
Yati-Āśrama: Bhikṣā-vidhi, Īśvara-dhyāna, and Prāyaścitta (Mahādeva as Non-dual Brahman)
Ce chapitre poursuit l’enseignement du dharma et de la mokṣa dans l’Uttara-bhāga et expose la subsistance disciplinée du renonçant (yati/bhikṣu) : l’aumône (bhikṣā) comme nourriture réglée, un minimum d’attaches sociales, et des règles de quête qui n’accablent pas les maîtres de maison (moment juste, brièveté, silence). Il passe ensuite de la conduite extérieure à la pratique intérieure : offrande à Āditya, oblation du prāṇa, nourriture mesurée, contemplation nocturne et aux jonctions de sandhyā, culminant en une méditation védantique sur le Suprême comme Lumière demeurant dans le cœur et transcendant le tamas. Śiva est loué comme Mahēśa/Mahādeva et identifié au Brahman impérissable, non duel (semblable au vyoma/ākāśa, soleil intérieur), établissant l’harmonie Hari–Hara dans un registre advaita centré sur Īśvara. La dernière partie codifie les prāyaścitta pour les manquements du renonçant (désir, mensonge, vol, violence involontaire, faiblesse des sens), prescrivant à plusieurs reprises prāṇāyāma et des vœux austères (kṛcchra, sāṃtapana, cāndrāyaṇa) afin de restaurer l’intégrité yogique. La conclusion réserve la transmission aux récipients qualifiés, préparant aux enseignements yogico-gnostiques plus ésotériques à venir.
Verse 1
इति श्रीकूर्मपुराणे षट्साहस्त्र्यां संहितायामुपरिविभागे ऽष्टाविंशो ऽध्यायः व्यास उवाच एवं स्वाश्रमनिष्ठानां यतीनां नियतात्मनाम् / भैक्षेण वर्तनं प्रोक्तं फलमूलैरथापि वा
Ainsi, dans le Śrī Kūrma Purāṇa, dans la Saṃhitā de six mille vers, dans la section ultérieure, (commence) le vingt-huitième chapitre. Vyāsa dit : «De cette manière, pour les yati (ascètes) fermes dans leur āśrama-dharma et maîtres d’eux-mêmes, le mode de subsistance est prescrit par la bhikṣā (aumône) ; ou bien, à défaut, par les fruits et les racines».
Verse 2
एककालं चरेद् भैक्षं न प्रसज्येत विस्तरे / भैक्षे प्रसक्तो हि यतिर्विषयेष्वपि सज्जति
Que le renonçant ne quête la bhikṣā (aumône) qu’une seule fois par jour, et qu’il ne s’attarde pas en relations prolongées. Car le yati attaché à la quête d’aumônes s’attache aisément aussi aux objets des sens.
Verse 3
सप्तागारं चरेद् भैक्षमलाभात् तु पुनश्चरेत् / प्रक्षाल्य पात्रे भुञ्जीयादद्भिः प्रक्षालयेत् तु तत्
Que le mendiant aille quêter l’aumône à sept maisons ; s’il n’obtient pas de nourriture, qu’il y retourne encore. Après avoir lavé son bol, qu’il mange dans ce récipient, puis qu’il le rince de nouveau avec de l’eau.
Verse 4
अथवान्यदुपादाय पात्रे भुञ्जीत नित्यशः / भुक्त्वा तत् संत्यजेत् पात्रं यात्रामात्रमलोलुपः
Ou bien, prenant un autre récipient pur, qu’il mange chaque jour dans un bol ; puis, après avoir mangé, qu’il abandonne ce récipient—sans avidité, ne prenant que le strict nécessaire pour soutenir le voyage de la vie.
Verse 5
विधूमे सन्नमुसले व्यङ्गारे भुक्तवज्जने / वृत्ते शरावसंपाते भिक्षां नित्यं यतिश्चरेत्
Le renonçant doit aller quêter chaque jour seulement lorsque le feu du foyer est sans fumée, que pilon et mortier ont été rangés, que les braises se sont refroidies, que les gens ont fini de manger et que les ustensiles ont été remisés—afin que sa quête ne soit pas un fardeau pour le maître de maison.
Verse 6
गोदोहमात्रं तिष्ठेत कालं भिक्षुरधोमुखः / भिक्षेत्युक्त्वा सकृत् तूष्णीमश्नीयाद् वाग्यतः शुचिः
Le mendiant doit se tenir debout, le visage baissé, seulement le temps qu’il faut pour traire une vache. Après avoir demandé une seule fois : « Aumône », qu’il mange en silence—la parole maîtrisée et le dedans pur.
