Adhyaya 26
Panchama SkandhaAdhyaya 2640 Verses

Adhyaya 26

Naraka-varṇana: The Hellish Planets and the Karmic Logic of Punishment

Poursuivant la visite cosmographique du Chant 5, l’interrogation de Parīkṣit se déplace de l’agencement des planètes vers la causalité morale : pourquoi les jīvas entrent dans des conditions matérielles variées. Śukadeva répond par une typologie des actes selon les guṇa—sattva, rajas, tamas—et enseigne que la destination (céleste ou Naraka) suit la qualité et l’intention du karma. Parīkṣit demande ensuite où se situe Naraka ; Śukadeva place les régions infernales sous Bhū-maṇḍala, au-dessus de l’océan Garbhodaka, près de Pitṛloka, où Yamarāja rend la justice par l’entremise des Yamadūtas. Le chapitre énumère les principaux enfers (dont le nombre varie selon la tradition) puis associe, enfer après enfer, des fautes—vol, adultère, violence, cruauté, faux témoignage, abus de pouvoir, irrespect et actes dévoyés—aux châtiments correspondants, soulignant une rétribution proportionnée et la mémoire de la faute. La conclusion passe de la crainte au remède : écouter et transmettre la description du virāṭ-rūpa fortifie la bhakti, soutient le samādhi et mène de la conscience cosmique à la réalisation de la forme spirituelle de Kṛṣṇa, clôturant la section cosmologique et orientant vers la transformation intérieure.

Shlokas

Verse 1

राजोवाच महर्ष एतद्वैचित्र्यं लोकस्य कथमिति ॥ १ ॥

Le roi Parīkṣit demanda : Ô grand sage, pourquoi les êtres vivants sont-ils placés dans des conditions matérielles si diverses ? Je t’en prie, explique-le-moi.

Verse 2

ऋषिरुवाच त्रिगुणत्वात्कर्तु: श्रद्धया कर्मगतय: पृथग्विधा: सर्वा एव सर्वस्य तारतम्येन भवन्ति ॥ २ ॥

Le sage dit : Ô Roi, parce que l’agent est soumis aux trois guṇa et selon sa foi, les voies du karma sont multiples ; les fruits aussi diffèrent selon les degrés des guṇa.

Verse 3

अथेदानीं प्रतिषिद्धलक्षणस्याधर्मस्य तथैव कर्तु: श्रद्धाया वैसाद‍ृश्यात्कर्मफलं विसद‍ृशं भवति या ह्यनाद्यविद्यया कृतकामानां तत्परिणामलक्षणा: सृतय: सहस्रश: प्रवृत्तास्तासां प्राचुर्येणानुवर्णयिष्याम: ॥ ३ ॥

À présent, même dans l’adharma aux signes interdits, selon la différence de foi de l’agent, le fruit du karma devient dissemblable. Par l’ignorance sans commencement, les êtres liés aux désirs ont emprunté des milliers de voies infernales ; je les décrirai autant que possible.

Verse 4

राजोवाच नरका नाम भगवन्किं देशविशेषा अथवा बहिस्त्रिलोक्या आहोस्विदन्तराल इति ॥ ४ ॥

Le roi demanda : Ô Seigneur vénérable, les régions infernales sont-elles en un lieu particulier, hors des trois mondes, ou dans l’espace intermédiaire ?

Verse 5

ऋषिरुवाच अन्तराल एव त्रिजगत्यास्तु दिशि दक्षिणस्यामधस्ताद्भ‍ूमेरुपरिष्टाच्च जलाद्यस्यामग्निष्वात्तादय: पितृगणा दिशि स्वानां गोत्राणां परमेण समाधिना सत्या एवाशिष आशासाना निवसन्ति ॥ ५ ॥

Le sage répondit : Tous les mondes infernaux se situent dans l’espace intermédiaire entre les trois mondes et l’Océan Garbhodaka, au sud de l’univers, sous Bhū-maṇḍala et légèrement au-dessus de ses eaux. Pitṛloka se trouve aussi dans cette région ; les Pitṛ, conduits par Agniṣvāttā, demeurent en grand samādhi, méditant la Suprême Personnalité de Dieu et souhaitant sans cesse de véritables bénédictions pour leurs lignées.

