Adhyaya 85
Vastu-Pratishtha & Isana-kalpaAdhyaya 8531 Verses

Adhyaya 85

Pratiṣṭhā-Kalaśa-Śodhana-Ukti (Instruction on Purifying the Consecration Pitcher) — Chapter 85

Ce chapitre s’ouvre dans la continuité de la purification de la Nivṛtti-kalā et se tourne vers une procédure technique de l’Isāna-kalpa : la purification et l’activation du vase d’eau de consécration (pratiṣṭhā-kalaśa). Īśvara y enseigne un sandhāna, « jonction » rituelle des principes purs et impurs, au moyen de mesures phonétiques réglées (brève/longue) et par les degrés du son (nāda), le non-son et l’extinction du son, reliant la phonologie des mantras à la tattva-śuddhi. Le rite transpose ensuite la cosmologie dans l’installation : les tattva (avec le puruṣa comme « vingt-quatrième » et le compte complet de vingt-cinq) sont contemplés comme siégeant dans l’espace de consécration, avec une série prescrite d’akṣara. Suit une longue énumération des formes de Rudra et des mondes associés, formant une grille protectrice et ontologique pour la pratiṣṭhā. La procédure devient explicitement initiatique : le fil est conduit dans le corps, la puissance de lien (pāśa) est séparée et transférée dans le kumbha par mudrā et contrôle du souffle ; puis Viṣṇu est invoqué comme détenteur de l’adhikāra afin d’autoriser la dīkṣā. Le chapitre se conclut par un japa expiatoire, des mantras-armes pour trancher les liens, des décomptes de homa, la remise de tout droit, et la purification finale par la pūrṇāhuti, déclarant la pratiṣṭhā « purifiée ».

Shlokas

Verse 1

निवृत्तिकलाशोधनं नाम चतुरशीतितमो ऽध्यायः शिवात्मनेति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः दग्धनिःशेषपाशस्य इति ख, ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः अथ पञ्चाशीतितमो ऽध्यायः प्रतिष्ठाकलाशोधनोक्तिः ईश्वर उवाच तत्त्वयोरथ सन्धानं कुर्याच्छुद्धविशुद्धयोः ह्रस्वदीर्घप्रयोगेण नादनादान्तसङ्गिना

« (Ici s’achève) le chapitre intitulé “Purification de la Nivṛtti-kalā” (quatre-vingt-quatrième chapitre). (Dans des manuscrits marqués, on trouve des leçons variantes : “à Śivātman” / “de celui dont les liens sont brûlés sans reste”.) Commence maintenant le quatre-vingt-cinquième chapitre : “Enseignement sur la purification du vase d’eau de consécration (pratiṣṭhā-kalaśa)”. Le Seigneur dit : “Ensuite, qu’on opère la jonction (sandhāna) des deux principes—le pur et l’impur—en recourant aux mesures brèves et longues (de la phonétique), accompagnées du son (nāda), du non-son (anāda) et de la limite/fin du son (nāda-anta).” »

Verse 2

ॐ हां ह्रूं हांअप्तेजो वायुराकाशं तन्मात्रेन्द्रियबुद्धयः गुणत्रयमहङ्कारश् चतुर्विंशः पुमानिति

« Om—hāṃ hrūṃ hāṃ » ; puis (sont énoncés) l’eau, le feu, le vent et l’éther ; les tanmātras (éléments subtils), les indriyas (facultés sensorielles) et la buddhi (intellect) ; les trois guṇas et l’ahaṅkāra (l’egoïté) : ainsi est proclamé le « vingt-quatrième », le Puruṣa, la Personne.

Verse 3

प्रतिष्ठायां निविष्ठानि तत्त्वान्येतानि भावयेत् पञ्चविंशतिसङ्ख्यानि खादियान्ताक्षराणि च

Lors de la consécration (pratiṣṭhā), on doit méditer ces principes (tattvas) comme étant installés en ce lieu—au nombre de vingt-cinq—et aussi les syllabes commençant par « kha » et se terminant par « ya ».