Verse 7
प्रक्षाल्य पाणिपादौ च समाचम्य यथाविधि / आदित्ये दर्शयित्वान्नं भुञ्जीत प्राङ्मुखोत्तरः
Après s’être lavé les mains et les pieds et avoir accompli l’ācamana selon le rite, qu’il présente la nourriture au Soleil (Āditya), puis qu’il mange, assis face à l’est ou au nord.
Verse 8
हुत्वा प्राणाहुतीः पञ्च ग्रासानष्टौ समाहितः / आचम्य देवं ब्रह्माणं ध्यायीत परमेश्वरम्
Après avoir offert les cinq oblations aux souffles vitaux, et après avoir pris huit bouchées l’esprit recueilli, qu’il accomplisse l’ācamana, puis médite sur le Seigneur Suprême—Brahman, le divin Parameśvara.
Verse 9
अलाबुं दारुपात्रं च मृण्मयं वैणवं ततः / चत्वारि यतिपात्राणि मनुराह प्रजापतिः
Un récipient de calebasse, un bol de bois, un bol d’argile, puis un bol de bambou : tels sont les quatre bols d’aumône pour l’ascète, ainsi que l’a déclaré Manu, le Prajāpati, Seigneur des créatures.
Verse 10
प्राग्रात्रे पररात्रे च मध्यरात्रे तथैव च / संध्यास्वह्नि विशेषेण चिन्तयेन्नित्यमीश्वरम्
Au début de la nuit, à la fin de la nuit, et de même à minuit ; et tout particulièrement aux sandhyā, les jonctions du jour, qu’on contemple sans cesse Īśvara.
Verse 11
कृत्वा हृत्पद्मनिलये विश्वाख्यं विश्वसंभवम् / आत्मानं सर्वभूतानां परस्तात् तमसः स्थितम्
Ayant établi dans le lotus du cœur le Soi—nommé « le Tout » et source d’où naît l’univers—qu’on contemple ce Soi suprême de tous les êtres, demeurant au-delà des ténèbres du tamas.
Verse 12
सर्वस्याधारभूतानामानन्दं ज्योतिरव्ययम् / प्रधानपुरुषातीतमाकाशं दहनं शिवम्
Il est la Lumière impérissable, béatitude, fondement de tout support. Transcendant Pradhāna (la Nature primordiale) et Puruṣa, il est l’Éther qui pénètre tout et le Feu qui consume : Śiva, le Suprême Auspicieux.
Verse 13
तदन्तः सर्वभावानामीश्वरं ब्रह्मरूपिणम् / ध्यायेदनादिमद्वैतमानन्दादिगुणालयम्
Qu’on médite sur le Seigneur qui demeure au-dedans de tous les états de l’être—lui-même de la forme de Brahman—sans commencement, non-duel, demeure de la béatitude et de toutes les qualités divines.
Verse 14
महान्तं परमं ब्रह्म पुरुषं सत्यमव्ययम् / सितेतरारुणाकारं महेशं विश्वरूपिणम्
J’adore le Grand Être—le Brahman suprême, la Personne transcendante—Vérité même et impérissable; Mahēśa, dont la forme resplendit blanche et aussi rougeoyante, et qui porte la forme de l’univers entier.
Verse 15
ओङ्कारान्ते ऽथ चात्मानं संस्थाप्य परमात्मनि / आकाशे देवमीशानं ध्यायीताकाशमध्यगम्
Puis, à la fin de l’énonciation de Oṃ, ayant établi son propre soi dans le Soi suprême, qu’on médite sur le Seigneur Īśāna (Śiva) comme Présence divine dans l’éther, demeurant au cœur même de l’espace.
Verse 16
कारणं सर्वभावानामानन्दैकसमाश्रयम् / पुराणं पुरुषं शंभुं ध्यायन् मुच्येत बन्धनात्
Celui qui médite sur Śambhu—le Puruṣa primordial, cause de tous les états de l’être, dont l’unique refuge est la béatitude—est délivré des liens.
Verse 17
यद्वा गुहायां प्रकृतौ जगत्संमोहनालये / विचिन्त्य परमं व्योम सर्वभूतैककारणम्
Ou bien, dans la caverne de Prakṛti—demeure de l’illusion qui envoûte le monde—qu’on contemple le «Vyoma» suprême, l’étendue qui pénètre tout, comme l’unique cause de tous les êtres.
