणे गयामाहात्म्ये गययात्रा नाम पञ्चदशाधिकशततमो ऽध्यायः अथ षोडशाधिकशततमो ऽध्यायः गयायात्राविधिः अग्निर् उवाच गायत्र्यैव महानद्यां स्नातः सन्ध्यां समाचरेत् गायत्र्या अग्रतः प्रातः श्राद्धं पिण्डमथाक्षयं
Ainsi, dans l’Agni Mahāpurāṇa, dans la section du Māhātmya de Gayā, s’achève le cent quinzième chapitre intitulé « Le pèlerinage à Gayā ». Commence maintenant le cent seizième chapitre : « La procédure du pèlerinage à Gayā ». Agni dit : « Après s’être baigné dans le grand fleuve en ne récitant que la Gāyatrī, qu’on accomplisse le culte de Sandhyā. Puis, le matin, en plaçant la Gāyatrī au premier rang comme mantra directeur, qu’on accomplisse le Śrāddha et qu’on offre le piṇḍa, obtenant un mérite impérissable (akṣaya). »
Verse 2
मध्याह्ने चोद्यति स्नात्वा गीतवाद्यैर् ह्युपास्य च सावित्रीपुरतः सन्ध्यां पिण्डदानञ्च तत्पदे
À midi, lorsque le soleil est dans sa course au zénith, après s’être baigné, qu’on accomplisse l’adoration avec chants et musique instrumentale; et, en présence de Sāvitrī, qu’on fasse la Sandhyā de midi et qu’on offre aussi le piṇḍa en ce lieu sacré.
Verse 3
अगस्त्यस्य पदे कुर्याद्योनिद्वारं प्रविश्य च निर्गतो न पुनर्योनिं प्रविशेन्मुच्यते भवात्
Au “pas/siège” sacré d’Agastya, on doit accomplir le rite ; après être entré par la « porte du yoni » puis en être ressorti, qu’on ne rentre plus dans le sein : on est délivré du devenir mondain (saṃsāra).
Verse 4
प्रात इति क मध्याह्ने सरसीति ग मुच्यते भयादिति छ , झ च बलिं काकशिलायाञ्च कुमारञ्च नमेत्ततः स्वर्गद्वार्यां सोमकुण्डे वायुतीर्थे ऽथ पिण्डदः
« Le matin » —marqué par ‘ka’ ; « à midi » —marqué par ‘ga’ ; et, en récitant la formule « on est délivré de la peur » —marqué par ‘cha’ et ‘jha’. Ensuite, qu’on offre un bali (offrande de nourriture), qu’on se prosterne devant le lieu sacré Kākaśilā et devant Kumāra ; puis, à Svargadvārā, à Somakuṇḍa et à Vāyutīrtha, qu’on offre des piṇḍa (boules de riz funéraires du śrāddha).
Verse 5
भवेदाकशगङ्गायां कपिलायाञ्च पिण्डदः कपिलेशं शिवं नत्वा रुक्मिकुण्डे च पिण्डदः
À Ākāśagaṅgā et aussi à Kapilā, on devient donateur de piṇḍa (piṇḍa-dāna). Après s’être incliné devant Kapileśa Śiva, on est également donateur de piṇḍa à Rukmikuṇḍa.
Verse 6
कोटीतीर्थे च कोटीशं नत्वामोघपदे नरः गदालोले वानरके गोप्रचारे च पिण्डदः
À Koṭitīrtha, l’homme, après s’être incliné devant Koṭīśa ; à Amoghapada ; et à Gadālola, Vānaraka et Gopracāra, doit offrir des piṇḍa (boules de riz rituelles).
Verse 7
नत्वा गावं वैतरण्यामेकविंशकुलोद्धृतिः श्राद्धपिण्डप्रदाता स्यात् क्रौञ्चपदे च पिण्डदः
Après s’être incliné (et s’être dûment consacré) devant la vache Vaitaraṇī, on devient le sauveur de vingt et une générations. Qu’on offre les piṇḍa du śrāddha, et qu’au lieu dit Krauñca on devienne aussi donateur de piṇḍa.
