
Kṛṣṇa’s Impending Departure; Uddhava’s Surrender; King Yadu and the Avadhūta’s Twenty-Four Gurus (Beginnings)
Le Seigneur Kṛṣṇa confirme l’intuition d’Uddhava : la dynastie des Yadu va être retirée, et les devas prient pour Son retour à Vaikuṇṭha. Il annonce la destruction des Yadu par des conflits intestins dus à la malédiction des brāhmaṇas, et prédit que Dvārakā sera submergée dans sept jours. Voyant l’emprise prochaine du Kali-yuga, Kṛṣṇa ordonne à Uddhava de partir, de renoncer à l’attachement aux proches et à l’identité sociale, de cultiver une vision égale, et de percevoir le monde comme māyā—des objets passagers mal compris à travers la dualité du bien et du mal. Uddhava avoue être lié par l’identification au corps et demande une méthode aisée pour accomplir le renoncement ; il se livre à Kṛṣṇa comme au seul Maître parfait. Le Seigneur introduit alors un enseignement modèle : parfois l’intelligence aiguisée de soi-même devient un guru instructeur, puis Il passe à un récit ancien—la rencontre du roi Yadu avec un avadhūta brāhmaṇa. L’avadhūta déclare avoir appris de vingt-quatre gurus dans la nature et la société, commençant par la terre, le vent, le ciel, l’eau, le feu, la lune et le soleil, et concluant ici par l’allégorie du pigeon, avertissement contre l’attachement familial excessif. Ce chapitre relie ainsi les derniers conseils de Kṛṣṇa à Uddhava à l’enseignement prolongé de l’avadhūta, qui se poursuit dans les chapitres suivants.
Verse 1
श्रीभगवानुवाच । यद् āt्था मां महाभाग तच्चिकīर्षितम् एव मे । ब्रह्मा भवो लोकपालाः स्वर्-वाःसं मे अभिकाङ्क्षिणः ॥ १ ॥
Le Bhagavān dit : Ô Uddhava, très fortuné, tu as fidèlement dévoilé Mon dessein : retirer la dynastie des Yadu de la terre et retourner à Ma demeure de Vaikuṇṭha ; ainsi Brahmā, Bhava (Śiva) et les régents des mondes prient pour que Je reprenne Ma résidence à Vaikuṇṭha.
Verse 2
मया निष्पादितं ह्यत्र देवकार्यमशेषत: । यदर्थमवतीर्णोऽहमंशेन ब्रह्मणार्थित: ॥ २ ॥
J’ai accompli ici, jusqu’au bout, l’œuvre en faveur des devas ; le but pour lequel Je suis descendu, à la prière de Brahmā, avec Ma portion plénière, le Seigneur Baladeva, est désormais achevé.
Verse 3
कुलं वै शापनिर्दग्धं नङ्क्ष्यत्यन्योन्यविग्रहात् । समुद्र: सप्तमे ह्येनां पुरीं च प्लावयिष्यति ॥ ३ ॥
Par la malédiction des brāhmaṇas, la dynastie des Yadu périra certainement en se querellant entre elle; et le septième jour à partir d’aujourd’hui, l’océan se soulèvera et submergera la cité de Dvārakā.
Verse 4
यर्ह्येवायं मया त्यक्तो लोकोऽयं नष्टमङ्गल: । भविष्यत्यचिरात्साधो कलिनापि निराकृत: ॥ ४ ॥
Ô saint Uddhava, lorsque J’abandonnerai cette terre, bientôt l’âge de Kali la submergera, et elle sera dépouillée de toute piété et de tout bon augure.
Verse 5
न वस्तव्यं त्वयैवेह मया त्यक्ते महीतले । जनोऽभद्ररुचिर्भद्र भविष्यति कलौ युगे ॥ ५ ॥
Mon cher Uddhava, lorsque J’aurai quitté cette terre, tu ne dois pas demeurer ici. Ô dévot sans tache, au Kali‑yuga les hommes s’adonneront aux actes pécheurs; ne reste donc pas.
Verse 6
त्वं तु सर्वं परित्यज्य स्नेहं स्वजनबन्धुषु । मय्यावेश्य मन: सम्यक् समदृग् विचरस्व गाम् ॥ ६ ॥
Toi, renonçant à tout attachement envers amis et parents, fixe pleinement ton esprit en Moi; puis, d’un regard égal, parcours la terre.
Verse 7
यदिदं मनसा वाचा चक्षुर्भ्यां श्रवणादिभि: । नश्वरं गृह्यमाणं च विद्धि मायामनोमयम् ॥ ७ ॥
Cher Uddhava, cet univers matériel que tu perçois par l’esprit, la parole, les yeux, les oreilles et les autres sens, sache qu’il est une création de māyā, périssable; tous les objets des sens sont temporaires.