Verse 6

यत्र ह वाव भगवान् पितृराजो वैवस्वत: स्वविषयं प्रापितेषु स्वपुरुषैर्जन्तुषु सम्परेतेषु यथाकर्मावद्यं दोषमेवानुल्लङ्घितभगवच्छासन: सगणो दमं धारयति ॥ ६ ॥

Le Roi des ancêtres est Yamarāja, le fils très puissant du dieu-soleil. Il réside à Pitṛloka avec ses assistants personnels et, tout en respectant les règles établies par le Seigneur Suprême, il fait amener par ses agents, les Yamadūtas, tous les hommes pécheurs immédiatement après leur mort pour les juger et les envoyer vers les planètes infernales appropriées.

Verse 7

तत्र हैके नरकानेकविंशतिं गणयन्ति अथ तांस्ते राजन्नामरूपलक्षणतोऽनुक्रमिष्यामस्तामिस्रोऽन्धतामिस्रो रौरवो महारौरव: कुम्भीपाक: कालसूत्रमसिपत्रवनं सूकरमुखमन्धकूप: कृमिभोजन: सन्दंशस्तप्तसूर्मिर्वज्रकण्टकशाल्मली वैतरणी पूयोद: प्राणरोधो विशसनं लालाभक्ष: सारमेयादनमवीचिरय:पानमिति । किञ्च क्षारकर्दमो रक्षोगणभोजन: शूलप्रोतो दन्दशूकोऽवटनिरोधन: पर्यावर्तन: सूचीमुखमित्यष्टाविंशतिर्नरका विविधयातनाभूमय: ॥ ७ ॥

Certaines autorités disent qu'il y a un total de vingt et une planètes infernales, et d'autres disent vingt-huit. Mon cher Roi, je vais toutes les décrire selon leurs noms, formes et symptômes. Les noms des différents enfers sont les suivants : Tāmisra, Andhatāmisra, Raurava, Mahāraurava, Kumbhīpāka, Kālasūtra, Asipatravana, Sūkaramukha, Andhakūpa, Kṛmibhojana, Sandaṁśa, Taptasūrmi, Vajrakaṇṭaka-śālmalī, Vaitaraṇī, Pūyoda, Prāṇarodha, Viśasana, Lālābhakṣa, Sārameyādana, Avīci, Ayaḥpāna, Kṣārakardama, Rakṣogaṇa-bhojana, Śūlaprota, Dandaśūka, Avaṭa-nirodhana, Paryāvartana et Sūcīmukha. Toutes ces planètes sont destinées à punir les êtres vivants.

Verse 8

तत्र यस्तु परवित्तापत्यकलत्राण्यपहरति स हि कालपाशबद्धो यमपुरुषैरतिभयानकैस्तामिस्रे नरके बलान्निपात्यते अनशनानुदपानदण्डताडनसन्तर्जनादिभिर्यातनाभिर्यात्यमानो जन्तुर्यत्र कश्मलमासादित एकदैव मूर्च्छामुपयाति तामिस्रप्राये ॥ ८ ॥

Mon cher Roi, une personne qui s'approprie la femme légitime, les enfants ou l'argent d'autrui est arrêtée au moment de la mort par les féroces Yamadūtas, qui la lient avec la corde du temps et la jettent de force dans la planète infernale connue sous le nom de Tāmisra. Sur cette planète très sombre, l'homme pécheur est châtié par les Yamadūtas, qui le battent et le réprimandent. Il est affamé et on ne lui donne pas d'eau à boire. Ainsi, les assistants courroucés de Yamarāja lui causent de graves souffrances, et parfois il s'évanouit sous leurs châtiments.

Verse 9

एवमेवान्धतामिस्रे यस्तु वञ्चयित्वा पुरुषं दारादीनुपयुङ्क्ते यत्र शरीरी निपात्यमानो यातनास्थो वेदनया नष्टमतिर्नष्टद‍ृष्टिश्च भवति यथा वनस्पतिर्वृश्‍च्यमानमूलस्तस्मादन्धतामिस्रं तमुपदिशन्ति ॥ ९ ॥

La destination d'une personne qui trompe sournoisement un autre homme et jouit de sa femme et de ses enfants est l'enfer connu sous le nom d'Andhatāmisra. Là, sa condition est exactement comme celle d'un arbre coupé à la racine. Même avant d'atteindre Andhatāmisra, l'être vivant pécheur est soumis à diverses misères extrêmes. Ces afflictions sont si graves qu'il perd son intelligence et sa vue. C'est pour cette raison que les sages érudits appellent cet enfer Andhatāmisra.