Verse 8
तृतीयायां विशालायां निश्चिरायाञ्च पिण्डदः ऋणमोक्षे पापमोक्षे भस्मकुण्डे ऽथ भस्मना
Dans le troisième tīrtha, nommé Viśālā, et aussi à Niścirā, celui qui offre le piṇḍa (oblations funéraires) obtient la délivrance. À Ṛṇamokṣa et à Pāpamokṣa, on est libéré des dettes et des péchés ; et à Bhasmakuṇḍa, le mérite s’acquiert par l’usage de la cendre sacrée (bhasma).
Verse 9
स्नानकृन् मुच्यते पापान्नमेद्देवं जनार्दनम् एष पिण्डो मया दत्तस्तव हस्ते जनार्दन
Celui qui accomplit le bain rituel (snāna) est délivré des péchés. Qu’il se prosterne devant le Dieu Janārdana (Viṣṇu) en disant : « Ô Janārdana, ce piṇḍa, je l’ai offert dans ta main. »
Verse 10
परलोकगते मह्यमक्ष्यय्यमुपतिष्ठतां गयायां पितृरूपेण स्वयमेव जनार्दनः
Quand je serai passé dans l’autre monde, que l’Impérissable (Akṣaya), Janārdana Lui-même—présent à Gayā sous la forme des Pitṛs—se tienne auprès de moi comme soutien infaillible.
Verse 11
तं दृष्ट्वा पुण्डरीकाक्षं मुच्यते वै ऋणत्रयात् मार्कण्डेयेश्वरं नत्वा नमेद्गृध्रेश्वरं नरः
En voyant ce Seigneur aux yeux de lotus, on est assurément délivré de la triple dette. Après s’être incliné devant Mārkaṇḍeyeśvara, l’homme doit aussi s’incliner devant Gṛdhreśvara.
Verse 12
मूलक्षेत्रे महेशस्य धारायां पिण्डदो भवेत् घ च कपिलेशमित्यादिः, गोप्रचारे च पिण्डद इत्य् अन्तः पाठो ग पुस्तके नास्ति श्राद्धे पिण्डप्रदतेति ख भवेदाकाशगङ्गायामैत्यादिः, क्रौञ्चपादे च पिण्डद इत्य् अन्तः पाठः छ पुस्तके नास्ति नमेद्भूतेश्वरं नर इति घ गृध्रकूटे गृध्रवटे धौतपादे च पिण्डदः
Dans le Mūla-kṣetra de Maheśa (Śiva) et à Dhārā, on devient offrandeur de piṇḍas (c’est-à-dire qu’on acquiert le mérite d’accomplir les offrandes de piṇḍa). De même à Kapileśa et dans les autres tīrthas mentionnés. (Certaines recensions ajoutent : « et à Go-pracāra aussi on devient offrandeur de piṇḍas », mais cette leçon est absente du manuscrit ‘ga’.) Dans le śrāddha, il convient d’offrir des piṇḍas (ainsi lit une autre recension). À Ākāśa-gaṅgā aussi, on devient offrandeur de piṇḍas. (Certaines recensions ajoutent : « et à Krauñca-pāda aussi », mais cette leçon interne est absente du manuscrit ‘cha’.) L’homme doit se prosterner devant Bhūteśvara (selon la recension ‘gha’). À Gṛdhra-kūṭa, Gṛdhra-vaṭa et aussi à Dhauta-pāda, (on devient) offrandeur de piṇḍas.
Verse 13
पुष्करिण्यां कर्दमाले रामतीर्थे च पिण्डदः प्रभासेशन्नमेत् प्रेतशिलायां पिण्डदो भवेत्
Celui qui offre des piṇḍa (boules de riz funéraires) à Puṣkariṇī, à Kardamāla et à Rāma-tīrtha, et qui se prosterne devant le Seigneur de Prabhāsa, devient assurément aussi un donateur de piṇḍa à Preta-śilā, obtenant le même mérite que s’il y avait accompli l’offrande.