Verse 4

पञ्चाशदधिका षष्टिर्भुवनैस्तुल्यसञ्ज्ञिताः तावन्त एव रुद्राश् च विज्ञेयास्तत्र तद्यथा

Les mondes (bhuvanas) sont au nombre de soixante-cinq, désignés par des noms correspondants ; et l’on doit comprendre qu’il y a là exactement autant de Rudras, à savoir comme suit.

Verse 5

अमरेशः प्रभावश् च नेमिषः पुष्करो ऽपि च तथा पादिश् च दण्डिश् च भावभूतिरथाष्टमः

Amareśa, Prabhāva, Nemiṣa et aussi Puṣkara ; de même Pādi et Daṇḍin ; puis Bhavabhūti comme le huitième (dans l’autorité).

Verse 6

नकुलीशो हरिश् चन्द्रः श्रीशैलो दशमः स्मृतः अन्वीशो ऽस्रातिकेशश् च महाकालो ऽथ मध्यमः

Nakulīśa, Hari et Candra — Śrīśaila est rappelé comme le dixième. Il y a aussi Anvīśa et Asrātikeśa ; puis Mahākāla, celui qui se tient au milieu (de l’énumération).

Verse 7

केदारो भैरवश् चैव द्वितीयाष्टकमीरितं ततो गयाकुरुक्षेत्रखलानादिकनादिके

« Kedāra et Bhairava » — cela est proclamé comme le second groupe de huit ; ensuite sont mentionnés Gayā, Kurukṣetra et d’autres lieux saints, à commencer par Khalāna et Kanādikā.

Verse 8

विमलश्चाट्टहासश् च महेन्द्रो भाम एव च वस्वापदं रुद्रकोटिरवियुक्तो महावन्तः

Il est Vimalā (l’Immaculé) et Āṭṭahāsa (celui dont le rire tonne) ; il est Mahendra et Bhāma ; il est Vasvāpada (la Demeure des Vasus) ; il est Rudrakoṭi, Aviyukta et Mahāvanta (le Grand et le Puissant).

Verse 9

गोकर्णो भद्रकर्णश् च स्वर्णाक्षः स्थाणुरेव च अजेशश् चैव सर्वज्ञो भास्वरः सूदनान्तरः

Il est Gokarṇa et Bhadrakarṇa ; il est Svarṇākṣa (aux yeux d’or) et aussi Sthāṇu (l’Immobile). Il est Ajeśa (Seigneur de l’Inengendré), véritablement omniscient ; il est Bhāsvara (Rayonnant) et Sūdanāntara (le Tueur qui met fin aux ennemis).

Verse 10

सुबाहुर्मत्तरूपी च विशालो जटिलस् तथा ॐ हां हूं हूं हामिति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः अल्पीशो भ्रान्तिकेशश्चेति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः विमलश् चण्डहासश्चेति ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः रौद्रो ऽथ पिङ्गलाक्षश् च कालदंष्ट्री भवेत्ततः

(Il est) Subāhu («aux bras puissants»), Mattarūpī («à la forme enivrante/furieuse»), Viśāla («vaste») et Jaṭila («aux cheveux emmêlés en nattes»). Dans certaines leçons manuscrites signalées figure l’énoncé de type bīja : «Oṃ hāṃ hūṃ hūṃ hām». De même, dans des leçons marquées : Alpīśa («seigneur du petit/du moindre»), Bhrāntikeśa («aux cheveux épars/errants»), Vimala («sans souillure») et Caṇḍahāsa («rire farouche»). Puis (il est) Raudra («terrifiant»), Piṅgalākṣa («aux yeux fauves»), et ensuite Kāladaṃṣṭrī («aux crocs semblables au Temps/à la Mort»).