Verse 10

यस्त्विह वा एतदहमिति ममेदमिति भूतद्रोहेण केवलं स्वकुटुम्बमेवानुदिनं प्रपुष्णाति स तदिह विहाय स्वयमेव तदशुभेन रौरवे निपतति ॥ १० ॥

Une personne qui accepte son corps comme étant elle-même travaille très dur jour et nuit pour gagner de l'argent afin d'entretenir son propre corps et ceux de sa femme et de ses enfants. Tout en travaillant pour subvenir à ses besoins et à ceux de sa famille, elle peut commettre des violences contre d'autres êtres vivants. Une telle personne est forcée d'abandonner son corps et sa famille au moment de la mort, où elle subit la réaction de son envie envers les autres créatures en étant jetée dans l'enfer appelé Raurava.

Verse 11

ये त्विह यथैवामुना विहिंसिता जन्तव: परत्र यमयातनामुपगतं त एव रुरवो भूत्वा तथा तमेव विहिंसन्ति तस्माद्रौरवमित्याहू रुरुरिति सर्पादतिक्रूरसत्त्वस्यापदेश: ॥ ११ ॥

Celui qui, en cette vie, par jalousie, commet des violences envers de nombreux êtres, après la mort est conduit en enfer par Yamarāja. Les êtres qu’il a blessés y prennent la forme d’animaux appelés ruru et lui infligent une souffrance très sévère; c’est pourquoi cet enfer est nommé Raurava. On dit que le ruru, rarement vu en ce monde, est plus cruel et envieux qu’un serpent.

Verse 12

एवमेव महारौरवो यत्र निपतितं पुरुषं क्रव्यादा नाम रुरवस्तं क्रव्येण घातयन्ति य: केवलं देहम्भर: ॥ १२ ॥

De même, l’enfer nommé Mahāraurava est le lot de celui qui entretient son propre corps en faisant du tort aux autres. Là, des ruru appelés kravyāda le tourmentent et dévorent sa chair.

Verse 13

यस्त्विह वा उग्र: पशून् पक्षिणो वा प्राणत उपरन्धयति तमपकरुणं पुरुषादैरपि विगर्हितममुत्र यमानुचरा: कुम्भीपाके तप्ततैले उपरन्धयन्ति ॥ १३ ॥

Celui qui, par cruauté, pour entretenir son corps et satisfaire sa langue, fait cuire vivants de pauvres animaux et oiseaux, est condamné même par les mangeurs d’hommes. Dans l’au-delà, les serviteurs de Yama le conduisent à l’enfer nommé Kumbhīpāka, où il est bouilli dans une huile brûlante.

Verse 14

यस्त्विह ब्रह्मध्रुक स कालसूत्रसंज्ञके नरके अयुतयोजनपरिमण्डले ताम्रमये तप्तखले उपर्यधस्तादग्‍न्‍यर्काभ्यामतितप्यमानेऽभिनिवेशित: क्षुत्पिपासाभ्यां च दह्यमानान्तर्बहि:शरीर आस्ते शेते चेष्टतेऽवतिष्ठति परिधावति च यावन्ति पशुरोमाणि तावद्वर्षसहस्राणि ॥ १४ ॥

Le meurtrier d’un brāhmaṇa est jeté dans l’enfer nommé Kālasūtra, vaste cercle de cuivre d’un périmètre d’ayuta-yojanas. Chauffé par le feu en dessous et par le soleil brûlant au-dessus, sa surface est d’une chaleur extrême. Là, il brûle intérieurement de faim et de soif, et extérieurement sous l’ardeur du soleil et du feu; ainsi tantôt il s’allonge, tantôt il s’assoit, tantôt il se tient debout, tantôt il court çà et là. Il doit souffrir ainsi pendant des milliers d’années, autant qu’il y a de poils sur le corps d’un animal.

Verse 15

यस्त्विह वै निजवेदपथादनापद्यपगत: पाखण्डं चोपगतस्तमसिपत्रवनं प्रवेश्य कशया प्रहरन्ति तत्र हासावितस्ततो धावमान उभयतोधारैस्तालवनासिपत्रैश्छिद्यमानसर्वाङ्गो हा हतोऽस्मीति परमया वेदनया मूर्च्छित: पदे पदे निपतति स्वधर्महा पाखण्डानुगतं फलं भुङ्क्ते ॥ १५ ॥

Si quelqu’un, sans qu’il y ait urgence, s’écarte de sa voie védique et se tourne vers l’imposture, les serviteurs de Yamarāja le jettent dans l’enfer nommé Asipatravana et le frappent de fouets. Fuyant une douleur extrême, il court çà et là, mais de toutes parts il se heurte à des palmiers dont les feuilles, tranchantes comme des épées, lui tailladent tout le corps. Blessé de partout, s’évanouissant à chaque pas, il crie : «Hélas, je suis perdu !». Ainsi souffre celui qui renie son propre dharma et suit l’illusion.