Verse 8
पुंसोऽयुक्तस्य नानार्थो भ्रम: स गुणदोषभाक् । कर्माकर्मविकर्मेति गुणदोषधियो भिदा ॥ ८ ॥
Celui dont la conscience est égarée par l’illusion perçoit d’innombrables différences de valeur dans les objets matériels; lié au bien et au mal, il médite sans cesse sur karma, akarma et vikarma.
Verse 9
तस्माद् युक्तेन्द्रियग्रामो युक्तचित्त इदम् जगत् । आत्मनीक्षस्व विततमात्मानं मय्यधीश्वरे ॥ ९ ॥
Ainsi, maîtrisant les sens et apaisant le mental, vois l’univers entier établi dans le Soi qui se déploie partout, et vois aussi ce soi individuel établi en Moi, le Seigneur Suprême.
Verse 10
ज्ञानविज्ञानसंयुक्त आत्मभूत: शरीरिणाम् । आत्मानुभवतुष्टात्मा नान्तरायैर्विहन्यसे ॥ १० ॥
Pourvu de connaissance certaine et de réalisation vécue, tu percevras le Soi pur en tous les êtres incarnés; l’esprit comblé par l’expérience intérieure, tu ne seras entravé par aucun trouble.
Verse 11
दोषबुद्ध्योभयातीतो निषेधान्न निवर्तते । गुणबुद्ध्या च विहितं न करोति यथार्भक: ॥ ११ ॥
Celui qui a dépassé la dualité du bien et du mal ne se tourne pas vers l’interdit, ni n’accomplit le prescrit par calcul de « mérite »; tel un enfant innocent, il agit spontanément selon le dharma.
Verse 12
सर्वभूतसुहृच्छान्तो ज्ञानविज्ञाननिश्चय: । पश्यन् मदात्मकं विश्वं न विपद्येत वै पुन: ॥ १२ ॥
Bienveillant envers tous les êtres, paisible et fermement établi dans la connaissance et la réalisation, il voit l’univers entier comme pénétré de Moi; un tel dévot ne retombe plus dans le cycle des naissances et des morts.
Verse 13
श्रीशुक उवाच इत्यादिष्टो भगवता महाभागवतो नृप । उद्धव: प्रणिपत्याह तत्त्वंजिज्ञासुरच्युतम् ॥ १३ ॥
Śrī Śukadeva Gosvāmi dit : Ô roi, le Seigneur Bhagavān Śrī Kṛṣṇa instruisit ainsi Son pur dévot Uddhava, avide de connaître la vérité. Uddhava se prosterna devant Acyuta et parla comme suit.
Verse 14
श्रीउद्धव उवाच योगेश योगविन्यास योगात्मन् योगसम्भव । नि:श्रेयसाय मे प्रोक्तस्त्याग: सन्न्यासलक्षण: ॥ १४ ॥
Śrī Uddhava dit : Ô Yogīśa, maître du yoga, ordonnateur de ses disciplines, Âme du yoga et source de toute puissance mystique, pour mon bien suprême Tu as exposé le tyāga, le renoncement marqué par le sannyāsa.
Verse 15
त्यागोऽयं दुष्करो भूमन् कामानां विषयात्मभि: । सुतरां त्वयि सर्वात्मन्नभक्तैरिति मे मति: ॥ १५ ॥
Ô Bhūman, pour ceux dont l’esprit est attaché aux plaisirs des sens, et plus encore, ô Sarvātman, pour ceux qui sont sans bhakti envers Toi, ce renoncement est extrêmement difficile ; telle est mon opinion.
Verse 16
सोऽहं ममाहमिति मूढमतिर्विगाढ- स्त्वन्मायया विरचितात्मनि सानुबन्धे । तत्त्वञ्जसा निगदितं भवता यथाहं संसाधयामि भगवन्ननुशाधि भृत्यम् ॥ १६ ॥
Ô Bhagavān, je suis bien insensé, car ma conscience est engloutie dans le corps et les liens façonnés par Ta māyā, et je pense : « je suis ce corps » et « tout cela est à moi ». Aussi, Seigneur, instruis Ton serviteur : comment puis-je accomplir aisément Tes enseignements ?
Verse 17
सत्यस्य ते स्वदृश आत्मन आत्मनोऽन्यं वक्तारमीश विबुधेष्वपि नानुचक्षे । सर्वे विमोहितधियस्तव माययेमे ब्रह्मादयस्तनुभृतो बहिरर्थभावा: ॥ १७ ॥
Ô Īśa, Tu es la Vérité absolue, la Personne suprême, et Tu Te révèles à Tes dévots. En dehors de Toi, je ne vois personne capable de m’exposer la connaissance parfaite, pas même parmi les devas. En vérité, tous les êtres incarnés, menés par Brahmā, sont troublés par Ta māyā et prennent l’extérieur pour la vérité suprême.