Verse 11

विदुरश् चैव घोरश् च प्राजापत्यो हुताशनः कामरूपी तथा कालः कर्णो ऽप्यथ भयानकः

Et (il) est nommé Vidura, et aussi Ghora ; (il est) Prajāpatya et Hutāśana, le consommateur des offrandes. (Il est) Kāmarūpī, celui qui prend forme à volonté ; de même Kāla (Temps/Mort) ; aussi Karṇa ; puis (il est) Bhayānaka, le Terrifiant.

Verse 12

मतङ्गः पिङ्गलश् चैव हरो वै धातृसज्ञकः शङ्कुकर्णो विधानश् च श्रीकण्ठश् चन्द्रशेखरः

Il est nommé Mataṅga ; et Piṅgala ; en vérité Hara ; connu sous le nom de Dhātṛ ; Śaṅku-karṇa ; et Vidhāna ; Śrīkaṇṭha ; et Candraśekhara.

Verse 13

सहैतेन च पर्यन्ताः कथ्यन्ते ऽथ पदान्यपि ं ज्योतिः ॐ पुरुष ॐ अग्ने ॐ अधूम ॐ अभस्म ॐ अनादि ॐ नाना ॐ धूधू ॐ भूः ॐ भुवः ॐ स्वः अनिधन निधनोद्भव शिव शर्व परमात्मन् महेश्वर महादेव सद्भावेश्वर महातेजः योगाधिपतये मुञ्च प्रथम सर्व सर्वेसर्वेति द्वात्रिंशत् पदानि वीजभावे त्रयो मन्त्रा वामदेवः शिवः शिखा

Avec ceux-ci, les passages conclusifs sont également énoncés ; et maintenant sont donnés les mots-mantra : «ṃ jyotiḥ ; oṃ puruṣa ; oṃ agne ; oṃ adhūma ; oṃ abhasma ; oṃ anādi ; oṃ nānā ; oṃ dhūdhū ; oṃ bhūḥ ; oṃ bhuvaḥ ; oṃ svaḥ ; anidhana ; nidhanodbhava ; śiva ; śarva ; paramātman ; maheśvara ; mahādeva ; sadbhāveśvara ; mahātejaḥ ; (hommage) au Seigneur du Yoga ; “muñca” ; “prathama” ; “sarva” ; “sarve-sarva”»—ce sont trente-deux mots. Sous forme de bīja (semence) il y a trois mantras : Vāmadeva, Śiva et Śikhā.

Verse 14

गान्धारी च सुषुम्णा च नाड्यौ द्वौ मारुतौ तथा समानोदाननामानौ रसनापायुरिन्द्रिये

Gāndhārī et Suṣumṇā sont deux nāḍīs (canaux subtils) ; de même il y a deux souffles vitaux (mārutas) nommés Samāna et Udāna, et (ils) sont liés aux facultés du goût (la langue) et de l’excrétion (l’anus).

Verse 15

रसस्तु विषयो रूपशब्दस्पर्शरसा गुणाः मण्डलं वर्तुलं तच्च पुण्डरीकाङ्कितं सितं

La saveur (rasa) est un objet de perception ; la forme, le son, le toucher et la saveur sont des qualités des sens. Une figure circulaire est appelée maṇḍala ; elle est ronde, marquée de l’emblème du lotus et blanche.

Verse 16

स्वप्नावस्थाप्रतिष्ठायां कारणं गरुडध्वजं प्रतिष्ठान्तकृतं सर्वं सञ्चिन्त्य भुवनादिकं

Dans la consécration accomplie en l’état de rêve (visualisation), on doit contempler Viṣṇu, au drapeau de Garuḍa, comme le principe causal suprême ; puis, ayant achevé mentalement tous les actes conclusifs de l’installation, on doit aussi envisager les mondes et le reste de l’ordre cosmique.