Verse 16

यस्त्विह वै राजा राजपुरुषो वा अदण्ड्ये दण्डं प्रणयति ब्राह्मणे वा शरीरदण्डं स पापीयान्नरकेऽमुत्र सूकरमुखे निपतति तत्रातिबलैर्विनिष्पिष्यमाणावयवो यथैवेहेक्षुखण्ड आर्तस्वरेण स्वनयन् क्‍वचिन्मूर्च्छित: कश्मलमुपगतो यथैवेहाद‍ृष्टदोषा उपरुद्धा: ॥ १६ ॥

Dans sa prochaine vie, un roi pécheur qui punit un innocent est emmené dans l'enfer Sūkaramukha, où il est écrasé exactement comme on écrase la canne à sucre.

Verse 17

यस्त्विह वै भूतानामीश्वरोपकल्पितवृत्तीनामविविक्तपरव्यथानां स्वयं पुरुषोपकल्पितवृत्तिर्विविक्तपरव्यथो व्यथामाचरति स परत्रान्धकूपे तदभिद्रोहेण निपतति तत्र हासौ तैर्जन्तुभि: पशुमृगपक्षिसरीसृपैर्मशकयूकामत्कुणमक्षिकादिभिर्ये के चाभिद्रुग्धास्तै: सर्वतोऽभिद्रुह्यमाणस्तमसि विहतनिद्रानिर्वृतिरलब्धावस्थान: परिक्रामति यथा कुशरीरे जीव: ॥ १७ ॥

Le Seigneur Suprême punit l'homme qui tourmente les créatures insignifiantes en le plaçant dans l'enfer Andhakūpa, où il est attaqué par toutes sortes de bêtes et d'insectes.

Verse 18

यस्त्विह वा असंविभज्याश्नाति यत्किञ्चनोपनतमनिर्मितपञ्चयज्ञो वायससंस्तुत: स परत्र कृमिभोजने नरकाधमे निपतति तत्र शतसहस्रयोजने कृमिकुण्डे कृमिभूत: स्वयं कृमिभिरेव भक्ष्यमाण: कृमिभोजनो यावत्तदप्रत्ताप्रहूतादोऽनिर्वेशमात्मानं यातयते ॥ १८ ॥

Une personne qui mange sans partager avec les invités est comparée à un corbeau. Après la mort, elle tombe dans l'enfer Kṛmibhojana, devient un ver et mange d'autres vers.

Verse 19

यस्त्विह वै स्तेयेन बलाद्वा हिरण्यरत्नादीनि ब्राह्मणस्य वापहरत्यन्यस्य वानापदि पुरुषस्तममुत्र राजन् यमपुरुषा अयस्मयैरग्निपिण्डै: सन्दंशैस्त्वचि निष्कुषन्ति ॥ १९ ॥

Mon cher Roi, quiconque vole l'or d'un brāhmaṇa ou d'autrui est placé dans l'enfer Sandaṁśa. Là, sa peau est arrachée avec des pinces et des boules de fer rouge.

Verse 20

यस्त्विह वा अगम्यां स्त्रियमगम्यं वा पुरुषं योषिदभिगच्छति तावमुत्र कशया ताडयन्तस्तिग्मया सूर्म्या लोहमय्या पुरुषमालिङ्गयन्ति स्त्रियं च पुरुषरूपया सूर्म्या ॥ २० ॥

Un homme ou une femme qui s'adonne au sexe illicite est puni dans l'enfer Taptasūrmi. L'homme est forcé d'embrasser une forme féminine en fer rouge, et la femme une forme masculine.

Verse 21

यस्त्विह वै सर्वाभिगमस्तममुत्र निरये वर्तमानं वज्रकण्टकशाल्मलीमारोप्य निष्कर्षन्ति ॥ २१ ॥

Une personne qui s'adonne au sexe sans discernement est emmenée après la mort dans l'enfer Vajrakaṇṭaka-śālmalī. Là, les agents de Yamarāja la pendent à un arbre rempli d'épines dures comme la foudre et la tirent vers le bas, déchirant sévèrement son corps.

