Adhyaya 59
Avanti KhandaReva KhandaAdhyaya 59

Adhyaya 59

Mārkaṇḍeya décrit une puṣkariṇī (bassin sacré) qui détruit les péchés et qu’il convient de visiter pour se purifier. Située sur la rive nord de la Revā, elle est dite d’un auspice incomparable, car Divākara (le Soleil), reconnu comme vedamūrti—incarnation des Veda—y demeure sans cesse. Le mérite de ce tīrtha est comparé à celui de Kurukṣetra, notamment pour l’obtention de tous les désirs (sarvakāma-phala) et pour l’accroissement du fruit des dons (dāna-vṛddhi). Le chapitre énonce ensuite les mérites de diverses aumônes et observances : se baigner lors d’une éclipse solaire puis accomplir le dāna selon la règle (objets précieux et bétail), offrir or et argent aux brāhmaṇa avec un mérite multiplié sur treize jours, et pratiquer le tarpaṇa avec de l’eau mêlée de sésame pour satisfaire les pitṛ et les divinités. Le śrāddha avec payasa, miel et ghee est dit procurer le ciel et un bienfait impérissable aux ancêtres ; les offrandes de grains et de fruits (akṣata, badara, bilva, iṅguda, tila) donnent pareillement des résultats inépuisables. Le cœur dévotionnel culmine dans l’adoration solaire : bain, pūjā à Divākara, récitation de l’Ādityahṛdaya et japa védique (ne fût-ce qu’un seul ṛc/yajus/sāman) confèrent le fruit complet des Veda, délivrent des fautes et ouvrent l’accès à un séjour sublime. Enfin, il est affirmé que celui qui y quitte la vie selon le rite atteint la station suprême liée au Soleil.

Shlokas

Verse 1

श्रीमार्कण्डेय उवाच । ततः पुष्करिणीं गच्छेत्सर्वपापप्रणाशिनीम् । श्रुते यस्याः प्रभावे तु सर्वपापैः प्रमुच्यते

Śrī Mārkaṇḍeya dit : Ensuite, qu’on se rende à Puṣkariṇī, qui détruit tous les péchés. En vérité, rien qu’en entendant parler de sa puissance, on est délivré de toute faute.

Verse 2

रेवाया उत्तरे कूले तीर्थं परमशोभनम् । यत्रास्ते सर्वदा देवो वेदमूर्तिर्दिवाकरः

Sur la rive nord de la Revā se trouve un tīrtha d’une beauté suprême ; là demeure à jamais le dieu Divākara, le Soleil, incarnation des Veda.

Verse 3

कुरुक्षेत्रं यथा पुण्यं सार्वकामिकमुत्तमम् । इदं तीर्थं तथा पुण्यं सर्वकामफलप्रदम्

De même que Kurukṣetra est d’un mérite suprême et le meilleur pour accomplir tous les vœux, ainsi ce tīrtha est méritoire, donnant le fruit de chaque désir.

Verse 4

कुरुक्षेत्रे यथा वृद्धिर्दानस्य जगतीपते । पुष्करिण्यां तथा दानं वर्धते नात्र संशयः

Ô seigneur de la terre, de même qu’à Kurukṣetra le mérite des dons s’accroît, de même à Puṣkariṇī l’aumône grandit ; là-dessus, point de doute.

Verse 5

यवमेकं तु यो दद्यात्सौवर्णं मस्तके नृप । पुष्करिण्यां तथा स्थानं यथा स्थानं नरे स्मृतम्

Ô roi, quiconque offre à Puṣkariṇī ne fût-ce qu’un seul grain d’orge surmonté d’or atteint cet état sublime, célébré comme la véritable « demeure » de l’homme.

Verse 6

सूर्यग्रहे तु यः स्नात्वा दद्याद्दानं यथाविधि । हस्त्यश्वरथरत्नादि गृहं गाश्च युगंधरान्

Mais celui qui, au moment de l’éclipse solaire, s’y baigne puis fait l’aumône selon la règle—éléphants, chevaux, chars, joyaux et autres, maisons et vaches dignes du joug—acquiert un mérite immense.

Verse 7

सुवर्णं रजतं वापि ब्राह्मणेभ्यो ददाति यः । त्रयोदश दिनं यावत्त्रयोदशगुणं भवेत्

Celui qui donne de l’or ou de l’argent aux brāhmaṇas—jusqu’à treize jours d’une telle offrande—voit son mérite devenir treize fois plus grand.

Verse 8

तिलमिश्रेण तोयेन तर्पयेत्पितृदेवताः । द्वादशाब्दे भवेत्प्रीतिस्तत्र तीर्थे महीपते

Ô roi, en ce gué sacré, il faut apaiser les Pitṛs et les divinités par de l’eau mêlée de sésame. Par cet acte, les Pères demeurent satisfaits durant douze années en ce tīrtha.

Verse 9

यस्तत्र कुरुते श्राद्धं पायसैर्मधुसर्पिषा । श्राद्धदो लभते स्वर्गं पित्ःणां दत्तमक्षयम्

Quiconque y accomplit le śrāddha, offrant du pāyasa avec du miel et du ghee—un tel donateur de śrāddha atteint le ciel, et ce qui est donné aux Pitṛs devient impérissable.

Verse 10

अक्षतैर्बदरैर्बिल्वैरिङ्गुदैर्वा तिलैः सह । अक्षयं फलमाप्नोति तस्मिंस्तीर्थे न संशयः

Avec des akṣata (grains intacts), des badara (jujubes), des fruits de bilva, des fruits d’iṅguda, ou avec du sésame—on obtient un fruit impérissable en ce tīrtha; sans aucun doute.

Verse 11

तत्र स्नात्वा तु यो देवं पूजयेच्च दिवाकरम् । आदित्यहृदयं जप्त्वा पुनरादित्यमर्चयेत् । स गच्छेत्परमं लोकं त्रिदशैरपि वन्दितम्

Après s’y être baigné, celui qui adore le Seigneur Soleil et, après avoir récité l’Āditya-hṛdaya, vénère de nouveau Āditya, parvient au monde suprême, honoré même par les dieux.

Verse 12

ऋचमेकां जपेद्यस्तु यजुर्वा साम एव च । स समग्रस्य वेदस्य फलमाप्नोति वै नृप

Mais celui qui récite ne fût-ce qu’un seul Ṛk, ou un Yajus, ou encore un Sāman, obtient assurément le fruit de tout le Veda, ô roi.

Verse 13

यस्त्र्यक्षरं जपेन्मन्त्रं ध्यायमानो दिवाकरम् । आदित्यहृदयं जप्त्वा मुच्यते सर्वपातकैः

Celui qui, méditant sur le Soleil, récite un mantra de trois syllabes et (aussi) récite l’Āditya-hṛdaya, est délivré de tous les péchés.

Verse 14

यस्तत्र विधिवत्प्राणांस्त्यजते नृपसत्तम । स गच्छेत्परमं स्थानं यत्र देवो दिवाकरः

Ô le meilleur des rois, celui qui y quitte la vie selon le rite prescrit atteint la demeure suprême, là où réside le Soleil divin.

Verse 59

। अध्याय

Fin du chapitre (adhyāya).