Verse 18
जीवनं सर्वभूतानां यत्र लोकः प्रलीयते / आनन्दं ब्रह्मणः सूक्ष्मं यत् पश्यन्ति मुमुक्षवः
Cette Réalité suprême est la vie même de tous les êtres, en laquelle le monde se résorbe. Elle est la béatitude subtile de Brahman, contemplée par ceux qui aspirent à la délivrance.
Verse 19
तन्मध्ये निहितं ब्रह्म केवलं ज्ञानलक्षणम् / अनन्तं सत्यमीशानं विचिन्त्यासीत संयतः
En son sein repose Brahman, pur, n’ayant pour signe que la conscience. Méditant le Seigneur Īśāna comme infini et véridique, le chercheur discipliné doit demeurer maître de soi et recueilli.
Verse 20
गुह्याद् गुह्यतमं ज्ञानं यतीनामेतदीरितम् / यो ऽनुतिष्ठेन्महेशेन सो ऽश्नुते योगमैश्वरम्
Voici la connaissance la plus secrète—plus cachée que tout ce qui est caché—enseignée aux yogins renonçants. Celui qui la met en pratique selon Maheśa (Śiva) obtient le Yoga divin et souverain.
Verse 21
तस्माद् ध्यानरतो नित्यमात्मविद्यापरायणः / ज्ञानं समभ्यसेद् ब्राह्मं येन मुच्येत बन्धनात्
Ainsi, toujours adonné à la méditation et voué à la science du Soi, qu’on cultive avec ardeur la connaissance de Brahman, par laquelle on est délivré des liens.
Verse 22
मत्वा पृथक् स्वमात्मानं सर्वस्मादेव केवलम् / आनन्दमजरं ज्ञानं ध्यायीत च पुनः परम्
Ayant compris que son propre Soi est distinct—absolument solitaire et séparé de tout—qu’on médite de nouveau sur le Suprême : la Réalité bienheureuse, sans vieillesse, qui est pure Conscience.
Verse 23
यस्मात् भवन्ति भूतानि यद् गत्वा नेह जायते / स तस्मादीश्वरो देवः परस्माद् यो ऽधितिष्ठति
Cel de qui procèdent tous les êtres, et qu’ayant atteint on ne renaît plus ici—Lui est ce Seigneur (Īśvara), le Divin, qui préside au-delà même du plus haut (parasma).
Verse 24
यदन्तरे तद् गगनं शाश्वतं शिवमव्ययम् / यदंशस्तत्परो यस्तु स देवः स्यान्महेश्वरः
Ce qui demeure au-dedans de tout est la Réalité semblable au Ciel—éternelle, propice (Śiva) et impérissable. Et la divinité vouée à ce Suprême, dont tout ceci est une part, est bien Mahēśvara.
Verse 25
व्रतानि यानि भिक्षूणां तथैवोपव्रतानि च / एकैकातिक्रमे तेषां प्रायश्चित्तं विधीयते
Pour les vœux (vrata) prescrits aux mendiants sacrés, ainsi que pour leurs observances secondaires (upavrata), une expiation (prāyaścitta) est fixée pour chaque transgression prise séparément.
Verse 26
उपेत्य च स्त्रियं कामात् प्रायश्चित्तं समाहितः / प्राणायामसमायुक्तं कुर्यात् सांतपनं शुचिः
Si un homme s’approche d’une femme par désir, alors, l’esprit recueilli, il doit accomplir l’expiation : une fois purifié, qu’il pratique la pénitence sāṃtapana, accompagnée de la discipline du prāṇāyāma.
Verse 27
ततश्चरेत नियमात् कृच्छ्रं संयतमानसः / पुनराश्रममागम्य चरेद् भिश्रुरतन्द्रितः
Ensuite, l’esprit maîtrisé, qu’il accomplisse l’austérité kṛcchra selon la règle ; puis, revenu à son āśrama (son état et sa discipline de vie), qu’il poursuive son existence—révérencieux, maître de soi, et sans relâche.
Verse 28
न धर्मयुक्तमनृतं हिनस्तीति मनीषिणः / तथापि च न कर्तव्यं प्रसङ्गो ह्येष दारुणः
Les sages déclarent qu’un mensonge employé au service du dharma ne cause pas de tort ; pourtant, même ainsi, il ne faut pas y recourir, car c’est une brèche redoutable, qui mène aisément à de lourdes conséquences.