Verse 22

ये त्विह वै राजन्या राजपुरुषा वा अपाखण्डा धर्मसेतून् भिन्दन्ति ते सम्परेत्य वैतरण्यां निपतन्ति भिन्नमर्यादास्तस्यां निरयपरिखाभूतायां नद्यां यादोगणैरितस्ततो भक्ष्यमाणा आत्मना न वियुज्यमानाश्चासुभिरुह्यमाना: स्वाघेन कर्मपाकमनुस्मरन्तो विण्मूत्रपूयशोणितकेशनखास्थिमेदोमांसवसावाहिन्यामुपतप्यन्ते ॥ २२ ॥

Celui qui néglige ses devoirs religieux malgré une position responsable tombe dans la rivière Vaitaraṇī. Ce fossé infernal est rempli d'excréments, de sang et de pus. Là, des animaux aquatiques féroces le dévorent tandis qu'il souffre en se remémorant ses péchés.

Verse 23

ये त्विह वै वृषलीपतयो नष्टशौचाचारनियमास्त्यक्तलज्जा: पशुचर्यां चरन्ति ते चापि प्रेत्य पूयविण्मूत्रश्लेष्ममलापूर्णार्णवे निपतन्ति तदेवातिबीभत्सितमश्नन्ति ॥ २३ ॥

Les maris éhontés qui vivent comme des animaux, sans propreté ni règles, sont jetés dans l'enfer Pūyoda. Dans cet océan rempli de pus, d'excréments et d'urine, ils sont forcés de manger ces choses dégoûtantes.

Verse 24

ये त्विह वै श्वगर्दभपतयो ब्राह्मणादयो मृगयाविहारा अतीर्थे च मृगान्निघ्नन्ति तानपि सम्परेताँल्लक्ष्यभूतान् यमपुरुषा इषुभिर्विध्यन्ति ॥ २४ ॥

Si un homme de classe supérieure chasse et tue des animaux inutilement avec des chiens ou des ânes, il est placé dans l'enfer Prāṇarodha. Là, les assistants de Yamarāja en font leur cible et le transpercent de flèches.

Verse 25

ये त्विह वै दाम्भिका दम्भयज्ञेषु पशून् विशसन्ति तानमुष्मिँल्लोके वैशसे नरके पतितान्निरयपतयो यातयित्वा विशसन्ति ॥ २५ ॥

Une personne orgueilleuse qui sacrifie des animaux simplement pour le prestige matériel est placée dans l'enfer Viśasana. Là, les assistants de Yamarāja la tuent après lui avoir infligé une douleur illimitée.

Verse 26

यस्त्विह वै सवर्णां भार्यां द्विजो रेत: पाययति काममोहितस्तं पापकृतममुत्र रेत:कुल्यायां पातयित्वा रेत: सम्पाययन्ति ॥ २६ ॥

Si un membre insensé des classes deux fois nées force sa femme à boire sa semence par désir luxurieux, il est jeté après la mort dans l'enfer connu sous le nom de Lālābhakṣa. Là, il est précipité dans une rivière de semence qu'il est forcé de boire.

Verse 27

ये त्विह वै दस्यवोऽग्निदा गरदा ग्रामान् सार्थान् वा विलुम्पन्ति राजानो राजभटा वा तांश्चापि हि परेत्य यमदूता वज्रदंष्ट्रा: श्वान: सप्तशतानि विंशतिश्च सरभसं खादन्ति ॥ २७ ॥

Les pilleurs qui incendient des maisons ou empoisonnent autrui, ainsi que les officiels qui oppriment les marchands, sont jetés après la mort dans l'enfer Sārameyādana. Là, 720 chiens aux dents dures comme la foudre les dévorent voracement.

Verse 28

यस्त्विह वा अनृतं वदति साक्ष्ये द्रव्यविनिमये दाने वा कथञ्चित्स वै प्रेत्य नरकेऽवीचिमत्यध:शिरा निरवकाशे योजनशतोच्छ्रायाद् गिरिमूर्ध्न: सम्पात्यते यत्र जलमिव स्थलमश्मपृष्ठमवभासते तदवीचिमत्तिलशो विशीर्यमाणशरीरो न म्रियमाण: पुनरारोपितो निपतति ॥ २८ ॥

Celui qui porte un faux témoignage ou ment dans les affaires est jeté dans l'enfer Avīcimat du haut d'une montagne de 800 miles. Bien que son corps se brise en morceaux sur la pierre, il ne meurt pas et souffre continuellement.