Verse 18
तस्माद् भवन्तमनवद्यमनन्तपारं सर्वज्ञमीश्वरमकुण्ठविकुण्ठधिष्ण्यम् । निर्विण्णधीरहमु हे वृजिनाभितप्तो नारायणं नरसखं शरणं प्रपद्ये ॥ १८ ॥
Ainsi, ô Seigneur, las de la vie matérielle et brûlé par ses détresses, je me réfugie en Toi. Tu es sans faute, infini, omniscient, le Souverain suprême; Ta demeure de Vaikuṇṭha est exempte de tout trouble. Tu es Nārāyaṇa, l’ami véritable de tous les êtres.
Verse 19
श्रीभगवानुवाच प्रायेण मनुजा लोके लोकतत्त्वविचक्षणा: । समुद्धरन्ति ह्यात्मानमात्मनैवाशुभाशयात् ॥ १९ ॥
Le Seigneur Suprême répondit : En général, les hommes capables d’analyser avec discernement la réalité du monde peuvent, par leur propre intelligence, s’élever au-delà de la vie inauspicieuse de la jouissance matérielle grossière.
Verse 20
आत्मनो गुरुरात्मैव पुरुषस्य विशेषत: । यत् प्रत्यक्षानुमानाभ्यां श्रेयोऽसावनुविन्दते ॥ २० ॥
Pour l’homme, en particulier, le soi est son propre maître; car par la perception directe et l’inférence juste, il découvre le véritable bien.
Verse 21
पुरुषत्वे च मां धीरा: साङ्ख्ययोगविशारदा: । आविस्तरां प्रपश्यन्ति सर्वशक्त्युपबृंहितम् ॥ २१ ॥
Dans la forme humaine, les sages maîtres d’eux-mêmes, experts en la science spirituelle du sāṅkhya-yoga, peuvent Me voir directement, avec toutes Mes puissances.
Verse 22
एकद्वित्रिचतुष्पादो बहुपादस्तथापद: । बह्व्य: सन्ति पुर: सृष्टास्तासां मे पौरुषी प्रिया ॥ २२ ॥
Dans ce monde, il existe de nombreux corps créés—certains à une patte, d’autres à deux, trois, quatre ou plusieurs, et d’autres sans pattes—mais parmi tous, la forme humaine m’est réellement chère.
Verse 23
अत्र मां मृगयन्त्यद्धा युक्ता हेतुभिरीश्वरम् । गृह्यमाणैर्गुणैर्लिङ्गैरग्राह्यमनुमानत: ॥ २३ ॥
Moi, le Seigneur Suprême, je ne puis jamais être saisi par la perception ordinaire; pourtant les hommes peuvent me chercher par l’intelligence et d’autres facultés, à travers des signes manifestes et aussi déduits.
Verse 24
अत्राप्युदाहरन्तीममितिहासं पुरातनम् । अवधूतस्य संवादं यदोरमिततेजस: ॥ २४ ॥
À ce sujet, les sages citent un ancien récit : le dialogue entre le très puissant roi Yadu et un avadhūta.
Verse 25
अवधूतं द्विजं कञ्चिच्चरन्तमकुतोभयम् । कविं निरीक्ष्य तरुणं यदु: पप्रच्छ धर्मवित् ॥ २५ ॥
Mahārāja Yadu aperçut un brāhmane avadhūta errant sans crainte, d’apparence jeune et tel un poète savant. Le roi, connaisseur du dharma, en profita pour l’interroger.
Verse 26
श्रीयदुरुवाच कुतो बुद्धिरियं ब्रह्मन्नकर्तु: सुविशारदा । यामासाद्य भवाल्लोकं विद्वांश्चरति बालवत् ॥ २६ ॥
Śrī Yadu dit : Ô brāhmane, je vois que tu ne t’adonnes à aucune pratique religieuse extérieure, et pourtant tu possèdes une compréhension très experte de tout en ce monde. Je t’en prie, dis-moi : comment as-tu acquis cette intelligence extraordinaire, et pourquoi voyages-tu librement comme un enfant ?
Verse 27
प्रायो धर्मार्थकामेषु विवित्सायां च मानवा: । हेतुनैव समीहन्त आयुषो यशस: श्रिय: ॥ २७ ॥
En général, les hommes s’efforcent de cultiver le dharma, l’artha, le kāma et aussi la connaissance de l’âme; et leur mobile ordinaire est d’allonger la vie, d’acquérir la renommée et de jouir de l’opulence matérielle.
Verse 28
त्वं तु कल्प: कविर्दक्ष: सुभगोऽमृतभाषण: । न कर्ता नेहसे किञ्चिज्जडोन्मत्तपिशाचवत् ॥ २८ ॥
Tu es capable, savant, expert, beau et ta parole est comme l’ambroisie; pourtant tu n’agis en rien et ne désires rien, paraissant hébété et fou comme un être fantomatique.