Verse 17

सूत्रं देहे स्वमन्त्रेण प्रविश्यैनां वियोजयेत् ं ह्रां हां प्रतिष्ठाकलापाशाय नम इत्य् अनेनोद्भवमुद्रया रेचकेन कुम्भे समारोपयेत् ॐ हां ह्रीं प्रतिष्ठाकलापाशाय नम इत्य् अनेनार्चयित्वा सम्पूज्य स्वाहान्तेनाहुतीनां त्रयेण सन्निधाय ततः ॐ हां विष्णवे नम इति विष्णुमावाह्य सम्पूज्य सन्तर्प्य विष्णो तवाधिकारे ऽस्मिन् मुमुक्षुं दीक्षयाम्यहं

Après avoir fait pénétrer dans le corps le fil (sūtra) de consécration par son propre mantra, on doit séparer « elle », c’est-à-dire la puissance d’entrave. Avec la formule « hrāṃ hāṃ, hommage à Pratiṣṭhā-kalāpāśa », et au moyen de l’Udbhava-mudrā, pendant l’expiration (recaka) on élève cette puissance et on l’installe dans le vase rituel (kumbha). Ensuite, avec le mantra « oṃ hāṃ hrīṃ, hommage à Pratiṣṭhā-kalāpāśa », après l’avoir adorée et pleinement honorée, on établit sa présence par trois oblations se terminant par svāhā. Puis, invoquant Viṣṇu par « oṃ hāṃ viṣṇave namaḥ », on l’adore et le rassasie d’offrandes, en disant : « Ô Viṣṇu, dans le domaine de ton autorité ici, j’initie ce chercheur de délivrance ».

Verse 18

भाव्यं त्वयानुकूलेन विष्णुं विज्ञापयेदिति ततो वागीश्वरीं देवीं वागीशमपि पूर्ववत्

«Ce qui doit être accompli doit l’être avec ta faveur» : ainsi doit-on adresser sa requête à Viṣṇu. Ensuite, comme précédemment, on doit aussi solliciter la déesse Vāgīśvarī et Vāgīśa.

Verse 19

आवाह्याभ्यर्च्य सन्तर्प्य शिष्यं वक्षसि ताडयेत् ॐ हां हां हं फट्प्रविशेदप्यनेनैव चैतन्यं विभजेत्ततः

Après avoir invoqué, adoré et rassasié (par des offrandes), on doit frapper le disciple sur la poitrine ; en prononçant « oṃ hāṃ hāṃ haṃ phaṭ », on doit faire entrer (en lui) par ce même mantra, puis répartir/éveiller la conscience (caitanya) en lui.

Verse 20

शस्त्रेण पाशसंयुक्तं ज्येष्टयाङ्कुशमुद्रया ॐ हां हं हों ह्रूं फट् स्वाहान्तेन हृदाकृष्य तेनैव पुटितात्मना

Après avoir investi de puissance une arme munie d’un lacet (pāśa) et en employant la mudrā de l’aiguillon d’éléphant (aṅkuśa) de Jyeṣṭhā, on doit attirer la cible dans son propre cœur au moyen du mantra se terminant par « svāhā » : « oṃ hāṃ haṃ hoṃ hrūṃ phaṭ svāhā » ; puis, par cette même force mantrique, l’âme intérieure scellée/protégée (puṭita-ātmā), poursuivre le rite.

Verse 21

गृहीत्वा तं नमोन्तेन निजात्मनि नियोजयेत् ॐ हां हं हों आत्मने नमः पूर्ववत् पितृसंयोगं भावयित्वोद्भवाख्यया

Ayant pris ce mantra (ou syllabe‑graine), on doit l’appliquer à son propre Soi en y ajoutant la formule finale d’hommage. Ainsi : « oṃ hāṃ haṃ hoṃ—ātmanē namaḥ » (« hommage à l’Ātman »). Ensuite, comme précédemment, après avoir contemplé l’union avec les Pitṛ (esprits ancestraux), on accomplira la visualisation nommée « Udbhava » (la contemplation de l’émergence/origination).