Verse 29
एकरात्रोपवासश्च प्राणायामशतं तथा / उक्त्वानृतं प्रकर्तव्यं यतिना धर्मलिप्सुना
Pour un yati, le renonçant avide de dharma, s’il a proféré un mensonge, qu’il accomplisse une expiation : un jeûne d’une nuit et, de même, cent cycles de prāṇāyāma.
Verse 30
परमापद्गतेनापि न कार्यं स्तेयमन्यतः / स्तेयादभ्यधिकः कश्चिन्नास्त्यधर्म इति स्मृतिः / हिंसा चैषापरा दिष्टा या चात्मज्ञाननाशिका
Même tombé dans la détresse la plus extrême, on ne doit pas voler le bien d’autrui. La Smṛti déclare qu’il n’est pas d’adharma pire que le vol. Cela est tenu pour une violence plus haute et plus subtile, car elle détruit la connaissance du Soi (Ātman).
Verse 31
यदेतद् द्रविणं नाम प्राण ह्येते बहिश्वराः / स तस्य हरति प्राणान् यो यस्य हरते धनम्
Ce qu’on nomme « richesse » est, en vérité, le souffle de vie lui-même ; ces puissances extérieures ne sont que des seigneurs du dehors. Ainsi, quiconque prend le bien d’autrui lui ravit son propre souffle vital.
Verse 32
एवं कृत्वा स दुष्टात्मा भिन्नवृत्तो व्रताच्च्युतः / भूयो निर्वेदमापन्नश्चरेच्चान्द्रायणव्रतम्
Après avoir agi ainsi, cet homme à l’âme mauvaise—dont la conduite s’est brisée et qui est tombé de son vœu—doit, de nouveau saisi de repentir, entreprendre le vœu de Cāndrāyaṇa en expiation.
Verse 33
विधिना शास्त्रदृष्टेन संवत्सरमिति श्रुतिः / भूयो निर्वेदमापन्नश्चरेद् भिक्षुरतन्द्रितः
L’Écriture enseigne que, selon la règle établie par les śāstra, on doit l’observer durant une année. Ensuite, ayant atteint un détachement plus profond, le mendiant doit poursuivre sa vie avec ardeur, sans aucune négligence.
Verse 34
अकस्मादेव हिंसां तु यदि भिक्षुः समाचरेत् / कुर्यात्कृछ्रातिकृच्छ्रं तु चान्द्रायणमथापि वा
Si un mendiant (bhikṣu) commet une violence sans intention, qu’il accomplisse la dure expiation nommée kṛcchrātikṛcchra; ou bien qu’il entreprenne le vœu de Cāndrāyaṇa en réparation.
Verse 35
स्कन्देदिन्द्रियदौर्बल्यात् स्त्रियं दृष्ट्वा यतिर्यदि / तेन धारयितव्या वै प्राणायामास्तु षोडश / दिवास्कन्दे त्रिरात्रं स्यात् प्राणायामशतं तथा
Si, par faiblesse des sens, un ascète (yati) pose son regard sur une femme avec une chute de maîtrise, qu’il se raffermisse en accomplissant seize prāṇāyāma. Si l’écart survient le jour, qu’il l’observe durant trois nuits; et l’on prescrit pareillement cent prāṇāyāma.
Verse 36
एकान्ने मधुमांसे च नवश्राद्धे तथैव च / प्रत्यक्षलवणे चोक्तं प्राजापत्यं विशोधनम्
Pour la faute d’un repas à plat unique, et (la consommation de) miel et de viande, ainsi que dans le cas d’un śrāddha tout récemment accompli, et aussi lorsque le sel est pris directement, l’observance Prajāpatya est ici prescrite comme expiation purificatrice.
Verse 37
ध्याननिष्ठस्य सततं नश्यते सर्वपातकम् / तस्मान्महेश्वरं ज्ञात्वा तस्य ध्यानपरो भवेत्
Pour celui qui demeure constamment établi dans la méditation, toute faute s’efface sans cesse. C’est pourquoi, ayant véritablement connu Mahēśvara, qu’on se voue à la méditation sur Lui.
Verse 38
यद् ब्रह्म परमं ज्योतिः प्रतिष्ठाक्षरमद्वयम् / यो ऽन्तरात्र परं ब्रह्म स विज्ञेयो महेश्वरः
Ce Brahman, Lumière suprême—ultime fondement, impérissable et non-duel—Celui qui, comme le Soi intérieur, est ce Brahman suprême : c’est Lui qu’il faut connaître comme Mahēśvara.