Verse 14
दिव्यान्तरीक्षभूमिष्ठाः पितरो बान्धवादयः प्रेतादिरूपा मुक्ताः स्युः पिण्डैर् दत्तैर् मयाखिलाः
Les Pitṛs —avec les parents et les autres— demeurant dans les sphères divines, dans l’espace intermédiaire ou sur la terre, même lorsqu’ils existent sous des formes telles que celle de preta, sont tous délivrés grâce aux offrandes de piṇḍa que j’ai données.
Verse 15
स्थानत्रये प्रेतशिला गयाशिरसि पावनी प्रभासे प्रेतकुण्डे च पिण्डदस्तारयेत् कुलम्
En trois lieux — (1) Pretaśilā, (2) Gayāśiras et (3) le purificateur Prabhāsa à Preta-kuṇḍa — celui qui offre des piṇḍa délivre sa lignée.
Verse 16
वसिष्ठेशन्नमस्कृत्य तदग्रे पिण्डदो भवेत् गयानाभौ सुषुम्णायां महाकोष्ट्याञ्च पिण्डदः
Après s’être prosterné devant Vasiṣṭheśa, on doit offrir le piṇḍa devant lui. On doit aussi offrir des piṇḍa à Gayā-nābhi, à Suṣumnā et à Mahākoṣṭī.
Verse 17
गदाधराग्रतो मुण्डपृष्ठे देव्याश् च सन्निधौ मुण्दपृष्ठं नमेदादौ क्षेत्रपालादिसंयुतम्
Au commencement, en présence de la Déesse et devant Gadādhara (Viṣṇu), on doit d’abord se prosterner devant Muṇḍapṛṣṭha, accompagné de Kṣetrapāla et des autres divinités gardiennes.
Verse 18
पूजयित्वा भयं न स्याद्विषरोगादिनाशनम् ब्रह्माणञ्च नमस्कृत्य ब्रह्मलोकं नयेत् कुलम्
Après avoir accompli le culte, il n’y a plus de crainte : cela détruit le poison, les maladies et autres maux. Et, s’étant prosterné devant Brahmā, on conduit sa lignée familiale vers le monde de Brahmā.
Verse 19
सुभद्रां बलभद्रञ्च प्रपूज्य पुरुषोत्तमम् सर्वकामसमायुक्तः कुलमुद्धृत्य नाकभाक्
Après avoir honoré comme il se doit Subhadrā et Balabhadra, puis la Personne suprême (Puruṣottama), on est comblé par l’accomplissement de tous les désirs. Ayant relevé et délivré sa lignée, on obtient une part du ciel.
Verse 20
हृषीकेशं नमस्कृत्य तदग्रे पिण्डदो भवेत् माधवं पूजयित्वा च देवो वैमानिको भवेत्
S’étant incliné devant Hṛṣīkeśa, on doit ensuite offrir devant Lui le piṇḍa (boule de riz funéraire). Et, après avoir adoré Mādhava, on devient un être céleste voyageant en vimāna (char aérien).
Verse 21
महालक्ष्मीं प्रार्च्य गौरीं मङ्गलाञ्च सरस्वतीम् पितॄनुद्धृत्य स्वर्गस्थो भुक्तभोगो ऽत्र शास्त्रधीः
Après avoir honoré comme il se doit Mahālakṣmī, Gaurī, Maṅgalā et Sarasvatī, et après avoir relevé les pitṛ (ancêtres), il demeure au ciel ; et ici, en ce monde, il jouit de prospérité et de plaisirs, doté d’une intelligence fondée sur les śāstra.