Verse 29

यस्त्विह वै विप्रो राजन्यो वैश्यो वा सोमपीथस्तत्कलत्रं वा सुरां व्रतस्थोऽपि वा पिबति प्रमादतस्तेषां निरयं नीतानामुरसि पदाऽऽक्रम्यास्ये वह्निना द्रवमाणं कार्ष्णायसं निषिञ्चन्ति ॥ २९ ॥

Tout brāhmaṇa qui boit de l'alcool, ou tout kṣatriya ou vaiśya qui boit du soma-rasa, est emmené dans l'enfer Ayaḥpāna. Là, les agents de Yamarāja montent sur leur poitrine et versent du fer fondu brûlant dans leur bouche.

Verse 30

अथ च यस्त्विह वा आत्मसम्भावनेन स्वयमधमो जन्मतपोविद्याचारवर्णाश्रमवतो वरीयसो न बहु मन्येत स मृतक एव मृत्वा क्षारकर्दमे निरयेऽवाक्‌शिरा निपातितो दुरन्ता यातना ह्यश्नुते ॥ ३० ॥

Une personne abominable qui, par faux orgueil, ne respecte pas ceux qui lui sont supérieurs par la naissance, l'austérité ou l'éducation, est comme morte de son vivant. Après la mort, elle est jetée tête la première dans l'enfer Kṣārakardama où elle souffre grandement.

Verse 31

ये त्विह वै पुरुषा: पुरुषमेधेन यजन्ते याश्च स्त्रियो नृपशून्खादन्ति तांश्च ते पशव इव निहता यमसदने यातयन्तो रक्षोगणा: सौनिका इव स्वधितिनावदायासृक्‌पिबन्ति नृत्यन्ति च गायन्ति च हृष्यमाणा यथेह पुरुषादा: ॥ ३१ ॥

Il y a des hommes et des femmes dans ce monde qui sacrifient des êtres humains à Bhairava ou Bhadra Kali, puis mangent la chair de leurs victimes. Ceux qui accomplissent de tels sacrifices sont emmenés après la mort dans la demeure de Yamaraja, où leurs victimes, ayant pris la forme de Rākṣasas, les coupent en morceaux avec des épées aiguisées. Tout comme dans ce monde les mangeurs d'hommes buvaient le sang de leurs victimes en dansant et en chantant de joie, leurs victimes prennent maintenant plaisir à boire le sang des sacrificateurs et à célébrer de la même manière.

Verse 32

ये त्विह वा अनागसोऽरण्ये ग्रामे वा वैश्रम्भकैरुपसृतानुपविश्रम्भय्य जिजीविषून् शूलसूत्रादिषूपप्रोतान्क्रीडनकतया यातयन्ति तेऽपि च प्रेत्य यमयातनासु शूलादिषु प्रोतात्मान: क्षुत्तृड्भ्यां चाभिहता: कङ्कवटादिभिश्चेतस्ततस्तिग्मतुण्डैराहन्यमाना आत्मशमलं स्मरन्ति ॥ ३२ ॥

Dans cette vie, certaines personnes donnent refuge aux animaux et aux oiseaux qui viennent chercher protection auprès d'eux dans le village ou la forêt, et après leur avoir fait croire qu'ils seront protégés, ces personnes les transpercent avec des lances ou des fils et jouent avec eux comme des jouets, leur causant une grande douleur. Après la mort, ces personnes sont emmenées par les assistants de Yamaraja dans l'enfer connu sous le nom de Śūlaprota, où leurs corps sont transpercés par des lances tranchantes comme des aiguilles. Ils souffrent de la faim et de la soif, et des oiseaux au bec acéré tels que les vautours et les hérons viennent de tous côtés pour déchirer leur corps. Torturés et souffrants, ils se souviennent alors des activités pécheresses qu'ils ont commises dans le passé.