Verse 22

वामया तदनेनैव देवीगर्भे विनिक्षिपेत् ॐ हां हं हां आत्मने नमः देहोत्पत्तौ हृदा ह्य् एवं शिरसा जन्मना तथा

De la main gauche, par ce même procédé/mantra, on déposera la puissance/la semence dans le sein (giron) de la Déesse. (Réciter :) « oṃ hāṃ haṃ hāṃ—ātmanē namaḥ » (« hommage à l’Ātman »). Pour la production du corps, on le fait en plaçant (le mantra) dans le cœur ; et pour la naissance, de même, en le plaçant dans la tête.

Verse 23

ं हः फट् इति ख, ङ, चिह्नितपुस्तकद्वयपाठः ॐ हां हं हां हूं फट् इति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः निवेदयेदिति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः ॐ हां हं हां इति ख, ङ, चिह्नितपुस्तकपाठः भावयित्वा तु दक्षयेति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः शिखया वाधिकाराय भोगाय कवचाणुना तत्त्वशुद्धौ हृदा ह्य् एवं गर्भाधानाय पूर्ववत्

« ṃ haḥ phaṭ » : telle est la leçon (dans les recensions Kha et Ṅa, et dans deux manuscrits marqués). Dans un manuscrit marqué, la leçon est « oṃ hāṃ haṃ hāṃ hūṃ phaṭ ». Dans un manuscrit marqué, on lit aussi « nivedayet » (« il faut offrir/présenter »). Dans les recensions Kha et Ṅa, un manuscrit marqué lit « oṃ hāṃ haṃ hāṃ ». Un manuscrit marqué lit encore « bhāvayitvā tu dakṣaye » (« après avoir médité, [il faut] brûler/consumer »). En utilisant le mantra de la śikhā (touffe du sommet) pour obtenir l’aptitude/l’autorité, le mantra du kavaca (armure) pour la jouissance et la protection, et le mantra du hṛd (cœur) pour la purification des principes (tattva-śuddhi), de la même manière, pour le rite de garbha-dhāna (conception) aussi, on procédera comme il a été dit précédemment.

Verse 24

शिरसा पाशशैथिल्ये निष्कृत्यैवं शतं जपेत् एवं पाशवियोगे ऽपि ततः शास्त्रजप्तया

Pour relâcher le lacet (lien) du pāśa, après avoir accompli ainsi l’acte expiatoire, on doit le réciter cent fois, la tête inclinée (en signe de révérence). De même, même pour la délivrance totale du lien, on l’obtiendra ensuite par la récitation conforme à l’injonction du śāstra.

Verse 25

छिन्द्यादस्त्रेण कर्तर्या कलावीजवता यथा ॐ ह्रीं प्रतिष्ठाकलापाशाय हः फट् विसृज्य वर्तुलीकृत्य पाशमन्त्रेण पूर्ववत्

Qu’il le tranche au moyen du mantra-arme (Astra), comme avec les ciseaux rituels pourvus de la syllabe-bīja de Kalā. En prononçant : « Oṃ Hrīṃ—au nœud coulant de la Kalā de la consécration (pratiṣṭhā)—Haḥ Phaṭ », qu’il le projette, le dispose en cercle, puis, avec le mantra du Pāśa (lasso), qu’il agisse selon la prescription antérieure.

Verse 26

घृतपूर्णे श्रवे दत्वा कलास्त्रेणैव होमयेत् अस्त्रेण जुहुयात् पञ्च पाशाङ्कुरनिवृत्तये

Après avoir placé l’offrande dans une louche remplie de ghee (ghṛta), qu’il accomplisse le homa au moyen du Kalā-astra ; puis qu’il verse des oblations cinq fois avec l’Astra (mantra), pour la nivṛtti, c’est-à-dire l’arrêt de la germination des liens (pāśa-aṅkura).