Verse 29
जनेषु दह्यमानेषु कामलोभदवाग्निना । न तप्यसेऽग्निना मुक्तो गङ्गाम्भ:स्थ इव द्विप: ॥ २९ ॥
Alors que les hommes brûlent dans l’incendie de forêt du désir et de l’avidité, toi tu demeures libre et ce feu ne te consume pas. Tu es tel l’éléphant qui se réfugie dans les eaux du Gange.
Verse 30
त्वं हि न: पृच्छतां ब्रह्मन्नात्मन्यानन्दकारणम् । ब्रूहि स्पर्शविहीनस्य भवत: केवलात्मन: ॥ ३० ॥
Ô brāhmaṇa, nous voyons que tu es sans contact avec les jouissances matérielles et que tu voyages seul, sans compagnons ni famille, établi dans le Soi. Puisque nous t’interrogeons avec sincérité, dis-nous la cause de la grande extase que tu éprouves en toi.
Verse 31
श्रीभगवानुवाच यदुनैवं महाभागो ब्रह्मण्येन सुमेधसा । पृष्ट: सभाजित: प्राह प्रश्रयावनतं द्विज: ॥ ३१ ॥
Le Seigneur Kṛṣṇa poursuivit : Le roi Yadu, intelligent et toujours respectueux des brāhmaṇas, après avoir ainsi questionné, honora le brāhmaṇa fortuné. Satisfait de l’attitude humble du roi, le dvija se mit à répondre.
Verse 32
श्रीब्राह्मण उवाच सन्ति मे गुरवो राजन् बहवो बुद्ध्युपाश्रिता: । यतो बुद्धिमुपादाय मुक्तोऽटामीह तान् शृणु ॥ ३२ ॥
Le brāhmaṇa dit : Ô roi, j’ai de nombreux maîtres spirituels, auprès desquels je me suis abrité par l’intelligence. Ayant reçu d’eux la compréhension transcendante, je parcours maintenant la terre en état de libération. Écoute tandis que je te les décris.
Verse 33
पृथिवी वायुराकाशमापोऽग्निश्चन्द्रमा रवि: । कपोतोऽजगर: सिन्धु: पतङ्गो मधुकृद् गज: ॥ ३३ ॥ मधुहाहरिणो मीन: पिङ्गला कुररोऽर्भक: । कुमारी शरकृत् सर्प ऊर्णनाभि: सुपेशकृत् ॥ ३४ ॥ एते मे गुरवो राजन् चतुर्विंशतिराश्रिता: । शिक्षा वृत्तिभिरेतेषामन्वशिक्षमिहात्मन: ॥ ३५ ॥
Ô roi, j’ai pris refuge auprès de vingt-quatre maîtres : la terre, l’air, l’éther, l’eau, le feu, la lune, le soleil, la colombe et le python ; l’océan, le papillon de nuit, l’abeille, l’éléphant et le voleur de miel ; le cerf, le poisson, la courtisane Piṅgalā, l’oiseau kurara et l’enfant ; ainsi que la jeune fille, le faiseur de flèches, le serpent, l’araignée et la guêpe. En contemplant leurs conduites, j’ai appris la science du Soi.
Verse 34
पृथिवी वायुराकाशमापोऽग्निश्चन्द्रमा रवि: । कपोतोऽजगर: सिन्धु: पतङ्गो मधुकृद् गज: ॥ ३३ ॥ मधुहाहरिणो मीन: पिङ्गला कुररोऽर्भक: । कुमारी शरकृत् सर्प ऊर्णनाभि: सुपेशकृत् ॥ ३४ ॥ एते मे गुरवो राजन् चतुर्विंशतिराश्रिता: । शिक्षा वृत्तिभिरेतेषामन्वशिक्षमिहात्मन: ॥ ३५ ॥
Ô roi, j’ai pris refuge auprès de vingt-quatre maîtres : la terre, l’air, l’éther, l’eau, le feu, la lune, le soleil, la colombe et le python ; l’océan, le papillon de nuit, l’abeille, l’éléphant et le voleur de miel ; le cerf, le poisson, la courtisane Piṅgalā, l’oiseau kurara et l’enfant ; ainsi que la jeune fille, le faiseur de flèches, le serpent, l’araignée et la guêpe. En contemplant leurs conduites, j’ai appris la science du Soi.
Verse 35
पृथिवी वायुराकाशमापोऽग्निश्चन्द्रमा रवि: । कपोतोऽजगर: सिन्धु: पतङ्गो मधुकृद् गज: ॥ ३३ ॥ मधुहाहरिणो मीन: पिङ्गला कुररोऽर्भक: । कुमारी शरकृत् सर्प ऊर्णनाभि: सुपेशकृत् ॥ ३४ ॥ एते मे गुरवो राजन् चतुर्विंशतिराश्रिता: । शिक्षा वृत्तिभिरेतेषामन्वशिक्षमिहात्मन: ॥ ३५ ॥
Ô roi, tels sont les vingt-quatre maîtres auprès desquels j’ai pris refuge. En observant leurs dispositions et leurs actes, j’ai appris ici la science du Soi.