Verse 22
ठोत्र झ पुस्तके ऽधिको ऽस्ति प्रेतादिरूपमुक्ता इति ख , ग , घ , ङ , ज च कुलमुद्धृत्य लोकभागिति ग , ज च वशिष्ठेशमित्यादिः, कुलमुद्धृत्य नाकभागित्यन्तः पाठो झ पुस्तके नास्ति देवैर् वैमानिक इति छ द्वादशादित्यमभ्यर्य वह्निं रेवन्तमिन्द्रकम् रोगादिमुक्तः स्वर्गी स्याच्छ्रीकपर्दिविनायकम्
Après avoir honoré comme il se doit les Douze Āditya, Agni, Revanta, Indra et Śrīkapardi-Vināyaka, on est délivré des maladies et d’autres afflictions. Et, après la mort, on atteint le ciel, devenant parmi les dieux un être céleste voyageant en vimāna.
Verse 23
प्रपूज्य कार्त्तिकेयञ्च निर्विघ्नः सिद्धिमाप्नुयात् सोमनाथञ्च कालेशङ्केदारं प्रपितामहम्
Après avoir dûment vénéré Kārttikeya, on obtient la réussite sans obstacles ; et l’on doit aussi adorer Somanātha, Kāleśa, Kedāra et Prapitāmaha.
Verse 24
सिद्धेश्वरञ्च रुद्रेशं रामेशं ब्रह्मकेश्वरम् अष्टलिङ्गानि गुह्यानि पूजयित्वा तु सर्वभाक्
Après avoir adoré les huit liṅga secrets—Siddheśvara, Rudreśa, Rāmeśa et Brahmakeśvara—on devient participant de tous les mérites et accomplissements auspices.
Verse 25
नारायणं वराहञ्च नारसिंहं नमेच्छ्रिये ब्रह्मविष्णुमहेशाख्यं त्रिपुरघ्नमशेषदम्
Pour la prospérité auspice (śrī), je me prosterne devant Nārāyaṇa, Varāha et Narasiṃha ; et devant l’Unique connu sous les noms de Brahmā, Viṣṇu et Maheśa—Tripuraghna, le destructeur des trois cités, dispensateur de tous les dons.
Verse 26
सीतां रामञ्च गरुडं वामनं सम्प्रपूज्य च सर्वकामानवाप्नोति ब्रह्मलोकं नयेत् पितॄन्
Après avoir dûment vénéré aussi Sītā, Rāma, Garuḍa et Vāmana, on obtient tous les buts désirés et l’on conduit ses ancêtres à Brahmaloka.
Verse 27
देवैः सार्धं सम्प्रपूज्य देवमादिगदाधरम् ऋणत्रयविनिर्मुक्तस्तारयेत् सकलं कुलम्
Après avoir dûment vénéré, avec les dieux, le Seigneur divin—Ādi, le Primordial, porteur de la massue—on est délivré de la triple dette et l’on peut sauver toute sa lignée.
Verse 28
देवरूपा शिला पुण्या तस्माद्देवमयी शिला गयायां नहि तत् स्थानं यत्र तीर्थं न विद्यते
La pierre qui porte la forme d’une divinité est source de mérite; ainsi cette pierre est véritablement d’essence divine. À Gayā, il n’est aucun lieu où l’on ne trouve un tīrtha, gué sacré.
Verse 29
यन्नाम्ना पातयेत् पिण्डं तन्नयेद्ब्रह्म शाश्वतम् फल्ग्वीशं फल्गुचण्डीं च प्रणम्याङ्गारकेश्वरम्
Quel que soit le nom sacré invoqué lors de l’offrande du piṇḍa, cet acte même conduit le défunt au Brahman éternel. Après s’être prosterné devant Phalgvīśa, Phalgucaṇḍī et Aṅgārakeśvara (Seigneur de Mars), on doit accomplir le rite.