Verse 33

ये त्विह वै भूतान्युद्वेजयन्ति नरा उल्बणस्वभावा यथा दन्दशूकास्तेऽपि प्रेत्य नरके दन्दशूकाख्ये निपतन्ति यत्र नृप दन्दशूका: पञ्चमुखा: सप्तमुखा उपसृत्य ग्रसन्ति यथा बिलेशयान् ॥ ३३ ॥

Ceux qui, dans cette vie, sont comme des serpents envieux, toujours en colère et causant de la douleur aux autres êtres vivants, tombent après la mort dans l'enfer connu sous le nom de Dandaśūka. Mon cher Roi, dans cet enfer, il y a des serpents à cinq ou sept têtes. Ces serpents mangent ces personnes pécheresses tout comme les serpents mangent des souris.

Verse 34

ये त्विह वा अन्धावटकुसूलगुहादिषु भूतानि निरुन्धन्ति तथामुत्र तेष्वेवोपवेश्य सगरेण वह्निना धूमेन निरुन्धन्ति ॥ ३४ ॥

Ceux qui, dans cette vie, enferment d'autres êtres vivants dans des puits sombres, des greniers ou des grottes de montagne sont placés après la mort dans l'enfer connu sous le nom d'Avaṭa-nirodhana. Là, ils sont eux-mêmes poussés dans des puits sombres, où des fumées toxiques et de la fumée les étouffent et ils souffrent très sévèrement.

Verse 35

यस्त्विह वा अतिथीनभ्यागतान् वा गृहपतिरसकृदुपगतमन्युर्दिधक्षुरिव पापेन चक्षुषा निरीक्षते तस्य चापि निरये पापद‍ृष्टेरक्षिणी वज्रतुण्डा गृध्रा: कङ्ककाकवटादय: प्रसह्योरु- बलादुत्पाटयन्ति ॥ ३५ ॥

Un chef de famille qui reçoit des invités ou des visiteurs avec des regards cruels, comme pour les réduire en cendres, est placé dans l'enfer appelé Paryāvartana, où il est fixé par des vautours, des hérons, des corbeaux et des oiseaux similaires aux yeux durs, qui fondent soudainement sur lui et lui arrachent les yeux avec une grande force.

Verse 36

यस्त्विह वा आढ्याभिमतिरहङ्कृतिस्तिर्यक्प्रेक्षण: सर्वतोऽभिविशङ्की अर्थव्ययनाशचिन्तया परिशुष्यमाणहृदयवदनो निर्वृतिमनवगतो ग्रह इवार्थमभिरक्षति स चापि प्रेत्य तदुत्पादनोत्कर्षणसंरक्षणशमलग्रह: सूचीमुखे नरके निपतति यत्र ह वित्तग्रहं पापपुरुषं धर्मराजपुरुषा वायका इव सर्वतोऽङ्गेषु सूत्रै: परिवयन्ति ॥ ३६ ॥

Celui qui, en ce monde, s’enorgueillit de sa richesse, se croit sans égal, porte un regard dévoyé et soupçonne tout autour de lui, dont le cœur et le visage se dessèchent à la pensée de perdre ses biens, s’agrippe à l’argent comme sous l’emprise d’un démon. Pour les fautes commises à gagner, accroître et garder sa fortune, après la mort il tombe dans l’enfer nommé Sūcīmukha, où les agents de Yamarāja le châtient en faisant passer du fil et en cousant tout son corps, tels des tisserands fabriquant une étoffe.

Verse 37

एवंविधा नरका यमालये सन्ति शतश: सहस्रशस्तेषु सर्वेषु च सर्व एवाधर्मवर्तिनो ये केचिदिहोदिता अनुदिताश्चावनिपते पर्यायेण विशन्ति तथैव धर्मानुवर्तिन इतरत्र इह तु पुनर्भवे त उभयशेषाभ्यां निविशन्ति ॥ ३७ ॥

Dans la province de Yamarāja se trouvent des centaines et des milliers d’enfers de ce genre. Tous ceux qui vivent dans l’irréligion —ceux que j’ai cités comme ceux que je n’ai pas cités— y entrent tour à tour selon la mesure de leurs fautes. Les justes, eux, gagnent d’autres mondes, tels les planètes des devas; mais lorsque les fruits du mérite ou du péché sont épuisés, les uns comme les autres reviennent renaître sur la terre.

