
Le foyer et la cité sont assurés par la puissance d’Agni–Indra : protection contre les forces hostiles et stabilisation de la prospérité, de l’éclat et de l’intrépidité. Sous‑thèmes : nourriture cosmique et élévation par la Vache (Gauḥ/Pṛśni) comme principe paustika ; Agni en tant que rakṣohā — gardien des limites, passage sûr et chaleur rituelle (gharma) ; Indra, donateur et protecteur de la richesse, de la victoire, du rāṣṭra, du yaśas et du varcas ; contre‑malédiction et force du serment (Śapatha) comme protection morale et judiciaire ; protection du village/du lieu et consolidation de l’ordre communautaire.
Ce bref hymne cosmologique et paustique invoque la Vache cosmique (Gauḥ/Pṛśni) comme principe nourricier qui établit les êtres entre la Mère et le Père et les conduit vers svàr (la lumière céleste). Il relie la prospérité au juste ordre cosmique : le souffle vital (prāṇa/apāna) révèle la puissance souveraine et lumineuse, et Vāk (la parole sacrée) est ancrée dans la course du soleil et dans les stations mesurées du temps. On le récite pour l’accroissement, la richesse en bétail, la vitalité et un heureux accord avec les rythmes quotidiens et célestes.
AV 6.32 est un hymne rakṣohā concis (qui expulse les démons) : il fait du feu domestique et de la souveraineté divine une arme pour chasser les yātudhānas, rākṣasas et piśācas de la maison et de ses limites. Il associe la contre‑attaque ardente (Agni), une force d’inhibition corporelle (Rudra) et l’ordre juridico‑protecteur (Mitra–Varuṇa) afin de rendre les assaillants incapables de localiser la famille ou son « lieu d’assise » (pratiṣṭhā), puis les livre à Yama (éloignement/mort).
AV 6.33 est une brève Indra-stuti destinée à attirer une richesse vaste, de bon augure, « belle à voir », et à préserver cette prospérité afin qu’elle ne soit ni dominée ni ravie. En trois mantras, l’hymne célèbre l’immense domaine de souveraineté d’Indra et sa force inattaquable, transformant son « śavaḥ » divin (puissance) en réussite humaine — gain, prestige social, victoire et renommée.
AV 6.34 est un bref charme protecteur adressé à Agni : à plusieurs reprises, on prie le Feu « brillant, aux flammes aiguës » de faire passer le chantre au-delà de l’hostilité et des obstacles. Agni est loué comme rakṣohā (écraseur de démons) et comme gardien omnivoyant ; sa naissance transcendante « au-delà du rajas » le rend seul capable de conduire l’homme au-delà des ennemis visibles comme de la malveillance cachée.
Ce bref hymne en trois strophes appelle Vaiśvānara Agni « de loin » dans la sphère domestique/sacrificielle, le priant de s’approcher d’une louange bien composée et de se tenir présent aux moments de détresse (aṃhas). Agni y est présenté non seulement comme protecteur, mais comme l’ordonnateur intérieur du stoma et de l’uktha ; leur juste agencement engendre dyumna (splendeur), svaḥ (lumière céleste) et la faveur stabilisatrice d’Aryaman.
AV 6.36 invoque Vaiśvānara-Agni comme seigneur de la lumière du ṛta, demandant un gharma ininterrompu (chaleur protectrice) qui dissipe le froid, le malheur et la rupture du rite. L’hymne élargit ensuite le rôle d’Agni du feu domestique au régulateur cosmique : il ordonne toutes choses, libère les saisons en harmonie avec le ṛta et mène le sacrifice à son accomplissement. Le dernier verset couronne cette puissance comme une unique radiance souveraine, où Agni et Kāma convergent en force régnante sur ce qui a été et ce qui sera.
AV 6.37 est un hymne bref de contre-malédiction qui invoque Śapatha — la puissance du serment/de la malédiction, personnifiée et omnivoyante — afin de traquer celui qui a proféré une imprécation nuisible. Il arrache la malédiction à la vie intérieure de la victime (hṛd) et renvoie l’élan punitif sur le maudisseur avec l’inéluctabilité du feu et de l’éclair. Le dernier mouvement livre le coupable à Mṛtyu, scellant le retournement et rétablissant la sûreté du foyer et de la communauté.
AV 6.38 est un charme varcasyam qui appelle Tvís/Várchas — la splendeur personnifiée — depuis les foyers les plus prestigieux et les plus puissants de la nature et de la société (prédateurs, feu, soleil, instruments royaux et guerriers). En nommant à plusieurs reprises les lieux où réside déjà l’« éclat » et en demandant à la Devī de venir « en concorde », l’hymne intériorise le charisme, l’autorité et la brillance victorieuse chez le récitant ou le patron, avec Indra présenté comme l’exemple souverain qu’elle a elle-même « engendré ».
AV 6.39 est un charme royal de prospérité, bref et concentré, qui condense l’élan victorieux d’Indra (indrajūta) dans les biens sociaux du rāṣṭra (dominion stable), du yaśas (renommée publique) et du varcas (présence rayonnante). En trois mantras, la renommée est traitée comme une offrande que l’on peut nourrir rituellement, puis revendiquée comme une prééminence durable et visible de tous (jyeṣṭhatā).
Ce bref hymne de protection de tradition atharvanique établit autour d’un village et de ses habitants un « champ d’intrépidité » (abhaya) complet, en invoquant des appuis cosmiques — le Ciel et la Terre, l’espace intermédiaire, Soma, Savitar et les Sept Ṛṣi. Il se tourne ensuite vers Indra afin de rendre la communauté « sans ennemis » dans toutes les directions, tout en détournant loin de l’établissement la colère hostile. L’hymne fonctionne comme un sceau apotropaïque compact (dig-bandhana), s’étendant de l’ordre cosmique à la sécurité locale.
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