Verse 27

प्रायश्चित्तनिषेधार्थं दद्यादष्टाहुतीस्ततः ॐ हः अस्त्राय ह्रूं फठृदावाह्य हृषीकेशं कृत्वा पूजतर्पणे

Ensuite, afin d’écarter la faute appelant le prāyaścitta (expiation), qu’il offre huit oblations. Ayant invoqué Hṛṣīkeśa (Viṣṇu) dans le cœur au moyen du mantra « Oṃ haḥ—à l’Astra, hrūṃ, phaṭ », qu’il poursuive par l’adoration et les libations rituelles (tarpaṇa).

Verse 28

पूर्वोक्तविधिना कुर्यादधिकारसमर्पणं ॐ हां रसशुल्कं गृहाण स्वाहा निःशेषदग्धपाशस्य पशोरस्य हरे त्वया

Qu’il accomplisse la remise de l’habilitation rituelle (adhikāra-samarpaṇa) selon la méthode énoncée plus haut : « Oṃ hāṃ—reçois le rasa-śulka (redevance/offrande), svāhā. Par toi, ô Hara, que soient ôtés les liens de cette victime sacrificielle, entièrement consumés ».

Verse 29

न स्थेयं बन्धकत्वेन शिवाज्ञां श्रावयेदिति ततो विसृज्य गोविन्दं विद्यात्मानं नियोज्य च

«Il ne faut pas demeurer dans l’état de servitude ; il convient plutôt de proclamer l’injonction de Śiva.» Ainsi, après avoir congédié Govinda, qu’il désigne celui dont l’essence même est la connaissance (vidyātmān), c’est-à-dire l’officiant savant.

Verse 30

बाहुमुक्तार्धदृश्येन चन्द्रविम्बेन सन्निभं संहारमुद्रया स्वस्थं विधायोद्भवमुद्रया

Par une mudrā où le bras est partiellement relâché et n’apparaît qu’à moitié—semblable au disque de la lune—il faut d’abord affermir (le rite ou la forme de la divinité) au moyen de la Saṃhāra-mudrā; puis en opérer la manifestation par l’Udbhava-mudrā.

Verse 31

सूत्रे संयोज्य विन्यस्य तोयविन्दुं यथा पुरा विसृज्य पितरौ वह्नेः पूजितौ कुसुमादिभिः वर्धनीकृत्येति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः संहारमद्रयात्मस्थं इति ख, चिह्नितपुस्तकपाठः दद्यात् पूर्णां विधानेन प्रतिष्ठापि विशोधिता

L’ayant relié au fil sacré (sūtra) et déposé selon la prescription, on posera une goutte d’eau comme auparavant. Ensuite, après avoir accompli le visarjana (congé) des Pitṛ (Pères/ancêtres) et après avoir honoré Agni par des fleurs et autres offrandes, on offrira selon la règle la pūrṇāhuti (oblations finale et complète) ; par cela même, le rite de pratiṣṭhā (consécration/installation) est aussi purifié.

Frequently Asked Questions

The pratiṣṭhā-kalaśa (consecration water-pot) and the ritual field around it, through tattva-śuddhi, mantra-phonology (nāda/anāda), mudrā, homa, and bond-removal (pāśa-viyoga) procedures.

Viṣṇu is invoked as the adhikāra-holder within whose jurisdiction the mumukṣu is initiated, integrating authorization (adhikāra), protection, and cosmic governance into the consecration workflow.

Cosmological categories (tattvas, bhuvanas, Rudra forms) are contemplated as installed in the consecration space, making the pratiṣṭhā a microcosmic reconstitution of the macrocosm.

Mantra-bīja sequences, mudrās (Udbhava, Saṃhāra, Jyeṣṭhā-aṅkuśa), breath-linked operations (recaka/kumbha), astra/pāśa cutting, and specified japa/homa counts for purification and bond-release.