Verse 30
मतङ्गस्य पदे श्राद्धी भरताश्रमके भवेत् हंसतीर्थे कोटितीर्थे यत्र पाण्डुशिलान्नदः
On doit accomplir le śrāddha à l’Empreinte de Mataṅga; de même à l’ermitage de Bharata—à Haṃsa-tīrtha et à Koṭi-tīrtha—là où coule la rivière nommée Pāṇḍuśilā.
Verse 31
तत्र स्यादग्निधारायां मधुस्रवसि पिण्डदः रुद्रेशं किलिकिलेशं नमेद्वृद्धिविनायकम्
Là, dans le (nyāsa/mantra) nommé Agnidhārā, dans la (forme dite) Madhusravas, et en tant que Piṇḍada, on doit se prosterner devant Rudreśa, Kilikileśa et Vṛddhi-Vināyaka.
Verse 32
पिण्डदो धेनुकारण्ये पदे धेनोर् नमेच्च गाम् पूजयित्वाथेति क , घ , ङ , ज च नमेद्बुद्धिविनायकमिति ख , ग , छ च नमेद्वृद्धविनायकमिति घ सर्वान् पितॄंस्तारयेच्च सरस्वत्याञ्च पिण्डदः
L’officiant qui offre le piṇḍa (Piṇḍada), dans le « Dhenukāraṇya » (forêt de Dhenukā), doit se prosterner au lieu de l’empreinte de la vache et, après avoir honoré la vache, réciter les formules prescrites. Qu’il se prosterne en disant : « Hommage à Buddhi-Vināyaka », puis se prosterne en disant : « Hommage à Vṛddhi-Vināyaka ». Ainsi l’officiant délivre tous les Pitṛs (ancêtres) et apaise aussi Sarasvatī.
Verse 33
सन्ध्यामुपास्य सायाह्ने नमेद्देवीं सरस्वतीम् त्रिसन्ध्याकृद्भवेद्विप्रो वेदवेदाङ्गपारगः
Après avoir accompli le culte de Sandhyā, au soir il doit se prosterner devant la déesse Sarasvatī. Le brāhmaṇa qui observe les rites aux trois jonctions du jour (trisandhyā) devient maître du Veda et des Vedāṅga.
Verse 34
गयां प्रदक्षिणीकृत्य गयाविप्रान् प्रपूज्य च अन्नदानादिकं सर्वं कृतन्तत्राक्षयं भवेत्
Après avoir fait la circumambulation (pradakṣiṇā) de Gayā et honoré comme il se doit les brāhmaṇas de Gayā, tous les actes accomplis en ce lieu—tels que le don de nourriture et autres—deviennent impérissables (akṣaya), au mérite inépuisable.
Verse 35
स्तुत्वा सम्प्रार्थयेदेवमादिदेवं गदाधरम् गदाधरं गयावासं पित्रादीनां गतिप्रदम्
Après avoir loué, qu’on adresse une prière fervente au Seigneur—au Dieu primordial (Ādideva), Gadādhara. Gadādhara, qui demeure à Gayā, accorde aux ancêtres (pitṛ) et aux autres le passage salvateur et l’obtention de la destinée.
Verse 36
धर्मार्थकाममोक्षार्थं योगदं प्रणमाम्यहम् देहेन्द्रियमनोबुद्धिप्राणाहङ्कारवर्जितम्
Pour l’obtention du dharma, de l’artha, du kāma et du mokṣa, je me prosterne devant le Donateur du Yoga—Lui qui est dépourvu de corps, de sens, de mental, d’intellect, de prāṇa (souffle vital) et d’ahaṅkāra (ego).
Verse 37
नित्यशुद्धं बुद्धियुक्तं सत्यं ब्रह्म नमाम्यहम् आनन्दमद्वयं देवं देवदानववन्दितम्
Je me prosterne devant le Brahman véritable—éternellement pur et doté d’une intelligence parfaite—, le Seigneur non-duel, de nature béatifique (ānanda), vénéré par les dieux comme par les Dānavas.