Verse 39
एष देवो महादेवः केवलः परमः शिवः / तदेवाक्षरमद्वैतं तदादित्यान्तरं परम्
Lui seul est le Dieu—Mahādeva, l’unique Śiva suprême. Lui seul est l’Impérissable, la Réalité non-duelle ; Il est la Lumière intérieure suprême au sein du Soleil (Āditya).
Verse 40
यस्मान्महीयते देवः स्वधाम्नि ज्ञानसंज्ञिते / आत्मयोगाह्वये तत्त्वे महादेवस्ततः स्मृतः
Parce que le Seigneur est glorifié dans Sa propre demeure—nommée Connaissance—au sein de la Réalité appelée ‘Ātma-yoga’ (le yoga du Soi), Il est donc commémoré comme Mahādeva, le Grand Dieu.
Verse 41
नान्यद् देवान्महादेवाद् व्यतिरिक्तं प्रपश्यति / तमेवात्मानमन्वेति यः स याति परं पदम्
Celui qui ne voit aucune divinité comme séparée de Mahādeva, et qui Le suit Lui seul comme l’Ātman même, atteint l’état suprême (parama-pada).
Verse 42
मन्यते ये स्वमात्मानं विभिन्नं परमेश्वरात् / न ते पश्यन्ति तं देवं वृथा तेषां परिश्रमः
Ceux qui s’imaginent que leur propre Ātman est distinct du Seigneur suprême (Parameśvara) ne contemplent pas vraiment ce Dieu ; tous leurs efforts deviennent vains.
Verse 43
एकमेव परं ब्रह्म विज्ञेयं तत्त्वमव्ययम् / स देवस्तु महादेवो नैतद् विज्ञाय बध्यते
Seul le Brahman suprême, l’Unique, doit être réalisé — la Réalité impérissable. Ce Deva même est Mahādeva ; sans le connaître, on demeure enchaîné.
Verse 44
तस्माद् यतेत नियतं यतिः संयतमानसः / ज्ञानयोगरतः शान्तो महादेवपरायणः
Ainsi, l’ascète (yati) doit s’efforcer sans relâche avec une discipline ferme — l’esprit maîtrisé — établi dans le yoga de la connaissance, paisible et totalement voué à Mahādeva (Śiva).
Verse 45
एष वः कथितो विप्रो यतीनामाश्रमः शुभः / पितामहेन विभुना मुनीनां पूर्वमीरितम्
Ainsi, ô brahmane, la discipline bénie de l’āśrama des yatis (renonçants) t’a été exposée, telle qu’autrefois le puissant Grand-Père (Brahmā) l’énonça aux sages.
Verse 46
नापुत्रशिष्ययोगिभ्यो दद्यादिदमनुत्तमम् / ज्ञानं स्वयंभुवा प्रोक्तं यतिधर्माश्रयं शिवम्
Qu’on ne confie pas cet enseignement sans égal à ceux qui ne sont pas dignes comme fils, disciple ou yogin voué. C’est la connaissance bénie enseignée par Svayambhū (Brahmā), fondée sur le dharma des renonçants et reposant en Śiva.
Verse 47
इति यतिनियमानामेतदुक्तं विधानं पशुपतिपरितोषे यद् भवेदेकहेतुः / न भवति पुनरेषामुद्भवो वा विनाशः प्रणिहितमनसो ये नित्यमेवाचरन्ति
Ainsi a été énoncée cette ordonnance des disciplines de l’ascète — l’unique cause efficace pour satisfaire Paśupati. Pour ceux dont l’esprit demeure fermement recueilli et qui les pratiquent sans cesse, il n’y a plus ni nouvel surgissement de la servitude ni déchéance de l’état atteint.
He should beg only once daily, avoid prolonged interaction, approach a limited number of houses (seven), time the request so as not to burden householders, ask only once (“Alms”), stand briefly, eat in silence, and maintain strict cleanliness of the bowl and person.
It directs the seeker to establish the Self in the heart-lotus and meditate on the Supreme Self as pure consciousness and imperishable light beyond tamas; Mahēśvara/Mahādeva is identified with that non-dual Brahman, implying liberation through realizing non-separateness rather than merely external worship.
Prāṇāyāma-based purification is central, alongside classical vows and austerities such as sāṃtapana, kṛcchra/kṛcchrātikṛcchra, prājāpatya, and cāndrāyaṇa—applied specifically to faults like lustful approach, untruth, theft, inadvertent violence, and sensory lapses.