Verse 38

निवृत्तिलक्षणमार्ग आदावेव व्याख्यात: । एतावानेवाण्डकोशो यश्चतुर्दशधा पुराणेषु विकल्पित उपगीयते यत्तद्भ‍गवतो नारायणस्य साक्षान्महापुरुषस्य स्थविष्ठं रूपमात्ममायागुणमयमनुवर्णितमाद‍ृत: पठति श‍ृणोति श्रावयति स उपगेयं भगवत: परमात्मनोऽग्राह्यमपि श्रद्धाभक्तिविशुद्धबुद्धिर्वेद ॥ ३८ ॥

Le chemin de la délivrance, marqué par le renoncement (nivṛtti), je l’ai déjà exposé au commencement. Dans les Purāṇa, on célèbre la description de l’immense univers, semblable à un œuf partagé en quatorze régions; on le tient pour le corps extérieur et grossier du Seigneur Nārāyaṇa, le Mahāpuruṣa, constitué de Son énergie (ātma-māyā) et de Ses guṇa, et l’on l’appelle le virāṭ-rūpa. Celui qui le lit avec foi, l’écoute ou l’enseigne pour propager le bhāgavata-dharma voit croître peu à peu sa śraddhā et sa bhakti; l’intelligence purifiée, il parvient graduellement, bien que ce soit difficile, à l’éveil à la Vérité suprême, le Paramātmā.

Verse 39

श्रुत्वा स्थूलं तथा सूक्ष्मं रूपं भगवतो यति: । स्थूले निर्जितमात्मानं शनै: सूक्ष्मं धिया नयेदिति ॥ ३९ ॥

Après avoir entendu la forme grossière et la forme subtile du Seigneur, le yati qui aspire à la délivrance doit d’abord vaincre son mental en méditant sur le virāṭ-rūpa, puis, peu à peu, le conduire par l’intelligence vers la forme subtile et spirituelle. Ainsi l’esprit s’établit en samādhi, et par le service de bhakti il réalise la forme sac-cid-ānanda du Seigneur, but des dévots.

Verse 40

भूद्वीपवर्षसरिदद्रिनभ:समुद्र- पातालदिङ्‌नरकभागणलोकसंस्था । गीता मया तव नृपाद्भ‍ुतमीश्वरस्य स्थूलं वपु: सकलजीवनिकायधाम ॥ ४० ॥ तस्मात् सङ्कीर्तनं विष्णोर्जगन्मङ्गलमंहसाम् । महतामपि कौरव्य विद्ध्यैकान्तिकनिष्कृतम् ॥ ३१ ॥

Ô roi, je t’ai décrit la terre, les autres systèmes planétaires, leurs régions, rivières et montagnes, le ciel, les océans, les mondes inférieurs, les directions, les mondes infernaux et les étoiles. Tout cela constitue le virāṭ-vapu, l’admirable forme matérielle et gigantesque du Seigneur, sur laquelle s’appuie l’ensemble des êtres vivants.

Frequently Asked Questions

Śukadeva explains that embodied variety arises from karma shaped by the three guṇas. Actions performed in sattva tend toward dharma and relative happiness; rajas produces mixed results due to desire and attachment; tamas produces suffering because it drives ignorance, cruelty, and animal-like behavior. Moreover, the degree of awareness matters: accidental ignorance yields lighter reactions, deliberate wrongdoing with knowledge yields heavier reactions, and willful atheistic wrongdoing yields the most severe consequences.

Bhāgavatam 5.26 places Naraka regions in the intermediate space between the three worlds and the Garbhodaka Ocean, on the southern side of the universe, beneath Bhū-maṇḍala and slightly above the Garbhodaka waters. Pitṛloka is also in this region, and Yamarāja resides there to administer karmic justice through his agents.

The text acknowledges variant enumerations preserved by different authorities: some state 21 hells, others 28. Śukadeva proceeds to list 28 named hells in this chapter, indicating that the tradition preserves multiple counting schemes while agreeing on the core principle: graded punishments correspond to graded impiety.

The Yamadūtas are Yamarāja’s emissaries who seize sinful persons at death, bind them with the ‘rope of time,’ bring them to Yamarāja’s jurisdiction, and convey them to appropriate hellish regions for correctional punishment. Their function is administrative enforcement of the Supreme Lord’s karmic law, not random violence.

After describing Naraka, Śukadeva redirects the listener to purification: faithful hearing, teaching, and contemplation of the Lord’s virāṭ-rūpa increases devotion and steadies the mind. A seeker (yati) begins with the universal form to control the mind and then progresses to meditating on Kṛṣṇa’s spiritual form (sac-cid-ānanda-vigraha). Thus, the cosmic description becomes a ladder from external comprehension to internal bhakti and samādhi.