Verse 36
यतो यदनुशिक्षामि यथा वा नाहुषात्मज । तत्तथा पुरुषव्याघ्र निबोध कथयामि ते ॥ ३६ ॥
Ô fils de Nahusha, tigre parmi les hommes, écoute tel quel ce que j’ai appris de chacun de ces maîtres ; je vais te l’exposer.
Verse 37
भूतैराक्रम्यमाणोऽपि धीरो दैववशानुगै: । तद् विद्वान्न चलेन्मार्गादन्वशिक्षं क्षितेर्व्रतम् ॥ ३७ ॥
L’homme ferme, même harcelé par d’autres êtres, doit comprendre que ses agresseurs agissent, impuissants, sous la souveraineté de Dieu ; ainsi ne doit-il pas dévier de sa propre voie. Ce vœu, je l’ai appris de la terre.
Verse 38
शश्वत्परार्थसर्वेह: परार्थैकान्तसम्भव: । साधु: शिक्षेत भूभृत्तो नगशिष्य: परात्मताम् ॥ ३८ ॥
Le saint doit apprendre de la montagne : consacrer sans cesse tous ses efforts au service d’autrui et faire du bien des autres l’unique raison de son existence. De même, tel le disciple de l’arbre, il doit s’offrir pour le bien de tous.
Verse 39
प्राणवृत्त्यैव सन्तुष्येन्मुनिर्नैवेन्द्रियप्रियै: । ज्ञानं यथा न नश्येत नावकीर्येत वाङ्मन: ॥ ३९ ॥
Le sage doit se contenter du simple maintien de la vie et ne pas chercher la satisfaction dans la complaisance des sens matériels. Qu’il prenne soin du corps de sorte que la connaissance supérieure ne périsse pas et que parole et mental ne s’écartent pas de la réalisation du Soi.
Verse 40
विषयेष्वाविशन् योगी नानाधर्मेषु सर्वत: । गुणदोषव्यपेतात्मा न विषज्जेत वायुवत् ॥ ४० ॥
Même entouré d’innombrables objets matériels aux qualités bonnes et mauvaises, celui qui a transcendé le bien et le mal ne s’emmêle pas, même au contact ; il agit plutôt comme le vent, sans attache.
Verse 41
पार्थिवेष्विह देहेषु प्रविष्टस्तद्गुणाश्रय: । गुणैर्न युज्यते योगी गन्धैर्वायुरिवात्मदृक् ॥ ४१ ॥
Bien que l’âme réalisée puisse vivre dans divers corps matériels en ce monde et en éprouver les qualités et fonctions, elle ne s’y enchevêtre jamais ; de même, le vent porte divers parfums sans s’y mêler.
Verse 42
अन्तर्हितश्च स्थिरजङ्गमेषु ब्रह्मात्मभावेन समन्वयेन । व्याप्त्याव्यवच्छेदमसङ्गमात्मनो मुनिर्नभस्त्वं विततस्य भावयेत् ॥ ४२ ॥
Le sage méditatif, même en vivant dans un corps matériel, doit se connaître comme âme pure dans la conscience de Brahman. Qu’il voie que l’âme pénètre toutes les formes de vie, mobiles et immobiles, et que la Personnalité Suprême de Dieu, en tant que Paramatma, est simultanément présente en tout comme l’Hôte intérieur. Tous deux se comprennent à l’image du ciel : il s’étend partout et tout repose en lui, sans se mêler à rien ni pouvoir être divisé.
Verse 43
तेजोऽबन्नमयैर्भावैर्मेघाद्यैर्वायुनेरितै: । न स्पृश्यते नभस्तद्वत् कालसृष्टैर्गुणै: पुमान् ॥ ४३ ॥
De même que les nuages et les tempêtes, poussés par le vent, n’affectent pas le ciel, ainsi l’âme ne se modifie ni ne se souille au contact des guṇa engendrés par le Temps.
Verse 44
स्वच्छ: प्रकृतित: स्निग्धो माधुर्यस्तीर्थभूर्नृणाम् । मुनि: पुनात्यपां मित्रमीक्षोपस्पर्शकीर्तनै: ॥ ४४ ॥
Ô roi, le saint est semblable à l’eau : pur, naturellement doux, et sa parole est suave comme un courant. Le voir, le toucher ou entendre son kīrtana des gloires du Seigneur purifie l’être; tel un tīrtha, il sanctifie tous ceux qui l’approchent.
Verse 45
तेजस्वी तपसा दीप्तो दुर्धर्षोदरभाजन: । सर्वभक्ष्योऽपि युक्तात्मा नादत्ते मलमग्निवत् ॥ ४५ ॥
Par l’austérité, les saints deviennent rayonnants et inébranlables; ils ne cherchent pas les jouissances du monde. Ils acceptent la nourriture que le destin apporte, et même si elle est souillée, ils n’en sont pas affectés, tels le feu qui consume l’impur.
