
Thème principal : stabilisation du foyer par la prospérité, la concorde et des expulsions protectrices. Sous-thèmes : pauṣṭika — nourriture et accroissement (ūrj, rasa, rayi) ; sāṃmanasya — unanimité et cohésion sociale ; sapátna-kṣayaṇa — élimination des rivaux/de l’hostilité ; prāyaścitta — re-sanctification en cas de nourriture ou d’acceptations douteuses ; vājīkaraṇa — vigueur masculine et union réussie ; Agni comme feu vital intérieur rétablissant la fermeté et la vue ; fixation/attache des biens précieux afin qu’ils ne s’égarent ni ne se perdent.
Cet hymne prāyaścitta en trois strophes implore Agni, en tant que Hotṛ et Vaiśvānara, de « reclasser » rituellement la nourriture et les biens consommés ou acceptés dans des conditions douteuses, afin qu’ils deviennent comme dûment offerts (suhuta). Il traite de la souillure morale et rituelle née de la réception (pratigraha), de la distinction huta/ahuta et de l’anṛta (fausseté), transformant l’ingestion en une nourriture propice, « miellée », salutaire et nourrissante. Sa puissance réside dans la juridiction sacrificielle purificatrice d’Agni : ce qui touche au domaine d’Agni peut être rendu rituellement correct et intérieurement sûr.
Ce bref hymne de vājīkaraṇa est un charme de puissance visant à stimuler et à accroître la virilité masculine, assurant une érection ferme et une union réussie. Il investit arka (la plante arka et/ou sa puissance « solaire » chargée) avec vāta (le vent vital) comme force gonflante et fortifiante, grâce à laquelle l’organe générateur « joint membre à membre » et dépasse la mesure ordinaire.
Ce bref hymne paustika est un charme pour la sāṃmanasya — l’unanimité et l’intention partagée — afin que parents et alliés se rassemblent autour d’un seul chef / maître de maison, d’un même esprit. Il invoque les grandes puissances stabilisatrices (Varuṇa, Soma, Agni, Bṛhaspati, les Vasus) pour « rassembler » la fortune du groupe ; puis il « coud » rituellement les impulsions intérieures divergentes au moyen du havis et du ghee ; enfin, il empêche la dispersion en plaçant la communauté sous la juste conduite de Pūṣan et sous l’appel de Vāstoṣpati qui maintient la maisonnée.
AV 6.74 est un bref charme de concorde qui « noue ensemble » rituellement les corps, les esprits, les cœurs et les observances communes, afin qu’un groupe en querelle revienne à la reconnaissance mutuelle et à un ordre coopératif. Il invoque Saṃjñāna (la puissance de l’entente partagée) et s’appuie sur Bhaga (juste part/part heureuse) et Anna (la nourriture) pour adoucir l’offense et rétablir l’unanimité par la parole sacrée et la cohésion communautaire.
AV 6.75 est un charme sapátna-kṣayaṇa concis qui expulse un rival hostile de la demeure et scelle son non-retour. Indra y est invoqué comme l’écraseur décisif des ennemis, chassant l’adversaire au-delà de la limite domestique (okas) et le poussant vers les régions les plus lointaines, hors de la société et même au-delà des sphères cosmiques lumineuses.
Ce bref charme atharvanique attise Agni comme un feu intérieur, vivifiant, qui s’élève du cœur et rétablit l’ordre vital, la vue et la stabilité. Par la connaissance correcte des samidh et par la saisie du « nom » d’Agni comme puissance protectrice, l’hymne repousse les agresseurs errants et ôte à la Mort sa prétention, surtout dans un cadre royal et protecteur (kṣatriya).
Cet hymne de trois mantras est un charme de stabilisation et de protection qui «fait tenir ferme» ce qui est susceptible d’errer—en particulier les biens précieux tels que les chevaux—en calquant l’ordre domestique sur la constance cosmique (Ciel, Terre, montagnes). Il invoque ensuite une puissance gardienne, puis enfin Agni Jātavedas, afin de repousser les forces menaçantes, d’assurer une protection à plusieurs niveaux et de rétablir la prospérité du foyer et sa juste marche.
Ce bref hymne pauṣṭika bénit un couple marié d’une plénitude renouvelée (pyāyati), d’une vitalité nourricière (rasa/payas), de richesse (rayi) et d’un assise stable/ordre établi (rāṣṭra). La prospérité n’y est pas un simple avoir, mais une condition durable du foyer : une croissance non amoindrie (anupakṣita), une sève féconde et une longue vie, scellées par l’invocation de Tvaṣṭṛ, le façonneur divin du lien conjugal.
AV 6.79 est un bref charme domestique de prospérité adressé à Nabhasaspati, le « Seigneur du Nuage », imaginé comme le maître divin de la nourriture née de la pluie. L’hymne demande que l’ūrj (énergie vitale de la nourriture) soit établie dans la maison, la délivrance du manque (asamāti) et une part stable dans une « prospérité au millefold ». Sa force tient à ce qu’il relie le bien-être du foyer au réservoir cosmique de pluie et d’abondance, attirant cette plénitude dans le gṛha comme un état protégé et durable.
Ce bref hymne apotropaïque apaise une puissance divine omniprésente — figurée comme une « force » céleste (mahimā) et associée à Śuna/Divya Śvan — afin qu’elle protège une personne et sa demeure de tout mal. En « situant » cette puissance dans les eaux, l’espace intermédiaire, le ciel, l’océan et la terre, le mantra rend la protection totale et rituellement accessible par une simple oblation.
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