Verse 38
देवदेवीवृन्दयुक्तं सर्वदा प्रणमाम्यहम् कलिकल्मषकालार्तिदमनं वनमालिनम्
Je me prosterne sans cesse devant Celui qui est entouré de la multitude des dieux et des déesses; Lui qui dompte la souffrance de l’âge de Kali et l’impureté de Kali, Celui qui est paré d’une guirlande de fleurs de la forêt (vanamālā).
Verse 39
पालिताखिललोकेशं कुलोद्धरणमानसम् व्यक्ताव्यक्तविभक्तात्माविभक्तात्मानमात्मनि
Je prends refuge dans le Seigneur de tous les mondes, protecteur de l’univers entier; dont l’esprit est voué à relever les lignées; dont le Soi est discerné comme le manifeste et le non-manifeste, et pourtant, en Son propre Soi, demeure indivisé.
Verse 40
स्थितं स्थिरतरं सारं वन्दे घोराघमर्दनम् आगतो ऽस्मि गयां देव पितृकार्ये गदाधरः
Je me prosterne devant Celui qui demeure ferme—plus ferme que tout—l’Essence même, le Broyeur du péché redoutable. Ô Dieu, je suis venu à Gayā pour le rite dû aux ancêtres; Tu es Gadādhara, le Porteur de la massue.
Verse 41
त्वं मे साक्षी भवाद्येह अनृणो ऽहमृणत्रयात् द्धबुद्धियुक्तमिति घ , छ च कालार्तिनाशनमिति घ कालार्तिदलनमिति ग , ङ , घ , ज च पालिताखिलदेवेशमिति घ स्थिततरमिति ग , घ , ङ च वन्देहमरिमर्दनमिति ङ वन्दे संसारमर्दनमिति ज साक्षिणः सन्तु मे देवा ब्रह्मेशानादयस् तथा
Sois mon témoin ici et maintenant, afin que je sois délivré de la triple dette (envers les dieux, les ṛṣi et les ancêtres). (Dans certaines recensions, on lit des variantes : « doté d’une résolution ferme » ; « destructeur des afflictions du temps » ; « broyeur des afflictions du temps » ; « protecteur de tous, Seigneur des dieux » ; « le plus ferme » ; « je me prosterne devant le broyeur des ennemis » ; « je me prosterne devant le broyeur du saṃsāra ».) Et que les dieux—Brahmā, Īśāna (Śiva) et les autres—soient aussi mes témoins.
Verse 42
मया गयां समासाद्य पितॄणां निष्कृतिः कृता गयामाहात्म्यपठनाच्छ्राद्धादौ ब्रह्मलोकभाक्
Étant parvenu à Gayā, j’ai accompli l’expiation (et la délivrance) des ancêtres. Par la récitation du Gaya-māhātmya, celui qui accomplit le Śrāddha et les rites connexes devient participant de Brahmaloka.
Verse 43
पितॄणामक्षयं श्राद्धमक्षयं ब्रह्मलोकदम्
Ce śrāddha offert aux Pitṛs est impérissable quant à son mérite ; et, parce qu’il est impérissable, il confère l’accès au monde de Brahmā (Brahmaloka).
Bathing in the great river while reciting the Gāyatrī, followed by Sandhyā worship, and then morning śrāddha with piṇḍa-dāna with Gāyatrī placed foremost.
It assigns specific salvific effects to tīrtha-stations (yoni-dvāra non-return symbolism, Vaitaraṇī cow uplifting twenty-one generations, darśana removing ṛṇa-traya) and culminates in akṣaya-śrāddha and Gadādhara-prayer aimed at dharma-artha-kāma-mokṣa.
Gadādhara (Viṣṇu at Gayā) is invoked as witness and savior for pitṛ-kārya, the remover of the threefold debt, and the giver of puruṣārthas, anchoring the rite in both devotion and doctrinal soteriology.
The chapter preserves recensional variants and manuscript notes (e.g., absent or added lines in specific manuscript groups), indicating a living ritual-text tradition with localized readings.