Verse 46
क्वचिच्छन्न: क्वचित् स्पष्ट उपास्य: श्रेय इच्छताम् । भुङ्क्ते सर्वत्र दातृणां दहन् प्रागुत्तराशुभम् ॥ ४६ ॥
Tel le feu, le saint tantôt demeure caché, tantôt se révèle. Pour le bien de ceux qui désirent la vraie félicité, il accepte d’être honoré comme maître spirituel; et, recevant leurs offrandes avec miséricorde, il réduit en cendres les fautes passées et futures de ses adorateurs.
Verse 47
स्वमायया सृष्टमिदं सदसल्लक्षणं विभु: । प्रविष्ट ईयते तत्तत्स्वरूपोऽग्निरिवैधसि ॥ ४७ ॥
Dans ce monde de sat et d’asat créé par Sa propre māyā, l’Âme Suprême toute-puissante entre dans les corps; et, comme le feu se manifeste différemment selon les bois, ainsi semble-t-Elle prendre l’identité de chacun.
Verse 48
विसर्गाद्या: श्मशानान्ता भावा देहस्य नात्मन: । कलानामिव चन्द्रस्य कालेनाव्यक्तवर्त्मना ॥ ४८ ॥
Les phases de la vie matérielle, de la naissance jusqu’à la mort, sont des états du corps et non de l’âme. Comme la lune semble croître et décroître sous la marche imperceptible du temps, sans que la lune elle-même soit atteinte.
Verse 49
कालेन ह्योघवेगेन भूतानां प्रभवाप्ययौ । नित्यावपि न दृश्येते आत्मनोऽग्नेर्यथार्चिषाम् ॥ ४९ ॥
Sous le flot impétueux du temps, la naissance et la disparition des êtres se produisent sans cesse et pourtant ne se remarquent pas, comme les flammes du feu qui surgissent et s’éteignent à chaque instant. Ainsi les vagues du temps causent imperceptiblement la naissance, la croissance et la mort d’innombrables corps, et l’âme n’en saisit pas l’action.
Verse 50
गुणैर्गुणानुपादत्ते यथाकालं विमुञ्चति । न तेषु युज्यते योगी गोभिर्गा इव गोपति: ॥ ५० ॥
Le yogi reçoit les objets par les sens selon les guṇas, puis, au moment opportun, les abandonne; pourtant il ne s’y enchaîne pas. Comme le gardien des vaches vit parmi elles sans y être lié, ainsi demeure-t-il détaché au milieu des guṇas.
Verse 51
बुध्यते स्वे न भेदेन व्यक्तिस्थ इव तद्गत: । लक्ष्यते स्थूलमतिभिरात्मा चावस्थितोऽर्कवत् ॥ ५१ ॥
Le soleil, même reflété dans divers objets, ne se divise jamais et ne se fond pas dans son reflet; seuls les esprits lourds le croiraient. De même, bien que l’âme paraisse se refléter à travers différents corps, elle demeure indivise et non matérielle, stable comme le soleil.
Verse 52
नातिस्नेह: प्रसङ्गो वा कर्तव्य: क्वापि केनचित् । कुर्वन् विन्देत सन्तापं कपोत इव दीनधी: ॥ ५२ ॥
Il ne faut nourrir ni affection excessive ni attachement envers qui que ce soit ou quoi que ce soit; sinon on connaîtra une grande souffrance. Comme le pigeon insensé qui s’afflige par attachement, ainsi l’homme souffre.
Verse 53
कपोत: कश्चनारण्ये कृतनीडो वनस्पतौ । कपोत्या भार्यया सार्धमुवास कतिचित् समा: ॥ ५३ ॥
Il était une fois, dans la forêt, un pigeon qui bâtit son nid dans un arbre et y demeura de longues années avec son épouse.
Verse 54
कपोतौ स्नेहगुणितहृदयौ गृहधर्मिणौ । दृष्टिं दृष्ट्याङ्गमङ्गेन बुद्धिं बुद्ध्या बबन्धतु: ॥ ५४ ॥
Les deux pigeons, fidèles au dharma du foyer, le cœur noué par l’attachement, se laissaient prendre aux regards, aux formes et aux pensées l’un de l’autre, se liant entièrement d’affection.
Verse 55
शय्यासनाटनस्थानवार्ताक्रीडाशनादिकम् । मिथुनीभूय विश्रब्धौ चेरतुर्वनराजिषु ॥ ५५ ॥
Avec une confiance naïve en l’avenir, tels un couple d’amants parmi les arbres, ils se livraient sans crainte au repos, à l’assise, à la marche, à la conversation, au jeu, au repas, et ainsi de suite.
Verse 56
यं यं वाञ्छति सा राजन् तर्पयन्त्यनुकम्पिता । तं तं समनयत् कामं कृच्छ्रेणाप्यजितेन्द्रिय: ॥ ५६ ॥
Ô Roi, chaque fois qu’elle désirait quelque chose, la femelle le cajolait avec tendresse; et lui, sans victoire sur ses sens, comblait chacun de ses souhaits, fût-ce au prix de grandes peines.
Verse 57
कपोती प्रथमं गर्भं गृह्णन्ती काल आगते । अण्डानि सुषुवे नीडे स्वपत्यु: सन्निधौ सती ॥ ५७ ॥
Puis la femelle conçut pour la première fois; lorsque le temps fut venu, l’épouse chaste déposa plusieurs œufs dans le nid, sous le regard de son époux.
Verse 58
प्रजा: पुपुषतु: प्रीतौ दम्पती पुत्रवत्सलौ । शृण्वन्तौ कूजितं तासां निवृतौ कलभाषितै: ॥ ५९ ॥
Quand le temps fut venu, de ces œufs naquirent des oisillons de pigeon, aux membres et aux plumes délicats, façonnés par les puissances inconcevables du Seigneur.
Verse 59
तासां पतत्रै: सुस्पर्शै: कूजितैर्मुग्धचेष्टितै: । प्रत्युद्गमैरदीनानां पितरौ मुदमापतु: ॥ ६० ॥
Au doux contact des ailes de leurs petits, à leurs gazouillis, à leurs gestes candides et à leurs élans pour les accueillir, les parents pigeons furent comblés de joie.
Verse 60
तासां पतत्रै: सुस्पर्शै: कूजितैर्मुग्धचेष्टितै: । प्रत्युद्गमैरदीनानां पितरौ मुदमापतु: ॥ ६० ॥
En voyant les ailes douces de leurs petits, leurs gazouillis, leurs mouvements innocents dans le nid et leurs essais pour s’élancer, les parents se réjouirent; les petits heureux, eux aussi furent heureux.
Verse 61
स्नेहानुबद्धहृदयावन्योन्यं विष्णुमायया । विमोहितौ दीनधियौ शिशून् पुपुषतु: प्रजा: ॥ ६१ ॥
Le cœur lié par l’affection réciproque, ces oiseaux insensés, entièrement égarés par la māyā de Śrī Viṣṇu, continuèrent à nourrir leurs petits avec une intelligence affligée.
Verse 62
एकदा जग्मतुस्तासामन्नार्थं तौ कुटुम्बिनौ । परित: कानने तस्मिन्नर्थिनौ चेरतुश्चिरम् ॥ ६२ ॥
Un jour, les deux chefs de famille sortirent chercher de la nourriture pour leurs petits; anxieux de bien les nourrir, ils errèrent longtemps à travers toute la forêt.
Verse 63
दृष्ट्वा तान् लुब्धक: कश्चिद् यदृच्छातो वनेचर: । जगृहे जालमातत्य चरत: स्वालयान्तिके ॥ ६३ ॥
Alors, un chasseur errant par hasard dans la forêt vit les jeunes pigeons s’agiter près de leur nid. Il déploya son filet et les captura tous.
Verse 64
कपोतश्च कपोती च प्रजापोषे सदोत्सुकौ । गतौ पोषणमादाय स्वनीडमुपजग्मतु: ॥ ६४ ॥
Le pigeon et sa compagne, toujours soucieux de nourrir leurs petits, erraient dans la forêt à cette fin. Ayant trouvé une nourriture convenable, ils revinrent à leur nid.
Verse 65
कपोती स्वात्मजान् वीक्ष्य बालकान् जालसंवृतान् । तानभ्यधावत् क्रोशन्ती क्रोशतो भृशदु:खिता ॥ ६५ ॥
Quand la femelle pigeon vit ses petits pris dans le filet du chasseur, elle fut submergée d’une douleur extrême. En criant, elle se précipita vers eux, et eux l’appelaient en retour.
Verse 66
सासकृत्स्नेहगुणिता दीनचित्ताजमायया । स्वयं चाबध्यत शिचा बद्धान् पश्यन्त्यपस्मृति: ॥ ६६ ॥
La femelle pigeon, depuis toujours liée par les cordes d’un attachement matériel intense, avait l’esprit accablé. Saisie par l’énergie illusoire du Seigneur, elle s’oublia elle-même et, se précipitant vers ses petits sans défense, fut aussitôt prise dans le filet.
Verse 67
कपोत: स्वात्मजान् बद्धानात्मनोऽप्यधिकान् प्रियान् । भार्यां चात्मसमां दीनो विललापातिदु:खित: ॥ ६७ ॥
Voyant ses petits, plus chers que sa propre vie, liés dans le filet, et sa bien-aimée compagne —qu’il tenait pour son égale— elle aussi captive, le pauvre pigeon, accablé de peine, se mit à gémir misérablement.
Verse 68
अहो मे पश्यतापायमल्पपुण्यस्य दुर्मते: । अतृप्तस्याकृतार्थस्य गृहस्त्रैवर्गिकोहत: ॥ ६८ ॥
Hélas, voyez comme je suis maintenant détruit ! Je suis manifestement un grand sot, car je n'ai pas accompli d'activités pieuses. Je n'ai pu ni me satisfaire ni remplir le but de la vie. Ma famille, base de ma religion, est maintenant ruinée.
Verse 69
अनुरूपानुकूला च यस्य मे पतिदेवता । शून्ये गृहे मां सन्त्यज्य पुत्रै: स्वर्याति साधुभि: ॥ ६९ ॥
Ma femme et moi formions un couple idéal. Elle m'obéissait toujours fidèlement et me considérait comme sa divinité. Mais maintenant, me laissant dans une maison vide, elle est partie au ciel avec nos saints enfants.
Verse 70
सोऽहं शून्ये गृहे दीनो मृतदारो मृतप्रज: । जिजीविषे किमर्थं वा विधुरो दु:खजीवित: ॥ ७० ॥
Maintenant, je suis une personne misérable vivant dans une maison vide. Ma femme est morte, mes enfants sont morts. Pourquoi voudrais-je vivre ? Mon cœur est si peiné par la séparation que la vie elle-même n'est que souffrance.
Verse 71
तांस्तथैवावृतान् शिग्भिर्मृत्युग्रस्तान् विचेष्टत: । स्वयं च कृपण: शिक्षु पश्यन्नप्यबुधोऽपतत् ॥ ७१ ॥
Alors que le père pigeon regardait misérablement ses pauvres enfants piégés dans le filet et sur le point de mourir, luttant pathétiquement pour se libérer, son esprit se vida et il tomba lui-même dans le filet du chasseur.
Verse 72
तं लब्ध्वा लुब्धक: क्रूर: कपोतं गृहमेधिनम् । कपोतकान् कपोतीं च सिद्धार्थ: प्रययौ गृहम् ॥ ७२ ॥
Le chasseur cruel, ayant assouvi son désir en capturant le pigeon chef de famille, sa femme et tous leurs enfants, partit pour sa propre maison.
Verse 73
एवं कुटुम्ब्यशान्तात्मा द्वन्द्वाराम: पतत्रिवत् । पुष्णन् कुटुम्बं कृपण: सानुबन्धोऽवसीदति ॥ ७३ ॥
Ainsi, celui qui s’attache excessivement à la vie de famille demeure le cœur troublé. Tel le pigeon, il se complaît dans les dualités et recherche le plaisir de l’attrait sexuel; absorbé à nourrir les siens, l’avare est voué à de grandes souffrances avec tous les membres de sa famille.
Verse 74
य: प्राप्य मानुषं लोकं मुक्तिद्वारमपावृतम् । गृहेषु खगवत् सक्तस्तमारूढच्युतं विदु: ॥ ७४ ॥
Celui qui a obtenu la condition humaine voit grandes ouvertes les portes de la délivrance. Mais s’il s’attache au foyer comme l’oiseau sot de ce récit, qu’on le tienne pour celui qui monta haut pour trébucher et tomber.
Kṛṣṇa indicates that after His disappearance Kali-yuga will overwhelm society, and people will become addicted to sinful life. Although Uddhava is personally sinless, remaining amid pervasive Kali influences would distract his realization and service. Therefore the Lord instructs him to renounce social attachments, maintain equal vision, and wander with exclusive remembrance of Bhagavān—preserving Poṣaṇa (divine protection) through obedience to the Lord’s final directive.
The Lord explains that a human being capable of sober analysis and sound logic can discern the miseries and instability of sense gratification and thereby rise beyond it. This does not replace śāstra and sādhus; rather, it describes buddhi refined by experience, scriptural principles, and self-control, which can instruct one inwardly to abandon inauspicious habits and seek the Supreme through direct and indirect symptoms.
The avadhūta is a liberated brāhmaṇa mendicant encountered by King Yadu. His method is distinctive because he presents ‘nature and ordinary beings’ as instructors—twenty-four gurus—extracting spiritual axioms from their behaviors. This frames Vedic wisdom as universally legible: the world itself becomes a classroom when viewed through viveka (discernment) and detachment.
The list establishes a structured curriculum of realization: endurance and non-retaliation (earth), non-entanglement (wind/sky), purity and beneficence (water), austerity and transformative power (fire), non-identification amid change (moon/time), and so on. It also signals that the avadhūta’s discourse will unfold progressively across following verses/chapters, making 11.7 the narrative gateway to one of the Bhāgavata’s most cited renunciation and wisdom sections.
The pigeon allegory warns against excessive affection and identity-absorption in spouse and offspring, which produces blindness to mortality and leads to ruin when inevitable loss arrives. The teaching is not a blanket condemnation of household life; rather, it critiques gṛhastha-āsakti (possessive attachment) that eclipses dharma and self-realization. The ‘doors of liberation’ are open in human life, but they close experientially when one lives only for maintenance and sensual bonding.